Bari

CARNET DU MEZZOGIORNO

Bari : Théâtre Margherita

San Spirito

 

Sur la route de Bari par la mer, premier arrêt à San Spirito : un petit port tout simple, plutôt port de plaisance, pour de petits bateaux, aussi port de pêche. Les étals de poisson attendent le retour des pêcheurs, vides ce matin. Dans les rues perpendiculaires au lungomare, au petit marché il y a surtout des vêtements. Nous cherchons les pizzerias pour dîner ce soir,  tout est fermé.

Arrivée à Bari

Théâtre Piccini

Fin de la route de la mer, près de l’aéroport, nous trouvons la tangenziale. J’ai trouvé le mode d’emploi du Navigatore intégré dans la Polo, nous entrons dans Bari par la Via Napoli qui traverse des zones industrielles et des quartiers modernes. Nous arrivons sur le Corso Vittorio Emanuele II qui relie la Piazza Garibaldi à la mer, bordé de beaux palazzi : le Palazzo Fizzaroti est tout à fait étonnant, gothico-vénitien tout à fait éclectique, le Théâtre Piccini fait face à l’important Palazzo del Governo. Aux murs des bâtiments, des plaques commémoratives. Les Palais sont colorés, décorés avec stucs et moulures. Des rangées de palmiers bordent le Corso. Je pense à Dürres, juste en face, où nous étions il y a deux ans : un grand port, un front de mer et des palmiers.

Au fond de l’artère, un curieux bâtiment rose aux fines tourelles couronnées de coupoles comme des minarets de fantaisie : le Théâtre Margherita –qui s’avance dans la mer sur ses pilotis. Théâtre Liberty 1914, il abrite maintenant des expositions temporaires ; en ce moment, une Exposition de Photographie  me tenterait bien C’est ici que je commence la promenade du Guide Vert.

à déguster sur place ou à emporter
à déguster sur place ou à emporter

Parking payant  (1€/h payable en pièces ou par carte de crédit) . Un marché de poisson à l’ombre d’un auvent métallique s’est installé. Dans des assiettes des coquillages, huitres, oursins accompagnés d’un demi-citron à déguster sur place. Les seiches vivantes sont dans un aquarium, des poulpes entiers dans des sacs de plastique. Plus classiquement, on peut aussi acheter des poissons d’une fraîcheur éclatante.

Vieille Ville

Place del Ferrarese

Piazza del Ferrarese, des fouilles mettent en évidence les vieilles dalles d’une chaussée antique.  On voit le chevet et l’abside de la petite église de la Valisa. Modeste, blanche, très jolie. Je la contourne. Des musiciens préparent un concert. J’entre alors dans le dédale des rues étroites où sèche le linge, enjambées de hautes arches.

par les rues étroites de la vieille ville de Bari

Au hasard, je me retrouve devant la Cathédrale di San Sabino accolée au Palais épiscopal. Très haute, très blanche. Romane mais si haute ! J’hésite entre l’impression de dépouillement des murs blancs éblouissants, très hauts, très lisses, et celle de la richesse et la délicatesse de la décoration, la finesse des sculptures des colonnes supportées par des animaux encadrant le porche et un bestiaire fantastique autour des fenêtres. Un mariage se prépare, de magnifiques bouquets de roses blanches ont été déposées, les photographes sont prêts. Je ne m’attarde pas et fonce à la crypte où je suis surprise par les couleurs après la blancheur du haut.

Saint Nicolas de Bari : porche

Je fais le tour de la cathédrale pour trouver la trulla : grosse tour ronde aveugle sur l’emplacement du baptistère, aujourd’hui, sacristie. Une simple plaque avec une ménorah gravée et une inscription en hébreu signale qu’autrefois il y avait là une synagogue.

La Via Carmine conduisant à l’Eglise San Nicola est encombrée de touristes en troupeau derrière leur guide. Les boutiques à touristes proposent des pâtes et d’autres souvenirs. J’essaie de faire des photos de linge qui pend et de vespa…San Nicola, commencée en 1089, consacrée en 1107 fut construite pour abriter les reliques volées en 1068 par 62 marins de Bari « enlèvement de Saint Nicolas ». C’est une église normande : Robert de Hauteville, dit Guiscard (frère de Roger roi de Sicile) a conquis Bari en 1071. Selon nos guides San Nicola servira de modèle aux églises de style Roman apulien. Il faut prendre du recul pour admirer la façade à trois nefs et le campanile. Je préfère me rapprocher et photographier les amusantes sculptures qui dépassent, les bœufs qui supportent les colonnes.

Saint Nicolas dd Bari

A l’intérieur, de curieuses arcades très fines traversent la nef (ajoutées après le séisme de 1456 selon le Guide Bleu) et un très haut jubé découpent le volume impressionnant. Le plafond a été peint au 17ème siècle. La crypte contient les reliques du saint. Un pope, ou plutôt deux conduisent un groupe de pèlerins slaves, femmes enfoulardées, hommes vêtus de shorts négligés, tous font les larges signes de croix orthodoxes, répétés et fréquents, s’agenouillent et se signent encore. Une seule icone est revêtue d’argent à la mode orthodoxe. Il règne une telle ferveur que je n’ose ni filmer ni bouger pour examiner les chapiteaux.

Bari : Lungomare

Dominique a envie de déjeuner au bord de la mer. Nous suivons le Lungomare bordé d’immeubles modernes et de grande bâtisses mussoliniennes auxquelles nous ne prêtons guère d’attention. Nous quittons facilement Bari vers le sud, découvrons des établissements de plage. Un restaurant dans un trullo nous tente.

un déjeuner à la mer

Nous lui préférons une terrasse contemporaine, en blanc et bleu : Doremar. Au choix,  ombre ou soleil, tables et chaises, poufs et tables basses. Le menu est simplissime,  4 propositions sur l’ardoise, mais sibyllin : on commande sans savoir ce qui va arriver parmigiana et calamarata. La calamarata ne contient aucun mollusque ni calmar, mais des pâtes en forme d’anneaux, cuisinées avec des tomates fraîches de l’aubergine et des petits morceaux de saumon et  décorée d’une poudre fine noire mystérieuse. La parmigiana ne contient pas forcément du parmesan, c’est un gratin d’aubergine. Cuisine raffinée et délicieuse mais en petite quantité on accepte avec joie le cremoso de chocolat : fine tranche de glace avec des grains de chocolat. Il fait frais au bord de l’eau, nous prenons dessert et café au soleil.

Bari château Normand-souabe

Le château Normand-Souabe est une énorme forteresse qui a été occupée et modifiée au cours de l’histoire. Normand d’abord, on y retrouve l’empreinte de Frédéric II (1233-1240). On entre par le vestibule de Frédéric. La voûte repose sur des colonnes aux chapiteaux décorés de motifs végétaux, mais aussi de têtes de guerrier et de l’aigle impérial. On entre dans la cour et on découvre la tour carrée avec deux escaliers extérieurs formant deux rampes. A partir de 1735, le château fut une prison. On creusa ensuite une citerne et on y fit même des cultures maraîchères.

Salle Angevine : dans l’encoignure de la fenêtre

A l’étage, des expositions permanentes : restauration de l’édifice, céramiques « butto », retrouvées dans un tas d’ordure, jetées, peut-être mais encore très belles. Certaines à motifs jaunes et bleu de Bari, des faïences au fond bleu de Faenza. Une salle Angevine, très haute de plafond avec quatre cheminées. Une autre Aragonaise rappelle Bona Sforza morte à Bari en 1557.

Au rez de chaussée, une vidéo raconte l’histoire du château.

Une exposition temporaire consacrée l’une à saint Nicolas est destinée principalement aux enfants. Saint Nicolas protège les enfants et les marins. Selon la légende, les reliques de Saint Nicolas mort en 337 à Myre en Turquie,  furent emportées par 62 marins de Bari en 1087.  Dans la crypte de l’église Saint Nicolas de Bari, la lampe possède deux bouches symbolisant l’unité des cultes catholique et orthodoxe qui vénèrent ce saint.  Sont exposés, des livres d’enfants de la légende de Saint Nicolas, des pains d’épice à l’effigie de Saint Nicolas, des chocolats, des marionnettes, des Play mobiles, et des représentations de Santa Claus qui devint le Père Noël.

Autour du livre est une installation d’art contemporain Libri d’Artista, l’Arte da Leggere montrent des variations contemporaines sur le thème du livre : un livre évidé, des livres d’image, et même une version des tablettes de Babylone en argile.

La Gypsothèque vaut vraiment la visite. Les moulages en plâtre de chapiteaux des églises normandes de Bari et de ses environs sont présentés à hauteur humaine permettant de les observer plus facilement que sur place. Je me régale à photographier animaux fantastiques et personnages dont je peux voir tous les détails charmants.

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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