Höfn et Vestrahorn

CARNET ISLANDAIS

le port de Höfn

La pluie était prévue de longue date. Un arc en ciel nous accueille au réveil. La lumière crue du matin illumine les montagnes qui deviennent pourpres. Au-dessus de la mer, il fait beau. Eclaircie de coute durée : dès que nous montons en voiture, il commence à pleuvoir. Bruine fine, pas très gênante ;

Ferme Skalafell

Un monument en ciment honore la mémoire de Jon Ericksson, natif de Skalafell (1728-1787) qui étudia au Danemark et en Norvège, devint professeur de Droit, un des Philosophes des Lumières et personnage du Réveil National islandais ; derrière la ferme Skalafell occupée par un hôtel, une promenade au pied du glacier Skalafelljökull m’aurais bien tentée (par beau temps)

Myrar glaciers et zone humide

Parking suivant sur la route circulaire : au sommet d’une butte, un mirador permet d’identifier glaciers et sommets des environs. Pour les sommets, c’est raté ils sont dans le nuage. Trois langues glaciaires descendent de la calotte du Vatnajökull : Skalafelljökull, Heinaberjökull, Flaajökull. Deux d’entre eux descendent en un élégant virage, le troisième semble sortir d’un goulet d’étranglement.

Chacun nourrit un torrent (ou rivière glaciaire) qui ont construit une vaste plaine le Myrar, zone humide, dans laquelle les cours d’eau se divisent en nombreux bras sinueux dont les méandres brillent par contraste avec le fond mat. Selon les explications des panneaux, au gré des inondations, les rivières divaguent et changent de lit ; autrefois les hommes ont cherché à les canaliser à la pelle. Au 20ème siècle les bulldozers ont permis, de construire des ponts de faire passer la route, et de drainer des prairies qu’on a semées pour les enherber. Ces beaux prés fauchés sont parsemés de meules cylindriques emballées dans du plastique blanc ou rose qu’un de nos guides compare à des marshmallows géants.

divagations d’une rivière glaciaire

D’autres délivrent tout un cours de géologie montrant le rôle conjoint des volcans et de la calotte glaciaire qui les recouvre, les mouvements de subsidence sous le poids des roches et des glaces et inversement la remontée de la croûte terrestre quand la calotte glaciaire s’est rétractée et que l’écorce s’est allégée. Malheureusement, sous la pluie fine, je n’ai pas sorti mon cahier pour noter.

Hoffell hot tubs

hot tubs

Quelle bonne idée de se baigner dans l’eau chaude sous la pluie dans des piscines naturelles au milieu de nulle part !

Sur la piste 984, à 3km de la route principale, un peu à l’écart, a l’abri d’un piton rocheux 4 hot pots, 4 petites piscines rondes en pleine nature sont déjà occupées par des baigneurs bien rouges – rouges de froid ou de chaud ? J’avais beaucoup aimé la convivialité du jacuzzi au Costa Rica sous la pluie, nous avions passé une après-midi très agréable et cosmopolite sous la pluie. Mais le jacuzzi était plus grand, nous conversions aimablement à 6 ou 8. Tandis qu’ici, ils sont deux par baignoire. Je peux occuper seule le 4ème pot et m’ennuyer ou dois-je tenir la chandelle en rejoignant un couple ? Les bains sont ouverts jusqu’à 21h, on tentera au retour.

Flatey

Nous dépassons la très grande ferme de Flatey juste au moment où les vaches s’échappent en courant de l’étable. Le magnifique bâtiment vitré est-il une étable ou plutôt un restaurant où l’on sert des glaces-maison.

Höfn

La petite ville (1640 ha en 2011) est précédée de nombreux hôtels, certains grands comme le Fosshotel d’autres plus modestes, d’un camping avec des bungalows et d’un golf désert aujourd’hui, bizarre, en général les golfeurs ne craignent pas la pluie. Deux stations-service, un supermarché. Il semble que tout Höfn se soit converti au tourisme la Poste et la Pharmacie s’affichent Guesthouse. La ville a pourtant d’autres occupations : un port tout à fait actif, port de commerce et port de pêche.  La spécialité c’est la langoustine, mais ce n’est pas la saison. La ville s’étale, peu dense c’est vraiment une ville, il y a même 3 ou 4 barres de petits immeubles bas et une galerie marchande où nous ferons des provisions à prix presque raisonnable. Autour du port, des restaurants de poisson, il sort une odeur appétissante ; mais ce n’est pas l’heure.  ISK

L’office de Tourisme, dans une belle maison de bois, présente des d’oiseaux empaillés, de belles photos, des écrans interactifs et une vidéo. Je cherche parmi les oiseaux celui qui ressemble à la nichée croisée hier, perdrix ou lagopède (ce dernier s’appelle aussi perdrix des neiges).

Vestrahorn : la montagne de gabbro dans la brume

Fortes de nos expériences écossaises et irlandaises, nous choisissons d’ignorer la pluie et partons nous promener comme prévu sur la presqu’île de Vestrahorn. Au Café Viking on s’acquitte d’un péage de 900 ISK par personne, pour le prix on nous offre un plan ! Nous garons la voiture sur un parking sableux face à la mer. Ce n’était pas du tout une bonne idée, la voiture est ensablée. Deux japonaises m’aident à pousser, heureusement un viking barbu, chevelu saute de sa jeep (elle aussi garée dans le sable) ; son aide est décisive. On choisira le parking du phare.

graminées et sablenoir

Selon le Guide Vert, Vestrahorn serait « le paradis des photographes avec sa lumière changeante et les reflets des nuages » ; le plafond nuageux est désespérément bas, la lumière définitivement morne et stable, la photographe doit faire preuve de créativité. Les graminées agitées par le vent m’inspirent ainsi que les petites plantes étoilées sur le sable noir. Le cailloutis de roches claires exogène, comme le radar de l’OTAN ainsi que tous les reliquats et déchets de la base militaire : câbles, piliers de béton, pièces mécaniques…J’aurais dû lire les panneaux à l’arrière du café viking ; j’aurais compris que Stokkenes fut une ancienne base britannique pendant la 2ème Guerre Mondiale  puis américaine ; le radar sphérique n’est pas un décor de cinéma. Le péage de la route ne se justifie pas puisque les investissements ont été financés par les militaires. Le Village viking, lui est un décor de cinéma. Les toits couverts d’herbe se fondent dans le paysage, pas l’horrible façade de polystyrène blanche qui défigure le village de planches.

graminées sous le vent et la pluie

Un peu plus loin on passe devant les vestiges d’un ancien village (aucunes explications). L’endroit est habité depuis le 9ème siècle : colonisation par les Vikings et aussi par des moines irlandais. Le site était encor habité au 20ème siècle. Un fac-similé en français m’apprend que les habitants ont sauvé des naufragés français et que le Ministère de la Colonisation leur a offert une médaille.

Déjeuner tardif au Café Viking d’un croque-monsieur. Je renonce aux bains et au restaurant puisque nous avons fait des emplettes. Il faut préparer l‘expédition de demain aux Fjords de l’Est (300 km), classer les photo…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Höfn et Vestrahorn »

  1. On a toujours besoin d’un viking chevelu ! Il est question de Jon Ericksson dans le dernier Indridason. On trouve un cadavre sur sa tombe à Reykjavik ..

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  2. Ce sont « les roses de la nuit ». C’est le dernier paru, mais chronologiquement le deuxième de la série. Erlandur se rend dans la région natale de Jon Ericksson pour tenter de comprendre le symbole qu’il peut représenter dans le meurtre d’une jeune femme.

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