Assouan : Une journée dans l’île Elephantine

CARNET ÉGYPTIEN 2019

De la terrasse, Dominique attend le passage des felouques entre les palmiers

Arrivée à Aswan Nubian House

Nous avons réservé sur Internet par Booking.com une chambre dans un petit établissement dans l’Île Elephantine. Dès la réservation le manager a été très réactif, nous souhaitant le meilleur accueil chez lui et se proposant de nous organiser des excursions à Assouan et à Abou Simbel. Bien sûr, il se charge du transfert de la gare à l’hôtel. Un taxi nous attendra.

A Assouan, nous ne sommes pas embarrassées par les valises. Un porteur se précipite, puis deux hommes le déchargent. Ils sont envoyés par l’Hôtel. L’un d’eux charge une valise sur l’épaule, l’autre à la main, et coince le sac à dos. Le taxi nous conduit au débarcadère du ferry. Le Nil coule  de grandes volées de marches en dessous.

Arrivée sur le bateau à moteur de Badri

Un jeune homme comprend que nous n’arriverons jamais à pied avec tous ces paquets au Nubian Aswan House qui se trouve de l’autre côté de l’Île Eléphantine. Il emprunte mon téléphone pour trouver le numéro et appelle. On nous envoie un petit bateau à moteur !

Le bateau à moteur se faufile entre les rocher de granite arrondis (arrière-train des éléphants ?). L’hôtel Old Cataract domine le défilé. Des hérons sont perchés sur les rochers. Sur l’autre rive du Nil le mausolée de l’Agha Khan est posé sur une éminence sableuse. Dans le creux, les chameliers attendent les touristes pour les conduire au Monastère Saint Siméon. J’avis bien aimé cette promenade même si cela s’était terminé avec la police touristique parce que le chamelier malhonnête prétendait faire payer le double du prix convenu. Je n’ai pas l’intention de renouveler toutes les visites faites en 2002 dont le souvenir ne s’est pas effacé mais plutôt de profiter tranquillement du charme de l’Ile Eléphantine.

La terrasse sur le Nil

Nous débarquons au pied de la Nubian Aswan House : maison blanche décorée de fresques colorées. Une porte métallique s’ouvre sur un patio blanc où s’ouvre la chambre qui nous est destinée. Je monte sur la terrasse d’où l’on voit le fleuve et réclame la chambre qui donne sur cette vue merveilleuse.

A peine sommes nous installées, que je pars acheter de l’eau au village près du débarcadère. Le village est beaucoup plus grand que je ne l’imaginais, c’est un véritable labyrinthe : pas une seule rue droite : des ruelles, des couloirs tortueux, des culs de sac. Je longe des maisons jaunes, passe sous une arche jaune qui me servira de repère (pensai-je, je ne la retrouverai jamais). Pas de supermarché, une petite épicerie où j’achète de l’eau, des chips et des yaourts. Pour les fruits et autres produits frais, il faut aller en face à Assouan. Je retrouve mon chemin à grand peine. Ce qui est sûr c’est que je ne profiterai pas des nocturnes jusqu’à 21h au Musée Nubien. Dans le noir je n’arriverai jamais à atteindre notre gîte.

Promenade tranquille dans les jardins irrigués

Exploration des environs. Le long de la berge, je suis un petit canal d’irrigation pour les jardins : paradisiaque ! Je filme pour capter le bruissement de l’eau qui surgit dans un bac carré où aboutissent deux rigoles perpendiculaires. Les enfants sortent de l’école, proprets, gentils pas trop insistants. Un jeune batelier, mince, vêtu d’une galabieh beige, les yeux soulignés de khôl, d’une élégance séduisante, me propose son bateau. Je n’ai pas envie de felouque je l’accompagne pour voir où elle est amarrée. « Vous avez un whatsapp ? « Les gens ici sont très gentils, ils  tentent de faire affaire, sans agressivité. Les femmes qui épluchent des bamias dans une cuvette sur le pas de leur porte sont souriantes, ravies d’échanger deux mots, un signe d’amitié.

les maisons peintes du village

Le ciment ronge de plus en plus les jardins. Les murets de terre sèche s’effondrent, de vilaines maisons de briques rouge s’agrandissent. L’intérieur de l’île ressemble à un chantier permanent sans machine ni bétonneuse mais avec des tas de briques, des sacs de ciment qui attendent de compléter les maisons inachevées prévoyant des étages supplémentaires qui remplacent les terrasses. Quelques fois on a fait des efforts de peinture ; street-art traditionnel nubien et campagnard, grandes fresques colorées parfois enfantines. Booking.com et Airbnb facilitent le tourisme Roots. Des maisons d’hôtes souvent avec vue sur le Nil, comme notre Nubian Aswan  House, sont peintes de couleurs gaies avec le logo Facebook ou les lettres Booking.com peintes au vu de tous. Nous nous sommes laissée charmer par la terrasse sur le Nil, le calme, l’originalité. Si on n’est pas trop exigeant sur le confort et la propreté, c’est original et parfait !

J’essaie de faire le tour de l’île en suivant la berge, au Nord, l’Hôtel Mövenpick  m’interdit le passage.

Le site archéologique

Des enfants plus âgés et plus entreprenants que les petits m’escortent jusqu’au débarcadère d’où je rejoins au sud la zone archéologique plus ou moins enclose. La porte est ouverte. Je me promène avec les moutons et les chèvres entre les rochers de granite ronds et les tessons de céramique antique. La vue sur la première cataracte est pittoresque. Archéologie : une belle porte, des édifices cubiques, hiéroglyphes et bas-reliefs sans aucune explication si ce n’est un repérage chiffré (chiffres en arabe) ?

Pour entrer officiellement, avec un ticket, il faut revenir sur mes pas. Peu de visiteurs. Au guichet, le vendeur des tickets me propose un thé. Le musée est décevant avec ses vitrines poussiéreuses contenant peu d’objets spectaculaires à part un babouin que je photographie sans conviction jusqu’on me demande de ranger mon appareil-photo. Une exposition plus moderne vante la tradition d’écriture et d’éducation de l’Islam. Aucun rapport avec le site archéologique, cela ressemble plutôt à de la propagande.

le site archéologique de l’ïle Eléphantine

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Autour d’un joli pavillon un jardin fleuri, et plus loin le site est étendu mais tous les temples sont bouclés. J’ai la chance de rencontrer 3 touristes mexicains avec leur guide anglophone portant voile et T-shirt rigolo « bad ideas make good stories ». Je me glisse à leur suite à l’intérieur d’un petit temple que le gardien ouvre. Bien conservé un bas-relief avec les cornes de bélier de  Khnoum, divinité d’Assouan, Maître de la Cataracte censé gouverner la crue du Nil. De nombreux pharaon ont honoré Khnoum pour s’assurer de la fertilité de l’Egypte : Mentouhotep, Sesostris I Toutmosis III ont laissé leur souvenir à Assouan. Un temple a été élevé à Satetpersonnification de la crue du Nil . Erigé dans les premiers temps pharaoniques, il a été en fonction jusqu’à l’époque Ptolémaïque. Occasion d’une véritable leçon d’histoire antique. Fatima, la guide, est passionnante. Son groupe a l’air beaucoup plus averti que moi, elle leur lit les cartouches et fait déchiffrer les hiéroglyphes. Je suis épatée. Avec une grande gentillesse, elle me donne la permission de suivre la visite (après avoir consulté ses clients). Même Cléopâtre a laissé un souvenir ; Je souris à la prononciation égyptienne Kliobatra qui est nouvelle pour moi. Nous montons enfin sur une sorte de mirador pour avoir une vue d’ensemble et la visite se termine au Nilomètre : le niveau du Nil est au plus bas. Même depuis la construction du haut barrage, le monte en été.

Nilomètre

Nous profitons d’un coucher de soleil merveilleux de la terrasse de notre Aswan Nubian House.

le soir sur la terrasse

 Hamed, le manager, est venu nous voir. Comme nous trouvions que la chambre était sombre, il a fait l’emplette de fil et de douille pour nous installer une lampe supplémentaire.  Il organise pour nous la  matinée de demain en bateau,  et l’excursion à Abou Simbel  et prend la commande du dîner : poulet grillé et riz.

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Assouan : Une journée dans l’île Elephantine »

  1. Tu as l’air de dire que les égyptiens sont très accueillants ? Tu es obligée de porter un voile ? Parce que quand j’y suis allée, il n’y avait aucune obligation et je me souviens que les jeunes femmes égyptiennes, amies d’Aurélia, refusaient de le porter.

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    1. @claudialucia : les Egyptiens sont très accueillants et très gentils.
      Aucune obligation religieuse à porter le voile!
      Mais une précaution contre le soleil : la dernière fois que je suis allée à Assouan j’ai pris les pires coups de soleil sans m’en apercevoir (et pourtant je suis brune) j’avais le front tout brûlé. Cette fois-ci j’ai apporté de l’écran total, je me suis bien tartinée et j’ai mis l’écharpe « en voile » . J’ai recommencé deux jours plus tard à Abou Simbel mais cette fois-ci c’était à cause de la poussière : mes cheveux normalement blancs étaient jaune paille complètement secs comme du foin.
      Le voile en Europe est une horreur, sous les tropiques et dans le désert est une protection. les hommes aussi le portent

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