L’excursion à Abou Simbel

CARNET ÉGYPTIEN 2019

les Colosses du Grand temple

Hamed a réservé l’excursion dans un minibus qui part avec le convoi de 4 h d’Assouan et qui rentre tôt dans l’après-midi. Le prix est de 30$ pour l’aller-retour. Mais nous avons prévu de passer la nuit à Abou Simbel et avons réservé une chambre par Booking.com à l’hôtel Thuya pour ne rentrer que le lendemain. Comme nous avons la place du retour le jour même, il faut réserver deux excursions chacune ! Ce qui revient alors à 60$ par personne. C’est donc le double du prix prévu mais nous ne le regretterons pas.

3h15, Saïd et Hamed nous accompagnent dans la nuit au bateau de Badri. La nuit est claire avec les étoiles, on met la torche du téléphone mobile pour bien voir où l’on met les pieds. Traversée dans la nuit. Badri navigue très doucement entre les rochers de la 1ère Cataracte. Dès qu’on se trouve en face d’Assouan la ville brille comme un sapin de Noël. Les Egyptiens semblent très friands de guirlandes lumineuses. Les troncs des palmiers de l’Old Cataract sont enguirlandés et se reflètent dans l’eau. Plus loin, une longue bande verte souligne la Corniche, des néons violets et roses illuminent les lampadaires de l’éclairage urbain. La signalisation routière est aussi soulignée d’effets lumineux : le piéton des feux tricolores bouge ses jambes !

Le taxi fait un tour en ville pour collecter les autres excursionnistes. Assouan est une grande ville, 300.000 habitants ? 500.000 ? La démographie égyptienne est tellement galopante que je ne trouve pas de chiffre fiable sur Internet. En dehors de la Corniche touristique, et du souk, Assouan n’est pas particulièrement belle : grands immeubles de ciment mal entretenus. Comme nous avons eu raison de choisir l’Île Eléphantine !

Le taxi charge 6 asiatiques emmitouflés, japonais, coréens ou chinois ? On ne le saura pas. Pas un bonjour non plus. Le véhicule s’immobilise à proximité du check point, le chauffeur et son acolyte sortent fumer. Il fait un froid glacial. Des camions énormes viennent à notre rencontre. Le temps parait très long.

Le soleil se lève dans le désert

On passe la centrale électrique, des guirlandes illuminent le campus de l’Université d’Assouan puis le taxi s’enfonce dans la nuit. Je tombe dans un profond sommeil. Vers 6h, je me réveille dans un désert de sable jaune plat, pas de dunes, à peine quelques traces de pneus. De temps en temps quelques buttes coniques. A droite la ligne Haute tension. Un beau mur de pierres bien maçonné suit la ligne électrique. Rien pour tromper l’ennui du conducteur à part les bandes en relief qui signalent un changement de direction. 6h25, le soleil sort de l‘horizon et éclaire un paysage rocailleux. Il faut rapidement fermer les rideaux pour ne pas être ébloui. Nous passons une sorte de ville fantôme, ce n’est pas un mirage, mais de quoi peuvent donc vivre ses habitants.

Enormes engins d’irrigation, cultures expérimentales, une zone bien verte s’est installée à l’approche de villages. Champs de canne, blé, jardins de fèves, il a même une grande étable. L’idée de faire fleurir le désert me plait.

7h30 : arrivée sur le site d’Abou Simbel, les asiatiques descendent : rendez-vous 9h30. Deux heures pour acheter les tickets, visiter le site et manger un morceau. Le chauffeur nous conduit à l’hôtel Thuya où nous laissons les valises et nous ramène sur le site. Pour nous, toute la journée : un privilège !

Le temple vu de face

Un vieux monsieur – guide francophone – nous pilote et nous donne rendez-vous devant le « mur ».

Grand temple

Une allée fait une grande courbe autour d’une colline. Nous ne découvrons le pylône du grand temple par surprise. Les colosses sont beaucoup plus impressionnants que je ne l’imaginais. Cette première rencontre est un choc ! Quatre Ramsès assis et au milieu Horus qui porte le disque solaire. Aux pieds du pharaon, n’arrivant même pas aux genoux, des femmes, mères, filles ou épouses. Tout au-dessus sous la corniche les babouins sont alignés au pied d’une série de faucons. Cette première visite est polluée par la foule qui se presse. Je suis agacée par les selfies. Chacun pose, mime les gestes de Ramsès. Une horreur !

La salle et les colonnes osiriaques

10h30, le temple m’appartient à moi seule. 8 colosses en Osiris, bras croisés mais barbe bien droite – donc vivant – sont muets mais presque rêveurs avec leurs yeux maquillés. Dans la grande salle, le sujet principal est la bataille de Qadesh racontée sur les deux murs latéraux qui se font face : chars et chevaux sur un fond de hiéroglyphes. Sur le mur qui encadre la porte un gigantesque pharaon tient dans ses mains les têtes des prisonniers.

Au fond du naos, les quatre divinités me regardent. Silence. Moment rare.

dans le naos : quatre statues

Dans les chapelles latérales se répètent les scènes d’offrandes à Horus avec d’infimes variations. Tantôt deux flacons de parfums, puis un encensoir. Enfin la divinité a une tête de bélier : Amon ? Le dieu est assis, pharaon est à genoux, tan tôt brandissant son offrande, des pains…

Le temple de Néfertari

Temple de Nefertari

Le temple de Néfertari est plus petit. Il est dédié à la déesse Hathor. 6 colosses : 3 Ramsès, 3 Néfertari en tenue d’Hathor sont sur la façade. Dans la salle des piliers hathoriques. Le décor est plus fruste moins fourni que dans le grand temple. Il est aussi moins guerrier.

Le lac Nasser est agité de vagues, presque la tempête avec le vent très froid.

le Lac Nasser

Au Centre des Visiteurs : une vidéo raconte le Sauvetage des Temples. Cette opération sous l’égide de l’UNESCO m’impressionne : pharaonique ! 50 nations ont coopéré avec la France au 1er plan.

60 ans plus tard pourrait-on imaginer une telle opération pour sauver un site du Patrimoine de l’Humanité ? On a laissé détruire les bouddhas de Bamyan, la vieille ville d’Alep et même Venise est menacée sans qu’on n’envisage un sauvetage. En visionnant le film, des détails me reviennent comme le lion de Ramsès que je n’avais pas remarqué. Il faudra que je le cherche cette après-midi !

Un militaire nous appelle un taxi pour rentrer à l’hôtel. Il n’y a aucun taxi sur le site. Rien n’est prévu pour les voyageurs individuels. Il y a très peu d’hôtels aussi.

Le restaurant de l’hôtel Thuya

L’hôtel Thuya est le plus proche du site.  D’architecture nubienne, il a une façade colorée, des voûtes nubiennes. Notre chambre est une cellule voûtée de briques rouges aux murs peints de fresques avec le Nil et des felouques. Une grande salle de bain, la clim, télévision. Tout le confort ! Entre le restaurant et les chambres, le petit jardin est bordé de haies de basilic géant d’au moins un mètre de haut.

Tout d’abord : une douche ! Même avec le voile acheté à ‘île Kitchener, mes cheveux ont pris la poussière du désert ils ont une couleur jaune, secs comme de la paille !

Dans la grande salle du restaurant est sous des arcades peintes de rouge et de blanc. Nous commandons le plat- tagine pour moi, poisson pour Dominique et le repas complet est servi : soupe de poisson, salades et tehina, riz et légumes et même un dessert : bananes et pomme découpée à la mandoline en fines tranches.

Une promenade fleurie longe le lac et conduit au site où il n’y a plus personne à l’exception d’un groupe de motards casqués et vêtus de cuir qui fait une courte incursion dans le Grand Temple et ne trouble pas longtemps ma quiétude. Je peux détailler la bataille de Qadesh et trouver le lion.

Nous avons tellement bien déjeuner que des yaourts suffiraient pour dîner. Mais pour les trouver j’ai parcouru au moins 4 kilomètres. Abou Simbel touristique est déserte. Il n’y a ni café ni restaurants encore moins des magasins d’alimentation. Juste des banques et un salon de massage avec une spécialité étonnante en plein désert : massage du visage aux escargots.

A la réception, les garçons sont très sympathiques. Tous diplômés d’université ils se plaignent du manque de perspectives pour les jeunes. Seul le tourisme offre des emplois.

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

6 réflexions sur « L’excursion à Abou Simbel »

  1. Massage du visage aux escargots, beurk ! J’ai bien du mal à me représenter le côté gigantisme du lieu, mais quelle aubaine ne pouvoir y rester un bon moment. Et seule ..

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