La Route des Balkans – Christine de Mazières – Sabine Wespieser

« Deutschland ist ein starkes Land… Wir haben so vieles geschafft, wir schaffen das. Wir schaffen das, und wo uns etwas im Wege steht, muss es überwunden werden. » 

Angela Merkel – Berlin 31 Aout 2015

Ce roman se déroule entre la fin Août et le début Septembre  2015. A la suite de la découverte de 71 migrants morts dans un camion frigorifique abandonné sur le bord d’une autoroute autrichienne à Parndorf, et de la diffusion de la photo d’Aylan, petit garçon syrien de trois ans noyé, une vive émotion a secoué l’Allemagne et l’Europe.

On s’attache aux personnages : deux soeurs syriennes, l’ainée étudiante en médecine, la cadette Asma qui rédige son journal. Dans la cohue pour monter dans le camion Asma perd le sac contenant le cahier rouge, Tamim, un jeune afghan descend le chercher. C’est ce qui lui sauvera la vie : les deux sœurs seront parmi les victimes du Parndorf.

A la gare de Budapest, les migrants sont piégés. Le gouvernement hongrois fait construire une barrière métallique pour les empêcher de passer. Une caravane de milliers de marcheurs s’ébranle sur l’autoroute

« Enfin, tout ce petit monde s’est mis en ordre de marche. Déracinés, vagabonds, ils ont pris leur destin en main.
Les sans-nom, les indésirables, les invisibles, les exilés, les refoulés, les dublinés, les calais, ce sont eux
désormais qui décident de leur sort. Ils relèvent la tête

En Allemagne, c’est le choc. Une tragédie rappelle l’autre. Les photos rappellent les Treks de réfugiés de la fin de la Seconde Guerre mondiale, soixante-dix ans auparavant, treize millions d’Allemands fuyant devant l’Armée rouge en plein hiver sur les chemins enneigés et les lacs gelés. Toutes les familles allemandes ont connu des histoires d’exilés, chassés de chez eux par la guerre.

En parallèle , à Munich, une famille allemande dont l’histoire familiale  s’enracine en Prusse Orientale, histoire de déplacés, d’exilés, fuite devant l’Armée Rouge. Secrets bien cachés que le dépistage d’un cancer va faire resurgir.

Images des Allemands de l’Est rejoignant la République Fédérale en 1989, les Allemands ne peuvent être indifférents à ce « trek » de réfugiés syriens ou afghans. Poids de la culpabilité pour certains, réactions racistes pour d’autres. C’est un roman d’exil mais c’est aussi un roman européen.

 » Mon Europe, pense Helga, ce sont les champs de lavande en Provence, les hautes nefs des cathédrales, Léonard
de Vinci et Galilée, Don Quichotte de la Mancha, Rostropovitch qui enlace son violoncelle devant le Mur de
Berlin écroulé, les révolutions pacifiques des Œillets et de Velours, et l’Hymne à la joie de Schiller et Beethoven : Alle
Menschen werden Brüder… Tous les hommes deviendront frères… Helga sourit dans la touffeur du soir. Oui,
c’est cela, mon Europe… Ce désir de fraternité et de liberté, ce rêve partagé… Ce rêve que nous avons réalisé
sur les charniers de la dernière guerre. Parce que nous avons dépassé en horreur tout ce que l’on pouvait
imaginer jusque-là. Parce que nous savons que la civilisation la plus raffinée n’est qu’une barrière de papier face
aux pulsions destructrices. Parce que nous avons appris que tout homme a le droit d’avoir une vie digne d’être
vécue. C’est cela qu’ils viennent chercher, tous ceux qui fuient leur pays et risquent leur vie pour venir chez
nous… »

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « La Route des Balkans – Christine de Mazières – Sabine Wespieser »

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