Lesvos :Skala Eresou: promenade matinale à la chapelle perchée

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Le sentier débute au bout de la plage
La montée sur le rocher (sans doute une coulée de lave) est un peu raide. Heureusement, la paroi de rocher mis à nu est balisée à la peinture blanche. Ensuite le sentier est bien visible. La vue sur la baie d’Eresos au lever de soleil est magnifique. Je découvre des découpes insoupçonnées, des îles.

Une heure plus tard, je suis à la chapelle chaulée de blanc, décorée d’icônes. Personne n’a allumé les lampes à huiles. Je serais presque tentée de le faire. J’aime bien l’odeur d’encens de cire des cierges et de l’huile qui se consume.

Lesvos :Sigri, le tronc dans l’eau depuis 20 millions d’années?

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A Sigri, nous visitons la petite église très mignonne. Encore une fois j’admire le mélange de brique et de pierre qui incorpore aussi du marbre antique. Jeu de frises géométriques des briques.

Il me restera deux images de la forêt pétrifiée en bord de mer : l’énorme tronc avec ses racines entrelacées (13m de circonférence). Du point de vue de la paléobotanique, ces racines sont importantes. Elles démontrent que l’arbre est bien en place. Autre image saisissante : le tronc de 14m dégagé par la mer reposant sur des galets noirs. Sa couleur, marron clair est celle du bois. On dirait qu’il vient d’arriver là, sur le bord du rocher. J’avais vu la photo. Incrédule. Je suis bluffée. L’eau transparente recouvre à peine le long fût. Penser qu’il est là depuis 20MA ! Enfin pas forcément  dans l’eau, les limites du rivage ont dû bien changer pendant tout ce temps!

Ensuite, nous retrouvons notre emplacement sur la plage pour se baigner et pique-niquer, lire…

Lesvos : rando à pied Eresos/Sigri

 

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Une excellente piste sépare Eressos de Sigri, distants de 13.5 km.

A 6H30, munie de beaucoup d’eau et de pâtes de fruits, je pars à l’aventure.

La montagne est beaucoup plus peuplée que je ne l’imaginais de la  voiture. Les bergeries sont tapies à quelques mètres de la piste – souvent modernes – A cette heure matinale, les bergers s’occupent de leurs brebis. Un homme charge deux bottes de paille sur un âne et part en marchant derrière le baudet dans la montagne. Entre les deux bottes, se trouve un  bidon pour le lait. Je n’ose pas les photographier.

Un  autre m’interpelle :


–    «  Où vas-tu ?
–    «  A Sigri. Combien de temps ?
–    « 2 heures en marchant bien »

Le berger est costaud. Il marche sûrement plus vite que moi.

Le soleil se lève vers 7H , les montagnes font encore de l’ombre. Quand mon ombre se confond avec celle de la montagne, j’enlève mon chapeau et je marche au frais.
12 km ne me font pas peur. Les dénivelés ne sont guère redoutables. La montagne culmine à 250 m ! C’est le soleil que je crains. J’allonge le pas pour arriver à Sigri avant la grosse chaleur.

Un troupeau traverse la route. Au même moment arrive le pick-up du berger. Les brebis les plus pressées ont des pis lourds et gonflés. Ont-elles reconnu la voiture du propriétaire ou tout simplement l’heure de la traite ?

Passé un petit col, la piste descend jusqu’au niveau de la mer bleu foncé. Une épaisse végétation couvre le lit d’un cours d’eau asséché en cette saison. A 8H15, je m’accorde une courte pause.

Vers 8h45, j’ai bien cru devoir rebrousser chemin. Trois chiens me barrent le passage. Un grand braque marron menaçant, un autre qui aboie très fort est planté au milieu et un blanc sur l’autre côté. Comme à mon habitude, je me baisse avec lenteur et ramasse une grosse pierre. Quelques fois cela suffit à les faire fuir. Les chiens de la campagne sont souvent caillassés par les enfants. Aucun effet ne suit cette première stratégie. Ils ne bougent pas. Deuxième tactique : s’annoncer amicalement. Le petit blanc vient se frotter à mes jambes, la queue remuante. Il me fait la fête. Les autres continuent à aboyer. En m’approchant, je comprends, ils sont attachés. Il s’agit de passer bien au milieu, hors de portée de leurs chaînes. Cela marche !
Heureusement je ne me voyais pas marcher 7 ou 8 km vers Eresos !
En plus mon téléphone donne des signes de détresse ? Il cherche un réseau sans le trouver. Impossible de prévenir si j’avais  fait demi-tour.
Près de la mer, il y a des maisons, des cultures. Un beau verger de figuiers. Partout où le terrain le permet on plante des oliviers. On voit bien les traces de terrasses abandonnées. Le tissu agricole est encore bien dense.

Pour arriver à Sigri la piste monte en une rampe régulière. Je ne suis pas loin de la forêt pétrifiée. Peut être vais je trouver un arbre ? En effet, il y a un tronc près de la route.


9H05 Sigri est en vue.
9H30, je suis aux portes du Parc, je vois même le grand tronc pétrifié dans les galets. 

3heures : une moyenne honorable.

Lesvos : plage de Faneromanis



Au nord de Sigri, une petite route longe le rivage. Quelques barques de pêcheurs se balancent sur l’eau agitée par un vent fort. De jolies maisons entourées de jardins maraîchers, haricots ramés, melons, tomates. La luzerne vert fluo est en train d’être récoltée. Pour le blé, c’est fini. Ambiance de campagne riante après les arides collines. Oasis de fraîcheur. Une petite chapelle toute neuve est cons
truite sur une butte. Une piste conduit à une plage : Faneromanis.

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Les vagues se brisent sur les rochers spectaculaires. Ils ne sont pas en roche volcanique mais en schiste très  finement replié en éventail. Un autre amas rocheux est presque blanc avec de gros filons de quartz recoupant la roche grise. Certains rochers sont creux. La vague s’engouffre pour exploser à l’opposé en une gerbe d’écume blanche. Nous n’avons pas l’impression d’être en  mer Egée plutôt sur le bord de l’Atlantique. La plage de Faneromanis commence après une petite lagune. Beau sable rosé parsemé de galets blancs très fins et lisses que je m’amuse à ramasser. Mouillés, ils sont ravissants avec leurs petites inclusions grises. Secs, ils sont plus ordinaires.

Une petite église est adossée à la falaise. Une jeune femme me fait signe d’entrer.Ma tenue  n’est guère convenable. Son compagnon aux cheveux blonds très longs est en train d’essuyer la vaisselle. Leur chien les attend. Ils sortent avec un sac de couchage. Ils ont dormi dans l’église ?

Je marche les pieds dans l’écume – plaisir toujours renouvelé. Pour la baignade je préfère la plage de Sigri et son eau calme. Ici les vagues sont fortes.Seule je n’ose pas me lancer ?
Nous retournons donc pour la troisième fois à Sigri. La baignade est écourtée : l’eau est glacée.

lecture pour la Grèce -Lawrence DURRELL : Sappho –( Théâtre) NRF

Lire pour Voyager/Voyager pour Lire

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La grande poétesse d’Eresos ne ressemble pas à l’image qu’on se fait d’elle. Femme un peu fanée, mère, très courtisée, elle n’est pas entourée de disciples féminines comme on aurait pu l’imaginer.

 C’est une héroïne du théâtre antique comme Phèdre ou Andromaque. Mariée à Kréon, elle a pour amant le général victorieux Pittakos qui rentre, victorieux de campagne contre Athènes et qui se fait proclamer tyran. Le jumeau de Pittakos, Phaon, se trouve également à Eresos, philosophe, il préfère vivre la vie simple d’un pêcheur solitaire sur une île déserte de la mer Egée. Sappho se refuse au nouveau tyran et s’exile à Corinthe et fomente une coalition contre son ancien amant qui lui a pris ses enfants en otage….

Tragédie antique ? Pièce à rebondissements ? Cette Sappho m’a étonnée et je me suis amusée à lire cette pièce.