Amman, une journée pour découvrir la ville :Downtown

Amman théâtre romain précédé de la colonnade du Cardo maximus

CARNET JORDANIEN

A notre programme, une journée libre pour explorer la ville.

Hier soir, nous avons parcouru de grandes artères très larges, bien éclairées passant à travers des quartiers modernes aux belles maisons au parement de pierre (la même qu’à Jérusalem). Un pont suspendu aux éclairages colorés et changeants, relie deux collines « le plus haut du Moyen Orient » commente le chauffeur. Autour de l’Hôtel Retaj où nous logerons quatre nuits, je remarque des grands hôtels, Four Seasons, Sheraton , repères utiles pour retrouver notre chemin.

Aujourd’hui, nous circulons en taxi. Je négocie la course avant de monter :

« Downtown ! 3 JD »

Le chauffeur ne sait pas où nous déposer. Il téléphone à un ami anglophone et me passe l’appareil « au théâtre romain ! ». La course va très vite. Le vendredi matin tout le monde dort, les boutiques sont encore fermées.

Le théâtre romain et l’ancien forum de la ville romaine Philadelphia sont bien conservés. Une belle place dallée avec des arbres maigrelets dans des grandes jardinières les mettent en valeur. Une belle colonnade, reste des galeries bordant le Cardo maximus précède le théâtre. Le théâtre est adossé à une colline très raide. Les gradins sont vertigineux. Une fois grimpée en haut, j’hésite à descendre, encombrée de ma jupe longue. Le mur de scène est encore orné. Je découvre d’en haut le petit odéon.

De chaque côté du théâtre se trouve le Musée Jordanie. A droite, des bijoux et costumes folkloriques de Jordanie et de Palestine sont magnifiques mais les photos sont interdites. Si mon téléphone fonctionnait j’aurais volé des clichés. Les visiteurs sont jordaniens pour la plupart (ou originaire de la région, je sais les reconnaître). Les familles sont accueillantes. Les enfants exercent leur anglais scolaire « What is your name ? Where do you come from ? ». Les femmes me montrent les plus beaux bijoux d’argent ciselé, de corail ou d’ambre.

Dans l’autre partie du musée, on a reconstitué des scènes de la vie quotidienne : un salon urbain de la bourgeoisie, des scènes villageoises.  L’arrivée de la mariée dans un palanquin – véritable cabine carrée faite d’épais tapis – et la procession de dromadaires est spectaculaire.  La fabrication du fromage se fait  dans une outre de peau de chèvre. Divers artisans sont représentés: le vannier et le tisserand,(les fils de laine sont teints  au jus de grenade), le repasseur de couteau, le bijoutiers. Une tente bédouine a été montée, en deux parties, dans la moitié des hommes on prend le café préparé sur les braises à l’extérieur, dans le coin de repos des femmes l’une d’elle fume une longue pipe.  La famille qui m’a adoptée me fait partager son enthousiasme.

Dans l’Odéon – théâtre de poche, très bien restauré, un guide francophone sort me montrer les escaliers qui permettent de monter à pied à la citadelle. Des Jordaniens nous disent de prendre le taxi qui ne coûterait que 1 JD, pour nous ce sera 2.

Arrivée à Amman, privée de téléphone!

CARNET DE JORDANIE

Nous attendions beaucoup du survol de la cote dalmate et des îles de la Mer Egée, puis d’Israël…

Le vol a été retardé de plus d ‘une heure. Le soleil s’est couché vers Zadar, il faisait nuit noire sur la Grèce. Au dessus d’Israël, la  densité de l’éclairage électrique orange des routes et des rues, brillant des maisons m’a étonnée.

Tout avait bien commencé à l’aéroport d’Amman, visas commandés par l’Agence Enjoy Jordan, valises récupérées dans les premières.

smartphone et ordi

Cela s’est franchement gâché quand l’employé d’ Enjoy Jordan m’a entraînée à la boutique de téléphone pour acheter une carte Sim. Chaque fois que nous avons fait un « auto-tour », en Arménie, en Bulgarie, Roumanie…l’agence nous avait confié un téléphone local avec les numéros de contacts et un GPS préparé avec les adresses des hôtels et des sites déjà mémorisés (avec les transcriptions orthographiques lisibles par nous et la machine quand l’alphabet est différent de l’alphabet latin). Sur Skype,  j’en avais fait la demande à Omar et il avait promis, téléphone, GPS et carte. Les gens d’Enjoy Jordan sont venus les mains vides : ni téléphone, ni carte, ni GPS !

Alors que je suis très réticente à introduire une carte Sim sur le Smartphone, notre accompagnateur me rassure, il n’y aura aucun problème, selon lui.

J’ai eu raison de douter. Dès que le Jordanien change la puce l’antivirus réagit et verrouille le Samsung : une fenêtre noire me demande de déverrouiller avec le code PIN , impossible. Sur la fenêtre noire de McAfee il est écrit qu’u  email sera envoyé par courrier électronique. Mais ce qui me sert d’ordinateur est précisément le téléphone bloqué.  Au début je ne m’inquiète pas : à l’hôtel, j’aurai accès à Internet sur un ordinateur…Refus catégorique du réceptionniste !

Difficile de m’endormir : dans la chambre d’à côté une télévision hurle. A 5 heures du matin j’appelle la réception qui envoie quelqu’un l’éteindre : il n’y avait personne dans la chambre.

Voici que Google s’en mêle, impossible d’ouvrir ma boîte mail. Pour m’identifier on  m’envoie un SMS sur mon téléphone verrouillé. Cela tourne en rond !

Immense frustration : un smartphone ne sert pas uniquement à téléphoner. Toutes les adresses de mes contacts s’y trouvent. Il me sert aussi de réveil-matin, de lampe de poche. En randonnée, je suis une addict du podomètre. C’est aussi un appareil photo. C’est toujours agréable de montrer des photos de ma maison, de ma famille, aux gens que je rencontre à l’étranger. Je ne parle pas de la Matinale du Monde et du Monde auxquels je suis abonnée. Et bien sûr le GPS (puisque nous n’en avons pas). Sans parler de mes emails,  de FaceBook, de ma musique, mais on peut survivre sans cela…..

Comme je comprends la détresse de mes élèves quand je leur confisque leur portable qui a sonné inopinément en classe!

Au retour, la cure de deux semaine sans écrans  s’et très bien  passée. J’ai même défait la valise, mis la machine à laver à tourner, rangé mes affaires avant de mettre le téléphone en charge et de le déverrouiller.

Retour au XXème siècle quand les smartphones n’existaient pas. Je n’ai reçu le mien en cadeau que pour mes 64ans.

 

 

 

Lawrence d’Arabie – par Michel Renouard – Folio biographies

JORDANIE

Lawrence d'Arabie par Renouard

Dans deux jours, nous nous envolons pour Amman.

Bien sûr nous visiterons Petra et le Wadi Rum qui est un des lieux de tournage du Lawrence d’Arabie de David Lean. Commencer le voyage avec TE Lawrence s’est imposé comme une évidence comme la lecture de la biographie de Gertrude Bell qui suit. C’est une de mes habitudes de me chercher des compagnons de voyages prestigieux dans les bibliothèques. J’aurais pu relire le livre de Benoist Méchin qui était à la médiathèque mais j’ai préféré télécharger celle de Michel Renouard plus transportable en voyage sur la liseuse. 

C’est une biographie sérieuse avec notes (fin de chapitre)  et bibliographie fournie (en annexe). L’ouvrage est découpé en chapitres courts qui se lisent très facilement, chacun résume un épisode de la vie de Lawrence resituant les événements dans leur contexte historique, politique ou littéraire. Lawrence ne se résume pas à l’épisode de la Guerre, guérilla bédouine, bataille du rail,  prise d’Aqaba et chemin de Damas… que le film a popularisé. C’est un personnage complexe que l’auteur cherche à analyser dans ses différentes facettes et contradictions. Archéologue, orientaliste, espion, brillant stratège:

« Lawrence a parfois été accusé d’avoir joué double jeu pour mieux tromper les Arabes. il est vrai qu’il est d’abord et avant tout  au service de Sa Majesté(le contraire en pleine guerre aurait été surprenant). Reste qu’il se montre d’une grande loyauté envers Fayçal, l’allié…. »

C’est aussi une grande leçon d’histoire dans toutes les subtilités de la géopolitique que mènent les Britanniques et les Français dans le dépeçage de l’Empire ottoman. Le chapitre racontant les tractations avant le Traité de Versailles sont passionnantes. « Dans les corridors du pouvoir ». La rencontre de Fayçal avec Arthur Balfour, Rothschild et Weizmann aboutissant à un accord en anglais dont le codicille en arabe en change toute la teneur, annonce les luttes futures en Palestine.

Refusant la facilité des écrits hagiographiques ou les hypothèses scandaleuses ou journalistiques, l’auteur cherche à démêler les faits avérés des allégations du mythe.

Les derniers chapitres montrent un personnage qui fuit la gloire et recherche désespérément l’anonymat, s’engageant sous un faux nom (mais avec la protection de Churchill) comme simple soldat dans la RAF. Lawrence est un écrivain à succès qui refuse d’être publié et surtout qui néglige les droits d’auteurs qui lui permettraient de vivre confortablement. Loin de se contenter de ses mémoires il traduit  Homère.

Je n’en ai pas fini avec Lawrence : j’ai téléchargé les Sept Piliers de la Sagesse  (en VO) Je reviendai sur ce personnage avec les photos de Jordanie.