Toute une histoire – Hanan El-cheikh – Babel

LITTERATURE LIBANAISE

« Un matin j’ai trouvé sur une chaise une couronne de roses artificielles et une robe de mariée blanche. J’ai poussé des hululements et j’ai couru chez la voisine Emm Fawzi pour lui demander de me cacher dans son armoire, sous son lit, dans sa mansarde[…]

– pauvre petite…On dirait un insecte qui se débat dans une toile d’araignée sans savoir qu’il est trop tard[…]

Je ne sais combien de mains s’y sont prises pour me faire enfiler cette robe blanche. Elle avait beau être de soie fine et douce, je sentais comme des épingles qui me piquaient tout le corps. Je me suis tellement débattue que j’ai réussi à m’échapper pour courir vers le réchaud de kérosène et me barbouiller le visage de suie. Ensuite je me sui jetée sur les casseroles et me suis noircie le cou de la même manière,  comme j’avais vu faire ma mère qui venait de perdre son enfant à Nabatieh. J’ai tiré sur ma robe de toute force et me l’ai arrachée. Puis je me suis enroulée dans un sac de jute en poussant des hurlements. Je me suis précipitée vers la fenêtre de la cuisine, mais on m’a tirée vers l’arrière pour m’empêcher de sauter et j’ai dégringolé sur le carrelage. J’ai continué à glapir, sangloter et me frapper le corps jusqu’à ce qu’Ibrahim m’entraîne dans la chambre ou Abou Hussein m’attendait…. »

Le récit des noces de Kamleh m’a rappelé le mariage des Impatientes de Djaïli Amadou Amal que j’ai lu récemment. Kamleh, fiancée sans le savoir à 11 ans, mariée de force à 13, à son  beau-frère après le décès de sa sœur, afin d’élever ses neveux, « âne de somme  » ne se laissera pas enfermer dans le rôle de la victime. Kamleh est maline et déborde d’énergie. Elle n’a aucun scrupule à voler son mari pour acheter friandises et fleurs pour tenir salon. Elle lui ment effrontément pour aller au cinéma ou rejoindre son amant. Elle a un amoureux, un poète, étudiant, qui l’aime sincèrement. Elle n’éprouve aucun remords à jurer sur le Coran. 

Kamleh,  intelligente, inventive, une vraie conteuse orientale,  est analphabète. Elle charge donc Hanan, sa fille  – écrivaine – du récit de sa vie.

« Chaque fois que je publiais un  roman ou une nouvelle, elle faisait : « tu paries que mon histoire est plus belle? »

C’est donc l’histoire d’une libanaise chiite,  née à Nabatieh, petite campagnarde allant glaner les grains de blé, ramasser mauves et chicorées pour ne pas mourir de faim. Kamleh découvre Beyrouth et la liberté qu’elle gagne de haute lutte entre mensonges et entourloupes. Le cinéma égyptien lui sert d’école. Très jeune elle découvre l’amour. C’est un roman d’amour passionné. Kamleh cumule le rôle de bonne à tout faire chez ses beaux-frères, de vendeuse ambulante, de mère de nombreux enfants. Et elle trouve le temps de tenir salon, d’inviter ses voisines….

Plus tard, elle sera la femme d’un fonctionnaire important. Mais le Liban change avec le temps, révolutions, guerres civiles…

Finalement, elle suivra ses enfants éparpillés entre l’Amérique, Londres, Dubaï.

Je ne vous raconterai pas l’histoire, il faut le lire : chaque chapitre est un conte oriental exotique à découvrir.

 

 

 

 

Une piscine dans le désert – Diane Mazloum

LIBAN

 

Maeve a initié ce mois libanais et je m’y suis jointe très volontiers. Occasion de découvrir de nouveaux auteurs, en l’occurrence une écrivaine dont j’ai téléchargé également l’Age d’or. 

Court roman (200 pages). Une intrigue très simple : Fausta a construit une piscine ) proximité de la maison de famille dans la Montagne Libanaise sur un terrain qui ne lui appartient pas ; le légitime propriétaire, vivant au Canada délègue Léo, son fils, pour vendre le terrain. Léo s’est donné trois jours pour conclure cette affaire qui lui paraît sans problème.

Unité de lieu : la maison des Kyriakos. Trois personnages Léo Bendos, venu du Canada, Fausta et son oncle Rodolphe. Pas trop d’intrigue : Rodolphe Kyriakos, confus de la violation de propriété offre une généreuse hospitalité à Léo le temps d’établir le dossier de la vente. Fausta est venue en vacances dans la maison familiale pour se reposer et ainsi optimiser les chances de son traitement hormonal précédent une fécondation in-vitro. Elle fera découvrir le village et la région à Léo. Les chaudes journées se déroulent paresseusement.  Le soir, illuminations et canonnades rappellent que la guerre n’est pas loin dans ce village proche de trois frontières : Liban, Syrie et Israël (c’est moi qui détaille, les belligérants ne sont jamais nommés, ni le village d’ailleurs). Le village serait dans l’œil du cyclone. 

J’ai aimé l’évocation du village, l’ambiance traditionnelle, les saveurs et les parfums. L’ambivalence de l’exilé qui se découvre lié à cette terre qu’il n’a jamais vue mais dont il a entendu raconter sa grand mère.

Il s’agit de deux villages, l’un qui s’appelle De désespoir mon âme a fui, et l’autre Son esprit s’est abîmé, fit
Rodolphe en exhalant la fumée avec un petit effet théâtral. Une dizaine de kilomètres à peine les séparent mais
les habitants se considèrent comme des étrangers et ne se fréquentent pas. En même temps, dans chacun de ces
villages vous trouverez des familles ayant émigré sur tous les continents. C’est là, peut-être, que réside notre
plus grand paradoxe. Du repli sur soi le plus total tout en étant profondément tournés vers le monde.

En revanche, les personnages  ne m’ont pas attirée. Léo, le canadien falot. Fausta est très agaçante avec ses grosses lunettes de soleil qui lui masquent le visage. L’oncle Rodolphe est assez inexistant. Ce « désert » , à quoi ressemble-t-il? rouleaux de collines, sable(?). Et puis quelle idée que de creuser une piscine chez les autres alors qu’il est si difficile de la remplir quand l’eau arrive par camion et qu’il faut choisir entre la piscine et l’eau courante dans la maison!

Une lecture agréable, facile, mais que j’oublierai rapidement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’âge d’or – Diane Mazloum

CHALLENGE LIBAN

Âge d’or du Liban, années 70, avant que la guerre civile ne détruise Beyrouth avec ses hôtels de luxe, ses boîtes de nuit, les bords de mer…

Jeunesse dorée, insouciante. Chrétiens d’une très bonne bourgeoisie.

Le roman est construit selon un plan intelligent : chaque chapitre raconte un épisode de l’histoire du Liban de 1967 à 1979, un jour chaque année. Je redécouvre cette histoire, mais vue de Beyrouth, dans les yeux de cette jeunesse dorée plus préoccupée de son apparence, de ses amourettes.

6 juin 1967, Guerre des Six jours, les jeunes sont plutôt indifférents, le casting pour une pub intéresse plus Georgina, un avion israélien est abattu, l’aviation libanaise reconduit à la frontière le pilote pour ne pas compromettre la neutralité du Liban.

28 décembre 1968, raid israélien sur l’aéroport international , la quasi intégralité de l’aviation civile est détruite, à la suite du détournement de l’avion EL Al à Athènes par le FPLP.  Pendant ce temps-là, les héros du roman font une journée de plein air Monts-et-Mer, les garçons draguent les filles. Un nouveau personnage intervient dans le roman Ali Hassan, un Palestinien, très séduisant, impliqué dans les actions terroristes.

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20 juillet 1969, Appolo11 se pose sur la lune, Roland et Sharif, organisent une soirée costumée « One way to the moon« .En Jordanie Ali Hassan tente d’organiser la lutte dans les camps de réfugiés.

12 septembre 1970, Roland et Sharif bichonnent leur Mini Morris 1952 customisée Françoise, en l’honneur de Françoise Hardy, sur fond de détournement du vol 840 de la TWA. Georgina Miss Télévision, devient Miss Liban. Ali Hassan se rapproche d’Arafat. C’est aussi le le début de Septembre noir, en Jordanie, affrontement entre les fédayin et la légion du roi Hussein.

25 juillet 1971, Ali Hassan est à Rome, menacé, Roland et Sharif font la fête dans leur cabanon de bord de mer.

5  septembre  Jeux Olympiques de Munich, la délégation israélienne sera prise en otage et massacrée. 8 septembre Roland accueille à l’aéroport Georgina, maintenant Miss Univers. Les évènements au Proche Orient prennent une place plus importante dans le récit, les garçons discutent d’Arafat, de Septembre Noir, du terrorisme quand Septembre noir fait atterrir un avion à l’aéroport de Lod. Le Liban est entrainé dans l’engrenage

« le Liban s’est retrouvé entraîné dans un cercle vicieux : plus Israël se venge sur le Liban, plus les tensions entre
Libanais augmentent. D’un côté, les musulmans, se sentant proches des Palestiniens, soutiennent avec de plus en
plus de ferveur la cause et les forces révolutionnaires et progressistes. De l’autre, les chrétiens, inquiets de
perdre le contrôle de la situation, condamnent avec violence cette intrusion sur leur sol. Au milieu, les
Palestiniens sont pris dans un étau… »

 

21 juillet 1973 les Palestiniens et Ali Hassan occupent le devant de la scène, les jeunes beyrouthins font encore la fête dans leur cabane de bord de mer

13 novembre 1974, , les milices chrétiennes ont bombardé les camps palestiniens; les Palestiniens se sont installés sur la côte. C’est fini d’aller au chalet pour Roland et ses amis. Roland, étudiant à l’Université Américaine milite avec  les étudiants de gauche, et sympathisent avec les Palestiniens

« Tout se mélange : la cause palestinienne, la cause des ouvriers, la lutte des classes, la lutte pour la cause noire. On milite contre la Guerre du Vietnam et l’ingérence américaine, contre l’impérialisme, l’expansionnisme et le capitalisme…. »

11 septembre 1975 :

« Depuis quelques jours, une bataille fait rage sur le front de mer, opposant les phalanges chrétienne aux milices musulmanes et palestiniennes, retranchées dans les hôtels de luxe »

Georgina qui a quitté Roland entame une relation avec Ali Hassan.

20 juin 1976 : la ville tremble sous la guerre civile. Une ligne invisible sépare Beyrouth Est, chrétienne de Beyrouth Ouest musulmane

février 1977 :  Beyrouth est devenue le centre du banditisme avec groupes et sous groupes armés, trafics divers, d’armes, d’influence, vols pillages. L’insouciance est morte.

La fin du roman 1978 ou 1979 la guerre civile s’éternise.

C’est une  leçon d’histoire, partiale, certes, mais intéressante. En revanche, j’ai eu du mal  à avoir de l’empathie pour les héros du roman. Les filles particulièrement futiles et superficielles, les garçons plus intéressants. Le séduisant agent secret palestinien macho. Le roman se lit bien. Sans plus.

Beyrouth 2020 – Journal d’un effondrement – Charif Majdalani

LIBAN

Charif Majdalani m’a enchantée avec les sagas familiales qui racontent  l’histoire du Liban sur deux siècles et de nombreuses générations : j’ai beaucoup aimé Caravansérail, Le Seigneur de Marsad, L’Empereur à pied, et la Villa des Femmes. A l’occasion du Mois du Liban initié par Maeve, et à la suite de la catastrophe du 4 Août 2020, il m’a semblé évident de commencer mes lectures libanaises par cet ouvrage. 

Au mois de juillet 2020, Charif Majdalani tient un journal où il note les effets sur la vie quotidienne de l’effondrement annoncé. Cela commence à la banque où il devient impossible de retirer son argent. La fourniture d’électricité devient  erratique. Puis la fourniture d’eau courant. Les ordures. 

« La machine économique est moribonde, les commerces sont au bord de la ruine et pourtant, depuis le matin, une activité effrénée s’empare de la ville, comme aux plus beaux jours de son opulence subitement passée. Les embouteillages ne sont pas pires que naguère, bien que les feux de signalisation se soient éteints avec la pénurie de courant électrique. Là où il y en a encore, incompréhensiblement, les agents de la circulation encouragent les automobilistes à les brûler »

Après avoir énuméré toutes les anomalies prémisses de l’effondrement économique, l’auteur analyse les causes de cette crise: la mise en coupe claire de secteurs entiers de l’économie:

En trente ans, le pays tout entier est devenu la chasse gardée de la caste des oligarques au pouvoir, qui a établi avec les citoyens une relation de nature mafieuse, offrant protection, garanties et petites opportunités à tous ceux
qui les sollicitaient et bloquant toute autre

Le pays est dévasté,  la crise économique se double d’une catastrophe écologique.

La destruction des paysages, des forêts, des montagnes, ne commença pas avec les barrages. Elle débuta
bien avant et constitue l’une des conséquences irréversibles de la guerre civile. Il est rare de voir un conflit
donner lieu à un mouvement intense de construction dont, paradoxalement, les effets dévastateurs s’avéreront
plus importants que ceux des destructions et des ravages guerriers. C’est pourtant ce qui se passa ici, où l’on
n’est plus à un paradoxe près. Durant la guerre civile, la dérégulation totale, l’anarchie et l’absence d’autorité
pour faire appliquer les lois entraînèrent une urbanisation sauvage encouragée par les déplacements »

Cette confiscation de l’économie par la caste des oligarques depuis une trentaine d’année fut quand même mise en cause par la révolution

Le 17 octobre 2019, le gouvernement annonça une taxe sur les appels Whatsapp, une application gratuite. une mesure de plus afin de camoufler encore pour quelques semaines et ridiculement, l’énorme trou des déficits publics

La goutte qui fait déborder le vase et des milliers de manifestants sortirent dans la rue. L’espoir qui est né avec cette Révolution libanaise trouva la pandémie!

Mais une dernière catastrophe s’est abattue sur Beyrouth :

« 4 août 2020, à 18 h 07, la cargaison, ou ce qui en reste, chauffée par l’incendie, ou emportée par l’explosion
d’un dépôt d’armes, ou bombardée, explose. Six années d’opacité et d’irresponsabilité, résultat de trente années
de corruption et de mensonges, de politiques mafieuses »

Reprenant son  journal quelques jours après l’explosion, il faut d’abord faire l’inventaire des décès, des blessures, des destructions. Mais, étrangement une note d’optimisme survient :

Durant la journée, le moral remonte un peu, au spectacle notamment de cette immense jeunesse qui s’est levée
comme un seul homme pour prendre sur elle d’effacer les traces du cauchemar et d’aider à commencer à rebâtir,
en l’absence de l’État voyou dont tout le monde vomit jusqu’aux plus anonymes de ses représentants et les
chasse dès qu’ils osent apparaître sur le terrain au milieu des ruines.

Effondrement, corruption, destructions, Covid…l’histoire n’est pas terminée. la conclusion en suspens, comme une canette qui roule…

L’EMPIRE OTTOMAN – Le Déclin, la chute, l’effacement – Yves Tenon ed du félin

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

 

J’ai coché ce livre sur la liste de la Masse Critique sans aucune hésitation, l’Histoire est toujours plus passionnante que la fiction et la Méditerranée orientale est un  territoire que j’aime explorer, d’ailleurs je rentre d’Egypte. Merci aux éditions du Félin pour cette lecture!

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Ce n’est certes, pas le livre qu’on glissera dans le sac de voyage pour un week-end à Istanbul, 500 grandes pages, imprimées en petits caractères, format et poids rédhibitoires! Ce n’est pas non  plus le « pavé de l’été« à lire sur le bord de la piscine ou à la mer!

C’est du lourd et du sérieux, c’est l’oeuvre d’un historien qui, de plus se présente comme un historien des génocides :

« Les spécialistes des génocides sont de drôles de gens,  des oiseaux  bariolés dans la volière universitaire…

L’historien du génocide est un policier qui enquête, un juge qui instruit un procès. Peu importe la vérité, il découvrira la vérité pourvu qu’il la trouve…. »

écrit l’auteur dans le premier chapitre du livre.

Ainsi prévenu, le lecteur se lance dans un ouvrage sérieux, documenté qui recherche les sources du déclin de l ‘Empire

Ottoman loin dans l’histoire, au début-même de la conquête des Ottomans, au temps de Byzance. Cette histoire va donc se dérouler pendant 600 ans sur un très vaste territoire. On oublie souvent que la Porte régnait de la Perse aux portes de Vienne, du Caucase au Yémen. Histoire au long cours, sur un Proche Orient qui s’étale sur trois continents. Pour comprendre la chute, il importe donc de connaître l’Empire Ottoman à son apogée.

Quand a-t-il commencé à décliner ? A la bataille de Lépante (1571) ou après le second siège de Vienne (1683) avec la paix de Karlowitz (1699) où le démembrement de l’empire commença quand la Porte a cédé la Pologne, la Hongrie et la Transylvanie?

En 1572, après Lépante, Sokollu déclarait à l’ambassadeur vénitien:

« il y a une grande différence entre votre perte et la nôtre. En prenant Chypre nous vous avons coupé un bras. En coulant notre flotte, vous avez seulement rasé notre barbe. Un bras coupé ne repousse pas. Une barbe tondue repousse plus forte qu’avant… »

L’analyse de la société ottomane, de son armée, ses janissaires, le califat nous conduit jusqu’à la page 80, avant que le déclin ne soit réellement commencé avec l’intervention des occidentaux et les Capitulations ainsi que les prétentions russes et le début du règne de Catherine de Russie (1762).

Pendant plus d’un siècle et demie, Serbes, Roumains, Grecs, Bulgares et Macédoniens, enfin Albanais vont chercher à s’émanciper et à construire une identité nationale. Par ailleurs les Grandes Puissances vont jouer le « Jeu diplomatique » qu’on a aussi nommé « Question d’Orient »

« Dans la question d’Orient, cet affrontement des forces qui déchirent l’Europe peut être représenté sous forme d’un Jeu qui tiendrait des échecs et du jeu de go, avec des pièces maîtresses et des pions et où chaque partenaire conduirait une stratégie d’encerclement. Des reines blanches  – de trois à six selon le moment – attaquent ou protègent le roi noir ceinturé de pions. les unes veulent détruire le roi noir, les autres le maintenir dans la partie. Le roi perd ses pions un à un, et les reines tentent de s’en emparer, chacune à son bénéfice, pour se fortifier ou affaiblir ses rivales »

Les puissances sont les reines : l’Angleterre veut garder la Route des Indes, la Russie veut un accès par les Détroits à la Méditerranée, elle utilise son « Projet Grec » en se posant comme protectrice de l’Orthodoxie, l’Autriche-Hongrie veut s’élargir à ses marges, la France se pose comme protectrice des Chrétiens d’Orient, l’Italie et l’Allemagne arrivées plus tard dans le Jeu cherchent des colonies.

L’auteur raconte de manière vivante, claire et très documentée cette histoire qui se déroule le plus souvent dans les Balkans mais aussi dans les îles et en Egypte.

C’est cet aspect du livre qui m’a le plus passionnée. Lorsqu’on envisage les guerres d’indépendance de la Grèce à partir de Constantinople, on peut rendre compte de toutes les forces en présence aussi bien le Patriarcat et les Grecs puissants de Constantinople que les andartes, sorte de brigands, les armateurs, les populations dispersées autour de la mer Noire jusqu’en Crimée, les armateurs et surtout les manigances russes. La Grande Idée se comprend bien mieux comme héritière du Projet Grec russe.

Les Révoltes Serbes, les comitadjis macédoniens ou bulgares trouvent ici leur rôle dans ce Grand Jeu. Les guerres fratricides qui se sont déroulées dans la deuxième moitié du XXème siècle dans les Balkans  en sont les héritières.

L’auteur explique avec luxe de détails les traités de San Stefano (18778) et le Congrès de Berlin(1878) que j’avais découverts à Prizren (Kosovo) avec la Ligue de Prizren qui est à l’origine de l’indépendance albanaise.

On comprend aussi la formation du Liban. On comprend également pourquoi Chypre fut britannique, Rhodes et le Dodécanèse italien….

Après une analyse très détaillée (et plutôt fastidieuse) de la Première Guerre mondiale les événements se déplacent des Balkans vers le sud, à la suite des intérêts britanniques et français et des accords Sykes-Picot, tout le devenir du Moyen Orient s’y dessine. 

Les accords de paix clôturant la Grande Guerre portent en germe l’histoire à venir : Traités de Versailles, de Sèvres, de Lausanne. Les négociations sont racontées par le menu, là aussi j’ai un peu décroché.

La fin du livre se déroule dans le territoire rétréci de l’Asie Mineure, éléments fondateurs les Jeunes Turcs, le  Comité Union et Progrès, le qualificatif « Ottoman » est remplacé par « Turc », le nationalisme turc prend le pas sur l’islam, il y eut même un courant touranien avec une orientation vers l’Asie Centrale ou le Caucase. Deux événements fondateurs : le génocide Arménien  et la prise de pouvoir par Mustafa Kemal, émergence d’un populisme laïque et nationaliste. L’historien refuse l’hagiographie et analyse le parcours de Kémal. 

Chaque chapitre est remarquablement bien construit. La lecture étant ardue, il m’a fallu me limiter à un chapitre à la fois. Passionnant mais parfois indigeste, j’ai reposé le livre, pris le smartphone pour avoir la version simplifiée de Wikipédia, pour des cartes, des dates. Il m’a parfois semblé que ce livre était destiné à des lecteurs plus avertis que moi.

Un seul reproche : les cartes sont peu accessibles, trop rares et réparties au milieu du texte, un cahier sur un papier glacé au milieu, au début ou à la fin aurait facilité le repérage. De même, la toponymie laisse parfois le lecteur désorienté : pourquoi avoir utilisé Scutari au lieu de Shkoder en Albanie, toujours en Albanie Durrazzo pour Dürres, Valona pour Vlora? Angora pour Ankara…C’est un détail, mais encore c’est le smartphone qui m’a dépannée.

Je vais ranger ce gros livre bien en évidence parmi mes livres de voyage parce qu’il raconte aussi bien l’histoire de la Grèce, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Bosnie, de l’Egypte que de la Turquie moderne! C’est un indispensable pour comprendre les enjeux des luttes actuelles et aussi pour comprendre pourquoi le génocide arménien est encore nié dans la Turquie moderne.

 

 

 

 

 

 

Le naufrage des civilisations – essai – Amin Maalouf

UNE LEÇON D’HISTOIRE

Le Prologue : « Ce que réserve l’avenir, seul les dieux le connaissent. »

Cavafy. 

Déjà, merci pour Cavafy!

Le Poète n’est pas cité par hasard. Le premier Paradis Perdu de Maalouf est l’Egypte cosmopolite d’avant Nasser.  C’est aussi l’Egypte de Cavafy.

En introduction Amin Maalouf écrit :

« C’est dans l’univers levantin que je suis né? Mais il est tellement oublié de nos jours que la plupart de mes contemporains ne doivent plus savoir à quoi je fais allusion

Il est vrai qu’il n’y a jamais eu de nation portant ce nom. Certains livres parlent du Levant, son histoire reste imprécise, et sa géographie, mouvante – tout juste un archipel de cités marchandes, souvent côtières mais pas toujours, allant d’Alexandrie à Beyrouth, Tripoli, Alep ou Smyrne, et de Bagdad à Mossoul, Constantinople, Salonique, jusqu’à Odessa et Sarajevo »

En plus de l’incendie du Caire il y a le naufrage de ce Levant. Levant évoqué dans d’autres lectures qui me sont proches « Nous autres levantins » de Benny Zieffer ou « Istanbul était un conte » de Mario Levi. Et cette coexistence de peuples, de religions de cultures différentes mais voisines, des empires Ottomans et Austro-Hongrois est depuis longtemps passée de mode!

Vu de Beyrouth, Maalouf nous fait une leçon d’Histoire, aussi passionnante qu’un roman. Une histoire qui n’est pas uniquement levantine, une histoire qui soulève les espoirs de toute une gauche marxiste. Il rappelle qu’avant que l’islamisme politique ne colonise la région (et le monde entier, jusqu’à l’Indonésie) il existait des mouvements laïques, internationalistes, avant les nettoyages ethniques, les minoritaires étaient actifs dans ces mouvements. Pour les qualifier, Maalouf emploie une image qui me plait « pollinisateurs« . Une histoire complexe avec des personnages demi-dieux à deux visages, tels Janus, Nasser et Churchill, par exemple. l’Histoire que raconte cet essai est détaillée et nuancée, jamais manichéiste.

Par étapes, par touches successives, on reverra les dates essentielles 1967, la catastrophe pour les Arabes de la région, puis Septembre Noir, les débuts de la guerre civile au Liban.

1979, l’année du grand retournement

Maalouf est exilé à Paris.  Il assiste en tant que journaliste à La Révolution islamique à Téhéran (février 1979). La même année, en mai, Margaret Thatcher met en place une Révolution Conservatrice. Suivie de peu par Ronald Reagan. L’air du temps n’est plus aux espoirs de la Gauche. L’Islam politique ou la Main invisible du marché vont prendre le pas sur le « progressisme de la gauche ».

l’Histoire contemporaine, se déroule avec ce nouvel éclairage, avec la Guerre en Afghanistan(1979), l’élection du Pape polonais, toujours dans la Guerre Froide et l’anticommunisme comme boussole des occidentaux…A la Guerre Froide va succéder l' »affrontement des civilisations« . mais aussi, la montée des nationalismes et des égoïsmes; Égoïsmes nationaux, et égoïsmes individuels justifiés par la » main invisible « .

Il aurait pu peut être en être autrement, à la manière de la générosité de Mandela, les Etats Unis auraient pu négocier avec Khomeiny, tendre la main à Gorbatchev…. on ne va pas refaire l’Histoire.

La dernière partie du livre décrit Un monde en décomposition avec les affirmations identitaires,  la recherche d’états homogènes, comme si l’homogéité était une richesse et non pas un facteur de division.Il met aussi en évidence  la « dérive orwellienne » où Internet et la puissance de l’informatique a construit un Big Brother dont on s’accommode sans trop protester, sans parler du réchauffement de la planète.

Sommes nous sur le » Titanic qui avance en fanfare à sa perte? »

Je n’ai pas beaucoup de goût pour le catastrophisme, même si je me rends compte de l’urgence, en revanche, j’ai beaucoup aimé la leçon d’Histoire.

Les enfants du Ghetto : je m’appelle Adam – Elias Khoury

PALESTINE

« C’est l’histoire de l’agneau qui n’a pas renâclé lorsqu’il est mené au sacrifice. C’est l’histoire des enfants du ghetto. »

« Non je ne cherche pas à mettre en parallèle l’Holocauste et la Nakba, je déteste les comparaison de ce genre et j’estime que le jeu des chiffres est haïssable, nauséabond même. »

Cette lecture est d’une actualité criante. Pas seulement parce que ce livre vient de sortir en Français. Surtout à cause de ce qui se passe à Gaza.

Le titre est ambigu, le  mot « ghetto » fait penser à  Varsovie. Ce n’est pas anodin, ni fortuit :  le héros du roman joue avec cette ambiguïté.  Le ghetto du livre est celui de Lod. Evidemment, Lod évoque l’aéroport, j’ignorais qu’en 1949 un ghetto fut mis en place pour parquer les Palestiniens. J’ignore beaucoup de choses en ce qui concerne la guerre d’Indépendance d’Israël, et encore plus sur la Nakba. La version officielle serait que les Palestiniens  auraient fui pour revenir avec les armées  arabes victorieuses.

Noter que ce livre est un roman et  pas un témoignage historique. L’auteur prend d’ailleurs des précautions vis à vis des historiens. Le narrateur était un nourrisson en 1949 qui ne peut que rapporter les paroles qu’il a entendues plus tard, paroles qui se contredisent parfois. Cependant, le contexte historique est très documenté et cite de nombreux auteurs israéliens comme Yizhar, Tom Seguev, Ilan Pappé ainsi que les auteurs palestiniens, Edward Saïd ou Mahmoud Darwich, pour les plus connus.

C’est un roman très riche qui intègre différents thèmes en cahiers séparés. Comme d’autres romans libanais(j’ai lu l’an passé Hakawati de Rabih Alameddine) l’auteur cherche les origines de la littérature arabe dans la poésie médiévale. L’évocation du poète dans le coffre est présentée comme un conte.

« En effet, la poésie n’est pas uniquement le registre des Arabes, elle est aussi le réservoir de leurs contes sans lequel il n’y a pas d’histoires, et sans celles-ci, la poésie rétrécit et s’anéantit… »

C’est un conte mais  aussi une critique littéraire : Adam, le narrateur,  est un universitaire israélien spécialisé dans la littérature arabe. Il cite Taha Hussein  discutant les rapports de la langue à la poésie anté-islamique et au Coran.

Dans les chapitres suivant, Adam renonce au conte,: il rédige ses mémoires:

« je ne suis entré dans aucun coffre comme mon cher poète, mais je constate maintenant que j’ai vécu toute ma vie dans le coffre de la peur et que pour en sortir, il me fallait le briser, non seulement l’écrire… »

Adam, arabe israélien,est un personnage complexe. Son manuscrit relate la quête de son identité et raconte l’histoire du ghetto de Lod.

« Et j’avais réussi. j’étais un israélien comme les autres. Je n’avais pas dissimulé mon identité palestinienne, mais je l’avis remisée dans les ghetto où je suis né. J’ai été le fils du ghetto qui m’a accordé l’immunité de Varsovie – mais c’est une autre histoire… »

Je ne vous raconte pas les aventures de l’enfant, à vous de les lire…

C’est un livre passionnant qui donne envie de lire  les auteurs qu’il cite ainsi que les Portes du Soleil du même auteur. J’ai téléchargé Khirbet Khizeh et je me suis empressée de le relire (en anglais, disponible en version numérique, cela ne va pas me faciliter le travail pour les citations). Et j’ai fait toute une liste des autres!

La Petite Montagne – Elias Khoury

LIRE POUR LE LIBAN

L’éditeur, ou l’auteur, intitule ce livre « roman« , j’aurais tendance à le qualifier  dans « nouvelles« , ce recueil d’histoires différentes dont les protagonistes se retrouvent ou pas dans les 5 parties. Sous le titre innocent La Petite Montagne qui désigne le quartier chrétien d’Achrafieh et qui est le titre de la première partie,  se déroulent des épisodes de la guerre dans d’autres quartiers de Beyrouth, ou dans la montagne et même en exil à Paris. Inutiles de se tourmenter à chercher une suite, ou un héros principal. Quelques  personnages sont récurrents,  d’autres disparaissent, certains qu’on croyait morts resurgissent. De même pour la chronologie, l’auteur saute dans le temps, revient en flash-back.

La cohérence – l’image illustrant la couverture donne le ton – c’est le Liban en guerre. La petite montagne  est parue en 1977. La guerre civile fait rage depuis 1975. Les données politiques ne sont plus les mêmes aujourd’hui. J’ai cherché à retrouver dans ce texte poétiques des indices pour m’y retrouver, et j’ai eu du mal – sans doute  à cause de mon ignorance .

Pour apprécier vraiment ce livre, il faut plutôt faire attention au style très particulier, très percutant, très poétique. Le rythme des phrases colle avec la situation évoquée. Des répétitions surprennent, il semble avoir déjà lu ce chapitre, répétitions voulues.

Cinq histoires, cinq âges de la vie. La première La petite montagne, raconte des souvenirs d’enfance, le narrateur, peut être adolescent, peut être jeune adulte vient de s’engager. Des miliciens viennent le chercher. Il a disparu. Dans la seconde, l’église,  de jeunes hommes livrent  un combat violent dans la ville, ils investissent une église. Dans quel camps sont-ils? Ce n’est pas clair pour moi. Le sujet n’est pas là. il est plutôt dans la traduction de la violence. Le dernier possible évoque Septembre noir en Jordanie, avec le personnage « du petit nègre » qui est une femme palestinienne. Les combattants sont des fedayin le combat se déroule dans la montagne libanaise. Certains épisodes sont cocasses, comme celui de l’homme qui vole un char pour retourner au village, et là le char se trouve, subtilisé par le père pour aller labourer. L’escalier met en scène un fonctionnaire, père de famille, plutôt radin et pleutre, mais qui trouve une gloire éphémère quand sa femme achète une auto qu’utilisent ses collègues. Dans cette ambiance plutôt pacifique la guerre va tout détruire. La place du roi est encore différente, elle met en scène des libanais, en partie à Paris. L’un d’eux est un ancien légionnaire ayant combattu en Indochine…

Livre kaléidoscope, toujours actuel.

J’ai téléchargé Les enfants du ghetto d’Elias Khoury.

 

Le manuscrit de Beyrouth – JABBOUR DOUAIHY – Actes Sud

LITTÉRATURE LIBANAISE

Je suis entrée progressivement dans l’histoire. Démarrage lent, indécis.

Farid, l’auteur du manuscrit, est un personnage un peu flou dont la personnalité se dévoilera assez peu et plus tard.Peu sympathique, Il semble imbu de son talent d’auteur, talent qui n’est reconnu par aucun éditeur. Son Livre est aussi inconsistant. L’auteur a mis tout son âme dedans, est-ce de la prose? de la poésie? un essai? on ne le saura jamais. Sa valeur littéraire est uniquement sentimentale, semble-t-il?

L’histoire se déroule dans une imprimerie, et là, je ressens beaucoup plus d’intérêt. Imprimerie ayant traversé presque tout le siècle, puisque l’enseigne (en se vantant) précise, avec quelque vantardise, depuis 1908. Un siècle d’histoire du Liban, les caractères de plomb passent de l’imprimerie des Jésuites, au pouvoir des Ottomans, fin de la première guerre mondiale, arrivée des Français….un siècle aussi de techniques qui évoluent, les caractères qu’on compose à la main pour les apporter à la presse seront balayés par le numérique à la fin de l’histoire. La machine Heidelberg Speedmaster XL, 162, va révolutionner non seulement la technologie mais aussi la gestion et les financements de l’entreprise. Célébration d’un métier : la typographie, ainsi que de l’écriture arabe dont les caractères sont enjolivés par  certaines fontes qui sont comme des trésors qu’on vole et cache. Difficile pour le lecteur qui ne lit pas l’arabe d’entrer dans tous les détails de la calligraphie,.C’est aussi le charme du livre, ce qui en fait l’exotisme. et dans cette célébration de l’imprimerie et des caractères arabes, je commence à accrocher. Cela suffirait pour que le Manuscrit de Beyrouth soit un livre qui m’enchante.

Mais ce n’est pas tout, le Liban a vécu récemment une période troublée, de guerre civile, d’attentats, enlèvements et l’action se trouve prise dans cette violence, d’abord le patron de l’imprimerie est victime d’un attentat, ensuite il se trouve pris dans une série de trafics louche. Et là, le ton du livre change. On arrive dans un thriller. Un trafic de fausse monnaie d’une ampleur énorme, à l’échelle de cette énorme machine Heidelberg que l’on doit financer….L’action qui avait démarré si lentement voit son rythme s’accélérer…j’arrête ici, peur de spoiler.

 

 

Chrétiens d’Orient à l’IMA – 2000 ans d’histoire

EXPOSITION TEMPORAIRE A L’INSTITUT DU MONDE ARABE

jusqu’au 14 janvier 

Plaques d’ivoire 6ème et 7ème siècle

Exposition importante couvrant 2000 ans d’histoire et tout le Moyen Orient, de l’Egypte à l’Anatolie, du Liban à l’Arménie……réunissant des pièces d’une valeur inestimables, certaines prêtée par des communautés et couvents. Grande variété aussi des objets, mosaïques et chapiteaux, icônes, manuscrits et textiles sans oublier les photographies et même des films…Chacun y trouvera ce qu’il cherche.

Bible arménienne enluminée

Pièces antiques des premiers chrétiens et objets liturgiques. Une étude très exhaustive présente  les courants du christianisme avec les influences, les conciles, les théories qui les différencient: christianisme alexandrin, nestorien, arménien, melkite, maronite…. La naissance du monachisme, des stylites aux monastères du désert égyptien occupe une salle entière.

icône

Après la Conquête Musulmane au 7ème siècle, les Croisades au 11ème, et la Constitution de l’empire Ottoman, les influences se mêlent, les cultures s’hybrident, se répondent. Les objets s’échangent : objets de la vie quotidienne fabriqués par les artisans chrétiens pour les dignitaires musulmans,  ou gravure des commerçants turcs à la Foire de Beaucaire.

maquette des lieux saints à destination des pélerins

Une Bible polyglotte en sept langues, imprimée à Paris par l’orientaliste Savay de Brèves, ambassadeur à Constantinople 1591-1614 – publiée de 1620 à 1645 permettait aux érudits de comparer la version hébraïque du texte sacré à sa traduction grecque, syriaque, copte, araméenne….J’ai été aussi très impressionnée par la lettre de Soliman à François 1er accordant les capitulations.

Détail du rideau d’autel en coton de madras

Un rideau d’autel de la chapelle arménienne de Jérusalem est en coton de Madras, venant d’Inde, illustrant le rôle des chrétiens dans le négoce des textiles dans la région et surtout à Alep…

Difficile de ne pas évoquer dans l’histoire récente, les persécutions :  le Génocide Arménien ainsi que les massacres des Syro-Chaldéens au début du 20ème siècle. Une exposition photo des Pénélopes, femmes attendant un  mari, un fils disparus, un film libanais…