Orly/le Caire

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

 

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Le lobby de l’hôtel Cosmopolitan et son merveilleux lustre

 

16 février 2002 : Orly 17h

Les formalités d’embarquement sont sécurisées. Des rubans élastiques délimitent des files. On présente à chaque étape son passeport. Le passage des portiques n’est plus une simple formalité. Mon sac sonne. Il me faut tout vider : mon  appareil photo, mon porte monnaie. En salle d’embarquement, je panique, le porte-monnaie n’est plus dans sa cachette! A la boutique Hors Taxe, c’est mon pull et les polaires que j’oublie. Enfin la carte d’embarquementest introuvable. Le voyage commence mal!

Corsair part à l’heure. Le vol durera 4 heures 20 .  De nuit on ne voit rien. Nous nous endormons. Nous arriverons relativement reposées  et surtout moins stressées.

A l’aéroport du Caire, le représentant d’Oriensce nous cueille à la sortie du premier couloir. Toutes les formalités de visas, change, douane et bagages se déroulent par enchantement.

Le taxi traverse Héliopolis, passant devant  des villas délirantes Belle Epoque. Un boulevard monumental nous mène au Caire. La ville est tout à fait éveillée Les magasins de chaussures sont éclairés à trois heures du matin. Les soldes  commencent,on change les étiquettes.
L hôtel Cosmopolitan est illuminé. Je reconnais le hall avec son lustre de cristal monumental en photo sur Internet.

Notre chambre est plus haute que large. Le mobilier est laqué foncé,  vieillot et poussiéreux. Les draps sont impeccables. Nous avons même une petite terrasse, malheureusement jonchée de détritus, suffisante pour griller une cigarette mais pas trop sympathique.

Le Caire : musée, des clés pour comprendre

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

Kephren surmonté d’Horus

 

8H 30 réveil sous un ciel nuageux.
Petit déjeuner dans la salle à manger monumentale un peu défraîchie.Au buffet : viennoiseries, omelettes, purée, des falafels et des vermicelles indéfinissables.

9h30 : Notre guide est une  dame vêtue d’un ensemble en laine grise, jupe longue, gilet et turban de laine. Cette tenue vestimentaire m’inquiète , j’ai revêtu seulement une chemise en jeans sur une chemisette. Est ce que cela suffira ? Zeinab parle un français parfait, appris au couvent, avec le même accent que les cousines.

Musée

Notre taxi est un microbus. Pour arriver au Musée dans le trafic c’est aussi long qu’à pied. Notre guide  court-circuite les queues aux tickets et à la consigne.Nous passons devant tout le monde (non sans entendre des réflexions peu amènes de ceux qui attendent dans la file).

Devant le Musée,  inévitables japonais, mais aussi de nombreux étudiants égyptiens avec de très gros blocs à dessin.

Présentation  de Mariette Pacha puis arrêt devant un bassin contenant un buisson de papyrus et des nénuphars, plantes symbolisant la haute et la Basse Égypte.

Dès l’entrée, une impression de manque de place évident. Les plus belles statues sont les unes contre les autres. Pas de recul pour les mettre en valeur.

Les clés pour comprendre
Zeinab récapitule en trois heures toute l’histoire des pharaons.

Ancien Empire

– la stèle de Narmer.

–  les pharaons des Pyramides : Djoser en calcaire blanc, Chéops, Képhren en pierre dure noire surmonté d’Horus et Mykérinos

Homme peau bronzée, femme peau claire

Zeinab nous donne donc les clés pour comprendre:

– la position des pieds du Pharaon, vivant: en marche; mort, en Osiris, les pieds joints
– la barbe postiche, carrée de son vivant, recourbée, mort.
– Le terme Osiris remplace notre français « feu ».
–  reconnaître les hommes des femmes à la couleur, les hommes sont bronzés, les femmes pas.

 principales divinités:

un truc pour ne pas confondre Anubis, le chacal, et l’animal séthien : regarder les oreilles coupées perpendiculairement de l’animal séthien.

Les scènes familiales sont pleines de tendresse.

Moyen Empire: une tête de Sésostris.

Le Nouvel Empire est peuplé de personnages que j’ai rencontrés dans la littérature.

La grand  Reine Hatcheptsout est une figure légendaire. Zeinab raconte de manière très vivante : Comment s’affirmer comme pharaon ? En revêtant la barbe postiche et en s’habillant en homme.

Au fond d’une salle, deux statues colossales Aménophis III et la Reine Tyi – couple  anticonformiste-  représentés de la même taille. le pharaon avait épousé une syrienne qui avait apporté le monothéisme. Cette religion était restée dans le cercle familial, tandis que leur fils Akhenaton et sa femme Néfertiti ont voulu l étendre à toute l’Egypte. Une révolution artistique double la révolution religieuse: l’esthétique réaliste peut être interprétée par la relation d’Akhenaton avec la divinité unique : Akhenaton n’étant plus qu’un homme, plus besoin de le déifier ou de l’idéaliser comme les autres pharaons.

Toutankhamon:

un demi- étage est consacré au  trésor et au mobilier trouvé dans son tombeau. Quatre chapelles d’or, grands coffres finement ouvragés, s’emboîtent les uns dans les autres, pour une fois, la présentation est astucieuse: une vitre réfléchit la chapelle suivante, Isis et Nephtys, ailes déployées protègent le pharaon. Ce n’est pas la richesse de tous ces ors qui m’impressionne mais plutôt la finesse des orfèvres.

la salle des bijoux .Au centre, le masque fameux, autour, les parures, ce sont elles qui me plaisent le plus : finesse des émaux cloisonnés, des yeux incrustés du cobra et du vautour (symboles de la haute et de la Basse Egypte) . le vautour, avec toutes ses plumes émaillées bleu turquoise, orange cornaline et or m’a surtout impressionnée .Ces motifs se retrouvent sur les pectoraux, les bijoux. Nous sommes éblouies.

Nous admirons aussi le mobilier, trône incrusté avec son marchepied, lit au sommier de palmier tressé, sièges pliants, personnages qui lui servent de serviteurs .A la fin nous n’arrivons plus à nous concentrer.
L’horaire retardé  du vol de Nouvelles Frontières  nous avait supprimé la première après midi de découverte libre du Caire et modifié notre programme de visites. Finalement, un point positif, cette première visite est l’introduction idéale à notre voyage. En trois heures, Zeinab, très pédagogue, a réussi à mettre en place toutes les notions fondamentales : la chronologie des Empires et des figures principales des pharaons, les symboles de la royauté, les analogies avec l’Egypte actuelle quand elle nous présente un personnage assis de l’Ancien Empire comme le modèle de l’Egyptien moderne avec sa petite moustache, son collier bleu.

J’avais pourtant bien préparé ce voyage par une bibliographie monstre. La visite au Musée donne des images là où je n’avais lu que des chronologies indigestes. Les personnages ont maintenant des visages, les présentations sommaires  faites, nous pourrons voir les sites !

Le Caire : déjeuner au bord du Nil – Andréa

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

Andrea sur les bords du Nil

 

 Enfin ! Le Nil !

bâtiments administratifs, puis  hôpitaux, la faculté de médecine où la médaille d’or de Papa doit encore se trouver. Après l’aqueduc de Saladin, les maisons sont misérables, nous avons l’impression de quitter la ville, les berges du Nil sont envahies de roseaux. Une felouque passe avec sa voile.

Andréa

Andréa est une guinguette, il y a même une estrade pour un orchestre, le soir. A midi, elle est presque vide.
Nous passons devant des flamants roses, gris, leurs longues pattes roses et fines soutiennent un corps très léger et un cou immense, quand ils l’étirent ils sont très hauts.
La table est couverte de mézés : aubergines en purée ou miniatures dans de la saumure, choux, salade de pommes de terre, tehina, haricots, fallafels croustillants verts de persil …les pitas sont fines comme des crêpes, toutes petites, incrustées de sésame.
Zeinab disparaît pendant un long quart d’heure, nous n’osons pas commencer sans elle.
On nous apporte une assiette avec un demi poulet grillé, un peu sec, du riz délicieux avec une sorte de sauce bolognaise. Pour dessert : une orange. Café turc pour moi, pour D du thé à la menthe.
Des pêcheurs en barque passent et repassent. Un bac emporte des passagers et des marchandises sur la rive opposée où il y des serres.  L’endroit est très paisible, presque champêtre, malgré des immeubles affreux de l’autre côté de la route.

Le Caire : Citadelle, musée Gayer Anderson,

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

 

Citadelle

 

 

 

Fostat – la ville des potiers  – est un curieux chantier. Des rangées de sacs de chaux ou d’argile sont entassés le long de la route, des poteries, alignées.
De  troupeaux de moutons attendent les acheteurs en pleine ville : vendredi prochain c’est l’Aïd El Kébir .En attendant, ils sont nourris de foin et de luzerne sur le trottoir. La présence de ces animaux est incongrue dans la ville. Nous nous dirigeons vers les carrières du Mokkattam face à la Citadelle.

La Citadelle

Elle  est couronnée par la mosquée de Mehémet Ali, très turque. Ses coupoles argentées sont les répliques de Sultanhamet, les minarets très fins sont pourtant différents. Les murs sont revêtus d’albâtre merveilleux. On se déchausse ici en entrant dans la cour immense, des tapis rouges sont déroulés pour faire un cheminement jusqu’à la mosquée. Au centre de la cour, la fontaine aux ablutions est finement décorée encore dans le style turc. Les arcades sont percées de fenêtre garnies de ferronneries par lesquelles on devine la ville en contrebas, les minarets, les coupoles, les minarets …A l’intérieur de la mosquée, un lustre à la mode turque.

De la terrasse, parmi les constructions, se détache le grand rectangle nu de la mosquée d’Ibn Touloun que nous allons visiter.

Musée Gayer Anderson

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Le musée Gayer Anderson est installé dans deux maisons jumelles reliées par un pont. Ces maisons anciennes sont surtout remarquables par leurs balcons de bois fermés qui dépassent des murs. Nous avons rencontré la première fois ce type d’architecture Rethymnon, en Crète, puis à Istanbul. Le musée est meublé merveilleusement. Ce que je préfère ce sont les moucharabiehs. Nous avons laissé les appareils photo à la consigne. Un vieil homme nous accompagne malgré la présence de Zeinab. Il mime avec humour les femmes observant par la fenêtre, de sa main il se cache la bouche pour imiter le voile, puis il imite le fumeur de kif dans les longues pipes et se vautre sur une banquette d’un air béat. Il nous fait découvrir les passages secrets du harem avec un regard malicieux. Ses yeux pétillent de joie.

 

Ibn Touloun

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Dans l’immense cour d’Ibn Touloun,  une paix incroyable règne par comparaison avec l’agitation frénétique du quartier. Le soleil décline, il est près de cinq heures, la lumière est très chaude. Les arcades sont admirables, malheureusement il y a des échafaudages, des bâches en plastiques peu photogéniques.

Je monte à un  curieux minaret qui me fait penser à la tour de Babel.

.
Entre-temps, je vais chercher une carte de téléphone. Un jeune homme très obligeant me montre le Central de Téléphone de la place Tahrir beaucoup plus économique. Il paraît très sympathique, mais j’ai du mal à m’en débarrasser je suis forcée d’inventer un mari jaloux qui m’attend à l’hôtel. Je n’ai compris que plusieurs jours plus tard son rôle de rabatteur pour une boutique de parfums.

   Felfela est une sorte de fast- food à l’égyptienne. pour 12 LE (22 F) on sort avec une pita-falafel, et du shwarma.

Retour à Cosmopolitan en compagnie d’André.   Dès les premières marches de l’escalier, scandale ! André n’a pas le droit d’accéder à notre chambre, j’essaie de parlementer, inutile, ordre de la police !

Memphis, villages dans la campagne égyptienne

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La route de Memphis

Sur la route de Memphis

Le microbus quitte le Caire pour la campagne, longe un canal d’irrigation .Dans le petit matin brumeux, les champs de luzerne et de fèves sont vert vif. Les palmiers se détachent à contre-jour, silhouettes noires sur un ciel jaune pâle. Dans les villages, des charrettes multicolores sont chargées de bottes de carottes, de sorte de navets ou radis violets, d’artichauts et de choux fleurs, les pyramides d’oranges alternent avec les régimes de bananes.

Des buffles partent aux champs, gris massifs, étranges. Beaucoup d’ânes aussi. D’étranges pigeonniers en bois ressemblent à des miradors posés sur les toits. D’autres sont maçonnés tous coniques percées de gros trous ronds.

Les villages sont très peuplés. Des femmes portent des charges sur la tête. Nous aimerions descendre du taxi, profiter de l’atmosphère rurale, faire des photos.C’est hors programme.

Zeinab  fait un cours sur les divinités antiques, parle des triades.  Memphis,est  la ville de Ptah, le dieu coiffé d’un bonnet, dieu fondateur, qui; par la parole donne la vie. Elle trace toute une cosmogonie, de la naissance de la Terre sortie de l’eau.

Mythologie

Nous écoutons d’une oreille distraite, captivées par le spectacle de la campagne égyptienne. Je l’entends nous raconter les tribus nomades venues s’installer sur les bords du Nil. Ces nomades considéraient comme des divinités tout ce qui les dépassait, les bêtes féroces. Puis comparaison avec la Genèse. Triades : Isis, Osiris, Horus, aussi Ptah, Sekhmet et … Nous aimerions seulement regarder les paysans du Nil.

Memphis

Colosse de Ramsès II couché

Un musée de plein  air est  situé  dans un petit parc près de la palmeraie.
Des colosses: l’un debout en granite, un autre en albâtre couché sous un abri.
Nous rendons visite à Ptah, le dieu au crâne caché sous un bonnet rond, sur la stèle la triade Ptah, Sekhmet et Pharaon.

Saqqarah

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Pyramide à degrés

 

Nous quittons la palmeraie  pour arriver à Saqqarah dans le désert.

Notre première pyramide!   La pyramide à degrés de Djoser. Au guichet qui vend les permis de photographier, je suis très bien accueillie comme française, on me parle de Lauer, c’est plus sympathique que Chirac ou Zidane!

Nous entrons sous une colonnade, la première en pierre, due à Imhotep ! D se fait hisser au sommet par le guide, elle a bien du mal à nous rejoindre !
La fête du Jubilée  devait prouver que Pharaon était encore apte à régner.  Il devait donc combattre un taureau sauvage et courir sept fois autour de la cour. Cette histoire de taureau m’est familière, elle me fait penser à Cnossos et aux Crétois aussi à Christian Jacq où Ramsès enfant fut confronté à l’épreuve du taureau sauvage par son père Sethi 1er. Nous voyons les chapelles restaurées par Lauer. Cette restauration est discrète. Tout un chapitre du livre d’entretien avec Lauer que j’ai lu y est consacré.

Zeinab nous laisse seules. Un jeune militaire en armes nous escorte. Des chameliers  nous proposent un « taxi », les montures sont pomponnées, heureusement ils n’insistent pas trop. Le policier nous conduit derrière la pyramide au serdab : une pierre percée à la hauteur des yeux : la statue de Djoser nous regarde les yeux fixant le soleil levant. Au loin les pyramides de Dachour.

Mastaba de Mere Roka

Mere Roka, haut fonctionnaire des pharaons Ounas et Têti, vétérinaire. Les murs de la tombe sont finement ciselés. A l’entrée, un calendrier ancien : le croissant de lune représente le mois, quatre croissants forment une saison. Trois saisons dans l’année : l’Inondation avec des vagues figurant l’eau, un hiéroglyphe en carré évidé vers le bas ressemblant à une maison pour , le travail des champs,  la troisième  saison : l’hiver  est celle des récoltes .

Dans la première pièce, une scène de pêche :les différents poissons du Nil sont dessinés en détail une sauterelle dans l’herbe, une, grenouille …Des processions de serviteurs apportent au défunt tous les présents nécessaires.  Certains portent plusieurs canards par le cou, des oies, des paniers de fruits…. Le réalisme est saisissant, on voit ces paysans de la 6ème dynastie, il y a 4500 ans/ La beauté est à couper le souffle.

Des ouvriers prennent soin des tombeaux, comblant la moindre fissure d’enduit. Ils nous proposent la truelle, prétexte à bakchich bien sûr, mais démarche combien sympathique !

La pyramide de Téti

La pyramide de Téti n’est pas spectaculaire vue de l’extérieur, mais on peut la visiter et elle est couverte d’inscriptions, de formules magiques. Je m’engouffre avec enthousiasme sur un plan  incliné dans une étroite galerie où il faut se plier en deux pour marcher. Ce que je découvre n’est peut être pas spectaculaire pour le non initié à la lecture des hiéroglyphes mais c’est très excitant de se trouver sous une pyramide !

Ecole de Tapis

La limite entre désert et terres cultivées est très nette. Nous passons sans nous arrêter devant le complexe d’Ounas en fouille. Puis nous nous retrouvons dans la campagne verdoyante vers Memphis. Nous nous arrêtons dans une « école de tapis » qui est un atelier où travaillent des enfants sur d’énormes métiers. Au dessus, il y a bien sûr, une galerie marchande. Méfiantes, nous ne sommes pas convaincues par « l’école » et évitons de tomber dans le piège de la galerie. Nous préférons rester au dehors à regarder la campagne.

Le Caire : les Pyramides et le sphinx

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

 

Déjeuner dans un restaurant de poissons « Caviar », grand luxe.

Nous abordons les trois grandes pyramides de Guizèh : Chéops, Khephren et Mykérinos.

Un parking est installé entre Chéops et Khephren. C’est choquant et ôte au lieu bien du charme. On aurait dû préserver la solitude du désert. D’autant plus qu’il y règne une agitation frénétique : chameliers, vendeurs de cartes postales nous harcèlent. Nous avons bien du mal à observer l’énorme montagne de blocs.

  Khephren se visite. La galerie est beaucoup plus longue et encore plus étroite que ce matin, il y a foule et strictement rien à voir. Devant moi un Américain si grand qu’il doit ramper me bouche tout le passage. Je suis quand même toute excitée. Nous faisons une courte promenade autour de Khephren pour la vue sur le désert, on aperçoit au loin Saqqarah et Dachour.


Visite de la Barque Solaire :

Le soleil, chaque matin apparaît sous la forme du scarabée Képri, puis monte sur l’horizon, il est alors Rê, le disque solaire, puis il disparaît sous l’horizon et est avalé par Nout ou fait le voyage dans les ténèbres sur la barque solaire. Chaque Pharaon est assimilé au dieu Rê dispose donc d’une barque solaire. Celle ci, la barque de Chéops est à la dimension de sa pyramide ! Enterrée dans une longue fosse, toute démontée, on l’a retrouvée avec ce mode d’emploi » : « tirer les cordes ! ». En effet, tout tient sans clou ni tenon ou mortaise, simplement avec des encoches où placer les cordages liés par des nœuds de marin. Tout s’emboîte. le remontage de la barque a duré 20 ans. Zeinab accepte d’associer à notre visite deux adolescents qui comprennent le français, un Egyptien qui étudie dans le  couvent où elle a fait ses études avec son correspondant brésilien, sous l’égide du Lyons ‘club. Sympathique application de la francophonie.

Arrêt photo : les trois pyramides, des cavaliers galopent dans le désert. Je les envie, cela aurait plus d’allure que nos sauts de puce à bord d’un minibus jaune !

 

Le Caire : Guizèh Sphinx – palais des Parfums

 

Sphinx

Sphinx

Enfin le Sphinx dans la belle lumière de la fin de l’après midi !

Il y a foule, cela n’a pas tellement d’importance, comme aux Chutes du Niagara !

Palais des Parfums

Parfums

Fin de la visite au palais des parfums. Bien sûr, c’est un piège. Mais la Galerie ornée e verre filé est charmante, ainsi que l’accueil, démonstration de verre soufflé et filé, une énorme bulle explose en apothéose, puis on nous offre du kerkadé, infusion de fleur d’hibiscus, délicieuse. Puis un jeune homme récite son boniment, nous fait respirer des essences. Bien sûr, il faudra acheter, ce sera le cadeau de Valou.

De retour à l’hôtel, pas de serviettes, donc pas de douche. Nous descendons à la recherche de la rue El Bustan. Problème : les numéros, soit en arabe soit inexistants. J’entre dans les bureaux d’Egypt Air qui se trouvent au 16, le 14 est donc à côté mais c’est un immeuble récent d’une quinzaine d’étages, de même que le 17. Peut être, les numéros ont ils changé ?
Nous trouvons par hasard une très bonne pâtisserie sur Talaat El Harb.

Le Caire : quartier copte et synagogue

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Maisons populaires et pigeonniers

 

Le taxi prend la corniche vers le sud,  par l’aqueduc. A gauche un quartier misérable est surmonté d’amusants pigeonniers en bois cubiques posés comme des miradors. A droite, les potiers de Fostat, je remarque l’extraction sur place de l’argile . Toujours les animaux au beau milieu de la circulation.
Le minibus tourne à gauche entre les cimetières et de vastes terrains vagues.

Quartier Copte

Eglise Saint George

L’entrée du quartier copte est barrée par des militaires qui ne laissent entrer que les taxis des touristes. Le quartier copte est en chantier : toutes les rues sont éventrées, il y a partout des bétonneuses et des échafaudages, on rénove.

Le Musée Copte a été construit exprès pour abriter des morceaux entiers d’églises ou de monastères sauvés des ruines. Il ressemble au Musée byzantin d’Athènes. Les plafonds sont d’époque. Les salles suivent l’ordre chronologique.

Tout d’abord, les premiers chrétiens se sont servis de l’imagerie pharaonique et hellénistique (rien d’étonnant à cela). Nous voyons comme le signe de vie ankhe s’est transformé pour donner la croix copte. Au début il fut utilisé tel quel, puis les branches sont devenues triangles (pour la Trinité), enfin la croix est apparue avec disparition de la boucle. Un gisant est encore protégé sur son lit de mort par Isis et Nephtys.
Les chapiteaux antiques subissent une lente évolution, le panier d’offrande se fait chapiteau, les feuilles d’acanthe deviennent de la vigne.  Cet art est principalement décoratif. Des frises de bois ou de calcaire sculpté occupent les premières salles.

Ensuite viennent des fresques qui sont vraiment analogues à celles de Cappadoce, nous retrouvons Basile, Georges et Démétrios, en compagnie de saints locaux. Une fresque très fraîche sur fond blanc, orange et vert dominant, représente Adam et Eve deux fois. D’abord nus avec le serpent et à côtés vêtus d’une feuille de vigne. A l’arrière plan les vergers du paradis. Curieuse image où seul narrateur est le « vêtement », pas de trace de la chute, ils sont dans la même verdure luxuriante et chargée de fruits.
A l’étage: étoffes très anciennes, de très vieux manuscrits. Les baies ornées de moucharabieh laissent passer une lumière très tamisée, un gardien nous suit et allume les lumières des vitrines. Enfin des objets sacerdotaux, lampes encensoirs, moins passionnants.

Promenade dans le quartier Copte :

La forteresse « Babylone » : Zeinab nous raconte que des prisonniers babyloniens l’auraient édifiée (il y a une autre interprétation dans les guides, ce nom dériverait d’une interprétation du nom Bab  pour la porte). On reconnaît bien la maçonnerie romaine avec l’appareil caractéristique alternant brique et pierre. Autrefois un bras du Nil coulait ici au pied de la Citadelle permettant un approvisionnement facile. Ne pas oublier que le Caire n’existait pas à l’époque antique, la grande ville était Alexandrie. Le niveau du sol était beaucoup plus bas, le limon du Nil l’a surhaussé de plusieurs mètres en 2000 ans. Les rues sont donc toutes en creux.

L’église suspendue

L’église suspendue est perchée en haut d’un escalier raide. Elle est en chantier. Nous croisons des rangs d’écoliers en survêtement d’uniforme jaune et kaki, très sages.

Le parvis de l’église est une sorte de hall couvert où l’on vend toutes sortes de bondieuseries, une télé diffuse un feuilleton, des affiches criardes sont placardées. Le patio serait joli avec son bassin s’il n’était pas encombré de chaises branlantes et de ferraille. Nous pénétrons dans l’église à trois nefs avec des bancs comme dans une église européenne. Magnifique plafond de bois en coque renversée où des ventilateurs à longues pales sont suspendus. L’iconostase est très belle, non couverte d’icônes comme en Grèce, mais en bois travaillé à la mode mauresque. Deux portes fermées par des rideaux de velours grenat pour la communion. Zeinab nous parle des coptes. Comme elle a appris le français dans un couvent, je pensais qu’elle était copte, non, elle est musulmane.

Nous poursuivons la visite du quartier dans des ruelles. Des néons colorés représentant la Vierge sont du plus mauvais goût. Saint Serge possède aussi une iconostase en bois ouvragé et des icônes représentant la Fuite en Egypte. Dans la crypte se serait réfugiée la Sainte Famille. Une odeur bizarre flotte, ce n’est pas d’Odeur de sainteté ni l’encens ou la myrrhe, c’est d’insecticide contre les termites, avec toute bois ancien.

Les petites rues sont creusées, elles sont très tranquilles mais tout le quartier est en ruine. En fait, il n’habite pas grand monde, ce sont surtout des cimetières.

Synagogue Ben Ezra

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La synagogue Ben Ezra est un bâtiment beige sous d’immenses eucalyptus. Rénové il y a quelques années, malgré  tout est très poussiéreux. L’intérieur, en revanche, est flambant neuf surtout les armoires en marqueterie qui portent le nom des généreux donateurs à la mode américaine (la rénovation est américaine et canadienne faisant suite à la visite de Sadate à Jérusalem). Ben Ezra aurait obtenu de l’évêque qu’il lui cède son église Saint Michel. « La place l’intéressait ». C’était l’emplacement d’une très ancienne synagogue datant du Premier Exil en 586 avant JC. Des manuscrits anciens ont été retrouvés enterrés dans le sous sol. Un petit bâtiment tout simple avec une barrière verte abritait une bibliothèque. L’endroit est emprunt de nostalgie. A la sortie, un homme vend un document illustré sur l’histoire de la synagogue, 5 LE, il me demande si je suis juive et insiste pour me passer à mon cou un magen David en ferraille que je ne tiens pas du tout à lui acheter ni à porter. J’achète son livret.

Souvenirs

Zeinab nous pousse dans un magasin de souvenirs, c’est obligatoire que nous entrions, « vous n’êtes pas forcées d’acheter » c’est tout comme. Les bijoux sont magnifiques, tout au moins ceux qui sont en or et qui s’inspirent des bijoux pharaoniques, mais chers 845 LE. On se contente d’une boîte en marqueterie pour Cati et Pierre et une pince à courrier pour le Papa de D.

Le Caire : Musée islamique

PREMIER VOYAGE EN EGYPTE 2002

 


Déjeuner chez Andréa

Déjeuner chez Andréa. C’est un moment de tranquillité, presque la campagne, que nous apprécions bien. Je me contenterais bien des mézés mais nous y touchons à peine, tant est bien garnie l’assiette de kebab et de riz. Avant le repas Zeinab nous abandonne pour ses dévotions,  elle est  très cultivée et active, et très pieuse. Elle nous parle avec beaucoup de conviction et de délicatesse de l’Islam à propos de la fête de l’Aïd. Elle insiste sur le devoir de charité et d’aumône. le mouton est sacrifié en souvenir du sacrifice d’Abraham, mais aussi pour offrir les ¾ à ceux qui ne peuvent pas
manger de la viande le reste de l’année. En Arabie Saoudite, des abattoirs spéciaux congèlent la viande du sacrifice pour l’expédier aux déshérités.

Les moutons de l’Aid

 

Musée islamique

Le taxi reprend les itinéraires connus : Fostat, les pigeonniers, les quartiers résidentiels de Garden City, (plus aucun jardin). Il est 14 h, la circulation est extrêmement dense, nous circulons au ralenti ce qui permet de suivre le trajet sur le plan du Caire. Les deux premiers jours, nous avons négligé de nous repérer. Nous passons devant l’hôtel, puis devant l’ancienne place de l’Opéra avec ses immeubles début du XXème tarabiscotés avec stuc et colonnes puis par la place de l’Ezbékiya défigurée par des autoponts et des rocades et arrivons au Musée Islamique.

Comme au Musée Copte, sont exposées de nombreuses boiseries travaillées des portes monumentales, des plafonds à caissons des patios avec leur fontaine. Les céramiques viennent souvent de Turquie et les poteries de Perse. Toutes les époques sont représentées. On se rend bien compte du rôle central du Caire jusqu’au XVIème siècle. Certains objets viennent de Boukhara ou de Samarcande. Le travail du bois est remarquable. Tapis et céramique étaient plus abondants et plus beaux à Istanbul ou à Konya.

Coucher de soleil sur le Nil

. Nous retournons au midan Tahrir (5 minutes) mais ici se pose le problème de la circulation. La place est défigurée par le chantier du métro. C’est décidément un abonnement! Déjà à Athènes, Omonia était bloquée. Mais Omonia paraît minuscule à côté de Tahrir, la circulation est infernale. Nous essayons de contourner la place, devant le Musée, un flot intarissable s’écoule sans un feu. .Il faut se lancer entre les voitures .Enfin nous parvenons au Hilton en face du Musée mais le même problème se pose sur la Corniche, une véritable autoroute où les voiture circulent à grande vitesse. Sur la Corniche nous trouvons même un banc libre et le soleil se couche derrière les gratte-ciels de Zamalek la Tour du Caire et les hôtels de luxe).

Le Caire médiéval

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Le caire médiéval

 

Taxi

Le portier de l’hôtel nous trouve un taxi pour nous conduire à Bal El Foutouh, l’une des portes de la ville ancienne. Il marchande pour nous 10 LE mais dès que nous sommes en voiture, le prix grimpe à 15 LE. La pratique du bakchich ne concerne pas seulement le touriste, le chauffeur de taxi roule un billet pour qu’un passant l’aide à faire marche arrière et s’intercaler dans la circulation de Kasr El Nil.

Le trajet est effrayant. Nous avons hérité du chauffeur le plus grossier de la ville. Ila commencé par coincer le pied de D dans la portière parce qu’elle ne montait pas assez vite. Puis il insulte tous ceux qui osent le doubler. Il fait des gestes obscènes à la police. Il ne se rend pas compte du tout que nous n’apprécions pas sa conduite et tente de faire la conversation. Même, il nous propose ses services pour le lendemain : « Voulez vous demain aller à Guizeh ? » Très fier de lui : « je suis hadj ». Mal rasé mal embouché, il conduit vite et mal. Craignant sans doute l’accident, il attache sa ceinture au milieu d’un carrefour. Finalement il nous largue devant une autre porte que Bab El Foutouh : Bab El Nasr, une belle porte carrée dans les murailles.

Derrière les murs, plus de voitures, des ruelles moyenâgeuses, des échoppes, des petites cantines à bras, les hommes sont assis sur des chaises en pleine rue.

Pas de photos ?
La première maison a un portail décoré de polygones, stalactites sous une crasse séculaire. Au dessus des claustras. Je prépare tranquillement le cadrage de la photo. Un malabar en chemise blanche avec des épaulettes vient nous dire que c’est interdit. Nous rangeons l’appareil provisoirement, mais c’est un abus de pouvoir, d’ailleurs peut être n’est ce pas un policier. Ne pas se laisser intimider.

Rue Gamaliyya

Nous suivons la rue Gamaliyya. Les maisons sont toutes anciennes et très belles .Wakkala Qatbay date de 1480, le Khanqa Baybar de 1306. Partout des balcons fermés en bois en décrochement dans la rue. Nous découvrons une mosquée. Des hommes nous dirigent vers un caravansérail tout rénové (une initiative de Suzanne Moubarak). Le vendeur de tickets essaie de nous commenter le lieu en arabe et comme on ne comprend rien il n’insiste même pas pour nous faire payer. Autour d’une cour carrée de bonne dimension des immeubles de trois ou quatre étage portent de belles moucharabieh en relief, malheureusement la restauration est trop récente, le caravansérail tout crépi de beige fait trop neuf dans la crasse noir environnante et il a perdu un peu de ses charmes du passé.

El Mouizz El Din
Nous retrouvons la sharia El Mouizz El Din Allah qui va de Bab El Foutouh au Khan El Khalili où se trouve le l’itinéraire recommandé par Zeinab. Nous nous promenons très tranquillement. L’absence des voitures est un véritable soulagement. La rue est loin d’être silencieuse. L’animation est gaie. Personne ne nous importune. On peut tranquillement photographier les merveilles qu’on découvre au hasard. Les artisans n’ont rien qui puisse intéresser le touriste (bassines, barbecues, tout une dinanderie utilitaire). Plus loin des oignons et l ail sont empilés en gros sacs en maille de filet. Les petites cantines à bras sont chargées de saucisses et de marmites et à l’usage exclusivement local. Aucun touriste ne serait assez téméraire pour manger une soupe dans les bols en fer blanc lavés dans le seau posé à terre. Comme on n’a rien à nous vendre, on nous laisse tranquilles.

Mosquées

mosquée el Hakim

Comme nous nous attardons devant une mosquée, des vieux en galabieh grise ou bleue et y en turban blanc nous font signe d’entrer. Je visite deux d’entre elles : la mosquée fatimide El Akmar et la mosquée El Hakim.

Il y règne une propreté qui contraste avec la crasse de la rue. Calme et silence, des indigents dorment sous des couvertures brunes. Une machine de nettoyage industrielle passe (incongrue ici, à l’hôtel Cosmopolitan, on balaie l’escalier au lieu d’aspirer).Les mosquées fatimides sont différentes des mosquées turques : des colonnes soutiennent le plafond mais aucun mur ne ferme l’édifice, on se déchausse donc à l’entrée de la cour dallée, un tapis traverse la cour et on se retrouve devant le mihrab sans s’en apercevoir peut être est ce un effet du climat. Sous la forêt de colonnes, l’air circule librement ; ici on ne craint ni la pluie ni les rigueurs de l’hiver. On me propose de monter au minaret .