les chapelles de Penvenan

CARNET DU TREGOR

Chapelle de Port-Blanc

Nous avons vu ces chapelles, cet hiver, fermées. Les Journées du Patrimoine sont l’occasion d’en découvrir l’intérieur. Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à une sorte de rallye d’une chapelle à l’autre.

En route d’abord pour Port Blanc

L’estran est découvert à marée basse. Il se déroule une course à pied : Le Trail de l’Estran sous le patronage du Télégramme de Brest. Les coureurs passent par petits paquets, groupes d’amis ou en famille. Une voiture s’arrêt « Vas-y Papa » . Je voulais justement emprunter leur parcours. pas de problème, le commissaire de la course m’engage à marcher : » Au moins vous aurez le temps de profiter du paysage » . Trois dames de mon âge me demandent : « vous avez vu les coureurs? » moi :« oui devant! » – « bien sûr devant! » rigolent les coureuses qui n’ont aucune prétention de battre des records mais plutôt de finir le parcours. Ils courent sur le sable puis sur les galets, enfin sur les rochers. Comme c’est peu confortable en sandales je monte sur la digue où se trouve le GR 34

Premier pique-nique : crevettes grises,  nos préférées.

L’après midi est dédié aux chapelles ouvertes exceptionnellement aujourd’hui.

Chapelle Notre Dame de Port Blanc

la chapelle est fleurie comme pour un mariage

Bien cachée à l’écart du village, son toit à deux pans surgit de la pelouse, on la croirait enterrée. Elle est très ancienne. Au XIIIème il y avait là une tour de guet. Pour l’occasion des Journées du Patrimoine, on a décoré la chapelle avec de grosses têtes d’hortensias bleus comme pour un mariage. Deux belles maquettes de voiliers(sans doute des ex-votos) pendent du plafond. Dans un coin la chaire à prêcher est peinte avec un décor floral. 

Chapelle de Saint Gonval

Chapelle et tumulus de Tossen

Sur la route de Buguélés. c’est une chapelle toute simple rectangulaire de petite taille, moderne (1914-1915). Elle est décorée de statues anciennes en bois. 

A proximité de la chapelle ; un alignement de dalles de granite en cercle : reste du tumulus de Tossen du néolithique moyen (2300 av. J.C.). ces pierres entouraient la base d’une colline artificielle de 10 m de haut? 

Saint Nicolas de Buguélés

Construite au Moyen Age, elle fut gravement endommagée au XVIème siècle et rebâtie à cette époque. L’aménagement intérieur le plus remarquable est un balustre (1649) séparant le chœur de la nef. le bois est gravé d’une inscription. 

Une dame et une petite fille m’accueillent gentiment et me donnent l’historique de la chapelle sur une feuille dactylographiée. La petite fille est toute fière de m’annoncer que c’est sont arrière-arrière-grand-père qui a réalisé la maquette de bateau suspendue. 

Saint Gonéry de Plougrescant

Le curieux cloché cassé de Saint Gonéry

le clocher de bois recouvert de plomb penche curieusement. L’enclos paroissial a une belle chaire à prêcher extérieure?

J’ai la chance d’assister à une visite guidée. Le conférencier détaille les fresques du plafond de bois peint au 15ème/16ème siècle et restaurées avec des couleurs très vives.

Adam et Eve au Paradis avant la Chute

Sur me registre du haut est figurée la Genèse. Adam et Eve, au Paradis nus sont curieusement  couverts de feuilles sur une sorte de collant. Après la Chute, ils trouvent des outils : une houe pour travailler la terre et une herminette pour construire une maison. Eve a une quenouille pour filer. Sur trois tableaux on constate l’amélioration de la maison et des habits. naissance de Caïn puis celle d’Abel, Caïn est déjà jaloux et se cache derrière un pilier.

Résurrection de Lazare

Le registre inférieur relate les scènes de la vie du Christ ; Résurrection de Lazare, la Cène et la Trahison de Judas?

la Cène

Le grand tombeau de pierres est celui de l’évêque Halesgoet.

Plougrescant

Il fait si beau que nous n’avons pas envie de rentrer. Arrêt à Porz Scaff. je suis le sentier côtier jusqu’au site du Gouffre parmi des rochers spectaculaires. 

Promenade dans Tréguier – maison d’Ernest Renan

CARNET DU TREGOR

Tréguier maisons à pans de bois. A droite la Maison de Renan à gauche « à vendre »

Sous un soleil radieux, cette Journée du Patrimoine est l’occasion de nombreuses visites qui commencent toutes à 10h30. Je peux flâner dans la ville en attendant.

Parking place des Halles juste en dessous de la cathédrale Saint Tugdal  Autour de la Place des Halles : d’un côté des maisons à pan de bois curieusement incurvées au premier étage, en face le mur du cimetière fleuri d’une épaisse guirlande orange et rouge  surfinias mélangé à d’autres fleurs. En dessous la fine table de pierre des poissonniers les jours de marché (le mercredi)

Cathédrale de Tréguier : remarquer les couleurs des cartes coeur, pic carreau et trèfle sur le clocher

En face de la Cathédrale Saint Tugdal, Autour de la place : pâtisseries, cafés, boutiques diverses. Je monte par les rues qui se faufilent entre maisons à pans de bois et façades de granite élégantes et qui conduisent aux austères bâtiments d’un couvent. Lorsqu’on découvre la ville de Tréguier on est impressionné par l’importance de ces bâtiments ecclésiastiques, Palais épiscopal, Séminaire, monastères, couvents…

Tréguier La Douleur

Je retourne à la voiture poser les pâtisseries du pique-nique de midi et emprunte un nouvel itinéraire, le long du cimetière pour arriver à l’Hôtel de Ville après avoir traversé un jardin ressemblant un peu à un labyrinthe avec des rangées de charmilles. Je passe sous un porche pour me trouver de l’autre côté de la Cathédrale devant une belle statue de pierre sombre : La Douleur – monument aux morts de la Grande Guerre ; une veuve est assise, elle porte la coiffe de Tréguier. Du coin de la place s’élève une rue bordée de maisons de notables aux façades soignées. Des venelles aux vieilles pierres de granite émoussées fleuries de pâquerettes des murailles (Erigeron karvinskianus) au feuillage très léger comme de l’asparagus. L’une d’elle est la Venelle des Trois avocats, quel nom pittoresque!

la Maison de Renan

Renan et Athéna sur la place de la Cathédrale

10h30, retour sur la Place des Halles pour la visite de la Maison de Renan. C’est une maison à pans de bois peinte en orange. Maison d’armateur, les notables les plus riches de la ville, située dans une rue qui descend vers le port. Elle est même équipée d’une vigie, pièce sous le toit permettant à l’armateur de surveiller ses navires rentrant au port. 

Ernest Renan

 

La visite commence par un vidéogramme de 20 minutes. je connaissais le nom de Renan, je savais qu’il avait écrit La Vie de Jésus qui avait fait scandale en son temps mais j’ignorais tout de l’homme. Ernest Renan est né à Tréguier en 1823. Il a fait dans la ville ses études secondaires. Elève brillant au séminaire, il se destine d’abord à la prêtrise puis s’en détourne et étudie à paris les textes sacrés en latin, grec et hébreu, devenant un spécialiste en philologie. Napoléon III lui confie une mission archéologique en Palestine « en Phénicie » . Il rédige La vie de Jésus à son retour. Sa parution fait scandale et il est révoqué de son poste au Collège de France, poste qu’il retrouvera en 1870. Il voyage aussi en Grèce, ce qui explique la statue de la place en compagnie d’Athéna, déesse de la raison. Un nouveau scandale éclata quand on érigea la statue. A ma suite de manifestations houleuses on décida d’installer un calvaire pour contrebalancer la statue laïque. 

Deux pièce à l’étage contiennent des souvenirs de Renan. Dans une pièce on a reconstitué le bureau du collège de France avec sa bibliothèque. Une exposition de photographies de Nadar est particulièrement bienvenue. Les portraits de contemporains de Renan font revivre la vie intellectuelle de cette époque. On y voit George Sand, Garibaldi, Victor Hugo, Sainte Beuve, Gambetta, les frères Goncourt….Chaque portrait est accompagné d’une notice biographique présentant le personnage et un court texte de Renan. Admiratif pour Hugo et George Sand, vacharde pour Sainte Beuve et les Goncourt.

Renan est considéré comme le précurseur de la Laïcité préconisant dès 1871 la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.

J’ai beaucoup aimé cette exposition et téléchargé La Vie de Jésus. 

Arrivée à Plouguiel – jardin Le Kestellic

CARNET DU TREGOR

le manoir et le Jaudy

Ce « jardin suspendu » se  trouve sur une pente très raide  dominant l’estuaire du Jaudy. 

Son histoire remonte à 1880 quand Aristide Tallibart, un marchand revenant de Constantinople, fut mis en quarantaine au pied du roc et imagina d’y construire une villa d’inspiration orientale. Son fils bâtit au début du XXème siècle un  manoir néo-breton. En 1965, le nouveau propriétaire, ingénieur agronome,  dessina un jardin où se mêlent essences exotiques et indigènes. C’est donc un parc bien installé avec des arbres de haute taille, acclimatés depuis des décennies, pour figurer des zones climatiques (méditerranéenne, australe, himalayenne). Des sentiers serpentent en longues boucles, descendant la pente pour arriver au bord  de l’eau pour arriver au manoir fleuri (salon de thé).

Kestellic

Cette promenade est un enchantement parmi les hortensias et hydrangeas, aux grosses têtes fleuries bleues, blanches ou roses, certaines très originales. On passe des ruisselets qui vont de sources en bassins sous des bosquets.

Kesetellic hydrangéa bleu

Il était temps de venir : ce sont les derniers jours avant la fermeture hivernale!

le Jaudy

 

Un dimanche à Versailles – Grandes Eaux Musicales et bosquets

TOURISTE PRES DE CHEZ MOI

bassin du char d’Apollon, au fond la perspective du Grand Canal

Le seul avantage de la crise du Covid est qu’on peut accéder aux sites très touristiques sans avoir à subir la cohue du tourisme de masse. Je me suis donc précipitée pour réserver un créneau horaire de visite et je suis arrivée tôt pour profiter du soleil du matin et de l’ouverture des bosquets avec les Grandes Eaux. 

Parterre de l’Orangerie

la visite des Jardins est payante (11€) et le Pass Education  ne donne droit à aucune réduction.

De la terrasse la vue sur le Parterre de l’Orangerie sous le soleil de 9h est splendide. En ce début septembre estival les agrumes et palmiers sont sortis offrant un paysage nouveau. 

parterres fleuris aux abords immédiats du château

Munie d’un plan (indispensable pour s’orienter) je pars à la recherche des bosquets bien cachés. Je descends jusqu’au bassin de Bacchus

Bassin de Bacchus

A proximité, je découvre la salle de bal qui est une sorte d’amphithéâtre arrondi dont la moitié des gradins seraient des végétaux taillés et l’autre une rocaille de meulière et de coquillages de grande taille où jaillissent des jets et où s’écoulent les cascades. 

bosquet de la Salle de Bal26

Les grandes eaux ne commencent ici qu’à 10h30 mais j’ai beaucoup apprécié les gradins de rocailles qu’on ne voit plus quand l’eau dégouline (j’y suis retournée l’après midi) la sonorisation musicale Campra, Lully et Rousseau

Le Bassin du Char d’Apollon est animé quand j’arrive Haendel, Blanchard, Philidor et Lully.

Bosquet d’Encelade

Non loin de là je trouve le Bassin de l’Encelade délicatement entouré d’une  tonnelle où fleurissent des rosiers très parfumés contrastant avec le sujet : le titan enseveli sous des tonnes de rochers. L’accompagnement musical est très réussi Charpentier et Campra. 

Inutile de chercher le Bosquet de l’étoile qui est juste une pelouse polygonale, on a même retiré le statues seuls subsistent les socles.

La matin, les statues du Bosquet des Bains d’Apollon se trouve dans l’ombre (pas de photo) j’avais bien aimé ces trois groupes représentant les Muses et Apollon quand j’étais venue en hiver. 

J’ai découvert le Bosquet du Théâtre d’Eau, conçu à l’origine par Le Nôtre il a été restauré récemment en un jardin contemporain avec les sculptures-fontaines d’Othoniel en perles de verre.

Bassin de Latone

Finalement les jeux d’eau du Bassin de Latone avec ses grenouilles dorées raconte l’histoire de la mère de Diane et d’Apollon protégeant ses enfants contre les injures des paysans de Lycie et demandant à Jupiter de les  transformer en grenouilles pour les venger. 

Je pourrais imaginer une autre promenade qui me conduirait de statue en statue : il y en a tant de très belles! Ou dénicher les bizarreries comme ces chérubins ou diablotins assis sur une tête de chèvre servant d’anse à une urne. Ou cet autre grimpé sur une sphynge.

La plus secrète mémoire des hommes – Mohamed Mbougar Sarr

RENTREE LITTERAIRE 2021

« Soyons francs : on se demande si cette œuvre n’est pas celle d’un écrivain français déguisé. On veut bien que la colonisation ait fait des miracles d’instruction dans les colonies d’Afrique. Cependant, comment croire qu’un Africain ait pu écrire comme cela en français ? »

Comment classer cet ouvrage : Rentrée littéraire 2021 ou Francophonie?

Mohamed Mbougar Sarr, né à Dakar est-il un romancier sénégalais comme le présente l’article de Wikipédia ou un écrivain de cette rentrée littéraire parisienne? Ce serait un détail si cette distinction n’était pas un des thèmes de ce roman. Diegane Faye est un écrivain africain vivant à Paris qui a publié un petit roman au tirage confidentiel. Il s’attache à faire sortir de l’oubli TC Elimane, écrivain maudit, qui a publié en 1938 un chef d’œuvre disparu dans des circonstances étranges.   Marème Siga , « l’ange noir de la littérature sénégalaise »  lui confie un exemplaire du livre introuvable, lecture éblouissante. L’écrivaine, cousine d’Elimane, ne l’a pas connu ;comme Diegane, elle se consacre à sa recherche . Elle a eu une relation passionnée avec une poétesse haïtienne, amante d’Elimane. 

« Quelle est donc cette patrie ? Tu la connais : c’est évidemment la patrie des livres : les livres lus et aimés, les livres lus et honnis, les livres qu’on rêve d’écrire, les livres insignifiants qu’on a oubliés et dont on ne sait même plus si on les a lus »

[…]
« Oui, disais-je, oui : je serai citoyenne de cette patrie-là, je ferai allégeance à ce royaume, le royaume de la bibliothèque. »

 

La plus secrète  mémoire des hommes mêle les voix de ces trois narrateurs.trices, et reconstruit l’histoire de la famille d’Elimane dans un village sérère du temps de la colonisation, de son père qui disparaît dans la Grande Guerre, tirailleur sénégalais, du scandale littéraire causé à la parution du livre d’Elimane, de l’errance de ce dernier jusqu’à 2018 quand Diegane retourne au Sénégal en pleins troubles sociaux. Longue histoire qui se déroule pendant plus d’un siècle sur trois continents. 

Histoire embrouillée parce que je n’ai pas toujours identifié les narrateurs : il m’a fallu parfois plusieurs pages  pour deviner qui a pris la parole : Siga? Diegane? la poétesse? parfois le père de Siga. Je me suis perdue  à plusieurs reprises. Le style très dense, touffu parois sans ponctuation ni respiration n’aide pas franchement le lecteur. Si j’ajoute encore que le narrateur principal, l’écrivain, est souvent prétentieux, verbeux et peu sympathique, cela n’incite pas à continuer la lecture du pavé (448 pages seulement mais cela m’a paru bien plus).

« Je sais que tu ne seras pas d’accord avec ce que je te dis : tu as toujours considéré que notre ambiguïté culturelle était notre véritable espace, notre demeure, et que nous devions l’habiter du mieux possible, en tragiques assumés, en bâtards civilisationnels, bâtardise de bâtardise, des bâtards nés du viol de notre histoire par une autre histoire tueuse. Seulement, je crains que ce que tu appelles ambiguïté ne soit encore qu’une ruse de notre destruction en cours. Je sais aussi que tu trouveras que j’ai changé, moi qui estimais que ce n’est pas le lieu d’où
il écrit qui fait la valeur de l’écrivain, et que ce dernier peut, de partout, être universel s’il a quelque chose à dire.
Je le pense toujours. »

Et pourtant c’est un roman très intéressant d’une part pour la réflexion sur l’écriture et la décolonisation, et pour l’aspect historique. Par ailleurs, la vie au village, les coutumes anciennes sont très agréables à lire. Si je n’ai pas accroché avec les personnages masculins que j’ai trouvé antipathiques, les femmes au contraire sont des personnages forts.

Manoirs en Perche : La Fresnaye, la Pellonière – jolies cités : Bellême et Mortagne-au-Perche

BALADES PERCHERONNES

LA FRESNAYE

La Fresnaye

Par une belle journée d’Août,  Maman a organisé un circuit pour montrer le Perche à des amis. Après avoir fait les honneurs du Vaurayet nous avons pris la route de Marcilly, minuscule bourg fleuri  avec une petite église  au joli porche roman et au clocher pointu.

La Fresnaye : loggia Renaissance

La Fresnaye est caché au bout d’une longue allée dans les arbres. La lumière du matin est parfaite pour les photos de loin mais le jardin et le château ne sont ouverts à la visite qu’après 13 heures (en semaine, comme le manoir est habité il ne se visite pas le week-end). Nous sommes revenus l’après-midi et avons suivi la visite guidée. 

La Fresnaye tour et cour fleurie

Ce manoir serait un des plus anciens du Perche, remontant au XIVème siècle. Vers 1310, les seigneurs de Blandé édifient le logis, quadrilatère muni de créneaux et mâchicoulis. Au début de la Guerre de Cent Ans on la flanqua d’un donjon. Il fut épargné par les Anglais qui s’y installèrent en 1427. En 1501 le donjon fut coiffé d’un toit pyramidal. De riches transformations : Galerie Renaissance, deux tours d’angle, cheminées d’apparat en font un vrai château. Sympathisants protestants, ses maîtres furent bientôt ruinés et le château se dégrade. En 1750 les propriétaires nobles le quittent et des fermiers s’installent. Des travaux de restauration de 1977 à 2008 en font des ruines fleuries très plaisantes.

BELLEME 

Bellême : ce qui reste du château porte Saint sauveur

Traversant Igé nous arrivons à Bellême. La ville close se trouve en haut d’une rampe. Au parking, une superbe vue sur les toits et l’église. Ce qui reste du château médiéval, une grosse tour et une arche est bien aménagé par des artisans et galériste. Les rues de la ville close sont bien restaurées. Nous n’avons pas le temps de nous y attarder. Maman a réservé au Restaurant à Mortagne et il est temps de reprendre la route. 

Nous traversons la Forêt de Bellême . Attention au radar au Pin-la-Garenne ! Pour découvrir le Manoir de La Pellonière il faut faire un petit détour. Il ne se visite pas mais vaut le coup d’oeil. 

Le Pin la Garenne : Manoir de La Pellonière

MORTAGNE AU PERCHE

Mortagne

Le restaurant de L’Hôtel du Tribunal mérite le déplacement. CLIC ici pour le site et les menus. C’est un restaurant gastronomique qui a une salle élégante et qui sert également dans un jardin fleuri. La carte propose des plats variés mais les menus font un clin d’œil au Tribunal, on peut choisir le gastronomique « Grande Instance » 56€  « Verdict » 39€ « Premier Jugement » 34€ et, en semaine, le midi la formule « le Référé » 17.5€ . Je choisis toujours le Référé qui propose sur une ardoise un assortiment varié surprenant d’entrées et viande chaude puis un café gourmand toujours . Comme Mortagne  a pour spécialité le boudin, deux d’entre nous ont aussi pris un boudin maison avec un crumble de noix, jus de cassis décoré par des petites boules de pomme fraîche. 

café gourmand

On pourrait consacrer une bonne demi-journée à la visite de Mortagne, le Musée Alain, le Musée du Perche, la belle église Notre-Dame, et nombreuses maisons historiques…

maison des comtes du perche 12ème siècle

Nous nous sommes contenté d’une promenade par cette belle journée dans les rues pittoresques : sommes entrés dans la cour de la Maison des comtes du Perche où nous avons la surprise de trouver un cheval de terre monté par des enfants. C’est un des sujets de l’exposition de la Sculptrice Fanny Ferré. 

Mortagne : maison Henri IV

derrière des murs dépasse la Maison Henri IV .

Dans la Crypte Saint André nous retrouvons les personnages nomades de Fanny Ferré

Les nomades de Fanny Ferré

Ces sculptures sont installées dans toute la ville.

Carnavalet : collections permanentes Paris du 16ème au 18ème siècle

HISTOIRE DE PARIS

Le Pont Neuf et la Pompe de la Samaritaine sous Louis XVI

J’ai attendu avec impatience la réouverture du Musée Carnavalet. Et il semble que je n’étais pas toute seule : comme dans tous les musées, il faut réserver un créneau sur Internet, télécharger et imprimer le billet gratuit et se munir du Pass Sanitaire. L’entrée est gratuite (pas libre).  Pour l’Exposition Cartier Bresson, c’est un billet séparé. Sauf à y consacrer la journée entière et à faire preuve d’endurance, l’après-midi ne suffit pas pour épuiser les collections permanentes et voir une exposition dans la foulée. Avec l’impression de survoler le tout, et de me perdre dans l’ordre des salles je n’ai vu que celles du premier étage. Il me faudra revenir pour la Révolution et le Moyen Age.

Carnavalet occupe tout un bloc entre la Rue Sévigné, la Rue des Francs-Bourgeois, la rue Payenne. On entre par la Cour d’Honneur ou Cours Louis XIV mais je découvrirai qu’il y a 4 cours, une petite Cour Henri IV (avec un jardin des simples), la Cour des Drapiers. Madame de Sévigné a occupé un des hôtels particuliers mais peu de souvenirs ont été conservés. C’est un des plus anciens musées de Paris : il a ouvert en 1880. 

les enseignes

Une belle collection d’enseignes nous fait imaginer les rues de Paris avec les plaques de rues en calcaire gravé. L’étoile de David capte tout de suite mon attention : rien de juif, c’est le symbole des brasseurs, les deux triangles figurant les éléments composant la bière et les transformations. L’orme de Saint Gervais  est le souvenir d’un arbre de justice.

la devanture de l’apothicaire contient flacon et pots à onguents en porcelaine.

Au plafond sont pendus des lorgnons, des fourchettes, au mur un homard.

Plusieurs tableaux et réclames utilisent des stéréotypes racistes :  « A la Tête noire » pour un marchand de vin ou « au Nègre joyeux » dans un magasins de produits alimentaires venant des colonies.

Je monte au 1er étage en empruntant le monumental escalier de l’Hôtel de Luynes surmonté d’une galerie décorée en trompe-l’oeil.

Escalier de l’Hôtel de Luynes

Non seulement on a remonté des escaliers provenant d’hôtels qui ont été démolis mais on a reconstitué des appartements entiers avec boiseries, plafonds, tentures et mobilier.

Une série de salles fait revivre le Paris de l’Encyclopédie (1751 – 1788) d’Alembert nous accueille, et nous passons par les appartements de l‘Hôtel de Breteuil, entrée, salon et boudoir ovale. Le salon est meublé de tables à jeu (échiquier cachant un trictrac) table carrée pour jouer au pharaon, fauteuils divers, une harpe et même une niche capitonnée de bleu pour un chien minuscule. Un accompagnement sonore reconstitue l’ambiance du salon.

Différents tableaux, aquarelles et gravures, restituent les Jardins de Paris, le Jardin des Plantes avec la figure de Buffon, Parc Monceau créé par Carmontelle, Jardin de Bagatelle, mais aussi des jardins oubliés comme ce Jardin des Marchands.

On célèbre le Spectacle des sciences avec le spectaculaire envol (et crash) des Montgolfières qui ont suscité des « objets dérivés » boutons, tabatières et éventails

J’ai découvert un peu plus loin (je me suis un peu perdue dans le dédale des salles) le fauteuil de Voltaire avec sa silhouette caractéristique équipé d’un écritoire et d’un pupitre. Nombreuses têtes, buste de Voltaire autour. Jean Jacques Rousseau en costume arménien fait le pendant au buste de Voltaire). un joli groupe en porcelaine blanche fait figurer Franklin. je suis contente de voir le palais que Beaumarchais s’était fait construire à proximité de la Bastille que décrit Orsenna dans sa biographie Beaumarchais : un aventurier de la liberté. 

maquette de la Madeleine (à l’arrière Saint Sulpice)

Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ont embelli Paris de nombreux monuments et places comme la Place Louis XV (place de la Concorde) dessinée par Gabriel. On démolit les maisons construites sur les ponts au XVIIIème siècle. De nombreux tableau témoignent des transformations. Des maquettes des projets de l’église de la Madeleine, et de l’Eglise Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice montrent les projets. L’église Sainte Geneviève est devenue plus tard le Panthéon et la Madeleine ne fut terminée qu’après la Révolution.

Une salle entière est consacrée à l’architecte Ledoux  qui dessina 47 barrières dans le mur des fermiers généraux (1762 -1795)

Les reconstitutions des appartements venus d’Hôtels particuliers sont spectaculaires mais mon parcours n’est pas toujours logique ou chronologique, c’est le seul défaut du musée.

je suis éblouie par le salon peint de fresques à grotesques de l‘Hôtel Colbert de Villacerf

Cabinet Colbert de Villacerf, grotesques et portrait de Mazarin

Impressionnants, solennels, ceux de l’Hôtel La Rivière (Place Royale) avec les décors de Charles Lebrun (too much!)

Décors Le Brun très chargés
Boiseries de l’Hôtel d’Uzès

Toujours dans mes errances chronologiques j’ai découvert le 16ème siècle, Catherine de Médicis, Henri III, Charles IX Le Duc de Guise. Impressionnante procession de la Ligue

Procession de la Ligue

Et pour contraster avec cette peinture belliqueuse une fête populaire

Fête populaire

 

et ces petits métiers

petits métiers 18ème siècle

je me rends compte que ce billet est bien désordonné, surtout du point de vue de la chronologie. Telle fut ma visite. Ce musée est si riche qu’on s’y perd et je me promets d’y retourner d’abord pour voir les souvenirs de la Révolution, les témoignages du Moyen Age puis ultérieurement me limiter à une courte période et lire avec soin les cartels.

La Plage noire – François Maspéro

« Dans les villes de l’exil, te souviens-tu, se répète Alberto, nous parlions de l’avenir. toute ma vie, j’ai cru au progrès. Le sens de l’histoire éclairait notre attente, et même  nos plus mélancoliques nuits étrangères. César a tort, le monde n’est pas foutu. Et pourtant, comment le nier, je sens ici que mon monde à moi est détruit.

Sur la plage, de plus en plus, Alberto se parle seul, à haute voix »

Je connais Maspéro depuis une éternité.

Editeur : Etudiante, je collectionnais les petits livres aux couvertures colorées : Nizan, Frantz Fanon, Louise Michel…égayaient mes étagères, égarés depuis, j’aurais tant aimé les retrouver.

Libraire : sa libraire était un repère de gauchistes, d’étudiants, lieu de rencontre de rendez-vous. Certains emportaient des livres sans les payer, on ne les aurait pas dénoncés. J’ai toujours trouvé minables ces larcins. Pour la lecture gratuite, il y a des bibliothèques.

Auteur : je ne l’ai lu que plus tardivement, Le Figuier m’a captivée. 

Balkans-Transit, lu et relu, avant les voyages en Bulgarie, en Albanie, en Grèce, Roumanie.

Les Passagers du Roissy-Express, offert, prêté, chaque fois qu’amis ou connaissances se trouvent en panne de lecture.

Et voici que je trouve sur ma table de nuit de la chambre d’hôtes à Mauzé-sur-le-Mignon, La Plage Noire comme s’il m’était personnellement destiné!

Ce court livre se lit d’une traite (160 pages). C’est le plus littéraire des livres de l’auteur que j’ai lu. Une fiction qui se déroule dans un pays imaginaire. On pense à l’Amérique Centrale ou Latine. Un homme attend un visa pour partir rejoindre sa femme française à Paris. Il vit avec leur fille dans une maison de famille sur le bord de la plage noire, isolé, loin de tout. Ecrivain, journaliste, opposant politique, il n’ignore pas la menace mais se résout pas à l’exil.

Roman nostalgique, tropical, envoûtant.

Après les chiens – Michèle Pedinielli éditions de l’aube

POLAR NICOIS

Comme j’ai bien aimé la Patience de l’Impatience, polar corse, villageois j’ai eu envie de retrouver Diou Boccaneradétective et de la suivre dans une nouvelle aventure à Nice et dans les environs, jusqu’à la vallée de la Roya. 

Il est bien sûr question de chiens, du chiot Scorcese, mais pas seulement. Et d’une vétérinaire suédoise qui intervient. Il y a aussi une histoire de passeur, passeur des Juifs pendant l’Occupation. Et comme c’est un roman policier, un cadavre et une disparition.

Le corps, trouvé par le chiot( il faut bien une cohérence) est celui d’un jeune Erythréen qui a été passé à tabac. La disparue s’appelle Melody, lycéenne, tout juste majeure. Fugue ou enlèvement? Sa mère confie l’enquête à Diou qui est détective privé.

Comme je ne veux pas spoiler, vous n’en saurez guère plus.

Mais si je dois en rajouter pour vous convaincre de le dire, sachez que Diou (comme moi) est fan de Camilleri   et qu’elle lit Le Tour de la Bouée quand elle ne peut pas dormir.  Vous rencontrerez des crapules (normal dans un policier) mais aussi de bien braves gens, un SDF allemand muet, et que le livre est dédié « Aux solidaires de la vallée de la Roya, d’Italie, de Nice, du Briançonnais et d’ailleurs »

Niort en 80 minutes

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN

Niort : château

Sur la route du retour : Niort par un beau soleil.

J’ai téléchargé l’appli Niort Marais Poitevin Tour sur le smartphone. Elle propose toutes sortes de renseignements pratiques et est très bien faite. Je recommande vivement. Parmi les itinéraires de promenades il y a un circuit Niort en 80 minutes que j’ai suivi à la lettre et qui m’a conduite dans le centre-ville « A la découverte du panorama architectural de Niort en un clin d’œil » . 14 étapes avec des explications écrites et commentaires amusants pour animer la visite.

Sèvre Niortaise

Nous trouvons un grand parking en face du Donjon  ou Château qui est un double donjon avec deux hautes tour blanches.

Niort : Hôtel de Ville

la Préfecture et l’Hôtel de Ville (1897), le Palais de Justice rappelant un temple grec ne sont pas exceptionnels ni très originaux.

Niort : le clocher de Notre Dame

L’église Notre Dame gothique flamboyant avec sa si  haute flèche qu’on dit que la fée Mélusine l’aurait construite m’intéresse plus. L’école de dessin fin 19ème s’inscrit dans la ligne de la préfecture et de l’Hôtel de ville, en peut être plus élégant. J’ai nettement préféré les anciennes maisons Henri II avec pinacles, échauguette et chérubin ailé. On arrive aux jardins de la Brèche qu’on n’a pas le temps de parcourir dans le temps imparti.

Niort pilori

J’ai aimé le Pilori (1530-1535) malgré son utilisation détestable avec ses colliers de fer pour tenir le délinquant qui était ainsi puni publiquement. Le logis d’Hercule rappelle que là se déclara le premier cas de peste en 1603, on arrive à la fin du parcours à la maison natale de Madame de Maintenon.

Niort Logis d’hercule

Promenade agréable dans un centre-ville animé. Rien d’exceptionnel (à part le château où j’aurais peut-être pu consacrer plus de mon temps). Au moins, nous pourrons avoir une idée plus précise de cette ville de Niort dont je ne connaissais que l’adresse de mon assureur.