Il convient de réserver sur Internet sur le site de la Maison de Chana Orloff.(www.chana-orloff.org). Elle est ouverte le week-end et certains mercredis. Pour y aller : métro ligne 6, station Saint Jacques et prendre la rue de la Tombe-Issoire.
« mon fils marin » de Chana Orloff, place des Droits de l’Enfant
Quand vous aurez trouvé Dididans le petit square vous serez presque arrivés! Chana Orloffest une artiste qui me touche beaucoup aussi bien pour la qualité de ses oeuvres que pour son histoire.
Chana Orloff
Chana Orloff est née en Ukraine en 1888, qu’elle a quitté avec sa famille en 1905 pour la Palestine. En 1910, elle part pour Paris se perfectionner comme couturière, rencontre les artistes de Montparnasse, Soutine, Modigliani …En 1926 elle fait construire sa maison-atelier dessinée par Auguste Perret
Auguste Perret
Cet atelier son « travailloir » comporte un espace d’exposition, sorte de galerie, un atelier éclairé par une verrière et un appartement en étage. Cent ans plus tard je retrouve les oeuvres exposées
Portrait de ses contemporains
Chana Orloff a réalisé de nombreux portraits très originaux. Elle saisit les traits caractéristiques d’un personnage sans toutefois tomber dans la caricature. J’ai regretté qu’un inventaire de ces contemporains n’ait pas été fait. La guide, très aimable m’en a montré quelques un dont Anaïs Nin qui était sa voisine. Des têtes mais pas seulement. Sur les bustes ou sur les personnages en pied, on peut noter le soin porté aux accessoires, aux costume bien taillé : l’oeil de l’ancienne couturière!
Personnages mais aussi animaux comme ce teckel
Un de ses sujets favoris sont des maternités, ce qui n’allait pas de soi pour les pionnières de l’époque comme Anaïs Nin, ou les Amazones qu’elle fréquentait.
Naturalisée française (et décorée) en 1925, elle reste à Paris pendant l’occupation allemande, prévenue juste avant la rafle de juillet 1942, avec sont fils, elle fuit en Suisse jusqu’à la fin de la guerre. Pour retrouver sa maison pillée, ses sculptures disparues. Seules 4 seront retrouvées.
Le Retour
Son style va changer, elle va prêter moins de soin aux détails vestimentaires. Surfaces plus rugueuses. Le Retourrestera donc caché longtemps avant d’être présenté.
Après la naissance de l’Etat d’Israël, elle va y travailler. Une commande de statue à la mémoire de héros de guerre sera honorée avec la monumentale maternité d’Ein Gev
Maternité d’Ein Gev
Elle décède à Tel Hashomer en 1968.
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la biographie que lui a consacréeRebecca Benhamou : L’horizon a pour elle dénoué sa ceinture CLIC
Le livre commence au kibboutz Beeri, kibboutz victime du 8 octobre, encore une maison détruite, une maison pillée. La statue des Inséparables a disparu, volée? détruite?
Inséparables
la musée de la Maison de Chana Orloff organise à l’étage des expositions : en ce moment La Guerre et la Paix
Depuis le 7 Octobre je suis aux aguets des écrits des écrivains israéliens, tribunes dans les journaux, déclarations de Shalom Archav, j’avais hâte de lire Grossman.
le Coeur pensant est un recueil de 6 articles parus dans Libération, Le Nouvel Obs publiés en 2022 – 2023, de deux discours encadrés par un prologue « Un cauchemar à nul autre pareil- 10 octobre 2023 », « un hommage aux victimes du 7 octobre – 16 novembre 2023 »
Articles de fond analysant la situation intérieure avec l’arrivée de l’extreme-droite mais aussi les mouvements de protestations, les manifestations monstres dans les années 2022-2023. Le 27 aout 2023, retrospectivement juste avant le 7 octobre il écrivait « Mon pays est un corps malade »
« Aujourd’hui, c’est un processus de déstabilisation et de désintégration qui est à l’œuvre, une mise à mal du
contrat social et une détérioration de l’armée comme de l’économie. Non seulement le progrès est à l’arrêt,
mais la régression s’accélère : attitudes réactionnaires de discrimination et de racisme ; exclusion des femmes,
des LGBTQ+ et des Arabes ; ignorance et muflerie érigées en valeurs positives. »
[…]
« Pour la première fois depuis des années, les Israéliens commencent à sentir ce que signifie la faiblesse. Pour la
première fois peut-être depuis la guerre du Kippour, nous entendons résonner dans nos têtes la petite
musique de la peur existentielle. »
il se termine par un texte publié dans le Courrier International « Aujourd’hui, Israël est plus une forteresse qu’un foyer- 1er mars 2024″.
Scholem a dit un jour : « Tout le sang afflue vers la blessure. » Aujourd’hui, près de cinq mois après le
massacre, c’est ce que ressent Israël. La peur, le choc, la fureur, la peine, l’humiliation et l’esprit de vengeance,
les énergies mentales d’une nation entière – tout cela n’arrête pas d’affluer vers cette blessure, vers l’abîme
dans lequel nous sommes encore en train de tomber.
[…]
Aujourd’hui, je crains qu’Israël soit plus une forteresse qu’un foyer.
Depuis mars 2024, la guerre s’est intensifiée, a élargi son champ. Qu’aura écrit Grossman?
Enquête familiale sur trois générations, sur trois continents et près d’un siècle.
L’ancêtre David Jochelman (1869-1941) arrive à Londres dans les années 1910 et s’investit dans le mouvement sioniste aux côtés d‘Israël Zangwill (1864 -1926)écrivain britannique, très célèbre l’auteur des Enfants du Ghetto.
Son fils Emmanuel Jochelman, (1898- 1939)sous le nom de plume de Emjo Basshe fut un dramaturge Newyorkais qui s’impliqua dans le théâtre expressionniste expérimental en compagnie de Dos Passos et d’Hemingway, entre autres. Ses demi-sœurs Fanny et Sonia vivaient à Londres dans la belle maison de 22 Mapesbury Road, qui a donné le titre du livre.
La troisième génération, née dans les années 1930-1940, ont vécu la Seconde Guerre Mondiale à Londres, puis certains s’installèrent en Israël à la création de l’Etat d’Israël.
Ce n’est pas tout à fait une saga familiale que Rachel Cockerell mais plutôt une enquête très documentée sur le mouvement sioniste, du Congrès de Bâle fondateur à la Création de l’Etat hébreu, en passant par différentes péripéties dans la recherche d’une Terre Promise qui ne fut pas obligatoirement située en Palestine et qui passa par Galveston (Texas).
La forme du livre m’a déroutée. De grandes marges, pourquoi ces marges? Et puis des liens qui nous renvoient à des articles de Presse ou à des essais. L’autrice a mené son enquête et construit un texte comme une mosaïque ou un patchwork de citations. Elle présente les différents acteurs du mouvement sioniste par la plume de témoins, ou de critiques.
Première partie Vienne, Bâle, Galveston
Le chapitre 1er fait le portrait de Théodor Herzl, quelques lignes, parfois plus de journalistes ou de Schnitzler, Stefan Zweig, Chaïm Weizmann, Zangwill…
Le chapitre 2 nous fait connaitre Zangwill avec des témoignages de presse et d’écrivains
Chapitre 3 : récit du Congrès de Bâle selon le même procédé.
Chapitre 4 : le pogrom de Kichinev. Ch. les réactions des politiques : Winston Churchill, Chamberlain. l’urgence d’offrir un refuge aux Juifs de Russie est reconnue. . Le territoire n’est pas forcément la Palestine : les britanniques proposent une colonisation en Afrique de l’Ouest. A Bâle, le congrès se divise sur ses objectifs. la Terre Promise sera-t-elle l’Ouganda? Ch. 8 : 1904, décès de Herzl. le mouvement sioniste a perdu son leader charismatique .
Selon Chaïm Weizmann, au VIIème Congrès le projet Ouganda est liquidé. Une nouvelle organisation pour un « sionisme sans Sion » va se mettre en quête d’un territoire : en Cyrénaïque, en Mésopotamie en Australie, en Angola etc…mais aucun ne convient, aucun n’est vraiment dénué de peuplement.
Jacob Schiff : « il me semble que la terre promise des juifs c’est l’Amérique »
Ainsi Schiffet Zangwill mettent sur pied le Mouvement de Galveston organisant l’émigration de milliers de Juifs Russes vers le Texas et le Sud Ouest des Etats Unis. La conclusion théâtrale serait-elle la pièce de Théâtre The Melting Pot de Zangwill?
Deuxième partie : New York
Selon le même principe, l’autrice retrace la vie et l’œuvre du fils ainé de David Jochelmann à New York. On y découvre la vie des Juifs américains et le théâtre newyorkais et le théâtre. Le livre prend une tournure plus personnelle quand la narratrice, Emjo, la fille d’Emjo Basshe, le dramaturge, prend la parole. il n’est plus question de sionisme.
Troisième partie : Londres
La famille est installée à 22 Mapesbury. On assiste de Londres à la montée du nazisme. Le 20 juillet 1933, une manifestation monstre des Juifs traverse la ville contre l’hitlérisme. Un nouveau personnage se présente : Jabotinsky qui ramène le sionisme au cœur du livre. Avec les persécutions en Allemagne, la guerre et l’Holocauste, la question d’un Etat Juif redevient urgente.
Témoignage de la vie sous leBlitz à Londres. Comme dans la deuxième partie, la saga familiale prend le dessus sur l’Histoire. La cousine américaine vient en visite. Le lecteur suit avec plaisir la famille de l’autrice.
L’Histoire n’est pas bien loin : émigration d’une partie de la famille à Jérusalem. Churchill entre dans le débat. Occasion pour nous d’assister à la création de l’Etat d’Israël et de suivre Ben Gourion dans sa déclaration de l’établissement de l’Etat Juif.. Liesse mais aussi début de la catastrophe pour les Palestiniens, qui n’est pas occultée.
London Daily News: « C’est une des ironies les plus tragiques de l’époque moderne que l’établissement d’un foyer pour les Juifs, qui ont tant souffert, doive impliquer un si grand malheur pour autant d’Arabes
impuissants. Victor Gollancz, The Times Mieux que quiconque, les Juifs devraient comprendre ce qu’être un
réfugié veut dire. Qu’ils restent passifs face à cette tragédie est simplement impensable »
Les blogs que j’ai l’habitude de suivre présentent de plus en plus de BD. Il faut sans doute que je sorte de ma zone de confort et que je cherche dans le rayon BD de la Médiathèque. Mission difficile, je n’ai toujours pas compris le mode de classement. Si bien que je pioche un peu au hasard.
Tunnels a excité ma curiosité. pour deux raisons. Une bonne : la traductrice est Rosie Pinhas Delpuechque j’apprécie en tant qu’autrice et que traductrice. Une mauvaise : « Tunnels » m’a fait penser aux tunnels de Gaza où ont été prisonniers les otages. Il aurait suffi que je regarde la date d’édition 2021, rien à voir avec la guerre actuelle.
Le graphisme m’a fait penser à Tintin. Roman d’aventures avec des personnages plutôt farfelus. Nous voici parmi les archéologues. L’archéologie est une passion nationale en Israël, d’abord parce que la terre regorge de restes antiques, ensuite parce que les israéliens voient dans les antiquités juives une justification supplémentaire à leur attachement à la Terre d’Israël, quitte à trouver des synagogues partout et à négliger les églises byzantines, les sites hellénistiques ou les châteaux Croisés.
Parmi ces fadas d’archéologie, on rencontre d’abord un collectionneur, M. Abouloff, richissime et vaniteux, qui n’hésite pas à acheter des pièces pillées par Daech, incapable de débrouiller des vrais des faux. Nili Broschi, fille d’un archéologue distingué mais sénile, veut poursuivre les fouilles que son père a entrepris. Son frère, est également archéologue mais carriériste. Motké Sarid, le Grand Professeur, dont la plus grande trouvaille est d’avoir évincé Israël Broschi. Dénué de tout scrupule, il espionne Nili pour s’approprier ses découvertes éventuelles. A cette collection de « savants » s’ajoute Gedanke, un illuminé orthodoxe qui croit hâter la venue du Messie en trouvant l’Arche d’Alliance, il a surtout le mérite d’avoir des pelleteuses et une certaine expérience dans les excavations. A sa suite tout un lot de jeunes colons hurluberlus qui pourront peut-être manier une pelle.
Le site des fouilles est situé dans les Territoires, en zone palestinienne où les Israéliens ne sont pas censés creuser et surtout juste en dessous du mur de séparation. Le tunnel que les archéologues creusent doit rejoindre un tunnel ancien que le père de Nili a creusé avec des Palestiniens du village le plus proche. Palestiniens et archéologues vont se rencontrer. Les villageois n’ont aucune visée archéologique mais le tunnel serait bien pratique pour rejoindre leurs champs. Pratiques aussi pour de la contrebande? Nili retrouve avec plaisir les anciens ouvriers de son père qui acceptent de continuer le travail….
Si vous voulez savoir la suite, il faudra lire la BD.
Amusante, farfelue, invraisemblable, humoristique, à vous de voir.
Jérusalem, 1947. Les britanniques s’apprêtent à quitter leur mandat. L’ONU n’a pas encore décidé du partage de la Palestine.
3 nouvelles, ou trois parties, dans ce court roman (253 pages) qui se déroule dans un même quartier de Jérusalem. Dans la dernière partie Nostalgie les personnages des deux premières se retrouvent.
Tous les voisins sortirent pour accompagner du regard le docteur Kipnis et sa femme qui se rendaient au bal de la Nuit de Mai donné par le haut-commissaire, sur la colline du Mauvais-Conseil.
La Colline du Mauvais Conseil a pour héros, Hillel, jeune fils d’un couple assez modeste : le père est vétérinaire qui a l’occasion d’être invité au bal du gouverneur anglais, sur la colline du Mauvais Conseil. Un honneur, peut- être mais pas partagé par leur fils qui écoute plutôt Mythia, le locataire russe qui est très anti-britannique.
Ce roi-là, je ne l’envie pas. Il sera bientôt puni par le Bon Dieu ; Oncle Mythia l’appelle Kedorlaomer1, roi du pays d’Albion, et dit que l’armée secrète l’attrapera et le fera exécuter pour tout ce qu’il a fait aux rescapés des camps. »
La seconde nouvelle, M. Levy, a aussi une enfant narrateur, Uri, fils d’un imprimeur. Uri, ses proches, ses voisins sont impliqués dans la lutte pour bouter les Anglais de Palestine.
La dernière nouvelle, Nostalgie. est rédigée sous forme de roman épistolaire. Emmanuel Nissenbaum, médecin, écrit à sa bienaimée, une psychanalyste, partie aux Etats Unis. Il va mourir. Ses lettres racontent sa vie à Vienne et plus tard à Jérusalem. Il donne des nouvelles de la situation en Palestine à la veille de la guerre d’Indépendance qui se profile.
Mina, nous devons nous préparer à la guerre. Quelle tristesse, Mina, quelle tristesse. Et quel affront pour
un homme paisible comme moi. J’ai pourtant essayé d’empêcher cette guerre. Au début de l’été, j’ai eu de
longues conversations avec un collègue arabe, le docteur Mahadi. Je me demandais comment un abîme
pouvait soudain séparer deux hommes tels que nous, modérés et pacifiques. Nous avons échangé tous
les arguments possibles : historiques, moraux, objectifs et subjectifs. Mahadi était convaincu, je doutais
On retrouve Uri qui prend soin du malade et que ce dernier « adopte » comme un fils de substitution. Il compare l’enfant à l’enfant de la Diaspora
Ils ont peut-être le sentiment qu’une fois bronzés ces enfants de Juifs deviennent des Hébreux. Une race nouvelle croîtrait ainsi au soleil, ignorante de toute peur et de l’obligation de fuir. Une race audacieuse, qui n’aurait plus dans la bouche des dents gâtées serties d’or et d’argent, les mains moites, et les yeux fous derrière des lunettes aux verres épais. Le hâle du soleil les endurcirait et ils ne seraient plus jamais un peuple aux abois. En bronzant, ne deviennent-ils pas de bronze ?
Dans ce contexte nostalgique, on peut se permettre de douter que le médecin n’adhère complètement à cette théorie.
J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui décrit cette période d’expectative avant l’Indépendance, et la guerre qui a suivi le départ des Anglais. Avec beaucoup de nuances et d’appréhension.
Par ces temps mauvais, l’actualité me déprime, Guerre au Moyen Orient, Guerre en Ukraine, 7 Octobre, Anéantissement de Gaza, pogrom en Australie
les chevaliers de l’Apocalypse, Galerie Martel , Art Spiegelman et Jo Sacco signent leurs livres
Toujours la même interrogation : est-ce le retour du fascisme?
Le RN de Marine Le Pen et Bardella est-il fasciste? les attaques contre l’Etat de Droit et les juges de la part de Retailleau, est-ce du fascisme? Trump est-il fasciste? Et l’accusation de fascisme de Poutine quand il fait la guerre à l’Ukraine, c’est le monde à l’envers. Et Netanyahou et son gouvernement? Sans parler du retour de l’antisémitisme de plus en plus inquiétant.
Il me semble urgent de revenir à une définition du fascisme, et à étudier son histoire et ses racines. Sternhell a consacré toute sa carrière d’historien à cette question. Il était donc urgent de lire ce livre.
…contre le fascisme sous toutes ses formes, dont la définition qui est retenue dans ces pages est celle, matricielle, de Marie-Anne Matard-Bonucci : le fascisme est un mouvement ou système politique ultranationaliste, opposé à la philosophie des Lumières (libéralisme et communisme) qui vise à transformer la société et l’individu sur la base d’une conception holistique de la société, c’est-à dire qui ne laisse rien de côté, soit au moyen de la dictature d’un parti unique, soit de l’État et au moyen de la violence. (p. 12)
dans la présentation de Pierre Serna.
Ce sont donc près de 50 ans d’histoire de l’extrême droite et des fascismes qui marquent la longue carrière de Sternhell entre 1972 et 2020. (p. 12)
Cet ouvrage n’est pas un biographie de Sternhell ni un résumé de son oeuvre. C’est une compilation d’articles de spécialistes de l’histoire des idées politiques listées dans le sommaire ci-dessous :
DU SOLDAT CITOYEN A L’HISTORIEN HUMANISTE-Pierre Serna
ENTRE GUERRES DICIBLES ET GUERRES INDICIBLES – de Annette Becker
SIONISTE FACE AU SIONISME – Philippe Gumplowicz
LA QUESTION DES FASCISMES FRANCAIS -LE NATIONALISME BARRESIEN ET SES ECHOS DANS LA FRANCE ET LES ETATS-UNIS D’AUJOURDHUI – Philip Nord
NI DROITE NI GAUCHE ENTRE 1983 ET 2020 LES FONDEMENTS D’UNE CONTROVERSE HISTORIOGRAPHIQUE -Olivier Forlin
STERNHELL ET LA THESE IMMUNITAIRE – Kevin Passmore
UN IMAGINAIRE HISTORIQUE OU LA CONTRE-REVOLUTION REFOULEE – de Baptiste Roger-Lacan
PLUTÔT HITLER QUE BLUM LE NAZISME COMME TENTATION DES « ELITES OCCIDENTALES » DANS LES ANNEES 30 -Johann Chapoutot
LES ANTI-LUMIERES DE VICO A CROCE – Frédéric Attal
FLEURIR LA TOMBE DU DICTATEUR (1936-2024) Pierre Salmon
VU D’ITALIE : UN DEBAT D’HISTORIENS – Valeria Galimi
EN ALGERIE AUSSI LA DROITE REVOLUTIONNAIRE – Benjamin Stora;
CONCLUSION D’UNE RENCONTRE – Henry Rousso
C’est donc un ouvrage de spécialiste, destiné à un public averti de l’histoire des idées politiques. Les sujets traités sont plus ou moins abordables pour la lectrice lambda que je suis.
Dans ce système, l’Autre, c’est-à-dire le Juif, l’étranger, l’indigène, le communiste, l’humaniste, la femme
ou l’homme des Lumières, est pensé comme un être à détruire, au point de rendre possible la culture
politique de la violence, voire de justifier la provocation à la guerre civile et la conquête du pouvoir par la
force, en négation totale avec les principes des républiques démocratiques,
Page 20
J’ai été très intéressée par l’histoire sur le temps long, qui fait remonter le débat aux Idées des Lumières, à la Révolution de 1789 et au cheminement des idées s’opposant aux Lumières au cours du XIXème siècle, à travers le Boulangisme, l’Affaire Dreyfus, Barrès… L’idée reçue que le fascisme découlerait des suites de la Grande Guerre, aussi bien en Italie et en Allemagne se trouve battue en brèche par l’analyse au long cours de Sternhell. qui remonte plus loin dans les origines :
Avec le boulangisme et l’antidreyfusisme, le rejet des Lumières passe ensuite des sphères intellectuelles
à l’espace public. Cette fois, la politique des anti-Lumières « est un phénomène de masse »
Autre idée que Sternhell apporte : le concept de Droite révolutionnaire, droite qui ne cadre pas avec la classification habituelle faite par René Rémondde trois Droites : bonapartiste, légitimiste, orléaniste. Opposition aussi de Sternhellà l’idée que la France serait immunisée au fascisme, idée répandue chez les intellectuels français qui éviterait de penser Vichy comme fasciste mais comme un épisode passager de l’Histoire de France.
J’ai eu beaucoup de mal à comprendre les réactions violentes des historiens de Science Po (J’ai moi-même eu Touchard et René Rémond comme professeurs à Science Po).
Encore plus de mal à comprendre les implications italiennes de Vicoet Croce dans l’Histoire du Fascisme. En revanche, le culte que certains vouent encore à Franco est plus facile à saisir. Le chapitre consacré à l’Algérie par Benjamin Stora est limpide. On comprend très bien comment les lois excluant les Juifs pendant la Guerre se sont si bien appliquées dans des régions pourtant éloignées de Vichy et encore plus de l’Allemagne.
Tel que je le conçois, le sionisme était avant tout le retour du Juif à la normalité. Les Juifs ne devraient
plus être à la merci du bon vouloir d’autres peuples, mais fixeraient eux-mêmes leur destin. En ce sens, j’
ai été “archi-sioniste” et je le suis aujourd’hui encore.
Le chapitre Sionisme face au sionisme m’a particulièrement interpellée. Il est tout à fait d’actualité même si Sternhell est décédé en 2020.qu’il aurait dit pour le 7 Octobre, puis la Guerre à Gaza m’aurait intéressée. Sternhell se définit comme israélien, il a combattu pendant 4 guerres mais il a adopté une position très critique vis à vis de la politique de colonisation. A tel point qu’il a subi un attentat : une bombe déposée en 2008. Sa critique dépasse celle du gouvernement de droite : la gauche sioniste aussi est caractérisée par le nationalisme
la synthèse entre socialisme et idée nationale était revendiquée par le courant central du travaillisme —
« De la classe à la nation », tel était le slogan asséné par David Ben Gourion dans maintes tribunes de
congrès —, la dissolution du socialisme dans le nationalisme prôné par la droite sioniste ne pouvait qu’
irriter la gauche israélienne.
primat de la nation commandait tous les autres. Le drapeau rouge du socialisme des défilés du 1er Mai
dans les rues de Tel-Aviv n’était qu’un leurre. Le corpus idéologique des fondateurs d’Israël était bien
moins marxiste qu’inspiré par « le nationalisme organique, le nationalisme historique et culturel(p.72)
Ce recueil est difficile à lire quand on ne dispose pas de la culture historique suffisante. A relire! Je n’ai toujours pas de réponse à mes interrogations initiales mais l’Histoire des idées se précise.
Pour mieux connaître Sternhell le podcast de RadioFrance: L’Histoire à Bras le corpsinterview par Philippe Gumplowicz CLICest passionnant et surtout très éclairant . 5 épisodes de 28 minutes permettent un abord chronologique plus méthodique. Parcours de vie de l’enfant de Galicie occupée par les nazis, caché par des Justes polonais, orphelin qui arrive en Avignon, à 16 ans s’engage en Israël . L’étudiant à Sciences Po, élève de Touchard qui fait une thèse sur Barrès (pas du tout à la mode) . L’universitaire qui disserte sur les Lumières et les Anti-Lumières, explique Herder et Kant, Rousseau. Le polémiste dont les travaux ont été contestés jusque dans les tribunaux quand il a écrit que Jouvenel avait collaboré sous Vichy.
Sternhell a accompagné mes promenades en forêt, compagnon de route. Quelle merveille ces podcasts qui permettent de faire entendre la voix de telles personnalités!
J’ai trouvé ce titre dans le livre deLéa Veinstein, J’irai chercher Kafka et comme j’ai du mal à quitter Kafka dont je viens de lire la Lettre au Père j’ai téléchargé Forêt obscure dans la foulée. sombre
Il sera fort peu question de sombre forêt dans ce roman. Il se déroule en grande partie à l’Hôtel Hilton de Tel Aviv, à Safed et dans les collines désertiques. La Forêt Obscuredu titre est une référence littéraire tirée des vers de Dante :
« Au milieu du chemin de notre vie
je me suis trouvé dans une forêt obscure
Car la voie droite était perdue »
la métaphore de la forêt dont on doit sortir est encore évoquée à propos de Descartes
Plus il parle de sortir de la forêt suivant une ligne droite, plus j’ai envie de me perdre au coeur de cette forêt où nous vivions jadis dans l’émerveillement, la considérant comme la condition préalable d’une véritable conscience de notre existence et du monde.
Forêt virtuelle. Exit donc la forêt.
Deux récits s’entremêlent, se croisent. Point d’intersection : l’Hôtel Hilton. Histoire d’Epstein, avocat d’affaires, richissime, collectionneur d’œuvres d’art vieillissant. Au décès de ses parents, il disperse ses œuvres d’art, dilapide sa fortune et part sans laisser de nouvelles en Israël où il devient mécène au nom de ses parents. Au début du roman il perd son manteau dans un vestiaire et son téléphone portable avec. Il devient donc injoignable, ou presque surtout quand il quitte l’Hôtel de luxe pour un appartement minable à Ajami.
Histoire de Nicole, romancière reconnue, en panne d’inspiration, part pour quelques jours en Israël, pour démarrer un nouveau roman dont l’Hôtel Hilton doit être un élément central. Un mystérieux personnage Eliezer Friedmann la contacte pour une mission spéciale, écrire une suite à une œuvre de Kafka. L’ombre de Kafka intervient à plusieurs reprises dans cette histoire : Friedmann l’entraîne Rue Spinoza, à la maison où les papiers de Kafka sont gardés au milieu de dizaines de chats chez Eva Hoffe. Le procès que que la Bibliothèque d’Israël lui intente pour récupérer ces documents est évoqué.
Et la fille Hoffe, pathologiquement obsessionnelle et paranoïaque comme elle l’est, elle a accepté ça ? Et la Bibliothèque nationale d’Israël ? Au beau milieu d’un procès, vous avez obtenu les droits d’adaptation d’une oeuvre dont la propriété est très contestée, une pièce de théâtre de Kafka, qui va devenir un film ? »
Puis l’affaire prend une allure kafkaïenne, l’écrivaine est enlevée par l’armée, les services secrets? séquestrée dans une cabane dans le désert. Elle est persuadée que Kafka y a vécu… Cela devient de plus en plus étrange..
Le seul livre en anglais que j’avais avec moi était Paraboles, et après avoir relu plusieurs fois le chapitre sur le Paradis, je regardai dehors et l’idée me vint que j’avais raté quelque chose chez Kafka, que je n’avais pas su reconnaître le seuil initial, à l’origine de tous les autres, dans son oeuvre, celui qui sépare le Paradis du monde d’ici-bas. Kafka avait dit un jour qu’il comprenait mieux que personne la chute de l’ homme.
Quant à Epstein, il est entraîné par un rabbin puis par sa fille dans le tournage d’un film sur le Roi David qu’il devrait financer. On nage dans l’invraisemblance mais c’est amusant.
Totalement barré, quoique bien écrit et agréable à lire. Digressions littéraires ou bibliques, politiques tout à fait intéressantes.
Nathan Thrall journaliste américain – récompensé par le Prix Pulitzer 2024 enquête sur un fait divers : l’accident et l’incendie d’un bus scolaire le 16 février 2012 qui a conduit au décès de 7 personnes dont six enfants d’une école maternelle en sortie. Abed Salama est le père d’un petit garçon de 5 ans.
Cet essai de 400 pages( dont une quarantaine en annexe) et références très détaillées, sources officielles israéliennes, palestiniennes, des Nations Unies, journalistiques, entretiens…un travail approfondi et sérieux.
Ce n’est pas du tout un texte aride ou ennuyeux. Des chapitres présentent les personnages et leur histoire personnelle. il raconte une histoire qui commence avec la Nakba (1948) et l’histoire de la Palestine, Première Intifada(1987), Accords d’Oslo (1993), Seconde Intifada(2000-2002), avec. les violences et les incarcérations . Personnages palestiniens et israéliens, tous nommés, caractérisés avec leurs interactions. Un chapitre est consacré à la conception de la barrière de séparation, son inventeur, les arguments des différentes parties concernées.
Surtout, ce sont des personnages qui ont des vies diverses, des histoires d’amour, des mariages plus ou moins heureux, des carrières professionnelles ou politiques. Les chapitres s’entrelacent. Vie quotidienne compliquée par les checkpoints, où la couleur de la carte d’identité permettra ou interdira le passage. L’apartheid est régulé par la couleur de la carte. Heureux possesseurs d’une carte de couleur bleue qui permet l’accès à Jérusalem !
Ces 350 pages se lisent comme un roman. Au début, je n’avais pas compris qu’il s’agissait de véritables personnes et de leur vraie vie. C’est à la lecture des annexes que j’ai vu l’ampleur de la documentation du journaliste.
La tragédie a bien fait l’objet d’une enquête, de la recherche des responsabilités dans l’accident : négligences des chauffeurs du camion ou du car, indemnités. Le drame aurait-il pu être évité? Le tribunal a jugé.
Si des coupables furent désignés, personne — ni les enquêteurs, ni les avocats, ni les magistrats — ne pointa les causes véritables de la tragédie. Personne n’évoqua le manque chronique de classes à Jérusalem-Est, qui avait conduit de nombreux parents à envoyer leur progéniture dans des écoles de Cisjordanie très médiocrement encadrées. Personne ne pointa non plus du doigt le mur de séparation et le système d’autorisations qui avaient contraint.
Personne ne fit remarquer qu’une seule et unique route par ailleurs très mal entretenue ne pouvait suffire au trafic routier palestinien nord-sud de la zone Grand Jérusalem-Ramallah. Et personne ne rappela non plus que les checkpoints étaient utilisés pour endiguer la circulation palestinienne et faciliter celle des colons aux heures de pointe. Personne ne releva que l’absence de services de secours d’ un côté du mur de séparation ne pouvait que conduire à une tragédie. Personne ne déclara que les Palestiniens qui vivaient dans la région de Jérusalem étaient négligés parce que l’État juif cherchait activement à réduire leur présence là où l’expansion d’Israël était la priorité des priorités. Et personne ne fut tenu de rendre des comptes pour tout cela
Certes, l’auteure est française, le livre écrit en français, mais Kafka est un grand littérateur de langue allemande, je pense que ce livre a sa place dans les Feuilles Allemandes!
Lu d’une traite, ou presque, à la sortie du film Franz K. d’Agnieszka Holland. La figure de Kafka rôde, présence en filigrane, référence familière. Figure très floue parfois quand j’ai vu Les Deux Procureurs de Loznitsa qui m’a rappelé Le Procès avec ces couloirs, ces portes fermées, ces gardiens énigmatiques, mais attention les procès staliniens sont datés de 1937 alors que Franz Kafka est décédé en 1924. Référence intemporelle.
« Kafka est un mort-vivant : il était mort de son vivant, il vivra après sa mort. » (p41)
J’irai chercher Kafka de Léa Veinstein est une enquête littéraire. L’écrivaine, qui a consacré sa thèse à Kafka, part, en Israël, à la sortie du confinement, voir les manuscrits et enquêter sur les manuscrits de Kafka.
Car, suivre ces morceaux de papier c’est se plonger dans un espace où le réel piège la fiction, la moque ; c’est se plonger dans un temps à la fois précis et éternellement retardé, divisé, un temps élastique comme celui des Mille et Une Nuits. Ces manuscrits vont connaître les autodafés nazis, se cacher dans une valise pour fuir Prague vers Tel-Aviv, être revendus à une bibliothèque en Allemagne, être scellés dans des coffres-forts en Suisse. Et comme pour défier les nuances, ils vont se retrouver au cœur d’un procès long de presque cinquante ans, un procès dont le verdict citera le Talmud et concédera que le tribunal est incapable de répondre à la seule question qu’il aura eu le mérite de poser : à qui appartient Kafka ? (p.21)
Ces manuscrits ne devrait pas exister : Max Brod a désobéi à l’ordre de Kafka de tout brûler après sa mort. Non seulement il a collecté, réuni, lettes, notes, manuscrits de roman, mais il les a sauvés, a traversé l’Europe pour les emmener en Palestine loin des autodafés nazis. Et même arrivés à Tel Aviv, l’histoire ne s’arrête pas. C’est cette histoire que raconte le livre.
pourquoi suis-je là, pourquoi suis-je persuadée de venir ici rencontrer Kafka alors qu’il n’a jamais que
posé son doigt sur la carte à l’endroit de ce pays qui n’existait pas encore au moment où il est mort
8 jours passés à Tel Aviv et Jérusalem, très chargés d’émotion que l’écrivaine nous fait partager. A travers des prétextes très triviaux, Kafka surgit quand on s’y attend le moins. Un choucas perché, mais c’est Kafka bien sûr!
Le nom de famille Kafka, écrit avec un -v-, signifie choucas en tchèque, et Franz a plusieurs fois signifié qu’il prenait cette descendance très au sérieux. Dans les Conversations avec Gustave Janouch, on trouve cet échange : – Je suis un oiseau tout à fait impossible, dit Kafka. Je suis un choucas – un « kavka ».
Un chauffeur de taxi rend un faux billet de Monopoly : méditation sur authenticité posée par Kafka
Et si Kafka continuait à me provoquer? Tu veux jouer? Au Monopoly maintenant? Alors jouons. (p.35)
Un rat pendu dans une exposition d’Annette Messager, encore une rencontre kafkaïenne!
Au cours du voyage Lé Veinstein fit référence à Valérie Zenatti, écrivaine que j’aime beaucoup, Nicole Krausse et son livre Forêt Obscure dont je note le titre, une poétesse israélienne Michal Govrin…
Le Procès des manuscrits de Kafka est l’objet du voyage, Léa Veinsteinrencontre les avocats qui ont plaidé, l’un Eva Hoffe, l’héritière de Max Brod, qui compte disposer des manuscrits comme elle le souhaite, les vendre aux enchères, y compris à un musée allemand. L’autre pour la Bibliothèque d’Israël, et derrière la Bibliothèque il y a l’Etat d’Israël qui considère que Kafka lui appartient.
En 2011, avant que le premier verdict ait été rendu, la philosophe américaine Judith Butler signait un
texte important dans la London Review of Books, intitulé « Who Owns Kafka ? »
Et cette controverse va très loin
l’idée est de rassembler tout le judaïsme en Israël, pas seulement les personnes physiques. Ils ont « récupéré » des tableaux de Chagall à Paris, ou encore des fresques peintes par Bruno Schulz, rapportées ici par des agents du Mossad. C’est un projet politique et symbolique. Or Kafka fait partie de cet héritage. Il devait physiquement être amené ici. (p.240)
Le Procès, tout à fait kafkaïen, Léa Veinsteinl’écrit avec une majuscule, ou plutôt les procès puisque ils iront jusqu’à la Cour Suprême , vont durer jusqu’en 2018. Deux ans après le verdict, les documents sont à la Bibliothèque nationale à Jérusalem.
Et Kafka dans cette histoire? L’écrivaine est très nuancée là-dessus. d’ailleurs la volonté de Kafka étaient que les manuscrits soient brûlés.
De mars 2024 jusqu’à aujourd’hui, au milieu des tirs de roquettes, du chaos de la guerre et de la mort de leurs proches, elles se parlent de leur quotidien, de leurs études de droit; de leurs peurs, mais aussi de leurs livres préférés, de leurs rêves, de leurs projets d’avenir.
Cette correspondance inédite proposée par Dimitri Krier, journaliste au Nouvel Obs n’est pas seulement un document exceptionnel sur la vie de ces deux étudiantes,: elle ouvre un dialogue entre Gaza et Israël, entre deux jeunes femmes, entre deux « coeurs invincibles » qui ont préféré les mots aux armes pour résister
Après une longue préface de Dimitri Krier justifiant son initiative, la conversation épistolaire entre Tala et Michelle raconte le quotidien des deux jeunes filles. Le journaliste pointe l’impossibilité de raconter ce qui se passe à Gaza. Les journalistes étant empêchés de faire leur travail, cet échange de lettre apporte un regard décalé par rapport aux images de la télévision.
Certes, ces jeunes filles ne sont peut être pas représentatives des populations respectives. Michelle « a grandi dans le camp de la paix » et a fréquenté la seule école « mixte » où enfants juifs et palestiniens s étudient ensemble. Tala travaille avec une ONG pour faire du soutien scolaire et psychologique auprès des enfants déplacés. Tout ce qui peut encourager le dialogue est bon à prendre! Il faut toujours encourager ces initiatives.
Se souvenir malgré toutes les atrocités, des êtres humains sont face à face. Mettre des visages, donner des voix. Rappelons l’orchestre de Daniel Bareboim West-Eastern Divan Orchestra. Aussi l’histoire vraie racontée dans le roman Apeirogon.