Bilan 3 :mois de mai du Challenge des deux George avec Claudialucia

CHALLENGE DES DEUX GEORGE

Bilan 3  Mois de mai
Nos lectures sur les deux George de la littérature continuent avec toujours autant de plaisir.

Ce mois de Mai nous avons découvert Les beaux Messieurs du Bois-Doré, un  roman de George Sand qui se situe au début du XVII siècle au moment de la Fronde et des querelles larvées des guerres de religion.

Pour George Eliot, nous avons lu Adam Bede, son premier roman après les trois nouvelles qu’elle avait d’abord publiées, une peinture réaliste et réussie de la vie rurale en Angleterre au début du XIX siècle avec les destins personnels et parfois tragiques de ses personnages.

Nous attirons votre attention sur les romans de George Eliot que Nathalie, admiratrice de l’écrivaine, a lus au cours de ces dernières années.

Pour le mois de Juin vous pouvez nous rejoindre pour une des lectures suivantes :

Lectures avec  Miriam et Claudialucia :

George Sand : un court roman intitulé Gabriel sur un sujet étonnamment  contemporain que je vous laisse découvrir.

Avec Miriam : 

George Eliot Middlemarch et George Sand : Biographie de Michelle Perrot

Avec Claudialucia : 

George Sand : Histoires de ma vie 
George Eliot : Biographie de Kathy Oshaugnessy : Une passion pour George Eliot

*******************

BILAN 3

Mois de Mai

claudialucia

George Eliot : Adam Bede

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2026/05/george-eliot-adam-bede.html

George Sand :  Les beaux messieurs du Bois-Doré

https://claudialucia-malibrairie.blogspot.com/2026/05/george-sand-les-beaux-messieurs-de-bois.html

Miriam

George Eliot  : Adam Bede
https://netsdevoyages.car.blog/2026/05/28/adam-bede-george-eliot/

George Sand :  Les beaux messieurs du Bois-Doré
https://netsdevoyages.car.blog/2026/05/15/les-beaux-messieurs-de-bois-dore-george-sand/

Nathalie

Felix Holt, le radical
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2021/11/une-epoque-de-ce-genre-est-une-epoque.html

Le moulin sur la Floss
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2020/04/je-ne-desire-aucun-avenir-qui-brise-les.html

La repentance de janet
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2026/02/elle-vit-les-annees-venir-setendre.html

Silas Marner et  Mona Ouzouf L’autre George
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2021/07/une-condition-vagabonde-se-concevait.html

Middlemarch
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2019/09/il-y-avait-la-une-femme-qui-avait-connu.html

Daniel Deronda
https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2021/01/je-crois-quil-ne-ressemble-pas-aux.html

Le roman d’amour de mr Gilfil

https://chezmarketmarcel.blogspot.com/2026/05/80-parmi-les-britanniques-adultes.html

un grand merci à Claudialucia qui a rédigé ce billet que je me suis contentée de copier/coller faute de temps 

Adam Bede – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

785 pages, lu en 11 jours

Immersion dans la campagne anglaise : village d’Hayslope dans les Middlands, de juin1799 à juin 1807. George Eliot décrit avec minutie et vivacité la vie de cette communauté rurale.

George Eliot présente les personnages dans leur milieu de vie : l’atelier des frères Adam et Seth, charpentiers. La ferme du Manoir, vieille demeure tenue par les Poyser, fermiers prospères avec leurs petits enfants, deux nièces Hetty et Dinah, les servantes, les ouvriers agricoles et bien sûr les animaux. La laiterie  de Mrs Poyser est particulièrement prisée et la jolie Hetty écrème le lait et baratte un beurre réputé. Au presbytère, nous ferons la connaissance du pasteur Irwine, de sa mère très distinguée et de ses soeurs. Le seigneur du village est le vieux chevalier, son petit-fils, le capitaine Arthur  qui va fêter ses 21 ans, s’aprête à prendre la succession et à donner une nouvelle impulsion aux domaines. Au cours des evènements, nous rencontrerons le vieux maître de l’école du soir, Bartle Massey, exigeant et consciencieux,plutôt bougon et mysogine. Sans oublier le jardinier écossais, Mr Craig, et différents villageois…

La vie quotidienne se déroule dans un décor précis, qui changera avec les saisons. Les travaux agricoles rythment la vie du village avec les foins qui doivent être récoltés secs,  les fêtes des moissons qui rassemblent tous les ouvriers agricoles.

Des évènements vont rassembler la communauté villageoise, l’enterrement du père d’Adam et Seth, la fête qu’offrira le capitaine Arthur pour tous les fermiers de son domaine. Les réjouissances sont décrites avec une abondance de détails.

L’action avance peu. L’  intrigue est simple : qui va conquérir le coeur de la jolie Hetty? Adam Bede, timide n’ose pas se déclarer. Il va découvrir qu’Hetty a cédé à la cour que lui a fait Arthur…. Autour de cette histoire d’amour George Eliot nous livre une analyse psychologique très fouillée. A quoi rêve une jeune fille ravissante, que l’autrice compare à une petite chatte? Le destin des trop jolies filles n’est pas simple, (attention spoiler!) je ne vais pas vous priver des surprises ….

Un autre sujet abordé concerne la religion. A côté de l’Eglise Anglicane officielle qui assure la cohésion sociale plutôt qu’une vie spirituelle, se réunissent des dissidents. Méthodistes ou Quakers, avec des prédicateurs inspirés, drainent des foules souvent deshéritées. Dinah, la nièce des Poyser, les fermiers du Manoir, est une prédicatrice convaincue. Malgré sa tenue austère, son chapeau ridicule, elle a beaucoup de charme et même lepasteur anglican, Irwine l’apprécie. Cet aspect de prédication et les références bibliques m’ont un peu ennuyée, il me manque les références culturelles!

J’ai donc découvert avec grand plaisir ce roman villageois.  Par de longs plans-séquences, la lectrice partage la vie de Hayslope sous tous ses aspects. Il faut prendre du temps, se laisser emporter, par un voyage à petite vitesse.

 

Felix Holt, le radical – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Après la lecture de La Ville Noire de George Sand, roman social écrit en 1860 nous continuons le Challenge avec Felix Holt, paru en 1866. Deux oeuvres tout à fait contemporaines, se situant dans des villes de province (Thiers pour la Ville Noire et la ville fictive de Treby Magna dans les Middlands. Ici, s’arrête la correspondance entre les deux livres. 

Felix Holt est un très gros pavé de plus de 800 pages dont la lecture a été laborieuse.

Mon ignorance  de l’histoire anglaise, de ses rois et leaders politiques  m’a génée. Heureusement le traducteur nous fournit des notes en fin de volume, et cela ralentit la lecture. Whigs et Tories, c’est encore à ma portée mais que sont ces « radicals« ? D’autant plus qu’il semble y avoir deux acceptations pour ce concept, celle de Harold Transome,politicien un peu plus à gauche que les whigs et ceux qui sont vraiment radicaux comme Felix Holt. Autre lacune :   la religion, les différents courants, entre Anglicans, Non-conformistes (?) et catholiques, je manque de références. Toujours au chapitre religion, les citations bibliques s’incrustent dans les arguments du pasteur et des femmes pieuses. Là encore, les notes vont bien m’aider, et me retarder. Comme tout sujet de Victoria est censé connaître Shakespeare, les allusions sont nombreuses et me laissent perplexe. Et je parle pas de la mythologie! Tout cela est bien intéressant mais cela ne fait pas avancer l’intrigue!

L’action est assez ramassée dans le temps, en 1832, juste avant et après une campagne électorale.

Trois volumes :

Le  volume I  présente les personnages, plante le décor.  Les propriétaires terriens, les Transome,  en leur manoir, l’avocat  Jermyn qui a géré les domaines et les démélés judiciaires. Comme dans le Moulin sur la Floss,  les affaires embrouillées et les procès semblent peser sur les finances.   D’un autre côté : la petite congrégation non-conformiste autour du Pasteur Lyon, sa fille, Esther, et Felix Holt, idéaliste qui a abandonné les études de médecine pour s’établir horloger et qui veut éduquer les ouvriers. 

Le volume II se déroule pendant la campagne électorale. Une réforme récente a créé de nouvelles circonscriptions, de nouvelles candidatures se déclarent. Etrangement, Harold Transome, de bonne famille de tradition tory se présente comme Radical . Il va faire appel à Jermyn comme agent électoral, qui lui-même délègue ses pouvoirs à un personnage trouble, Johnson. En 1832, le suffrage universel n’existe pas. Etrangement, un même électeur peut avoir plusieurs voix, qu’il peut même offrir à deux concurrents. Les votes s’achètent par des faveurs quelconques. Les ouvriers, évidemment, ne votent pas mais ils peuvent influencer la campagne, acclamant ou conspuant tel ou tel candidat. On peut gagner leur faveur en payant des tournées de bière dans les pubs. Evidemment, les ouvriers alcoolisés peuvent causer des troubles…. Felix Holt se trouve mêlé à ces agissements .

Le volume III commence après les élections. Harold Transome a été battu par le tory Debarry. Felix Holt accusé d’être le meneur d’une émeute est emprisonné. Harold Transome veut se débarrasser de Jermyn dont il n’a plus besoin. Ce dernier, détenteur de secrets de famille, va le faire chanter. Et se trame une histoire d’amour entre Esther dont le secret de la  naissance a été révélé, et Harold TransomeQuel amoureux Esther va-t-elle choisir : l’intègre Felix Holt, emprisonné injustement ou Harold, le gentleman qui lui procurera une vie agréable au manoir? Esther joue le rôle principal dans ce volume. Le roman s’éloigne de la politique pour prendre la tournure d’un roman d’amour, presque une série télévisée. 

Ce  roman très dense, très riche, très varié m’a beaucoup intéressée malgré   les écueils   qui ont retardé ma lecture. Les personnages très variés et très nombreux sont complexes et évoluent au cours de l’histoire. Si les hommes sont les protagonistes de la campagne électorale, les femmes jouent un rôle important et leur personnalité n’est pas négligée. Elles ne votent pas (les ouvriers non plus) mais elles ont des opinions souvent tranchées et n’hésitent pas à agir quand elles en ont l’occasion. Les citations (que je n’ai pas beaucoup appréciées  à cause de mon manque de culture) sont parfois des éléments humoristiques puissants. Il faut être britannique pour en goûter pleinement la saveur.

Me voilà donc un peu moins ignorante en ce qui concerne l’Angleterre du XIXème siècle! Et prête à de nouvelles aventures de la George anglaise!

Silas Marner, Le tisserand de Raveloe – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Silas Marner est tisserand dans un village des Middlands. Seize heures par jours, comme une araignée, il tisse dans sa maisonnette isolée. Etranger au village, de physique peu séduisant avec ses yeux proéminents, c’est un personnage marginal, un peu craint, suspect aux habitants de Raveloe. Avant d’arriver au village, il vivait dans une communauté religieuse d’où il a été banni, accusé à tort de vol. Il s’est refermé sur lui-même. Tisser du lin, rapporte bien; Avec son travail acharné, Sileas Marner a accumulé un trésor. Sa seule satisfaction est de contempler les piles de pièces d’or.

Le début du roman est sombre. Le personnage étrange, peu attirant. Les villageois ne sont pas plus gais. Le squire Cass, le personnage le plus important du village, et ses fils, ne sont pas plus sympathiques. Dunsey, exerce un chantage auprès de son aîné, Godfrey qui cache un sombre secret. Le roman s’enfonce dans le mystère des sentiers creux, des bois touffus où les nobles chassent.

Silas découvre le vol de son trésor. Désespéré, il va à l’auberge chercher son voleur. Paradoxalement, cet évènement lui gagne la sympathie des villageois.

Conte de Noël? Pendant le Réveillon, dans la campagne couverte de neige, une pauvre femme meurt de froid à proximité de la maison du tisserand. La petite fille qu’elle portait trouve refuge devant l’âtre de Sileas Marner. Les boucles blondes de l’enfant se confonde avec l’or perdu. La petite fille devient le trésor du tisserand qui l’adopte. Elle éclaire littéralement le récit.

J’ai été charmée par ce roman, dans la même veine que La Petite Fadette mêlant la description de la vie rurale, juste avant que l’industrialisation ne s’installe. L’usine qui s’installe dans l’ancienne ville de Silas montre que la modernité bouscule l’ancien monde. Cette campagne anglaise est encore imprégnée de mystère comme dans un conte.

22 Mapesbury Road – Rachel Cockerell

FAMILLE MEMOIRE ET QUÊTE D’UNE TERRE PROMISE

Enquête familiale sur trois générations, sur trois continents et près d’un siècle.

L’ancêtre David Jochelman (1869-1941) arrive à Londres dans les années 1910 et s’investit dans le mouvement sioniste aux côtés d‘Israël Zangwill (1864 -1926)écrivain  britannique, très célèbre l’auteur des Enfants du Ghetto. 

Son fils Emmanuel Jochelman, (1898- 1939)sous le nom de plume de Emjo Basshe fut un dramaturge Newyorkais qui s’impliqua dans le théâtre expressionniste expérimental en compagnie de Dos Passos et d’Hemingway, entre autres. Ses demi-sœurs Fanny  et Sonia vivaient à Londres dans la belle maison de 22 Mapesbury Road, qui a donné le titre du livre. 

La troisième génération, née dans les années 1930-1940, ont vécu la Seconde Guerre Mondiale à Londres, puis certains s’installèrent en Israël à la création de l’Etat d’Israël.

Ce n’est pas tout à fait une saga familiale que Rachel Cockerell mais plutôt une enquête très documentée sur le mouvement sioniste, du Congrès de Bâle fondateur à la Création de l’Etat hébreu, en passant par différentes péripéties dans la recherche d’une Terre Promise qui ne fut pas obligatoirement située en Palestine et qui passa par Galveston (Texas). 

La forme du livre m’a déroutée. De grandes marges, pourquoi ces marges? Et puis des liens qui nous renvoient à des articles de Presse ou à des essais. L’autrice a mené son enquête et construit un texte comme une mosaïque ou un patchwork de citations. Elle présente les différents acteurs du mouvement sioniste par la plume de témoins, ou de critiques.

Première partie Vienne, Bâle, Galveston

Le chapitre 1er fait le portrait de Théodor Herzl, quelques lignes, parfois plus de journalistes ou de Schnitzler, Stefan Zweig, Chaïm Weizmann, Zangwill…

Le chapitre 2 nous fait connaitre Zangwill avec des témoignages de presse et d’écrivains

Chapitre 3 : récit du Congrès de Bâle selon le même procédé. 

Chapitre 4 : le pogrom de Kichinev. Ch. les réactions des politiques : Winston Churchill, Chamberlain. l’urgence d’offrir un refuge aux Juifs de Russie est reconnue. . Le territoire n’est pas forcément la Palestine : les britanniques proposent une colonisation en Afrique de l’Ouest. A Bâle, le congrès se divise sur ses objectifs. la Terre Promise sera-t-elle l’Ouganda? Ch. 8 : 1904, décès de Herzl. le mouvement sioniste a perdu son leader charismatique .

Selon Chaïm Weizmann, au VIIème Congrès le projet Ouganda est liquidé. Une nouvelle organisation pour un « sionisme sans Sion » va se mettre en quête d’un territoire : en Cyrénaïque, en Mésopotamie en Australie, en Angola etc…mais aucun ne convient, aucun n’est vraiment dénué de peuplement.

Jacob Schiff : « il me semble que la terre promise des juifs c’est l’Amérique »

Ainsi Schiff et Zangwill mettent sur pied le Mouvement de Galveston organisant l’émigration de milliers de Juifs Russes vers le Texas et le Sud Ouest des Etats Unis. La conclusion théâtrale serait-elle la pièce de Théâtre The Melting Pot de Zangwill?

Deuxième partie : New York 

Selon le même principe, l’autrice retrace la vie et l’œuvre du fils ainé de David Jochelmann à New York. On y découvre la vie des Juifs américains et le théâtre newyorkais et le théâtre. Le livre prend une tournure plus personnelle quand la narratrice, Emjo, la fille d’Emjo Basshe, le dramaturge, prend la parole. il n’est plus question de sionisme. 

Troisième partie : Londres

La famille est installée à 22 Mapesbury. On assiste de Londres à la montée du nazisme. Le 20 juillet 1933, une manifestation monstre des Juifs traverse la ville contre l’hitlérisme. Un nouveau personnage se présente : Jabotinsky qui ramène le sionisme au cœur du livre. Avec les persécutions en Allemagne, la guerre et l’Holocauste, la question d’un Etat Juif redevient urgente.

Témoignage de la vie sous le Blitz à Londres. Comme dans la deuxième partie, la saga familiale prend le dessus sur l’Histoire. La cousine américaine vient en visite.  Le lecteur  suit  avec plaisir la famille de l’autrice.

L’Histoire n’est pas bien loin : émigration d’une partie de la famille à  Jérusalem. Churchill entre dans le débat. Occasion pour nous d’assister à la création de l’Etat d’Israël et de suivre Ben Gourion dans sa déclaration de l’établissement de l’Etat Juif.. Liesse mais aussi début de la catastrophe pour les Palestiniens, qui n’est pas occultée.

London Daily News:  « C’est une des ironies les plus tragiques de l’époque moderne que l’établissement d’un foyer pour les Juifs, qui ont tant souffert, doive impliquer un si grand malheur pour autant d’Arabes
impuissants. Victor Gollancz, The Times Mieux que quiconque, les Juifs devraient comprendre ce qu’être un
réfugié veut dire. Qu’ils restent passifs face à cette tragédie est simplement impensable »

C’est donc une somme historique passionnante!

 

 

Le Moulin sur la Floss – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE

Un beau pavé de 779 pages.

Paru en 1860.

L’action se déroule à partir de 1820 pendant une quinzaine d’années dans un village du Nord de l’Angleterre.  Au moulin sur la Floss,  le meunier Mr Tulliver, et sa femme Bessie, Tom et Maggie, leurs deux enfants et leurs oncles et tantes, les Dodson, forme  une famille très comme il faut. Le moulin est déjà dans la famille Tulliver depuis plusieurs générations.

 Au début du roman, Tom a une douzaine d’années.  Son père nourrit pour lui de grandes ambitions ;  il l’envoie donc étudier le latin et Euclide .  Maggie,  9 ans, une belle petite fille aux yeux noirs, très éveillée, est déjà fascinée par les livres et prête à toutes les aventures. Elle voue une grande affection pour son frère, pas toujours payée de retour, c’est connu, les jeunes garçons n’ont pas beaucoup de considération pour les filles.

Quant à la petite, elle tient de moi ; elle est beaucoup plus intelligente que Tom. Trop intelligente même pour une femme, ajouta Mr Tulliver en hochant la tête. Ce n’est pas grave tant qu’elle est enfant, mais une femme à l’esprit trop vif ne vaut pas mieux qu’une brebis à la queue trop longue

George Eliot insiste sur la différence d’éducation et d’opportunité entre les garçons et les filles. Maggie dérange avec sa vitalité et ses initiatives. la petite fille modèle c’est Lucy avec ses boucles blondes, son teint clair et ses robes soignées. Dans un geste de révolte Maggie se coupera elle même les cheveux, et fuguera même pour rejoindre les gitans. 

Chez le pasteur où Tom étudie, Maggie fait la connaissance de Philip, le fils de l’avocat Wakem, affligé d’un handicap physique mais brillant élève, bon conteur, artiste. Une amitié se noue entre Philip et Maggie. La perte du procès de Mr Tulliver et la faillite  mettra fin aux études des enfants qui rentreront au moulin dans la ruine et le déshonneur. Mr Tulliver impute à l’avocat Wakem sa déconfiture, une haine s’installe entre les deux  familles. Tom interdit à Maggie de fréquenter Philip.  Limites de la solidarité familiale dans la bonne société des Dodson soucieux de l’opinion publique…

Une qualité remarquable du caractère Dodson était la franchise ; ses défauts comme ses vertus
provenaient d’une sorte d’égoïsme orgueilleux, mais honnête, qui avait une profonde aversion pour tout
ce qui menaçait sa réputation

Tom et Maggie ne sont plus des enfants. Tom va faire du commerce et s’insérer dans la société des notables. Maggie devra se contenter d’un poste de gouvernante. Comme toutes les jeunes filles, c’est la recherche d’un bon mari qui est l’avenir tout tracé, pour Maggie et pour sa jolie cousine blonde Lucy .  Nous suivrons ces amours à rebondissements. Et encore, l’opinion publique n’est pas tendre pour les filles!

Je me suis laissé entrainer dans l’histoire de cette famille, revers de fortune, honneurs et déshonneur…  Analyse psychologique très fine. Analyse de cette microsociété avec ses préjugés, ses rites, ses usages mondains.

Mais, en vérité la bonne société possède tout naturellement et sans effort son vin de Bordeaux et ses
tapis de velours ; elle a ses invitations à dîner six semaines à l’avance, l’opéra et les bals féeriques ; elle
promène son ennui sur des pur-sang, passe des heures entières au club, trouve sa science toute faite
dans Faraday et attend son enseignement religieux de dignitaires du clergé que l’on rencontre dans les
salons les plus distingués

Toujours dans le décor de la rivière, du moulin et des pins. la rivière jouera un rôle inattendu mais je ne vais pas divulgâcher!

Constable : Flatford Mill

Il faut donc se laisser porter au rythme lent de la campagne anglaise, savourer les promenades au bord de l’eau,  écouter les commérages autour d’une tasse de thé, et passer un bon moment dans le Lincolnshire.

 

Challenge les deux George : George Sand et George Eliot proposé par Clauialucia et Miriam pour 2026-2027

CHALLENGE 2026- 2027

Le challenge Les deux George de la littérature vous invite à vous joindre à nous, Miriam et Claudialucia, et à partager nos lectures  sur George Sand (1804-1876) et George Eliot ( 1819- 1880).

Vous pouvez lire leurs romans, leurs biographies, ou leur autobiographie, leur correspondance avec les personnalités de leur époque. Le choix est riche et variée

Ces deux écrivaines, française et anglaise, ont beaucoup de points communs, et d’abord le choix du même pseudonyme masculin, George, dans une société qui ne permettait pas aux femmes de s’affirmer comme telles lorsqu’elles écrivaient ou lorsqu’elles cherchaient à sortir du cadre étroit qui leur était assigné, foyer et maternité. Il s’agit donc d’une contestation de cette société dont les lois maintenaient les femmes sous la dépendance masculine tant au niveau juridique qu’intellectuel.  Le prénom George ?  Courant à l’époque, il permet de se libérer du carcan social.

Toutes deux vivront de leur plume. Toutes deux ont choisi d’être indépendantes, en bravant les interdits de leur société,  selon une conduite jugée scandaleuse pour l’époque.

Amantine Aurore Dupin, baronne Dudevant, a secoué « l’affreux joug du mariage » en se séparant de son mari et en vivant de sa plume. Elle affiche ses amants dont Jules Sandeau à qui elle emprunte, par la suite, son pseudonyme Sand.

Mary-Ann Evans a d’abord eu une période de ferveur religieuse. Puritaine, elle observe une vie  austère mais dans les années 1840 sa rencontre avec des intellectuels libres-penseurs vont faire évoluer sa pensée. Plus tard, elle vivra avec George Henry Lewes, un homme marié et père de famille, dont elle prendra le prénom pour écrire. Elle aussi connaîtra le succès littéraire.

Mais les différences entre les deux écrivaines sont aussi nettes et  le challenge Les deux George nous permettront de les découvrir.

George Sand commence à écrire dans les années 1830 et illustre la seconde génération du romantisme. Son oeuvre est marquée les thèmes propres à ce mouvement, lyrisme, idéalisme, exaltation des passions, sens de la nature. Elle met la littérature au service de ses idées féministes  puis de ses idées socialistes. Ses romans du monde rural dans les années 1840 sont réalistes dans la mesure où elle connaît bien ce milieu mais elle ne s’interdit pas l’idéalisme dans les descriptions des personnages. Ses romans sont engagés dans les débats sociaux, elle décrit les conditions de vie des paysans, elle prône l’égalité sociale. Elle est républicaine et socialiste et elle prend position lors de la révolution de 1848.

Dans la préface de la Mare au diable elle écrit :  « Nous croyons que la mission de l’art est une mission de sentiment et d’amour, que le roman d’aujourd’hui devrait remplacer la parabole et l’apologue des temps naïfs (…) . Son but devrait être de faire aimer les objets de sa sollicitude, et, au besoin, je ne lui ferais pas un reproche de les embellir un peu. L’art n’est pas une étude de la réalité positive ; c’est une recherche de la vérité idéale… »

George Eliot décrit avec réalisme la vie provinciale de l’Angleterre victorienne. Ce qui l’intéresse c’est la justesse de la description psychologique des personnages et elle présente une critique de la société et de ses hypocrisies. Elle critique la condition féminine et les interdits moraux de la société victorienne. Mais elle n’a pas l’engagement politique  de George Sand. Elle veut  réformer la société par une approche morale et philosophique. Dans un lettre de 1968, elle écrit :
« Le seul effet que je désire ardemment produire par mes écrits est que ceux qui les lisent soient davantage capables d’imaginer et de ressentir les peines et les joies de ceux qui sont différents d’eux. »

Leurs oeuvres

George Eliot

George Eliot en a écrit 7 romans et des nouvelles :

Adam Bede (1859),

Le Moulin sur la Floss (1860),

Silas Marner (1861),

Romola (1862–1863),

Felix Holt, le radical (1866),

Middlemarch (1871–1872)

Daniel Deronda

Scènes de la vie cléricale : trois nouvelles Amos Barton, Mr. Gilfil’s Love-Story et Janet’ Repentance paru en 1857

George Sand

Théodore Rousseau intérieur de la forêt du grand dormoir

George Sand a écrit plus de 70 romans et 50 volumes d’oeuvres diverses, nouvelles, contes et légendes, correspondance, pièces de théâtre, essais, articles. Impossible de les citer tous !  Voici les oeuvres principales classées par thème :

Féminisme, amour et mariage
Œuvres qui dénoncent le mariage imposé, l’inégalité entre hommes et femmes et défendent l’émancipation féminine.
•    Indiana
•    Valentine
•    Lélia
•    Jacques
•    Lucrezia Floriani

Romans champêtres : Nature, ruralité et idéalisme
Inspirés du Berry,  ils mettent en valeur les qualités du peuple, leur sagesse, leur dignité.
•    La Mare au Diable
•    François le Champi
•    La Petite Fadette
•    Les Maîtres sonneurs

Justice sociale, peuple et politique
Sand  prône l’égalité sociale et la valeur des travailleurs.
•    Le Compagnon du tour de France
•    Le Meunier d’Angibault
•    Horace
•    La Ville noire

Art, musique et création
Réflexion sur le rôle de l’artiste, la création, la grandeur de l’art en particulier de la  la musique.
•    Consuelo
•    La Comtesse de Rudolstadt
•    Les Beaux Messieurs de Bois-Doré
•    Les maîtres sonneurs

Philosophie, idéalisme 
Œuvres marquées par le romantisme.
•    Lélia
•    Spiridion
•    Gabriel

Autobiographie et écrits personnels

   Histoire de ma vie/correspondances

Fantastique, Contes et Légendes

le château de Pictordu

légendes rustiques

Contes de grand-mère

la fée aux gros yeux

la fée poussière

Théâtre dont 31 pièces

Le roi attend (1848)

Claudie (1851)

Le Marquis de Villemer (1864)

**************

Biographies

George Sand
George Sand Martine Reid

Lélia ou la vie de G Sand André Maurois

George Sand ou le scandale de la liberté Joseph Barry

George Sand Audrey Pennel

George Sand Danielle Netter

George Eliot

L’autre George de Mona Ozouf

Une passion pour George Eliot de Kathy o’Shaughnessy

George Eliot Rosemary Ashton Édition en Anglais

Comment participer ?

Le challenge durera un an :
Du mois de Février 2026 au mois de Février 2027

Vous  pouvez participer en lisant librement un livre de George Sand et/ou de George Eliot de votre choix et en publiant un billet le 30 du mois (pour  Février le 27).

Ou /et nous rejoindre dans des Lectures communes.

Pour  le 27  Février

George Eliot  :  le moulin sur la Floss  et un livre de Sand soit  Le Moulin d’Angibault, soit La Petite Fadette au choix

Pour le 30 mars

Silas Marner de George Eliot et un roman champêtre de George Sand au choix

pour le 30 Avril

La ville noire de Sand et Felix Holt le radical d’Eliot

Pour le 30 Juin

Une biographie de George Eliot (en français ou en anglais) et une biographie de George Sand.

Pour le 30 juillet et le 30 août: Liberté de découverte pas de LC.

et l’on verra par la suite pour la reprise des LC.

Hamlet le long du mur – Isabella Hammad – Gallimard

PALESTINE

Enter Ghost : le titre en VO, plus shakespearien que VF

Le Théâtre comme Résistance,  cérémonie politique, catharsis. C’est la vocation première du théâtre antique. Thème du Quatrième Mur de Sorj Chalandon où une troupe multicommunautaire répétait Antigone dans Beyrouth en guerre. Souvenir ancien d’une Antigone de Sophocle jouée par le Théâtre National Palestinien CLIC 

En ce lendemain de Reconnaissance de la Palestine par la France, par delà les débats stratégiques, diplomatiques, je suis avide de connaître les Palestiniens, côté culture, ou vie quotidienne. En passant, citons les Chroniques de Haïfa, film de Scandar Copti CLIC en salles actuellement. 

Isabella Hammad est une écrivaine Anglo-Palestinienne de langue anglaise. Elle maîtrise donc la pièce de Shakespeare qui est la trame du roman. Comme je ne suis pas familière du théâtre élisabéthain, j’ai dû télécharger le texte de la pièce pour m’y retrouver dans les personnages et la progression des actes et des scènes. 

« Tu veux dire que Hamlet est un martyr comme un martyr palestinien ?

waël : (Il hausse les épaules.) C’est ça.

mariam : OK. On en discute un peu.

waël  : Moi je dis ça dans l’idée d’Ibrahim.

mariam : Rien de ce que vous avez dit n’est faux. C’est même très intéressant, je trouve.

ibrahim :  Quelle vision optimiste de la libération nationale ! Tout le monde meurt à la fin.[…] Il libère quelle nation, Hamlet ? Pause. george : Le Danemark, non ? majed  : Mais tu es sûr que tuer Claudius libère le Danemark ? Est-ce que tuer Claudius ne donne pas le Danemark à Fortinbras, au contraire ?

mariam :  Alors…

majed : Et puis est-ce que le Danemark est la Palestine ? Ou bien Israël ? Ce temps « désarticulé », ce qui est pourri dans l’État, l’État d’Israël ? Je ne fais pas d’ironie, hein, ce sont de vraies questions. « 

Sonia Nasir, comme l’autrice, est Anglo-Palestinienne. Elle débarque à Haïfa munie d’un passeport britannique pour passer des vacances chez sa sœur, une universitaire. Elle est actrice, en attente du rôle de Gertrude dans Hamlet que doit monter Harold, son amant. Elle renoue avec sa famille, entre Haïfa dont elle est originaire et Ramallah. Le roman va se dérouler en Israël, Cisjordanie et Jérusalem. Isabella Hammad a commencé le roman en 2017  avec la fermeture de l’Esplanade des Mosquées et les évènements qui en ont découlé. Période de tension mais pas de guerre ouverte comme maintenant. La circulation entre ces différentes zones n’est pas impossible surtout avec les passeports britanniques ou israéliens, mais les checkpoints la compliquent sérieusement. 

Sonia fait la connaissance d’une metteuse en scène, Mariam, qui monte Hamlet en Cisjordanie. Sa troupe est presque complète mais il lui manque Ophélie et Gertrude. Mariam propose à Sonia de les dépanner pendant la première lecture en lisant les rôles des actrices manquantes. 

Le roman raconte le montage de la pièce, les répétitions. Tout le travail est décrit avec les tensions dans la troupe, jalousies, origines sociales différentes. Trouver des financements n’est pas évident, surtout dans cette période de tension. Les différents exercices préliminaires sont particulièrement intéressants. De même que les interprétations de la pièce.

« Je n’en peux plus, de ces symboles. Les clefs, les keffiehs, c’est vrai, quoi, c’est tout ce qu’on a ? Des
oliviers ? On n’a vraiment rien d’autre ? » Sa réaction me paraissait si outrée que j’allais lui demander si
elle allait bien, mais je me suis entendue lui dire : « Ah, allez, tu peux pas dire ça. C’est notre héritage.

On n’a qu’à mettre une ceinture d’explosifs à Ophélie, et ce sera parfait. »

Sonia est venue retrouver sa sœur, sa famille, ses origines. Ces retrouvailles avec ses racines sont parfois difficiles. Une histoire tragique. Des secrets qu’elle découvre.. Des souvenirs d’enfance qui surgissent. Roman très sensible.

« Je suis allée jusqu’à la maison. Je suis allée voir qui y habitait. » Je lui ai laissé le temps de répondre, mais il
n’a rien dit. « C’était un Juif, avec sa famille. Il n’a pas aimé nous voir traîner devant. — Tu lui as dit qui
tu étais ? — Bien sûr. — Très bien. » Il a émis un claquement de langue, et ri dans un souffle. « Il a eu peur
de toi. Tu es un spectre, pour lui. — C’est moi, le fantôme ? — Nous les hantons. Ils veulent nous tuer
mais nous refusons de mourir. Même aujourd’hui, alors que nous avons presque tout perdu.

Ce n’est pas une lecture facile par manque de références.  Une fois que j’ai téléchargé et relu Hamlet, et identifié les rôles et les différents acteurs (certains jouent plusieurs rôles) je me suis laissée entrainer dans le cours de ce roman touffu et je ne l’ai plus lâché. Lecture addictive. Et j’ai bien aimé!

 

Lire David Copperfield – Charles Dickens après Demon Copperhead de Barbara Kingsolver

UN CLASSIQUE  DE LA LITTERATURE ANGLAISE 

Je viens de terminer On m’appelle Demon Copperhead de Barbara Kingsolver avec grand bonheur mais un certain regret : je n’avais pas lu David Copperfield . Le podcast de France culture : Barbara Kingsolver , écrivaine : » Je voulais parler de ce nulle part que sont les Appalaches » CLIC raconte que l’écrivaine a eu l’inspiration dans la maison de Charles Dickens qu’elle a visitée, elle s’est assise au bureau du célèbre écrivain …

Il était  urgent de télécharger David Copperfield .  On se rend toute suite compte de l’épaisseur d’un livre, d’un fichier numérique, non .  David Copperfield peut figurer dans le Pavé de l’été et même dans les Epais (+ de 700 pages) .11 jours de lecture et pourtant je suis immobilisée par une sciatique! Lecture au long cours. 

Je n’ai pas l’ambition de faire une critique de ce classique de la littérature anglaise. J’ai commencé cette lecture-miroir David Copperfield/Demon Copperhead comme un jeu, en cherchant les clins d’œil de Kingsolver à Dickens, jeu des ressemblances et des différences. Les deux héros  n’ont jamais connu leur père et perdent leur mère très jeunes, les deux tombent aux mains de beaux-pères violents et autoritaires, battus, ils le mordent puis sont placés dans des institutions cruelles : David en pension, et Demon en famille d’accueil. 

« prenez garde, il mord »

« je vous demande bien pardon, monsieur, je cherche le chien?

-Le chien! dit-il quel chien?

Non, Copperfield, dit-il gravement, ce n’est pas un chien. C’est un petit garçon. J’ai pour instruction,
Copperfield, de vous attacher cet écriteau derrière le dos. Je suis fâché d’avoir à commencer par là avec
vous, mais il le faut. »

Les deux histoires racontent le lamentable calvaire de ces enfants maltraités puis utilisés comme des esclaves, forcés de gagner leur vie très jeunes. Tous les deux y croiseront les personnages secondaires qui vont jouer un rôle dans chacun des romans Steerforth, fils de bonne famille, doué et insolent, Fast-Forward, le champion, qui seront les protecteurs des enfants mais aussi leur « mauvais ange », dans les deux livres Tommy ou Thomas Traddles seront des copains fidèles…Les secourables voisins de Demon seront la famille Peggot tandis que Peggotty, la fidèle servante leur a sûrement prêté les noms. Il y aura dans les deux livres une Emmy, amie d’enfance, qui tournera mal. Les analogies sont nombreuses et je ne les relèverai pas toute. Les deux jeunes vont s’enfuir, vivre des expériences éprouvantes avant de retrouver leur tante qui deviendra leur bienfaitrice…

Si Barbara Kingsolver a calqué le canevas initial du déroulement du roman d’apprentissage, elle a placé l’action dans un milieu bien précis dans les Appalaches du XXIème siècle, tandis que le roman victorien se situe à Londres, Douvres, Cantorbery dans l’Angleterre victorienne  de la Révolution Industrielle. Chacun de ces livres s’ancre dans cette réalité sociale ou dans la géographie spécifique. Les cours de justice, les offices notariaux londoniens nous renvoient plus à Balzac avec la satire des procédures, des actes calligraphiés, grouillots ou procureurs…

Ma « lecture-miroir » m’a fait anticiper les drames à venir. Moins surprise par les évènements, j’ai été plus attentive aux détails. Au milieu du livre, je me suis laissée embarquer par Dickens et j’ai complètement lâché le jeu des ressemblances pour me noyer dans le roman-fleuve avec les nombreux personnages qui vont évoluer dans le temps. David Copperfield, jeune adulte, par amour pour Dora va chercher son indépendance et découvre l’écriture. David Copperfield devenu écrivain est-il inspiré de Charles Dickens

J’ai été impressionnée par la richesse, l’abondance des personnages qui ne sont jamais secondaires, jamais ébauchés mais analysés finement, caractères, décors, langage. Leur personnalité évolue pendant les années. Certains resteront positifs tout au long du roman. Finalement David Copperfield a croisé des vrais méchants mais beaucoup de bonnes personnes. Certains sont ambivalents comme les Micawber dont le héros doit se méfier mais qui se révèlent bien meilleurs que je ne l’imaginais. Certains, énigmatiques, comme Dick. 

J’avais des idées préconçues sur la place des femmes dans la société Victorienne, j’ai  été étonnée par la variété de personnages féminins avec la femme-enfant Dora, bien agaçante pour la lectrice du XXI ème siècle, mais aussi les fortes personnalités de la tante Betsy, les mégères terrifiantes, les servantes débrouillardes et voleuses…. et bien sûr, la vierge déshonorée. 

Une lecture au long cours qui a su m’emporter!

Winston Smith (1903-1984) UNE VIE – La biographie retrouvée Guillaume Martinez/Christian Périssin -Futuropolis

ROMAN GRAPHIQUE

Emprunté à la suite de l’écoute de podcasts consacrés à George Orwell : Adapter Orwell au cinéma et en BD  tiré de la série« Avoir raison avec George Orwell ». 

Winston Smith est le nom du héros de 1984 de George Orwell. Réservé par  Internet à la médiathèque, j’ai eu la surprise trouver 4 volumes d’une soixantaine de pages retraçant la vie de Winston Smith, un écrivain britannique qui aurait étudié à Eton en même temps que Eric Blair (George Orwell) et Aldous Huxley. Dover Winston Smith a-t-il vraiment existé? j’y ai cru ! 

Dover Winston Smith, boursier à Eton, ne fait pas partie de l’élite fortunée. Dans les deux premiers tomes, la vie de cette école réputée se déroule. Préjugés de classe, humanités classique, sports…et initiation sexuelle. Intrigue amoureuse tragique. L’ombre de la Première Guerre mondiale plane sur les étudiants trop jeunes pour être mobilisés .

Le troisième volume (mars 1925-avril 1926) A chinese year raconte le voyage en chine du héros qui a dû renoncer aux études à Cambridge ou Oxford, faute de fortune personnelle. Il s’engage dans une firme britannique de Tabac commerçant en Chine. Il revient avec un reportage contant  son  expédition rocambolesque en pleine guerre civile et obtient un  succès littéraire . Il croise encore Huxley et Blair. Ce dernier, policier en Birmanie, l’invite…

C’est aussi avec Blair (Orwell) que Dover W. Smith par pour l’Espagne rejoignant les rangs du POUM . En mai 1937, ils assistent aux affrontements entre les différentes composantes du mouvement antifasciste. Après la blessure de Blair à Huesca, Smith laisse Blair à l’hôpital de Lerida aux bons soins d’Eileen. 

La série Winston Smith  est composée de 5 volumes, le dernier n’était pas dans les bacs de la médiathèque. Il me faudra revenir. 

Je ne m’attendais pas à cette traversée du début du XXème siècle. Je pensais trouver la dystopie. J’ai été prise par surprise et je n’ai pas boudé mon plaisir – graphisme très plaisant – surtout dans le tome chinois. De l’aventure et des références littéraires!