Agatha Raisin enquête : A la Claire Fontaine – M.C. BEATON

SOFT POLAR

Il existe une longue tradition d’écrivaines anglaises, la plus connue Agatha Chrisitie n’est sans doute pas étrangère au nom de la détective Agatha Raisin. On peut aussi citer Patricia Wentworth et son héroïne, Miss Silver, Ann Perry (en beaucoup moins soft)…. les potins et ragots de villages remontent à Cranford d‘E. Gaskell …..J’aime bien l’atmosphère feutrée, les meurtres élucidés avec une tasse de thé, ou une pinte de bière à la suite de potins, l’intervention miraculeuse du pasteur ou de la femme du pasteur…

J’étais donc impatiente de connaître la série des enquêtes d’Agatha Raisin. A la Claire Fontaine est l’opus 7 de la série, peut être aurais-je dû commencer par le début? Le calme d’un tranquille village pittoresque risque d’être troublé par l’exploitation industrielle de la source d’eau minérale. Le conseil municipal est divisé. Les associations de défense des Renards manifestent.

J’ai apprécié l’humour anglais de MC Beaton, mais je ne me suis pas laissé prendre à l’enquête. Les déboires sentimentaux d’Agatha Raisin vieillissante mais encore désireuse d’aventures amoureuses parasitent un peu trop le récit; Une cougar, pourquoi pas? mais cela prend un peu trop de place.

Le dénouement est téléphoné.

¨Peut être n’ai-je pas choisi le bon livre, le plus souvent les critiques sont élogieuses.

Salomé – Oscar Wilde –

salome-couvertureJe me dépêche de rédiger mon billet avant d’ouvrir la session du MOOC d’Oscar Wilde, parce qu’après la conférence d’Aquien, je n’oserai plus rien écrire. (comme je sèche après les billets de Claudialucia que je ne lis qu’après coup).

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Que dire de cette jolie pièce?

Une salle de l’Exposition Oscar Wilde lui était consacrée,  belles illustrations de Beardsley , photos et vidéos, costumes, décors….

Étrangement , le personnage du prophète Iokanaan, Saint Jean Baptiste, prisonnier dans la citerne, m’a plus intéressée que Salomé, genre princesse gâtée à qui personne ne résiste. Les battements des ailes de l’ange de la mort, plus que la danse des 7 voiles, très théâtrale ( c’est l’inconvénient de lire une pièce sans la voir représentée). Pourquoi le tétrarque protège-t-il le prophète alors qu’il le couvre d’opprobre? Qu’est-ce qui le retient? Pourquoi est-ce si difficile d’accéder à la demande de Salomé?

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J’ai eu envie de relire Hérodias de Flaubert qui fait dire à Antipas :

– « sa puissance est forte…Malgré moi, je l’aime »

-« Alors, qu’il soit libre? »

Le Tétraque hocha la tête. Il craignait Hérodias, Mannaëi, l’inconnu…..

Encore une fois j’ai été envoûtée par la prose de Flaubert, la luxuriance des descriptions, la précision des détails. Après la lecture de Salomé de Wilde, j’ai été plus attentive aux imprécations de Iaokanaan, aux implications politiques et aux alliances du Tétrarque.

Le thème de Salomé ou d’Hérodias est loin d’être épuisé : il me reste la Salomé de Strauss, et l’Hérodiade de Mallarmé.

 

La Promenade au phare/to the Lighthouse – Virginia Woolf

LECTURE COMMUNE

notre promenade au phare (par voie de terre!)
notre promenade au phare (par voie de terre!)

Enfin! avec beaucoup de retard, je termine cette Promenade, promise, retardée et finalement réalisée.

J’avais pourtant commencé pleine d’enthousiasme : les Lectures communes sont toujours des occasions de partage, de confrontation de nos impression, d’enrichissement. Virginia Woolf est une auteure qui m’intéresse. j’ai gardé une très forte impression d‘Orlando, si bien que j’avais acheté dans la foulée Les Heures et La traversée des apparences que j’ai sans doute lus (les livres ne sont pas neufs) mais qui ne m’ont laissé aucun souvenir. Troisième raison, non la moindre, j’ai beaucoup aimé Skye  où nous avions loué un cottage.

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Skye terre et mer

Peut être ai-je été présomptueuse, j’ai téléchargé en anglais, To the Lighthouse. Depuis que j’ai la Kindle avec ses 4 dictionnaires, la lecture en VO s’impose.

Lecture toutefois ralentie par la consultation des dictionnaires, je ne me contente plus de comprendre le sens général, je vérifie chaque mot inconnu. Lecture laborieuse, non du fait de la richesse du vocabulaire, mais à cause du nombre de personnages, je me suis perdue pendant tout le début du livre entre les nombreux enfants et les nombreux invités. A cause du style parfois répétitif. Une phrase peut se retrouver à plusieurs reprises. Il ne se passe rien de notable. Mrs Ramsay tricote une chaussette, raconte une histoire au petit James, se préoccupe du bien être de ses invités, s’inquiète du retard que prendra le dîner si les jeunes amoureux en promenade tardent….Mr Ramsay passe, interrompt la lecture à James…Mrs Ramsay reprend le récit où elle l’avait laissé, reprend le tricot….et moi je reprends la lecture. J’avais pourtant l’impression que j’avais déjà lu cela avant!

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un cottage à Skye

Je me lasse et prends Télérama, pour changer. Pourtant je suis incapable d’abandonner la Promenade. Je reprends ma lecture, pour l’interrompre avec le Monde…Et je reviens à Skye sans que rien de notable ne se soit passé. De fil en aiguille, la lecture a traîné. Est arrivée la Grande Guerre, de nombreux personnages ont disparu, Andrew mort à la guerre, Prue en couches, Mrs Ramsay, on ne sait comment. Je me suis familiarisée avec le livre, j’ai envie de poursuivre jusqu’au bout.

Que rajouter au billet très fouillé de Claudialucia?

J’aime beaucoup l’expression impressionniste qui décrit si bien le style de l’auteure, touche après touche, elle fait surgir l’impression générale, sans s’appesantir dans des analyses psychologiques. Impressionniste le roman, et peut être aussi la peinture de Lily Briscoe.

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Je me suis d’ailleurs plus attachée au personnage de la vieille fille avec ses yeux bridés et son visage un peu chafouin moins séduisante, mais tellement plus existante. Lily peint et sa peinture occupe une bonne partie du roman. Se mariera-t-elle avec William Bankes? Mrs Ramsay favorise ces rencontres. Je l’ai trouvé plus intéressante que la belle, la solaire, la merveilleuse hôtesse, la mère attentionnée de famille nombreuse, l’épouse modèle, parfois rudoyée. En creux, la personnalité de Mr Ramsay, le chef de famille, le professeur émérite, le père autoritaire, assez odieux. Les autres sont esquissés sans que je m’y sois vraiment attachée.

 

 

 

 

Oscar Wilde, l’Impertinent absolu – au Petit Palais

OSCAR WILDE EXPO AFFICHE

Comment réaliser une exposition pour présenter un écrivain?

Depuis quelques temps, Oscar Wilde m’intéresse, je me suis même inscrite au MOOC qui lui est consacré. Je redoutais toutefois une accumulation de manuscrits, lettres ou photographies anciennes. Ou pire! des pages et des pages d’exégèses sur des panneaux.

La mort et le sommeil portant Sarpédon
La mort et le sommeil portant Sarpédon

Oscar Wilde, le dandy, l’esthète, a lui-même mis en scène sa vie, ce qui a facilité la scénographie de l’exposition. Scénographie rythmée par ces citations ou aphorismes spirituels appropriés à chaque étape de son existence.

En introduction à l’exposition, le visiteur lit :

UNE BONNE REPUTATION. C’EST UNE DES CONTRARIÉTÉS A LAQUELLE JE N’AI JAMAIS ÉTÉ SOUMIS

ON NE DOIT JAMAIS FAIRE SES DEBUTS PAR UN SCANDALE. IL FAUT RÉSERVER CELA POUR L’INTÉRÊT DES VIEUX JOURS.

Plusieurs documents, photographie, de Sarah Bernhard ainsi qu’un sonnet manuscrit que Wilde lui a offert nous projettent dans l’univers de l’écrivain, théâtre, mondanité.…je découvre sa belle écriture régulière.

 

Dans la seconde partie, nous découvrons Wilde, critique d’art, sur un portrait de groupe à la Grosvenor Gallery, 1877. La plupart des tableaux ont des sujets mythologiques comme La Mort et le Sommeil portant le corps blessé de Sarpédon de William Blake Richmond, Orphée et Euridyce de Watts. Wilde était fasciné par Rome peinte par Heilbuth.

night and sleep
night and sleep

Sous Night and Sleep d’Evelyn de Morgan on peut lire le commentaire de Wilde. J’ai aussi aimé le tableau Préraphaélite de Stanhope, Love and the Maiden, la Renaissance de Vénus de Walter Crane…

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1882 : conquête de l’Amérique

S’AIMER SOI MÊME C’EST SE LANCER DANS UNE BELLE HISTOIRE D’AMOUR QUI DURERA TOUTE LA VIE

L’écrivain , déjà célèbre, y fait une tournée de conférences.  A  cette occasion le photographe Napoleon Sarony tire une série de portraits dont celui de l’affiche de l’exposition. La citation introduit ces photographies ainsi que des caricatures et même des cartes publicitaires qui utilisèrent la figure de Wilde pour vendre un peu n’importe quoi.

Paris-Londres (1883-1889)

LA DANSE MAURESQUE

Reçu par Victor Hugo, rencontrant Verlaine, Paul Bourget, Gide, Wilde est introduit dans la société littéraire parisienne. Dans cette salle une vitrine consacrée à sa famille nous montre sa femme Constance et une lettre à son fils Cyril. Un panneau de Toulouse Lautrec décorant la baraque de la Goulue, la danse mauresque illustre cette période.

Les années créatrices (1890-1895)

IL N’EXISTE PAS DE LIVRE MORAL OU IMMORAL. UN  LIVRE EST BIEN ECRIT OU MAL ECRIT. UN POINT C’EST TOUT

 

LE PUBLIC FAIT PREUVE D’UNE TOLERANCE ÉTONNANTE. IL PARDONNE

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Salomé

 

 

 

Salomé pièce écrite en français, a l’honneur d’une piece à elle-seule. Au sol sont projetés les deux films de Charles Bryant et d’Al Pacino. les illustrations de Bearsdsley : 17 estampes sont de toute beauté

J’ADORE LE THÉÂTRE, IL EST TELLEMENT PLUS VRAI QUE LA VIE

Le Procès, la prison et l’Exil (1895-1900)

VIVRE EST LA CHOSE LA PLUS RARE AU MONDE. LA PLUPART DES GENS SE CONTENTENT D’EXISTER

Une vitrine montre les éditions des oeuvres publiées après sa sortie de prison signées C.3.3 ou même « L’auteur de l’éventail de Lady Winthermer »

Un grand portrait d’André Gide qu’il a rencontré quand Gide avait 22 ans et qui lui est resté fidèle.

NOUS SOMMES TOUS DANS LA BOUE. MAIS CERTAINS D’ENTRE NOUS REGARDENT LES ETOILES

 

 

 

 

CRANFORD – A tale by MRS GASKELL

LITTÉRATURE ANGLAISE

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Elizabeth Gaskell (1810-1865)est moins connue que les Soeurs Brontë  ou que Jane Austen. C’est ma maman qui m’a confié le joli petit livre entoilé vert des éditions Collins quo’n lui avait offert en 1936. 305 pages d’un petit format illustré de quelques gravures….

Dans la préface, il est écrit que Cranford « nécessite un fauteuil confortable, un feu de bois, des rideaux tirés et une lampe douce ».

 Ambiance feutrée qui était celle des réunions des dames de Cranford, se réunissant pour boire le thé, jouer au cartes, et distiller des ragots. Il semble que la couleur des rubans de leurs coiffures, leurs broches, et la préséance dans la hiérarchie de la bonne société du village. Société essentiellement féminine, les hommes en sont bannis, à de rares exceptions.

Lecteurs de thrillers, de turn-pages, de sagas ou pavés, passez votre chemin. Cranford se déguste lentement, il ne se passe pratiquement rien dans ce village tranquille.  Les jeunes filles ont vieilli sans même s’en apercevoir. Un mariage semble une incongruité. Des souvenirs des disparus,  l’arrivée d’une Lady, d’un magicien, un vol de pomme ou d’un gigot d’agneau déclenchent des réactions disproportionnées. Et pourtant, c’est une lecture délicieuse. L’humour et l’ironie d’Elizabeth  Gaskell se savourent lentement. Les pointes anti-françaises, peu de temps après les guerres napoléoniennes, sont particulièrement acérées.

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J’ai d’abord eu l’impression qu’il n’y aurait pas ni intrigue, ni d’histoire. Lentement, l’auteur a présenté ses personnages, puis des personnages secondaires (masculins) sont arrivés  par effraction. On a vu revenir un ancien prétendant de Matty, qui a presque pris le deuil à son décès. La narratrice, l’amie de Matty, découvre l’existence de Peter, le frère disparu. L’auteur distille les indices, sans s’y attarder.

A la fin, la tragédie se noue. la naïve Matty se retrouve ruinée par la banqueroute de la banque. On est loin des tergiversations sur la couleur d’un turban ou d’un ruban. On a le cœur serré. Comment va-t-elle s’en sortir?

Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories – Oscar wilde

PRÉPARONS L’EXPO OSCAR WILDE AU PETIT PALAIS!

oscar wilde sur le rocherLecture numérique d’un recueil de 5 récits : le Crime de Lord Savile, le Fantôme des Canterville, Le sphinx sans secret, le Millionnaire modèle et le Portrait de Mr W.H.

Lecture délicieuse, limpide, charmante, au style limpide, tellement clair qu’il ne m’a causé aucune difficulté. J’ai goûté son humour inimitable. Provocation amorale et tellement amusante que ce crime que Lord Savile se sent forcé d’exécuter avec une élégance rare. J’ai adoré le ratage de la pendule explosive! Un crime, oui, mais en dandy!

C’est le Fantôme des Canterville que j’ai préféré. Tellement drôle!

Le portrait de Mr W.H. m’a posé plus de problèmes. Il suppose une connaissance (et une compréhension des sonnets de Shakespeare que la non-anglophone ne possède pas). Il me faudra étudier ces sonnets et y revenir>.