Les contes cruels de Paula Rego à l’Orangerie

Exposition temporaire 17/10/18 /-14/01/19

Paula Rego : La danse (1988)

 

Encore une jolie surprise! Je ne connaissais pas cette artiste Portugo-anglaise. L’affiche m’avait plu et le titre Les Contes cruels m’avaient intriguée.

Paula Rego : In the garden

L’exposition de l’Orangerie nous plonge dans l’univers de l’enfance, de ses jouets, ses contes et comptines, des personnages mythiques, des animaux qui parlent….Univers cruel et non pas mièvre comme l’a analysé Bruno Bettelheim. Une série présente des petites filles avec un chien.

Petite fille et chien. Non! ce n’est pas le chaperon rouge!

Trois grandes toiles carrées montrent encore des petites filles, l’une d’elle est la petite meurtrière perversion de l’enfance!

Paula Rego : la petite meurtrière

On aime se faire peur dans le monde de l’enfance!

De curieuses saynettes sont orchestrée avec des masques de papier mâché, des poupées de chiffon, des costumes de théâtre, des poupées désarticulée. Atmosphère étrange. On retrouve plus loin ces montages dans divers tableaux dans la dernière salle.

Paula Rego a épousé le peintre anglais Victor Willing. Elle partage son temps entre Londres et le Portugal.

Elle illustre les Nursery Rhymes  par des gravures s’inspirant des illustrateurs comme Rackam ou Benjamin Rabier mais aussi Goya Caprichos et Proverbios ou Jean-Jacques Granville et Sa vie privée des animaux. Hockney a également illustré les contes de Grimm

Babablack sheep…est interprété de manière personnelle, les trois sacs de laine sont rangés de côté tandis que le mouton est érotisé dans une posture équivoque.

 

 

 

Cette araignée effrayante (comme les enfants aiment avoir peur!) est peut être inspirée des araignées de Louise Bourgeois présentées à côté.

 

Le monde de l’enfance est aussi celui des punitions et des réprimandes (titre de la salle suivante) . On y découvre une fille de policier inquiétante.

La Fille du Policier
La Fille du Policier

Des scènes familiales mettent en scène les Bonnes meurtrières de Genêt et une curieuse scène où le père est comme un pantin, évanoui ou déjà mort tandis que dans le tableau des éléments religieux font des allusion à la résurrection.

Gepetto

Les grands tableaux de la salle suivante sont des pastels, technique que Paula Rego affectionne particulièrement. Elle illustre Peter Pan et Pinocchio. Anecdotiquement l’audio-guide m’apprend que pour la Fée Bleue et pour Gepetto Paula Rego a fait poser sa fille Victoria et son gendre Ron Mueck (sculpteur) .

L’oeuvre la plus spectaculaire de cette section est le grand tableau de La Guerre inspiré d’une photo d’une petite fille pendant la guerre en Irak. Paula Rego a remplacé les têtes par celles de lapins de papier mâché et a fait figurer des animaux dans la composition.

La Guerre

Un mur regroupe le thème Animaux et Animalité . Contrairement aux contes qui montrent des animaux humanisés qui parlent ou qui adoptent des comportement humains. Il s’agit de femmes aux attitudes et postures de chiens Dogwomen. 

Dogwoman

« Etre une femme-chien ne signifie pas nécessairement être opprimée . cela n’a pas grand-chose à voir. Dans ces tableaux, chaque femme-chien n’est pas opprimée mais puissante. C’est bien d’être bestiale. C’est physique. manger, grogner, toutes les activités liées aux sensations sont positives. Représenter une femme en chien est complètement crédible. C’est souligner le côté physique de son être. »

Précise-t-elle dans une longue citation sur le dépliant de présentation de l’exposition. 

Face aux gracieuses et riantes danseuses de Degas, aux couleurs chatoyantes  5 grands tableaux ont été inspirés de la danse des Autruches du film Fantasia . Pas d’oiseaux  dans ces oeuvres mais les danseuses massives et ironiques.

Danse des autruches
Danse des autruches

Héroïnes :Paula Rego est fascinée par le personnage de Jane Eyre qu’elle met en scène dans un triptyque. Elle représente des femmes fortes comme l’ accordéoniste.

L’exposition se termine par des histoires moins traditionnelles, des mises en scène plus personnelles dans d’énormes tableaux très colorés et très riches avec de nombreux personnages autour des pièces de Martin McDonagh

L’épouvantail et le porc.
L’épouvantail et le porc.

L’épouvantail et le porc est presque une crucifixion avec une procession qui gravit la montagne. Le porc a sauvé l’épouvantail d’un incendie du champ dans lequel il se trouvait. Mais il ne s’opposera pas à la décapitation de son bienfaiteur par l’éleveur. Dans un  coin, la femme au chapeau porte une faux, représente-t-elle la mort?

pillowman

Deux grands triptyques mettent en scène le personnage du Pillowman (Martin McDonagh) . Le pillowman étouffe les enfants par sa tendresse pour leur épargner des souffrances dans le monde. (thème évoqué dans Les petites filles et la mort de Papadiamantis). La tendresse du Pillowman évoque à Paula Rigo son propre père et elle met dans le tableau des éléments de sa vie personnelle, ses souvenirs d’enfance, la plage d’Estoril où elle allait avec ses parents, une partie de pêche

pillowman

Etonnante illustration du Chef d’Oeuvre inconnu de Balzac qui avait aussi inspiré Picasso

j’ai découvert sur internet en me documentant que Paula Rego, féministe avait peint le triptyque sur l’Avortement à propos de la campagne pour sa légalisation au Portugal en 1998. Cette oeuvre ne figure pas dans l’exposition de l’Orangerie mais je la mentionne ici.

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Amadeo de Souza Cardoso au Grand Palais

LE MONDE EN EXPO – exposition temporaire jusqu’au 18 juillet 2016

amadeoL’affiche m’a donné envie.

Je ne connaissais même pas de nom Amadeo de Souza de Cardoso. Je suis partie vers l’inconnu. Très vite j’ai réalisé que, après l‘exposition Apollinaire que j’ai vue la semaine dernière, j’étais en pays connu : Paris (19o6-1914). Le peintre fréquentait Modigliani, et les Delaunay l’ont rejoint au Portugal pendant la guerre dans les années 1916. Il rencontra aussi Diego Rivera, Blaise Cendras, Apollinaire, Brancusi…..

L’exposition du Grand Palais présente son oeuvre de manière chronologique, au fil des grandes expositions, chaque salle prend pour titre une oeuvre phare.

le saut du lapin
le saut du lapin

Le saut du Lapin (1911) fut exposé à New York au Armory show, le feuillage est inspiré du Douanier Rousseau tandis que le lapin en mouvement annonce déjà les recherches futuristes. Lapin bizarre.

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Tandis que d’autres tableaux de la même exposition sont de facture cubiste, comme un château fort. Le thème de ma chasse, de la corrida, sont récurrents.

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Amadeo s’inspire également des paysages portugais du Minho autour d’Amarante et peint une cuisine portugaise

amadeo 017La procession du Corpus Christi est tout à fait intéressante . On reconnait l’évêque sous un parasol et les ecclésiastiques en manteaux rouges portant la Vierge (triangle vert) tandis que le milieu du tableau est occupé par un dragon pourchassé par saint George (le dragon est facilement reconnaissable, le saint, moins)

amadeo 018Toute une série de tableaux partant des paysages arrive à l’abstraction.

Une série, montrant sa proximité avec Modigliani présente des femmes en mouvement.

Femmes en mouvement.
Femmes en mouvement.

les techniques employées comme les styles sont variés dans les XX dessins il grave sur zinc selon un procédé photographique.

les chevaux du sultan
les chevaux du sultan

 

 

les faucons
les faucons

on retrouve ses thèmes favoris de la chasse, des chevaux et des châteaux forts.

Un Don Quichotte est inspiré de Delaunay

Don Quichotte
Don Quichotte

De retour au Portugal pendant la Guerre Amadeo s’intéressa au folklore portugais, aux poupées et aux chansons populaires

Chanson populaire
Chanson populaire

Dans ce thème paysan on retrouve les costumes populaires, les poteries traditionnelles aussi un clin d’œil aux collages cubistes et aux fenêtres de Delaunay.

Les sources d’inspirations sont variées : les Têtes Ocean figurent des masques comme les masques africains et océaniens chers aux artistes comme Picasso ou Apollinaire

Il s’est également essayé aux techniques expressionnistes après son exposition en Allemagne, a fréquenté les futuristes italiens….Si la grippe espagnole en 1918 ne l’avait pas emporté il aurait sans doute continué les expérimentations.

Trou de serrure l'accouchement de la guitare - Bon ménage - fraise d'avant garde (titre de l'auteur)
Trou de serrure l’accouchement de la guitare – Bon ménage – fraise d’avant garde (titre de l’auteur)

Lisbonne (8) parc Edouard VI – Estufa fria

CARNET PORTUGAIS

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Nous bouclons les valises et les laissons à la réception de l’hôtel. J’ai les cartes d’embarquement sur le téléphone avec l’appli TAP. Il suffit d’être à l’aéroport à 17h30. Il reste une belle journée à Lisbonne.

J’avais fait un programme complet : Musée Gulbenkian et Estufa Fria dans le parc voisin. Métro Marquès de Pombal, occasion de faire connaissance avec le métro lisboète.

Visit Portugal, l’appli miracle, m’annonce que le Musée Gulbenkian est fermé le mardi.  On passera la journée dans le parc !

Le métro est décoré de céramiques abstraites, pas de publicité, un éclairage insuffisant ; Notre métro parisien est plus gai et plus fréquent !

La place Marquès de Pombal est un très grand carrefour autour d’une statue géante. Le jardin Edouard VI  est un grand polygone allongé dans l’axe perpendiculaire au Tage. Deux contre-allées sous de grands arbres. Des massifs arborés sur des buttes parallèles au milieu du buis taillé pour dessiner une sorte de frise. On monte la contre-allée pour trouver de hauts piliers portant des roues (gerbe de céréales ou engrenage ?). En haut la  fontaine moderne n’est  pas très réussie.

Estufa fria

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Sous des lattes de bois portées par de hauts montants métallique, dans l’ombre et l’humidité des arroseuses,  où l’eau court dans des ruisselets et des petites cascades ou des bassins où nagent des poissons et où s’ébattent des canards, une végétation tropicale exubérante s’épanouit : hauts bananiers, fougères arborescentes, philodendrons, hortensias, strelitzias, bégonias de toutes espèces. Nous passons près de deux heures à nous perdre dans la « jungle » à dessiner, à faire des photos, à lire…

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Juste en dessous de la serre une cafetaria dans le parc propose pizzas, toasts et salades.

Ma salade :saumon fumé, cubes de feta sur un lit de mesclun, roquette et oignon décoré de graines de sésame et traits de vinaigre balsamique artistiquement tracés.

Le toast est au pain poilâne fromage jaune en tranche beaucoup de thon cuit dans une machine à croque-monsieur et servi avec des chips.

Toutes les salades sont appétissantes, poulet pêche tranchée, avec tomate en rondelles et mozzarella.

Retour bus 736 jusqu’au Rossio. Mieux que le métro.

Nous terminons l’après midi à la terrasse de la pastelleria de la rue Calçada do Carmo. Je remarque la boutique d’un coiffeur pour hommes. Officient deux artistes septuagénaires en blouse bleues. Les clients sont encore plus vieux Une vieille dame entre ; vient-elle chercher son mari ? Quelques temps plus tard, je la vois avec une blouse bleue. C’est la manucure. Elle coupe, lime tandis que le coiffeur devenu barbier, manie le rasoir, taille les sourcils aux ciseaux, coupe les poils du nez. Le vieux monsieur est un coquet !

Lisbonne (7) Baixa – Chiado, flânant dans les rues

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Sur les bords du Tage : street art
Sur les bords du Tage : street art

Selon, le guide fourni par l’appli booking.com, notre pass de transport s’appliquerait aussi aux ferries et aux trains. Nous prenons le bus pour Cais Sodre – la gare fluviale. N’importe quel ferry passant le Tage ferait l’affaire. En validant le pass au portillon cela ne marche pas. Si on achète un billet le ferry partira sans nous.  On rentre à l’hôtel vers 16h recrues de chaleur.

Cas de Sodré
Cais  Sodré

A 17h30 me voilà rafraîchie et prête pour une exploration de la Baixa et du Chiado. Je ne veux pas quitter Lisbonne sans avoir flâné devant les vitrines pittoresques des rues de la Baixa et surtout sans avoir exploré le Chiado juste derrière l’hôtel.

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Dans la Baixa je parcours la Rua dos Sapateiros (des cordonniers), la Rua Aurea (de l’or), j’arrive sous l’Arc de Triomphe de la Praça do Comercio. De là, je suis l’itinéraire du tram 28. A pied cela grimpe dur ; je me retrouve place Camoes et de là me promène dans les rues au hasard pour trouver les théâtres du Chiado. Non loin du San Carlo il y a un nombre incroyable de salles, comme il y a beaucoup de Musée de peinture et plusieurs musées archéologique. Lisbonne est vraiment une capitale culturelle.

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Je me retrouve sur le Largo do Carmo. Le « musée archéologique » de l’église Carmo est ouvert jusqu’à 19h (3.5€) . la belle église gothique du 14ème siècle a perdu la voûte de sa nef fors du grand tremblement de terre de 1755. Les moines ont essayé de la reconstruire mais avec la mode romantique des ruines on a préféré laisser les arches se déployer dans le ciel. Dans la lumière du soir, elles se détachent sur le ciel d’un bleu intense.

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Pour ce qui est du « musée » ce serait plutôt une collection lapidaire hétéroclite. Des stèle romaines la margelle d’un puits, des gargouilles, des anges, une fenêtre manuéline sont dans le plus grand désordre. Dans les pièces fermées c’est encore plus éclectique : la pierre tombale du chanoine voisine avec deux momies péruviennes, une autre salle contient des outils préhistoriques. La boutique vend toutes sortes de livres, poèmes, carnets de voyages ; C’est fouillis mais très sympathique.

Lisbonne (6) Tramway N°28 – Alfama

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Tramway en bois de Llisbonne
Tramway en bois de Llisbonne

Le tramway 28 parcourt toute la ville. C’est un vieux tram en bois : 20 places assises 28 debout. Si on veut profiter du parcours, il convient de se lever tôt et la meilleure façon de choisir sa place est de le prendre au terminus place Martin Morim située derrière la place Figueira.

8h40 – le chauffeur est une dame africaine. Elle connaît sa machine. Dès les premiers tournants elle arrête le tram et sort avec une sorte de long pied de biche. Une panne ? Non c’est la routine. Que fait-elle ? Déplace-t-elle un aiguillage ou enlève-t-elle quelque chose de coincé ? Cela se produira plusieurs fois sans que j’élucide la question.

A bord du tram!
A bord du tram!

Le tram suit d’abord une rue bien large bordée d’arbres. Dès qu’il s’engage dans les petites rues, c’est toute une aventure. Il gravit les pentes raides pour s’élancer ensuite dans une descente vertigineuse. Parfois il n’y a qu’une voie, il faut laisser passer le tram qui vient d’en face. On voit une voiture foncer droit sur nous, mais le tram tourne à angle droit brusquement. Parfois, il y a juste la place pour le petit tram jaune. Comment fait-on pour déménager dans cette rue ? Heureusement, il fait bon. On peut baisser la vitre pour prendre des photos.

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laSé

Je suis le trajet sur le plan de Lisbonne mais ne l’ouvre pas. Je préfère me laisser brouetter, attentive aux façades carrelées, aux magasins pittoresques, aux échappées sur le Tage qu’on appelle aussi la Mer de Paille. Le parcours du 28 fait deux boucles : la première sur la colline du château passe devant la Sé, il descend à la grands Praça do Comercio pour monter au Chiado jusqu’à la place Camoes où le poète est couronné de lauriers. Les quartiers devient ensuite plus aérés, plus « modernes » avec des immeubles carrelés et d’’autres Belle Epoque ou Art Nouveau. On passe devant une très grande église très blanche puis devant l’énorme bâtiment de L’Assemblée du Peuple, le jardin d’Estrela pour arriver au terminus de Prazeres où nous nous dépêchons de descendre du tram pour y remonter aussitôt et reprendre les mêmes places.

Vue du mirador sur l'Alfama (le musée du fado en rose)
Vue du mirador sur l’Alfama (le musée du fado en rose)

Au deuxième passage, j’ai ouvert le plan. Nous descendons au Mirador du Largo das Portas do Sol en face du Musée des Arts décoratifs – bâtiment rouge avec un beau portail –  où nous avons vu une belle terrasse de café. La Cathédrale nous servira de repère pour nous préparer à descendre.

Au Largo das Portas do sol un panneau porte un plan des murailles du château tout proche. Un minibus y monte que nous négligeons. Les rues aux abords du château sont soignées, fleuries, décorées mais un peu trop touristiques. On se croirait à Montmartre ! Je pensais que le château Saint Jorge serait fermé le lundi. C’est ouvert 8.5€. Le prix nous fait reculer. Nous avons visité récemment de nombreux châteaux forts avec chemins de ronde, murailles crénelées. On aurait pu chercher la porte que Martin Morim empêcha de se refermer pendant l’attaque d’Afonso Henriques…si j’avais lu le siège de Lisbonne de Saramago j’aurais été plus motivée !

le castello
le chateau

Nous négligeons aussi la qu’on avait vue à notre précédent passage. Avec ses deux tours carrées elle ressemble aux cathédrales d’Evora et de Porto.

Le Mirador de Santa Luzia offre un très beau point de vue sur l’Alfama. Une vigne soutenue par une colonnade, des azulejos et des petits sièges ménagé dans le mur font un endroit commode pour dessiner. Plus bas, un bassin rectangulaire turquoise, de gros bougainvillées violets, des cyprès se détachent. Bel endroit !

mirador Sa Luzia
mirador Sa Luzia

Le Musée des Arts décoratifs est ouvert le lundi. Le menu du restaurant installé dans le patio nous tente. Le caissier n’est guère aimable. Il déclare que la visite se termine dans 20minutes et que pour manger il faut prendre le ticket de la visite. On renonce.

Descendons dans l’Alfama

Ruelles de l'Alfama
Ruelles de l’Alfama

Nous descendons l’escalier le long de la muraille pour arriver derrière l’église S. Miguel, centre d’un petite « village » de maisons blanches avec la lessive étendue au soleil. Un chien attaché en haut d’un escalier, une arche s’ouvrant sur des marches me donnent des envies de dessin.

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S’approchant du Musée du fado, les rues redeviennent touristiques, se meublent de tables de restaurant. Du fado s’échappe d’une cave. Nous retrouvons la petite place que j’ai dessinée vide hier ; Elle est pleine de tables. C’est là que nous déjeunerons au restaurant tipico Lautasco. Un caoutchouc a étendu ses branches pour donner de l’ombre à toute la place. Des sarments de vignes s’y sont mêlés.  Pour égayer les grosses feuilles sombres on a tendu des guirlandes de papier rose, bleu, jaune.

Le restaurant tipico est cher sardines 9.9€. Qu’importe ! Nous avons envie d’un bel endroit. Nous refusons les olives le pain et le beurre qu’on apporte sans qu’on n’ait rien demandé – chaque article est payant 0.9€ ! Ici, le vin se vend à la bouteille et non pas au verre.

Sardines et omelette de gamba, ½ bouteille de blanc : 27€

Lisbonne (5)autour du Rossio-elevador Sa Justa – Gare

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Elevador Santa Justa

Elevador Santa Justa

Notre forfait des 7 collines nous donne droit à l’ascenseur qui se trouve juste au bout de notre rue. Petite queue raisonnable. Pour 1.5€ de plus on accède au Mirador : escalier en colimaçon métallique qui conduit à une plateforme d’où le panorama est spectaculaire. On domine le Rossio et tout le quartier de la Baixa on voit très bien le Château et la avec ses deux tours carrées qui ressemble à la Sé de Porto et à celle d’Evora.

Les ruines les plus romantiques de Lisbonne!
Eglise do Carmo – Les ruines les plus romantiques de Lisbonne!

Un pont métallique relie le parvis de l’église de Carmo notre » église »  puisque notre hôtel Estrela do Mondego est au 25 Calçada do Carmo. Cette église est ruinée. De la nef, il reste des arcs en ogive vides. Un musée archéologique y est installé. Contournant le monument, on aboutit sur une très jolie placette avec des arbres, une fontaine, des terrasses. De là une descente bien raide bordée de boutiques désuètes , librairie d’occasion, friperie de vêtements chics, vintage, …

Gare du Rossio

On fait un crochet par la Gare du Rossio  c’est une vraie gare, un train sur deux a pour destination Sintra. Si nous restions plus longtemps….La façade est très ouvragée, flanquée de tours, ornées de décors manuélins.

Puisque le déjeuner a été gastronomique, le dîner viendra de Pingo Doce où je trouve un cornet de radis frais et des yaourts. Mais comme nous sommes au Portugal, je redescends acheter des rissois aux crevettes des bolhinos de bacalau et des croquettes de viandes à la pastellaria  du bas de la rue. Aux terrasses des restaurants cinq jeunes brésiliens font une démonstration de capoeira. Le temps d’aller chercher l’appareil photo, ils ont disparu.

Lisbonne (4) Musée du fado

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Burro tocando guitarra – Julio Pomar

Du Musée des Azulejos au Musée du Fado

Le 794 relie ces deux musées, l’arrêt se trouve devant le porche de l’église, arrêt Madre de Deus. A l’arrêt de nombreux touristes attendant ainsi qu’une dame portugaise et son mari. La dame nous explique qu’il faudra descendre à la 2ème station Apolonia. Depuis un bon quart d’heure le 794 aurait dû passer, celui de 13h41 ne passe pas on plus, ni celui de 14h11. Le couple portugais a pris un taxi, une famille française avec trois gaillards est partie à pied, les autres ont pris d’autres bus. Je songe sérieusement à héler un taxi. Il en passe souvent en maraude. Avec 1heure de retard le 794 arrive bondé.

Musée du fado

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Le bâtiment rose 19ème siècle est en bas de l’Alfama ; Prix : 6€

Pour le prix de l’entrée, au vestiaire on distribue un audio guide en Français avec des explications intéressantes et surtout des extraits musicaux. Un grand montage photographique présente les fadistes de tous les temps (depuis que photos et enregistrements musicaux existent) pas de nom ni de présentation, des numéros. On compose le numéro et on entend le chanteur. L’ennui est que je suis complètement néophyte et que je ne comprends pas les paroles. Au bout d’un certain temps je m’ennuie un peu.

A l’étage, les salles sont plus variées.

Une maison de poupée ? C’est un bordel ! en témoignent les images explicites des jeunes femmes dénudées. Le fado est né dans les périodes de troubles ai 19ème siècle, dans les cafés, les bordels, chez les marginaux et les mauvais garçons. Il existait aussi une version théâtrale le « fado masqué » qui se jouait dans les carnavals lisboètes ou dans les fêtes populaires.

En 1927, une loi tenta d’encadrer ce phénomène marginal. La censure essaya de réguler les côtés troubles et d’enfermer le fado dans les Casas de Fado. . A partir des années 1950, grâce à Amalia Rodrigues, le fado s’internationalise, se popularise surtout au Brésil et en Afrique. Il devient une icône de la culture nationale, intéresse le régime de Salazar, par conséquence subit d’autres critiques.

Sans connaître le fado, je pense au Rebetiko qui lui est contemporain, aussi musique des cafés et des marginaux.

Des œuvres plastiques illustrent aussi le fado.

Le fadiste
Le fadiste de Malhoa

1872, première gravure sur bois d’un fadiste.

O Fado de Malhoa est un tableau très connu. Amalia Rodrigues l’a même chanté. Le fadiste,l’air éméché ou inspiré, tient une guitare. Sa compagne à moitié renversée fume. Sa pose est négligée une jambe posée sur un banc, la tête rejetée. Le peintre a porté une grande attention au décor, réaliste jusqu’aux mégots sous le banc, le bouquet d’œillets et les objets d’un intérieur populaire. Il a convoqué les habitants du quartier pour garantir l’authenticité.

O Marinheiro de Constantin Fernandes (1913) symbolise un autre aspect du fado la saudade- la nostalgie -. Dans ce triptyque on assiste au départ du marin, à sa nostalgie à la réception d’une lettre de sa femme, tandis que l’émotion est à son comble au retour à quai du bateau, scène de retrouvaille sur le panneau central.

Llisboète
Lisboèta de Costa Pinto

Lisboeta(1952) de Candido Costa Pinto : une femme masquée porte une guitare et un plateau avec une bouteille de Porto. Du linge sèche. Ses bas noirs trop courts donnent une impression équivoque, le masque une atmosphère étrange le tout a un air de surréalisme. .

Au sous-sol,  exposition temporaire du peintre Julio Pomar « Sans Caprice ou Présomption »

Ulysse
Ulysse

J’ai beaucoup aimé les couleurs éclatantes, les rouges, les jaunes et la variété des thèmes. Mon tableau préféré est Burro tocando guitarra(2011), un Portrait de Pessoa portrait de l’écrivain avec deux visages ainsi que deux versions d’un même thème Tableau grand format et lithographie de Ulisse e as sereias (qui voudra bien traduire ?). Je suis toujours sensible au thème d’Ulysse. Ici, Ulysse  a un air brésilien ou tropical, on reconnait par contre son embarcation grecque.

Je suis plus sensible aux expositions plastiques que musicales. Cela me donne envie de connaître mieux cette musique. J’ai l’impression que ce musée s’adresse plutôt à des initiés qu’à des touristes comme au Caire, le Musée Oum Kalsoum.

A 16h, le soleil cogne c’est une fournaise. Je n’ai qu’une envie : m’asseoir à une terrasse ombragée et commander une boisson fraîche. Dans les petites rues de l’Alfama il y a de nombreuses casas de Fado, des restaurants qui occupent les ruelles à l’ombre. Malgré l’heure tardive, toutes les tables sont prises par des « déjeuneurs ». Pas question de s’asseoir pour de simples consommations. J’ai si soif que je me précipite dans une épicerie et achète une bouteille d’eau glacée. Les ruelles de l’Alfama me donnent envie de dessiner. Je m’installe sur une marche dans une placette adorable à l’ombre d’une tonnelle – ficus et vigne – des guirlandes en papier crépon sont tendues entre les maisons. Je dessine les portes, les balcons et le linge suspendu. J’aurais bien aimé me promener plus longtemps mais la chaleur assomme.