Du Vert Galant à Aulnay-sous-bois avec le Voyage Métropolitain – (2) Sevran

PARIS/BANLIEUE

le Canal de l’Ourcq

Après avoir passé le canal nous allons piqueniquer à la Poudrerie . Imaginée par Napoléon III, a proximité du Canal de l’Ourcq et de la voie ferrée, éloignée des centres d’habitation à cause des risques d’explosion, elle a été en fonction pendant un siècle de 1873 à 1973. Actuellement, la plupart des bâtiments ont disparu. On peut juste imaginer les 3000 ouvriers qui y travaillaient. Les rails inclus dans les allées pavées ou cimentées rappellent que circulaient des wagonnets et même des trains. Autre souvenir : les mares destinées au refroidissement et les merlons qui protégeaient les autres installation d’une explosion accidentelle : une chanson : La chanson du poudrier rappelle les risques du métier. Un musée est installé dans les bâtiments qui subsistent mais il est fermé.

La promenade en sous-bois nous mène dans des quartiers habités de Sevran. Je reconnais le quartier Montceleux où nous avions été accueillis en 2018. Le maraichage est tenu par Le Jardin Aurore (agriculture biologique distribution circuit court). J’ai le grand plaisir d’apprendre que le projet de méga piscine à vagues qui devait noyer une grande parcelle de terre agricole et peut être les maraichers, est abandonné : pharaonique, inutile, anti-écologique et surtout impossible à mettre en eau en période de sécheresse. victoire du bon sens! Nous grimpons sur la Butte Montceleux d’où on jouit d’un panorama très étendu jusqu’à Paris : Tour Eiffel, Sacré Coeur, La Défense….Observation en musique : un groupe de 5 jeunes hommes répèpaysagte dune chorégraphie pour le mariage de l’un d’eux. C’est très sympathique. 

 

Nous rejoignons enfin le Canal de l’Ourcq espérant un  peu plus d’ombre et de fraîcheur. Mais il y a encore une visite : La Friche Kodak : grand terrain laissé libre à la fermeture des usines Kodak. Libre mais pollué avec tous les métaux et les produits chimiques qu’on imagine pour le développement des photos mais aussi des film radio et des microfilms. Impossible de cultiver quoi que ce soit ou de construire de peur des contamination. On a donc décidé de faire de cette friche un parc ouvert à tous, mais un parc dans lequel les paysagistes et jardiniers n’interviendraient qu’à minima. Expérience pour voir comment la flore et la faune vont reprendre leurs droits. Pour les paysagistes ces paysages ont un nom : le tiers paysage et » les étudiants apprennent à  ne rien faire »

C’estGilles Clément  (paysagiste du jardin Rayol) qui a énoncé ce concept.

Ici aussi, le livre de Marielle Macé  : Nos Cabanes illustre 

« Les noues touchent à ce « tiers paysage » que Gilles Clément a mis en valeur. Ces milieux qui émergent sans
programme et vivent en marge des zones d’aménagement urbain ou d’exploitation agricole, ces fragments du « Jardin planétaire » constitués par l’ensemble discontinu, en liberté, indécidé, et très pluriel, des lieux délaissés (« délaissés urbains », c’est comme cela qu’on les appelle, mais aussi friches, talus, landes, lisières…) qui accueillent une diversité écologique surprenante,

Car le tiers paysage n’est pas exactement quelque chose que l’on aménage, c’est quelque chose que l’on ménage.
Ménager plutôt qu’aménager. Jardiner les possibles, prendre soin de ce qui se tente, partir de ce qui est, en faire cas, le soutenir, l’élargir, le laisser partir, le laisser rêver.

Tiers paysage comme tiers état et pas comme tiers monde, précise Gilles Clément. « Espace n’exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir. »

Et de revenir aux phrases prononcées par l’abbé Sieyès en 1789 :

Qu’est-ce que le tiers état ? – Tout.

Qu’a-t-il été jusqu’à présent? – Rien

Que demande-t-il? A être quelque chose. 

Saules et peupliers prospèrent, pyracanthes aussi (d’où proviennent-Ils) les peupliers du temps de Kodak sont très hauts. On a planté des cerisiers (tuteurs) . pas d’allées tracées, seulement celles que les pas des promeneurs ont piétinées. 

Un beau terrain d’aventure pour les gens de Sevran!

Après la Friche nous retournons sur le Canal pour des explications historiques : c’est son anniversaire quand même!

Evry – Courcouronnes – avec le Voyage Métropolitain

VOYAGE METROPOLITAIN

La cathédrale d’Evry

Tout d’abord le plaisir de retrouver le Voyage Métropolitain que j’avais perdu de vue avec le Covid et les confinements! Toujours le même entrain, la même convivialité et des intervenants passionnants le plaisir du partage et de la découverte.

Comme d’habitude, Jens déplie ses cartes, celle de la région, celle du schéma directeur de Delouvrier (1965) correspondant à la création des villes nouvelles. Evry est sortie des champs à côté d’un petit village dans la vallée de la Seinn entre la Nationale 7, l’Autoroute du Soleil, une ville à imaginer : un plan original en X relié par un autobus en site propre reliant les quartiers, avec au centre la gare du RER D (qui était aussi à construire).

la voie de l’autobus passe sous une sorte de porche

Une ville avec une préfecture, une université, des entreprises, certaines innovantes, des emplois. Des quartiers d’habitations, une nouvelle population à loger. Un réseau de transport performant, voire révolutionnaire, ne faisant pas appel au tout-voiture. Des circulations sur 3 niveau, le niveau intermédiaires étant celui de l’autobus, les quartiers s’ouvrant sur une ville piétonnière.  La ville idéale?

Frank, enseignant en arts plastique, en est tombé amoureux. Il vante sa ville, où il enseigne, où il vit depuis des décennies. Lucide il relève l’ anomalie : les habitants ne travaillent pas sur place, on observe un chassé croisé de travailleurs qui ne correspondent pas aux emplois que la ville offre. Emplois très qualifiés pour une main d’œuvre qui l’est moins. Résultat, une ville peu animée, les habitants rentrant tard après leur travail et leur déplacement n’ont guère envie d’aller boire un pot au bistro! Inversement les travailleurs préfèrent rentrer chez eux. Des fastfoods, oui mais peu de convivialité.

Malgré toutes les bonnes intentions des urbanistes et architectes, la mayonnaise n’a pas pris, faute aux crises pétrolières, avant 1973 l’argent était facile, on a commencé par financer les animations sur l’Agora, puis les moyens financiers n’ont pas suivi. Il en résulte un centre un peu étrange : un théâtre ouvert sur la ville, et sur le Centre commercial qu’on est en train de rénover avec des projets de restaurants (comme à Créteil-Soleil) et un chantier peu lisible pour les visiteurs. Dommage! Pourtant le théâtre est une Scène Nationale avec des programmes ambitieux et une municipalité très désireuse de favoriser le secteur culturel.

Le Bâtiment creux

De l’Agora, nous passons le long d’une grande Patinoire (encore un projet ambitieux) sur un cheminement perché au dessus de parkings. Un petit jardin en contre-bas est condamné à brève échéance, délaissé peut-être pour des raisons sécuritaires. Plus haut, on découvre encore un autre jardin bien caché (jardin zen où se déroulent des activités de yoga ou de méditation).  Ce serait un très joli coin pour respirer mais il est fermé, cadenassé quand il n’y a pas d’activité. Une longue barre d’habitations borde le cheminement, le Bâtiment Creux, très original, mais il faut être plus loin pour l’apprécier. En face un bas relief en céramique rappelle l’histoire de la construction de la Ville Nouvelle : c’est le grutier. 

Le Grutier

Une passerelle enjambe la route de l’autobus : surgissent les Pyramides, 6000 logements prévus, 2000 construits.

Le Voyage Métropolitain à la découverte des Pyramides

Les architectes, Michel Andrault et Pierre Parat, ont imaginé des logements qui s’ouvriraient sur une grande terrasse avec des jardinières en béton permettant de végétaliser l’ensemble (il y a la même à petite échelle au  lac de Créteil). L’ensemble est très bien pensé, les pyramides sont construites en dégradé, les plus hautes près de la passerelle s’échelonnent avec des moyennes, puis des petites. Les couleurs sont étudiées une face verte, une face rose.

Moyennes pyramides avec décor de fougères

le quartier se termine par de très petites pyramides

les plus petites pyramides

On a pensé la ville ouverte, sans passage automobile on avait ouvert aussi l’école sur l’extérieur. Puis les mentalités ont changé, on referme et la cloche de l’école se retrouve au centre d’une sorte de rondpoint.

La cloche de l’école.

les enfants ont perché un ballon de foot piégé entre les grosses sonnettes. Aubaine pour Jens qui a prévu de nous faire tirer des ballons dans la Lucarne. Les garçons se font la courte échelle pour le récupérer. La Lucarne est une attraction-phare de la ville. Les amateurs de foot avaient l’habitude de tirer dans une petite fenêtre d’un immeuble. Après les protestations des voisins on a construit une réplique dans un endroit dégagé, avec porte en trompe-l’œil, digicode…

La Lucarne

C’est donc une attraction sportive, il faut se mettre à 12 m sur un repère et viser la lucarne. C’est difficile, personne dans notre groupe n’a réussi! Cette lucarne est si connue que Djibril et ses associés ont fabriqué une « lucarne pliante » et qu’ils se déplacent dans toute la France pour des animations.

Le « manpower » lieu mythique de l’Art du Déplacement

A Evry est né un sport : l’Art du Déplacement ou Parkour popularisé par un film Yamakasi (2001) avec Luc Besson. Yamakasi a une consonnance asiatique (le film est sous-titré les Samouraïs) mais c’est une expression en lingala. 

 

Plus que du cinéma, c’est du sport, le franchissement avec ou sans acrobatie des barrières, matériel urbain, y compris des sauts impressionnants comme du haut du Manpower en atterrissant sur l’immeuble d’en face. L’entraîneur de l’académie d’Evry est venu nous présenter son sport plus tard dans l’après-midi. Le Patrimoine vivant de la ville m’a bluffée!

Piquenique dans le très grand et frais parc du Coquibus où nous avons vraiment apprécié l’ombre de vieux arbres.

Puis découverte d’autres quartiers dont certains ont été labellisés pour l’architecture particulièrement remarquable.

Cité des épinettes

Brique et béton, mais si on regarde de près on apprécie le décor du porche

Bas relief avec des amours

Moins apprécié les barres de fer qui sécurisent les balcons jusque dans les étages élevés!

Un autre ensemble est dû à Sarfati : les glycines qui sont un peu « villas de bord de mer » , un peu kitsch, et beaucoup dépaysantes dans cet univers de béton.

Les glycines Sarfati

Nous traversons l’ensemble de briques des terrasses, très vert, très calme.

 

Les Terrasses

 

Pour revenir sur nos pas à travers le Parc vers la Cathédrale de Botta dont j’ai beaucoup aimé la couronne de tilleuls qui ont l’air de s’y plaire. Le travail de la brique est intéressant avec des motifs variés. l’intérieur est impressionnant.

Misy-sur-Yonne par une journée ensoleillée

BALADES EN ILE DE FRANCE

L’Yonne à Misy-sur-Yonne

Pour mon anniversaire, Dominique a cherché un restaurant un peu spécial avec une terrasse au bord de l’eau et, a trouvé : l‘Auberge des Cygnes à Misy-sur-Yonne que je vous recommande vivement!

Le chèvrefeuille sur le chemin de halage

Un peu loin, 80 km par Brie-Comte-Robertet l’autoroute A5, sortie 18 Marolles. Par une matinée de semaine ensoleillée le voyage a été un plaisir. La sortie 18 est juste après Montereau qui se voit de loin avec ses tours . Après le péage on trouve le joli village de Barbey fleuri avec une curieuse tour évidée en face de l’église. Il y a aussi un château (propriété privée, on ne visite pas) dont une plaque à l’entrée raconte l’histoire, construit sous Louis XIII, il passa entre les mains de différents propriétaires avec un épisode révolutionnaire et d’autres sous Napoléon….Juste ensuite la route conduit à Misy-sur-Yonne. on peut garer la voiture près de la rivière juste avant une esplanade gazonnée (terrain de sport?) Là on trouve le chemin de halage que j’ai emprunté vers l’Ouest en me repérant sur la carte de Visorando (les Sablières de l’Yonne). 

la terrasse de l’auberge des Cygnes

Une belle carte indique la Randonnée des Deux Fleuves : circuit  en boucle par Montereau et Marolles . Je trouve plus loin le barrage de Barbey avec bien sûr une écluse pour la navigation. Le chemin de halage est très bien entretenu et goudronné jusqu’au barrage, plus loin il est pavé et finalement c’est un chemin blanc. Comme nous avions réservé au restaurant je ne suis pas allée plus loin. Dominique, pendant ce temps, a entendu le coucou et nombreux oiseaux, vu un martin-pêcheur et bien sûr les cygnes qui ont donné leur nom à l’auberge. 

Assiette de mezzés

Déjeuner libanais, mézés ou grillades accompagnés de vin libanais. Excellentes pâtisserie avec café libanais à la cardamome. une très bonne adresse.

Rosa Bonheur au château de By

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Rosa bonheur dans son atelier

Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822, aurait eu 200 ans! A l’occasion du bicentenaire, une exposition lui est consacrée à Bordeaux (lieu de sa naissance), puis en septembre au Musée d’Orsay à Paris. Oubliée, inconnue du grand public, elle fut une peintre célèbre en son temps, la première à recevoir des mains de l’Impératrice Eugénie la Légion d’Honneur . Connue dans le monde entier,  des petites filles américaines ou allemandes jouaient avec  des poupées à son effigie.

Le monumental tableau du Marché aux chevaux  (exposé au Metropolitan NY) fut acheté 40.000 Francs-or par le marchand de tableaux Gambart qui lui organisa une tournée en Grande Bretagne et en Amérique et lui procura cette notoriété internationale. Le produit de la vente de cette seule toile lui permit d’acheter et rénover le Château de By à Thomery (77) avec l’aide de l’architecte de la chocolaterie Menier de Noisiel, Jules Saulnier qui lui adjoint un atelier. Je reconnais le style de briques décorative de Noisiel. 

Château de By côté cour et atelier

J’avais visité le château de By en 2013. Entretemps, le château a été acquis par une nouvelle propriétaire et la Mission de Stephane Bern contribue à l’entretien de cette Maison d’Artiste. La propriétaire a laissé tel quel le matériel de Rosa Bonheur dans son atelier où tout est d’origine. Une salle a été aménagée avec des vitrines contenant des documents (lettres, compte-rendu de la vente aux enchères qu’ont organisé les membres de sa famille, dessins d’anatomie, souvenir de sa rencontre avec Buffalo Bill…) .

Rosa Bonheur étude moutons

La Salle des Etudes est tapissée d’études préliminaires au crayon ou à l’encre.  Anna Klumpke, l’amie peintre américaine qui a partagé les dernières années de la vie de Rosa Bonheur qui en fit son unique héritière, a photographié toutes les œuvres qui se trouvaient à By. On a retrouvé les plaques photographiques qui font l’objet d’une étude récente.

Rosa Bonheur bergers sur des échasses

Les tirages sont exposés dans la salle des études ainsi que dans l‘Orangerie. On découvre que Rosa Bonheur, peintre animalière s’est aussi intéressée à d’autres sujets, elle s’est inspirée de Walter Scott et surtout a fait des études de paysages très détaillées. Elle n’aurait pas placé les animaux dans un simple décor ébauché. Au contraire, elle a tenu à faire une reconstitution fouillée du milieu de vie, forêt de Fontainebleau, mais aussi Côte Provençale, et même elle a tenu à étudier l' »herbe à bisons » après avoir vu les bisons de Buffalo Bill.  le conférencier a raconté une anecdote savoureuse de Anna Klumpke arrêtant le train américain pour herboriser! 

Rosa Bonheur arbre

La visite guidée (1h30) est passionnante (il faut réserver).

Alors que j’avais été rebutée à ma  première visite  par toutes les têtes d’animaux, chevaux, moutons, sangliers naturalisés comme des trophées de chasse au murs de l’Atelier, j’ai eu le plaisir d’apprendre que tous ces animaux étaient les amis de la peintre et non pas des trophées de chasse. Rosa Bonheur vivait entourée d’animaux. Certains avaient leur enclos dans le terrain, d’autres étaient en liberté, apprivoisés comme la lionne Fatma ou les marcassins qui ont été élevés comme des animaux domestiques. Notre guide a su faire revivre tout ce monde et montrer que Rosa Bonheur accordait aux animaux une âme et des émotions qu’elle voulait faire ressortir dans ses tableaux.

Châtreau de By côté jardin

Une visite passionnante et une promenade agréable dans le parc fleuri en ce moment.

 

 

la Maison Fournaise, Chatou, Exposition Renoir – l’Île des Impressionnistes

PEINDRE SUR LES BORDS DE SEINE

Le Déjeuner des Canotiers à la Maison Fournaise – Auguste Renoir

La maison Fournaise était un établissement recevant les Impressionnistes venus se réunir entre amis, peindre sur le motif, canoter sur la Seine. Renoir, Monet, Caillebotte ont fréquenté cette ginguette. 

Chatou : la maison fournaise

Comment faire revivre cette maison d’artistes si cotés que des originaux sont trop onéreux?

Autrefois j’avais vu une exposition Ziem moins célèbre que les peintres cités ci-dessus, peintre orientaliste avec de beaux tableaux de Venise, exposé en 2008. 

Ziem

Actuellement le Musée Fournaise présente Auguste Renoir de manière : virtuelle. J’ai décliné les casques de réalité virtuelle (j’ai horreur de me sentir harnachée) mais j’ai regardé avec plaisir un diaporama qui présentait les œuvres de Renoir confrontées à des tableaux célèbres du Louvre que Renoir connaissait sûrement. 

A l’étage, Alphonse Fournaise, le fondateur de l’Hôtel-Guinguette nous accueille assis dans le canot aux extrémités pointues et raconte l’histoire de son auberge. Auguste Renoir, ou plutôt son hologramme nous fait une leçon de peinture, parle des expositions, de son marchand Durand-Ruel, de ses amis, il nous fait aussi visiter son atelier. Les tableaux sont projetés sur des écrans, commentés avec intelligence. Il y a même des tablettes avec une sorte de jeu des sept erreurs à propos du Déjeuner des canotiers ; le jeu permet d’observer finement le tableau . 

Visite intelligente. Bien sûr, le contact avec la peinture réelle est indispensable mais les écrans et commentaires sont intéressants et je ne regrette pas du tout le voyage (une heure d’embouteillages pour arriver et autant pour rentrer.

Comme il était midi, nous avons déjeuné au bord de l’eau au restaurant Les Rives de la Courtille au bord de l’eau : cadre merveilleux, joli décor mais carte un peu chère pour rien d’exceptionnel. 

promenade en bord de Seine

Après déjeuner j’ai voulu faire le tour de l‘île des Impressionnistes qui edst formé de deux îles réunies par une digue autrefois pour le mécanisme de la Machine de Marly destinée à pomper l’eau de la Seine pour alimenter les Grandes Eaux de Versailles. Cette île très longue n’est heureusement que peu construite à l’exception d’un grand centre de Recherche de EDF. Le parc des Impressionnistes – un espace vert soigné et des installations sportives (tennis, équitation), occupe l’extrémité de la petite île tandis que la grande île comporte un golf et encore de nombreuses friches vers Carrières-sur-Seine. La promenade est étonnante.

Sur la rive de l’autre côté du Bras de Marly, j’admire d’abord de très belles maisons, villas et presque des manoirs à Chatou et Rueil, puis les berges de Seine deviennent plus industrielles avec des montagnes de graviers, gravats, puis des énormes réservoirs de carburants. Je passe sous le viaduc de Carrières puis deux ponts ferroviaires. Les tours de Nanterre dépassent et au loin, se profilent celles de la Défense. C’est étonnant de se trouver dans un endroit si sauvage à proximité des tours!

 

 

Au Château de Champs-sur-Marne – Exposition d’Or d’Orient atelier ULGADOR

BALADES EN ILE DE FRANCE

Dominant la Marne qui coule en bas d’un beau parc à  la française, ce petit château élevé entre 1703 et 1707 est entièrement meublé. Au XVIIIème siècle il fut occupé par le financier Paul Poisson de Bourvallais, puis par le duc de la Vallière qui le fit décorer par Christophe Huet et le loua de 1757 à 1759 à la marquise de Pompadour. Le banquier Louis Cahen d’Anvers l’acquiert en 1895, le fait restaurer et complète le décor du XVIIIème en adaptant la demeure au mode de vie de l’époque. Charles Cahen d’Anvers donna le château à l’Etat qui l’utilisa pour la réception de chefs d’état étrangers.

Le cabinet en camaïeu : peinte autour de 1748 d’un décor de chinoiseries

De nos jours, le château et le parc sont ouverts au public et c’est une très belle visite!

Salon rouge transformé en 1928

Plusieurs thématiques de cette visite libre avec un plan très détaillé :

focus sur la décoration XVIIIè, les chinoiseries des boiseries, les porcelaines, les stucs

le salon chinois représentant un Extrême-Orient imaginaire

attention apportée aux objets et meubles comme les bibelots ou les fauteuils tapissés sur le motif des Fables de La Fontaine

On peut aussi imaginer le mode de vie des nobles au XVIIIè ou des banquiers à la Belle Epoque et au début du XXè .

la table
Fables de La Fontaine

On découvre, bureaux, salle de musique, salle à manger des enfants, fumoir…mais aussi commodités pour la toilette.

J’ai adoré les chinoiseries dans le salon chinois mais aussi sur la grande tapisserie du bureau

Fumoir communiquant avec la salle de billard. Tapisserie représentant l’empereur chinois Kangxi

Mais on peut aussi s’intéresser tout spécialement à l’exposition d‘Or et d’Orient de l’atelier ULGADOR.

ULGADOR se consacre à la création de panneaux décoratifs ornés de feuilles de métal (or, cuivre, laiton, argent aluminium…) déposé sur différentes surfaces. Ces panneaux sont utilisés par des firmes de luxe, des hôtels, des institutions.

paravent ulgador

Les panneaux, principalement des paravents sont distribués dans toutes les pièces du château y trouvant une place harmonieuse.

Le nom Ulgador évoque un certain exotisme et la richesse de l’or ce avec les lettres du nom de Gabor Ulvecki fondateur de l’atelier et inventeur de la technique après avoir appris la dorure sur bois chez un restaurateur. 

Bassin de la nymphe Scylla métamorphosée en monstre avec des têtes de chien à ses pieds

J’ai terminé la matinée par une promenade dans le parc.

Et comme il faisait beau en bord de Marne nous avons déjeuné dans une sorte de guinguette : Il Capuccino . Excellent emplacement, des tables en bord de Marne, plusieurs salles et des terrasses abritées et chauffées l’hiver. 

Il Cappuccino : Gournay/Marne

Spécialités italiennes, pizze et pâtes. j’ai commandé une parmiggiana (gratin d’aubergines) et Dominque une escalope à la florentine. C’était très abondant et délicieux.

 

Un dimanche à Versailles – Grandes Eaux Musicales et bosquets

TOURISTE PRES DE CHEZ MOI

bassin du char d’Apollon, au fond la perspective du Grand Canal

Le seul avantage de la crise du Covid est qu’on peut accéder aux sites très touristiques sans avoir à subir la cohue du tourisme de masse. Je me suis donc précipitée pour réserver un créneau horaire de visite et je suis arrivée tôt pour profiter du soleil du matin et de l’ouverture des bosquets avec les Grandes Eaux. 

Parterre de l’Orangerie

la visite des Jardins est payante (11€) et le Pass Education  ne donne droit à aucune réduction.

De la terrasse la vue sur le Parterre de l’Orangerie sous le soleil de 9h est splendide. En ce début septembre estival les agrumes et palmiers sont sortis offrant un paysage nouveau. 

parterres fleuris aux abords immédiats du château

Munie d’un plan (indispensable pour s’orienter) je pars à la recherche des bosquets bien cachés. Je descends jusqu’au bassin de Bacchus

Bassin de Bacchus

A proximité, je découvre la salle de bal qui est une sorte d’amphithéâtre arrondi dont la moitié des gradins seraient des végétaux taillés et l’autre une rocaille de meulière et de coquillages de grande taille où jaillissent des jets et où s’écoulent les cascades. 

bosquet de la Salle de Bal26

Les grandes eaux ne commencent ici qu’à 10h30 mais j’ai beaucoup apprécié les gradins de rocailles qu’on ne voit plus quand l’eau dégouline (j’y suis retournée l’après midi) la sonorisation musicale Campra, Lully et Rousseau

Le Bassin du Char d’Apollon est animé quand j’arrive Haendel, Blanchard, Philidor et Lully.

Bosquet d’Encelade

Non loin de là je trouve le Bassin de l’Encelade délicatement entouré d’une  tonnelle où fleurissent des rosiers très parfumés contrastant avec le sujet : le titan enseveli sous des tonnes de rochers. L’accompagnement musical est très réussi Charpentier et Campra. 

Inutile de chercher le Bosquet de l’étoile qui est juste une pelouse polygonale, on a même retiré le statues seuls subsistent les socles.

La matin, les statues du Bosquet des Bains d’Apollon se trouve dans l’ombre (pas de photo) j’avais bien aimé ces trois groupes représentant les Muses et Apollon quand j’étais venue en hiver. 

J’ai découvert le Bosquet du Théâtre d’Eau, conçu à l’origine par Le Nôtre il a été restauré récemment en un jardin contemporain avec les sculptures-fontaines d’Othoniel en perles de verre.

Bassin de Latone

Finalement les jeux d’eau du Bassin de Latone avec ses grenouilles dorées raconte l’histoire de la mère de Diane et d’Apollon protégeant ses enfants contre les injures des paysans de Lycie et demandant à Jupiter de les  transformer en grenouilles pour les venger. 

Je pourrais imaginer une autre promenade qui me conduirait de statue en statue : il y en a tant de très belles! Ou dénicher les bizarreries comme ces chérubins ou diablotins assis sur une tête de chèvre servant d’anse à une urne. Ou cet autre grimpé sur une sphynge.

CARMONTELLE ou Le Temps de la douceur de Vivre – LES CARNETS DE CHANTILLY

Mozart enfant

Mille mercis aux éditions Faton et à Babélio pour ce joli cadeau à l’occasion de la Masse Critique Graphique. Cette collection des Carnets de Chantilly est vraiment délicieuse, à ranger en bonne place à côté du Miroir des Dames de Clouet. Tous les deux sont les catalogues d’expositions au Château de Chantilly et mon grand regret est de les avoir loupées. Jolis carnets, format carré, cartonné, beau papier, présentation très soignée. 

C’est d’abord une rencontre avec Carmontelle (1717 -1806)que je ne connaissais pas. Aquarelliste, portraitiste, mais aussi auteur de pièces : les Proverbes, organisateur de fêtes, paysagiste créateur du Parc Monceau. Honnête homme, convive aimable, roturier apprécié des salons et des grandes familles du temps de Louis XV et Louis XVI qui a traversé sans trop d’encombres la Révolution et l’Empire. 

La société du Palais Royal, le Duc et la Duchesse d’Orléans

Au service des Orleans – « Des portraits mauvais mais ressemblants  » Grimm

C’est aussi la présentation de la bonne société du XVIIIème siècle. Lecteur (précepteur) du jeune Duc de Chartres, futur Philippe Egalité, fils du Gros Duc d’Orléans, Carmontelle est donc au service de la Maison d’Orléans qu’il portraiture abondamment. Ces portraits sont donc tout à fait à leur place à Chantilly ou le Duc d’Aumale les a réunis en 1886. 

Bathilde la soeur du Duc de Chartres

Carmontelle peint la douceur de vivre dans les salons, musique et comédie, jeu,  chasse aussi. La famille de Mozart faisant de la musique est le plus célèbre. Il fréquente aussi les Encyclopédistes grâce à son ami le baron Grimm : portrait de Rameau, Madame d’Epinay, et de Buffon.  Astronomie, expériences scientifique, cabinets scientifiques….La famille Calas fait penser à Voltaire. 

A côté des portraits à l’aquarelle Carmontelle a aussi fabriqué des transparents rouleaux de papiers peints de paysages (jusqu’à 42 m) qui se déroulaient dans une sorte de lanterne magique, cinéma avant l’heure.

Une belle leçon d’histoire

Les bords de Seine à Choisy-le-Roi

TOURISTE DANS LA LIMITE DES 10 KM

la Seine à Choisy-le-roi

En 1739 Louis XV acheta le château de Choisy qui prit le nom de Choisy-le-Roi! Il l’offrit à sa favorite : Madame de Pompadour.

Cette anecdote explique donc la toponymie : la route qui va de Créteil à Choisy (RN186) passe donc au Carrefour Pompadour. Sous cet aimable patronage on pourrait imaginer un endroit charmant. C’est tout le contraire : trois niveaux de circulation intense : la RN 6 passe dans un tunnel (mais pas les camions hors-gabarit), les autobus 393 et TVM montent sur l’autopont qui leur est dédié et qui enjambe le giratoire où aboutissent différentes passerelles de voies rapides et de l’autoroute A86 proche. Seul giratoire protégeant les cyclistes par des éléments de plastique rouge et blanc, la circulation des automobiles, camions et camionnettes est ralentie dans un étroit passage. Pour enjoliver le tout des magasins qui ressemblent plus à des hangars bordent le carrefour, Decathlon, Saint Maclou, et autres magasins de meubles, Fly….Une horreur!

Impossible d’éviter cet enfer si je veux rejoindre en voiture Le Parc Interdépartemental des Sports où démarre la promenade. On peut aussi venir en RER C à la Gare Créteil-Pompadour, ou prendre le 393 Métro ligne 8 Pointe du Lac, ou Le TVM de Saint Maur Créteil RER A. Autour d’un bassin en forme de canal évasé à ses extrémités avec des petits lacs annexes, un vaste espace vert comporte des terrains de sport (23 terrains de foot, une piste d’athlétisme, 20 courts de tennis, une base nautique, rugby, et même accrobranche). Des buttes isolent le parc des voies de chemin de fer et donnent du relief. De nombreux arbres variés agrémentent les promenades. Le tour du lac fait environ 4.5 km , fréquenté par les promeneurs, joggers et cyclistes qui se partagent la piste goudronnée tandis que des pêcheurs s’installent sur le bord de l’eau. On pratique l’aviron, le kayak et la voile, il y a même un curieux bateau-dragon certains samedis matin. Du temps où nous jouions au tennis, nous venions régulièrement nous entraîner. Maintenant je fais le tour plusieurs fois par semaine. 

La règle des 10 km m’incite à varier les promenades, sous la contrainte, l’imagination est stimulée et j’ai décidé d’expérimenter de nouveaux itinéraires.

A l’extrémité du canal, avant de passer le petit pont, une discrète allée bordée de cerisiers roses en fleur,  conduit au Centre d’animation écologique pour les enfants (fermé pour cause de covid) et longe le grillage dominant un bassin qui a l’air sauvage. Sortant du parc par une petite porte (attention aux horaires de fermeture) un souterrain passe sous la route et on arrive en bord de Seine. Si au contraire on tourne  à droite et si on monte un sentier en zigzag bordé de massifs fleuris on parvient par une rue très tranquille au Parc des Gondoles (jeux pour les enfants et animaux) et on rejoint le tour du parc interdépartemental en suivant le balisage jaune qui passe par une rue dans les pavillons.

Sur les Bords de Seine,  je commence mon exploration en me dirigeant vers l’aval et le Pont de Choisy . La promenade est balisée en rouge et blanc (GR). Elle est très bienn aménagée : chemin de planches près de l’eau et quai cimenté. A la fin des planches on remonte sur le quai, plus loin de l’eau mais très agréable parce que les maisons sont jolie, fleuries et que la circulation des voitures se fait à l’arrière des pavillons. Après le pont j’ai fait demi-tour et suis revenue sur mes pas. Le podomètre avait mesuré 13000 pas et environ 8 km, 2 heures d’une balade très agréable. 

les crues

Le lendemain j’ai décidé de remonter vers l’amont en direction de Villeneuve-Saint-Georges, sur la promenade agrémentée de bancs, de grands portiques en ciment – sites parfaits pour une halte ou un pique-nique au bord de l’eau. Un quartier tout neuf a été construit de petits immeubles de briques rose. Comme toutes les constructions actuelles, il est « sécurisé » par des grillages et digicodes qui rassurent peut-être les résidents mais que je trouve détestables. Si on reste au bord de l’eau on peut négliger ce détail. De grandes plaques de tôles perforées, évoquant des toises, rouillées montrent les niveaux de la crue centenale de 1910 et de celle de 1955 (crue cinquantennale. En face sur la rive opposée je découvre des usines modernes. Le retour par le parc départemental est possible en prenant la Rue Danville qui longe le parking d’un grand Liddl et arrive presque en face du petit portail du Parc.

le passeur de rives

Le chemin devient assez rapidement un sentier de terre sous d’agréables frondaisons déjà vertes, la pente est douce vers l’eau, il y a des sortes de petites plages. Un portique attire mon attention : c’est un bac Le Passeur de Rives qui fait traverser gratuitement les piétons les mercredi samedi et dimanche de mai à septembre . A essayer quand les restrictions covid seront terminées

la guinguette auvergnate

Sous le pont de chemin de fer on a installé tout un coin piquenique (privé, genre Sdf mais rangé). le sentier arrive dans un quartier de pavillons de Villeneuve-triage qui fait penser à un village avec son école de ciment, son terrain de sport, un peu plus loin l’église. Petits immeubles de meulière. Glycines. Un quai avec une petite marina, genre modeste, les yachts ne sont pas immatriculés

Jersey ni dans aucun paradis fiscal. Au bout, une école de surf Barefoot Style . Le chemin du contre-halage s’arrête là, il me faut marcher sur le trottoir de la Rue de Choisy qui longe la voie ferrée. Je passe devant la très belle Guinguette Auvergnate – une idée originale que de déguster un aligot devant la rivière à la place de la petite friture. De temps en temps des escaliers de ciment raides permettent de rejoindre un ruban de ciment le long de l’eau mais il faut remonter quelques centaines de mètres plus loin. Pour rentrer on peut prendre le train à la gare de Villeneuve-triage (RER D)

Une promenade que je me promets de refaire et de pousser jusqu’à la Gare de Villeneuve-Saint-Georges traverser la Seine et revenir par Villeneuve-le-Roi. A expérimenter! 

 

Berges de la Seine de Vitry-sur-Seine au Confluent avec la Marne

TOURISTE DANS LA LIMITE PERMISE DES 10 KM DE CRETEIL

Moins chics et moins fréquentées que les promenades en Bord de Marne, les quais de Seine sont aménagés à Vitry-sur-Seine pour les piétons et les cyclistes. Une bande de ciment, quelques bancs, des tags colorés – moins élaborés qu’en centre-ville. La Seine, majestueuse, donne une grande respiration à la balade sous un soleil vif mais un vent frais. 

Port à l’Anglais

Je passe sous la Centrale Thermique et l’usine de l »Air Liquide une guinguette (le Gossip) est fermée (covid) dommage! avant d’arriver au Port-à-l’Anglais, une sorte de plage est aménagée avec des bancs, des tables et des chaises-longues de bois, aménagement artisanal sympathique avec des pancartes de bois peint multicolores. Le pont du Port-à-l’Anglais me fait penser au Pont des Chaînes de Budapest. Un peu plus loin, il y a une écluse. Entre le pont et l’écluse des panneaux décrivent la faune et la flore ainsi que la navigation fluviale. 

Une plaque commémorative rappelle que des Algériens ont trouvé la mort, noyés après une manifestation pacifique dans la Seine le 17 octobre 1961.

usine élévatoire des eaux d’Ivry

Je remonte sur le quai Jules Guesde le tissu du bâti industriel est lâche, terrains vagues, constructions derrière des palissades, immeubles modernes (siège social Casino/Franprix), d’un hangar taggué s’échappe très fort de la musique de rap. J’avise le sentier plus bas au bord de l’eau où courent les joggers. La Seine est plus sauvage, il y a des véritables plages. Le sentier s’interrompt au niveau des usines en brique de l’Usine élévatoire d’Ivry – Service des Eaux. Je marche sur le quai (trottoir à partager avec les cyclistes) jusqu’au pont d’Ivry sur lequel passe la N19 et qui relie Ivry à Alfortville sur la pointe, au Confluent de la Seine et de la Marne s’élève Chinagora un ensemble de style chinois composé d’un hôtel et d’un restaurant. La galerie commerciale a fermé il y a quelques années. 

Sous le pont d’Ivry : le confluent et Chinagora

Je rentre par le même chemin. Le podomètre marque 13000pas et 8km (A/R)

C’est une balade que je referai volontiers.