De Bièvres au Potager du Roi, en montant sur le Plateau de Saclay avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Le plateau de Saclay : grandes cultures céréalières sous la surveillancedu CEA et du Centre d’Expérimentation de l’Armement

Le Voyage commence à la Gare de Bièvres (RER C). Quelques mètres plus loin coule la rivière, à l’ombre mais enserrée entre les propriétés, on passe un pont puis deux avant de grimper à flanc de coteau  bordée belles maisons. A un coin un magnifique pavillon de meulière dans un jardin : c’est la Poste.

La Bièvre à Bièvres

Un peu plus loin, les étals de la Foire de la Photographie : marchands et collectionneurs proposent sur leurs étals des appareils anciens ou simplement d’occasion, simple appareil-photo, caméras ou projecteurs, certains en bois vernis, d’autres vendent des photos anciennes, et des cartes postales. Nous n’avons pas le temps de nous attarder. Bièvres possède un Musée de la photographie, occasion d’y retourner ?

La 56ème Foire de la Photographie de Bièvres

Après avoir retraversé la rivière en empruntant le GR11, nous montons une côte raide sur une route jusqu’au Val d’Alban où nous faisons la  pause à l’ombre d’un petit bois(il fait déjà très chaud par cette journée radieuse de Juin). Jens nous fait la lecture d’un ouvrage A TRAVERS CHAMPS ET VILLES, REGARDS SUR LES NATURES CULTIVEES D’ÎLE DE France (INRA) et nous parle de la Fraise, culture qui faisait la réputation de la vallée de la Bièvre dès le 17ème siècle. Verrière la Buisson, non loin d’ici était une pépinière pour les plants de fraisiers qui étaient également cultivés dans les vallées de l’Yvette et de l’Orge. Alors, de nombreuses communes de la Région Parisiennes étaient réputées pour les cultures maraîchères et fruitières. Le RER C qui passe à Bièvres et Jouy-en-Josas faisait partie de la Grande Ceinture ferroviaire de Paris construite de 1877 à 1885 utilisée pour le transport des voyageurs, du fret et également à vocation militaire. Ce chemin de fer pouvait acheminer les fraises à Paris. Notons que l’extension du rail a entraîné ultérieurement une spécialisation au niveau national des cultures et une raréfaction variétale. Ces variétés d’Île de France tombent en désuétude maintenant.

D’Agriculture, il sera question pendant ce Voyage Métropolitain pendant la traversée du Plateau de Saclay recouvert d’un limon éolien très fertile et actuellement cultivé principalement en grandes cultures de céréales. Il n’en a pas toujours été ainsi : une couche d’argile sous le limon, imperméable, retenait l’eau stagnante et un marécage occupait jusqu’au 17ème siècle le plateau. C’est le drainage en rigoles aboutissant à l’aqueduc de Buc qui a fait disparaître le marécage et transformé le paysage en un paysage de cultures. Encore une fois, le Voyage Métropolitain a invité un spécialiste : Roland Vidal, professeur à l’Ecole du Paysage de Versailles qui nous fait une petite conférence illustrée d’une carte du relief, et d’une coupe géologique. On comprend que le Bassin Parisien a relief plat est creusé par les cours d’eau de profondeur variable.

Le drainage au temps de Louis XIV répondait à un double but : pour la Cour, il contribuait à l’alimentation des bassins et jeux d’eau glorifiant le prestige du Roi-Soleil, il était aussi utile pour le Peuple en créant des terres à blé très productives. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas besoin d’irriguer les champs de Saclay même le maïs. Le roi a confié la culture à de très grands fermes de plusieurs centaines d’hectares. Le drainage mettait en œuvre des « rigoles », tuyauterie en poterie souterraine dont on a perdu la cartographie du réseau. Il arrive, quand on construit une route qu’on abime un de ces conduit souterrain et les champs, privés de drainage se retrouvent inondés.

Les étangs de Saclay - Photo prise de la digue

Les eaux sont retenues dans deux étangs artificiels jumeaux séparés par une digue. L’un d’eux est une réserve ornithologique où nous avons admiré deux beaux hérons et de nombreuses bernaches. L’autre rassemble des eaux utilisées par les Centres d’Essai de l’Armement et le CEA ne sont peut-être pas de même qualité. Dans l’un d’eux, nous avons observé un curieux phénomène de poissons énormes tournant sur eux-mêmes en remuant la vase, leurs nageoires émergeant en un ballet infernal. Ce sont peut-être des carpes, certaines très grosses nageaient tranquillement près de la digue.

Pique-nique dans la paille

Un hangar rempli de bottes de paille nous a offert une confortable salle à manger odorante et fraîche pour notre pique-nique. Une animatrice de l’Association Terre&Cité est intervenue sur le thème de la préservation des terres agricoles sur le Plateau de Saclay menacé par l’urbanisation et la bétonisation des terres.  Alors que la construction de lotissements mite toute l’Île de France, le Plateau de Saclay conserve encore 15 exploitations agricoles menacées. La préservation de cet espace agricole est une sorte de « cadeau » du CEA installé sur le Plateau au temps de De Gaulle du Centre d’Expérimentation de l’Armement (terrain militaire). Ces deux organismes ont fait peur aux riverains, effrayés par le Nucléaire (CEA) et par les nuisances sonores de l’Expérimentation des Armes. Personne n’avait envie de les avoir pour voisins….Cependant, l’installation de Grandes Ecoles dont HEC tout proche à Jouy-en-Josas, Polytechnique à Palaiseau, et du campus universitaire Paris-Sud à Orsay valorise la région. La pression foncière est donc redoutable ! Dès les années 2000, les agriculteurs se sont posé la question de leur existence en tant qu’agriculteurs et se sont regroupés pour demander un audit Patrimonial. A la suite de la concertation avec les différents acteurs locaux il a été créé une Zone de Protection Naturelle Agricole et Forestière avec la sanctuarisation de 2400 ha agricoles. Depuis 2015, l’Association Terre et Cités est aussi partie prenante d’un projet européen dans le Programme LEADER(Liaison Entre les Actions de Développement de l’Economie Rurale). Comme sur le Plateau de Saclay, de nombreux chercheurs (INRA, Université Paris-Sud, Polytechnique) sont partie prenante de recherche appliquée, de nombreux partenariat ont pu se mettre en place.  De la part des agriculteurs, depuis les années 80 de nombreux efforts de diversification, de circuits courts, de vente directe, de passage à l’agriculture biologique, méthanisation…ont été entrepris. Le Plateau de Saclay se trouve comme une sorte de laboratoire d’une agriculture innovante, seule garante du maintien rural de ce territoire convoité. Des contacts ont été pris avec la Silicon Valley en Californie où la problématique est analogue.

Cette intervention est complémentaire de celle de ce matin. Mais le problème demeure entier tant que le rêve des habitants est de posséder un pavillon avec un jardin ! L’urbanisation sort même du cadre de l’Île de France.

Pause dans la Cueillette de la Ferme de Viltain où la diversification s’est étendue à l’élevage, à l’arboriculture(pour la cueillette) et l’horticulture (idem). Ce week-end de l’Ascension, se tient une sorte de marché fermier où des producteurs des régions de France vienne proposer vin, charcuterie, miel….à des acheteurs très nombreux.

Les arcades de l’aqueduc de Buc

Nous descendons dans la vallée de la Bièvre par un sentier ombragé. La descente nous paraît interminable. Renseignement pris, il y a 100 m de dénivelée entre le plateau culminant à 168 m et la vallée autour de 60 m. Et il faudra remonter pour rejoindre Versailles ! Le sentier suit le tracé du GR dans une belle forêt entre Jouy-en-Josas et Buc où nous passons sous les arcades de l’aqueduc de Buc (encore fonctionnel). Encore une petite montée dans la forêt et nous arrivons à la ligne de Chemin de fer et Versailles Chantiers.

Versailles : une place tranquille

Comme il y a quinze jours, on nous fait le meilleur accueil au Potager du Roi. Le debriefing se fait assis sur des bottes de paille. Décidément la paille est le dénominateur commun de la journée ! Nous concluons la rencontre sur une citation de Maspéro dans les Passagers du Roissy Express que je me promets de lire dès notre retour.

Potager du Roi

 

 

de Louveciennes au Potager du Roi avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Les Chevaux de Marly

Suivre le Voyage Métropolitain est très enrichissant. La compagnie de nombreux architectes, paysagistes, urbanistes apporte le regard très aigu des spécialistes, qui manque à la touriste lambda que je suis. Depuis que je suis leurs « voyages dans le Territoire du Grand Paris » je prête attention à de nombreux éléments du Paysage que je ne soupçonnais même pas autrefois. Le regard s’aiguise. Lire un paysage s’apprend aussi!

 

Le  travail en amont des organisateurs est essentiel : ils apportent textes et références bibliographiques et pour ce voyage, un livret-résumé très bien fait.

machine de Marly 1827

Des intervenants passionnants ont animé la visite. Merci à monsieur Bentz, l’archéologue de la machine de Marly,  à l' »homme des bois » animateur de l’ONF qui nous a accompagné dans son domaine ainsi qu’au Directeur de l’Ecole Nationale supérieure du paysage qui nous a ouvert le Potager du Roi!

Ce n’est pas le premier voyage dans ce territoire et pourtant les découvertes étaient au rendrez-vous!

Le thème du voyage : Frôler les Machines nous a conduit naturellement à la Machine de Marly, pompe géante destinée à élever l’eau de la Seine jusqu’aux réservoirs alimentant le Parc du Château de Versailles. Il est très impressionnant de considérer l’emprise du Château de Versailles sur le paysage de l’Ouest parisien sur un territoire beaucoup plus vaste que le Parc ou même le Grand Parc. En plus du caractère gigantesque du bâtis, de la statuaire, des jardins… il faut considérer l’ampleur de l’approvisionnement en eau de Versailles. La collecte s’étendait jusqu’à Saclay et même Trappes avec un système de drainage des  eaux de ruissellement avec rigoles, étangs et réservoirs .  Des aqueducs enterrés conduisaient l’eau ainsi que les aqueducs de Buc ou les Arches de Louveciennes. Le Paysage de la Région conservent encore de nombreuses traces de cette collecte destinée à alimenter les Grandes Eaux de Louis XIV . La Machine de Marly complétait le dispositif. Elle était actionnée par la force mécanique de Roues géantes dans le lit de la Seine à Bougival, puis par un système de pistons et de gros tubes de fonte dont certains sont encore visible. Notre conférencier, archéologue, envisage d’ici peu des plongées dans la Seine pour retrouver des vestiges éventuels immergés. Nous avons été captivés par ses explications.

En remontant, nous avons essayé de deviner le Château du Barry qui faut à l’origine construit par De Cotte pour De Ville, l’administrateur de la machine de Marly, puis offert par Louis XV à madame du Barry qui fit appel à Gabriel pour l’agrandir. Un pavillon de Musique est l’oeuvre de Ledoux.

Nombreuses propriétés sont cachée derrière les grands murs de pierre de Louveciennes, les randonneurs sont cantonnés à de méchants trottoirs étroits sur des rues en pente sans pouvoir les admirer.

Nous arrivons aux grilles du Parc de Marly et passons devant un Musée-Promenade très prometteur mais fermé actuellement pour restauration ( ré-ouverture prévue à l’automne 2019).

Au creux d’un vallon, se trouve le château disparu, à la croisée d’une perspective de deux axes. Vers le nord , on descendait aux bassins et aux grilles.  Là,  se trouvent les fameux Chevaux de Marly : originaux au Louvre dont on a fait 3 séries de copies (Concorde, Marly et pour M. Bouygues le mécène). Vers le sud,  la Cascade et dans le bassin rond jaillissait le Grand jet haut de 40 m alimenté par la Machine de Marly. Louis XIV recevait ses intimes à Marly. Le grand Château de Versailles hébergeait une foule de courtisans qui interdisait toute intimité. Au contraire, Marly était réservé aux privilégiés. Le petit château au plan carré a été pillé à la Révolution, il était délaissé du temps de Louis XV et déjà dégradé. Après avoir tenté de le vendre à Napoléon le propriétaire a vendu les pierres.

Les archéologues ont fouillé le site du château disparu et retracé son plan. Monsieur Bentz nous fait entrer tous (80 voyageurs) dans la salle centrale. Nous tenons à l’aise. Cette expérience nous fait imaginer le volume. Il nous décrit les autres pièces, les pavillons disparus qui s’alignaient sur l’axe. Quelques gravures d’époques suffisent à nous fait surgir les fastes du Roi-Soleil.

Du parc de Marly, nous gagnons un site interdit au public :  Le Trou d’Enfer où nous pouvons exceptionnellement accéder. Chasses Royales, puis Chasses impériales, depuis MacMahon, chasses Présidentielles (jusqu’en 1995) le site est clos. Un si vaste espace quasi désert est exceptionnel si près de Paris. En compagnie du Guide, Animateur de l’ONF, nous découvrons une forêt de magnifiques chênes. Des haies rapprochées, écartées de quelques mètres seulement, taillées à environ un mètre de haut, nous intriguent. Elles sont encore entretenues, témoins patrimoniaux d’une technique de chasse que je n’ai pas bien comprise. Bien que leur entretien soit une charge pour l’ONF on les taille encore pour conserver ce souvenir et aussi pour favoriser la biodiversité.

Trou d’Enfer : le Pont Tournant

Au milieu d’un fossé actuellement inondé mais autrefois gazonné, se trouve le pont tournant. Il a perdu son tablier, il ne reste qu’un pilier unique. Quand le Roi chassait, on faisait pivoter les planches pour son attelage. Après son passage les planches étaient parallèles au fossé; importuns et animaux ne pouvaient plus passer.

 

 

 

Une Ecole à la Campagne permet d’organiser des classes vertes et autres visites pour les enfants autour des thèmes de l’agriculture, de la biodiversité. Les animateurs de cette Ecole à la campagne encadrent diverses visites pour les adultes, ornithologie, ou naturalistes.

Une très belle ferme cultive en agriculture biologique de grandes cultures.

En passant, nous voyons des distributeurs à grains pour les faisans qu’on n’utilise plus depuis que les chasses présidentielles ont été abandonnées.

Tour de Chappe

La tour de Chappe a été restaurée, les panneaux de bois sont fonctionnels. C’est l’occasion d’une révision avec l’alphabet correspondant dans le livret. Cette invention en 1793 a été utilisée jusqu’en 1850, détrônée par les signaux électriques. Justement je viens de terminer Une ténébreuse Affaire de Balzac qui y fait allusion. Impressionnant, ce réseau de tours presque tous les 10/12 km sur les axes principaux de communication, ici de Paris à Brest. on pouvait aussi installer le dispositif sur un clocher d’église ou sur la tour d’un château.

Non loin de là, le Fort du Trou d’Enfer est beaucoup plus récent (1878), il fait partie de la deuxième  ligne de défense de Paris.  De nombreuses chmabrées (800 hommes) des réserves de munitions. En bon état, il est à vendre; Qui voudrait d’un fort?

Pique-nique au triangle de Roquencourt : une curiosité que cet échangeur (le premier) conçu dans les années 30, avec un monument (jamais construit) des arches de meulière, un escalier,  une plateforme accessible aux piétons curieux de visiter une autoroute, comme 30 ans plus tard on irait voir décoller les avions à Orly. Étonnant, de faire raconter une histoire à une installation aussi banale aujourd’hui, de s’interroger sur un futur où peut être l’existence des autoroutes n’ira plus de soi. Questionnement passionnant!

Je passe sur la visite de Parly 2, son centre commercial et sa copropriété aux noms évocateurs, d’Auteuil, Jasmin, Rivoli ou Orsay, oeuvre de Robert de Balkany.

La pluie tombe dru, nous sous abritons un instant au Temple Mormon du Chesnay, le plus grand de la Région Parisienne, monumental et luxueux avec un jardin des annexes. Il est déjà tard et nous ne pouvons pas nous attarder pour voir la maquette comme on nous le propose très gentiment.

Nous traversons le Parc de Versailles en entrant du côté de Trianon. A la pause Jens nous fait la lecture d’un ouvrage étonnant de Grégory Quenet : Versailles une histoire naturelle (ed. La Découverte) où l’on prend conscience de l’importance du gibier dans le Parc de Versailles et de l’étendue du massacre d’animaux (200.000 têtes pour Louis XIV uniquement) . Le grand Parc de Versailles qui n’existe plus maintenant était voué aux chasses et à la régénération du gibier. Les paysans cultivaient pour ces animaux sauvages qui se repaissaient des récoltes de blé alors qu’à paris le pain venait à manquer.

Une surprise nous attendait aux abords du Château : une sonnerie de cors de chasse et juste après le jaillissement des Grandes Eaux, en musique s’il vous plait! Après la visite de la machine de Marly cet intermède prend une valeur exceptionnelle.

Nous arrivons enfin au Potager du Roi, le directeur en personne nous accueille, présentant la Biennale du Paysage avec une exposition d’Alexandre Chemetoff : Le Goût du paysage, et différentes animations et ateliers tout au cours du mois à venir. J’ai déjà vu tant de choses pendant cette journée, nous avons tant marché que ma curiosité est émoussée. Je pense plus à m’asseoir sur les bottes de pailles et déguster le délicieux jus de pommes locales plutôt qu’à une exposition.

Après la pause nous flânons dans ce délicieux jardin abrité de grands murs, où des arbres vénérables taillés en espalier ou de façon savante font un premier plan à l’église toute proche et aux quartiers historiques de Versailles.

Une journée très bien remplie, et conviviale, comme d’habitude!

 

 

Retour à Vaux le Vicomte

PROMENADES EN ÎLE-DE-FRANCE

 

Par une belle matinée de mai!

Le temps est splendide, pourquoi ne pas retourner à Vaux-le-Vicomte nous

entraîner à faire des photos avec le nouvel appareil photo?

entouré d'eau

J’ai surtout regardé les meubles

 

 

 

pièce dédiée à LaFontaine
Table d’apparat

Au 17ème siècle, on apportait le repas sur des brancards dans la pièce où se tenaient les convives. A Vaux le Vicomte, une pièce faisait office de salle à manger d’apparat.

Très belle promenade ensoleillée, mais les broderies des buis ont disparu et des pelouses vertes remplacent les motifs. On a beau installer des panneaux d’aluminium pour faire un ruban de lumière, je préfère mes photos de 2013 même par soleil voilé.

voyez vous l’écureuil de Fouquet ?

 

 

Balade en Pays de Gondoire et de Marne, autour de Bussy-Saint Georges en passant par le Parc de Rentilly

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

les pommiers du Mail du Promeneur

J’ai découvert les ruisseaux de  la Gondoire et de la Brosse cet automne dans une promenade au départ du château de Rentilly  Je m’étais promis d’y retourner pour une randonnée que j’ai trouvée dans  l’excellent site de Visorando.  Bravo à l’auteur du topo-guide que j’ai suivi pas à pas en toute confiance!

C’est une grande boucle de 20 km au départ du parking en face de la grille du Château de Rentilly si on est motorisé, ou de la Gare du RER A de Bussy-Saint-Georges si on préfère les transports en commun. Randonnée très variée : urbaine (ou péri-urbaine, nouvelle expression à la mode), campagne, villages ou parc. Cette variété de paysage en est d’ailleurs le charme essentiel.

L’église de Bussy

De la Gare, on sort de la tranchée du RER dans une ville nouvelle, faisant partie depuis 1985 de Marne-la-Vallée, constructions de petits immeubles autour d’une place carrée, puis de quartiers quadrillés s’allongeant le long de la ligne du métro. Des pièces d’eau longs bassins rectangulaires aèrent le bâti qui me semblait dense sur le plan. Je marche sur une longue promenade plantée, découvre au détour d’un étang la silhouette d’une église contemporaine puis arrive à l’Esplanade des religions : alignés en face d’un parc avec des équipements sportifs la synagogue (qui ressemble à un algéco – aucun intérêt architectural.

grande salle et énorme boudha blanc en jade de Birmanie

Au temple bouddhique Ch’an Fa Hua de Fo Guang, j’ai été très bien accueillie. Deux dames m’ont promenée dans les vastes salles du complexes et j’ai été surprise par le dépouillement et la modernité du décor, aucune « chinoiserie » de pacotille rappelant l’Asie, un calme appelant la sérénité.

Avec mon groupe de randonneuses nous y sommes passées dimanche 5 mai (javais pris rendez vous) La fête de la naissance du Bouddha a réuni une assistance nombreuse colorée qui se présentait avec des offrandes et de très beaux costumes, nous avons vu se préparer un défilé dans la ville avec dragons et costumes. C’était une expérience très joyeuse.

Le temple accueille aussi des artistes dans une galerie. Une aquarelliste chinoise présente des tableaux et des calligraphies « impressionnistes »

Un autre temple, laosien, se trouve de l’autre côté du parking. Excellent accueil également à la Mosquée Tawba, ou plutôt au salon de thé qui est accolé: la Mosquée étant en travaux, on ne peut pas la visiter.

Mosquée Tawba

Cet esplanade des religions a su gagner la sympathie de la laïcarde que je suis. Ainsi vit-on en France en 2019, multiculturelle, et moderne. Bussy n’est pas tout à fait une ville-dortoir, elle a une âme, semble-t-il. J’y ai vu des restaurants divers et variés, j’aurais aimé croiser des théâtres et des cinémas, mais peut-être existent-ils ailleurs que sur mon itinéraire.

Après la Mosquée, j’emprunte le Mail du Promeneur : vaste promenade plantée d’arbres en fleurs. A mon premier passage,  les cerisiers blancs étaient splendides,  au second les pommiers ont pris le relais tandis que les pétales blancs volettent au vent. Selon mon plan, je suis bien encore dans la ville mais les quartiers sont composés de pavillons bien cachés dans les jardins fleuris. J’arrive à une sorte de parc avec une pièce d’eau : la Petite Jonchère dont le toponyme ne vient pas des joncs mais du nom d’une très grosse ferme qui abrite maintenant Cuir Center.

la Gondoire

Enfin, je rejoins le ruisseau : la Gondoire qui a creusé son lit en boucles serrées et que je vais suivre à travers Conches-sur-Gondoire, composé de maisons individuelles et que je traverse pour me rendre à Guermantes dont le nom proustien me fait rêver. Guermantes s’est bien urbanisée mais a gardé un centre du village charmant avec une petite église, des maisons anciennes et des vieux murs.

la petite église de Guermantes

Quittant la Gondoire à Gouvernes, j’aperçois le grand château de Guermantes au bout d’une allée entre une double rangée de grands peuplier et je trouve la Brosse dans un petit bois pour arriver à l’étang de la Loye. 

Le château de Rentilly est un centre culturel spécialisé dans l’Art contemporain, il a disparu sous un revêtement métallisé qui reflète les bassins et le parc. Des arbres spectaculaires : Séquoia, platanes atteignent des proportions gigantesques.

Parc de Rentilly : platane

Pour retourner à Bussy-Saint-Georges, le sentier passe par un paysage de champs ouverts, blé, colza…Après l’étang de la Brosse je traverse un parc équipé de curieux équipements permettant de pratiquer un sport que je ne connaissais pas le disc golf . On lance un disque plat dans des but enchaînés, hybride du golf et du frisbee.

Enfin je longe le RER et retrouve la ville.

Cross à Giverny

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE DES IMPRESSIONNISMES DE GIVERNY  jusqu’au 4 novembre 2018

Au  Musée de Giverny , j’ai fait bien des découvertes. Peintres majeurs ou de notoriété moindre mais toujours intéressants et de très bonne facture.

Henri-Edmond Cross (1856-1910)

Néo-Impressionnisme? Pointillisme? Divisionnisme? Inspiré par Signac ou Seurat, Cross découvre la lumière du midi au Lavandou et peint avec des couleurs vives, gaies par petites touches contrastées. Ses tableaux sont très construits. Après de nombreuses études, il peint des oeuvres très construites en atelier (on devine parfois les carreaux)

Ses aquarelles sont aussi très intéressantes, surtout quand il utilise un procédé original en couvrant le fond de tortillons en zigzag d’une teint soutenue laissant des vides pour que le blanc du fond éclaire l’eau ou le ciel. Pas de couleurs diluées, des points et des spirales qui donnent de l’intensité à l’aquarelle.

J’ai aussi beaucoup aimé ces chèvres.

Bien que Cross soit peu connu du grand public, mais reconnu par ses pairs, il se trouve à la charnière de l’art moderne, des fauves, de Matisse…

Balade vers Marne-la-Vallée du château de Rentilly aux vallées de la Gondoire et de la Brosse

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Grilles du Château de Rentilly

8 km – facile – 2 heures sans se presser

Le car a quitté la Francilienne (A104) à Collégien et s’est garé sur le parking devant les grilles du Château de Rentilly. Nous avons fait un tour pour profiter des arbres magnifiques, des bassins et d’un curieux bâtiment contemporain qui reflète dans ses miroirs le vert du parc et des pelouses en les déformant. Le Château de Rentilly date du 17ème siècle mais il fut reconstruit au début du 19ème siècle, il appartint à une famille de négociants hollandais avant de passer à la Famille Menier de la chocolaterie Noisiel qui continua à l’aménager. Il est maintenant la propriété de la  Communauté de communes de Marne et Gondoire et un centre d’art contemporain l’occupe : le Frac qui organise des expositions.

Sortant du parc nous empruntons une longue avenue bordée de marronniers qui passe entre des lotissements de maisons plutôt grandes et classieuses à Saint Thibaud-les Vignes.

On arrive dans la campagne, champs de maïs déjà récoltés. Des piquets marrons très discrets balisent des itinéraires piétons, cyclistes et cavaliers dans la vallée de la Gondoire

Après avoir traversé la D35 qui va au Château de Guermantes un nouvel itinéraire suit un autre ruisseau : la Bosse avec deux parcours possibles : un chemin dur dans les champs avec des noyers de temps en temps et des bancs ou un sentier qui suit le cours d’eau que nous avons pris au retour pour passer le long de l’étang de Loye

je n’ai pas l’habitude de raconter chacune de mes promenades, mais celle-ci je compte bien la refaire et je ne veux pas l’oublier! 21

Un « Voyage » à Sevran au Vert Galant avec le Voyage Métropolitain

AVEC LE VOYAGE MÉTROPOLITAIN

Ici sera la plage!

Rendez-vous à la Gare du Nord sur le quai du RER B. Devant la Gare de Sevran-Beaudotte, sur 70 marcheurs, rares sont ceux qui « connaissent le territoire » . Sevran n’est pas une destination touristique pour les Parisiens. Sevran a fait les gros titres des Faits Divers, avec images de « violences en banlieue« . Par cette matinée ensoleillée, nous sommes tous curieux de ce que ce « voyage » va nous apporter.

Première étape : une rencontre avec le responsable d’une association de quartier. Sympathique, disert, il va nous raconter les vicissitudes et les rénovations du quartier Montceleux Pont-Blanc où nous nous trouvons. Deux grande tours de 17 étages, des « barres » au contour arrondi (je connais cette configuration, nous avons les mêmes à Créteil) . Il y avait une troisième tour, elle a été grignotée et rien ne laisse soupçonner son existence; les locataires ont été relogés ,on loin d’ici. Des grillages de chantier, on doit faire passer ici une route qui devrait « désenclaver » le quartier; Cette route relierait Villepinte toute proche. Les riverains ne sont pas enthousiastes de voir leur espace investi par des voitures. Le chantier est à l’arrêt.

Promenade entre les immeubles, une butte végétalisée cache des parkings souterrains (comme chez moi) sauf que ces parkings sont en déshérence, personne ne vient y garer sa voiture, incivilités, inondations, dégradations…ils sont inutilisables.

L’association de quartier a fait édifier un centre sportif, des milliers d’€ investis, mais aussi à l’arrêt pour des histoires de raccordement au réseau de l’eau non conforme. Notre guide enrage, il a tant investi d’énergie( et de fonds) pour arriver à ce résultat. La bonne volonté se heurtent à l’institution « ils » bloquent tout. Qui « ils« ? la municipalité? le département? la région?

L’animateur nous conduit dans une résidence toute neuve avec de jolis petits immeubles revêtement bois, balcons alu, très contemporains dans un environnement naturel, de roseaux et plantes qui aiment l’eau autour d’un fossé à sec maintenant mais permettant de drainer, l’humidité. Tout est propre, entouré d’une grille, on entre avec un passe. Ces résidences fermées deviennent la règle des constructions neuves, cela me fait un peu flipper.  Quelle différence avec le logement dans la tour! En apparence, les appartements sont moins grands, et il y a des malfaçons, des infiltrations. C’est tout neuf, tout beau mais on a économisé sur la qualité de la construction.

Vagues de surf en 2024?

Une avenue piétonnière et cyclable bordée de buissons aux beaux feuillages d’automne conduit à un champ. Il faut imaginer ici la grande vague de Surf et les plages. Une base nautique est en projet. Le Surf sera-t-il discipline olympique, disputera-t-on les compétitions en 2024? A vue de pif, cela semble aberrant, au retour j’ai cherché sur Internet, peut être pas tant que cela?  A Sevran coule une rivière enterrée, et le terrain fut marécageux. D’après leur représentant qui conduit la promenade, les riverains préféreraient un projet plus proche de leurs préoccupations, une université serait idéale. Un peu plus loin, sous des serres, des cultures maraîchères seraient peut être plus appropriées?

Entre terrains de sports et pavillons nous arrivons au Parc de la Poudrerie. Excellente surprise! nous n’imaginions pas un espace vert si grand avec de si beaux arbres. Le Voyage Métropolitain, sous le soleil devient promenade merveilleuse.

promenade le long du canal de l’OUrq

Nous arrivons sur le Canal de l’Ourq que nous longeons pour arriver sur la friche Kodak. Dans les temps pas si lointains de la photographie argentique, j’ai envoyé des centaines de rouleaux de pellicules se faire développer en diapositive.  Le nom Sevran évoque pour moi Kodak! Et pas seulement les diapositives, on y développait aussi les microfilms qui étaient le moyen de stockage des données avant l’avènement du numérique.

Sevran – Kodak

Grand site industriel de 1925 à 1995. Les traitements chimiques ont pollué les sols et la nappe phréatique. Presque 20 ans ont été nécessaires pour décontaminer les sols (en enlevant la couche superficielle). Que faire d’une telle friche? Construire sur des sols polluer ou les cultiver n’ont pas semblé envisageable. On a donc décidé de laisser la nature reconquérir l’espace vide, Natura 2050. Ici aussi les organisateurs du Voyage Métropolitain on pris des contacts et nous sommes accueillis par deux animateurs qui nous promènent et racontent. Des peupliers subsistent du temps de Kodak, ils ont « essaimé », les bouleaux, essence pionnière, se développent; Les pyracanthas orange et rouges sont couverts de baies. Sur le sol sableux qui reste après dépollution des graminées forment un couvert épars. On intervient peu,  pour voir comment le couvert végétal va se reconstituer. Seule action : le fauchage des ronces qui ne peuvent pas tout envahir. Histoire à suivre….en 2050?

Friche Kodak

Retour au parc de la Poudrerie pour le pique-nique. Napoléon III décida la construction de la poudrerie qui fut en fonction de 1873 à 1973. Éloignée des habitations, dans un vaste terrain forestier, cette manufacture dangereuse a laissé un parc magnifique. Les merlons, des buttes artificielles complétaient les mesures de protections contre les explosions. Pendant la Seconde guerre mondiale, les Allemands l’ont occupée. Un musée raconte cette histoire mais nous ne l’avons pas visité.

La suite de la randonnée nous a conduits à Vaujours (ville du gypse et de l’usine Placoplâtre, pas vue). Nous avons grimpé au dessus du cimetière pour découvrir la vue très dégagée sur  les pistes et installations de Roissy et leur empreinte dans la paysage. Au sommet de la colline : nous avons fait une très jolie boucle dans les bois de Bernouille en suivant l’aqueduc enterré de la Dhuys. Au loin, les collines masquent la Marne. Fkinalement nous avons retraversé Vaujours pour reprendre le RER B au Vert Galant

Nous étions donc partis sur les pistes de la réhabilitation urbaine15 d’une banlieue à mauvaise réputation, avons découvert les projets du Grand Paris (RER) et base nautique, et avons eu l’occasion d’une balade très verte. J’y reviendrai pour une randonnée nature!