Le Chemin des Roses de Servon à Yèbles

BALLADES EN ÎLE DE FRANCE

le buissons d’églantines qui bordent le chemin

Le Chemin des Roses est un parcours piétonnier ou cyclable sur l’emplacement de la voie ferrée du Train des Roses qui reliait Verneuil-l’Etang à la Gare de la Bastille. Elle fut ouverte  en 1853 et achevée en 1892. Ce « train horticole » transporta jusqu’à 85 tonnes de roses pour le seul mois de juillet 1900. La guerre de 14-18 mit fin à ce transport, les pratiques horticoles ayant changé. Le trafic voyageurs fut fermé en 1953, et le fret dans les années 80.

Les gares de Mandres-les Roses ( sur la Tégéval), de Brie-Comte Robert bordent encore la voie, celle de Grisy- Suisnes loge un petit Musée de la Rose  avec une jolie roseraie et celle de Coubert, un musée ferroviaire( je ne les ai jamais vus ouverts en semaine,seulement le dimanche). Le parcours est jalonné de panneaux explicatifs et de plans. Après Soignolles et Solers on passe l’Yerres qui est une rivière assez large. Sur le pont une plaque de marbre commémore un accident ferroviaire qui endeuilla le transport de troupes en 1918. Il faut faire un détour pour passer de l’autre côté du TGV, la campagne devient plus agricole et la promenade se termine au village de Yèbles, joli village briard. 

le chemin des roses ombragé

C’est donc un parcours bien plat, facile, sur une piste confortable en cailloutis blanc entre les haies ou les arbres d’essences variées. Les plus plaisants sont les acacias et les sureaux fleuris au mois de mai. En juin on pourra goûter aux cerises acides. Et par temps de canicule, il y a des parcours ombragés. La voie ferrée était bien isolée de la RN 19 qu’on ne coupe qu’une seule fois.

la cueillette des fraises

Un petit détour, quelques centaines de mètres après avoir traversé la route, on aboutit à un rond-point décoré d’une botte d’asperges. Un chalet vend des asperges en saison. De l’autre côté de la RN 19 se trouve la Cueillette de la Grange de CoubertOn peut y cueillir des fraises ou d’autres fruits selon la saison, des salades, des choux, des épinards, radis, pommes de terre courgettes, aubergines ou tomates plus tard dans la saison.

les pivoines sont de toute beauté

Il y a aussi des fleurs. Les pivoines étaient de toute beauté. Il faut apporter son matériel (sécateurs et couteaux) et,ses emballages (covid oblige). Des brouettes sont à disposition. Les fraises hors-sol sont faciles à cueillir mais pas extraordinaires au goût. Les prix sont comparables à ceux ce la grande distribution, la fraîcheur incomparable en plus et le plaisir de cueillir soi-même surtout pour les familles avec des enfants. Les asperges sont vendues en bottes, les cueilleurs massacrant les pousses et ne coupant que les bourgeons. Elles sont délicieuses! 

une gare du chemin des roses

Pratique : Parking facile à Servon derrière Léon de Bruxelles et La Criée, le départ est tout proche, parking facile également à l’ancienne Gare de Brie Comte Robert. En revanche la ballade est longue pour un aller/retour pour le retour il existe un autobus 21 se renseigner des horaires ou prévoir deux voitures.

 

Le Musée de la Renaissance au château d’Ecouen

BALLADES EN ÎLE-DE-FRANCE

Château d’Ecouen

Le village dEcouen se situe à proximité de Roissy on quitte l’autoroute à proximité de Gonesse avec barres et tours, on évite un site de Véolia avec camions et dépôts de gravats et on aborde la campagne. Un petit village dominé par son château, très imposant. 

château d’Ecouen : au coin, la chapelle

Le château fut édifié  de 1538 à 1544 par Anne de Montmorency, connétable et principal ministre des rois François 1er et Henri II. il forme un quadrilatère autour d’une cour pavée sur trois niveaux. 

La visite commence dans la chapelle, voûte aux arcs gothiques peinte à fresque armoriée. Aux quatre coins les statues de bois de Saints Ambroise, Jérôme, Augustin et Grégoire. L’autel de bois ouvragé et doré est de toute beauté, à l’arrière des plaques émaillées. La copie de la Cène de Leonard de Vinci par Marco d’Oggione est absente.  Dans une chapelle latérale on peut admirer un grand harmonium (ou un petit orgue) délicieusement peint. La musique de Josquin des Prés accompagne agréablement la visite. 

la salle des Armes présente une collection d’épées, casques, boucliers, pistolets….très finement ouvragés que je snobbe outrageusement n’ayant de goût que pour le manteau de la cheminée monumental et peint : la rencontre de la Reine de Saba et Salomon 

Dans les cuisines on raconte l’histoire du château avec une maquette et dans la pièce suivante on a exposé les bois finement sculptés provenant de la chapelle du château de Gaillon 1510 . J’ai bien aimé un panneau représentant Saint Georges distribuant l’argent du roi. Malheureusement de nombreuses salles sont fermées et je n’ai pas vu la chambre de  Catherine de Médicis ni les autres pièces des appartements de la Reine.

Tenture de David et Bethsabée : les troupes devant la ville de Raba

A l’étage, la galerie de Psyché occupe un côté, elle est chauffée par deux cheminées dont les manteaux sont sculptés, Diane et Actéon d’une part Jésus et la Samaritaine de l’autre côté. mais elle est surtout tapissée de la spectaculaire tenture de David et Bethsabée  de 75 m de long, réalisée à Bruxelles 

Tenture de David et Bethsabée : David envoie chercher Bethsabée

Je pourrais rester des heures à détailler la composition, les personnages (ils sont nommés par une broderie argentée), les paysages.

Dans la Grande Salle, le pavement est le plus original : oeuvre de Masseot d’Arbaquesme, esmailleur du Roi, il fut réalisé à Rouen en 1542. De longues bandes vertes à motifs de fruits encadrent des carrés clairs aux motifs des armes du Connétable de Montmorency. Aux murs des tentures Fructus belli représente un festin.

cassoni

Au deuxième étage j’ai adoré la salle des cassoni qui sont des coffres de mariage de facture italienne, florentine ou d’Ombrie, merveilleusement historiés sur des sujets mythologiques ou tirés d’Homère. Ce sont des scènes très coloriées souvent rehaussées d’or ou d’argent avec une multitude de personnages et d’animaux, sur des paysages très soigneusement dessinés.

détail

Une salle est consacrée à Bernard Palissy (1510 -1590). Sa vie est contée par le détail et j’apprends qu’il ne fut pas toujours céramiste mais arpenteur géomètre  dans les marais salants de la région de Saintes et qu’il étudia le sel.En 1546, il adhéra à la Réforme. En 1548, Anne de Montmorency vient mater une révolte de la gabelle en Saintonge. En 1555, il réalisa ses premières recettes d’émaux, fut arrêté en 1558 et jugé en 1563 pour hérésie. Pour ce même motif il fut banni en 1587 et meurt en 1590 à la Bastille.

Bernard Palissy : plat avec des animaux

Bernard Palissy n’hésitait pas à mouler des animaux pour les reproduire, serpent crustacés ou coquillages

Bernard Palissy : coques

Il décore des grottes, à la mode à cette époque : ou grotte d’Anne de Montmorency à Ecouen, Grotte de Catherine de Médicis aux Tuileries.

Bassin Lièvre : La Fretta

Une collection de céramiques et faïences, françaises mais aussi italienne présente une série de plats de toute beauté.

Je pourrais vous parler des bijoux merveilleux, des grès, des émaux…

Spectaculaires émaux!

plat émaillé

magnifiques, fins,  colorés, mais tellement difficile à photographier à cause des reflets dans les vitrines

 

Email : enfance de Jésus

il faudra que je retourne à Ecouen : la salle des céramiques d’Iznik  était fermée!

la maison de Chateaubriand à la Vallée aux loups

TOURISTE EN ÎLE DE FRANCE 

maison de Chateaubriand

Comment n’ai-je jamais visité la Maison de Chateaubriand  alors que j’ai adoré son Itinéraire de Paris à Jérusalem ? et surtout si proche de Créteil!

Itinéraire de Créteil à Châtenay

A peine 20 minutes pour rejoindre la Vallée aux loups par :l’A 86, sortie 28, Verrière-le-Buisson, Chatenay-Malabry. 3 parkings : un tout petit à l’entrée de la Maison de Chateaubriand, Rue de Chateaubriand, un grand parking 161 places, Rue Jean Jaurès en haut du Parc Boisé, et un troisième près de l’Arboretum. La Vallée aux loups est un ensemble composé du Parc Boisé très vallonné plutôt sauvage mais entouré d’un grillage  de la Maison de Chateaubriand entourée elle aussi d’un parc, d’un Arboretum. Il convient donc de vérifier les horaires de chacun des accès.

Nous avons garé la voiture au parking Jean Jaurès qui correspond à l’entrée haute du parc boisé et il faut 30 minutes à pied pour rejoindre la Maison de Chateaubriand à travers le Parc Boisé (très bon fléchage vers la Maison, en revanche rien pour le retour au parking, prendre ses repères ou imiter le Petit Poucet). C’est une promenade très agréable avec quelques dénivelés.

Maison de Chateaubriand : salon de musique

La Maison de Chateaubriand est entièrement meublée. Le salon de Musique rappelle les goûts musicaux de l’auteur, le salon tendu de bleu à rayures verticales fait honneur à Madame Récamier (copie du tableau de David du Louvre ) . Si le tableau est une copie, la méridienne sur laquelle Madame Récamier est allongée est juste sous le tableau. Madame Récamier a habité la Vallée aux Loups, sa chambre à l’étage a été meublée à son goût (il s’agit d’une restauration) et il y a un joli buste en marbre.

madame de Récamier

Chateaubriand, ruiné a été forcé de vendre sa bibliothèque et sa maison en 1816.  Il ne l’a occupée que de 1807 à 1817 mais c’est lui qui a fait planter les arbres du parc. On ne trouve donc pas les pièces dans l’état où l’écrivain les a laissées…mais les souvenirs sont très parlants : copie du portrait par Girodet, exemplaire d’époque de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem, papier peint panoramique racontant ce voyage, avec les ruines grecques et des chameaux.

Chateaubriand (Girodet)

C’est une visite très agréable qu’il faut compléter par un tour dans le parc jusqu’à la Tour Velleda en prenant son temps pour admirer les arbres centenaire. Un très joli salon de thé donne sur le parc.

maison de chateaubriand (2)

De nombreuses expositions, conférences et animations sont organisées dans la Maison de Chateaubriand ou aux alentours. J’ai eu le plaisir de découvrir les paysages d’un artiste contemporain Boubounelle. Une invitation à la lecture , un brin de lecture est installée avec la plus belle boîte à livre qu’on puisse imaginer : le tronc d’un grand chêne a été creusé de niches contenant des livres à emporter ou échanger.

Boubounelle maison

L’Arboretum m’a enchantée avec ses collections de convolvulacées (plantes de la famille des liserons, ipomées et arbrisseaux que je ne connaissais pas )

convolvulacée

J’ai été surprise d’entrer dans un verger avec des meules de foin à l’ancienne. A l’origine l’arboretum était la pépinière Croux

exploitation horticole, à l’époque où l’arboriculture s’étendait au sud de Paris de Vitry à la vallée de Chevreuse(souvenir d’un voyage métropolitain dans la vallée de la Bièvre). Il réunit des  arbres tout à fait remarquables et extraordinaires comme le chêne à feuille de myrsine ou un hêtre pleureur, un charme pyramidal…Des constructions pittoresques comme une cabane, une grande glacière, un pavillon mauresque, agrémentent la promenade.

arboretum de la vallée aux loups : cabane

Il aurait fallu rester toute la journée pour profiter plus de toutes ces merveilles et  visiter la collection de bonsaïs. On reviendra!

De Bièvres au Potager du Roi, en montant sur le Plateau de Saclay avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Le plateau de Saclay : grandes cultures céréalières sous la surveillancedu CEA et du Centre d’Expérimentation de l’Armement

Le Voyage commence à la Gare de Bièvres (RER C). Quelques mètres plus loin coule la rivière, à l’ombre mais enserrée entre les propriétés, on passe un pont puis deux avant de grimper à flanc de coteau  bordée belles maisons. A un coin un magnifique pavillon de meulière dans un jardin : c’est la Poste.

La Bièvre à Bièvres

Un peu plus loin, les étals de la Foire de la Photographie : marchands et collectionneurs proposent sur leurs étals des appareils anciens ou simplement d’occasion, simple appareil-photo, caméras ou projecteurs, certains en bois vernis, d’autres vendent des photos anciennes, et des cartes postales. Nous n’avons pas le temps de nous attarder. Bièvres possède un Musée de la photographie, occasion d’y retourner ?

La 56ème Foire de la Photographie de Bièvres

Après avoir retraversé la rivière en empruntant le GR11, nous montons une côte raide sur une route jusqu’au Val d’Alban où nous faisons la  pause à l’ombre d’un petit bois(il fait déjà très chaud par cette journée radieuse de Juin). Jens nous fait la lecture d’un ouvrage A TRAVERS CHAMPS ET VILLES, REGARDS SUR LES NATURES CULTIVEES D’ÎLE DE France (INRA) et nous parle de la Fraise, culture qui faisait la réputation de la vallée de la Bièvre dès le 17ème siècle. Verrière la Buisson, non loin d’ici était une pépinière pour les plants de fraisiers qui étaient également cultivés dans les vallées de l’Yvette et de l’Orge. Alors, de nombreuses communes de la Région Parisiennes étaient réputées pour les cultures maraîchères et fruitières. Le RER C qui passe à Bièvres et Jouy-en-Josas faisait partie de la Grande Ceinture ferroviaire de Paris construite de 1877 à 1885 utilisée pour le transport des voyageurs, du fret et également à vocation militaire. Ce chemin de fer pouvait acheminer les fraises à Paris. Notons que l’extension du rail a entraîné ultérieurement une spécialisation au niveau national des cultures et une raréfaction variétale. Ces variétés d’Île de France tombent en désuétude maintenant.

D’Agriculture, il sera question pendant ce Voyage Métropolitain pendant la traversée du Plateau de Saclay recouvert d’un limon éolien très fertile et actuellement cultivé principalement en grandes cultures de céréales. Il n’en a pas toujours été ainsi : une couche d’argile sous le limon, imperméable, retenait l’eau stagnante et un marécage occupait jusqu’au 17ème siècle le plateau. C’est le drainage en rigoles aboutissant à l’aqueduc de Buc qui a fait disparaître le marécage et transformé le paysage en un paysage de cultures. Encore une fois, le Voyage Métropolitain a invité un spécialiste : Roland Vidal, professeur à l’Ecole du Paysage de Versailles qui nous fait une petite conférence illustrée d’une carte du relief, et d’une coupe géologique. On comprend que le Bassin Parisien a relief plat est creusé par les cours d’eau de profondeur variable.

Le drainage au temps de Louis XIV répondait à un double but : pour la Cour, il contribuait à l’alimentation des bassins et jeux d’eau glorifiant le prestige du Roi-Soleil, il était aussi utile pour le Peuple en créant des terres à blé très productives. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas besoin d’irriguer les champs de Saclay même le maïs. Le roi a confié la culture à de très grands fermes de plusieurs centaines d’hectares. Le drainage mettait en œuvre des « rigoles », tuyauterie en poterie souterraine dont on a perdu la cartographie du réseau. Il arrive, quand on construit une route qu’on abime un de ces conduit souterrain et les champs, privés de drainage se retrouvent inondés.

Les étangs de Saclay - Photo prise de la digue

Les eaux sont retenues dans deux étangs artificiels jumeaux séparés par une digue. L’un d’eux est une réserve ornithologique où nous avons admiré deux beaux hérons et de nombreuses bernaches. L’autre rassemble des eaux utilisées par les Centres d’Essai de l’Armement et le CEA ne sont peut-être pas de même qualité. Dans l’un d’eux, nous avons observé un curieux phénomène de poissons énormes tournant sur eux-mêmes en remuant la vase, leurs nageoires émergeant en un ballet infernal. Ce sont peut-être des carpes, certaines très grosses nageaient tranquillement près de la digue.

Pique-nique dans la paille

Un hangar rempli de bottes de paille nous a offert une confortable salle à manger odorante et fraîche pour notre pique-nique. Une animatrice de l’Association Terre&Cité est intervenue sur le thème de la préservation des terres agricoles sur le Plateau de Saclay menacé par l’urbanisation et la bétonisation des terres.  Alors que la construction de lotissements mite toute l’Île de France, le Plateau de Saclay conserve encore 15 exploitations agricoles menacées. La préservation de cet espace agricole est une sorte de « cadeau » du CEA installé sur le Plateau au temps de De Gaulle du Centre d’Expérimentation de l’Armement (terrain militaire). Ces deux organismes ont fait peur aux riverains, effrayés par le Nucléaire (CEA) et par les nuisances sonores de l’Expérimentation des Armes. Personne n’avait envie de les avoir pour voisins….Cependant, l’installation de Grandes Ecoles dont HEC tout proche à Jouy-en-Josas, Polytechnique à Palaiseau, et du campus universitaire Paris-Sud à Orsay valorise la région. La pression foncière est donc redoutable ! Dès les années 2000, les agriculteurs se sont posé la question de leur existence en tant qu’agriculteurs et se sont regroupés pour demander un audit Patrimonial. A la suite de la concertation avec les différents acteurs locaux il a été créé une Zone de Protection Naturelle Agricole et Forestière avec la sanctuarisation de 2400 ha agricoles. Depuis 2015, l’Association Terre et Cités est aussi partie prenante d’un projet européen dans le Programme LEADER(Liaison Entre les Actions de Développement de l’Economie Rurale). Comme sur le Plateau de Saclay, de nombreux chercheurs (INRA, Université Paris-Sud, Polytechnique) sont partie prenante de recherche appliquée, de nombreux partenariat ont pu se mettre en place.  De la part des agriculteurs, depuis les années 80 de nombreux efforts de diversification, de circuits courts, de vente directe, de passage à l’agriculture biologique, méthanisation…ont été entrepris. Le Plateau de Saclay se trouve comme une sorte de laboratoire d’une agriculture innovante, seule garante du maintien rural de ce territoire convoité. Des contacts ont été pris avec la Silicon Valley en Californie où la problématique est analogue.

Cette intervention est complémentaire de celle de ce matin. Mais le problème demeure entier tant que le rêve des habitants est de posséder un pavillon avec un jardin ! L’urbanisation sort même du cadre de l’Île de France.

Pause dans la Cueillette de la Ferme de Viltain où la diversification s’est étendue à l’élevage, à l’arboriculture(pour la cueillette) et l’horticulture (idem). Ce week-end de l’Ascension, se tient une sorte de marché fermier où des producteurs des régions de France vienne proposer vin, charcuterie, miel….à des acheteurs très nombreux.

Les arcades de l’aqueduc de Buc

Nous descendons dans la vallée de la Bièvre par un sentier ombragé. La descente nous paraît interminable. Renseignement pris, il y a 100 m de dénivelée entre le plateau culminant à 168 m et la vallée autour de 60 m. Et il faudra remonter pour rejoindre Versailles ! Le sentier suit le tracé du GR dans une belle forêt entre Jouy-en-Josas et Buc où nous passons sous les arcades de l’aqueduc de Buc (encore fonctionnel). Encore une petite montée dans la forêt et nous arrivons à la ligne de Chemin de fer et Versailles Chantiers.

Versailles : une place tranquille

Comme il y a quinze jours, on nous fait le meilleur accueil au Potager du Roi. Le debriefing se fait assis sur des bottes de paille. Décidément la paille est le dénominateur commun de la journée ! Nous concluons la rencontre sur une citation de Maspéro dans les Passagers du Roissy Express que je me promets de lire dès notre retour.

Potager du Roi

 

 

de Louveciennes au Potager du Roi avec le Voyage Métropolitain

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Les Chevaux de Marly

Suivre le Voyage Métropolitain est très enrichissant. La compagnie de nombreux architectes, paysagistes, urbanistes apporte le regard très aigu des spécialistes, qui manque à la touriste lambda que je suis. Depuis que je suis leurs « voyages dans le Territoire du Grand Paris » je prête attention à de nombreux éléments du Paysage que je ne soupçonnais même pas autrefois. Le regard s’aiguise. Lire un paysage s’apprend aussi!

 

Le  travail en amont des organisateurs est essentiel : ils apportent textes et références bibliographiques et pour ce voyage, un livret-résumé très bien fait.

machine de Marly 1827

Des intervenants passionnants ont animé la visite. Merci à monsieur Bentz, l’archéologue de la machine de Marly,  à l' »homme des bois » animateur de l’ONF qui nous a accompagné dans son domaine ainsi qu’au Directeur de l’Ecole Nationale supérieure du paysage qui nous a ouvert le Potager du Roi!

Ce n’est pas le premier voyage dans ce territoire et pourtant les découvertes étaient au rendrez-vous!

Le thème du voyage : Frôler les Machines nous a conduit naturellement à la Machine de Marly, pompe géante destinée à élever l’eau de la Seine jusqu’aux réservoirs alimentant le Parc du Château de Versailles. Il est très impressionnant de considérer l’emprise du Château de Versailles sur le paysage de l’Ouest parisien sur un territoire beaucoup plus vaste que le Parc ou même le Grand Parc. En plus du caractère gigantesque du bâtis, de la statuaire, des jardins… il faut considérer l’ampleur de l’approvisionnement en eau de Versailles. La collecte s’étendait jusqu’à Saclay et même Trappes avec un système de drainage des  eaux de ruissellement avec rigoles, étangs et réservoirs .  Des aqueducs enterrés conduisaient l’eau ainsi que les aqueducs de Buc ou les Arches de Louveciennes. Le Paysage de la Région conservent encore de nombreuses traces de cette collecte destinée à alimenter les Grandes Eaux de Louis XIV . La Machine de Marly complétait le dispositif. Elle était actionnée par la force mécanique de Roues géantes dans le lit de la Seine à Bougival, puis par un système de pistons et de gros tubes de fonte dont certains sont encore visible. Notre conférencier, archéologue, envisage d’ici peu des plongées dans la Seine pour retrouver des vestiges éventuels immergés. Nous avons été captivés par ses explications.

En remontant, nous avons essayé de deviner le Château du Barry qui faut à l’origine construit par De Cotte pour De Ville, l’administrateur de la machine de Marly, puis offert par Louis XV à madame du Barry qui fit appel à Gabriel pour l’agrandir. Un pavillon de Musique est l’oeuvre de Ledoux.

Nombreuses propriétés sont cachée derrière les grands murs de pierre de Louveciennes, les randonneurs sont cantonnés à de méchants trottoirs étroits sur des rues en pente sans pouvoir les admirer.

Nous arrivons aux grilles du Parc de Marly et passons devant un Musée-Promenade très prometteur mais fermé actuellement pour restauration ( ré-ouverture prévue à l’automne 2019).

Au creux d’un vallon, se trouve le château disparu, à la croisée d’une perspective de deux axes. Vers le nord , on descendait aux bassins et aux grilles.  Là,  se trouvent les fameux Chevaux de Marly : originaux au Louvre dont on a fait 3 séries de copies (Concorde, Marly et pour M. Bouygues le mécène). Vers le sud,  la Cascade et dans le bassin rond jaillissait le Grand jet haut de 40 m alimenté par la Machine de Marly. Louis XIV recevait ses intimes à Marly. Le grand Château de Versailles hébergeait une foule de courtisans qui interdisait toute intimité. Au contraire, Marly était réservé aux privilégiés. Le petit château au plan carré a été pillé à la Révolution, il était délaissé du temps de Louis XV et déjà dégradé. Après avoir tenté de le vendre à Napoléon le propriétaire a vendu les pierres.

Les archéologues ont fouillé le site du château disparu et retracé son plan. Monsieur Bentz nous fait entrer tous (80 voyageurs) dans la salle centrale. Nous tenons à l’aise. Cette expérience nous fait imaginer le volume. Il nous décrit les autres pièces, les pavillons disparus qui s’alignaient sur l’axe. Quelques gravures d’époques suffisent à nous fait surgir les fastes du Roi-Soleil.

Du parc de Marly, nous gagnons un site interdit au public :  Le Trou d’Enfer où nous pouvons exceptionnellement accéder. Chasses Royales, puis Chasses impériales, depuis MacMahon, chasses Présidentielles (jusqu’en 1995) le site est clos. Un si vaste espace quasi désert est exceptionnel si près de Paris. En compagnie du Guide, Animateur de l’ONF, nous découvrons une forêt de magnifiques chênes. Des haies rapprochées, écartées de quelques mètres seulement, taillées à environ un mètre de haut, nous intriguent. Elles sont encore entretenues, témoins patrimoniaux d’une technique de chasse que je n’ai pas bien comprise. Bien que leur entretien soit une charge pour l’ONF on les taille encore pour conserver ce souvenir et aussi pour favoriser la biodiversité.

Trou d’Enfer : le Pont Tournant

Au milieu d’un fossé actuellement inondé mais autrefois gazonné, se trouve le pont tournant. Il a perdu son tablier, il ne reste qu’un pilier unique. Quand le Roi chassait, on faisait pivoter les planches pour son attelage. Après son passage les planches étaient parallèles au fossé; importuns et animaux ne pouvaient plus passer.

 

 

 

Une Ecole à la Campagne permet d’organiser des classes vertes et autres visites pour les enfants autour des thèmes de l’agriculture, de la biodiversité. Les animateurs de cette Ecole à la campagne encadrent diverses visites pour les adultes, ornithologie, ou naturalistes.

Une très belle ferme cultive en agriculture biologique de grandes cultures.

En passant, nous voyons des distributeurs à grains pour les faisans qu’on n’utilise plus depuis que les chasses présidentielles ont été abandonnées.

Tour de Chappe

La tour de Chappe a été restaurée, les panneaux de bois sont fonctionnels. C’est l’occasion d’une révision avec l’alphabet correspondant dans le livret. Cette invention en 1793 a été utilisée jusqu’en 1850, détrônée par les signaux électriques. Justement je viens de terminer Une ténébreuse Affaire de Balzac qui y fait allusion. Impressionnant, ce réseau de tours presque tous les 10/12 km sur les axes principaux de communication, ici de Paris à Brest. on pouvait aussi installer le dispositif sur un clocher d’église ou sur la tour d’un château.

Non loin de là, le Fort du Trou d’Enfer est beaucoup plus récent (1878), il fait partie de la deuxième  ligne de défense de Paris.  De nombreuses chmabrées (800 hommes) des réserves de munitions. En bon état, il est à vendre; Qui voudrait d’un fort?

Pique-nique au triangle de Roquencourt : une curiosité que cet échangeur (le premier) conçu dans les années 30, avec un monument (jamais construit) des arches de meulière, un escalier,  une plateforme accessible aux piétons curieux de visiter une autoroute, comme 30 ans plus tard on irait voir décoller les avions à Orly. Étonnant, de faire raconter une histoire à une installation aussi banale aujourd’hui, de s’interroger sur un futur où peut être l’existence des autoroutes n’ira plus de soi. Questionnement passionnant!

Je passe sur la visite de Parly 2, son centre commercial et sa copropriété aux noms évocateurs, d’Auteuil, Jasmin, Rivoli ou Orsay, oeuvre de Robert de Balkany.

La pluie tombe dru, nous sous abritons un instant au Temple Mormon du Chesnay, le plus grand de la Région Parisienne, monumental et luxueux avec un jardin des annexes. Il est déjà tard et nous ne pouvons pas nous attarder pour voir la maquette comme on nous le propose très gentiment.

Nous traversons le Parc de Versailles en entrant du côté de Trianon. A la pause Jens nous fait la lecture d’un ouvrage étonnant de Grégory Quenet : Versailles une histoire naturelle (ed. La Découverte) où l’on prend conscience de l’importance du gibier dans le Parc de Versailles et de l’étendue du massacre d’animaux (200.000 têtes pour Louis XIV uniquement) . Le grand Parc de Versailles qui n’existe plus maintenant était voué aux chasses et à la régénération du gibier. Les paysans cultivaient pour ces animaux sauvages qui se repaissaient des récoltes de blé alors qu’à paris le pain venait à manquer.

Une surprise nous attendait aux abords du Château : une sonnerie de cors de chasse et juste après le jaillissement des Grandes Eaux, en musique s’il vous plait! Après la visite de la machine de Marly cet intermède prend une valeur exceptionnelle.

Nous arrivons enfin au Potager du Roi, le directeur en personne nous accueille, présentant la Biennale du Paysage avec une exposition d’Alexandre Chemetoff : Le Goût du paysage, et différentes animations et ateliers tout au cours du mois à venir. J’ai déjà vu tant de choses pendant cette journée, nous avons tant marché que ma curiosité est émoussée. Je pense plus à m’asseoir sur les bottes de pailles et déguster le délicieux jus de pommes locales plutôt qu’à une exposition.

Après la pause nous flânons dans ce délicieux jardin abrité de grands murs, où des arbres vénérables taillés en espalier ou de façon savante font un premier plan à l’église toute proche et aux quartiers historiques de Versailles.

Une journée très bien remplie, et conviviale, comme d’habitude!

 

 

Retour à Vaux le Vicomte

PROMENADES EN ÎLE-DE-FRANCE

 

Par une belle matinée de mai!

Le temps est splendide, pourquoi ne pas retourner à Vaux-le-Vicomte nous

entraîner à faire des photos avec le nouvel appareil photo?

entouré d'eau

J’ai surtout regardé les meubles

 

 

 

pièce dédiée à LaFontaine
Table d’apparat

Au 17ème siècle, on apportait le repas sur des brancards dans la pièce où se tenaient les convives. A Vaux le Vicomte, une pièce faisait office de salle à manger d’apparat.

Très belle promenade ensoleillée, mais les broderies des buis ont disparu et des pelouses vertes remplacent les motifs. On a beau installer des panneaux d’aluminium pour faire un ruban de lumière, je préfère mes photos de 2013 même par soleil voilé.

voyez vous l’écureuil de Fouquet ?

 

 

Balade en Pays de Gondoire et de Marne, autour de Bussy-Saint Georges en passant par le Parc de Rentilly

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

les pommiers du Mail du Promeneur

J’ai découvert les ruisseaux de  la Gondoire et de la Brosse cet automne dans une promenade au départ du château de Rentilly  Je m’étais promis d’y retourner pour une randonnée que j’ai trouvée dans  l’excellent site de Visorando.  Bravo à l’auteur du topo-guide que j’ai suivi pas à pas en toute confiance!

C’est une grande boucle de 20 km au départ du parking en face de la grille du Château de Rentilly si on est motorisé, ou de la Gare du RER A de Bussy-Saint-Georges si on préfère les transports en commun. Randonnée très variée : urbaine (ou péri-urbaine, nouvelle expression à la mode), campagne, villages ou parc. Cette variété de paysage en est d’ailleurs le charme essentiel.

L’église de Bussy

De la Gare, on sort de la tranchée du RER dans une ville nouvelle, faisant partie depuis 1985 de Marne-la-Vallée, constructions de petits immeubles autour d’une place carrée, puis de quartiers quadrillés s’allongeant le long de la ligne du métro. Des pièces d’eau longs bassins rectangulaires aèrent le bâti qui me semblait dense sur le plan. Je marche sur une longue promenade plantée, découvre au détour d’un étang la silhouette d’une église contemporaine puis arrive à l’Esplanade des religions : alignés en face d’un parc avec des équipements sportifs la synagogue (qui ressemble à un algéco – aucun intérêt architectural.

grande salle et énorme boudha blanc en jade de Birmanie

Au temple bouddhique Ch’an Fa Hua de Fo Guang, j’ai été très bien accueillie. Deux dames m’ont promenée dans les vastes salles du complexes et j’ai été surprise par le dépouillement et la modernité du décor, aucune « chinoiserie » de pacotille rappelant l’Asie, un calme appelant la sérénité.

Avec mon groupe de randonneuses nous y sommes passées dimanche 5 mai (javais pris rendez vous) La fête de la naissance du Bouddha a réuni une assistance nombreuse colorée qui se présentait avec des offrandes et de très beaux costumes, nous avons vu se préparer un défilé dans la ville avec dragons et costumes. C’était une expérience très joyeuse.

Le temple accueille aussi des artistes dans une galerie. Une aquarelliste chinoise présente des tableaux et des calligraphies « impressionnistes »

Un autre temple, laosien, se trouve de l’autre côté du parking. Excellent accueil également à la Mosquée Tawba, ou plutôt au salon de thé qui est accolé: la Mosquée étant en travaux, on ne peut pas la visiter.

Mosquée Tawba

Cet esplanade des religions a su gagner la sympathie de la laïcarde que je suis. Ainsi vit-on en France en 2019, multiculturelle, et moderne. Bussy n’est pas tout à fait une ville-dortoir, elle a une âme, semble-t-il. J’y ai vu des restaurants divers et variés, j’aurais aimé croiser des théâtres et des cinémas, mais peut-être existent-ils ailleurs que sur mon itinéraire.

Après la Mosquée, j’emprunte le Mail du Promeneur : vaste promenade plantée d’arbres en fleurs. A mon premier passage,  les cerisiers blancs étaient splendides,  au second les pommiers ont pris le relais tandis que les pétales blancs volettent au vent. Selon mon plan, je suis bien encore dans la ville mais les quartiers sont composés de pavillons bien cachés dans les jardins fleuris. J’arrive à une sorte de parc avec une pièce d’eau : la Petite Jonchère dont le toponyme ne vient pas des joncs mais du nom d’une très grosse ferme qui abrite maintenant Cuir Center.

la Gondoire

Enfin, je rejoins le ruisseau : la Gondoire qui a creusé son lit en boucles serrées et que je vais suivre à travers Conches-sur-Gondoire, composé de maisons individuelles et que je traverse pour me rendre à Guermantes dont le nom proustien me fait rêver. Guermantes s’est bien urbanisée mais a gardé un centre du village charmant avec une petite église, des maisons anciennes et des vieux murs.

la petite église de Guermantes

Quittant la Gondoire à Gouvernes, j’aperçois le grand château de Guermantes au bout d’une allée entre une double rangée de grands peuplier et je trouve la Brosse dans un petit bois pour arriver à l’étang de la Loye. 

Le château de Rentilly est un centre culturel spécialisé dans l’Art contemporain, il a disparu sous un revêtement métallisé qui reflète les bassins et le parc. Des arbres spectaculaires : Séquoia, platanes atteignent des proportions gigantesques.

Parc de Rentilly : platane

Pour retourner à Bussy-Saint-Georges, le sentier passe par un paysage de champs ouverts, blé, colza…Après l’étang de la Brosse je traverse un parc équipé de curieux équipements permettant de pratiquer un sport que je ne connaissais pas le disc golf . On lance un disque plat dans des but enchaînés, hybride du golf et du frisbee.

Enfin je longe le RER et retrouve la ville.