le Pont de Bezons – Jean Rolin – P.O.L.

VOYAGE METROPOLITAIN

J’aime les récits de voyage, même si les pas de Jean Rolin ne me conduisent pas plus loin que Melun, en amont, et Mantes-la-Jolie, en aval, le long du chemin de halage de la  Seine.

Le pivot du projet que j’avais formé, et qui consistait à mener sur les berges de la Seine, entre Melun et Mantes,
des reconnaissances aléatoires, au fil des saisons, dans un désordre voulu.

Mais toute l’Histoire de la France, écrit-il dans cette dernière, passe par Bezons ! Précisément ! Au plus juste sur le pont de Bezons. »« Il faudrait à Bezons, poursuit-il, presque un pont amovible… Dix fois au cours de
l’Histoire il saute,

Jean Rolin est l’auteur du Traquet kurde . Ces deux mots s’appliquent également au Pont de Bezons . L’auteur, très attentif aux oiseaux,  fera entendre l’alouette grisoller ou tirelirer,  observer les nids des poules d’eau et  ceux des cygnes, découvrir le vanneau sociable, espèce très rare,  dans un groupe de vanneaux huppés.  Quant aux Kurdes il tentera de les approcher à Corbeil dans un café où était affiché le portrait d’Ocalan, sans beaucoup de réussite. 

l’écluse d’Ablons

Déambulation sur une courte distance  mais de longue durée:  de juillet 2018 à juillet 2019. L’auteur ne suit pas un itinéraire défini par un topo-guide de Grande Randonnée (GR2). Il  improvise son itinéraire sur les berges du fleuve. Il revient sur ses pas, saute des étapes. Parfois il passe la nuit à l’hôtel.

Un champ de céréales n’a pas été traité, ou traité avec tact, et du coup les coquelicots y sont presque aussi abondants que sur un tableau de Monet. C’est de celui d’en face, au demeurant, et de sa nudité, que s’élève en grisollant (ou en tirelirant) la première alouette de la journée. Au loin se profile la silhouette de l’usine Renault de Flins, vers laquelle le chemin, ayant décrit à nouveau un angle droit, se dirige maintenant, bordé d’un seul côté par une haie d’aubépines, de pommiers et de chênes rabougris. De part et d’autre les champs sont de nouveau plantés de blé ou d’orge, parsemés de coquelicots, dominés par des pylônes électriques dont les quatre pieds sont chaussés de lierre sur une hauteur de plusieurs mètres.

Voyage sur les traces des impressionnistes, sur les champs peints par Monet, dans les résidences de Caillebotte, inspiré aussi par Céline, par Maupassant. Voyage culturel, parfois historique mais ce n’est pas l’essentiel. Voyage très contemporain avec inventaire des friches industrielles, des ronds-points et des campements roms (et de leurs destructions), inventaire des bistros turcs ou kurdes, des coiffeurs de Villeneuve-Saint-Georges, des bouisbouis et MacDo. Au hasard des rencontres il tombe sur un pique-nique :

« les gens sont un peu surpris de me voir, c’est exact, comme moi de tomber sur eux, au moment où un groupe d’hommes, aux accents d’une musique balkanique – musique enregistrée, tout de même, nous ne sommes pas dans un conte de Noël –, est en train de faire griller sur un brasero, au milieu du chemin, de gros morceaux de poisson : et plus précisément, soupçonné-je, de gros morceaux de carpe. « Ça vient de la rivière ? demandé-je, après que nous avons échangé des saluts, en indiquant vaguement la direction de la Seine. « Non, non, se récrient les servants du brasero, pas la rivière ! acheté ! », car ils me prennent sans doute pour un inspecteur des pêches, ou quelque emmerdeur du même genre. Puis ils me signalent, tout cela plutôt par gestes, car autrement nous n’avons pas de langue commune, que le chemin sur lequel ils sont installés est sans issue, »

Il me semble que j’aurais pu le croiser, vers Vigneux ou Villeneuve, ou sur l’Île des Impressionnistes à Chatou.  Mais non! je marche sur les sentiers balisés de peinture rouge et blanche alors que Rolin n’y fait jamais allusion. Prudente, je franchis rarement les grillages et les murs, je fuis les campements louches, j’évite les talus glissants. Ce livre me dévoile les lieux pas très bien famés pleins de poésie. Je le relirai en rentrant de mes sages expéditions. J’éviterai les berges de l’Yerres à Villeneuve-Saint Georges de peur de rencontrer l’homme à la planche.

Vigneux : Port aux Cerises

Ce livre ne me quitte pas, il me hante encore dans mes promenades.

Juvisy-sur-Orge avec le Voyage Métropolitain

GRAND PARIS

La Gare de Juvisy-sur-Orge

Notre Voyage commence par un pique-nique à bord de la péniche l’Alternat amarrée sur la Seine à quelques encâblures du Pont de Juvisy . Eric, le batelier nous fait le, s honneurs de sa péniche, ou plutôt de ses deux embarcations. La plus grande, la plus ancienne aussi, 1936 est aménagée avec parquet, scène, bar comme un espace festif. Elle a échappé à la réquisition allemande qui a tronqué nombreuses péniches en vue d’un éventuel débarquement sur les côtes anglaises. C’est un gros gabarit autrefois chargeait du sable, gravier ou du blé. Eric nous fait prendre conscience de l’enjeu écologique du transport fluvial dramatiquement négligé en France. Une seule barge peut emporter le chargement de nombreux camions, avec l’équivalent du moteur d’un seul petit camion. De plus, les particules d’usure des pneus n’existent bien sûr pas sur un bateau! 

Sur la Seine : la péniche Alternat et le pont de Juvisy

L’Alternat m’a d’abord suggéré des politiques alternatives. En effet l’Alternat s’inscrit dans un mouvement de la Paix. Eric nous a invités à réfléchir à ce concept. Il est engagé dans des actions pédagogiques avec les écoles et collèges de Juvisy et Corbeil. Une belle exposition sur le thème de l’eau se trouve étalée dans la cale. Eric emmène les écoliers en croisières sur la Seine. Croisière qui peut durer plusieurs jours puisque la péniche est équipée de cabines, douches, cuisine. Dernièrement ils ont navigué jusqu’à Rouen. 

Avant qu’on quitte la péniche Eric a attiré notre attention sur un projet de mobilité fluviale RIVERCAT  : le projet MonBeauBateau pour l’Île de France : une navette de 100 passager qui desservirait l’Île de France de Soisy sur Seine à Saint Denis . C’est un projet coopératif qu’on peut soutenir. Il me rappelle la navette Voguéo qui reliait Maisons Alfort à Austerlitz et que j’avais plaisir à utiliser puis qui a disparu brusquement.

l’horloge de la gare de Juvisy a survécu au bombardement mais pas à la modernisation elle émerge d’une passerelle moderne

Juvisy-sur-Orge fut un temps la plus grande gare ferroviaire du monde : la ligne allant de la Gare d’Orsay, puis Austerlitz à Orléans et la ligne PLM partant de la Gare de Lyon y convergeaient. En plus des Grandes Lignes, les RER C et le RER D  s’y retrouvent. Le 18 avril 1944, Juvisy a payé très cher cette célébrité : le bombardement britannique a détruit non seulement les installations ferroviaires utilisées par les Allemands mais aussi tout le centre ville fut rasé avec 392 victimes. 

La reconstruction de la ville qui a suivi les destructions est particulièrement intéressante : les pavillons en meulières furent reconstruits presque à l’identique, un œil exercé remarque cependant que la meulière est utilisée seulement en parement sur le béton, les encadrements des fenêtres en relief sont des cadres préfabriqués. Les garages montrent l’importance de la voiture individuelle dans une vie « à l’américaine » . Certains ont eu la chance de voir leur pavillon reconstruit, d’autres furent relogés dans des petits immeubles collectifs toujours en meulière. On élargit aussi les rues en bordant certaines d’arbres d’alignement.

Dans le Centre-ville, l’actuelle Halle de marché, conçue par les architectes Ohnenwald, Aubert et Valdin, bâtiment remarquable, est actuellement classé. Un grand centre culturel est attenant au Marché mais il a été rénové avec façade en verre qui tranche avec la halle de béton.

L’Orge à Juvisy ici canalisée

Juvisy-sur-Orge est bien sûr irriguée par cette rivière de 54 km qui prend sa source  on loin de Rambouillet, traverse les Yvelines et l’Essonne. L’Orge est partiellement couverte dans le centre-ville mais elle est aussi canalisée et offre une belle promenade. 

Le centre-ville et la Gare se trouvent le long de la Seine bordé par un coteau bien raide, rebord du plateau de la Beauce. Autrefois, des vignes étaient cultivées à flanc de coteau, remplacée après le phylloxera par des arbres fruitiers. Il reste encore des espaces couverts d’une végétation sauvage, arbres, buissons et lianes. Nous empruntons un sentier au dessus de la rivière et au hasard de la promenade découvrons une jolie source : bassin arrondi au rebord de pierre contenant une eau très transparente. A Athis-Mons, la commune voisine on nous avait aussi parlé de sources.

Une source cachée dans la& végétation du côteau

Un château gardait la ville, lieu stratégique où embarquait le blé de la Beauce, seul pont sur la Seine jusqu’à Paris. De ce château dominant la vallée de la Seine, il reste un beau parc. Juvisy fut (dit-on) pressentie pour la construction d’un royal à la place de Versailles. Le parc aurait peut-être été dessiné par Lenôtre.  Il reste une splendide terrasse avec une vue dégagée sur la forêt de Senart de l’autre côté de la Seine. Un joli bassin agrémenté de grottes en rocaille nous sert d’abri pendant l’averse. A l’occasion le groupe dérange un couple de petits amoureux. Joli endroit pour un flirt!

Le parc a été loti au fil du temps,  les perspectives ont été tronquées mais il reste de jolis coins comme ces fontaines que nous découvrons à la nuit tombante. Elles ont été déplacées et se trouvaient autrefois  sur le pont sur l’Orge.

les belles fontaines qui ornaient le pont à la tombée de la nuit

Des fontaines sur un pont? Etrange, pas tant que cela si on pense que le Roi Soleil le franchissait avec son carrosse et la Cour en route vers Fontainebleau. Approximativement, la RN 7 (la Route du Soleil) suit une Voie Romaine vers Sens, Lyon…Rome? A Juvisy, le dénivelé était important et peu confortable pour les équipages royaux, on inventa alors une déviation avec une grande courbe pour obtenir une pente douce.

l’Observatoire Camille Flammarion

Sous la nuit nous montons sur la RN 7 pour découvrir l’Observatoire de Camille Flammarion (1842-1925) . En son honneur un astéroïde a été nommé  (605) Juvisia clic

Sur la nationale on peut encore voir la pyramide de Cassini (1742)  qui a servi à mesurer le méridien de la Terre par triangulation avec celle de Villejuif. le cinéma Eden a disparu.  La fin de la randonnée est sous le signe des étoiles avec la projection du fillm Gagarine clic que j’ai déjà vu et beaucoup apprécié : destruction de la Cité Gagarine à Ivry vue par un jeune passionné par les étoiles.

A la gare panique totale : les tableaux des départs sont en panne tous rouge, quel quai? quel train? la foule court en tous sens. Des trains sont supprimés mais en l’absence de panneaux personne ne sait lesquels. Sur le quai 51 il faut pousser pour entrer dans le wagon, deux dames avec des poussettes renoncent juste devant moi et les portes se ferment. Sur le quai 49 des jeunes en gilet rouge dissuadent les voyageurs et les renvoient sur le 51 bondé attente 22 minutes, je retourne sur le 49, le train est là, vide, départ dans 3 minutes. Partira-t-il? Et bien oui contre toute attente.

 

 

Rosa Bonheur à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 15.01.2023

Rosa Bonheur dans son atelier

Depuis notre visite au Château de By j’attendais avec impatience cette exposition. Un billet d’un blog que je suis avec beaucoup d’intérêt m’avait un peu irritée : avec condescendance le blogueur comparait les peintures de Rosa Bonheur aux illustrations des anciens calendriers des Postes. J’étais donc pressée de voir les tableaux de Rosa Bonheur dont je n’avais vu que des photos ou des copie. 

labourage

j’ai aimé l’attention que Rosa Bonheur accordait aux animaux et au monde rural : charbonniers, laboureurs, bergers, marchands de bestiaux. le monde rural est décrit avec minutie et exactitude. Même si parfois les couleurs font un peu « chromos » (surtout dans les barques d’Ecosse).

Berger des Highlands

Le tableau qui l’a rendu célèbre en France, à Londres et en Amérique : le Marché aux chevaux exposé à New York n’a pas fait le voyage mais la copie londonienne si, toute une salle montre les différentes gravures, études pour ce chef d’œuvre

le marché aux chevaux

je ne vois aucune « miévrerie » dans la course musclée des percherons ni dans les attitudes des maquignons

course des chevaux sauvages fuyant l’incendie

Le tableau américain des chevaux sauvages est le contrepoint du précédent : impression de liberté de ces animaux sauvages.

Cerfs dans la brume

les cerfs de la forêt de Fontainebleau sont aussi peints dans toute leur majesté comme ces bisons menacés par les « blancs usurpateurs »

Bisons

La personnalité de Rosa Bonheur transcende  son talent de peintre. Même si la peinture animalière n’est pas à la mode, sa figure de femme libre, défenseure des animaux, des Indiens, qui a adopté le pantalon quand les femmes n’y avaient pas droit, qui a vécu au grand jour avec une femme toute sa vie, en font une icone très moderne. En passant lire le petit livre  de la collection féministe la petite ixe.

Des Rives aux Pistes – De Vigneux-sur-Seine à Orly en passant par Ablon et Athis-Mons

VOYAGE METROPOLITAIN

Rives de Seine à l’écluse d’Ablon

Explorer le Grand Paris, à pied. Ecouter ce que les riverains ont à nous raconter. Echanger les points de vue et les regards, regards affutés des spécialistes, urbanistes, architectes ou paysagistes, points de vue naïfs des randonneurs lambda, passants d’occasion…

Boucle dans Vigneux-sur-Seine

Skyline avec les 7 gratte-ciels avant leur démolition

La balade a commencé à la Gare du RER D à Vigneux-sur-Seine à la découverte du dernier gratte-ciel de la Croix Blanche . Autrefois 7 tours formaient une Skyline culminant dans la campagne à 24 étages. Il en reste un aux ouvertures fermées par du contre-plaqué, en attente de désamiantage et de rénovation.

le 27 en attente de rénovation

Le panneau officiel date le début des travaux à 2019. Entre-temps Covid et confinements sont passés par là. Des panneaux colorés proposent aux futurs acquéreurs une opération immobilière de prestige sous le patronage de lAtelier Castro Denissof Associés, Cette Tour 27 aurait été acquise pour un € symbolique, le projet fait état de services partagés, d’une terrasse partagée au 15ème étage, d’un jardin suspendu au 18ème….A suivre….

Port aux cerises

Un petit kilomètre peine plus loin, nous entrons dans la Base de Loisirs du Port aux Cerises étang et ruisseaux. Les sablières et gravières ont permis de construire routes, voies ferrées et bâtiments du Grand Paris. Après avoir dragué la Seine pour extraire le sable, on a creusé dans les alluvions, et laissé des trous de taille diverses alimentés par la nappe phréatique, les pluies et crues de la Seine. Depuis des décennies, les habitants ont utilisé pour leurs loisirs ces étendues d’eau. Les travaux paysagers ont été réalisés vers la fin du XXème siècle. Le nom provient de l’ancien port d’approvisionnement des marchés parisiens en fruits frais au XVIIIe siècle. Occasion de réfléchir aux trous, mais aussi aux buttes résultant  des grands travaux (entre autres ceux des nouvelles lignes du Métro du Grand Paris). Paysages anthropisés, néanmoins réserves de nature.  

Une petite route tranquille bordé d’un long mur passe à côté d’une belle ferme ancienne, la Ferme de Noisy. A l’intérieur du vaste paysage boisé se cache le Château de Port Courcel dont l’histoire est assez mystérieuse d’après le site de la Ville de Vigneux  les premières traces datent du 15ème siècle faisant état d’un bac à Port Courcel, d’un château. Depuis 1842, c’est le domaine de la famille Chodron de Courcel. Nous entendrons parler de cette famille (qui est celle de Bernadette Chirac) à plusieurs reprise dans notre promenade à Athis-Mons.

Un panneau discret explique que le triangle compris entre la petite route et la Seine serait un site protégé pour les oiseaux, chauve-souris, l’écureuil roux et certains reptiles. « compensation » pour un bétonnage qu’on ne cite pas. Pour permettre des réalisations artificialisant les sols, il faut « compenser » Quelle bétonisation permet aux oiseaux, écureuils et chauves-souris de vivre tranquillement à Port-Courcel ? Mystère!

Ecluse d’Ablon

Lécluse d’Ablon

Nous traversons la Seine sur la passerelle de l’écluse d’Ablon. Nous sommes accueillis par la responsable des écluses de la Seine et de la Marne de la région (de Nogent sur Marne à Ablon) . Elle nous explique le principe des écluses pour la navigation. Le souci est de maintenir le  niveau d’eau suffisant pour la navigation. En cas d’étiage, il faut demander aux retenues d’eau en amont des lâchers d’eau (Lacs d’Orient pour la Seine). Nous sommes invitées dans la salle de commande où se trouvent une batteries d’écrans pour visualiser les écluses et les bateaux. L’écluse d’Ablon a deux passages : rive droite, plus large pour les péniches et gros bateau, rive gauche seuls les petits peuvent passer. 

Ablon

D’Ablon nous ne verrons que le Parc des Soeurs . Ablon se trouve dans le couloir aérien et la conférencière, pourtant équipée d’un micro, doit arrêter ses explications quand passe un avion. 

Athis-Mons 

Le clocher 12ème siècle d’Athis

 Sur les pentes, on cultivait la vigne qui donnait un vin agréable,  sur le plateau, les céréales. Athis-Mons est la réunion de deux villages, deux grosses fermes dont il reste quelques vestiges, la ferme de Mons a gardé sa grange ancienne (15ème siècle) et  la ferme d’Athis un bâtiment avec une tourelle où logeait un intendant qui fut déplacé au 18ème siècle parce qu’il se trouvait dans la cour du château d’Athis. L’église était à Athis il reste un clocher du XIIème siècle.  Avec le phylloxéra, la vigne a disparu. 

Belle villa de Mons en meulière

L’arrivée de la voie ferrée dans la vallée de la Seine a changé le paysage : la colline de Mons s’est construite d’élégantes maisons de villégiature pour les parisiens fortunés : architecture éclectique, régionalistes avec maisons basques, normandes ou italianisantes. Une constante : l’utilisation de la meulière. la voie ferrée n’a pas apporté que des visiteurs pacifiques. Elle a aussi été la cible de bombardements et de destructions massives, le triage était visé. 

Bel endroit pour un pique-nique!

Nous nous promenons dans cet agréable quartier résidentiel et arrivons dans au Jardin Paul Jovet « Un Jardin à partager » , jardin participatif géré par une association. Chacun participe aux tâches. Jardin botanique, jardin d’agrément, cultivé selon les règles de la permaculture, agrémenté de plusieurs bassins hébergeant une faune diverse d’invertébrés et de batraciens. Il y a  même un poulailler avec un « pouloduc » tunnel reliant l’espace pour la nuit et un autre espace où on les nourrit. L’aménagement du jardin correspond à la destruction de villas importantes en vue de l’édification l’édification d’un pont routier qui devait relier la RN6 de Montgeron  par Vigneux jusqu’à  l’aéroport d’Orly, enjambant ainsi la Seine et permettant aux camions d’accéder directement à l’aux zones de fret aériens. Ce viaduc, imaginé dans les années 60, reste encore comme une menace suspendue  sur le quartier, le projet a été réactualisé en 2019. Les habitants d’Athis-Mons sont vent debout contre ce projet. il n’en est malheureusement pas de même de ceux de Juvisy ou de Villeneuve-Saint-Georges  dont les routes et les ponts sont congestionnés par des bouchons. 

maison de la Banlieue et de l’Architecture (ancienne maire-école)

Après un pique-nique dans cet endroit de rêve nous poursuivons la randonnée par des sentes très pentues qui nous conduisent sur le plateau à la ferme de Mons puis au village d’Athis. Nous passons devant un lavoir alimenté par une source. les sources sont nombreuses sur la pente. Nous visitons le village d’Athis et faisons un arrêt à la Maison de la Banlieue où se trouve une belle exposition sur le thème du regard que l’on peut poser sur la Banlieue, regard ou plutôt regards pluriels. Je reconnais  les  pochoirs de C215 et la photographie de la chorégraphe Bintou Dembélé que j’avais admiré dans les Indes Galantes. Le café offert est le bienvenu avant de repartir pour de nouvelles découvertes. 

Le Château d’Athis héberge maintenant l’ établissement scolaire privé Saint Charles  (lycée et post-bac). C’est un imposant château construit au 17e siècle, par Messire Thibault de la BROUSSE, vendu en 1743à Mademoiselle de Charolais petite fille de Louis XIV, qui  fit agrandir la cour d’honneur en lui donnant de justes proportions, avec une grille en demi-lune, flanquée de pavillons symétriques.  En 1881, le Baron de Courcel devient le nouveau propriétaire et fait construire les deux tourelles et la bibliothèque. On retrouve donc la famille Chodron de Courcel! Elle était aussi propriétaire du très joli pavillon qui héberge maintenant l’Hôtel de Ville d’Athis-Mons Mademoiselle de Charolais  en fit une dépendance du Château d’Athis et fit construire un nymphée. La vue de la terrasse sur toute la vallée de la Seine est très étendue, on reconnait Montgeron, Vigneux, Juvisy, Grigny… et la Forêt de Sénart.

mairie d’Athis-Mons

L’urbanisation d’Athis-Mons se fit par lotissement du plateau, d’abord en habitat pavillonnaire puis récemment en immeubles.  Une petite cité-jardin aux maisons roses et aux potagers encore bien cultivés est l’occasion de revenir sur ce concept social des Cités-jardins. Le paysage se modifie, des arbres ombragent des pelouses vertes entourant des maisons basses à l’américaine sans clôtures.

cité de l’Air

C’est la Cité de l’Air en bordure des pistes de l’aérodrome, construite en 1946 pour le personnel de l’aéroport et le personnel navigant. Verdure et calme, malgré la proximité des pistes on n’entend pas un avion, les couloirs aériens ne passent pas par là. Etrangement, ce quartier n’est pas privilégié, au contraire des pavillons sont murés, ils ont été squattés, on y a installé des réfugiés et une rénovation est prévue avec la construction d’un écoquartier. 

Orly Delta Concorde

la balade se termine au Musée Delta om nous sommes attendus. Visite du Concorde prévue. 

Du Vert Galant à Aulnay-sous-bois avec le Voyage Métropolitain – (2) Sevran

PARIS/BANLIEUE

le Canal de l’Ourcq

Après avoir passé le canal nous allons piqueniquer à la Poudrerie . Imaginée par Napoléon III, a proximité du Canal de l’Ourcq et de la voie ferrée, éloignée des centres d’habitation à cause des risques d’explosion, elle a été en fonction pendant un siècle de 1873 à 1973. Actuellement, la plupart des bâtiments ont disparu. On peut juste imaginer les 3000 ouvriers qui y travaillaient. Les rails inclus dans les allées pavées ou cimentées rappellent que circulaient des wagonnets et même des trains. Autre souvenir : les mares destinées au refroidissement et les merlons qui protégeaient les autres installation d’une explosion accidentelle : une chanson : La chanson du poudrier rappelle les risques du métier. Un musée est installé dans les bâtiments qui subsistent mais il est fermé.

La promenade en sous-bois nous mène dans des quartiers habités de Sevran. Je reconnais le quartier Montceleux où nous avions été accueillis en 2018. Le maraichage est tenu par Le Jardin Aurore (agriculture biologique distribution circuit court). J’ai le grand plaisir d’apprendre que le projet de méga piscine à vagues qui devait noyer une grande parcelle de terre agricole et peut être les maraichers, est abandonné : pharaonique, inutile, anti-écologique et surtout impossible à mettre en eau en période de sécheresse. victoire du bon sens! Nous grimpons sur la Butte Montceleux d’où on jouit d’un panorama très étendu jusqu’à Paris : Tour Eiffel, Sacré Coeur, La Défense….Observation en musique : un groupe de 5 jeunes hommes répèpaysagte dune chorégraphie pour le mariage de l’un d’eux. C’est très sympathique. 

 

Nous rejoignons enfin le Canal de l’Ourcq espérant un  peu plus d’ombre et de fraîcheur. Mais il y a encore une visite : La Friche Kodak : grand terrain laissé libre à la fermeture des usines Kodak. Libre mais pollué avec tous les métaux et les produits chimiques qu’on imagine pour le développement des photos mais aussi des film radio et des microfilms. Impossible de cultiver quoi que ce soit ou de construire de peur des contamination. On a donc décidé de faire de cette friche un parc ouvert à tous, mais un parc dans lequel les paysagistes et jardiniers n’interviendraient qu’à minima. Expérience pour voir comment la flore et la faune vont reprendre leurs droits. Pour les paysagistes ces paysages ont un nom : le tiers paysage et » les étudiants apprennent à  ne rien faire »

C’estGilles Clément  (paysagiste du jardin Rayol) qui a énoncé ce concept.

Ici aussi, le livre de Marielle Macé  : Nos Cabanes illustre 

« Les noues touchent à ce « tiers paysage » que Gilles Clément a mis en valeur. Ces milieux qui émergent sans
programme et vivent en marge des zones d’aménagement urbain ou d’exploitation agricole, ces fragments du « Jardin planétaire » constitués par l’ensemble discontinu, en liberté, indécidé, et très pluriel, des lieux délaissés (« délaissés urbains », c’est comme cela qu’on les appelle, mais aussi friches, talus, landes, lisières…) qui accueillent une diversité écologique surprenante,

Car le tiers paysage n’est pas exactement quelque chose que l’on aménage, c’est quelque chose que l’on ménage.
Ménager plutôt qu’aménager. Jardiner les possibles, prendre soin de ce qui se tente, partir de ce qui est, en faire cas, le soutenir, l’élargir, le laisser partir, le laisser rêver.

Tiers paysage comme tiers état et pas comme tiers monde, précise Gilles Clément. « Espace n’exprimant ni le pouvoir ni la soumission au pouvoir. »

Et de revenir aux phrases prononcées par l’abbé Sieyès en 1789 :

Qu’est-ce que le tiers état ? – Tout.

Qu’a-t-il été jusqu’à présent? – Rien

Que demande-t-il? A être quelque chose. 

Saules et peupliers prospèrent, pyracanthes aussi (d’où proviennent-Ils) les peupliers du temps de Kodak sont très hauts. On a planté des cerisiers (tuteurs) . pas d’allées tracées, seulement celles que les pas des promeneurs ont piétinées. 

Un beau terrain d’aventure pour les gens de Sevran!

Après la Friche nous retournons sur le Canal pour des explications historiques : c’est son anniversaire quand même!

Evry – Courcouronnes – avec le Voyage Métropolitain

VOYAGE METROPOLITAIN

La cathédrale d’Evry

Tout d’abord le plaisir de retrouver le Voyage Métropolitain que j’avais perdu de vue avec le Covid et les confinements! Toujours le même entrain, la même convivialité et des intervenants passionnants le plaisir du partage et de la découverte.

Comme d’habitude, Jens déplie ses cartes, celle de la région, celle du schéma directeur de Delouvrier (1965) correspondant à la création des villes nouvelles. Evry est sortie des champs à côté d’un petit village dans la vallée de la Seinn entre la Nationale 7, l’Autoroute du Soleil, une ville à imaginer : un plan original en X relié par un autobus en site propre reliant les quartiers, avec au centre la gare du RER D (qui était aussi à construire).

la voie de l’autobus passe sous une sorte de porche

Une ville avec une préfecture, une université, des entreprises, certaines innovantes, des emplois. Des quartiers d’habitations, une nouvelle population à loger. Un réseau de transport performant, voire révolutionnaire, ne faisant pas appel au tout-voiture. Des circulations sur 3 niveau, le niveau intermédiaires étant celui de l’autobus, les quartiers s’ouvrant sur une ville piétonnière.  La ville idéale?

Frank, enseignant en arts plastique, en est tombé amoureux. Il vante sa ville, où il enseigne, où il vit depuis des décennies. Lucide il relève l’ anomalie : les habitants ne travaillent pas sur place, on observe un chassé croisé de travailleurs qui ne correspondent pas aux emplois que la ville offre. Emplois très qualifiés pour une main d’œuvre qui l’est moins. Résultat, une ville peu animée, les habitants rentrant tard après leur travail et leur déplacement n’ont guère envie d’aller boire un pot au bistro! Inversement les travailleurs préfèrent rentrer chez eux. Des fastfoods, oui mais peu de convivialité.

Malgré toutes les bonnes intentions des urbanistes et architectes, la mayonnaise n’a pas pris, faute aux crises pétrolières, avant 1973 l’argent était facile, on a commencé par financer les animations sur l’Agora, puis les moyens financiers n’ont pas suivi. Il en résulte un centre un peu étrange : un théâtre ouvert sur la ville, et sur le Centre commercial qu’on est en train de rénover avec des projets de restaurants (comme à Créteil-Soleil) et un chantier peu lisible pour les visiteurs. Dommage! Pourtant le théâtre est une Scène Nationale avec des programmes ambitieux et une municipalité très désireuse de favoriser le secteur culturel.

Le Bâtiment creux

De l’Agora, nous passons le long d’une grande Patinoire (encore un projet ambitieux) sur un cheminement perché au dessus de parkings. Un petit jardin en contre-bas est condamné à brève échéance, délaissé peut-être pour des raisons sécuritaires. Plus haut, on découvre encore un autre jardin bien caché (jardin zen où se déroulent des activités de yoga ou de méditation).  Ce serait un très joli coin pour respirer mais il est fermé, cadenassé quand il n’y a pas d’activité. Une longue barre d’habitations borde le cheminement, le Bâtiment Creux, très original, mais il faut être plus loin pour l’apprécier. En face un bas relief en céramique rappelle l’histoire de la construction de la Ville Nouvelle : c’est le grutier. 

Le Grutier

Une passerelle enjambe la route de l’autobus : surgissent les Pyramides, 6000 logements prévus, 2000 construits.

Le Voyage Métropolitain à la découverte des Pyramides

Les architectes, Michel Andrault et Pierre Parat, ont imaginé des logements qui s’ouvriraient sur une grande terrasse avec des jardinières en béton permettant de végétaliser l’ensemble (il y a la même à petite échelle au  lac de Créteil). L’ensemble est très bien pensé, les pyramides sont construites en dégradé, les plus hautes près de la passerelle s’échelonnent avec des moyennes, puis des petites. Les couleurs sont étudiées une face verte, une face rose.

Moyennes pyramides avec décor de fougères

le quartier se termine par de très petites pyramides

les plus petites pyramides

On a pensé la ville ouverte, sans passage automobile on avait ouvert aussi l’école sur l’extérieur. Puis les mentalités ont changé, on referme et la cloche de l’école se retrouve au centre d’une sorte de rondpoint.

La cloche de l’école.

les enfants ont perché un ballon de foot piégé entre les grosses sonnettes. Aubaine pour Jens qui a prévu de nous faire tirer des ballons dans la Lucarne. Les garçons se font la courte échelle pour le récupérer. La Lucarne est une attraction-phare de la ville. Les amateurs de foot avaient l’habitude de tirer dans une petite fenêtre d’un immeuble. Après les protestations des voisins on a construit une réplique dans un endroit dégagé, avec porte en trompe-l’œil, digicode…

La Lucarne

C’est donc une attraction sportive, il faut se mettre à 12 m sur un repère et viser la lucarne. C’est difficile, personne dans notre groupe n’a réussi! Cette lucarne est si connue que Djibril et ses associés ont fabriqué une « lucarne pliante » et qu’ils se déplacent dans toute la France pour des animations.

Le « manpower » lieu mythique de l’Art du Déplacement

A Evry est né un sport : l’Art du Déplacement ou Parkour popularisé par un film Yamakasi (2001) avec Luc Besson. Yamakasi a une consonnance asiatique (le film est sous-titré les Samouraïs) mais c’est une expression en lingala. 

 

Plus que du cinéma, c’est du sport, le franchissement avec ou sans acrobatie des barrières, matériel urbain, y compris des sauts impressionnants comme du haut du Manpower en atterrissant sur l’immeuble d’en face. L’entraîneur de l’académie d’Evry est venu nous présenter son sport plus tard dans l’après-midi. Le Patrimoine vivant de la ville m’a bluffée!

Piquenique dans le très grand et frais parc du Coquibus où nous avons vraiment apprécié l’ombre de vieux arbres.

Puis découverte d’autres quartiers dont certains ont été labellisés pour l’architecture particulièrement remarquable.

Cité des épinettes

Brique et béton, mais si on regarde de près on apprécie le décor du porche

Bas relief avec des amours

Moins apprécié les barres de fer qui sécurisent les balcons jusque dans les étages élevés!

Un autre ensemble est dû à Sarfati : les glycines qui sont un peu « villas de bord de mer » , un peu kitsch, et beaucoup dépaysantes dans cet univers de béton.

Les glycines Sarfati

Nous traversons l’ensemble de briques des terrasses, très vert, très calme.

 

Les Terrasses

 

Pour revenir sur nos pas à travers le Parc vers la Cathédrale de Botta dont j’ai beaucoup aimé la couronne de tilleuls qui ont l’air de s’y plaire. Le travail de la brique est intéressant avec des motifs variés. l’intérieur est impressionnant.

Misy-sur-Yonne par une journée ensoleillée

BALADES EN ILE DE FRANCE

L’Yonne à Misy-sur-Yonne

Pour mon anniversaire, Dominique a cherché un restaurant un peu spécial avec une terrasse au bord de l’eau et, a trouvé : l‘Auberge des Cygnes à Misy-sur-Yonne que je vous recommande vivement!

Le chèvrefeuille sur le chemin de halage

Un peu loin, 80 km par Brie-Comte-Robertet l’autoroute A5, sortie 18 Marolles. Par une matinée de semaine ensoleillée le voyage a été un plaisir. La sortie 18 est juste après Montereau qui se voit de loin avec ses tours . Après le péage on trouve le joli village de Barbey fleuri avec une curieuse tour évidée en face de l’église. Il y a aussi un château (propriété privée, on ne visite pas) dont une plaque à l’entrée raconte l’histoire, construit sous Louis XIII, il passa entre les mains de différents propriétaires avec un épisode révolutionnaire et d’autres sous Napoléon….Juste ensuite la route conduit à Misy-sur-Yonne. on peut garer la voiture près de la rivière juste avant une esplanade gazonnée (terrain de sport?) Là on trouve le chemin de halage que j’ai emprunté vers l’Ouest en me repérant sur la carte de Visorando (les Sablières de l’Yonne). 

la terrasse de l’auberge des Cygnes

Une belle carte indique la Randonnée des Deux Fleuves : circuit  en boucle par Montereau et Marolles . Je trouve plus loin le barrage de Barbey avec bien sûr une écluse pour la navigation. Le chemin de halage est très bien entretenu et goudronné jusqu’au barrage, plus loin il est pavé et finalement c’est un chemin blanc. Comme nous avions réservé au restaurant je ne suis pas allée plus loin. Dominique, pendant ce temps, a entendu le coucou et nombreux oiseaux, vu un martin-pêcheur et bien sûr les cygnes qui ont donné leur nom à l’auberge. 

Assiette de mezzés

Déjeuner libanais, mézés ou grillades accompagnés de vin libanais. Excellentes pâtisserie avec café libanais à la cardamome. une très bonne adresse.

Rosa Bonheur au château de By

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Rosa bonheur dans son atelier

Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822, aurait eu 200 ans! A l’occasion du bicentenaire, une exposition lui est consacrée à Bordeaux (lieu de sa naissance), puis en septembre au Musée d’Orsay à Paris. Oubliée, inconnue du grand public, elle fut une peintre célèbre en son temps, la première à recevoir des mains de l’Impératrice Eugénie la Légion d’Honneur . Connue dans le monde entier,  des petites filles américaines ou allemandes jouaient avec  des poupées à son effigie.

Le monumental tableau du Marché aux chevaux  (exposé au Metropolitan NY) fut acheté 40.000 Francs-or par le marchand de tableaux Gambart qui lui organisa une tournée en Grande Bretagne et en Amérique et lui procura cette notoriété internationale. Le produit de la vente de cette seule toile lui permit d’acheter et rénover le Château de By à Thomery (77) avec l’aide de l’architecte de la chocolaterie Menier de Noisiel, Jules Saulnier qui lui adjoint un atelier. Je reconnais le style de briques décorative de Noisiel. 

Château de By côté cour et atelier

J’avais visité le château de By en 2013. Entretemps, le château a été acquis par une nouvelle propriétaire et la Mission de Stephane Bern contribue à l’entretien de cette Maison d’Artiste. La propriétaire a laissé tel quel le matériel de Rosa Bonheur dans son atelier où tout est d’origine. Une salle a été aménagée avec des vitrines contenant des documents (lettres, compte-rendu de la vente aux enchères qu’ont organisé les membres de sa famille, dessins d’anatomie, souvenir de sa rencontre avec Buffalo Bill…) .

Rosa Bonheur étude moutons

La Salle des Etudes est tapissée d’études préliminaires au crayon ou à l’encre.  Anna Klumpke, l’amie peintre américaine qui a partagé les dernières années de la vie de Rosa Bonheur qui en fit son unique héritière, a photographié toutes les œuvres qui se trouvaient à By. On a retrouvé les plaques photographiques qui font l’objet d’une étude récente.

Rosa Bonheur bergers sur des échasses

Les tirages sont exposés dans la salle des études ainsi que dans l‘Orangerie. On découvre que Rosa Bonheur, peintre animalière s’est aussi intéressée à d’autres sujets, elle s’est inspirée de Walter Scott et surtout a fait des études de paysages très détaillées. Elle n’aurait pas placé les animaux dans un simple décor ébauché. Au contraire, elle a tenu à faire une reconstitution fouillée du milieu de vie, forêt de Fontainebleau, mais aussi Côte Provençale, et même elle a tenu à étudier l' »herbe à bisons » après avoir vu les bisons de Buffalo Bill.  le conférencier a raconté une anecdote savoureuse de Anna Klumpke arrêtant le train américain pour herboriser! 

Rosa Bonheur arbre

La visite guidée (1h30) est passionnante (il faut réserver).

Alors que j’avais été rebutée à ma  première visite  par toutes les têtes d’animaux, chevaux, moutons, sangliers naturalisés comme des trophées de chasse au murs de l’Atelier, j’ai eu le plaisir d’apprendre que tous ces animaux étaient les amis de la peintre et non pas des trophées de chasse. Rosa Bonheur vivait entourée d’animaux. Certains avaient leur enclos dans le terrain, d’autres étaient en liberté, apprivoisés comme la lionne Fatma ou les marcassins qui ont été élevés comme des animaux domestiques. Notre guide a su faire revivre tout ce monde et montrer que Rosa Bonheur accordait aux animaux une âme et des émotions qu’elle voulait faire ressortir dans ses tableaux.

Châtreau de By côté jardin

Une visite passionnante et une promenade agréable dans le parc fleuri en ce moment.

 

 

la Maison Fournaise, Chatou, Exposition Renoir – l’Île des Impressionnistes

PEINDRE SUR LES BORDS DE SEINE

Le Déjeuner des Canotiers à la Maison Fournaise – Auguste Renoir

La maison Fournaise était un établissement recevant les Impressionnistes venus se réunir entre amis, peindre sur le motif, canoter sur la Seine. Renoir, Monet, Caillebotte ont fréquenté cette ginguette. 

Chatou : la maison fournaise

Comment faire revivre cette maison d’artistes si cotés que des originaux sont trop onéreux?

Autrefois j’avais vu une exposition Ziem moins célèbre que les peintres cités ci-dessus, peintre orientaliste avec de beaux tableaux de Venise, exposé en 2008. 

Ziem

Actuellement le Musée Fournaise présente Auguste Renoir de manière : virtuelle. J’ai décliné les casques de réalité virtuelle (j’ai horreur de me sentir harnachée) mais j’ai regardé avec plaisir un diaporama qui présentait les œuvres de Renoir confrontées à des tableaux célèbres du Louvre que Renoir connaissait sûrement. 

A l’étage, Alphonse Fournaise, le fondateur de l’Hôtel-Guinguette nous accueille assis dans le canot aux extrémités pointues et raconte l’histoire de son auberge. Auguste Renoir, ou plutôt son hologramme nous fait une leçon de peinture, parle des expositions, de son marchand Durand-Ruel, de ses amis, il nous fait aussi visiter son atelier. Les tableaux sont projetés sur des écrans, commentés avec intelligence. Il y a même des tablettes avec une sorte de jeu des sept erreurs à propos du Déjeuner des canotiers ; le jeu permet d’observer finement le tableau . 

Visite intelligente. Bien sûr, le contact avec la peinture réelle est indispensable mais les écrans et commentaires sont intéressants et je ne regrette pas du tout le voyage (une heure d’embouteillages pour arriver et autant pour rentrer.

Comme il était midi, nous avons déjeuné au bord de l’eau au restaurant Les Rives de la Courtille au bord de l’eau : cadre merveilleux, joli décor mais carte un peu chère pour rien d’exceptionnel. 

promenade en bord de Seine

Après déjeuner j’ai voulu faire le tour de l‘île des Impressionnistes qui edst formé de deux îles réunies par une digue autrefois pour le mécanisme de la Machine de Marly destinée à pomper l’eau de la Seine pour alimenter les Grandes Eaux de Versailles. Cette île très longue n’est heureusement que peu construite à l’exception d’un grand centre de Recherche de EDF. Le parc des Impressionnistes – un espace vert soigné et des installations sportives (tennis, équitation), occupe l’extrémité de la petite île tandis que la grande île comporte un golf et encore de nombreuses friches vers Carrières-sur-Seine. La promenade est étonnante.

Sur la rive de l’autre côté du Bras de Marly, j’admire d’abord de très belles maisons, villas et presque des manoirs à Chatou et Rueil, puis les berges de Seine deviennent plus industrielles avec des montagnes de graviers, gravats, puis des énormes réservoirs de carburants. Je passe sous le viaduc de Carrières puis deux ponts ferroviaires. Les tours de Nanterre dépassent et au loin, se profilent celles de la Défense. C’est étonnant de se trouver dans un endroit si sauvage à proximité des tours!

 

 

Au Château de Champs-sur-Marne – Exposition d’Or d’Orient atelier ULGADOR

BALADES EN ILE DE FRANCE

Dominant la Marne qui coule en bas d’un beau parc à  la française, ce petit château élevé entre 1703 et 1707 est entièrement meublé. Au XVIIIème siècle il fut occupé par le financier Paul Poisson de Bourvallais, puis par le duc de la Vallière qui le fit décorer par Christophe Huet et le loua de 1757 à 1759 à la marquise de Pompadour. Le banquier Louis Cahen d’Anvers l’acquiert en 1895, le fait restaurer et complète le décor du XVIIIème en adaptant la demeure au mode de vie de l’époque. Charles Cahen d’Anvers donna le château à l’Etat qui l’utilisa pour la réception de chefs d’état étrangers.

Le cabinet en camaïeu : peinte autour de 1748 d’un décor de chinoiseries

De nos jours, le château et le parc sont ouverts au public et c’est une très belle visite!

Salon rouge transformé en 1928

Plusieurs thématiques de cette visite libre avec un plan très détaillé :

focus sur la décoration XVIIIè, les chinoiseries des boiseries, les porcelaines, les stucs

le salon chinois représentant un Extrême-Orient imaginaire

attention apportée aux objets et meubles comme les bibelots ou les fauteuils tapissés sur le motif des Fables de La Fontaine

On peut aussi imaginer le mode de vie des nobles au XVIIIè ou des banquiers à la Belle Epoque et au début du XXè .

la table
Fables de La Fontaine

On découvre, bureaux, salle de musique, salle à manger des enfants, fumoir…mais aussi commodités pour la toilette.

J’ai adoré les chinoiseries dans le salon chinois mais aussi sur la grande tapisserie du bureau

Fumoir communiquant avec la salle de billard. Tapisserie représentant l’empereur chinois Kangxi

Mais on peut aussi s’intéresser tout spécialement à l’exposition d‘Or et d’Orient de l’atelier ULGADOR.

ULGADOR se consacre à la création de panneaux décoratifs ornés de feuilles de métal (or, cuivre, laiton, argent aluminium…) déposé sur différentes surfaces. Ces panneaux sont utilisés par des firmes de luxe, des hôtels, des institutions.

paravent ulgador

Les panneaux, principalement des paravents sont distribués dans toutes les pièces du château y trouvant une place harmonieuse.

Le nom Ulgador évoque un certain exotisme et la richesse de l’or ce avec les lettres du nom de Gabor Ulvecki fondateur de l’atelier et inventeur de la technique après avoir appris la dorure sur bois chez un restaurateur. 

Bassin de la nymphe Scylla métamorphosée en monstre avec des têtes de chien à ses pieds

J’ai terminé la matinée par une promenade dans le parc.

Et comme il faisait beau en bord de Marne nous avons déjeuné dans une sorte de guinguette : Il Capuccino . Excellent emplacement, des tables en bord de Marne, plusieurs salles et des terrasses abritées et chauffées l’hiver. 

Il Cappuccino : Gournay/Marne

Spécialités italiennes, pizze et pâtes. j’ai commandé une parmiggiana (gratin d’aubergines) et Dominque une escalope à la florentine. C’était très abondant et délicieux.