Au Louvre : Salle du Manège – Collectionner les Antiques au 17ème siècle

TOURISTE DANS MA VILLE

Salle du Manège

Privée de voyages lointains et de grandes expositions, je suis partie au Louvre sans intentions particulières mais avec la ferme intention de faire de belles découvertes.

Par les temps « ordinaires », je me dirige vers l’Exposition en cours, ou je fais le pèlerinage à « mes » Égyptiens, « mes » Grecs ou  je trace vers une salle bien déterminée. J’aime aussi  flâner dans la cour Puget, claire et tranquille J’évite les flots de touristes qui vont voir la Victoire de Samothrace et la Joconde en troupeaux compacts.

Atlantes albani

J’entre dans  l’Aile Denon, celle qui longe la Seine et traverse la Salle du Manège que je n’avais jamais remarquée. Le thème de cette salle est Collectionner les Antiques au 17ème siècle. De très belles sculptures grecques ou romaines ont été ,restaurées par des sculpteurs aussi renommés que Giraudon ou Le Bernin, il n’était pas d’usage, alors, d’exposer des sculptures ruinées. Collections de Richelieu, de Mazarin ou des Borghese que Napoléon 1er a acquise .

La mise en scène est parfaite.  Il ne fait pas considérer les œuvres individuellement  mais plutôt l’ensemble dans cette très grande et belle salle  construite par Napoléon III au-dessus des écuries pour des démonstrations équestres (d’où le nom de Manège). Les très fortes colonnes cylindriques lisses sont coiffées de chapiteaux historiés tous différents. Je remarque des bovins portants d’étranges bois plats comme ceux des élans, des sangliers tellement poilus que leurs soies ressemblent à des plumes, chapiteau glorifiant la fauconnerie…..Les plafonds voûtés sont de petites briques roses jointées de blanc. Partout le monogramme N. Napoléon 1er ou III? –  III bien sûr.

Atalante

Deux rangées de personnages forment une haie d’honneur à une femme en prière entre deux colonnes de porphyre, derrière une baignoire rouge. Divinité grecques, ou Isis égyptiennes.

A l’arrière c’est le groupe des Satyres ou Atlantes Albani, qui occupe la position centrale entourées de marbres divers. J’ai remarqué l’Atalante en pleine course acquise par Mazarin à Rome, copiée pour Marly en 1665.

Vieux pêcheur grec ou Sénèque

Passé le coup d’œil d’ensemble, je m’attache à certaines œuvres originales comme ce vieux Pêcheur grec, identifié à Sénèque par les Romains en marbre noir émergeant d’une vasque de brèche violette.

Barbare c8

L’entrée est gardée par deux colosses : des captifs barbares, daces sans doutes, puisqu’ils venaient du Forum de Trajan ayant décoré la façade de la Villa Borghese.

 

Dans le vestibule Denon, deux esclaves maures  (Rome 1er siècle complétés par Nicolas Cordier). L’un d’eux, le Maure Borghèse à la tête de calcaire noir, la tunique d’albâtre et la ceinture sont décorées d’une marqueterie de marbres et calcaires colorés de diverses provenances (Turquie actuelle, Grèce, Tunisie) . Cette statue composite a fait l’objet d’une restauration récente et j’ai trouvé par hasard une conférence passionnante.

Pompéi au Grand Palais

EXPOSITION IMMERSIVE

L’éruption du Vésuve comme si vous y étiez

Depuis des mois, j’attendais cette exposition retardée pour cause de Confinement. Passionnée d’archéologie romaine et d’Italie, je m’étais promis de la voir dès l’ouverture. Et je n’étais pas la seule! j’ai eu du mal à réserver un créneau horaire sur Internet, ceux qui me convenaient étaient complets! Nous avons visité Pompéi il y a 24 ans et je brûlais de découvrir les découvertes  des fouilles récentes….

Des vidéos passionnantes retraçant l’éruption de 79 sont passées à la télévision Science Grand Format sur France 5 ainsi que sur Art. J’ai eu le loisir de les visionner en Replay pendant le confinement. De plus, le site du Grand Palais propose d’autres vidéos afin de préparer la visite.

Jeudi dernier je n’étais pas seule à faire la queue, masquée devant l’escalier et bien que mon horaire était de 16 h, j’ai dû patienter debout 45 minutes.

Visite immersive! Réalité Virtuelle!  Réalité augmentée!

Autant de technologies pour transporter le visiteur 2000 ans en arrière dans les maisons de taille réelle, telles qu’elles étaient la veille de leur destruction. Se promener, non pas dans un champ de ruine (et de fouilles archéologiques) mais dans une rue romaine. Entrer dans la Villa du jardin, découvrir en même temps que les archéologues la mosaïque de la Maison d’Orion et les chimères…voir la splendeur des fresques projetées, plus vraies que nature…..Etre surprise par le début de l’éruption, voir le panache grandir, sentir pleuvoir les ponces et lapilli…

Exposition spectaculaire! 

Certes, pourtant avec moi, bon public en général, cela n’a pas vraiment fonctionné. On a tout reconstruit, virtuellement, pour que je découvre la réalité et tout ce que je cherchais, c’était la réalité des pains carbonisés, les tesselles qui traînent encore sur le sol, les poteries cassées, les traces des gonds dans les entrées. Tous ces restes brûlés, usés, méconnaissables que mon imagination projette dans une cuisine, un atrium, un jardin.

Le virtuel tue la poésie des ruines, empêche le jeu de puzzle, écrase la démarche de celle qui se prend pour un archéologue et qui imagine à partir d’un détail la réalité manquante. Un site bien ruiné où il ne reste que quelques dalles du Cardo ou du décumanus, un égoût ou les céramiques des thermes, envahi de mauvaises herbes et de fleurs, me parle plus que toute réalité augmentée.

 

Certes, j’ai aimé me promener virtuellement dans les ruines des Cités millénaires à Palmyre, Mossoul, Alep ou Leptis Magna. la réalité virtuelle m’est apparue comme un sauvetage de ce qui n’existera peut être plus jamais du fait des destructions des guerres totales, des bombardements. Si jamais le tourisme revenait en Syrie, en Libye, en Irak que restera-t-il à visiter. Que reste-t-il des Bouddhas de Bâmiyân? Les reconstitutions virtuelles se justifient alors.  

Malgé ces réserves, tout le travail autour de l’Exposition du Grand Palais est exceptionnel. Ne vous privez surtout pas de la visite. Et Surtout regardez chez vous au calme les nombreuses vidéos sans être dérangé vous pourrez les visionner plusieurs fois, les étudier, vous en imprégner!

Du côté de Ferrières….

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Du côté de Ferrières, non loin de Guermantes ou du Château de Rentilly ou d’Armainvilliers,  se trouvent châteaux et parcs, forêts giboyeuses où l’on traça pour les chasses au 18ème ou 19ème siècle de longues allées rectilignes. 

Pratique

Cette région de Seine-et-Marne est facilement accessible en voiture par l’autoroute A4 (sortie 12 Bussy-Saint-Georges), par le RER A (Bussy-St-Georges)RER E (Ozoir-la-Ferrières  ou Gretz Armainvilliers) . 

L’office de Tourisme Marne et Gondoire met à disposition un livret téléchargeable de randonnées pédestres.

Névada?

Sur suggestion de Télérama-Sortir qui  promettait le Névada, nous sommes parties avec le pique-nique par une belle matinée ensoleillée.

Château de Ferrières

Un coup d’œil au château de Ferrières derrière ses grilles, immense, de style Renaissance italienne, il fut construit par l’architecte anglais Joseph Paxton de 1855 à 1861 pour le baron James de Rothschild. Il ne se visite pas (ou très exceptionnellement) mais deux restaurants gastronomiques y sont installés. Non loin d’ici, à Armainvilliers, Isaac et Emile Pereire,  à la même époque, firent construire un château qui n’existe plus mais dont il reste le parc. On dit que la proximité des deux domaines causa de la confusion chez les invités qui ne savaient pas où se rendre! les forêts de Ferrières et d’Armainvilliers étaient très fréquentées sous le IIème Empire! 

la buanderie du château se reflète dans l’étang de Taffarette

Après avoir traversé le village de Ferrières-en-Brie tout à fait charmant avec ses maisons de pierre, sa petite église Saint Rémy nous laissons la voiture au parking à l’extrémité de l’Etang de Taffarette où se reflète le très beau bâtiment de bois qui était la buanderie du Château de Ferrières.

En passant derrière la buanderie, je trouve une petite route tranquille (cul de sac) qui se transforme en allée piétonnière bordée de très grands et très beaux poiriers. Ces arbres fruitiers couverts de fruits sont tout à fait remarquable par leur âge et leur taille.

l’allée de Taffarette bordée de poiriers vénérables

Eu bout de l’allée nous croisons l’allée des Lions appelée également Allée des Séquoias. 96 arbres géants sont alignés. Immenses, impressionnants.

Allée des séquoias

 

En rentrant des statues attirent notre attention. Télérama promettait le Névada pas l’Île de Pâques!Ils ne sont pas en pierre mais taillés dans des troncs

taillés dans les troncs

Nous reviendrons bientôt préparer une randonnée dans les grands allées ou les petits sentiers de la grande forêt!

Turner : paintings and watercolours Tate’s Collections – Jacquemart-André

EXPOSITION TEMPORAIRE

Coucher de soleil à Venise

Rétrospective Turner, 70 tableaux, aquarelles et huiles en 8 salles par ordre chronologique.

Même si je suis séduite par le coloriste, le peintre de la lumière d’une modernité stupéfiante, il faut reconnaître le dessinateur précis qui a commencé sa carrière comme dessinateur d’architecture.

Stourhead vu du lac

Devant ce paysage brumeux il faut prendre son temps. La lumière surgit dans le creux de la vallée dans un ciel gris bleu. Si on est attentif on découvre une habitation sur le bord du lac, la silhouette fantomatique d’une tour carrée, donjon ou clocher? Au premier plan dessin d’une grande finesse d’un groupe d’arbres roux. Deux personnages,  deux paysans avec leurs attelages labourent.

Chateau de Carnavon

le château de Carnavon est plus classique, plus 18ème siècle, par beau temps, il recèle toutefois au premier plan une surprise pour qui se donne la peine de chercher : un barde gallois donne un concert à un groupe de personnages

le barde gallois du château de Carnavon (détail)

Turner, paysagiste a voyagé et peint des paysages pittoresques, en Grande Bretagne d’abord quand les guerres napoléoniennes l’empêchent d’aborder le continent. Il peint la Tamise et les environs avec une grande prédilection pour les ponts…

Gorges de Gordale Scar

Ce défilé pittoresque est particulièrement bien rendu. Si on s’approche, on voit le troupeau.

J’ai adoré le phare de Shields, un très petit tableau bleu

phare
Scarborough

Quelle finesse dans cette marine!

Dès que la paix revient sur l’Europe Turner fait de nombreux voyages, en France, de Normandie à Chamonix, en Suisse et en Belgique

Glacier à Chamonix

Paysages pittoresques peints soigneusement de retour à l’atelier ou ébauches colorées qui me séduisent. Et bien sûr, l’Italie, Rome, Venise!

Venise quartier de l’Arsenal
Banditi

Une surprise que ces Banditi à l’étape ou en embuscade. Turner ne peint pas de portraits rarement des personnages et pourtant!

J’aurais pu photographier ses huiles si particulières, fourmillant de personnages dans la série de Didon et Enée ou les toiles aux grands masses colorées qui ressemblent aux aquarelles. Mes tableaux préférés sont des ébauches comme ce phare et épave 

Phare et épave

Tissot (1836-1902)- l’ambigu moderne – Au Musée D’Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 13 septembre 2020

The ball on shipboard

James Tissot, le plus anglais des peintres français est un artiste que j’ai découvert lors de l’exposition Impressionnistes à Londres au Petit Palais et dans l’Exposition Second Empire à Orsay. Cette exposition fait une belle suite à celle des Peintres anglais au Luxembourg qui présentait de très beaux portraits de Reynolds et de Gainsborough.

J’ai eu la surprise, dans cette rétrospective de découvrir des aspects très différents de cet artiste très éclectique qui a traversé la seconde partie du 19ème siècle en exprimant de nombreuses facettes.

Questions d’influence

Faust rencontre Marguerite

Au début de sa carrière, je découvre des tableaux dans la mouvance historiciste à la manière des maîtres anciens du Quattrocento italien comme Carpaccio ou des Allemands,Cranach et Holbein. Tissot illustre Faust remis à la mode par Gounod (1859). On constate l’attention prêtée aux décors, à l’architecture. Dans la même veine, une danse macabre.

Voie des fleurs : danse macabre

Dans le style de Carpaccio, ce départ du fils prodigue de Venise. Le Thème du fils prodigue est cher à Tissot qui le reprendra beaucoup plus tard, à la veille de son retour d’Angleterre.

une autre influence exotique : le Japon qui vient de s’ouvrir à l’Occident(1853). Tissot est un des premiers japonisants

Grande japonaise au bain

Peinture orientaliste : regard d’un occidental . le modèle n’est pas japonais. En revanche le kimono attire tous les soins du peintre. Tissot est fils d’un négociant en textile et excelle à peindre les tissus, les drapés, dentelles…

Tissot portraitiste de la bourgeoisie du Second Empire

Portrait ds deux soeurs

Dans ce grand tableau où les personnages sont à taille humaine, le peintre démontre son savoir-faire. Ce serait presque une « publicité » pour attirer les commandes. J’ai bien aimé les portraits d’enfants, moins Le cercle de la Rue Royale et le portrait de famille du marquis de M, trop convenus.

Portrait des 4 enfants du banquier Gaillard (détail)

Après la Commune de Paris, comme nombreux artistes, il émigre à Londres. Anglophile de toujours, il peint la bonne société anglaise avec parfois une touche d’ironie et d’humour comme dans Too early où il moque ces invités arrivés trop tôt à un bal aux attitudes embarrassées.

To Early

Toute une salle représente les loisirs nautiques sur la Tamise, simple canotage avant un pique-nique entre les navires des docks, ou fête à bord d’un yacht luxueux, quand des allusions grivoises ne s’en mêle,nt pas comme le jeu de mots entre le HMS Calcutta (Quel cul t’as)

Gallery of HMS Calcutta

A Londres, Tissot tombe amoureux de Kathleen, son modèle

Autumn

Toute une salle dans les tons de bruns montre Kathleen, dans des parcs, des jardins. Tuberculeuse, elle décède en 1882 et après sa mort Tissot revient en France.

Avant son retour, il fait une série de 4 tableaux sur le thème du retour du fils prodigue (époque moderne). Tableau très personnels où l’on croit retrouver le père du peintre et Kathleen cousant

Retour du fils prodigue : départ

A Paris, Tissot a un projet ambitieux autour d’un cycle sur la Parisienne : La Femme à Paris qui aurait illustré des textes littéraires de Daudet, Maupassan, Zola et d’autres. Mal accueilli par la critique, le projet avortera.

la femme à Paris : chars

Vers la fin de sa vie il se consacre à la peinture religieuse, illustre la Vie de Jésus et la Bible, voyage en Terre Sainte et s’intéresse aux débuts du cinéma. On peut voir trois extraits de films d’inspiration religieuse d’Alice Guy, Olcott et Griffith

DUBUFFET, ARTISTE ET COLLECTIONNEUR D’ART BRUT – Céline Delavaux – Seuil jeunesse

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

merci à Babélio et au éditions du Seuil pour ce joli cadeau!

Un beau livre d’art pour les petits et les grands.

Les petits apprécieront cette présentation d’un artiste tout à fait accessible dans un format maniable avec un texte simple, clair pas du tout intimidant.

1ère partie : JEAN DUBUFFET ARTISTE

Une double page par chapitre une page bleue et blanche : texte sur le bleu, très abordable en même temps précis et passionnant, images sur le blanc, en couleur

Les têtes de chapitre IMITER LES ENFANTS, TRITURER LA MATIÈRE? REDÉFINIR LA BEAUTÉ, COLLER ET ASSEMBLER, JOUER AU PUZZLE…..sont évocateurs pour arriver à l’intrigant HOURLOUPER LE MONDE

2ème partie : JEAN DUBUFFET COLLECTIONNEUR D’ART BRUT

même principe : une page orange , une blanche et des titres accrocheurs

CRÉER DERRIÈRE LES MURS, DEVENIR LE ROI DU MONDE? FAIRE FEU DE TOUT BOIS…..DÉFAIRE LE PORTRAIT

il s’agit de saisir ce qu’est l’Art Brut, de débusquer la création artistique là où on ne l’attend pas, donner envie de créer avec les matériaux les plus divers.

Les grands liront avec attention les textes passionnants, le livre est un bel objet mais pas que…

closerie Falballa Périgny-sur-Yerress

Une exposition à Pompidou avait montré l’étendue et la variété de l’oeuvre de Dubuffet. Elle m’est familière parce que j’aime la promenade sur les bords de l’Yerres qui longe la Closerie Falballa à Périgny-sur-Yerres, et par la statue monumentale à Vitry-sur-Seine en face du MacVal. Ce livre rétablit les aspects originaux et moins bien connus de la production de Dubuffet.

 

 

Balade facile de Sucy-en-Brie à Boissy-Saint Léger

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Suivant le GR 14, c’est une petite randonnée facile  (13 km) que j’ai beaucoup de plaisir à faire.

Accessible de Paris par le RER A de la Gare RER de Sucy-en-Brie retour toujours en RER A à Boissy-Saint Léger. En cas de défaillance (travaux estivaux) sur le RER A, Métro ligne 8 jusqu’à Créteil-Pointe-du Lac et Autobus 393 (en site propre très fréquent et rapide) retour par les Bus 21, 23 ou K en gare routière de Boissy  reliant Créteil et la ligne 8.

Le sentier est très bien balisé (rouge et blanc) .

La balade est décrite sur l’itinéraire 13 du Topoguide PR Le Val de Marne : les chemins de la découverte. 

De la Gare de Sucy  prendre la Rue Montaleau bordée de petites résidences et de très jolis pavillons, certains cossus avec tourelle, tourner à gauche dans la Rue de Sévigné et prêter attention aux pavillons de meulière caractéristiques de la banlieue parisienne au début du XXème siècle. Se laisser guider par les balises rouge et blanches dans d’étroites sentes entre les jardins.

 

On atteint une agréable placette pavée et fleurie de roses trémières, contourne un petit étang, franchit un petit pont sur le Morbras (Moulin de Touillon) pour monter au Parc du Morbras (parc départemental, vérifier les horaires d’ouverture qui varient selon la période de l’année. Le Morbras est un affluent de la Marne qui prend sa source à Pontcarré dans la Forêt d’Armainvilliers, traverse La Queue-en-Brie, Ormesson et se jette dans la Marne à Bonneuil. C’est un joli ruisseau qui serpente au bas du Parc arboré et fleuri, soigné et tondu pour certaines parties, prairie sous des arbres fruitiers vers le haut.

Après la sortie du parc, on traverse une route assez passante (autobus 308 De Villiers/marne à Créteil) , on franchit la rivière en limite de Sucy/Noiseau pour trouver une coulée verte le long du petit Ru de la Fontaine de Villiers que tondent deux vaches.

Le sentier entre alors dans la Forêt Notre Dame entre Noiseau et Sucy , il traverse aussi des zones construites de pavillons plus récents avant de s’enfoncer plus dans le bois sur le Chemin des Gueules Noires. A un carrefour en étoile de plusieurs allées blanches, ne pas oublier de tourner à droite (balisage discret) pour trouver plus loin l’Allée Royale. 

Après une centaine de mètres sur une route tranquille, on trouve le Parking du Centre Aéré de Boissy et on pénètre dans le Parc de Grosbois planté de très beaux arbres.

Pour rejoindre le métro, le GR14 contourne le village en passant par le château du Piple. A la sortie d’une allée de marronniers on a une vue étendue sur Créteil et même Paris. On arrive devant une église et on descend sur la Gare.

C’est donc une randonnée facile à faire en toute saison ;ombragée et près de l’eau par temps de canicule, fleurie au printemps dans les jardins et le Parc du Morbras, et même sous la pluie car les allées sont bien entretenues et pas trop boueuses. L’été préférer manches longues et pantalons : on pourrait être embêté par les moustiques et les tiques dans la Forêt Notre-Dame.

Bonne promenade!

Le Grand-Paon – Jean-Henri Fabre : Souvenirs entomologique L7-chXXIII

SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES

Surprise! les deux papillons accouplés!

 

 » Ce fut une soirée mémorable. Je l’appellerai la soirée du Grand-Paon. Qui ne connaît ce superbe papillon, le plus
gros de l’Europe, vêtu de velours marron et cravaté de fourrure blanche ? Les ailes, semées de gris et de brun,
traversées d’un zigzag pâle et bordées de blanc enfumé, ont au centre une tache ronde, un grand œil à prunelle
noire et iris varié, où se groupent, en arcs, le noir, le blanc, le châtain, le rouge-amaranthe [….]

Or le 6 mai, dans la matinée, une femelle quitte son cocon en ma présence, sur la table de mon laboratoire aux
bêtes. Je la cloître aussitôt, tout humide des moiteurs de l’éclosion, sous une cloche en toile métallique.
D’ailleurs, de ma part, aucun projet particulier la concernant. Je l’incarcère par simple habitude d’observateur,
toujours attentif à ce qui peut arriver.

Bien m’en prit. Vers les neuf heures du soir, la maisonnée se couchant, grand remue-ménage dans la chambre
voisine de la mienne. À demi déshabillé, petit Paul va, vient, court, saute, trépigne, renverse les chaises, comme
affolé. Je l’entends m’appeler. « Viens vite, clame-t-il ; viens voir ces papillons,

Combien sont-ils ? Une vingtaine environ. Ajoutons-y l’appoint des égarés dans la cuisine, la chambre des
enfants et autres pièces de l’habitation, et le total des accourus se rapprochera de la quarantaine. Ce fut une
soirée mémorable, disais-je, que celle du Grand-Paon. Venus de tous les points et avertis je ne sais comme,
voici, en effet, quarante amoureux empressés de présenter leurs hommages à la nubile née le matin dans les
mystères de mon cabinet….. »

 

Pendant des années, nous avions étudié en classe ce texte  suivi du compte-rendu détaillé de toutes les expériences auxquelles le naturaliste s’est livré pour identifier le stimulus attractif. Le récit de ses expérimentations est raconté avec précision et rigueur. Modèle de méthode expérimentale.  Les élèves devaient le résumé avec des schémas. Certains faisaient de véritables bandes dessinées.  J’ai photocopié celle de Pierre V. et j’ai gardé sa BD dans mes archives précieusement pendant des décennies.

Quelle a été mon émotion quand j’ai pu découvri Saturnia pyri, hier au cimetière de Créteil, à l’ombre et dans la fraîcheur d’une chapelle familiale. La conservatrice du cimetière qui l’avait repéré et qui nous l’a montré avait fait une photo avec sa main pour donner l’échelle.

un papillon géant presque de la taille d’une main

Surprise, le papillon n’est plus seul : ils sont deux, accouplés. A côté de la tombe pousse un cerisier, tout à fait favorable pour y installer la ponte.

Ce n’est qu’aujourd’hui, alors que je suis retraitée que j’ai le plaisir de cette rencontre avec le papillon vivant!

Les Souvenirs entomologiques de Fabre sont facile à télécharger (en plus c’est gratuit). Je vais les relire. C’est un livre délicieux!

Pour des renseignements détaillés et récents sur cliquer ICI un article qui raconte l’élevage de ce papillon géant.

Wikipédia bien sûr

et le blog  de Lequet

A-t-il profité du calme du cimetière fermé pour cause de confinement? Profité aussi de ce que la Ville de Créteil a banni les phytosanitaires?

Fin du confinement!

11 Mai 2020 : dé-confinement!

 

Après 55 jours de confinement, nous avons enfin le droit de sortir sans attestation, sans la limite d’un kilomètre, ni celle de l’heure permise!

Est-ce la liberté?

Pas tout à fait!

Pour traverser Paris en métro, il faudra ruser entre les « heures de pointe », Pour aller à la campagne  limite de 100 km. Pour les vacances, pas de projet.

 

En l’absence de cinéma, de randonnées, d’expositions….il reste la lecture.

 

Serie CONTAGION: La Peste écarlate de Jack London, Le Samedi de la Terre d’Erri de Luca, L’Année du Lion de Deon Meyer, Le Hussard sur le toit de Giono, La Peste de Camus, Contagions de Paolo Giordano. 

CHALLENGE JACK LONDON   : Marin Eden, La Peste écarlate, Le Peuple de l’Abîme,  Le Vagabond des Etoiles, les Vagabonds du Rail, Construire un Feu

CHALLENGE BALZAC : Pierrette

Série VAGABONDAGES vagabondages de Lajos Kassak , et les deux Vagabonds de London

Série AFRIQUE : Le Temps des Hyènes (Soudan), Tout s’effondre Chinua  Achebe  (Nigéria )

LITTÉRATURE ITALIENNE Le temps des Hyènes Carlo  Lucarelli, Trois heures du matin Gianrico Carofiglio, Canal Mussolini Antonio Perracchi; Le Samedi de la Terre Erri de  Luca, 

LITTÉRATURE FRANCAISE : La Tresse Laetitia Colombani, Tu seras un Homme Pierre Assouline, Un Amour à l’aube Elizabeth Barillé

POLARS : ADN Yrsa Sigurdardottir, La Daronne Hannelore Cayre

FEMMES : La Tresse, Le Silence d’Isra Etaf Rum

Certains livres figurent dans deux rubriques!  Jack London m’a offert les plus belles évasions.

Se poser pour lire, lire pour voyager, lire pour réfléchir….

Une autre évasion : les minuscules voyages dans le quartier  m’ont donné l’occasion de découvrir les floraisons printanières. Je fais des inventaires botaniques au cours de mes voyages. J’ai pris le temps de voir les progrès du printemps. J’ai pris plaisir de découvrir chaque épanouissement, et j’ai éprouvé de regrets de les voir se faner si tôt. Il a fait si beau et si chaud que chaque jour une fleur en a remplacé une autre. En mars, les cerisiers blancs furent supplantés par les pompons roses des cerisiers japonais. Narcisses, muscaris et tulipes ont donné leur floraison tandis que pensées, primevères et giroflées mêlés étaient plus durables.Les iris existent sous multiples couleurs et variétés.  Mi-avril, azalées, rhododendrons ont explosé. Senteurs des lilas, puis des acacias. Ensuite, fleurirent les cistes, et en mai vint le temps des roses. Maintenant ce sont les sauges de toutes variétés, coquelicots et bleuets, pavots dans les jardins. Les  inflorescences des lavandes attendront encore un peu.

Jamais je n’aurais pensé avoir tant de joie des massifs que les jardiniers de la Ville de Créteil installent chaque année. jamais je n’avais autant photographié les fleurs. Une fleur par jour sur la page FaceBook….

Le temps suspendu a été celui du printemps, de la floraison et je l’ai goûté comme par surprise.

 

 

 

Voyages minuscules dans mon quartier : les fleurs au printemps

TOURISTE DANS MA VILLE

Lorsque que le périmètre des promenades se rétrécit et que l’horizon est tout proche, mieux vaut aiguiser son regard et s’arrêter aux détails passés inaperçus pendant des décennies. La floraison d’une nouvelle fleur devient un événement notable. 

jonquilles (01.04.2020)

Après un mois de février très pluvieux et un début mars à peine mieux voici que les beaux jours sont arrivés dès le début du confinement et que les jonquilles ont devancé le printemps. Les jardiniers de la ville ont dispersé muscaris et narcisses au hasard (sans doute étudié) dans les pelouses. Ils ont également fait des massifs en forme de larges ondulations où narcisses, tulipes, primevères et pensées fleurissent . Au cours des jours qui vont suivre certaines fleurs plus discrètes vont occuper l’espace au fur et à mesure que d’autres se fanent.

24avril : tulipes myosotis derrière le Palais

Attentive également aux buissons : jaune éclatant et précoce des forsythias, blancheur fragile des magnolias, les camélias sont sur la fin de la floraison.

Les cerisiers blancs sont éblouissants

cerisiers (fin mars)

la splendeur du début d’avril : les cerisier roses aux pompons fournis

Splendeur éphémère, un coup de vent et les pétales jonchent le sol. Quand tulipes et narcisses fanent le iris, les giroflées et les grosses boules d’ail garnissent les bordures du Mail des Mèches

dans les buissons les azalées et rhododendrons flashent

Vers la fin avril je remarque les tamaris bien cachés sur les bords du parking de la fac de Droit

 

Hier 23 avril j’ai senti les premières grappes d’acacia au parfum sucré et entêtant

Le Mail des Mèches est décoré des grosses boules rondes de l’ail

Quel bonheur cet inventaire floral et merci aux jardiniers de la Ville de Créteil pour ce cadeau !