Paris-Athènes (1675-1919) au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 7 février 2022

affiche

 

Quelques dates :  l’exposition célèbre à la fois le bicentenaire des guerres d’indépendance de la Grèce ayant commencé le 25 mars 1821 et l’entrée de la Vénus de Milo au Louvre en avril 1821. 1675 est la date de la visite de l’ambassadeur français de Nointel à Athènes et 1919 marque l’épisode de la Grande Idée – extension de la Grèce en Asie Mineure et la catastrophe qui la suivit(septembre 1922). 

Le marquis de Nointel se fait représenter devant le Parthénon

De Nointel rapporta des relevés de la frise du Parthénon : son album se « feuillette ». Il rapporta également des marbres.

D’autres diplomates comme Fauvel (1753-1858) également peintre et archéologue rapportèrent des représentations des antiquités grecques.

Philhellènes :

Theodoros Vryzakis (1861) Byron à Missolonghi.

Les massacres de Scio (1822) inspirent Delacroix . Le célèbre tableau est resté à sa place dans la Galerie du XIX ème siècle à l’étage, on ne le voit pas à l’exposition . Du même Delacroix : La Grèce pleure sur les ruines de Missolonghi accompagné d’un enregistrement sonore de Berlioz : Scène héroïque (1926)

 

la Grèce sur les ruines de Missolonghi
Ary Scheffer : les femmes souliotes
Horace Vernet : Incendie d’un navire turc.

On voit aussi une statue de David d’Angers : Jeune grecque sur le tombeau de Botzaris. 

Après la prise par les turcs de Missolonghi (1926)La France envoya une expédition militaire et scientifique de 15 000 hommes , sur le modèle de l’expédition de Bonaparte en Egypte, sous le commandement de Abel Blouet (1828-1833) qui rapporta une description de l’Expédition de Morée gros volumes  (CLIC)Patras, Milos, Délos ainsi que des statues et des objets. j’ai bien aimé la Fille de Niobé venant de Patras

Fille de Niobé

Après l’Indépendance de la Grèce, avec l’installation d’un roi bavarois Othon er sur le trône on procéda à la construction d’une Athènes nouvelle néo-classique inspirée de l’Antiquité et de Munich. l’exposition présente de nombreux plans d’architectes pour la construction de la Métropole, du Musée archéologique et du palais royal ainsi que de belles demeures cossues. entre autres architectes : Ernst Ziller (allemand) et Lysandros Kaftanzoglou (grec)

Costumes à la cour de la Reine Olga

Des peintres grecs ont été à l’Ecole de Munich, d’autres ont plutôt étudié à Paris. Un sculpteur a retenu mon attention :  Yanoulis Chalepas de Tinos.

Yanoulis Chalepas

L’Ecole Française d’Athènes fut fondée en 1846, dispensant des cours de Français à la jeunesse grecque, mais surtout entreprenant des fouilles archéologiques  : 1870 à Santorin, 1873 à Délos, 1892 à 1903 à Delphes….Ses travaux sont illustrés par une série de photographies anciennes : fouilles de Thasos, des carnets de terrain, des relevés et des reconstitutions à la plume et  l’aquarelle spectaculaires

REconstitution du temple d’Eleusis

La glyptothèque du Louvre et d’autres plâtres rendent accessibles divers chef d’œuvre de la statuaire grecque. J’ai plaisir à reconnaitre l’Aurige de Delphes, une coré parmi les autres plâtres exposés. 

Glyptothèque :

Une vidéo explique les recherches récentes autour de la colonne portant les danseuses de Delphes qui soutiendraient l‘Omphalos – le nombril du monde. Un puzzle virtuel est reconstitué sur un écran avec les explications intéressantes

Delphes : colonne portant les danseuses soutenant l’omphalos

parmi les nombreux thèmes traités ici, la couleur. Après les fouilles de Cnossos et de Mycènes, les archéologues ont réintroduit la couleur et essayé de montrer l’effet produit de ces statues et bâtiments polychromes.

le parthénon en couleurs!

L’exposition se termine par des œuvres modernes de peintres au tournant de 1900.

En conclusion : une exposition très variée par les thèmes abordés qu’il faut absolument voir!

Je chemine avec Angélique Kidjo

MOIS AFRICAIN

Angélique Kidjo à Bonneuil le 3 octobre 2021

Dimanche 3 Octobre 2021, Bonneuil, premier concert de la saison pour moi. Quel plaisir! quelle pêche! quelle ambiance! Tout le monde debout à danser, à chanter. Le 3 octobre 2020 à la Maison des Arts de Créteil, il y a tout juste un an, c’était aussi avec Angélique Kidjo que nous retournions au spectacle après le confinement (et avant le nouveau confinement) plus timidement, je n’avais pas osé me lever et étais restée soigneusement dans les distances de sécurité, bien masquée.

Deux concerts différents. Celui de 2020, était plus dédié à toutes les femmes : Myriam Makéba, Célia Cruz, Aretha Franklin j’avais été surprise de l’entendre chanter aussi bien en Anglais, qu’en Espagnol. Celui de 2021 fait suite à la sortie d’un nouveau disque : « Mother Nature » toujours féministe, mais plus concerné par le Climat et la Pandémie. 

J’ai eu envie de mieux connaître cette artiste et coïncidence : par la page Facebook du MOIS AFRICAIN j’ai trouvé le livre JE CHEMINE AVEC ANGELIQUE KIDJO que je me suis empressée de lire. C’est un livre d’entretien, questions/réponses (161 pages) menés avec Sophie Lhuillier.

Lecture facile, entretiens vivants suivant l’ordre chronologique où la chanteuse raconte son enfance au Bénin, enfance heureuse dans une famille qui l’a soutenue, elle parle de ses grands-mères, des femmes puissantes, de ses parents qui ont élevé leurs filles comme leurs garçons (ce qui n’allait pas de soi au Bénin à l’époque), qui l’ont soutenue dans son choix précoce de devenir chanteuse.

1983, arrivée au pouvoir de Mathieu Kérékou, Angélique Kidjo refuse de devenir chantre de sa propagande et préfère prendre la route de l’exil en France (elle est née avant l’Indépendance du Bénin, donc française). Là, elle découvre le racisme et doit recommencer sa carrière de zéro. Elle fera des études de chant, et surtout de très belles rencontres : son mari musicien, mais aussi des jazzmen, des musiciens en France d’abord, aux Etats Unis ensuite, même à Cuba et au Brésil.

En dehors de sa carrière (4 Grammy Awards), des concerts dans le monde entier Angelique Kidjo dit que « chanter est une responsabilité » C’est donc une artiste engagée qui sera ambassadrice de l’UNICEF et surtout s’engagera dans sa fondation BATONGA ONG œuvrant pour l’éducation des filles en Afrique au Bénin mais aussi dans d’autres pays d’Afrique. Engagement féministe, écologique, Angélique est une citoyenne du monde qui fédère toutes les cultures. Elle chante les musiques traditionnelles d’Afrique mais pas que. Elle retrouve les racines africaines de la Salsa, de la Soul, et se frotte aux musiques classiques contemporaine, avec John Cage, entre autres. Elle est là où on ne l’attend pas. 

Dans le bleu, Angélique Kidjo dans les écouteurs….

Et comme j’avais envie d’en savoir plus, de l’entendre à nouveau, j’ai vraiment cheminé avec Angélique Kidjo avec l’appli Radio France et les nombreux podcasts que j’ai pu trouver. 

Une journée particulière France-Inter : Sans le courage des femmes, le monde s’écroulerait CLIC

France Culture :  la grande table/ angélique Kidjo la voix de l’engagement CLIC /

Et il y en a eu beaucoup d’autres, pour le plaisir de la musique…..

Anni et Josef Albers, L’Art et la Vie au Musée d’Art Moderne de Paris

 EXPOSITION TEMPORAIRE du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022

 

Une rétrospective chronologique où les œuvres d‘Anni et celles de Josef Albers se répondent, se complètent, de leur rencontre au Bauhaus en 1922,  leur exil américain en 1933 à la suite de la fermeture du Bauhaus avec l’arrivée des nazis où ils partent enseigner au collège de Black Mountain . 

Bauhaus Josef Albers vitrail « éclat dans la grille

 Bauhaus

« le but de toute activité artistique est la Construction«  Gropius

Chaque étudiant doit rejoindre un atelier, Josef Albers entre au Bauhaus en 1920 dans l’atelier de verre. Avec la crise économique qui règne alors en Allemagne il est contraint d’utiliser des objets récupérés à la décharge et crée des assemblages avec des matériaux composites. 

Anni Fleischmann est admise en 1922 dans l’atelier textile « la classe des femmes »

Anni : 1925 tenture : soie, coton, acétate

Josef utilise aussi des plaques de verre dépoli peintes

Josef : verre dépoli

Il semble que les motifs et les constructions se répondent. Les lignes horizontales rappellent le bâtiment neuf de l’école à Dassau. Une vie sociale intense s’y déroule. Josef qui s’adonne aussi à la photographie y fait de très beaux portraits d’Anni mais aussi de Klee et de Kandinsky. Les photographies sont présentées en diptyques ou mosaïque.

Le Bauhaus est une école de design où l’on réalise des meubles et des objets usuels : tasse en verre ou compotier. 

typographie Bauhaus

1933 nouveau départ en Amérique

Anni et Josef partent enseigner dans un collège expérimental au Black Mountain college . De très belles vidéos montrent cet enseignement original où la devise est « Open eyes » . On voit Josef exposer ses théories sur la couleur, effectuer un pliage de papier zigzag, démontrer bandes de papier en main que 1+1 =3 et même parfois 4. Anni raconte qu’elle a enseigné le tissage sans métier à tisser réalisant des assemblages et collages avec des graines, des tortillons de papier simulant le tissu. 

Apparition de la couleur

« Je crois que l’art est parallèle à la vie. La couleur, selon moi, se comporte comme un être humain[…] de deux manières distinctes : d’abord dans son existence autonome, puis dans sa relation à autrui » 

En 1947 Josef réalise toute une série de Variants et de Constellations . le variants, comme leurs noms l’indiquent, sont des tableaux colorés avec des variations de couleurs sur une structure analogue. 

 

Découverte des arts précolombiens

Entre 1935 et 1967 les Albers effectuent une douzaine de voyages au Mexique, Pérou et Amérique latine. Une belle collection de statuettes précolombiennes occupe une vitrine. Josef photographie pyramides et paysages. ils rapportent également des textiles.

Tentures

 

 

Anni fabrique des bijoux avec des objets usuels de la vie quotidienne : joints et rondelles, anneaux de plastique entiflés sur des rubans de gros grain coloré.

collier réalisé avec une bonde d’évier, des trombones..

Sur le mur faisant face aux bijoux sont exposés des dessins de Josef sur le thème des noeuds et enchevêtrements

 

josef : noeuds

Commande religieuse :pour la synagogue B’nai Israel Woonsocket Rhode Island

Ark panel

A côté des grandes tentures, Anni réalise aussi des petits formats comme des tableaux.

Hommage au carré

hommage au carré

De 1950 à 1976 Josef peint plus de 2000 tableaux sur le thème du carré. les cimaises de deux grands salles en sont remplis. Là, j’ai un peu décroché!

Un dimanche à Versailles – Grandes Eaux Musicales et bosquets

TOURISTE PRES DE CHEZ MOI

bassin du char d’Apollon, au fond la perspective du Grand Canal

Le seul avantage de la crise du Covid est qu’on peut accéder aux sites très touristiques sans avoir à subir la cohue du tourisme de masse. Je me suis donc précipitée pour réserver un créneau horaire de visite et je suis arrivée tôt pour profiter du soleil du matin et de l’ouverture des bosquets avec les Grandes Eaux. 

Parterre de l’Orangerie

la visite des Jardins est payante (11€) et le Pass Education  ne donne droit à aucune réduction.

De la terrasse la vue sur le Parterre de l’Orangerie sous le soleil de 9h est splendide. En ce début septembre estival les agrumes et palmiers sont sortis offrant un paysage nouveau. 

parterres fleuris aux abords immédiats du château

Munie d’un plan (indispensable pour s’orienter) je pars à la recherche des bosquets bien cachés. Je descends jusqu’au bassin de Bacchus

Bassin de Bacchus

A proximité, je découvre la salle de bal qui est une sorte d’amphithéâtre arrondi dont la moitié des gradins seraient des végétaux taillés et l’autre une rocaille de meulière et de coquillages de grande taille où jaillissent des jets et où s’écoulent les cascades. 

bosquet de la Salle de Bal26

Les grandes eaux ne commencent ici qu’à 10h30 mais j’ai beaucoup apprécié les gradins de rocailles qu’on ne voit plus quand l’eau dégouline (j’y suis retournée l’après midi) la sonorisation musicale Campra, Lully et Rousseau

Le Bassin du Char d’Apollon est animé quand j’arrive Haendel, Blanchard, Philidor et Lully.

Bosquet d’Encelade

Non loin de là je trouve le Bassin de l’Encelade délicatement entouré d’une  tonnelle où fleurissent des rosiers très parfumés contrastant avec le sujet : le titan enseveli sous des tonnes de rochers. L’accompagnement musical est très réussi Charpentier et Campra. 

Inutile de chercher le Bosquet de l’étoile qui est juste une pelouse polygonale, on a même retiré le statues seuls subsistent les socles.

La matin, les statues du Bosquet des Bains d’Apollon se trouve dans l’ombre (pas de photo) j’avais bien aimé ces trois groupes représentant les Muses et Apollon quand j’étais venue en hiver. 

J’ai découvert le Bosquet du Théâtre d’Eau, conçu à l’origine par Le Nôtre il a été restauré récemment en un jardin contemporain avec les sculptures-fontaines d’Othoniel en perles de verre.

Bassin de Latone

Finalement les jeux d’eau du Bassin de Latone avec ses grenouilles dorées raconte l’histoire de la mère de Diane et d’Apollon protégeant ses enfants contre les injures des paysans de Lycie et demandant à Jupiter de les  transformer en grenouilles pour les venger. 

Je pourrais imaginer une autre promenade qui me conduirait de statue en statue : il y en a tant de très belles! Ou dénicher les bizarreries comme ces chérubins ou diablotins assis sur une tête de chèvre servant d’anse à une urne. Ou cet autre grimpé sur une sphynge.

Giorgia O’Keeffe à Pompidou

Exposition temporaire 8 septembre 2021 – 6 décembre 2021

Inside the  Red Canna

Merveilleuse exposition O’Keeffe à Beaubourg, à ne pas rater!

Giorgia O’Keeffe (1887 – 1986) est une figure de l’art moderne américain. 

Elle a commencé sa carrière en 1916 en exposant à New York au 291, la galerie de Stieglitz, où l’on pouvait voir les dessins de Rodin, de Picasso et la peinture de Cézanne, des aquarelles de Demuth et bien sûr les sublimes photographies de Stieglitz.

Serie I White and blue flower (1918)

Elle peint une « série synesthésiste » suivant l’idée de Picabia selon des abstractions organiques correspondant à des ondes sonores jouant des mélodies. Elle s’inspire également du livre de Kandinsky . J’ai moins aimé les tableaux abstraits Black abstraction et Abstraction white que les œuvres d’inspiration végétales comme ce maïs

Corn dark 1

Pour se forger un style bien à elle, elle peint des fleurs en les zoomant, fleurs géantes, sensuelles, colorées que certains jugent érotiques (dans une vidéo Giorgia O’Keeffe s’en défend arguant que chacun peut y voir ce qu’il veut.)

White iris

« O’Keeffe, c’est l’Américaine qui peint de grosses fleurs?  » me demande une de mes copines. Oui, certes , mais pas que!

« Il est rare que l’on prenne le temps de regarder une fleur. j’ai peint ce que chaque fleur représente pour moi et je l’ai peinte suffisamment grande pour que les autres la voient telle que je la vois »

Jimson Weed/white flower (1932) – datura

Elle a aussi peint la campagne, les maisons et les granges des environs de Lake George où Stieglitz,  devenu son mari, avait une résidence, la Gaspésie..

Elle a aussi peint des paysages industriels rappelant les photographies de Stieglitz

New York East End

ou les gratte-ciels newyorkais spectaculaires mais toujours avec sa fascination pour le cosmos et le ciel.

New York with moon

mais c’est le Nouveau Mexique qui deviendra le sujet de paysages de prédilection.

Montagnes rouges du Nouveau Mexique

montagnes rouges et parfois montagnes noires

new mexico dark

Dans les déserts arides, elle ramasse des ossements blanchis de bovins ou de chevaux et s’en sert comme de motifs

Ram’s head & white Hollyhock – New Mexico

Spectaculaire encore ce ciel avec la lune  qui apparait dans la cavité du bassin, ou les montagnes au lointain….

Pelvis with distance
Black hills with cedar

Et il en reste d’autres à découvrir!

Carnavalet : collections permanentes Paris du 16ème au 18ème siècle

HISTOIRE DE PARIS

Le Pont Neuf et la Pompe de la Samaritaine sous Louis XVI

J’ai attendu avec impatience la réouverture du Musée Carnavalet. Et il semble que je n’étais pas toute seule : comme dans tous les musées, il faut réserver un créneau sur Internet, télécharger et imprimer le billet gratuit et se munir du Pass Sanitaire. L’entrée est gratuite (pas libre).  Pour l’Exposition Cartier Bresson, c’est un billet séparé. Sauf à y consacrer la journée entière et à faire preuve d’endurance, l’après-midi ne suffit pas pour épuiser les collections permanentes et voir une exposition dans la foulée. Avec l’impression de survoler le tout, et de me perdre dans l’ordre des salles je n’ai vu que celles du premier étage. Il me faudra revenir pour la Révolution et le Moyen Age.

Carnavalet occupe tout un bloc entre la Rue Sévigné, la Rue des Francs-Bourgeois, la rue Payenne. On entre par la Cour d’Honneur ou Cours Louis XIV mais je découvrirai qu’il y a 4 cours, une petite Cour Henri IV (avec un jardin des simples), la Cour des Drapiers. Madame de Sévigné a occupé un des hôtels particuliers mais peu de souvenirs ont été conservés. C’est un des plus anciens musées de Paris : il a ouvert en 1880. 

les enseignes

Une belle collection d’enseignes nous fait imaginer les rues de Paris avec les plaques de rues en calcaire gravé. L’étoile de David capte tout de suite mon attention : rien de juif, c’est le symbole des brasseurs, les deux triangles figurant les éléments composant la bière et les transformations. L’orme de Saint Gervais  est le souvenir d’un arbre de justice.

la devanture de l’apothicaire contient flacon et pots à onguents en porcelaine.

Au plafond sont pendus des lorgnons, des fourchettes, au mur un homard.

Plusieurs tableaux et réclames utilisent des stéréotypes racistes :  « A la Tête noire » pour un marchand de vin ou « au Nègre joyeux » dans un magasins de produits alimentaires venant des colonies.

Je monte au 1er étage en empruntant le monumental escalier de l’Hôtel de Luynes surmonté d’une galerie décorée en trompe-l’oeil.

Escalier de l’Hôtel de Luynes

Non seulement on a remonté des escaliers provenant d’hôtels qui ont été démolis mais on a reconstitué des appartements entiers avec boiseries, plafonds, tentures et mobilier.

Une série de salles fait revivre le Paris de l’Encyclopédie (1751 – 1788) d’Alembert nous accueille, et nous passons par les appartements de l‘Hôtel de Breteuil, entrée, salon et boudoir ovale. Le salon est meublé de tables à jeu (échiquier cachant un trictrac) table carrée pour jouer au pharaon, fauteuils divers, une harpe et même une niche capitonnée de bleu pour un chien minuscule. Un accompagnement sonore reconstitue l’ambiance du salon.

Différents tableaux, aquarelles et gravures, restituent les Jardins de Paris, le Jardin des Plantes avec la figure de Buffon, Parc Monceau créé par Carmontelle, Jardin de Bagatelle, mais aussi des jardins oubliés comme ce Jardin des Marchands.

On célèbre le Spectacle des sciences avec le spectaculaire envol (et crash) des Montgolfières qui ont suscité des « objets dérivés » boutons, tabatières et éventails

J’ai découvert un peu plus loin (je me suis un peu perdue dans le dédale des salles) le fauteuil de Voltaire avec sa silhouette caractéristique équipé d’un écritoire et d’un pupitre. Nombreuses têtes, buste de Voltaire autour. Jean Jacques Rousseau en costume arménien fait le pendant au buste de Voltaire). un joli groupe en porcelaine blanche fait figurer Franklin. je suis contente de voir le palais que Beaumarchais s’était fait construire à proximité de la Bastille que décrit Orsenna dans sa biographie Beaumarchais : un aventurier de la liberté. 

maquette de la Madeleine (à l’arrière Saint Sulpice)

Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ont embelli Paris de nombreux monuments et places comme la Place Louis XV (place de la Concorde) dessinée par Gabriel. On démolit les maisons construites sur les ponts au XVIIIème siècle. De nombreux tableau témoignent des transformations. Des maquettes des projets de l’église de la Madeleine, et de l’Eglise Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice montrent les projets. L’église Sainte Geneviève est devenue plus tard le Panthéon et la Madeleine ne fut terminée qu’après la Révolution.

Une salle entière est consacrée à l’architecte Ledoux  qui dessina 47 barrières dans le mur des fermiers généraux (1762 -1795)

Les reconstitutions des appartements venus d’Hôtels particuliers sont spectaculaires mais mon parcours n’est pas toujours logique ou chronologique, c’est le seul défaut du musée.

je suis éblouie par le salon peint de fresques à grotesques de l‘Hôtel Colbert de Villacerf

Cabinet Colbert de Villacerf, grotesques et portrait de Mazarin

Impressionnants, solennels, ceux de l’Hôtel La Rivière (Place Royale) avec les décors de Charles Lebrun (too much!)

Décors Le Brun très chargés
Boiseries de l’Hôtel d’Uzès

Toujours dans mes errances chronologiques j’ai découvert le 16ème siècle, Catherine de Médicis, Henri III, Charles IX Le Duc de Guise. Impressionnante procession de la Ligue

Procession de la Ligue

Et pour contraster avec cette peinture belliqueuse une fête populaire

Fête populaire

 

et ces petits métiers

petits métiers 18ème siècle

je me rends compte que ce billet est bien désordonné, surtout du point de vue de la chronologie. Telle fut ma visite. Ce musée est si riche qu’on s’y perd et je me promets d’y retourner d’abord pour voir les souvenirs de la Révolution, les témoignages du Moyen Age puis ultérieurement me limiter à une courte période et lire avec soin les cartels.

Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme à la maison Caillebotte, Yerres

Exposition temporaire jusqu’au 24 Octobre 2021

Renoir : portrait de Durand-Ruel

Marchand d’art à Paris et à New York, Durand-Ruel fut le soutien des impressionnistes et s’intéressa à leurs héritiers, Gustave Loiseau,  Henry Moret , Maxime Maufra, Georges d’Espagnat, Albert André qui étaient liés avec lui par un contrat d’exclusivité.

Georges d’Espagnat : Crique au Lavandou (choisi pour l’affiche de l’exposition)

L’exposition à la Maison Caillebotte présente ces cinq peintres que j’ai le grand plaisir de découvrir. L‘exposition Vollard au Petit Palais est construite un peu dans le même esprit, réunissant autour de la personnalité d’un collectionneur et marchand d’art une pléiade de peintres. j’ai toujours beaucoup d’intérêt à admirer des Picasso, Chagall, Matisse… mais j’avais envie de découverte. Les Postimpressionnistes présentés à Yerres sont peut-être de moindre envergure mais je n’en connaissais aucun et j’aime les nouveautés et les surprises.

Gustave Loiseau, Maxime Maufra et Henry Moret occupent le niveau haut. peinture héritière des Impressionnistes, le plus souvent des paysages mais surtout des marines. Ces trois peintres se connaissaient et se sont retrouvés à Pont-Aven où ils ont rencontré Gauguin

Gustave Loiseau : Les Roches Vertes

J’ai beaucoup aimé les couleurs des paysages bretons de Henry Moret

henry Moret : Goulphar, Belle-Île

ainsi que ses personnages ayant une certaine parenté avec les bretons et bretonnes de Gauguin

Henry Moret : les Moissonneurs

Toujours des sujets bretons avec Maxime Maufra

Maxime Maufra : la Récolte du Goémon

On descend un escalier pour découvrir une toute autre ambiance avec Georges D’Espagnat, on quitte la Bretagne, les paysages marins pour des portraits, des enfants

G d’Espagnat : la Gare de Banlieue

ainsi que des couleurs chatoyantes comme la Crique au Lavandou ou l’après midi d’automne

G d’Espagnat :Après midi d’automne

Aussi coloré et décoratif, le travail d’Albert André a su nous séduire

Albert André : la femme aux paons
Albert André : la Tonnelle
Albert André : la Femme en Bleu

The Power of my hands au Musée d’Art Moderne

Exposition temporaire jusqu’au 22 Août 2021 

Je ne pouvais pas rater cette exposition féministe et très originale.

Le cartel présentant les œuvres précise que ces créations sont faites directement à partir de la vie quotidienne et des activités domestiques. La Sphère privée s’étend à la créativité et à la politique.

In the power of my hands – Tapisserie faite avec des nattes de cheveux artificiels

En effet ces plasticiennes utilisent les textiles, la terre, et même les tresses de faux cheveux des coiffures africaines . Mais j’ai aussi été bluffée par la modernité de ces œuvres qui utilisent largement la photographie et la vidéo.

« Mombathiseni de Bullieweze Siwani – il faut entendre les vagues des vidéos
textile
Dyptique de Njideka akunyali Crosby

Les techniques utilisées sont souvent métissée, composites avec surimpression photographiques et très sophistiquées. l’artiste nigériane vit à Los Angeles,.

Ana Silva : broderies sur sac

Ana Silva, Angola, a brodé des  femmes en fines broderies sur de la toile à sac servant à emballer des vêtements de seconde main arrivant en Afrique : dénonciation de la surconsommation de l’industrie de la mode.

D’autres œuvres dénoncent les violences faites aux femmes, ou l’impossibilité de représenter le sexe féminin.

Reinata Sadimba : Femme en train d’accoucher

j’ai beaucoup aimé la vidéo de Wura Natasha Ogunju (USA/Nigéria) dont est tirée l’affiche de l’exposition : Will I still carry water when I am a dead woman? Des femmes au visage masqué mais à la tenue courte, short ou robe courte trainent des bidons dorés qui les entravent. Elles défilent  dans les rues d’une ville nigériane dans l’indifférence des passants.

Comme le titre en anglais l’indique, ces artistes viennent presque toutes de l’Afrique anglophone, Afrique du Sud, Nigéria, Zimbabwe sauf Angola. C’et une région de l’Afrique que je ne connais pas du tout et j’ai été très dépaysée.

Edition Limitée au Petit Palais – Vollard, Petiet et l’estampe des Maîtres

Exposition temporaire jusqu’au 29 Aout 2021

Pportrait de Vollard par Renoir (1899)

Vollard, collectionneur, marchand d’art mais aussi éditeur, s’installa à Paris en 1890. Il achetait à un prix modique des ensembles d’œuvres de jeunes artistes d’avant-garde et  les vendait dans l’Europe entière et en Amérique.

Portrait de Vollard par Cézanne

Vollard sut s’entourer et collaborer avec les plus grands : Renoir,Gauguin,Toulouse-Lautrec mais aussi les Nabis, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Emile Bernard, Picasso, Marc Chagall….et j’en oublie…

Toulouse-Lautrec : l’Estampe originale

Cette exposition est l’occasion de découvrir des estampes . un mur est occupé par 22 estampes  des « peintres graveurs » aussi divers que Fantin-Latour, Munch, ou moins connus comme Ker-Xavier Roussel (que j’ai bien aimé)

Baigneurs de Cezanne

Picasso fit 100 estampe de la « suite Vollard »

Picasso Minotaure

Il illustra aussi L’Histoire Naturelle de Buffon

Picasso : Histoire Naturelle de Buffon

Vollard était aussi éditeur de « Beaux Livres » c’est la partie de l’exposition qui m’a le plus intéressée. Le premier livre d’artiste, en  1900, fut Parallèlement de Verlaine illustré par Bonnard. On peut le « feuilleter » virtuellement sur un écran

Parallèlement de Verlaine illustré par Bonnard

la collaboration avec Bonnard s’est prolongée avec l’illustration des Pastorales de Longus Daphnis et Chloé ainsi que Dingo d’Octave Mirbeau. 

Odilon Redon , la Tentation de Saint Antoine

Maurice Denis, L’Imitation de Jésus Christ

Ballade des pendus Villon

j’ai beaucoup aimé les illustrations d’Emile Bernard pour les Oeuvres de François Villon, L’Odyssée et Les Fleurs du Mal. Et bien sûr, Chagall pour els Ames mortes et les Fables de La Fontaine 

Chagall Le meunier son fils et l’âne

Cette exposition n’est peut être pas spectaculaire, mais il y a tant à voir! Et surprise, en sortant j’ai découvert un orchestre baroque : clavecin, violon, flûte et deux chanteuses qui ont interprété Lully, Rameau J.J. Rousseau (et oui, il a composé un petit opéra) entrecoupés de chants populaires: Le Pont d’Avignon, Frère Jacques...et rond et rond petit patapon....

Une belle sortie!

Signac Les harmonies Colorées – Jacquemart-Andé

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 26 Juillet 2021

Paul Signac – Opus 176 (1886)

Admirateur des impressionnistes et de Claude Monet, Paul Signac, autodidacte devient peintre et va avec Seurat utiliser une nouvelle technique pointilliste ou de « division des tons » pour fonder un mouvement que le critique Fénéon qualifiera de  Néo-impressionnisme.

signac paul

L’exposition LES HARMONIES COLOREES  au Musée Jacquemart-André présente les œuvres de Signac mais aussi des artistes néo-impressionnistes comme Cross, Pissaro,  Achille Laugé et Maximilien Luce, Van Rysselberghe 

Achille Laugé : L’arbre en fleur

Tout d’abord,  nous étudions les recherches de couleurs, la palette éclatante de Signac, les complémentarités des couleurs, l’utilisation de couleurs pures qui ne doivent pas se mélanger mais se rehausser, s’exalter. On parle parfois de pointillisme ; à y voir de plus près, ce ne sont pas des points (il y en a comme les points orange de l’Opus 176 qui rehaussent les barques bleues ou les arbres verts) mais il y a aussi ces virgules roses et bleues, éclairant la mer de Saint Briac

paul signac balises, Opus 210

parfois le peintre choisit de croiser les touches, parfois de jouer le mosaïste avec des touches carrées ou rectangulaires qui ressemblent à des tesselles. Cette exigence de couleurs pures suppose un travail préparatoire. Si la peinture sur le motif, comme les impressionnistes, est le début du tableau celui-ci sera accompli en studio. l’exposition présente donc de nombreuses études préparatoire, huiles en large touches très colorées et petits format, ou grands lavis à l’encre de Chine de la taille du tableau définitif en couleur.

Signac : Mont Saint Michel 1897

La visiteuse peut prendre son temps pour observer les détails de la technique qui varie selon le temps.

Après son séjour à Saint Tropez en 1892, Signac pratique l’aquarelle. Il peint un très bel éventail de Venise. Il utilise l’aquarelle pour peindre sur le motif, et  réalise un reportage complet des ports de France, du port de guerre de Toulon, aux petits ports de pêches bretons, des ports de Saint Nazaire. le dessin est très soigné, la couleur n’est plus le sujet principal et parît accessoire.

paul Signac : Villefranche

et pour le plaisir : Cross

Cross

et bien sûr, comme toujours à Jacquemart-André une vidéo permet de d’approfondir la visite avec un commentaire éclairé.