Byblos à L’IMA

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Affiche

C’est l’excellent documentaire d‘Arte CLICqui m’a incitée à faire cette visite et je recommande de le visionner avant.

Byblos est la cité libanaise de Jbail, ville côtière située au nord de Beyrouth. Son peuplement est très ancien  : communauté de pêcheurs il y a 9000 ans.

urne funéraire néolithique avec collier de cornaline

Byblos, en trois mots : la mer, le cèdre, l’alphabet

la mer

Ancres votives

Merveilleusement scénographiée, la présence de la mer avec ces rangées d’ancres votives grosses pierres percées d’une ou plusieurs perforations par lesquelles passaient les cordages. Ancre pour immobiliser le bateau, mais aussi pour mesurer la profondeur du fond. Stèles maritimes comme des ex-votos. Sur les parois est projetée la mer mobile de la baie et les bateaux transportant les grumes vers l’Egypte ou d’autres contrées. 

 

Le transport du bois de cèdre sur le bas-relief du palais de Sargon II à Khorsabad (721-705 av.JC)

On reconnait les grumes transportées jusqu’en Egypte où elles servirent à la construction des pyramides. Les échanges commerciaux avec l’Egypte ont laissé de nombreuses traces : scarabées de cornaline ou de pierre, buste du roi coiffé en pharaon, hiéroglyphes….Echange aussi dans tout le proche Orient et le pourtour de la Méditerranée jusqu’en Sardaigne et même  en Assyrie comme le montre le bas-relief.

maquette de bateau en argile et varques votives en cuivre et en argile

le cèdre du Liban proche était très recherché, recherché pour  le bois, l’essence transportée dans des jarres. Les jarres, amphores, cruches et cruchettes  étaient très élaborées. On reconnait l’oeil typique de ces poteries

Double anmphore à tête de bélier
jarre à anse torsadée sous le col reconnaître l’oeil

Byblos fut fouillée au XIXème siècle par Renan Des campagnes de fouilles récentes ont mis au jour des nécropoles inviolées. L’exposition présente des objets métalliques précieux : comme la cuiller à tête d’oiseau si délicate:

Les représentations animalières sont très répandues, bovins, mais plus étonnant hippopotames. Les petits personnages métalliques longilignes sont fascinants

Byblos a été occupée en continu, de la Préhistoire jusqu’à la période hellénistique, romaine, byzantine, ottomane, moderne. De la période romaine une merveilleuse mosaïque avec l’Enlèvement d’Europe, de jolies statuettes. Toutefois l’exposition de l’IMA s’est plutôt centrée sur le Néolithique, Âge de Bronze et Antiquité. 

Byblos : son nom évoque la Bible, le Livre, et l’alphabet phénicien. 

Les habitants de Byblos, étaient de commerçants. On a retrouvé des correspondances sur des tablettes d’argile en caractères cunéiformes mais aussi des stèles, des statues égyptiennes portant des hiéroglyphes. Sur des tombeaux on a aussi retrouvé les premiers textes en alphabet phénicien. Un tableau montre la correspondance entre ces lettres, le dessin représentant l’objet symbole de la lettre. J’ai été étonnée de la correspondance presque parfaite avec l’alphabet hébreu. Et encore plus étonnée de ne pas voir cet alphabet figurer dans le tableau de correspondance. Et encore plus étonnée de la réponse qui a été faite à une visiteuse devant moi qui a posé la question : »de toutes les façons l’Arabe ne figure pas non plus »

 

alphabets : correspondance entre les lettres phéniciennes et grecques

Très belle exposition; une scénographie spectaculaire, des objets magnifiques. Dommage que certains soient manquants du fait de la guerre.  Encore un site fragile (comme Baalbek) dans la situation actuelle! L’IMA fait de très belles expositions de sites en danger : Gaza dernièrement, et en images virtuelles, Alep, Damas et un site lybien il y a quelques années.

 

Matisse (1941 – 1954) au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 26 juillet 2026

La Gerbe

Cette exposition est très fréquentée, il convient (même avec une gratuité) de réserver à l’avance un créneau et d’éviter les horaires de pointe. Elle présente énormément de chefs d’oeuvres, les plus surprenants (les papiers découpés) sont à la fin, prévoir une belle plage de tempset des chaussures confortables. 

Autoportrait

1941, Matisse a 72 ans, il sort très affaibli d’une opération. Nice est relativement préservée de la guerre. Trop fragile pour peindre, il dessine beaucoup. Il dessine par séries, d’un sujet au fusain, il décline des infinies variations d’un trait élégant très sûr.

Aragon (1942) de profil

De profil, de face, il portraiture Aragon.

L’exposition nous montre les étapes de la réalisation d’un chef d’oeuvre : la Blouse Roumaine avec le portrait de Marguerite, sa fille. 

1943, tout le Midi de la France est occupé, Matisse quitte Nice pour Vence où il peint une série d’intérieurs :

Intérieur barres au soleil
Fond jaune deux jeunes filles

Matisse innove avec une série de papiers découpés qu’il réunit dans l’album Jazz présentée dans une cellule ronde et noire dans des vitrines éclairées. Deux thèmes sont privilégiés : des lagons marins avec des formes aquatiques

lagoon

ou des figures du cirque avec l’enterrement de Pierrot 

Jazz l’enterrement de Pierrot

mo  préféré esdt la chute d’Icare

La chute d’Icare

Matisse utilise cette technique pour illustrer de magnifiques livres de poèmes.

nature morte aux mimosas

Sa production ne se limite pas aux petits formats, il continue à nous émerveiller avec ses natures mortes et ses intérieurs, toujours ensoleillés, colorés : fenêtres, bouquets et citrons…

Polynésie : la mer (1946)

De la Polynésie il rapporte des motifs marins, algues, coraux poissons et oiseaux qu’il découpe sur de très grands panneaux dont certains sont rapportés sur des tissus.

L’exposition montre encore d’autres aspects du travail de Matisse : la Chapelle de Vence avec vitraux, panneaux, chasubles… (voir le beau documentaire d’Arte) 

Grand intérieur rouge (1948)

Nous ne sommes pas au bout des surprises : d’immenses panneaux de gouaches découpées vont retenir notre attention. La Gerbe répond à une commande pour une décoration en céramique d’une villa de Los Angeles. 

La Tristesse du Roi (1952)

Mon préféré est sans doute La Tristesse du Roi peut être un autoportrait en compagnie d’un guitariste et d’une danseuse que je n’ai pas identifié tout de suite. Il faut explorer toute la richesse de ce tableau. 

La sa&uteuse de corde

Et bien sûr terminer par les nus bleus mais lequel choisir? Je les aime tous

 

Cartes imaginaires – Inventer des mondes à la BNF

Exposition temporaires jusqu’au 19 juillet 2026

Si tu peux rêver des heures avec un atlas, Si tu ne pars jamais en randonnée sans une carte papier, si un plan de ville t’est plus utile que ton GPS. Si tu as suivi le tour du Monde de Magellan.Cette exposition est pour toi!

Très belle exposition, très populaire aussi. Pour les grands et les petits. Il y avait donc une longue queue  dimanche dernier , d’autant plus que les documents sont relativement petits et qu’on a tendance à rester très longtemps devant  chaque vitrine.

les mondes inexplorés

Tour du monde de Magellan

Cette section rassemble des cartes anciennes, surtout des cartes marines qui retracent les voyages de Christophe Colomb ou de Magellan  même une beaucoup plus ancienne : celle d’Al-Idrîssî.

monstres des mers froides

Sur ces planisphères (l’un d’eux est centré sur la Sardaigne) on trouve des lieux connus mais aussi des terres inexplorées « hic sunt dragones« . Ces dragons sont représentés, comme le mythique Prêtre Jean, des hommes sans têtes 

Sur la carte on fait figurer les navires mais aussi les habitants de ces contrées. De très jolies représentations montrent les Indiens avec le bois-brésil et des perroquets colorés.  Des gravures les figurent en anthropophages faisant griller des membres humains sur des grils.

les habitants du Brésil et le bois-Brésil

C’est très amusant de comparer les cartes anciennes avec nos représentations actuelles. On reste une éternité devant une vitrine! J’ai aussi beaucoup aimé un globe terrestre vert, malheureusement j’ai raté la photo.

Les cartes chinoises ne ressemblent pas aux nôtres.

Les mondes littéraires

Carte de l’Île au trésor

L’Île au Trésofigure avec l‘Île d’Utopia de Thomas More

utopia

Un manuscrit de Marcel Proust montre la ligne de train imaginaire allant à Balbec. On voit bien sûr des exemplaires de Jules Vernes. Déception : l’Odyssée est absente. Je suis passée rapidement devant les cartes du Monde de Tolkienet des jeux vidéo qui ont des amateurs plus jeunes. 

On voit aussi des oeuvres de plasticiens contemporains sur le thème de la carte.

En conclusion une de mes préférées est la carte des méandres actuels et fossiles du Mississipi

Mississipi

Alexandre Lenoir – Par la force des choses -à l’Orangerie

UNE DECOUVERTE!

Très grand format, très étrange ce paysage aquatique où les reflets jouent avec le paysage. On sent la proximité avec les nymphéas.

la petite salle est toute emplie de ces trois toiles

par la force des choses Ensemble de trois peintures 2026

Comme je ne connais pas du tout ce peintre je préfère recopier le cartel

« Alexandre Lenoir, né en 1992 peint depuis les année 2010 à partir de photographies comme des souvenirs de moments heureux quoique dominés par une nature impérieuse. Les protocoles techniques u’il instaure donnent naissance à des peintures paraissant avoir été crées presue sans son intervention accodant une place au hasard. Il utilise le papier adhésif pour masquer et révéler certaines zones du tableau. En laissant une partie de la toile au sol, il recueille les aléas de la vie d’atelier: coulures, taches, traces de pieds, pliure. Il tient la formule de Niele Toroni, un artiste qu’il admire : « travailler à ce que la peinture travaille d’elle-même…. »

A suivre!

henri Rousseau – l’ambition de la peinture à l’Orangerie

Exposition temporaire jusqu’au 20 juillet 2026

La bohémienne endormie (1897)

On croit tous connaître le douanier, qui n’était pas douanier mais employé de l’Octroi. On le qualifie de « naïf », alors qu’autodidacte, il cherche à être un peintre à part entière qui envoie ses tableaux aux Salons, concourt pour des commandes officielles et cherche la reconnaissance institutionnelle.

moi-même portrait paysage (1890)

Avant d’aborder ses tableaux les plus connus comme la Charmeuse de Serpents ou La Guerre qu’on ne présente plus, l’exposition présente des petits formats, souvent des portraits. Rousseau se voulait peintre, vendre des portraits lui permettait de vendre. Il a inventé le concept de « portrait-paysage » où le sujet se trouve dans un environnement fleuri (remarquer le petit chat plein de fantaisie)

Portrait de Madame M/ (1895)

la charrette du Père Junier lui a permis de rembourser une dette . Il fut remarqué par Apollinaire  qui l’acheta 

la charrette du Père Junier (1908)

Petits formats encore, ces paysages de Paris (Pont de Grenelle), des Rives de la  Bièvre près de Bicêtre, ou de l’octroi, petits tableaux adaptés au budgets de bourgeois modestes.

Le Pont de Grenelle avec la statue de la Liberté et l’ile des Cygnes (1892)

j’ai beaucoup aimé ces tableaux de plus grand format représentant des arbres très élégants comme le Soir de Carnaval

Soir de Carnaval (1896)

Toute une salle est occupée par cette jungle imaginaire et fantaisiste sortie de son imagination (et de l’observation de plantes tropicales dans les serres du Jardin des Plantes) . J’ai adoré les singes farceurs et cherché, perchés, les hiboux .

 

les deux farceurs (cherchez le hibou!)

vous ne verrez pas la Guerre, ni les autres chefs d’oeuvres, je les ai photographiés à Orsay en 2016 CLIC

Ou avec Séraphine au Musée Maillol en 2020 CLIC

Renoir et l’Amour – La modernité heureuse (1865 – 1885) à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026

 

La promenade

Renoir est à sa place au Musée d’Orsay dans ses collections permanentes mais ce printemps deux expositions Renoir s’ouvrent. Est-ce bien nécessaire de se déplacer au risque d’affronter la foule? Même si les tableaux-phares : Le Moulin de la Galette et le Déjeuner des Canotiers , sont archi-connus, j’ai eu l’impression de redécouvrir le peintre. Je suis sortie ravie.

Renoir peint par Bazille 1863

En introduction, faisons connaissance avec le peintre jeune. Deux estampes dessinées par Desbartin, le portrait que Bazille a fait de lui, jeune à 22 ans et un autoportrait en 1875

Renoir autoportrait 1875

L’exposition s’organise autour de quelques thèmes. Un chef d’oeuvre est mis en majesté. On peut s’assoir sur un banc pour l’étudier à loisir tandis que derrière la banquette de nombreuses explications sont fournies. La scénographie invite à une visite lente et approfondie.

Scène de la vie de Bohème 

le Cabaret de la mère Anthony à Marlotte

Les artistes se réunissaient à Marlotte près de la forêt de Fontainebleau. On reconnaît Sisley (de dos) à son chapeau, Murger est caricaturé sur le mur avec un chapeau melon, le personnage imberbe n’est sans doute pas un peintre. Le Cabaret est un grand tableau mis à l’honneur. Autour on a acroché la Grenouillère et une jolie vue de Bougival et la Promenade (voi plus haut)

A Bougival

Fêtes galantes

Cette section regroupe des tableaux de groupes ou de couples avec une vision harmonieuse des échanges amoureux dans une liberté joyeuse. 

le tableau à l’honneur est le Moulin de la Galette avec beaucop d’explications et encore un banc pour prendre son temps à découvrir les personnages assis au premier plan, les couples, les lumières. Les taches claires de lumière sur les robes des femmes, sur les bancs et les dossiers, au sol semblent la marque de fabrique de Renoir. 

 

Moulin de la Galette

Les autres tableaux qui accompagnent le tableau principal sont presque tous des couples dont les visages rapprochés suggèrent les confidences ou une conversation intime. Avec, en permanence ces taches de lumière.

Rencontres en ville

Le Pont des arts

le Pont des Arts surprend par sa netteté des traits,. Point de taches de lumière, de grands coups de pinceau flous, ici c’est net et précis. Dans le tableau voisin des Grands boulevards je retrouve à travers le léger feuillage les taches de lumière. 

Chez la modiste

Uen série de petits formats décrit la vie parisienne : chez la modiste, dans la loge à l’opéra avec un magnifique bouquet offert à la chanteuse, dans une loge au théâtre, au café….

Renoir reçoit ses amis dans son atelier, on reconnaît Rivière et Pissaro 

Une partie de campagne

A pour chef d’oeuvre le Déjeuner des Canotiers qu’on croit si bien connaître mais qui m’a surprise par sa taille. Plaisir de chercher les détail de cette composition si riche : le raisin sur la nappe, les miettes, les verres presque finis. Plaisir de reconnaître les convives : Ephrussi porte un haut de forme, grande bourgeoisie qui se mêle aux canotiers plus modeste, il y a aussi Jules Laforgue aui fut le secrétaire du banquier. C’est encore la célébration du loisir et des liens humains.

Tout autour se trouvent des tableaux sur le thème du canotage et de la vie au bord de l’eau

La yole

Pas de jeunes hommes en maillot blanc dans cette yole, deux femmes rament seules dans ce tableau à la facture très impressionniste.

Fin du déjeuner

Cette fin de déjeuner m’a beaucoup plu. C’est un thème que le peintre affectionne. plutôt que de montrer les victuailles dans les plats il préfère témoigner de la satiété, du bonheur de se retrouver ensemble.

les parapluies

les parapluies

Avec ce grand tableau Renoir s’éloigne de l’impressionnisme. Il a été peint en deux étapes avec plusieurs années d’écart. Sur la gauche, un jeune homme propose un parapluie à la jeune fille au panier qui fait mine de ne pas le regarder. A droite les deux enfants avec le cerceau ne semblent pas craindre de se mouiller.

Les danseurs 

la salle ronde avec un banc rond ne contient que trois tableaux : trois couples de danseurs de taille humaine décrivant trois milieux sociaux différents : un se trouve dans des salons bourgeois, un autre à la campagne,

Je n’ai pas continué dans la deuxième exposition Renoir Dessinateur me réservant le plaisir pour une prochaine fois; le privilège de la Carte Blanche !

Au pied du Palais de Justice Porte de Clichy, Parc Martin Luther King

TOURISTE DANS MA VILLE

Une affaire familiale au Palais de Justice m’a fait découvrir le Parc des Batignolles par cette matinée de printemps très ensoleillée. Plaisir de la promenade dans les arbres en fleurs.

palais de Justice

Plaisir aussi de découvrir tout un quartier qui a surgit de terre cette dernière décennie.

façades variées

Et comme l’heure du déjeuner était arrivée, nous nous sommes installés en terrasse au restaurant argentin Palermo à proximité du marché des Batignolles, Rue des moines,  très animée et plus traditionnelle. 

Palermo

Qui dit « argentin« , dit excellentes grillades d’Angus . A la carte empanadas délicieuses ou ceviche. Une boutique adjacente vend également des produits exotiques et des empanadas à emporter.

Promenade dans Maisons Alfort – pavillons et cités de briques

TOURISTE DANS MA VILLE

La promenade commence à la Gare de Maisons-Alfort/Alfortville La voie ferrée arrivée en 1849, avec la Seine et la Marne peut commencer une industrialisation dans la plaine qui est encore maraîchère. Notre petit groupe s’engage dans des rues tranquilles entre petits immeubles de brique et pavillons de meulière.

Patricia, notre guide, nous fait remarquer les appareillages de la maçonnerie, les constructions soignées : les joints décoratifs entre les gros moellons de meulière où les maçon ont coincé des petits morceaux, ou les dessins des briques, panneresse(brique dans la longueur) et boutisse (petit côté), décors avec des briques formant des frises. Forsythias éclatants dans les jardins et un magnolia à l’envers des pétales d’un beau violet.

Cité petit Guyon, pavillons de brique et un immeuble

Avec ses nombreuses industries, alimentaires, pharmaceutiques, Spécia devenu Sanofi, Springer,  imprimerie Cino Del Duca, des immeubles logent les travailleurs, la petite cité Guyon en briques des années 1930 comprenant des pavillons mitoyens et un grand bâtiment de brique. Parallèlement à  la voie ferrée  des hautes barres plus récentes des années 60.

A la place de la grande imprimerie Cino Del Duca, un parc s’étend de la RN6 à la voie ferrée, large prairie ouverte bordée de massifs bas avec de petits jardins et des jeux d’eau l’été. Après avoir traversé le parc nous découvrons la cité HBM :Square Dufourmantelle construit de 1930 à 1934 par les architectes André Dubreuil et Roger Hummel. 600 logements

Square Dufourmantelle

Plusieurs cours communiquent par des arches à caissons ou par des portiques carrés.

Les huisseries étaient métalliques, les décors rythmant les façades en fausse pierre blanche moulée sur place, ferronneries soignées. Dans les cours, des arbres et des bosquets faisaient des espaces de jeux pour les enfants et de socialisation pour les plus grands. Eau courante, toilettes, appartements de plusieurs pièces. Hygiénisme et confort inconnus pour les ouvriers à cette époque.

Nous nous étonnons de la belle tenue de cet ensemble de brique alors que les bâtiments de béton plus récents sont beaucoup plus dégradés.

Le petit chaperon rouge de Maurice Saulo

A l’arrière de la cité se trouve la gare du RER D Le Vert de Maisons et la future station du Métro Grand Paris Express ligne 15. CLIC

j’apprends à cette occasion l’origine de ce nom « Vert de Maisons » : le village de Maisons, devenu au 19ème siècle Maisons-Alfort, était un relai de Poste important. Les chevaux de Poste se restauraient et se reposaient dans une vaste prairie « le Vert » sur l’emplacement actuel de la gare.

Groupe scolaire Jules Ferry

Un peu plus loin sur la Nationale 6,les mêmes architectes ont construit un imposant groupe scolaire dans le même style. Double école : Garçons/filles. Vu de l’arrière, il ressemble à un grand paquebot. Côté façade, un beffroi donne « l’heure laïque » (qui concurrence l’heure du clocher d’église).

Décor « Les contes de Perrault » de Maurice Saulo

le décor de l’entrée est particulièrement travaillé. Maurice Saulo reprend les contes de Perrault et on retrouve son Chaperon rouge . Une plaque nous apprend que ce groupe scolaire a été inauguré en 193 5 par le maire M. Champion(1901-1935) et … nom effacé, il s’agit de Laval. Son nom biffé et la plaque commémorative aux enfants déportés explique ce blanc.

Plus loin, sur la RB6, nous longeons les bâtiments de brique des usines Sanofi. Plus récents les briques ne sont que des parements mais le style du quartier est préservé.

Détour par l’église Saint Remi  ou Saint Rémi, très ancienne, clocher de pierre de style Roman, avec des vitraux modernes réussis.

levure Springer.

De l’autre côté de la route, l’octroi et le complexe des usines de levure Springer qui occupe une vaste surface. Légère déception, je comptais bien la visiter! L’entreprise Springer de Maisons Alfort fut fondée par un baron autrichien après son usine viennoise qui fabriquait de la levure à partir de la fermentation des céréales. En 1926, bouillons, maintenant divers arômes alimentaires sont produits. Tout le monde connaît cette usine et les relents qui s’en dégagent par mauvais temps, l’odeur de Springer annonce la pluie, météo locale! Des bœufs allaient à la Seine chercher le grain pour la fermentation, de cette époque il reste le nom de Pont aux Boeufs juste en face. 

Photo

Dans le petit Château de Réghat un musée d’histoire locale est tout à fait intéressant. Il raconte l’histoire de Maisons Alfort avec des photos, des gravures, des petites boutiques reconstituée des anciens métiers. Les documents sont très nombreux ainsi que les objets made in Maisons-Alfort

Epicerie ancienne et produits locaux.

Il faudrait ajouter aux biscuits la Suze.

Un grand merci à Patricia Castéjon Gélibert, notre conférencière à qui je fais une publicité désintéressée, mais bien méritée : Bulle de culture, tourisme et loisir CLIC

50 ans à la MAC – Jubilée -Jubilons

MAISON DES ARTS DE CRETEIL

Jubilée affiche

Le 3 janvier 1975 : Inauguration de la Maison des Arts et de la Culture. La silhouette originale est l’œuvre de l’architecte Jean Faugeron

Polychromie d’Yvaral

Depuis plus de 40 ans, j’ai fréquenté régulièrement la MAC avec mes élèves et pour le plaisir. Théâtre, danse, musique et rencontres. Plaisir de  retrouver anciens collègues, anciens élèves. Surprises de troupes en tournées. Rendez-vous annuels avec Mourad Merzouki, Angelin Prejlocaj, Montalvo,  Blanca Li…

En mars, Festival de Films de Femmes, cette année, la 48ème édition a disparu en catimini. Privé de subventions de la Région, il a été « différé »(?) supprimé(?) sans aucune explication. C’était pourtant un rendez-vous important où j’étais sûre de retrouver des copines de longue date…

Bonne surprise que ce Jubilée .

La séance de 20 heures a commencé avec une heure de retard, occasion d’évoquer les spectacles qu’on a aimés, se souvenir des plus marquants, des plus anciens.

Théâtre de carton : lac des cygnes

Olivier Martin-Salvan et son complice Clément Deboeur ont joué les maitres de cérémonie avec des intermèdes hilarants et leur théâtre de carton. Pirouettes, musique, chansons à grand renforts de panneaux de carton  ondulé. 

Un grand écran en guise de rideau pour projeter BOLERO.S de Mehdi Kerkouche tourné sur l’esplanade entre la MAC et la Mairie. 

Eric Reinhardt a fait une lecture de« L’Imparfait » paru dans la collection de La Nuit au Musée, nuit dans la Galerie Borghèse.

Puis un extrait du spectacle Requiem(s) du Ballet Prejlocaj

Un extrait aussi du spectacle de José Montalvo en avant-première. Versailles et Créteil, savamment mixé avec une grenouille géante…. pour le plaisir un  extrait de son spectacle Gloria qui est passé à la Mac il y a quelques temps

Et après encore des pitreries et plein de cartons le long de la Ligne8 du métro tous les artistes, le personnel de la Mac est appelé sur la scène pour un final endiablé

Un bal a suivi le spectacle, mais pour nous il était temps de rentrer. Ravies

Visite au Panthéon

TOURISTE DANS MA VILLE

Je n’avais encore jamais visité le Panthéon. Ces grandes bâtisses, Sacré- Coeur de Montmartre, Notre-Dame-de-la-Garde….ne me fascinent pas du tout alors que j’adore flâner au Luxembourg tout proche, au Musée de Cluny…

Récemment, les panthéonisations de Simone Veil(2018) Joséphine  Baker(2021), Missak Manouchian (2024) et Robert Badinter (2025) m’ont interpellée. J’ai écouté Robert Badinter,15 épisodes du podcast Radio France la série Mémorables.   J’ai eu envie d’aller voir l’exposition qui lui est consacrée jusqu’u 8 mars 2026 au Panthéon. Je viens de finir Après Dieu de Richard Malka dans la collection,  ma nuit au musée ; l’auteur a choisi de passer la nuit au Panthéon. Il fallait alors que je fasse cette visite. 

Richard Malka raconte l’histoire de la basilique construite par Soufflot à la suite d’un vœu de Louis XV  de manière très amusante dans Après Dieu et conclue : 

« je déambule dans un bâtiment conçu pour être une église qui existe grâce à un Juif et qui a fini temple républicain. C’est un édifice multiculturel »

Le 4 avril 1791, l’Assemblée nationale Constituante le transforme en temple laïc « Panthéon des Grands Hommes » pour recevoir le corps de Mirabeau et les corps de Voltaire, Jean Jacques Rousseau et Marat y furent transférés. Trois ans plus tard Mirabeau et Marat en furent expulsés. Sous Napoléon 1er la nef fut rendue au culte. A la mort de Victor Hugo, le Panthéon retrouve sa fonction de temple laïc.

la coupole : le dôme le plus haut de Paris

J’entre dans une magnifique nef abondamment décorée avec des colonnes corinthiennes, des décors peints, des sculptures. L’abondance de décorations éblouit à l’entrée. je suis un peu perdue d’autant plus que la visite guidée a été annulée au dernier moment. Le Pendule de Foucault dont le savant fit l’expérience en 1851 attire mon regard . Je sais qu’il prouve la rotation de la Terre mais des explications supplémentaires me seraient nécessaires

Le Pendule de Foucault

Je passe entre la grande installation OMBRE EST LUMIERE de Nicolas Daubannes  (exposition temporaire jusqu’au 8 mars 2026). Deux grands panneaux 4m x 11 m poudre d’acier aimantée représentant l’ancien camp de concentration du Struthof  : dessin d’un paysage de forêt qui dissimule un mirador, l’image de la forêt masquant l’activité du camp.

Ancien camp de concentration de Natzweiler-Struhof

En face, un autre panneau de même dimension s’intitule Mont Valérien, une sorte de caverne où j’ai cru voir un rideau.

Ces deux grands tableaux masquent les décors de la nef. Une vidéo montre l’artiste au travail sur une autre œuvre à Rome : Seul(s) contre tous durée 11″34, il réalise un photogramme d’après l’occulus de la cellule de Galilée. Fils d’ouvrier métallurgiste, Daubanes a choisi d’utiliser les outils du métallurgiste : disqueuse, chalumeau pour souder. il projette de la limaille de fer qu’il incruste dans le verre par des étincelles. Ce procédé est fascinant mais je suis un peu déçue du résultat : le photogramme semble plutôt banal. 

prison de Monluc

Dans le transept, il a installé deux autres œuvres : un mémorial de la Prison de Montluc à Lyon le photogramme est enfermé dans un échafaudage et en face un polyptique de  œuvres, photogrammes et dessins.

Cette installation contemporaine , même si elle ne m’a pas conquise, est tout à fait à sa place dans la basilique. Elle a l’avantage de masquer les peintures fin XIXème des héros chrétiens qui ont marqué l’Ancien Régime : La Bataille de Tolbiac, le Couronnement de Charlemagne, La Réforme de la justice par Saint Louis etc…ou le cycle de la vie de Sainte Geneviève signé Puvis de Chavannes témoignant de la vocation hésitante du Panthéon, oscillant entre église et temple laïc, entre la restauration de l’église par Napoléon 1er et les funérailles de Victor Hugo. De toutes les façons, ces peintures ne me plaisent ni ici ni dans les musées.

Anselm Kiefer

Six vitrines ont été réalisées par Anselm Kiefer à l’occasion de l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix et de Ceux de 14. Elles sont accompagnées d’une œuvre musicale de Dusapin qui résonne de temps en temps. Je suis toujours impressionnée par le travail de Kiefer qui trouve toute sa place ici. 

Après l’art contemporain, j’ai regardé distraitement les sculptures avant de descendre dans la Crypte. L’escalier nous conduit au pied de l’urne du Cœur de Gambetta. Dans le Vestibule Voltaire et Jean-Jacques Rousseau se font face

Voltaire a droit à une statue

Comme je viens de finir Après Dieu de Malka l’endroit m’est presque familier. 

La suite est une sorte de pèlerinage auprès de tous ces panthéonisés que je souhaite visiter : Missak et Mélinée Manouchian ont chacun une rose, une famille de gens très bruns (peut être des Arméniens) se tassent contre les sarcophage. Je n’ai aucune attention pour les dignitaires de l’Empire mais je  m’arrête pour honorer Zola, Hugo et Alexandre Dumas qu’on a regroupés ensemble sans doute se tiennent bonne compagnie comme les scientifiques Langevin, Berthelot Perrin et Painlevé  (sur les photos dans le couloir on a oublié – comme par hasardSophie Berthelot. Marie et Pierre Curie sont à part. Félix Eboué et Victor Schoelcher sont avec Jean Jaurès, Toussaint Louverture et Delgrès sont honorés par une inscription. Bien sûr, je cherche Simone Veil proche de Monnet et Cassin, je n’ai pas trouvé le chat de Malraux

Exposition Badinter

C’est une très belle présentation qui montre Robert Badinter, ses origines familiales, et les grands portraits de Hugo et Zola. On peut visionner son intervention à l’Assemblée, sa plaidoirie pourrait-on dire pour l’Abolition de la Peine de Mort mais aussi la lire sur une grande feuille pliée. Très belle exposition qui mérite toute seule le déplacement.

Et comme j’aime prolonger mes visites à Paris et les faire résonner en marchant dans la forêt, j’ai écouté un dernier podcast : le Panthéon ou les intermittences de la mémoire nationale dans les Nuits de France Culture CLIC Comme il est un peu ancien, il ne rend pas compte des panthéonisations récentes mais il est très intéressant.