le long du fjord Skagafjördur, Hofsos, Saudarkrokur, Blonduos

CARNET ISLANDAIS

sur la route de Saudarkrokur par un jour bien gris

Pour éviter les tunnels, nous avions l’intention de passer par la piste. A la réception de l’Hôtel on nous le déconseille formellement, la piste n’est pas carrossable pour un véhicule léger. Le temps est exécrable : le nuage est accroché à la montagne descend presque jusqu’à nous. L’océan Atlantique est gris et agité. Par beau temps la route en corniche nous offrirait un magnifique spectacle. Aujourd’hui c’est désert et lugubre : lande roussâtre, pentes dénudées. Parfois la route devient piste puis on revoit le goudron. Sur une pointe, un minuscule phare orange, seule note colorée. Il n’y a même pas de moutons. Quand nous voyons les premières maisons dans le petit fjord de Ketilas, nous sommes rassurées de quitter cette contrée déserte. La plupart des maisons sont des cottages de vacances. Comment imaginer vivre dans un tel isolement ? Certes les fermiers sont attachés à leurs terre, leurs bêtes, mais qui d’autre ? J’imagine, un peintre, un sculpteur, un écrivain qui se couperait du monde pour se consacrer à une œuvre…Les fermes sont de plus en plus nombreuses.

Trois îles rocheuses se détachent de la côte ; l’une d’elle est si proche que j’imagine possible de la rallier à pied sur une sorte de digue. Paradis des oiseaux, habité par les macareux en été.

Hofsos

Hofsos

Hofsos est un charmant village (190 ha). Son port est minuscule (8 bateaux). Dans de belles maisons on a installé le Musée de l’émigration contant le temps où les Islandais partaient chercher fortune au Nouveau Monde. Les maisons sont bien restaurées et meublées. Mais « Lokad » ! Il y a également un joli restaurant dans une maison bleue sur le port « Lokad » aussi ; c’est le seul mot d’Islandais que je capte. Le 11 septembre, la saison touristique est terminée.

Hofsos : Musée de l’émigration

La piscine, elle est bien ouverte ; elle est réputée, c’est une des plus belles piscines d’Islande. Piscine dont la surface semble se confondre avec l’horizon. Piscine découverte dont l’eau doit être à bonne température puisqu’il y a des nageurs par ce matin gris et pluvieux. Nager avec un plâtre c’est impossible !

4 km plus loin, sur la route 75, nous trouvons une adorable chapelle de tourbe, toute petite à  côté de son arbre, dans un paysage grandiose de montagnes avec des plaques à neige. A travers une verte prairie, un sentier conduit au portail ouvrant l’enclos circulaire du petit cimetière qui ne contient que 4 tombes, des plaques noires gravées : un homme, sa femme, leur bébé sont morts en 1946 ; Quelle tragédie se cache là ?

la petite chapelle perdue

Les panneaux des parkings expliquent la géologie, l’histoire, les légendes se rapportant à un lieu. Parfois, on y raconte des anecdotes toutes simples de femmes mortes de froid perdues dans la neige quand elles allaient chercher du bois ou de la nourriture tandis que les hommes étaient en mer…

Le panneau suivant est historique et se rapporte à une réunion de l’Althing qui déclara Gettir hors-la-loi et banni sur une des îles comme le raconte la Saga de Gettir.

ferryman

En face de  Sauðárkrókur, de l’autre côté de la rivière  qui a construit une vaste plaine une statue monumentale d’un voyageur portant une valise honore le Ferryman Jon Osmann (1862 -1914) qui fit passer pendant 40 ans les voyageurs traversant la rivière dangereuse. Doué d’une force peu commune, il actionnait le « cable-ferry » avant que le pont ne soit construit en 1926. Dans Karitas, j’ai lu une traversée d’une autre rivière à gué à cheval, épisode impressionnant.

Sauðárkrókur

Avec 2600 habitants et un aéroport, c’est une vraie ville.

Le musée 1238 – THE BATTLE OF ICELAND a ouvert ses portes en juin dernier ; il décrit une bataille médiévale, pourquoi pas ? Les panneaux des aires de parking racontent les épisodes des sagas, dans un musée je verrai cela mieux illustré. A la caisse, je suis étonnée du prix 2400 ISK (17€) c’est quand même très cher ! Il pleut, les autres musées étaient fermés, au diable l’avarice ! Je comprends vite : je vais entrer dans la réalité virtuelle avec un casque de réalité augmentée. J’en ai fait récemment l’expérience à l’Institut de Monde Arabe et je m’étais promenée dans le bazar de Damas, les ruines de Palmyre et j’avais admiré la prouesse technologique. Dans 1238 c’est plutôt l’univers des jeux- vidéo avec un graphisme fantasy qui me rebute. Après avoir chaussé le casque, on me tend un gant – normalement il y en a deux mais j’ai le bras gauche en écharpe – à l’aide de ces gants je peux « saisir » armes ou bouclier. Je laisse le bouclier qui me manquera pour me protéger de la lapidation. Les Vikings se battaient à l’épée et à la lance mais l’arme de jet la plus utilisée était les pierres qu’on peut ramasser n’importe où dans la campagne islandaise. J’ai donc « jeté » des pierres virtuelle et j’en ai reçu. Expérience coûteuse dont je me serais passée.

De la bataille de 1238, j’ai seulement compris que le roi de Norvège Hakon voulait étendre son influence sur les tribus islandaises en jouant sur les rivalités des chefs qui s’entredéchiraient, se réconciliaient et même s’assassinaient au banquet de noces censés sceller leur alliance. Les mœurs politiques étaient d’une rare violence au temps de l’Althing. Quelques vitrines montrent des objets d’époque. Rien de comparable au Musée National de Reykjavik.

Ce musée connecté dispose d’une belle cafeteria. Après le ratage du restaurant de poisson hier, nous nous attablons enfin dans un cadre agréable. Hélas, ni poisson, ni soupe, seulement des salades ou des sandwiches. La salade de crevettes est agrémentée de petits dés de mangues, de lamelles de pomme et de nombreuses graines décoratives. Cela ne réchauffe pas mais c’est excellent ;

Le long des quais nous passons devant des usines qui transforment les crevettes. Une monstrueuse crevette est peinte sur la tôle blanche accompagnée de l’inscription « Ceci n’est pas une crevette », en français dans le texte, humour belge peut-être ?

Nous roulons 52 km sur la route 75 avant de retrouver la Route Circulaire 1. La pluie redouble, nous n’avons guère de plaisir à traverser ces landes moroses.

La Ferme Glaumbaer

la ferme Glambaer

Ferme de tourbe abandonnée par ses occupants en 1947, elle appartient au Musée National d’Islande. Elle est entièrement meublée. Avec le billet, on me donne un dépliant très détaillé en français.

6 Pignons pointus de bois peint pour 6 maisonnettes de tourbe mitoyennes, au toit recouvert d’herbe. 16 pièces en comptant la forge et les entrepôts. La plupart sont des remises, des garde-manger, cuisine ou laiterie. 2 Chambres d’amis pour les hôtes de passage et pour les élèves scolarisés auprès du pasteur : le fermier était aussi le pasteur. Les habitants permanents se partageaient la grande pièce du fond Badstofa qui comptait 11 lits souvent occupés par deux personnes. Chaque lit était aménagé dans une sorte d’alcôve, comme une case de bois ; il faut imaginer qu’au moins 22 personnes cohabitaient avec pour toute intimité un oreiller et un coffre de bois pour recéler les secrets, un récipient de bois, sorte de gamelle avec un couvercle (lunchbox).  Pas de table commune, chacun mangeait assis sur son lit. D’autres objets témoignent de la vie quotidienne : instruments de musique : sorte de vielle, tricot des femmes, cordages en crin de cheval préparés par les hommes. Il est étrange de penser qu’on ne chauffait pas : la tourbe est un bon isolant e les habitants étaient vêtus de laine chaude. Dans chaque pièce je fais de curieuses découvertes comme ces patins en os de bovin ou les crampons pour les sabots des chevaux. Je ne peux m’attarder ? la route est encore longue.

Sur la route, encore une petite église de bois toute seule dans la campagne.

Blonduos

Déception, tout est fermé : le Musée de la banquise, le Musée textile que je me faisais une joie de visiter !

Route 1 puis 715 jusqu’à Stora Asgeirsa, la ferme-auberge où nous resterons deux nuits. C’est une vraie ferme avec des animaux.  Une maison blanche héberge les touristes : 4 chambres et des « services partagés », salle de bains et WC ensemble, il va falloir prendre son tour ! Deux chiens noirs et blancs, très amicaux mais sales et trempés, nous accueillent. Nous arrivons en même temps qu’un couple de jeunes français. Personne ne se dérange pour le check-in. Nous ne nous en étonnons même plus. L’hospitalité islandaise est rude ; même si on découvre après des gens charmants (ou pas). Notre hôte est musicien, dans le pub installé dans l’écurie, il y a une estrade pour un petit orchestre mais pas de spectacle ce soir ni demain. Il prépare pour dîner une délicieuse soupe d’agneau roborative avec des tartines de beurre.

A l’arrière de la maison, il y a un jacuzzi en plein air. Si je n’avais pas le bras dans le plâtre j’aurais pu me prélasser à regarder la cascade !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SNJOR – Ragnar Jonasson

Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur,petite ville du nord de l’Islande qui a joui d une prospérité grâce à la pêche et au salade des harengs. La bourgade était même animée d une vie culturelle dont il reste un théâtre des musées et une élite intellectuelle.

Il ne se passe rien à Siglufjordur ! Les  habitants forment une communauté ou tout le monde se connait. On ne verrouille pas sa porte. Ari Thor venu de Reykjavik : pourra-t-il sonder les habitants ?Et pourtant, deux décès suspects ont lieu autour de Noël.

Siglufjordur est au bout du monde, enclavé entre des montagnes. Pour y arriver : un tunnel inquiétant et une route dangereuse en hiver.

Il neige beaucoup à Siglufjordur qui se trouve coupé du reste de l’Islande par une avalanche. Claustrophobie? L histoire se déroule en 2008 dans le contexte de la crise financière. Cette lecture tombe à pic à notre retour d’Islande. L ‘auteur décrit cette atmosphère particulière.

 

En revanche, l’intrigue policière est tirée par les cheveux. Je n’y suis pas entrée. Trop de coïncidences douteuses. La personnalité du jeune inspecteur ne m’a pas accrochée non plus. Ses hésitations sentimentales n apportent rien. Une réussite pour le contexte mais pas un polar sensationnel. Pour un autre polar islandais je suivrai Erlendu

vers le Nord / Olafsfjördur – Siglufjördur

CARNET ISLANDAIS

Nous ne voulons pas quitter le Lac Myvatn sans avoir vu les faux-cratères, le volcan Hverfjall et surtout Dimmuborgir, le siège des elfes et des trolls selon les guides et l’entrée du domaine du Père Noël selon la pancarte à l’entrée du site.

Il fait très beau, le soleil exalte les oranges et les ors des buissons qui contrastent avec le basalte noir ; volcans et faux-cratères se reflètent dans le miroir du lac.

Dimmuborgir

Dimmuborgir, domaine des trolls et des elfes

Les colonnes de lave et les rochers tordus correspondent à la solidification de la lave dans lac. Piliers, arches ou aiguilles tordues ressemblent aux formations volcaniques marines, en se solidifiant rapidement au contact de l’eau froide la lave acquiert des formes étranges.

formes fantastiques de la lave à Dimmubotgir

Depuis les années 40, les Islandais ont pris soin de préserver ce site tout à fait exceptionnel en construisant des murs brisent-vent pour empêcher que le sable ne vienne noyer les rochers tortueux. Tout un travail de conservation a été réalisé avec des itinéraires balises et des cordelettes interdisant le passage des touristes. Si on considère la taille du parking, le site doit être très fréquenté ; à 8h30 je suis presque seule sur les sentiers et si les elfes et les trolls ne se manifestent pas la géologue est comblée. On se croirait dans un parc ! Il n’y a pas un papier, pas un mégot, pas une cannette.  En revanche, faire pipi coûte cher : 200 ISK pour actionner le tourniquet et entrer dans les lieux.

Route circulaire d’Akureyri

Lac Myvatn

Pour la troisième fois, sous un soleil voilé. La cascade Godafoss se voit de la route, nous faisons un court arrêt, nous commençons à être blasées de cascades.  Nous évitons soigneusement le tunnel, la route le long du fjord est très jolie.

Godafoss

Après avoir traversé Akureyri sur les bords de l’eau nous remontons vers le nord sur la route 82 très tranquille en corniche jusqu’à Dalvik. Eau tranquille bleue, paysages champêtres avec quelques fermes et des bottes de foin ; des petits ports invitent les passants à faire une excursion en bateau pour observer les baleines. Nous descendons à Haugarnes (124 ha), un port de pêche minuscule et un restaurant pittoresque derrière un drakkar viking et une mâchoire de baleine. C’est l’heure de déjeuner, le menu nous convient soupe de poisson ou fish&chips. La salle est vide mais des cartons « réservé » sont sur toutes les tables.

– « C’est complet ! »

– « même pour 2 ? »

– « Really sorry !»

Nous voilà désappointées.

 Dalvik est une agglomération plus importante (1300 ha) avec des commerces, une banque et un port actif mais les restaurants sont sur la rue. Nous faisons les difficiles, nous voulions manger sur le port.

La route continue en balcon au-dessus de l’Atlantique. Nous pique-niquons près de la pointe : saumon à l’aneth et salade russe au poisson sur des pains type WASA. Pique-nique de luxe mais nous regrettons encore le restaurant au drakkar.

La pointe se termine par des falaises et une montagne infranchissable. La route pénètre dans un tunnel à une seule voie creusé directement dans la roche et tout obscur. On a pratiqué des emplacements pour se croiser qui sont annoncés. Priorité pour les véhicules en face ; il faut repérer les phares et se garer quand on le peut ; avant la courbure il y a un feu rouge. Les parois ne sont pas cimentées, on voit la roche brute ou une sorte de bâche sur lesquels on a fait des graphs ; train fantôme sur 7 km.

Olafsfjördur

Hôtel Brimnes : notre cabine au bord du lac

Nous logeons à l’Hôtel Brimnes au fond du fjord très étroit terminé par un lac. Si le soleil brillait ce pourrait être tout à fait charmant. La réception est fermée. Les attractions d’Olafsfjördur se résument à un musée d’Histoire Naturelle avec des animaux empaillés et le souvenir d’un géant.

Siglufjörður

le port de Siglufjördur

 

Siglufjördur (1200ha) est distante de 17 km que l’on parcourt presque entièrement sous terre par deux tunnels modernes à deux voies, éclairés.

Le Musée du Hareng

Musée du Hareng

Le Hareng est la source de la prospérité de la ville : pêche, salage, conserverie, expédition jusqu’en Allemagne at aussi loin que la Grèce ou la Russie. Tout a commencé à la fin du 19ème siècle avec les Norvégiens qui pêchaient dans les fjords de l’est et qui commencèrent à acheter des parcelles en Islande afin d’y construire des appontements, des entrepôts et des usines de traitement. Les harengs qui n’étaient pas vendus salés étaient transformés en farine comme nourriture pour les animaux, ou en engrais. On récupérait aussi la graisse pour l’industrie chimique et la savonnerie. La prospérité eut une fin quand les bancs de harengs se rarefièrent. En 1969 ils avaient complètement disparu. Maintenant les stocks se reconstituent au large de la Norvège et reviennent sur les côtes islandaises.

barriques de hareng salé

Le Musée du Hareng occupe la grande maison rouge et les entrepôts face aux quais du port. dans la grande maison, au rez de chaussée on voit les tonneaux de bois, les pochoirs métalliques pour marquer les barriques et les étals de salage. Au premier étage, de nombreuses photographies anciennes et différents objets montrent les aspects de la pêche et de l’exploitation. A l’étage supérieur, sous les combles se trouvaient les logements des ouvrières tout comme le raconte le roman Karitas qui a travaillé avec sa mère et ses sœurs dans les mêmes conditions à Akureyri. Je vois les chambrettes, la cuisine, les habits qui sèchent ;

salage des harengs

Un hangar est aménagé en salle de spectacle. Toutes les machines de transformation des poissons sont exposées là : fours, séparation de l’eau des graisses, gros outillage. Cette industrie était à grande échelle.

Les maisons colorées jaunes, rouge ou vertes, du port de Siglufjördur sont des pubs. Autour du port l’Hôtel Siglo a bâti de belles constructions de bois sur pilotis.

A notre retour à Olafsfjördur, la ville nous semble grise et triste. Ici non plus, nous ne trouvons pas le restaurant de poissons de nos rêves. De restaurant en activité, il n’y en a qu’un seul (pas terrible) plus la cafeteria de la station-service Olis. Comme on nous a attribué une cabine de bois avec une cuisine équipée, nous préférons acheter au supermarché la bisque de homard en conserve.

Fénéon (1861-1944) Les Temps nouveaux de Seurat à Matisse

Exposition à l’Orangerie du 19/10/2019 au 27/01/2020

Fénéon par signac

J’ai rencontré Félix Fénéon au Quai Branly dans l’Exposition Les arts lointains et j’avais apprécié sa critique de la Colonisation et ses questionnaires « Entreront-ils au Louvre » en parlant des oeuvres d’art africains. Je m’étais promis de le retrouver à l’Exposition prévue à l’Orangerie.

 

L’exposition présente ses années anarchistes de 1892 à 1894 pendant lesquelles Fénéon est accusé d’avoir participé à un attentat. Son procès est même mis en scène. Les dessins de Luce le montrent en prison. Des coupures de journaux témoignent de cette épisode. L’anarchie est peinte dans un tableau idyllique de Signac : Au temps d’Anarchie rebaptisé plus tard Au temps d’harmonie, l’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir.

Signac :  Au temps d’anarchie

Critique d’art, collectionneur, journaliste, galeriste, Félix Fénéon a joué un rôle important en soutenant les néo-impressionnistes, Seurat, Signac, Cross, mais aussi en organisant une exposition pour les Futuristes italiens et plus tard d’autres artistes novateurs.

Secrétaire de la Revue Blanche, il a aussi joué le rôle d’éminence grise en publiant des oètes symbolistes : Stephane Mallarmé, Paul Verlaine, puis Proust, Gide Oscar Wilde, Charles Péguy….

La lecture Rysselberghe

L’exposition montre une grande variété d’oeuvres, de merveilleux tableaux pointillistes colorés de Seurat et Signac,  mais aussi des dessins très sombres de Seurat avec des préoccupations sociales.

Usine à Courbevoie

 

Après les tableaux futuristes, il y a aussi des Bonnard, Vuillard, Matisse….l’occasion de voir de belles choses.

Après le bel article de lisapascaretti, j’ai eu bien du mal à rédiger mon article!

 

Géothermie – lac de cratère Stora-Viti – volcan Leirnjükur

CARNET ISLANDAIS

géothermie

La Centrale Géothermique non loin de Reykjahlid se visite, en principe, ce matin elle est fermée. Dommage j’attendais beaucoup cette visite !

De longs tuyaux brillants convergent vers les installations ; soit vers la Centrale d’où s’échappe un panache soit vers de petits dômes colorés. A défaut de visite,

je recopie les panneaux du parking :

Pluviosité réduite :1.100m donc peu d’infiltrations

L’écosystème des sources géothermale : les micro-organismes Cyanidium caldarium vivent à 40 -50°C colorent en vert les sources, ce sont des algues rouges en dépit de leur couleur verte, on signale également les bactéries Archéa sont aussi signalées.

Krafla est un volcan dont l’histoire remonte à 200.000 ans et la caldeira à 100.000 ans. La chambre magmatique est profonde de 3.7 km ; ses produits donnent des champs de lave de petits cratères et peu de cendres ; bien qu’on le classe généralement « volcan rouge de type fissural » donc basaltique le panneau évoque des laves acides donnant des rhyolites ; comme quoi, les simplifications habituelles sont souvent abusives et ce n’est pas la première fois que je m’en aperçois depuis notre arrivée en Islande.

IDDP Iceland Deep Drilling Project : avait pour but un forage à 4500m mais il a été abandonné à 2100m en 2009 , encore une piste qui m’intéresse vivement à poursuivre sur Internet !

Stora Viti

Stora Viti

Stora Viti est un joli cratère contenant un lac turquoise qui s’est formé en 1724 ; on peut marcher sur le rebord du cratère mais aujourd’hui ce n’est pas vraiment plaisant sous la pluie, le sentier est très boueux et glissant. Le pire est de débarrasser les chaussures toutes engluées avec le canif.

Leirhnjükur

cratère fumant

Juste en face, part le sentier pour le tour de Leirhnjükur, d’abord gravillonné (cela fait plaisir après la gadoue) ensuite on a construit un chemin de planches. Ces planches sont une protection idéale pour éviter le piétinement, protégeant la flore fragile, et canalisant les touristes ; inconvénient, c’est glissant et même très glissant ; un tronçon de caillebotis est penché, et c’est la glissade. Mon coude heurte la tranche, je suis sonnée. Je me relève mais au moment de faire la photo de cratère fumant, impossible de soulever mon téléphone, impossible de commander mon bras – cassé !

A Reykjahlid il y a une « maison de santé » avec une infirmière, une pharmacie et un cabinet médical où le médecin consulte deux fois par semaine ; pour une radiographie il faut aller en ville à Akureyri à plus de 100 km. Je passe sur le trajet, pas du tourisme, on prend le raccourci par le tunnel payant. On a 3 heures pour s’acquitter du péage par INTERNET après le tarif est majoré. Impossible de régler autrement, si vous n’avez pas de 4G avec votre abonnement ou pas de smartphone, prenez la route gratuite. Cela m’occupera un moment pendant que je patiente aux urgences de l’hôpital.

Nous rentrons à l’hôtel avec un gros plâtre et le bras en écharpe. Aucune envie d’aller dîner au restaurant.

 

 

 

 

 

 

 

La Reine de Poméranie – Andrea Camilleri

LE MOIS ITALIEN

Avec un peu de retard dans la semaine italienne que Martine a proposée, un hommage à Camilleri qui nous a quitté il y a quelques semaines. L’oeuvre de Camilleri est diverse. Je suis par intermittence les enquêtes de Montalbano, je n’aime pas lire plusieurs épisodes à la suite, mais je ne me lasse jamais d’y revenir. J’ai un grand faible pour les ouvrages historiques(Le Roi Zozimo est mon préféré). Je découvre avec la Reine de Poméranie un nouveau registre : la nouvelle.

Le recueil, La Reine de Poméranie rassemble huit nouvelles, presque de courts romans

. Unité de lieu : Vigatà, bien sûr! Vigatà dans une période un peu floue entre les deux guerres, un peu avant, un peu après peut être. Les personnages appartiennent à toutes les couches de la société, des paysans très pauvres, aux notables. Toute la société de Vigatà : du maire à l’évêque, petits commerçants, tous se croisent dans le territoire exigu de Vigatà où tout le monde connaît tout le monde mais où certains secrets restent gardés pendant des générations ou sortent dans des lettres anonymes. mesquinerie et roublardise, mais jamais de pure méchanceté. Tous sont terriblement humains.

On sourit beaucoup, on rit aussi aux trouvailles naïves, aux inventions langagières . Comme j’aurais aimé le lire en sicilien! ( l’expérience récente du film Le Traitre a montré mes limites dans la compréhension du dialecte).

 

l’arrivée au Lac Myvatn

CARNET ISLANDAIS

au col Namaskard : panaches, la montagne fume

 Col Námaskarð

Des panaches de vapeur blanche montent de la montagne orange.  Un solfatare très impressionnant bouillonne. Au milieu d’un cercle coloré en blanc, orange, jaune un petit volcan de boue gris exhale ses gaz avec râles et gémissements. D’autres phénomènes géothermiques se manifestent : bulles de boue qui crèvent, panache puissant sortant d’un tas de pierres qu’on a disposé autour de l’évent. Des cristallisations de soufre au jaune caractéristique sont accompagnées de couleurs inattendues : taches rouge ou violettes affleurant dès qu’on gratte la pellicule blanche.

solfatare

Dès qu’on passe le col, le lac Myvatn scintille avec le soleil qui passe sous les nuages gris : éclairage  théâtral. Des panaches blancs s’échappent d’installations industrielles géothermiques. Un bassin est rempli d’une eau turquoise très claire fumante. Ce n’est pas une piscine mais plutôt un bassin de retenue des eaux d’une usine mystérieuse.

le lac Myvatn

Le Lac Myvatn est maintenant doré au soleil couchant avec les îles en contre-jour. Il est mis en valeur par les couleurs de tweed d’un camaïeu, rose, orangé, doré des saules nains, des bruyères et des petits bouleaux en livrée automnale qui contrastent avec la lave noire. Au bout du lac s’échappe une rivière charmante aux eaux limpides et tumultueuses.

le feuillage automnal des bouleaux evant les cônes noirs

La Ferme Stöng est une grosse ferme avec une auberge composée d’un bâtiment à étage, deux jacuzzi extérieurs et de cottages à l’écart. En plus de l’activité hôtelière, on élève également des vaches, des moutons et des chevaux. La grange est remplie de ballots sous plastique. Notre chambre est très vaste, presque un dortoir avec 4 lits. Belle literie (c’est toujours le cas en Islande) aucun souci de décoration. C’est propre, fonctionnel, sans prétention.

Nous dînons dans la grande salle à manger qui occupe le rez de chaussée du bâtiment principal. Je commande de la soupe et Dominique, une truite. On apporte deux assiettes à soupe et une grande soupière. On n’avait pas compris que la soupe était aussi prévue en accompagnement de la truite. Il en résulte un quiproquo qui ralentit le service. La truite arrive longtemps après sur un petit plateau en filets sans arêtes avec des pommes de terre. Au dessert : un pie à la rhubarbe à la croûte meringuée.