Bodys Isek Kingelez – projet pour Kinshasaa aménagé le
J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier,Bld Raspail, dans le beau bâtiment de JeanNouvelavec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.
Au premier plan sculpture de bois de Véio au fond Ribalta d’Eliane Duarte
Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes : Machines d’Architecture, Etre nature, Making thingset Un Monde réel . Les œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et grande installation.
Garouste – Indienne
Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash.
Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée
petite Cathédrale Alessandro Mendinii
les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale(2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel.
Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….
le sapin sur la colonne
A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.
Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!
Bodys Isek Kingelez projet Kinshasa utopique
Ma préférence va au projet de Kinshasautopique de Bodys Isek Kingelezavec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.
Caï Guo-Qiang : papier de riz et poudre à canon
Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC
Simon Hantai
Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages.
Othoniel paysage amoureux
Le paysage amoureux d’Othonielm’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes. « objet rituel et érotique » note le cartel.
Ribalta Eliane Duarte (Brésil)
Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .
Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.
sI vous aimez lire en musique téléchargez Enta Omri, Oum Kalthoum sera la bande-son d’une partie du livre….(51 minutes quand même)
J’ai écouté Agnès Desarthe sur le podcast de France Inter Totémic CLIC qui m’a incitée à lire ce livre. Mais attention, spoilers! Après Le Château des Rentiers, et sa famille ashkenaze, elle nous fait connaître la branche paternelle, de sa famille. Sa grand mère, Bouba, libyenne, passée par l’Algérie, analphabète et arabophone, est un personnage !
Le roman est écrit à hauteur de petite fille de 9 ans qui découvre son identité le soir de Kippour, le 6 octobre 1973.
« Oui, c’est la guerre. Mon estomac se noue aussitôt. Je comprends les traits tirés. Je comprends les larmes qui à
présent débordent des paupières. – La guerre avec les Allemands ? dis-je avec un frisson d’horreur. Je pense
au père de ma mère, mort à Auschwitz, je pense à Hitler, aux nazis, aux trains de la déportation. – Non, me répond-on. Avec les arabes. En moi-même, je réplique : Avec les arabes ? Mais voyons, c’est impossible. Les arabes, c’est nous »
En effet, chez la grand-mère les adultes s’expriment en Arabe. On écoute Oum Kalthoum …. la guerre a rattrapé la fête, même après le jeûne, personne ne songe à dîner
« Tu vas manger un petit peu, mais ça n’a pas d’importance. Ce soir, personne ne fera attention aux assiettes. –
Pourquoi ? – Parce que c’est la guerre. – La guerre entre les arabes et les arabes ? – Non, la guerre entre les
arabes et les juifs. – Et nous, on est les juifs, soupire-t-elle tristement. Comme si elle venait de perdre quelque
chose, un morceau de son identité. – Tu viens de perdre un morceau de ton identité, lui dis-je, afin de confirmer sa sensation, pour que les mots se posent comme une compresse sur son tourment »
Il sera aussi question d’identité française
Tu es française parce que tes deux parents sont français. Mais ça remonte plus loin. J’ai longtemps cru que ton
père et sa famille étaient devenus français grâce au décret Crémieux.
[…]
Crémieux quand même, dis-je et ça la fait rire. Un décret, c’est un genre de loi qui est appliqué sans vote. C’est par ce dispositif que les juifs d’Algérie, à l’époque où ce pays était une colonie française, sont tous devenus
français.
Pourquoi seulement les juifs d’Algérie ? Pourquoi pas les musulmans d’Algérie ? ». Saurais-je lui répondre ? Qu’a cru faire M. Crémieux en accordant cette faveur inéquitable
Histoire du père, de son arrivée en France. Agnès Desarthe raconte bien, ses personnages sont vivants, attachants.
PARIS RIVE GAUCHE est un projet d’aménagement s’étendant sur 130 ha d’Austerlitz jusqu’à Ivry. La ZAC a été crée en 1991. Depuis bientôt 35 ans, le quartier change.
J’ai grand plaisir à aller à la Grande Bibliothèquepour de belles expositions et aux cinémas MK2 . De Créteil, j’emprunte le métro Ligne 8 jusqu’à Porte de Charenton puis le Tramway T3a . Parcourant l’avenue de France je remarque le nom des rues : Thomas Mann, Marguerite Duras, Françoise Dolto, Goscinny, Primo Lévi…des noms qui me parlent et qui décrivent un paysage intellectuel, proximité de la Grande Bibliothèque peut être?
Esplanade Vidal-Naquet – fontaine Wallace
Le rendez-vous avec le conférencier de la balade d’Explore Paris intitulée « Paris-Ivry, aller et retour » est fixé esplanade Vidal-Naquet entre les Grands Moulins et la Halles aux Farinessur le campus universitaire Paris VII-Diderot devenue université Paris Cité depuis le désamiantage du campus de Jussieu (feuilleton à rallonge s’étalant de 1996 à 2016). Les Grands Moulins, une ancienne minoterie industrielle, fut construite lors de la Première Guerre Mondiale. La Halle aux Farines, en 1950, par l’architecte Honegger. Comme pour toute construction publique, une œuvre d’art plusieurs mosaïques au thèmes du Noeud Borroméen, entrelaccher à Lacan et à la psychanalyse
Mosaïque : nœud borroméen – Eric Duyckaerts
Une autre œuvre d’art orne l’Esplanade : Le Monochrome for Paris deNancy Rubins, sorte d’arbre dont la canopée est formée de 10 barques et 50 canoës en clin d’oeil au blason et à la devise de la Ville de Paris, originellement prévue pour une station du tram T3 mais trop encombrante.
Monochrome for Paris Nancy Robins
Nous arrivons sur le quai de Seine. Bruno Granozio notre conférencier, nous fait un rappel de l’histoire de Paris. Ce quai, avant l’agrandissement de Paris par Haussmann, appartenait au village d’Ivry. La Zac PARIS RIVE GAUCHE s’est fixé, entre autres objectifs, de faciliter le passage vers Ivry, voire de gommer la limite entre Paris intra muros et sa proche banlieue rendant possible par une voie piétonnière et une piste cyclable : l’Allée Paris-Ivry » avec une végétalisation (discrète).
la cheminée de la Sudac dépasse des buildings de verre
Nous marchons sur le quai en observant les constructions du Campus universitaire, le bâtiment de physique est protégé par un panneau de verre orné de chiffres, tissant une sorte de résille. Entre deux buildings modernes émerge la cheminée d’une usine ancienne : la SUDAC(Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé) construite en 1890. L’air comprimé servait pour la distribution des courriers pneumatiques et au fonctionnement des horloges à air comprimé de la Ville de Paris. le bâtiment industriel remarquable est maintenant occupé par l’Ecole Nationale d’Architecture.
biopark
Détour par la rue Watt et le Biopark – jardin arboré planté de 32 savonniers de Chine entouré d’immeubles où clématites et glycine tentent de verdir le « parc » bien minéral. En fait de parc, c’est plutôt un espace privé où des entreprises Cap Gemini, Orange et d’autres profitent de la proximité de l’université et de ses ressources humaines et intellectuelles. Bien peu de jardin! Comme notre visiter se fait en février, le verdissement des façades est inexistant. Peut-être qu’à la belle saison les lianes grimpantes donnent de la fraîcheur? On fonde de grands espoirs sur le verdissement des cités modernes au temps du réchauffement climatiques mais j’ai souvent trouvé le résultat décevant.
Grands balcons pour y installer des arbres
On a aussi construit de grands balcons pour y installer des arbres, les occupants les planteront-ils? les arroseront-ils? ou préfèreront-ils faire un salon d’été avec parasol?
l’escalier mène aux Bld des marréchaux et au lavomatik
Retour sur l’allée Paris-Ivry qui passe sous le pont. Nous passons un haut-lieu du Street Art . Sous l’échangeur il y avait un tiers-lieu orné de nombreux graphs. En été c’était très sympa, avec chaises longues, bar, mais c’est fermé actuellement. L’échangeur a été réduit ce qui a libéré du terrain constructible pour l’opération immobilière des célèbres Tours Duo de Jean Nouvel quiculminent à 180 m et 120 m. Comme la Tour Triangle bientôt achevée, ces tours de verre et de béton me paraissent d’un autre âge. Elles ont été décidée en 2012; comme le changement climatique s’est accéléré. Il y a moins de 15 ans, on ne s’en préoccupait pas. Aujourd’hui, elles paraissent d’un autre âge. Il faut croire que le temps des urbanistes court moins vite que l’Anthropocène.
Le Berliet ossature bois
Plus innovant, le Berliet, haut de 50 m est un bâtiment d’habitations privilégiant le bois. Cependant l’ossature et le noyau central sont en béton. A l’extérieur la structure est formée de poteaux de bois. Pour construire un tel gratte-ciel en bois, il a fallu obtenir des autorisations spéciale des pompiers. On remarque des cavités permettant d’aménager des espaces communs pour « favoriser le lien social ». Dans les constructions actuelles on invente des coursives, des escaliers, des terrasses ou voisins se côtoient et sont censés se rencontrer. C’est le principe du nudge sorte d’encouragement comme les inscriptions sur les escaliers du métro « vous avez fait des exercices-cardio en montant ces marches », ou « merci d’avoir déposé vos ordures » dans la poubelle, encouragements à peu de frais. De la com, encore de la com!
incinérateur d’Ivry, la cheminée neuve Syctom
Derrière le périf, on arrive à Ivry : sous le panache de l’incinérateur.
L’ancien incinérateur, très polluant, rejetant des dioxines qui interdisent aux riverains de consommer les œufs quand ils ont un poulailler et, dit-on, les légumes de leurs jardin, doit être remplacé par leSyctom flambant neuf annoncé à renfort de panneaux. Cheminée éblouissante (pas aujourd’hui parce qu’il fait vraiment trop gris) bâtiment très design. Mais pas mis en service! Et voici qu’on a mis en route le troisième four de l’incinérateur de Créteil-Pompadou, et qu’on projette la construction d’une troisième unité à Vitry aux Ardoines! Je viens de signer la pétition contre l’incinérateur de Vitry!
Cimenterie Calcia
Comme le prix du foncier est beaucoup plus bas à Ivry qu’à Paris XIII, les magasins Truffaut, Leroy-Merlin et de nombreux siège sociaux s’y sont installés.Après un petit tour sous la cheminée, nous retournons vers Paris et découvrons à l’ombre des tours duo la cimenterie Calcia, selon les spécialistes un chef d’oeuvre du genre avec ses silos et la structure horizontale sur pilotis pour les bureaux. Elle fait l’objet d’un éclairage la nuit , une oeuvre d’art contemporain.
immeubles variés
Au pied des tours Duo, de l’autre côte de l’Avenue de France, il y a un point de vue our découvrir les silhouettes variées des immeubles, blancs noirs, verts métallisé. On a voulu éviter la monotonie. Au dessus des voies ferrées une dalle est coulée en ce moment sur laquelle on installera un jardin, bien nécessaire parce que tout le quartier est vraiment minéral.
Université de Chicago Bâtiment de cours
Dernier arrêt : le bâtiment très élégant de l‘Université de Chicago de l’architecte jeanne Gang dont la façade est entourée de bâtons « stone sticks » contenant de la fibre de verre qui forme des claustras serant de brise soleiL. Accolé le bâtiment d’habitation pour les résidents (étudiants, professeurs) qui a toujours des colonnettes pour la cohérence. Notre guide nous fait remarquer le soin apporté à la façade et aux balcons intégrant les gaines, et surtout la présence de volets roulants, enroulés à l’extérieur. Enfin, on pense climat et canicule. Si des volets pouvaient dispenser de la climatisation couteuse et surtout très mauvaise pour le climat!
Quel enchantement ce conte du chanvreur à la veillée!
Le parler berrichon m’a intriguée. Avoir besoin d’un glossaire m’a transportée. J’ai adoré ces expressions régionales ou désuètes qui m’ont intriguée. Je me suis amusée à deviner et n’ai pas toujours réussi la « retirance« =la ressemblance, ce n’est pas évident! Silvenet est amiteux = affectueux. « detemcer« = faire perdre du temps. Il faut aussi apprendre tous les travaux des champs qui n’ont plus cours » l’aumaille« qui désigne les bêtes à cornes, « l’ouche »= le verger…, « les tailles » , les « saulnées à prendre les oiseaux. ». Nohant et le Berry me semble bien mystérieux. Auriez-vous deviné ce qu’est le capharnion?
« carphanion. Vous me reprendrez peut-être sur ce mot-là, parce que le maître d’école s’en fâche et veut qu’on dise capharnaüm ; mais, s’il connaît le mot, il ne connaît point la chose, car j’ai été obligé de lui apprendre que c’était l’endroit de la grange voisin des étables, où l’on serre les jougs, les chaînes, les ferrages et épelettes de toute espèce qui servent aux bêtes de labour et aux instruments du travail de la terre. »
Rosa Bonheur
Conte de Fées?
« La petite-fille de la mère Fadet, qu’on appelait dans le pays la petite Fadette, autant pour ce que c’était son nom de famille que pour ce qu’on voulait qu’elle fût un peu sorcière aussi. Vous savez tous que le fadet ou le
farfadet, qu’en d’autres endroits on appelle aussi le follet, est un lutin fort gentil, mais un peu malicieux. »
La petite Fadette est-elle une fée, comme son nom le suggère et sa grand-mère, la mère Fadet, une sorcière?
« Elle pansait en secret, c’est comme qui dirait qu’au moyen du secret, elle guérissait les blessures, foulures et autres estropisons »
Fanchon Fadet a un autre surnom, peu flatteur « le grelet » (le grillon) et son petit frère le « sauteriot », les deux enfants sont moqués, rejetés, méprisés. Proche de la nature, et suivant les enseignements de sa grand mère, la Petite Fadette apprend le pouvoir des plantes,. Et l’enseigne à Landry qui soigne les bêtes. parce qu’il n’y a point de sorcellerie ni de pacte avec le diable ou les feux follets.
« Quand j’étais toute petite, j’y croyais, et j’avais peur des maléfices de ma grand’mère. Mais elle se moquait de moi, car l’on a bien raison de dire que si quelqu’un doute de tout, c’est celui qui fait tout croire aux autres, et que personne ne croit moins à Satan que les sorciers qui feignent de l’invoquer à tout propos. Ils savent bien
qu’ils ne l’ont jamais vu et qu’ils n’ont jamais reçu de lui aucune assistance. »
Peut être un conte , plutôt une histoire d’amour. D’un amour improbable entre la petite sauvageonne et Landry le fils d’un propriétaire respecté dans son village, travailleur modèle, bon parti.
c’est vilain qu’une fille ait l’air d’un chevau échappé
parce qu’en Berry on dit un chevau et des chevals.
Théodore Rousseau Fontainebleau
Amours secrètes parce que cette campagne boisée, avec ses taillis, ses ruisseaux se prête aux amours cachées.
En général je suis très mauvaise cliente pour les romans d’amour, mais je me suis laissé charmer, je vous laisse donc découvrir la fin de l’histoire.
Exposition temporaire au Grand palais jusqu’au 5 avril 2026
Clarivel Face Forward Gazing (2024)
Mickalene Thomas est une artiste afro-américaine, née en 1971 dans le New Jersey. Photographe, peintre, vidéaste…elle magnifie le mouvement des années 1960 -1980 Black is beautiful
RESISTE
Je définis mon travail comme un acte féministe et politique…Je suis noire, queer et femme
Photographe, elle réalise des portraits dans la lignée des photographes maliens Seydou Keita et Malick Sidibé, mise en scène en studio avec des textiles africains. Ses modèles portent des tenues choisies par l’artiste
Elle détourne les images comme le Déjeuner sur l’herbe, Olympia ou La Grand Odalisque.
Déjeuner sur l’herbe
Peintre, elle va agrandir les photographies, les repeindre, les recouvrir de strass, de paillettes, de miroirs pour faire briller ces déesses afro.
African Goddess looking forwards
Elles sont belles, puissantes, sensuelles et regardent bien en face
Renversement des Odalisques orientaliste des harems de l’imagerie occidentales. Ces tableaux colorés gais sont présentés dans des installations : des salons un peu vintage avec fauteuils, coussins, plantes vertes. « Espaces-refuges » où les femmes noires se réunissaient entre elles
Salon vintage et odalisque
les visiteurs peuvent même s’asseoir dans un des salons pour regarder et écouter des vidéos de Angelos negros, 3 chanteuses jouent le rôle de Eartha Kitt
La visite se fait en musique.
Dans une autre salle, les couleurs sont vert-bleu et l’atmosphère tropicale avec beaucoup de plantes vertes. Un mur vidéo avec 12 petits écrans déploie des images tantôt aux couleurs de wax, tantôt suggestive d’une femme nue qui se livre morceaux par morceaux, ou des images déformées comme vues sous l’eau.
Collage
A l’étage, une mezzanine présente des collages sous le mot d’ordre de Baldwin :
On ne peut changer tout ce qu’on affronte mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas
Les images sont moins glamour, plus grises faites de collages en référence à Picasso, Matisse, Faith Rainggold et Claude Cahun. Certains collages utilisent des photos de nus exotiques d’un photographe italien réalisées pour les plaisir de l’homme blanc. Les collages sont sous le regard d’une femme noire lesbienne.
Comme souvent j’ai trouvé un podcast des Midis de Culture« une exposition séduisante mais un peu frustrante » CLIC
A moment’s pleasure
Critique un peu sévère jugeant le travail de Mickalene Thomas comme peu subvertif reprenant les poncifs qu’elle veut dénoncer. A vous de voir…
la Fondation Vuitton consacre une vaste rétrospective au peintre allemand Gerhard Richter (né en 1932 à Dresde – actuellement à Cologne). Présentée chronologiquement selon 6 décennies de 1962 à nos jours.
1963 Hirsch
1962-1970 Peindre d’après photographies : Richter va utiliser des photographies de magazines et des photographies de famille souvent en noir et blanc. Il va repeindre, écraser, flouter et retravailler l’image parfois en distorsion. Photographies d’actualité, avec des images de bombardiers évoquant les bombardements de Dresde. Il documente un côté douloureux de l’histoire allemande.
1965 Horst mit Hund
De ses photos de famille, il va exhumer des secrets douloureux comme la figure d’un père perdu, parti à la guerre, revenu en 1945 mais interdit d’exercer son métier, de sa tante Marianne liquidée dans les projets eugénistes nazis.
1968 Stadtbild
D’après photographies et toujours en Noir&Blanc, il peint des paysages, cette vue aérienne de ville mais aussi de somptueux paysages de montagnes enneigées
1970 mer
Pour peindre la nature, il ne s’installe pas sur le motif. Il emporte son appareil photo et retravaille la photo dans son atelier. Une vidéo le montre dans son atelier projeter la diapositive en couleur, repasser les contours au fusain…et obtenir une précision photographique dans sa peinture. les marines avec des ciels nuageux et le triptyque de nuages est impressionnant.
1970 Wolken blau
1971 -1975 Remise en question de la représentation
Une série de peinture d’après photographies est qualifié de dépeintures selon la brochure. A la Biennale de Venise il réalise une série de 48 portraits d’après photographies de personnalités, exposée dans une salle blanche que j’ai trouvée plutôt ennuyeuse après avoir repéré Thomas Mann et Stefan Zweig pas Gide. A Venise, Richterpeint une série après la découverte de l’Annonciation du Titien
1973 Annonciation d’après le Titien
A partir de la gamme de couleur et des personnages, il peint des variations
1973 nach Tizian
De cette époque datent aussi les travaux sur la couleur avec de grands nuanciers qui ne m’ont pas enthousiasmée.
1976 – 1986 Explorer l’abstraction
1976 Konstruction
Parallèlement à ses tableaux d’après photographies, Richter peint de grands formats très colorés, très libres, où il expérimente plusieurs techniques. Une médiatrice présente dans la salle explique qu’un tableau abstrait nécessite de nombreux mois de travail alors que ses tableaux photographiques sont peints en parfois un seul jour. .
1980 Faust
La période voit le règne de l’Expressionnisme abstrait dans le monde entier.
Il peint aussi des aquarelles. On ne peut cantonner Richter dans un seul style, en même temps il peint des paysages qui évoquent le Romantisme allemand de Caspar Friedrich, sauf qu’il choisit des points de vue quelconques, peu pittoresques, des barrières dans un champ, un coin peu reconnaissable de la Cathédrale de Cologne, le banal contrastant avec le romantisme du style.
1987 Chinon
1987 – 1995 Sombre Réflexion
Nouveau thème : la peinture historique autour du cycle 18. Oktober 1977 . Suicide ou liquidation de la Bande à Baader, peintures floues portraits d’Ulrike Meinhof,
18.Oktober 19771988 18.Okt 1977 Beerdigung
Une série de très grands tableaux abstraits à tonalité grise fait suite
1989 Abstraktion
Richter expérimente encore couleurs et techniques.
Puis il se tourne vers le papier et le dessin, alterne grandes compositions abstraites et figuratives. Enfin se livre un peu dans un portrait de sa femme et de leur enfant.
1995 S mit Kind
La Fondation Vuitton offre un très vaste panorama des œuvres plus tardives de Richter. Je piétine depuis plus de 2h30 et perds un peu de concentration pour prendre des notes ou faire de nouvelles photos. Mais ce n’est pas la lassitude qui m’empêche de rendre compte de la dernière salle Birkenau. Avec la Shoah, j’ai du mal. La représentation, même si elle est pertinente et respectueuse, m’apparait impossible.
Les critiques des Midi de Culture sont beaucoup plus sévères que moi l’une s’étant « ennuyée » l’autre jugeant le peintre pour le podcast ICI
J’ai découvert le film en janvier 2025. Walter Sallesa réalisé Central do Brasilet Carnets de voyages racontant la traversée de l’Amérique latine par Guevarra avant qu’il ne soit le Che. Ce film a été multirécompensé
J’ai beaucoup aimé ce voyage au Brésil. Ambiance années 70, plage et joie de vivre avant le drame : l’arrestation de Rubens Paiva, sa disparition et la lutte constante de Eunice Paiva jouée par Fernanda Torres pour mettre en lumière la vérité. Je l’avais chroniqué sur mon blog Toiles Nomades CLIC
J’avais ressenti l’urgence de rétablir la vérité historique sur la dictature qui a régné sur le Brésil entre le coup d’Etat de 1964 et le rétablissement de la démocratie dans les années 80. La présidence de Jair Bolsonaro montre que les forces d’extrême droite sont encore puissantes.
j’ai donc coché dans la liste de la Masse Critique de Babélio le livre de Marcelo Rubens Paiva : JE SUIS TOUJOURS LA d’où est tiré le film. J’ai eu peur de m’ennuyer puisque je connaissais l’histoire et les personnages. Cela n’a pas du tout été le cas. D’abord, j’avais fait un contresens : je m’étais imaginée que, dans « je suis toujours là » , « je » représentait le père, arrêté, disparu, mais toujours présent dans les démarches de la mère pendant des années afin de retrouver des preuves de vie, d’abord, puis de son décès.
« Je suis toujours là » , le « je » est mis pour Eunice, personnalité remarquable. Le livre lui est donc consacré. Femme au foyer, mère de 5 enfants, maîtresse de maison, épouse d’un ex-député. Rien ne la prédisposait à mener la lutte qu’elle a menée. Epouse d’un disparu, elle n’est pas « veuve », elle ne joue pas les victimes et refuse ce rôle avec fierté et dignité. La photographie montre la famille souriante et non pas abattue. Pour sa lutte, Eunice n’a pas choisi la vengeance ou la clandestinité. Elle a commencé des études de Droit, et a choisi la profession d’avocate pour faire valoir ses droits. Avocate des Droits de l’Homme, pas seulement des disparus. Elle est devenue l’avocate des minorités indigènes, des Indiens Pataxos contre les grands propriétaires terriens soutenus par la dictature.
Ce livre sous-titré « Roman » est plutôt un témoignage. Témoignage des tortures, des disparitions, de la chape de plomb de la dictature. C’est un livre de mémoire, mémoire de l’histoire brésilienne, mémoire de sa famille. Un livre de mémoire alors que la mémoire quitte Eunice. Alzheimer s’installe et bouleverse sa vie. Au moment où elle pourrait profiter de l’hommage rendu à son mari, où grand mère elle peut tenir son petit-fils sur ses genoux, la maladie la gagne.
« Son orgueil était plus fort que son oubli. jamais elle ne s’apitoierait sur elle-même. Elle ne voulait pas que nous ayons pitié d’elle. jamais elle n’a demandé de l’aide. Ces derniers temps, une nouvelle phrase, pleine de sens, est entrée dans son répertoire, en particulier quand elle est prise dans un tourbillon d’émotions […]Cette phrase signifie un moment de bonheur ou une mise en garde « Je suis toujours là. Je suis toujours là »
Oui maman tu est toujours là. A 85 ans, ma mère n’est pas entrée dans la quatrième phase, la pire de toutes . Sa vie est composée de nombreux actes. Il y en aura encore un. Tant que la mort de mon père n’aur pas pris fin«
Ainsi s’achève l’histoire.
C’est donc un voyage au Brésil, une leçon de vie. Lecture agréable, bien menée.
Et comme le sujet est loin d’être épuisé, un nouveau film est sorti sur la dictature L’Agent Secret de Kleber Mendoça Filho qui se déroule en 1977 à Recife en plein Carnaval. il dure 2h40 mais vous ne vous ennuierez pas. CLIC
En 1880, Gabrielle vient à Paris étudier la peinture dans l’atelier d’Ernest Hébert. Le 6 novembre ils se marient, elle a 28 ans, lui 63. En 1884, Ernest Hébert prend la direction de la Villa Médicis où ils resteront jusqu’en 1893.
Ernest Hébert – Villa Médicis
Ernest Hébert collectionne les photographies. Il en possède des centaines d’images.
Le 21 juillet 1888, Gabrielle « sort acheter les choses nécessaires pour la photographie »[…]prend des leçons auprès de Cesare Vasari et installe en compagnie du pensionnaire Alexis Axilette, une chambre noire pour développer ses négatifs, tirer et retoucher ses épreuves.
Bosco
Gabrielle tient la chronique de la Villa Médicis, de son architecture, de ses jardins avec une grande attention pour les fleurs, surtout les lys qu’elle inclut dans ses mises en scène comme l’Annonciation (plus haut), elle photographie les visiteurs : Sarah Bernhardt
Sarah Bernhardt
Elle photographie les pensionnaires au travail : le sculpteur Denys Puech, l’architecte Hector d’Espouy. Sans oublier le jardinier, leurs petits chiens. Amusante scène de jeu de saute-mouton des pensionnaires
La muse d’André Chénier – Denys Puech
Ces épreuves sont de très petits formats figurant parfois des véritables tableaux vivants comme l’Annonciation qui rappelle la Renaissance mais dans l’esprit des Préraphaélites. Autre mise en scène: sa soeur jumelle pose pour les Vestales sur l’escalier du Bosco
Vestales sur l’escalier du Bosco
Elle fait aussi de nombreux portraits de son mari à qui elle voue une admiration sans borne. Dans ses écrits elle l’appelle « Alles » (tout)
ERnest Hébert et les enfants des rues, ses modèles
Après avoir quitté la villa Médicis, ils font de longs périple en Italie et en Sicile, en Espagne. Avec bien sûr de très belles photographies. Sa production s’interrompt à la mort d’Ernest en 1908 à la Tronche en Isère où elle se consacrera à un musée à sa gloire. Son œuvre photographique ne sera redécouverte qu’au XXI -ème siècle, par hasard.
Magdalena Abakanowicz (1930-2017) est une artiste textilepolonaise.
Andromède II 1964 laine coton crin de cheval
Dans ses tapisseries, elle s’affranchit du plan du mur pour incorporer des matières originales et obtenir l’impression de relief.
Abakan rouge qui se reflète dans un miroir
A partir , de 1964elle qualifie ses tissages monumentaux suspendus au plafond d‘Abakan. Les personnages qui se reflètent dans le miroir donnent l’échelle de l’œuvre. Ces abakanspeuvent évoquer toutes sortes de chose au spectateur : un volcan, ou un sexe de femme, un paysage….
SculpturesSérie de portraits anonymes (1989-1990)
Série de portraits anonymes (1989-1990)
Autant j’ai aimé ses tissages et abakans, autant j’ai ressenti un profond malaise avec ses personnages de textile . Sculptures et moulages avec de la toile de jute. Masques mortuaires ou non? Rides captées ou exagérées avec les bandelettes?
Quelle danse, quelle procession, quelle fuite pour ces personnages sans tête. Et que font donc ces dos arrondis, accroupis ou assis, courbés. prisonniers ou condamnés. Le malaise augmente quand je m’aperçois que ce sont des coques creuses.
Aucun de ces « humain » ne possède un corps entier, le plus souvent c’est la tête qui est absente. les foules sont encore plus angoissantes
Foule
Foule anonyme, en rang serré, immobile. Qu’attend-elle?
Abakan noir
A l’arrière de l’abakan noir, une série nommée « Paysages » est composée des bas-reliefs de corps humains émergeant de la terre.
paysages
Oeuvres puissantes mais très malaisantes. Magdalena a évacué toute joliesse, toute exigence du « beau ». Comme elle est polonaise, je pense immédiatement à la Shoah, aux charniers, à la boue, aux cendres.
mais j’ai peut-être tout faux; Ces foules sont peut-être celles qui participaient au pouvoir communiste. Aucune indication biographique n’oriente le visiteur vers l’un ou l’autre de ces épisodes dramatiques qu’a vécu la Pologne. Témoignage ou protestation militante. Rien ne nous sera expliqué.
Magdalena Abakanovicz a aussi sculpté le bois et le fer pour des objets encore effrayants. Elle a aussi dessiné des têtes anonymes, et s’est même consacrée à la métamorphose d’une mouche aux dimensions monstrueuses de la même taille que la tête d’homme qui est accrochée sur la cimaise.
J’ai même trouvé réconfortantes les têtes hurlantes de Bourdelle alignées dans le couloir qui conduit à l’espace d’expositions temporaires du Musée Bourdelle. Elles criaient pourtant l’horreur de la guerre
Les blogs que j’ai l’habitude de suivre présentent de plus en plus de BD. Il faut sans doute que je sorte de ma zone de confort et que je cherche dans le rayon BD de la Médiathèque. Mission difficile, je n’ai toujours pas compris le mode de classement. Si bien que je pioche un peu au hasard.
Tunnels a excité ma curiosité. pour deux raisons. Une bonne : la traductrice est Rosie Pinhas Delpuechque j’apprécie en tant qu’autrice et que traductrice. Une mauvaise : « Tunnels » m’a fait penser aux tunnels de Gaza où ont été prisonniers les otages. Il aurait suffi que je regarde la date d’édition 2021, rien à voir avec la guerre actuelle.
Le graphisme m’a fait penser à Tintin. Roman d’aventures avec des personnages plutôt farfelus. Nous voici parmi les archéologues. L’archéologie est une passion nationale en Israël, d’abord parce que la terre regorge de restes antiques, ensuite parce que les israéliens voient dans les antiquités juives une justification supplémentaire à leur attachement à la Terre d’Israël, quitte à trouver des synagogues partout et à négliger les églises byzantines, les sites hellénistiques ou les châteaux Croisés.
Parmi ces fadas d’archéologie, on rencontre d’abord un collectionneur, M. Abouloff, richissime et vaniteux, qui n’hésite pas à acheter des pièces pillées par Daech, incapable de débrouiller des vrais des faux. Nili Broschi, fille d’un archéologue distingué mais sénile, veut poursuivre les fouilles que son père a entrepris. Son frère, est également archéologue mais carriériste. Motké Sarid, le Grand Professeur, dont la plus grande trouvaille est d’avoir évincé Israël Broschi. Dénué de tout scrupule, il espionne Nili pour s’approprier ses découvertes éventuelles. A cette collection de « savants » s’ajoute Gedanke, un illuminé orthodoxe qui croit hâter la venue du Messie en trouvant l’Arche d’Alliance, il a surtout le mérite d’avoir des pelleteuses et une certaine expérience dans les excavations. A sa suite tout un lot de jeunes colons hurluberlus qui pourront peut-être manier une pelle.
Le site des fouilles est situé dans les Territoires, en zone palestinienne où les Israéliens ne sont pas censés creuser et surtout juste en dessous du mur de séparation. Le tunnel que les archéologues creusent doit rejoindre un tunnel ancien que le père de Nili a creusé avec des Palestiniens du village le plus proche. Palestiniens et archéologues vont se rencontrer. Les villageois n’ont aucune visée archéologique mais le tunnel serait bien pratique pour rejoindre leurs champs. Pratiques aussi pour de la contrebande? Nili retrouve avec plaisir les anciens ouvriers de son père qui acceptent de continuer le travail….
Si vous voulez savoir la suite, il faudra lire la BD.
Amusante, farfelue, invraisemblable, humoristique, à vous de voir.