Miss Islande – Audur Ava Olafsdottir

LIRE POUR L’ISLANDE

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Reykjavík, 1963. Hekla débarque de la campagne avec sa machine à écrire et beaucoup d’ambition. Elle veut être écrivain!

Avec son nom de volcan, Hekla a beaucoup d’atouts. Elle est si belle qu’un inconnu la poursuit pour l’inscrire au concours de Miss Islande. Pour l’écriture, elle est douée et a déjà publié, sous un pseudonyme, dans une revue reconnue. Surtout, elle peut compter sur une amitié à toute épreuve avec Jon John, un garçon de son village, qui l’héberge. Courageuse, elle accepte un travail de serveuse à l’hôtel Borg. A Reykjavik, elle retrouve sa meilleure  amie d’enfance, Isey; mariée, mère de famille qui lui réserve un accueil chaleureux. Assez rapidement, elle rencontre un poète et se met en ménage avec lui.

Une réussite toute tracée ferait-elle un bon roman?

En 1963, même en Islande, être une femme indépendante, une écrivaine n’est pas facile.

Être serveuse, même dans un établissement chic, c’est s’exposer aux harcèlements des clients sans espoir d’une aide du patron, Hekla réagit avec à-propos, mais c’est pénible. Être  la petite amie d’un futur poète, et, écrire  ne va pas de soi. Le ménage est déstabilisé quand Starkadur découvre le talent d’Hekla.

La vie  est très difficile pour Jon John qui est homosexuel et qui gagne sa vie en mer. C’est le personnage qui m’a le plus touchée. Il fait une analyse très pertinente de l’oppression subie par les gays : fréquentant un peu la base américaine, il fait le parallèle avec la lutte des Afro-américains et célèbre Martin Luther King.

Tableau intéressant d’une Islande encore très provinciale, avec comme bonus : des éruptions volcaniques.

au pied des glaciers

CARNET ISLANDAIS

au pied des glaciers

Nous avons laissé Kirkjubaerjaklaustur sans nous en rendre compte, les maisons sont si dispersées que nous avons du mal à situer le village (120 habitants en 2011) ; notre premier arrêt fut devant une mignonne cascade, ou plutôt une rivière qui saute sur des rochers et se divise en autant de rapides. Les mots me manquent pour décrire les chutes d’eau, c’est la première fois que j’en vois tant. J’aimerais les différencier, les individualiser.

langues glaciaires et sommets vus de la route 1

Quand on suit la route circulaire 1 nul besoin de GPS ! Nous nous arrêtons sur chaque parking aménagé. De 8 H à 9  H, nous sommes bien tranquilles et la lumière est merveilleuse. Le spectacle est grandiose au pied de montagnes couvertes pat le Glacier Vatnajökull qui couvre 10% de l’Islande. La glace est très épaisse et masque les sommets des volcans noyés sur la carte Michelin. De la route on découvre les langues glaciaires entre les arêtes rocheuses.

Une pensée m’obsède : combien de temps encore pourra-t-on les contempler ? Je suis fascinée par ces glaciers qui sont tellement nouveaux pour moi. De loin, la neige est brillante, blanche le jour, rose hier soir au coucher du soleil. De près, la surface paraît sale, elle porte les cendres et des débris de roches ; elle est hérissée de pics et de crevasses impressionnantes. Quelquefois, les crevasses sont bleues presque turquoises. Je zoome pour les observer de plus près, la résolution est mauvaise, ils seront flous. Qu’importe, je filme sans relâche.

crevasses

La route court sur un désert de sable et de cailloutis, complètement plat. On construit cette route en relief, sur une sorte de digue peu élevée mais assez pour interdire les arrêts-photos improvisés. Heureusement le trafic est très dilué. Nous franchissons des ruisseaux parfois des torrents sur des ponts de bois et métal qui vibrent à notre passage ; souvent un seul véhicule peut passer à la fois, il y a des aires de garages, sorte de passing-places(comme disent les écossais). Les parkings sont signalés longtemps à l’avance pour décourager les touristes imprudents de s’arrêter sur la voie, la plupart du temps il y a des panneaux explicatifs et souvent des toilettes.

Un pont de ciment au milieu du paysage, pas de route dessus ???l’explication est donnée au parking suivant : l’éruption de 1996 du volcan Grímsvötn a provoqué des inondations cataclysmiques. L’énorme crue glaciaire a emporté le pont et la route. Une poutrelle tordue témoigne du désastre. Le cratère du Grímsvötn aurait contenu un lac sous-glaciaire. Ces crues gigantesques expliquent les dépôts et la formation de deltas sur des kilomètres.

Skaltafell

Le parc de Skaltafell possède un très grand parking payant (750 ISK) surveillé par des caméras, la  et nouis arrêtons sur le plus petit des parkings du stefaut bien payer et en carte de crédit ? le cash n’est pas non plus admis « dans le système ». Pour les randonnées, des entreprises privées proposent leurs services : randonnée sur le glacier (matériel prêté) randonnées guidées etc…mais il aurait fallu s’organiser à l’avance et prévoir une plage horaire confortable.

Librement, on peut suivre des sentiers balisés jusqu’au glacier Skaltafelljökull. Le sentier est large et bien entretenu traversant un petit bois de bouleaux nains de moins d’un mètre de haut. Sont-ils aussi nains que je l’imagine ? Au flanc de la colline les bouleaux ont une taille arbustive, pas des grands arbres mais hauts de plusieurs mètres. J’arrive dans une zone caillouteuse ; un petit lac occupe un creux et plus loin un torrent d’eaux grises tumultueuse sort de la langue glaciaire. Ce n’est pas ici que je marcherai sur la glace mais c’st une belle petite promenade.

Nous dépassons le village de Hof qui ressemble à un village ; partout des fermes dispersées qu’on peut difficilement appeler village.

lagopèdes??

Un panneau promet un « boat-trip » sur le Fjallsarlon. Lest billets coûtent 6900 ISK = 50 €, est-ce que cela en vaut la peine ? Le lac est caché par une petite colline. Sur l’eau des zodiacs naviguent sans s’approcher des icebergs qu’on voit très bien du bord ; l’attraction est plutôt attrape-touriste. AVEC le ciel nuageux, l’eau est grise, la glace est sale. En remontant, j’ai la chance de rencontrer un gros oiseau et ses quatre poussins qui se roulent dans la poussière. La mère ressemble à une grosse perdrix ; Je m’étonne de cette nichée si tard dans l’été, si petits.

Jökullsarlon

jökullsarlon

Nous continuons à fréquenter tous les parkings et nous arrêtons sur le premier et le plus petit des parkings du site ; une seule voiture, un sentier grimpe et c’est l’émerveillement ; Le lac glaciaire est bleu, les icebergs propres avec des formes fantastiques. Au Loin, je distingue des bâtiments et un énorme parking au bord de l’eau.  Dominique qui n’a pas encore vu la glace flottant sur les lacs pourra la voir de la voiture. Pique-nique dans la voiture. Une promenade suit la rivière jusqu’à la plage. Un iceberg se fracasse à grand bruit. Je suis saisie d’une frénésie de photos. Un phoque joue avec mes nerfs : dès que je suis prête, il plonge et dès que je range l’appareil il réapparaît exactement au même endroit, à quatre reprises je zoome, je cadre pour éteindre ! je me rattrape avec les eiders qui barbotent.

icebergs sous le soleil

Après une promenade sur la plage nous retournons sur le petit parking tranquille pour une belle promenade en solitaire sur le sentier en corniche au-dessus de l’eau. Le ciel est bleu profond, les icebergs étincellent. Toutes les photos à doubler ! Qund vient l’heure de la sélection, c‘est un crève-cœur, je les garderais toutes, pour la forme, la couleur, les oiseaux perchés….

Jökullsarlon

Encore 70 km à parcourir. Comme j’ai du mal à repérer l’hôtel sur la carte, j’allume le téléphone pour GOOGLEmaps; incroyable mais il y a de la 4G dans cette zone dépourvue de villages ! Nous laissons le téléphone nous guider en passant devant des fermes, des minuscules villages avec des toits rouges et des constructions blanches. Détour jusqu’à une mignonne église au milieu du cimetière herbu derrière un bouquet d’arbres.

Notre hôtel Vagnasstadir est composé de l’ancienne auberge de jeunesse : maison de bois avec un étage et une véranda, de trois chalets de bois peints en vert et d’un long bâtiment tout neuf où nous sommes logées. Notre grande chambre avec salle de bain est confortable mais ses murs sont nus en dehors d’une inscription calligraphiée en Islandais ; deux lits avec des couettes, deux tabourets gris en guise de tables de nuit, une chaise et un fauteuil ; les prises électriques ne manquent pas. Une affiche prie les clients de défaire leur lit et de mettre housses de couettes et taies d’oreiller dans les paniers. A l’hôtel, je n’avais pas encore vu cela ! pas de restaurant, le plus proche est à 6 km, on n’a vraiment envie de reprendre la voiture. L’épicerie la plus proche est à 25 km. Seul dépannage : des nouilles instantanées à 800 ISK (6€) ; nous aurions mieux fait de garder les sandwiches et de manger chaud à Jökullsarlon ! Accueil inexistant, chères et insipides nouilles, le moral en prend un coup, une AJ au prix d’un 4* !

Vagnasstadir

Pour me consoler, je fais une balade dans la campagne très verte. L’auberge est entourée d’animaux, chevaux islandais et moutons. La mer est proche (1.5 km) mais je ne trouve pas le pont qui franchit le ruisseau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Illska – Erikur Örn Norddahl

LIRE POUR L’ISLANDE

Salmigondis! Mélange de viandes sanglantes!

J’ai lu jusqu’au bout ce pavé pour comprendre ce qui avait valu un prix littéraire et de bonnes critiques, pensum et colère pour ce qu’on nomme maintenant histoire décomplexée (est-ce un complexe que de vivre avec la mémoire de la Shoah?). Quels compromis, quelles relations, peut-on entretenir avec l’extrême droite, les néo-nazis, les suprémacistes?

Si Métailié, l’éditeur n’avait pas donné le titre Illska en islandais, sous-titré le Mal, je n’aurais sans doute pas téléchargé ce livre. Je suis mauvaise lectrice pour les ouvrages sur le Mal (ou le Bien, d’ailleurs).

Passons sur l’histoire d’amour, le trio formé par Agnès, d’origine lituanienne, à moitié juive qui fait une thèse sur l’extrême droite, son amant Omar, et Arnor, le néo-nazi qui sexuellement la fascine. Trio qui devient quatuor quand le bébé (de qui?) se met à intervenir dans le récit. Je ne suis pas cliente de provocations, genre T-shirt avec le portrait d’Hitler, tatouages nazis sur la bite ou ailleurs.

L’aspect historique : le récit des massacres des Juifs  en Lituanie par les nazis bien aidés par la population locale m’a bien sûr interpellée. Comment vivre avec l’idée que la moitié des ancêtres  en a assassiné l’autre moitié? Pour raconter cet épisode tragique il faut une vision très claire, se tenir aux faits et ne pas se perdre dans les ragots, les anecdotes croustillantes. C’est tout le contraire qui est livré ici. Eclairage, genre boule à facettes, mosaïque de vérités (et contre-vérités) où les faits historiques voisinent avec des textes nauséabonds. Chacun se construirait sa propre opinion? On glisserait vers le révisionnisme.

L’enquête de l’héroïne dans les milieux néo-nazis, populistes, en Islande ou ailleurs aurait pu être passionnante. Elle est parasitée par des fantasmes sexuels et tourne court. Le premier quart du livre lu, on n’entendra plus parler de travail universitaire d’Agnès.

Même ambiguïté gênante vis à vis du viol.

Le récit est bien écrit, on se laisse prendre à tous ces récits qui s’entrecroisent habilement. Pour cela rien à reprocher. D’ici crier au génie?

La Côte sud (3) de Skogar à Vik et Kirkjubaejaklaustur

CARNET ISLANDAIS

Skogar

Pique-nique à Skogar dans un pré vert un peu à l’écart. Il y a un musée ethnographique intéressant mais nous n’avons pas le temps de le visiter dans notre marathon de la côte sud. Dommage !

Premiers glaciers

premier glacier

Détour par la route 221 pour découvrir le premier lac glaciaire au pied du glacier. Comme de petits esquifs noirâtres flottent, ce sont des icebergs détachés du glaciers. Pas de la glace bleutée, des morceaux de glace bien noirs sans doute à cause des cendres volcaniques. Le glacier aussi est gris bien sale. Si j’imaginais une coulée blanche comme une piste de ski, je serais déçue. On est frappé par les crevasses qui hachent le front du glacier. Même grisâtre, le glacier me remue. Fragilité de cette glace en période de réchauffement climatique ! Combien de temps ce spectacle sera encore visible ? Quelle incidence sur le climat leur fonte provoquera-t-elle ?

Dyrolaey

Dyrolaey

Dyrolaey est un îlot rattaché à l’Islande par une digue. Des sentiers en étoile font accéder à différents points de vue sur la côte. A l’Ouest, la falaise percée d’une arche que j’avais repérée à Skogarfoss et les îlots ont une forme massive de cubes émergés. A l‘Est ? s’étend une très belle plage noire battue par les vagues et bornée par deux aiguilles volcaniques, fines colonnes ressemblant à celles du Vulcano. Plus près sur l’îlot il y a aussi une jolie arche basaltique.  L’îlot de Dyrolaey est une réserve biologique pour la faune et la flore

La plage de Reynisfjara

la plage de Reynisfjara vue de Dyrolaey

C’est la belle plage à l’Est de Dyrolaey. Des panneaux mettent en garde : elle est dangereuse, les vagues ont emporté des imprudents. S’agissait-il de baigneurs ou de promeneurs ? Pour la baignade, aucun risque, je n’ai même pas envie de me déchausser pour sentir le sable sous mes pieds. Les regards (et les objectifs) se dirigent plutôt vers les orgues basaltiques, prismes réguliers mus en valeur par les jeux d’ombres et de lumière. Malheureusement les touristes grimpent pour figurer sur la photo. Plus la tenue est voyant (rose orange jaune fluo) plus ils prennent des poses ridicules et s’attardent. Après tout, nos collègues touristes font partie du paysage ! Drôle de tribu qui court le même marathon, s’arrête aux mêmes parkings (ailleurs c’est impossible) et prennent les mêmes photos. Depuis ce matin, je croise les mêmes visages ; on se saluerait presque.

Reynisfjara : orgues basaltiques et touristes voyants

Il reste 70 km à parcourir, pas d’arrêt à Vik

A la sortie du village, je guette le rocher tabulaire haut de 220m HJörieshöfbi (les noms islandais sont imprononçables, j’hésite toujours à les retranscrire) ; autrefois, une île maintenant entouré d’un parterre d’une herbe luxuriante luzerne ou lupin agitée par le vent, comme une masse liquide, comme les vagues qui l’ont battue autrefois. J’imagine la quantité de sédiments arrachée à la montagne par les puissants torrents, le matériel pyroclastique, cendres, scories, bombes, projetés par les volcans tout proches cachés sous les glaces. Ce matin, au Centre Lava, une animation mettait en évidence l’accroissement de la surface de l’Islande ; depuis ma naissance, elle s’est agrandie d’1.3 m du fait de la tectonique des plaques, il faut sans doute tenir compte de la sédimentation dans les deltas au pied des glaciers.

Reynisfjara : non ce n’est pas Etretat!

La route circulaire 1 s’est éloignée du rivage ? Après la prairie sauvage verte, elle traverse un désert noir : un champ de lave très plat. Seuls quelques blocs ressortent en relief. Pas une plante n’a encore colonisé la roche (peut être la coulée est-elle récente ?

Dernière curiosité : après un pont sur le torrent Kudalfjot, l’Eldraun.

Les mousses de l’Eldraun

Un immense champ de lave est recouvert d’une mousse qui l’encroûte avec des formes arrondies, sortes de coussins ou boudins accumulés recouverts d’un tapis moelleux. Parfois, de petits pitons rocheux piquants émergent avec des formes torturées. Parfois, des colonnes de basalte portent des touffes d’herbes. Des nuages menaçants font changer l’éclairage. Le soleil est violent. Nous avons envie de capter le bel arc en ciel. Difficile de s’arrêter. Du parking, c’est à contre-jour, je traverse la route et enjambe un fil métallique. Je ne devrais pas faire cela, le milieu est fragile. La mousse pousse si lentement qu’elle mettait 200 ans à repousser si je la piétinais. J’avance à peine choisissant un petit arbre « rabougri » (l’expression me vient du Québec) pour le premier plan avec les taches roses des fleurs de bruyère.

les coulées du Laki

Sur un parking, un panneau du GEOPARK KATLA raconte l’éruption du Laki (1783). En détraquant le climat et en ruinant les récoltes dans l’Europe du Nord et causant famines et épidémies  en Islande et en Ecosse, elle fut une des causes de la Révolution française. Ce champ de lave recouvert de mousses est celui du Laki.

Nous continuons notre route dans une verte campagne. Les parois rocheuses sont verdies par de l’herbe où paissent des moutons isolés. Enfin, nous arrivons à Kirkjubaejaklaustur où se trouve l’Hôtel Geirland. A l’entrée de la route se trouve une ravissante cascade, ni très haute, ni très puissante ni touristique.

L’Hôtel Geirland possède un beau restaurant. Les chambres sont alignées sur un couloir de plain-pied moquetté, chauffé. La chambre est très grande avec une belle salle de bain. Pour dîner je choisis une soupe d’agneau au bouillon clair mais aux morceaux très tendres pas gras du tout, servi avec du pin et un beurre travaillé aux herbes. Le dessert est raffiné : trois boules de compote de rhubarbe avec des flocons d’avoine sucrés, une boule de glace à la vanille, des framboises et des décors en coulis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la Côte sud (2) LAVA CENTER à HVOLSVOLLUR

CARNET ISLANDAIS

Lava Center

panache mantellique

35 km plus loin, Hvolsvollur est une toute petite ville (850 ha) avec divers commerces qui s’alignent en bord de route. LAVA CENTER logé dans un bâtiment de bois flambant neuf ; autour du comptoir des billets s’articulent les salles d’exposition d’un complexe interactif, la salle de cinéma et une très belle boutique : pas de camelote, rien que du beau et du très cher, vêtements techniques de montagne, articles de laine et enfin, un restaurant.

Le film ne dure que 12 minutes mais il est plus percutant que tous les documentaires que j’ai vus d’autant plus qu’aucun commentaire bavard et verbeux ne vient l’affaiblir. Des images d’éruption, des vues aériennes et une musique très forte. On est au cœur de l’évènement. On ressent les vibrations des séismes. Pleine immersion. Que les volcans cernent le centre confère une autre dimension, cela ne fait pas le même effet qu’un documentaire chez soi à la télévision. Des volcans, les dates des éruptions qui se répètent à proximité, on voit comment les hommes et les animaux sont confrontés à des éruptions : les hommes portent des masques mais ni les chevaux, ni les moutons n’étaient protégés. Quand on les rentre, les moutons ont des cendres dans les yeux.

Après le film j’entame le parcours en passant par un couloir rouge détaillant les produits émis : lave ou téphras. Les proportions peuvent varier pour un même volcan ; je me rends compte des simplifications en classant volcan rouge/volcan gris. Une autre salle éclairée uniquement par des images de coulées de lave montre des maquettes expliquant les divers mécanismes d’éruption. La composition chimique du magma entre peu en jeu selon leurs écrans qui font varier la température et la fluidité de la lave. Selon eux c’est la température le paramètre essentiel qui va jouer sur la nature de l’éruption. A très haute température, la lave sera fluide et s’étalera en longues coulées. A basse température, le magma sera épais et l’éruption explosive. On montre la formation de la palagonite et des coussins de lave sous l’eau. En Islande, la présence d’une calotte glaciaire surmontant les volcans, les lacs glaciaires ou les éruptions sous-marines compliquent encore les données.

Une maquette raconte la formation de l’Islande dans le cadre de la tectonique des plaques. Là aussi, l’accent est mis sur un axe inattendu : le panache provenant du manteau formant un point chaud ; il est représenté par un immense cylindre rouge au milieu de la pièce obscure et l’éclaire. Finalement, d’après ce que j’ai compris, le Rift n’apporte que peu de chaleur, comparé au panache mantellique.

Excellente pédagogie, décoration pertinente, mise en scène spectaculaire, le sel défaut c’est que tout se déroule dans une demi-obscurité qui interdit la prise de notes.

La Côte sud : cascades

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Uridafoss

En route par Reykolt, Skalholt, plaisir de passer par des paysages connus. Laugaras, un pont suspendu en ciment passe la très large rivière Hvita dont le débit et la largeur nous surprend. Nous n’avons pas fini d’être étonnées par la puissance des rivières islandaises !

Juste après avoir rejoint la Route Circulaire 1 la chute Uridafoss est perceptible de la route avec le brouillard qui d’un creux. Il suffit de quitter la grande route quelques centaines de mètres pour voir la rivière en fuir se déchaîner contre les rochers qui la barrent, elle aussi fut menacée par la construction d’un barrage électrique. Les saumons qui en remonteraient le cours seraient dotés d’une queue très musclée. Les phoques, amateurs de saumons, parviennent jusqu’aux chutes. Très agréable promenade tranquille.

Seljalandfoss

Selfoss

65 m de hauteur ! Il est possible de passer à l’arrière de la cascade et des nappes d’eau qui rebondissent dans la vasque. Les photographes, amateurs comme professionnels, se bousculent, les uns avec leur perche à selfies, les autres installent leurs trépieds. Inévitables mariés chinois : comment la robe de tulle blanc n’est pas maculée de boue ?  La mariée a mis une doudoune argentée qui remplit la double fonction d’anorak et de réflecteur de lumière à l’instar des écrans et des parapluies. Certains badauds émoustillés par les baisers de cinéma veulent leur cliché-souvenir. Les touristes sont nombreux mis la cascade garde son élégance.

Seljalandfoss : nappes d’eau

Skogafoss

60 m de chute comme la précédente dans une gorge resserrée. Un escalier permet de gagner le rebord d’où elle s’élance. Montée un peu pénible à cause des marches très hautes au début, l’escalier métallique est plus aisé. On est récompensé par une promenade sur un bon sentier empierré au-dessus du torrent ; c’est un plaisir de découvrir d’autres cascades ; on se croirait en haute montagne. Avec plus de temps, il y a de belles randonnées, même 25 km pour rejoindre le glacier et la vallée de Thorsmörk. Les glaciers me fascinent, ils sont si proches ! Cette calotte de neige recouvre-t-elle le Katla ou l’Hekla redoutables volcans ? On aperçoit la côte et l’arche dans la falaise près de Vik .

Skogafoss :

Pique-nique à Skogar dans un pré vert un peu à l’écart. Il y a un musée ethnographique intéressant mais nous n’avons pas le temps de le visiter dans notre marathon de la côte sud. Dommage

3eme jour au Cercle d’or : Reykolt, Skalholt, Kerid, Solheimer, Fludir

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Reykolt ; les serres de concombre

Reykolt est le village le plus proche d’Arbakki. La piste 355 traverse les terres qui paraissent en friches au premier abord. En regardant bien, on découvre des chalets à l’arrière des rangées d’arbres dont la silhouette ressemble à celle des peupliers mais les feuilles à des aulnes, serait-ce des trembles ou des peupliers baumiers américains ? Il y a également des résineux : mélèzes, épicéas et pins. Des chevaux paissent en liberté.

Reykolt est à 6 km sur une grande route. Au rond-point se trouve la station-service N1 ; une supérette très bien achalandée qui a un petit guichet de banque ouvert de 12h à 15h, la boîte à lettres, un peu plus loin un restaurant. Le village est très diffus derrière les serres, très vastes éclairées en plein jour. De curieuses plantes à grandes feuilles poussent verticalement le long de fils tendus. Le plant est dans un godet carré placé dans une gouttière. Ce sont des concombres hauts de près de 4 m portant de longs concombres ! Plus loin, d’autres serres ont des fraises. En plus des serres, des bains : toujours la géothermie ! On ne trouve pas de centre à ce village dispersé dans les serres.

Skalholt

Nous prenons la route 35 Selfoss/Geysir jusqu’à la 31 pour visiter Skaholt – terre des évêques selon le Guide Vert – L’église blanche se voit de très loin, perchée sur sa colline dominant une très verte campagne cultivée où se prélasse la rivière Bruara (qui coule sous nos fenêtres) en méandres paresseux ou en plans d’eau affleurant dans les prairies. Autour de Skaholt, les prés sont fauchés avec de grosses machines. L’herbe est fournie et haute. Autour de l’église se regroupent des maisons neuves. L’église aussi est neuve, elle a été complètement restaurée en 1963. Au temps de la Christianisation de l’Islande c’était une cathédrale, 1056, proche de Thingvellir ce que rappelle une borne. Sous l’église, des archéologues ont mis au jour des vestiges d’une école, un réfectoire, un magasin, une bibliothèque. Skatholt était un centre religieux important dans une région densément peuplée. Une reproduction d’un tableau de John Cleveley 1772 montre de nombreuses chaumières et des maisons enterrées, des paysannes avec des coiffes. Une promenade aménagée avec des bancs permet de voir le site de loin.
Kerid

Kerid

Nous retournons sur la 35 en direction de Selfoss pour découvrir le site de Kerid. Pittoresque lac de cratère d’un bleu étonnant, cercle presque parfait dans son écrin de scories dans une chaîne de petits cônes. Je ne peux m’empêcher de penser à l’Auvergne et au Lac Pavin.
Kerid est un cratère vieux de 6500 ans à l’extrémité d’un chapelet de cratères appelés Tjarnaholar, profond de 55 m.

Kerid : lac de cratère

Cependant la formation semble différente de celle de Pavin selon le panneau affiché « les vulcanologues pensaient autrefois que Kerid était un cratère d’explosion. Ceux-ci sont le résultat d’éruptions successives pour former de profondes caldeiras. Des recherches plus poussées n’ont pis en évidence aucune couche de scories susceptible de se rattacher à des éruptions explosives de Kerid. Ils inclinent à penser que Kerid a été à l’origine d’un grand cratère de scories. Il est clair que la moitié de la lave de Tjarnaholar en est sorti[…]A la fin de l’éruption un petit réservoir de magma sous le volcan s’est vidé provoquant un affaissement. En dessous de certaines limites il y a un creux et des fissures qui se sont remplies d’eau. Le cratère serait comme une lucarne donnant sur la nappe aquifère ». Subtilités que je ne maîtrise pas vraiment mais qui me font douter de tout ce que j’ai pu enseigner à mes 4èmes.
Solheimer

déjeuner à Solheimer

C’est un éco-village coopératif, un kibboutz au froid ? Village d’enfant fondé en 1930 sur les principes de Rudolf Steiner, Solheimer serait le plus ancien éco-village.
Nous avons donc fait le détour et y avons trouvé un sympathique restaurant très clair avec un vitrage comme une serre. Plat du jour, une brandade de cabillaud sur une grande assiette en gros morceaux avec de petites pommes de terre, de la salade (scarole) et du chou frisé et des fruits coupés en petits morceaux. Une fleur comestible décore le tout : capucine et soucis. 4 Tranches d’un pain très brun qui ressemble à du pain d’épice et du beurre.
A l’arrière du restaurant une boutique de produits bios, surtout des produits de beauté.

Sesseljuhus : construction durable

On nous engage à visiter le Sesseljuhus – bâtiment durable – construit sans PVC en bois flotté, imprégné de sel repousse les insectes et n’a pas à être traité. Le système de ventilation et le chauffage en puits géothermique, l’isolation cellulose (papier recyclé) et laine, le toit de tourbe où poussent des végétaux en font une construction très économe en énergie.
Depuis 1930, maraîchage bio, les premières serres datent de 1954, de nouvelles ont été aménagées en 1980 et 2012. Actuellement la production de tomates s’élève à 18 000 kg, concombres 5000 kg poivrons 2000 kg.
Inclusion des handicapés : dans divers ateliers : bois, tissage et recyclage de vieux tissus, bougies (jolis sapins de Noël en bougie verte sur du grillage avec des pommes d’épicéa, céramique, papier mâché, herbes médicinales, savons et produits de beauté.

Fludir

Fludir

Nous terminons cette journée ensoleillée au Secret Lagoon, piscine chaude aménagée à la baignade alimentée par des sources thermales. Il y a même un petit geyser. Dans des vestiaires de pin, on se déshabille comme dans n’importe quelle piscine sauf qu’il faut se doucher nu et se savonner devant tout le monde. Pas question de nager sportivement dans l’eau chaude. C’est relax ! Certains brandissent des coupes de vin blanc, d’autres des cannettes de bière ; il y a un groupe de francophone qui bêtifie en faisant « la ronde » des jeunes s’embrassent….Je m’ennuie assez vite dans les endroits de fare niente. Comme l’entrée n’est pas donnée (2000 ISK= 15 €) pas question de faire seulement un plongeon.