Depuis que j’ai rencontré Stéphanie Pérezà Créteil en Poche, j’ai téléchargé 3 de ses romans qui complètent admirablement ses reportages, installant l’histoire dans la durée alors que les apparitions à la télévisions sont éphémères et ne permettent pas à s’attacher aux personnages.
Comme dans le Gardien de Téhéran, pour la peinture et la musique dans le Berger d’Alep, l’art est très présent dans ses romans. Danse et musique, même sous les bombes, sont actes de résistance : donner de la joie aux ukrainiens, redonner la fierté et du sens à la vie même dans des conditions dégradées. Ordres venant d’en haut : les musiciens russes sont bannis, interdit Tchaikovski et la base du répertoire. Cela ne va pas de soi.
« Elle traverse le studio, les jambes flageolantes, la gorge nouée, et avant de claquer la porte, se retourne une dernière fois : — Poutine partira, Tchaïkovski restera. Et ce n’est pas parce qu’on l’écarte de notre répertoire qu’on gagnera la guerre »
Les Ukrainiens ne réagissent pas tous de la même manière, les deux danseurs étoiles s’engagent sur le front, certaines famille s’exilent, d’autres hésitent. La romancière évoque tous les possibles, sans juger, sans glofiier l’héroïsme.
Contraste entre les corps parfaits des danseurs et les blessés, estropiés. Une autre façon d’envisager la danse est possible, même avec des corps mutilés : la petite fille avec sa prothèse peut encore imaginer devenir ballerine.
Barbarie et massacres. Magnifique résilience. Etonnante babouchka au coeur malade qui s’engage pour fabriquer des cocktails Molotov!
On suit une très belle histoire, les pages se tournent toutes seules.
A la suite de l’Exposition Simone Fattal au MAM j’ai eu envie de lire Etel Adnan dont je connaissais un peu la peinture mais pas du tout les écrits. Simone Fattala fondé en Californie une maison d’édition pour publier ses oeuvres, The Post-Apollo Press .
Sitt Marie-Rose est un très court roman : 112 pages qui se lisent d’un souffle. L’action se déroule pendant la Guerre Civile à Beyrouth
Le 13 avril 1975 la Haine éclate. Quelques millénaires de frustrations rentrées s’expriment à nouveau. Un dimanche, à midi, un autobus rempli de Palestiniens qui retournent à leur camp passe devant une église dans laquelle le chef du parti phalangiste libanais, composé surtout de chrétiens, assiste à la messe. Ce matin-là, un phalangiste avait été tué devant cette église. piège tendu, hasard, on ne sait, mais les miliciens arrêtent l’autobus, font descendre les occupants et les abattent l’un après l’ autres[…]
Toutes les querelles du monde arabe qui a ici ses représentants participent au carnage. Les va-nu-pieds sontterrorisés. C’est le carnage de l’herbe jeune : un corps semble tomber par seconde.
Marie-Rose est chrétienne, elle connaît les garçons de sa communauté. Jeunes hommes plus motivés par la chasse aux oiseaux que par l’action politique. Le roman s’ouvre sur l’image d’une chasse aux oiseaux que l’un d’eux veut filmer.
Marie-Rose est divorcée, mère de trois enfants. Elle s’est engagée du côté des Palestiniens, engagement humanitaire. Elle vit une histoire d’amour avec un médecin palestinien. Elle enseigne aussi dans une institution pour enfants sourds-muets. Femme, elle se sentait épargnée : « d’habitude ils ne touchent pas les femmes ». Elle a manqué de prudence et a traversé la ligne qui sépare les quartiers phalangistes des quartiers musulmans. Elle se retrouève kidnappée par ces phalangistes qui furent ses amis d’enfance
Personne au siècle où nous vivons ne s’est battu avec autant de médailles saintes sur la poitrine, la Vierge sur le fusil, le Crucifix sur le tank, le nom de Dieu à la bouche et la vision du ciel dans les yeux, que nos jeunes gens. C’est une armée de saints en marche qui paie de sa vie les péchés d’une humanité qui ne cesse de crucifier le Christ.
Ils rejouent les Croisades, s’affichent en Croisés.
Nous sommes les jeunes gens du quartier chrétien et notre milice est en guerre contre les Palestiniens. Ils sont musulmans. Nous sommes donc en guerre contre l’Islam et surtout quand il se met au travers de notre
chemin. Nous aurions pu être une tribu de vautours contre une tribu d’aigles que ce serait pareil.
Alors que les exécutions sommaires aux barrages, les snipers tuent sans sommations, le sort de Marie-Rose ne se décide pas immédiatement. Ces combattants hésitent à tuer l’une des leurs. La traîtresse a abandonné son camp. Mais c’est une femme! Les machos tirent peut-être moins de gloire à exécuter une femme.
Mais une femme qui se tient debout et les regarde dans les yeux est un arbre à abattre et ils l’abattent. Elle tombe avec un bruit de bois mort qui se perd dans les rumeurs perfides des quartiers et sous le ricanement des autres femmes satisfaites de ces victoires du mâle.
Mais justement une femme ne devrait pas se mettre dans leur chemin!
L’amour leur apparaît comme une sorte de cannibalisme. Les symboles féminins les déchirent de leurs griffes. Voilà sept mille ans que la déesse Isis enfante sans enfanter. Isis en Egypte, Ishtar à Bagdad, Anat à Marrakech, la Vierge à Beyrouth. Aucune ville ne survit au passage de ces divinités : elles n’ont aimé que le Pouvoir, leur Frère, ou leur Fils. Et vous voulez que Marie-Rose tienne tête à cette procession de femmes terribles et qu’elle trouve grâce aux yeux des mâles de ce pays ?
Tragédie actuelle, tragédie antique que ce court texte!
Texte cinématographique, qui s’est ouvert avec des millions d’oiseaux offets à la sauvagerie de ces prédateurs
Je me dis qu’il faudrait lancer dans le ciel du Liban un million d’oiseaux pour que les chasseurs s’
exercent sur eux et nous évitent ce carnage…
Vision nocturne du port de Beyrouth, alors que la ville est déserte
On ne voit plus les tireurs embusqués et les balles semblent partir toutes seules. Il y a plus de deux cents bateaux dans le port qui attendent de décharger leurs marchandises et comme ils sont tout allumés, les nuits, Beyrouth semble s’être déplacé, d’avoir glissé sur la mer…
Simone Fattal est née en 1942 à Damas, a étudié la philosophie à Beyrouth puis à Paris, archéologie à l’école du Louvre. Après la Guerre des Six jours, elle retourne à Beyrouthet commence à peindre des paysages et les cèdres du Liban. Elle rencontre Etel Adnan, poétesse et plasticienne avec qui elle vit à Beyrouth et Paris. En 1980, les deux artistes s’installent en Californie.Simone Fattal fonde une maison d’édition The Post-Apollo Press qui publie les oeuvres d’Etel Adnan mais aussi de femmes de lettres comme Marguerite Duras et Elfriede Jelinek, entre autres.
En 1988,à San Francisco, elle étudie la céramique et réalise des sculptures qui m’ont vraiment impressionnée. Ses guerriers parlent de la guerre au Liban. Ils ne sont pas des héros mais des résistants : des hommes debout.
Humbaba le gardien de la forêt
Elle sculpte les mythes du Proche-Orient : Gilgamesh , Humbaba le gardien de la forêt de cèdres. Les cèdres du Liban ont été la première source d’inspiration pour la peinture. Dans l’installation avec Humbaba, les grands panneaux de papier suspendus figurent la forêt.
ishtar en bleu-vert et centaure
Ishtar est la déesse mésopotamienne mais Simone Fattal représente aussi Hathor, égyptienne ou Dionysos. Elle évoque aussi l’Iliade et l’Odyssée.Le Libanet la Syrie sont au carrefour de toutes ces civilisations méditerranéennes.
Hathor et Pazouzou, le démon du vent qui a le pouvoir de diriger ls vents mauvais, la tempête ou les épidémies.
Simone Fattal a aussi réalisé des collages à partir de magazines divers ou de cartes. Elle représente le Liban et la Syrie et les accompagne de divinités de sources jaillissantes
collages et divinités des sources jaillissantes
Des constructions représentent des stèles, des temples, une ziggurat
ziggurat
Elle a aussi sculpté des maisons simples, maisons arabes avec leurs cours intérieures comme celles de Damas autrefois dont elle garde la nostalgie.
calligraphie suite en jaune
Les calligraphies l’inspirent, calligraphies abstraites comme la jaune ci-dessus ou calligraphie ancienne sur la grande stèle : une pensée soufie d’Ibn Arabi (1165-11240)
Stèle avec calligraphie
J’ai eu envie de lire Etel Adnan, je viens de trouver Sitt Marie Rose
Des arbres, cyprès méditerranéens et fleurs
P.S. je n’ai pas trouvé le lac, ni la ville au fond du lac. Qui éclaircira ce mystère?
Arrivée à Orsay avec des réticences et des préjugés. Il me semblait que Mary Cassatt peignait des maternités et des portraits d’enfants. Je craignais la mièvrerie qu’Eva Gonzalez et les chaplinades en rose doux et bleu pastel puisque Mary Cassat a aussi été l’élève de Charles Chaplin.
Femme et enfant devant une tablette avant la toilette
Un cartel prévient le visiteur : Mary Cassatt est restée célibataire sans enfant, les « mères » sont le plus souvent des nourices. Elle désacralise le thème de la Vierge et l’Enfant. Les enfants sont très réalistes.
Mary Cassatt se présente comme une artiste
« nous, professionnels méprisons les amateurs »
Elle vit de son art, finance son voyage en Europe grâce à ses talents de copiste. Elle gagne sa vie aussi avec ses portraits et souvent des portraits d’enfants. Elle utilise souvent le pastel, technique convenant bien pour ses jeunes modèles qui tiennent difficilement la pose longtemps
Clarissa – pastel
Les traits vigoureux de pastel, comme dans la jeune fille au banjo, confèrent du caractère à ces portraits, ni estompés ni léchés.
« je suis indépendante » –
Femme moderne; rejointe par sa soeur Lydia qui lui sert souvent de modèle, elle peint les sujets de la vie parisienne, promenades au Bois en voiture, réunions pour le thé
En voiture
vie mondaine, certes mais remarquez l’anomalie dans le tableau Driving, c’est bien la femme qui tient les rênes, le valet étant relégué à l’arrière.
Femme dans la loge
La femme dans la loge n’a pas besoin d’être accompagnée. Cette autre élégante est rayonnante
Native d’Alleghany en Pennsylvanie, elle s’installe à Paris en 1865 et restera 60 ans en France. Elle rentrera aux Etats Unis pendant la guerre francoDès 1877-prussienne de 1870. Dès 1877, elle expose avec les Impressionnistes. Comme les Impressionnistes, elle accorde une grande attention aux fleurs et aux jardins
Lydia faisant du crochet dansl jardin
J’ai aussi beaucoup aimé le portrait de sa soeur Lydia
Automne portrait de lydia
J’ai rencontré une femme moderne, indépendante, même féministe qui a organisé une exposition pour financer la campagne des suffragettes pour le vote des femmes. Le référendum à New York en 1915 a malheureusment échoué. A l’Exposition Universelle de Chicagoen 1893, elle a réalisé dans le Palais de la Femme, une décoration géante de 70 m2 sur le thème de la Femme Moderne. Le panneau central représentait des femmes dans un verger cueillant des pommes, pas sous la tentation comme Eve, non ce sont les pommes de la connaissance scientifique qu’elle s’approprient. Malheureusement après l’Exposition de Pavillon a été démantelé et le fresque perdue.
Artiste, conseillère collectionneuse
Le Câlin du soir
Avec ses portraits d »enfants, Mary Cassatt avait de nombreuses commandes qui lui permirent d’acheter le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus et d’acheter des tableaux impressionnistes. Dans l’expostion on voit deux Pissaro, deux Manet dont un grand portrait de Clémenceau. Tout en dirigeant son domaine, elle poursuivit une activité de « consultante » pour les collectionneurs et les marchands, faisant connaître les Impressionnistes aux Américains. Ce fut une « passeuse » entre la France et les Etats Unis.
Déniché dans une boîte à livres, cet exemplaire a bien vécu.
C’est un ancien Fred Vargas (1992) . Fred Vargas a le sens de la formule. Elle entretient une atmosphère étrange. Dépaysement total dans la nuit de Paris. Adamsberg, son commissaire récurrent, laisse venir les évènements et curieusement, ils arrivent à lui sans qu’il ait l’air d’y toucher. Dans un polar classique, le lecteur cherche les indices pour deviner avant l’enquêteur qui est le coupable. Impossible dans ces cercles bleus…Il faut se laisser porter comme le héros.
En chemin, on croise des personnages énigmatiques : une dame de la mer qui, quand elle ne plonge pas en eaux profonde, s ‘amuse à filer des inconnus. Un aveugle très beau, très mystérieux. Un byzantiniste (on est au Quartier Latin). Point de mafias, ni de trafic, ni de truands. Ni poursuite haletante, ni d’armes à feu.
il suffit de faire comme Adamsberg, attendre la fin. Et cela vaut le coup.
Cezanne et nous est une grande exposition sur deux niveaux au Grand Palais qui a l’ambition de montrer les oeuvres de Cézanne mais aussi les oeuvres que Cézanne a inspiré : vaste programme puisque les admirateurs du termps de Cézanne comme nos contemporains sont ici représentés.
Cézanne : arbres et maisons
Première conséquence : cette exposition draîne les foules, et même en arrivant à 10 heures,il faut se frayer son chemin pour admirer les oeuvres Pour les tableaux venant d’Orsay c’est un peu agaçant, on pourrait les voir bien plus au calme sur place.
Cézanne : Baigneur
Deuxième conséquence : cette exposition très riche est parfois fouillis. Nombreux thèmes, nombreux interprètes
En prologue, un baigneur, plus loin, des baigneuses en petit format, et la salle 8 est dédiée aux baigneurs et baigneuses. Comme nous connaissons bien les baigneuses de Cézanne, j’ai choisi de présenter ici d’autres peintres sur ce thème.
Emile Bernard : baigneuses aux nénupharsDerain baigneursMalevitch Baigneur 1911
Même traitement avec les natures mortesréparties dans différentes sections, la première en regard des autres peintres les « adeptes » Gauguin, Emile Bernard,
Cézanne : nature morte tiroir ouvert
avec une pomme, je veux étonner Paris
Gauguin : les bananesEmile Bernard : pot de grès et pommes
Le thème de la nature morte est central dans la rotonde « le cylindre, la sphère, le cône » programme qui débouche naturellement sur le cubisme, Braque et Picasso, puis les Italiens Magnelli, Morandi jusqu’à Natalia Gontcharova
Natalia Gontcharova : composition 1913-1914
Avec Gontcharova, on pousse peut être un peu loin le bouchon.
Cézanne : la Côte des jardins à Pontoise
Idem pour les paysages, dans les environs de Pontoise, où il peint avec Pissaro. Les petites touches font penser aux post-impressionnistes et Seurat.
par petites touches vertesj’ai rapporté une belle collection de pins, de Cézanne, bien sûr mais aussi de Camoin et même de Beckmann, la filiation est moins évidente!
Becmann
Le niveau 2 fait dialoguer Cézanne avec des artistes encore plus récents : Guston, Veira da Silva, Soulage, Nicolas de Staël, Joan Mitchel, Vasarely , Andy Warhol, Baselitz…Une autre logique préside à l’accrochage. Trop c’est trop. Tous des chefs d’oeuvres me plaisent beaucoup mais je fatigue. J’ai besoin de plus de cohérence. Comme j’ai un Pass Grand Palais+ , j’envisage sérieusement de revenir : monter directement au deuxième niveau,arriver l’esprit frais pour envisager une nouvelle exposition avec quelques thèmes choisis, les pommes, le « sentiment géologique » ou la montagne Sainte Victoire. Ces deux dernières salles m’ont beaucoup plu.
Kerry James Marshall est né en Alabama en 1955, sa famille s’installe à Los Angeles dans le quartier de Watts où des émeutes raciales se déroulèrent en 1963, puis à South Central près du siège des Black Panthers. En 1987 il déménage à Chicago.
L’exposition est une large rétrospective de l’oeuvre du peintre de 1980 à 2025. Les tableaux trouvent leur place dans la chronologie mais aussi dans les thèmes abordés avec une grande cohérence. Les cartels sont très intéressants, je connais fort peu de choses et les explications ont été nécessaires d’autant plus que de nombreux détails cachés méritent qu’on les pointe. Sans ces précisions je serais passée à côté de l’essentiel.
A l’entrée : l’homme invisible : presque un monochrome noir, dans un coin, le blanc des yeux, et les dents blanches de l’homme noir qu’on ne voit pas dans les tableaux. Impossible de le photographier, sous verre, on remarque les reflets des visiteurs. C’est la lecture du roman « Homme invisible pour quoi chantes-tu? »de Ralph Ellison, publié en 1952 qui a inspiré Kerry James Marshall. Constatant l’absence de représentation de l’homme noirdans la peinture, il va le faire apparaître. Deux tableaux le montrent à la manière des caricatures racistes, contorsionniste faisant du Hoola-hop, grimaçant…
invisible man portrait of Nat Turner
Nat Turner(1800-1831) était un esclave prédicateur qui conduisit une révolte d’esclaves. Il faut rester un bon moment devant le tableau, d’abord pour voir apparaître le visage derrière le halo de fumée noire, puis découvrir les visages blancs sur les couvertures de livres qui tapissent le fond .
Painter
Le peintre du tableau plonge le pinceau dans la réserve noire.
Le passage du Milieu : Voyageur
Le passage du Milieu désigne la traversée de l’Atlantique dans la Traite négrière. A bord d’une barque, nommée Wanderer comme le nom du dernier bateau négrier, se trouvent un homme et une femme. La femme est une incarnation de Yemaja, désse de la mer dans la mythologie yoruba et dans le vaudou Sa couleur est le bleu, déesse de la fertilité, dans un carré se trouve le développement embryonnaire. Au fond de l’eau un crâne. Il faut prendre son temps pour découvrir les détails et les signifiants cachés (et lire les cartels)
Passage du milieu : Plunge
Ambivalence de cette peinture qui montre le mode de vie américain, avec la piscine « privée » et qui symbolise également l’océan Atlantique. Où se situe la femme sur le plongeoir dedans ou dehors? Et le nageur dans l’eau? nageur ou noyé?
Un autre tableau montre un baptême, avec un homme à genou, dans l’océan « That Religion is good enough for me » est inscrit . Syncrétisme: un mur est occupé par les gravures des orishas.
Peindre la Vie moderne
peindre la vie moderne : Past Times
Un déjeuner sur l’herbe! De la musique s’échappe et les paroles sont inscrites sur les banderoles. Cette exposition a une play-list qu’on peut écouter sur son téléphone. Comme mon téléphone me sert d’appareil-photo je ne l’ai pas téléchargée et maintenant je le regrette.
Better housing
Promesse de logement social, de jardins. Encore ici, l’ambiguité, l’horizon barré d’immeubles, des taches salissant le tableau. Sur un autre les personnages creusent une fosse : jardinage ou enterrement?
Studio De Style
Dans le salon de coiffure le titre De Style fait un clin d’oeil à Mondrian (les tiroirs?)
Memories
Memories : dans cet intérieur les portraits de Martin Luther King et des frères Kennedy
je n’ai pas reconnu les visages en haut au plafond. Un caractère religieux dans les ailes dorées du personnage. Plusieurs tableaux rendent hommage aux héros. La salle suivante Panthéon collectionne les portraits de personnages afro-américains et de la lutte anti-esclavagiste. ici encore il faut prendre son temps pour capter les détails, les mains gantées qui installent le tableau sur la cimaise, symbole des gants qui rappellent ceux des nationalistes noirs.
Focus Gulfstream fut présenté à la Biennale de Venise 2003
Wake Gulfstream
Une série de « vignettes » souvent des amoureux dans un cadre rose souvent kitsch est peint à la manière de peintres européens célèbres dans une esthétique à la Disney. Et toujours l’attention du regardeur est sollicitée, sans le cartel je n’aurais jamais vu le flambeau de la statue de la Liberté cassé.
Vignette La-La-la 2012 (chercher la statue de la Liberté)
Kerry James Marshall s’est aussi essayé à la BD inventant un superhéro noir.
Un nouveau regard sur le Passé Africain se trouve en clôture de l’exposition . Regard critique sur le rapt des esclaves par les rois africains : 6 hommes pour 1 cheval dans Six to One
Six to one
et série sur la traversée et le rapt
haul
Cette très belle exposition est une découverte d’un peintre dont je n’avais jamais entendu parler. Les Afro-Américains ont été récemment à l’honneur à Paris : Henry Taylor au musée Picasso, Mickelene Thomas au Grand Palais, Faith Ringgoldà Picasso, il y a quelques temps.
Prévoyez au moins deux heures si vous voulez entrer un peu dans les détails!
Blanche Hoschedé-Monet (1865 -1947) était une des filles d’Alice Hoschédé-Monet, qui fut la femme de Monet. Elle fut l’élève de Monet et épousa son fils Jean.
Blanche Hoschedé-Monet : la salle à manger de Monet (exposé à Giverny)
Le musée Blanche Hoschédé-Monet logé dans un très bel hôtel particulier abrite des collections impressionnistes et possède une collection d’art animalier avec des Pompon, Bugatti (pas facile à photographieravec les reflets). J’ai moins aimé les oiseaux empaillés<;
Visite tranquille, et agréable qui termine une belle journée!
Quand Lionel Sabatté a appris que le Bassin des nymphéasde Monetallait être curé, il a récolté la vase retirée et a imaginé que les souvenirs d’un siècle s’étaient sédimentés là. Pour réaliser ses tableaux d’un assez grand format il a aggrandi des photographies anciennes du temps de Monet que l’on peut consulter dans l’exposition. Sur le fond de ces photographies, il a travaillé l’argile et le résultat est poétique et étonnant..
Evidemment en photo cela ne rend pas compte de la matière, de l’épaisseur de l’argile, du granulé…J’ai bien aimé en tout cas.
Daniel Buren : Plantations dans le jardin des crecles et des bandes blandes et colorées de 8.7cm
exposition du 17 juillet au 1 novembre 2026
Butler : Portail au cerisier en fleurs
le peintre américain Theodore Earl Butler invite le visiteur à entrer dans le jardin tandis que Blanche Hochedé-Monet (belle-fille de Claude Monet) propose une brassée de fleurs
Blanche Hoschedé-Monet lupins et pavots
On découvre aussi de petits Boudin : Trois-mâts dans le Port d’Anvers, un beau Caillebotte, des enfants dessinés par Renoir en noir et blanc, qui me font oublier les fillettes un peu mièvres qui m’agacent. Une découverte pour moi : Aubertin
Auburtin : Falaises de Varangeville au rayon jaune
Un tableau de Maurice Denisqui me plait (ce n’est pas toujours le cas) qui met en scène des moissonneurs d’un champ de blé
Maurice Denis : soleil blanc sur les blés
Plaisir de retrouver le paravent de Hiramatsu Reiji que j’ai découvert ici il y a deux ans et ces peupliers si décoratifs
Hiramatsu Reiji : peuplier et fleurs des champs
Arpès toute cette belle peinture colorée, mon coup de coeur est pour un photographe qui m’a surprise : 3 photos en noir et blanc d’une précision et d’une poésie étonnantes de Jean Gaumy
Jean Gaumy : une certaine nature d’après Giverny
j’aurais pu vous montrerd’autres chefs d’oeuvres mais je vous en laisse la découverte….Quantà Buren, il ne m’a pas vraiment convaincue;