Hilma af Klint (1862-1944) peintre suédoise, est une découverte pour moi. Pionnière de l’abstraction, mais aussi théosophe. La visite de l’exposition nous conduit dans des chemins que je n’ai pas l’habitude d’emprunter : cheminements spirituels dans les cercles spirites, dialogue avec les morts. Je suis hermétique à ces considérations. Il faut être Victor Hugo pour m’intéresser un instant aux guéridons qui contactent les défunts.Malgré mes préventions, Hilma af Klint a su, non seulement capter mon attention le temps d’une visite d’exposition mais aussi me séduire.
Peintures du Temple
Il faut envisager sa peinture dans un collectif de 5 femmes : De Fem qui cherchent à se démarquer de l’atmosphère matérialiste capitaliste en réalisant des oeuvres à partir de griffonages automatiques au crayon, puis au pastelavec des résonnances cosmiques. 8 peintures roses sur le thème de l’amour ou un cycle Evolution (1908) va mettre en image le grand récit de l’Evolution, de la Transformation de la condition humaine spirituelle pour finir par une émancipation spirituelle = une fleur au coeur spirale. j’avoue ne pas être plus séduite que cela du galimatias des cartels. Curieuse, intéressée mais pas convaincue. On peut rechercher les symboles, lire les inscriptions dans le Chaos originel WU/rose, U étant l’esprit, bleu le féminin, jaune le masculin, vert androgyne. je prends cela pour un jeu intellectuel.
Evolution : ensemble de 6 tableaux
En revanche quand je découvre les grandes figures, je suis impressionnée par les couleurs et la puissance des compositions. Je ne suis pas fan du rose des cycles précédents.
Grand tableau orange
les grands tableaux font aussi partie de cycles qui racontent une histoire : les âges de la vie. Les cartels voient une précurseure du psychadélisme avec les arabesque florales.
Cygne (1914-1915) : ensemble
Un autre ensemble : le Cygne est constitué de 23 peintures représentant le conflit entre le bien et le mal. un nouveau groupe s’et formé autour d’elle 12 femmes sont associées chacune à une couleur . La Colombe associe des symbloes chrétiens comme le Saint Esprit (la colombe) Saint George et Saint Michel combattant le dragon. Une série montre une femme crucifiée et l’exposition se termine par un magnifique retable.
J’aime beaucoup cette collection Ma nuit au Musée qui m’a fait découvrir Lola Lafon :Quand tu écouteras cette chansondans la maison d’Anne Frank et Richard Malka : Après Dieuau Panthéon, Leila Slimani Le Parfum des fleurs à la Dogana de Venise. je suis prête à suivre mes écrivains favoris dans cette aventure. Cette fois-ci, en route pour Cabourget la Villa du Temps Retrouvé que l’autrice connaît très bien puisqu’elle a participé à la création de ce musée. Evelyne Bloch-Dano est également spécialiste de Proust avec son livre Madame Proust autour de la mère de Marcel Proust.
Excellentes références! Je suis d’autant plus motivée que j’ai visité cette Villa du Temps Retrouvé il y a moins de deux ans.
Cabourg la villa du Temps Retrouvé
A la lecture du Parfum des Années, je me rends compte du contresens de ma visite d’alors. Je venais de terminer La Recherche , encore toute imbibée de Proust, j’ai surtout cherché à le retrouver. Si bien que j’ai négligé la belle exposition dédiée à Jules Verne. Je n’ai pas prêté une attention assez soutenue à la projection dans la première salle illustrant la Belle Epoque où Evelyne Bloch-Dano passe un bon moment. j’étais trop pressée de découvrir les autographes, les dessins de Marcel et les « placards » de Céleste Albaret et les paperolles. Pourtant on m’avait prévenue, Marcel n’a jamais habité dans ce bâtiment, même au Grand Hôtel de Cabourg, il ne reconnaîtrait pas sa chambre (visitée actuellement par des pélerinages touristiques). Les peintures, les portraits je les ai examiné avec les souvenirs de mes lectures : qui était Elstir, Helleu peut être? Whistler? peut être Vuillard? J’ai cherché parmi les belles dames laquelle serait Madame Verdurin…
Suzette Lemaire une inspiratrice de Madame Verdurin
Si, comme l’explique Evelyne Bloch-Dano, la villa est une évocation de la Belle Epoque la visite est très différente. Chercher à définir cette « Belle Epoque » et se rendre compte que ce concept de « Belle Epoque » est beaucoup plus récent que je ne l’imaginais
l’expression « Belle Époque » – un chrononyme – est bien postérieure à la période où elle se déroula. Un premier signe en est donné en 1940 par une émission sur la vichyste Radio-Paris consacrée à la musique des années 1900 et intitulée : Ah ! la Belle Époque ! Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’expression fait vraiment son apparition, produit d’un imaginaire historique qui s’enracine autour du Paris et de l’« esprit français » de 1900.
Et c’est dans cette optique que la salle d’introduction avec ses projections panoramiquesprend tout son sens : costumes, visages, trains, quais….A la Belle Epoque la photographie existait et le cinéma naissait. On dispose donc d’images d’époque.
Et à propos de cinéma, Evelyne Bloch-Dano nous parle d’Alice Guy,la première réalisatrice de fictions, trop méconnue, quoique aujourd’hui on la reconnait.
L’ambivalence d’Alice Guy par rapport au féminisme est typique de certaines femmes exceptionnelles, hors du commun : ni George Sand ni Colette par exemple ne se sont jamais réclamées du féminisme même si elles ont lutté, chacune à sa façon, pour leur propre indépendance.
L’autrice interroge les portraits, souvent autoportraits de toutes les femmes qui l’entourent dans cette galerie : femmes qui ont eu leur place dans les salons et les soirées de Madame de Guermantes ou chez Madame Verdurin. (et me revoilà avec Proust, je suis incorrigible). Célébrités ou militantes féministes? Elle dresse une liste de militantes féministes : Hubertine Auclertqui réclama la parité dans les assemblées dès la fin du XIXèe siècle, Marguerite Durand, Madeleine Pelletier, première médecin aliéniste, Séverine, la journaliste, Louise Breslau, peintre
Il me semble que Louise Breslau incarne à la perfection la femme artiste de la Belle Époque. Une femme qui choisit de venir à Paris pour peindre et vivre indépendante
Femmes artistes ou Femmes de salons peuplent la villa et le livre :
Winnaretta Singer aurait peut-être été cette artiste. Faut-il classer cette extravagante dans la catégorie du «gratin révolté », expression désignant la volonté émancipatrice de certaines des grandes dames
Le Parfum des années s’avère beaucoup moins proustien que je ne croyais, beaucoup plus féministe, l’autrice n’oublie pas les limites de ce féministes. Des personnalités fortes, reconnues dans leur domaine, mais une époque « corsetée« où les droits des femmes étaient loin d’être reconnus et où les maris, même titrés et aristocrates battaient leurs femmes au point de leur casser la jambe ou de les faire avorter. Meetoo, ce sera dans un siècle!
Sarah Bernhardt et Louise Abema tableau vu à l’exposition Sarah Bernhart au Petit Palais
« en tant qu’artistes à part entière, qu’elles soient peintres comme Rosa Bonheur, Louise Abbéma, Madeleine Lemaire et Louise Breslau, actrice comme Sarah Bernhardt ou écrivaines comme Anna de Noailles, Natalie Barney, Renée Vivien ou, bien sûr, Colette. Mais ne nous leurrons pas, la société de leur temps est loin d’ accepter leur mode de vie et leurs préférences sexuelles. L’époque est encore corsetée, au sens propre et figuré. »
Et comme c’est l’usage dans cette collection Une nuit au musée, Evelyne Bloch-Dano nous parle d’elle, du making-of du livre, et j’ai plaisir à la connaître mieux. Je lirai d’autres ouvrages, surtout Madame Proust que je n’ai pas encore lu et d’autres
« Nohant est une thébaïde, qui autorise une existence égalitaire, entre les membres de la famille élargie qui l’
habite, y compris avec les domestiques et les paysans voisins qui « entrent dans la maison comme chez eux ».
Michelle Perrot est une universitaire, historienne spécialisée dans l’histoire des femmes. Elle fut la directrice de thèse de Marie-Jo Bonnet et j’ai eu le plaisir de la rencontrer lors de la soutenance de thèse de Marie-Jo. George Sand à Nogent est donc un ouvrage très sérieux, bourré de petites notes. Toute affirmation est donc justifiée. On n’est pas forcé d’interrompre la lecture, pour les consulter. Sérieux mais point ennuyeux. C’est une lecture très riche.
Au lieu d’écrire la biographie classique, de la naissance d’Aurore à son décès, suivant l’écrivaine dans ses périgrinations et ses amours, Michelle Perrot a choisi de se concentrer sur Nohant,. Elle décrit par des cercles concentriques la maison, ses habitants , les visiteurs, mais aussi le cadre de vie, maison et jardin et les environs immédiats.
« Nohant vécu par Sand : tel est notre propos. Dans ses dimensons matérielles et symboliques, affectives et politiques, réelles et idéales, côté chambres et côté jardin. Dans sa folle ambition de projet communautaire, d’atelier d’artiste, de lieu de création, de modèle égalitaire. »
George Sand à Nohant comporte trois parties : Les gens, les lieux et les temps.
Parmi « les gens » nous ferons connaissance avec la famille de l’écrivaine, lignée de femmes de Marie-Aurore de Saxe sa grand-mère à Aurore lauth-Sand, sa petite fille que j’ai eu le privilège de voir à Mezières-en-Brenne. J’avais tout juste 8 ans mais je me souviens de la très vieille dame. Nombreux hommes, de Casimir, le mari butor,Maurice, à Chopin , Manceau l’amant, Clesinger le mari de Solange…nous croiserons les pas des invités illustres ou pas, Litz et Marie d’Agoult, Delacroix, Flaubert, Dumas fils, Eugène Lambert, Théodore Rousseau, Pauline Viardot … artistes célèbres simples invités, ou inspirés par les lieux. (j’en ai oubliés).
Moins connus, les fidèles berrichons, les politiques, journalistes, avocats.
N’oublions pas les nombreuxdomestiquesqui faisaient (ou non) presque partie de la famille. Avec une certains ambiguité comme Marie des Poules dont
« L’histoire de Marie Caillaud, dite des Poules montre les limites de la transgression sociale, la persistance des assignations «
responsable de la basse-cour, elle participe aux soirées lectures, se baigne dans la rivière avec George, fait l’actrice au théâtre de Maurice puis se trouve congédiée « à la Saint Jean » quand elle est enceinte.
Avec les lieux la lectrice découvre les changements, les aménagements que George Sand fait à sa vaste maison, inventant de nouvelles pièces, des ateliers pour les artistes. Si le menuisier confectionne les meubles, c’est George, elle-même qui coud et brode, elle a un goût des travaux d’aiguille que je n’imaginais pas. Amusantes aventures de l’installation du calorifère. Elargissant le champ des lieux, le chapitre du jardin m’a enchantée. Attention particulière portée aux arbres que George Sand interdit d’élaguer. Puis, pour créer des vues, elle élague elle-même, malgré tout.
Elargissant encore le regard, nous découvrons le domaine : George Sand est une propriétaire terrienned’une envergure non négligeable dans le Berry de petites exploitations. Efforts d’agronomie moderne, déboires, essais d’introduction de l’élevage bovin….Michelle Perrotne néglige rien. Souvent je pense à la Cerisaie de Tchekov.
l’éventail des caricatures
Attention prêtée au temps : emploi du temps de l’écrivainequi écrit la nuit pour consacrer la journée aux enfants et aux invités. Mais aussi temps qui passe, de l’enfance de la petite Aurore avec sa grand-mère à son décès.
D’autres sujets m’ont passionnée : le théâtre et le Théâtre de marionnettes. Et bien sûr les idées politiques de George Sand au cours des périodes révolutionnaires et son rôle de journaliste. Le retranchement dans son domaine pendant le Second Empire, qui lui a été parfois reproché. Ses idées féministes et leurs limites. Il me faudrait sans doute une deuxième lecture plus attentive pour développer ces idées.
Et finalement l’attention à la nature, la défense des arbres :
« Laisser verdure » seront ses derniers mots. Et la défense de la forêt de Fontainebeau, une de ses dernièes actions »
A mesure que j’écris, je me rends compte qu’il faudrait que je relise cet ouvrage bien trop riche pour une seule lecture.
Encore une fois, je suis surprise par George Sand qui a trouvé un style original dans ce « roman dialogué », pièce de théâtre à représenter? pas forcément. A lire silencieusement, c’est une lecture très agréable. Bien que Sand ait beaucoup écrit pour le théâtre, possédait deux théâtres à Nohant, Gabriel est cité « roman » dans la liste de ses oeuvres par Wikipédia.
Gabriel (Hetzel) ici mentionné « théâtre »
L’intrigue se déroule à la Renaissanceen Italie. En 1839, parution de Gabriel, le voyage en Italie avec Musset (1833) est encore récent.
Dans le Prologue, le Prince de Bramante échange avec l’abbé qui est le précepteur de Gabriel. Un lourd secret de famille doit lui être révélé. Secret rapidement éventé (j’avais deviné dès le début) Gabriel est né fille mais élevé garçon dans le plus grand mépris des femmes
« Dès sa plus tendre enfance (votre altesse avait donné elle-même à son imagination cette première impulsion), il a été pénétré de la grandeur du rôle masculin, et de l’abjection du rôle féminin dans la nature et dans la société. Les premiers tableaux qui ont frappé ses regards, les premiers traits de l’histoire qui ont éveillé ses idées, lui ont montré la faiblesse et l’asservissement d’un sexe, la liberté et la puissance de l’autre. Vous pouvez voir sur ces panneaux les fresques que j’ai fait exécuter par vos ordres: ici l’enlèvement des Sabines, sur cet autre la trahison de Tarpéia; puis le crime et le châtiment des filles de Danaüs; là une vente de femmes esclaves en Orient; ailleurs, ce sont des reines répudiées, des amantes méprisées ou trahies, des veuves indoues immolées sur les bûchers de leurs époux; partout la femme esclave, propriété, conquête, »
A part moi, je me demande comment Gabriel n’a rien soupçonné, il/elle n’a donc pas ses règles?
Le Prince de Bramante a un héritier mâle qui pourrait lui succéder, Astolphe. Mais ce dernier est le fils d’un fils honni. De plus, Astolphe mène une vie dépravée, a dilapidé son héritage, boit, se bat…Gabriel se rapproche de son cousin, le tire d’un mauvais pas. Une amitié nait. Jusqu’au moment où Astolphe demande à Gabriel de se travestir en femme. Et tombe amoureux de Gabrielle.
« toi qui n’es pas à moitié homme et à moitié femme comme tu le crois, mais un ange sous la forme humaine. »
Il est donc question de la condition des femmes, question de travestissement. Gabrielle est elle George ou son miroir? Quel choix Gabriel/Gabrielle fera-t-elle/il? Il est aussi question d’amour. Par amour pour Astolphe, Gabrielle renonce a nombreux privilèges masculins, mais cela ne suffit pas…(je ne vais pas spoiler plus loin). Le roman dont la trame paraissait simple est plus complexe que je ne l’imaginais au début.
Eh bien, qu’avez-vous découvert? Qu’une femme pouvait acquérir par l’éducation autant de logique, de
science et de courage qu’un homme. Mais vous n’avez pas réussi à empêcher qu’elle eût un coeur plus tendre,
et que l’amour ne l’emportât chez elle sur les chimères de l’ambition. Le coeur vous a échappé, monsieur
l’abbé, vous n’avez façonné que la tête.
Le meilleur hommage à un écrivain qui vient de disparaître est de le lire!
j’ai donc repris La Rumeur d’Orléans à la suite de la lecture de Une rumeur dans le vent, un roman italien de Ilaria Gaspari qui se base sur une histoire analogue survenue à Rome en 1983 CLIC
Les deux livres sont différents : l’un est une fiction romancée, avec pour héroïne, une jeune vendeuse du magasin de confection. L’autre est un essai rédigé par une équipe de sociologues, résultat d’une enquête commandée par les institutions juives. Enquête menée par 5 sociologues. C’est un travail rigoureux qui rend compte des méthodes de travail, interviews sur le terrain, recherches dans la Presse. Des concepts très précis ont été forgés pour l’analyse : Mythe,anti-Mythe, conducteurs, anticorps…
Les schémas que Morin et ses collègues ont mis en évidence collent parfaitement au récit romain d’Ilaria Gaspari (peut-être s’en est elle inpirée?
le jumelage mythologique entre deux thématiques distinctes, l’une de traite des Blanches, l’autre concernant le juif ; celles-ci, aussitôt associées se combinent pour constituer un mythe à deux faces
Les sociologues vont explorer les deux pistes : celle de la traite des Blanches et les fantasmes des adolescentes qui ont été à l’origine de la rumeur, celle de l’antisémitisme dans la ville d’Orléans.
le foyer originaire est féminin, et particulièrement adolescent et juvénile
Diverses versions de l’antisémitisme sont abordées, antisémitisme nazi – on y pense tout de suite – mais aussi médiéval et les formes que la rumeur ont prises y font aussi penser avec la légende d’oubliettes, de souterrains connectés aboutissant à la Loire. Rejet des Juifs en tant qu’autres? pas forcément les 6 commerçants visés étaient particulièrement bien intégrés, sans accent étranger ni signes distinctifs. Jalousie, concurrence? Et déjà du côté de la Gauche un rejet du Sionisme après la Guerre des Six Jours, et une confusion antisémitisme, antisionisme. Déjà!
La lecture d’un texte scientifique n’est pas aussi fluide que celle d’un roman. Les auteurs discutent de chaque détail, reviennent à de nombreuses reprises sur des faits qu’ils examinent en tout sens. Mais c’est passionnant de voir la science en progrès. Les auteurs mettent en scène leurs doutes, pas d’affirmations peremptoires.
Ici on peut se poser la question de l’agent enzymatique initial : Qui a inventé ou lancé le mythe orléanais ? Comment ? Pourquoi ? Y a-t-il eu à l’origine canular, autosuggestion, volonté de nuire, provocation antisémite? L’hypothèse de la malveillance d’un concurrent et celle, plus plausible,
et cette dernière étonnante :
Orléans vivrait-elle encore à l’heure de Madame Bovary?
Aurait-on pu écrire cette phrase à propos de Rome?
la revue DADA Première Revue d’Art pour toute la Famille ne me déçoit jamais avec son éclairage original, décalé, amusant sur toutes les facettes des arts plastiques.
Qu’attendre de Autoportraits ? des tableaux de Grands Maîtres comme Rembrandt ou Van Eyck, ou Picassodésigné champion de l’autoportrait. ou une rencontre avec une moins connue Käthe Kollwitz que je découvre ici. Des photographies de Vivian Maier ou Claude Cahun…et m^me du Street Artavec Jeff Aerosol
Comme d’habitude, un atelier pour bricoler soi-même, enfant ou adulte, et bien sûr se faire soi-même son portrait.
Et la découverte d’un artiste méconnu : Maurice Ménardeau, peintre de Marine et des Outre-mers. Pour visiter son exposition, il vous aurait fallu prendre l’avion et aller à la Martiniqueà la Fondation Clément
Le Bon, la Brute et le Truand dans le Paris du début de la 5ème République, Papon règne à la Préfecture, la Guerre d’Algérie ne veut pas dire son nom, barbouzes et FLN, SAC et OAS.
C’était une actualité qui parvenait brouillée à mes oreilles de fille de 10 ans. On a fait des provisions quand la menace des généraux félons est parvenue aux ménagères. On a craint les plasticages de l’OAS à cause d’un homonyme qui avait signé le Manifeste des 121 qui a poussé le mauvais goût à résider dans la même rue. Mémoire lointaine que les filtres des historiens n’ont jamais éclairci pour moi. Le livre de Cantaloube remue des souvenirs.
Un massacre quai Montebello, une famille entière assassinée, est passé hors des radars de la Presse. Facile à imputer à des réglements de comptes entre Algériens, une des victimes étant un avocat algérien. Enquête bâclée, poussière sous le tapis.
Le Bon, c’est Luc, un jeune flic, naïf, chargé de l’affaire, qui ne se contente pas des conclusions de ses supérieurs. La Brute, Sirius Volstrom, homme de main, ancien collabo, chargé par l’adjoint de Papon de faire disparaître l’assassin de l’avocat ; il ne refuse aucune mission même meurtrière pourvu qu’on le paie. Le Truand, Carrega, le bandit corse, ancien résistant, vrai trafiquant, appelé pour faire la lumière sur le massacre du quai Montebello, par un camarade de la Résistance. Roman choral à trois voix, chacun raconte son histoire qui se tresse à celle des deux autres.
Nous allons croiser Mitterand et être témoin de l’Attentat de l’Observatoire (16 octobre 1959), entendre Michel Debrédans un « discours de mobilisation patriotique » sécurisé par le SAC, voir émerger l’OAS dont j’avais oublié que les initiales signifiaient l’Organisation de l’Armée Secrète, avec ses actions meurtrières, dont le déraillage du train de Vitry-le-Françoisqui a fait 28 morts et 160 blessés, et pour finir la répression sanglante de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961.
Leçon d’Histoire, dans un thriller très bien mené avec des personnages secondaires bien campés dans un Paris interlope derrière Montmartre, quand roulaient Simca, Dauphine, qu’on faisait poinçonner le ticket de métro en carton.
A la sortie de l’exposition Silla nous avons déjeuné coréen dans le restaurant du musée. La carte est difficilement compréhensible pour le novice. Nous avons choisi un bulgogi lamelles de boeuf mariné puis mijoté et servies avec des légumes dans une sauce parfumée. Dans un bol métallique (en bas à gauche) du riz avec des coupelles contenant, haricots verts, chou, racine de lotus. Les baguettes sont métalliques, très design
.
pour dessert des mochi, mangue, thé vert ou litchi. Délicieux.
Récemment, dans le métro parisien, la cosmétique s’affichait proposant des produits de beauté. K-beauté, K-pop, la Corée a le vent en poupe, très populaire chez les jeunes qui reproduisent les chorégraphies s’inspirent de la mode, des gadgets et des mangas.
Qu’est-ce qu’être belle ou beau en Corée?
Scènes de la vie coréenne
L’exposition propose des portraits de beauté selon les canons de la période Joseon (1392-1910)
Femme se coiffant- attribué à Kim Hongdo
les coiffures sont spectaculaires. L’exposition fait une belle place auxe soins des cheveux, les postiches, les peignes et les aiguilles à chignon .
Costumes traditionnels : hanboks
Une section est connsacrée aux cosmétiques, remèdes et soins . Un traité médical de 1613, est présenté dans une vitrine avec les poudres, les produits utilisés pour la toilette (grande importance de l’hygiène, ablutions et aux soins des cheveux) des poudres, des huiles parfumées sont également présentés.
la Nouvelle Femme
Dans les années 1920 -1930, la Corée subit de profondes transformations avec l’infljuence du cinéma et des magazins féminins qui diffusent les clichés de la modernité.
Après la Guerre de Corée, (1950-1953)la partition du pays, la beauté se trouve « en reconstruction » avec l’influence de l’industrie du divertissement américain.
Affiche des J.O. de Séoul 1988
Les Jeux Olympiques de Séoul (1988)procurent à la Corée une notoriété culturelle. A partir de 2010, le préfixe K-se décline dans les exportations culturelles dont la K-beauty : industrie cosmétique mais aussi cinématographique, et essor de la K-pop. Les vedettes de la K-pop témoignent de la recherche esthétique qui combine les canons traditionnels du Joseon à une imagerie futuriste
Bâtons lumi neux et différents accessoires
Cependant ce rapport à la beauté avec des canons précis est une réalité contraignante : régimes alimentaires, chirurgie esthétique..
une vidéo présente l’histoire d’une jeune fille qui ne peut pas nouer de relation avec des garçons parce que son image n’est pas conforme. L’exposition ne fait pas l’impasse sur ce conformisme induit par la dictature de l’apparence.