Saint Jean Pied-de-Port : le chemin de Compostelle

CARNET BASQUE 2021

Saint Jean Pied-de-Port

Sous un ciel bien gris, nous prenons la route de la montagne embrumée. elle  longe la Nive qui serpente tantôt dans une campagne de prairies très vertes constellées de brebis, tantôt dans une vallée étroite et sauvage boisée ou circule aussi le petit train sur une voie ferrée qui saute la rivière sur des ponts métalliques pour s’enfoncer dans des tunnels. Partout les fermes vendent  des fromages de brebis.

Lundi est jour de marché à Saint-Jean-Pied-de-Port. Sous la  halle moderne, les producteurs locaux proposent charcuterie, fromages et vins du pays.  Il y a aussi des parapluies bien utiles aujourd’hui,  aussi des pots de confiture de cerises,  du piment d’Espelette et des produits dérivés. A l’extérieur, des marchands plus classiques sont installés, fruits et légumes, boucherie, crémerie….et des fringues . Pour le pique-nique de midi, jambon serrano, chorizo, fromage d’Ossau-Iraty  et un gâteau basque fourré à la crème pâtissière.

A côté du marché, je trouve les remparts, pour visiter la ville close selon le circuit du Guide Vert, il suffit de trouver une porte.

Saint Jean Pied de Port : Rue d’Espagne

De la Porte d’Espagne, la Rue d’Espagne descend bordée de jolies boutiques, je m’arrête chez le potier qui propose toutes sortes d’articles en grés vernissé : pots, mugs, mazagrans utilitaires mais ce qui m’intéresse le plus ce sont des petites statues : figurines de pèlerin ou pèlerines de Saint Jacques de Compostelle, j’achète une tortue et un hérisson. Les maisons sont en grès rose, les linteaux sont gravés en belles lettres de style basque avec la date de construction, 1730, 1736…la rue passe sous une arche sous le clocher de l’église qui se dresse juste après le pont sur la Nive.

Saint Jean Pied de Port Notre Dame-au bout du pont

L’église Notre-Dame-du-bout-du-Pont est ouverte.  Fondée en 1212 par Sanche le Fort, elle a été restaurée au 14ème siècle de style gothique, en grès. A l’intérieur je découvre deux étages de galeries, un chœur baroque.

Pèlerin de saint Jacques

La Rue de la Citadelle me parle du pèlerinage de Saint Jacques, gites d’étapes.  La boutique de matériel de randonnée semble très bien fournie, sacs à dos, chaussures, bâtons, vêtements chauds…tout semble de très bonne facture (je suis bien tentée par l’achat de chaussures) .

Après être passée devant la Prison de l’Evêque, j’arrive à la Porte Saint Jacques au pied de la Citadelle d’où il y a une très belle vue. De la Citadelle, on peut prendre le Chemin de Ronde jusqu’à la Porte de Navarre ou descendre sous-bois jusqu’à la rivière et emprunter un autre pont. Le sentier en sous-bois me paraît glissant, et je préfère les dalles sèches du chemin de ronde dominant des jardins fleuris et de belles maisons.

Pluie de juin – Alexandru Sahia

ROUMANIE

Une nouvelle, publiée à Bucarest en 1935. La moisson dans la plaine du Baragan que j’ai découverte avec les Chardons du Baragan de Panaït Istrati qui est un livre que j’aime tant que je le prête à qui me demande un livre et qui ne reste jamais longtemps sur mes étagères. 

Misère de ces paysans qui récoltent à la main le blé, pieds nus. La femme accouche dans le champ et, se sentant allégée, retourne à ses gerbes. Un récit poignant.

Cambo-les-bains -Notre gîte à Halsou Villa Sabaloa

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Les thermes de Cambo vus du Parc

Notre cure thermale à Cambo-les-Bains devait commencer  le 16 mars 2020, le jour du 1er confinement. L’établissement thermal et le propriétaire de notre gîte nous proposent de remettre la cure à  mars 2021. Cette année encore, la Cure est fermée. Nous allons visiter Cambo distante de 4 km.

A l’entrée de la ville, l’ Arnaga, la belle propriété d’Edmond Rostand est fermée pour cause de Covid. Comme tous les musées!  J’espérais que le Parc que l’on le devine derrière un mur le long de la route,  serait accessible.

L’église de Cambo sur la terrrasse

L’église Saint Laurent (17ème siècle) est construite sur une terrasse dominant la Nive. Elle est entourée de son cimetière avec des stèles basques – différentes des croix qu’on a l’habitude de trouver – certaines stèles sont rondes, d’autres sont ornées de curieuses protubérances, toutes sont décorées de motifs géométriques, de symboles solaires, de cercles concentriques. L’église est ouverte. Aujourd’hui, dimanche,  c’est la messe, je passe juste la tête pour voir la galerie de bois sculpté, le chœur peint et doré. Par un escalier extérieur en pierre on peut accéder à la galerie.

Hôtels et Restaurants sur la Terrasse

De la terrasse à plus de 50 m au-dessus de la rivière, on a une jolie vue. La rue de la terrasse est bordée de restaurants, d’hôtels, de boutiques de bon goût. Tout est fermé, Covid encore. Les restaurants ont planté des ardoises pour les commandes à emporter. Au menu, il y a même une tranche de foie gras et des asperges blanches nouvelles.

Cambo : maisons dans les jardins fleuris

Dans les jardins entourant les maisons à l’arrière, des magnolias roses, un arbre de Judée, des pêchers en fleurs apportent de la couleur et de la  gaité malgré le ciel bien gris.

Le Pavillon Bleu, restaurant des Thermes

Les thermes de Cambo se trouvent à l’extrémité de la ville, dans un creux. Le parking est tellement soigné et planté que nous ne comprenons  pas tout de suite que c’est un parking. Des haies fleuries, des arceaux de topiaires délimitent des parcelles. Un hôtel de très grande capacité s’adosse à la colline, ses balcons de bois peints en verts sont protégés par des petits toits à deux pans. Les Thermes sont logés dans un grand bâtiment clair Art Déco. Le restaurant, le Pavillon bleu, de style asiatique émerge de bosquets fleuris de camélias sous des palmiers. De l’autre côté des Thermes  un parc merveilleux sous une véritable palmeraie. Protégés par des voiles d’hivernage, les palmiers sont fantomatiques. Je me promène avec grand plaisir entre les camélias, les azalées et les rhododendrons déjà fleuris, avec les forsythias, les cerisiers …. Le soleil est sorti. Je profite du parc pour moi seule !

Thermes de Cambo : la Palmeraie

De l’autre côté de la Nive, le quartier du Bas Cambo servait d’étape fluviatile dès le Moyen Âge entre l’Espagne et la Navarre. Nous ne trouvons pas la maison médiévale citée par le plan de l’Office de Tourisme. En cherchant Une petite route  franchit sur des ponts surbaissés un ruisseau qui serpente dans une végétation luxuriante.

Halsou : Villa Sabaloa, notre gîte

halsou : la vue de la terrasse de la Villa Sabaloa

Nous déjeunons sur notre terrasse d’où la vue est très étendue sur les sommets pointus. Nous reconnaissons Cambo et son clocher, sur sa terrasse au-dessus de la rivière cachée par un rideau d’arbres. Le petit train qui ressemble à un mini-TGV, ou à un tramway aérodynamique passe sur la voie ferrée.

Je pars à l’exploration de notre village, Halsou. Tout d’abord, je continue le chemin bordé de grosses maisons basques. L’église blanche est précédée d’un fronton pointu aux pans incurvés et soulignés de trois boules de pierre au-dessus d’un porche roman à arche de pierre,  un autre fronton plus haut est décalé avec une ouverture ronde pour la cloche. Le chœur est baroque, très doré sur un fond bleu. Les deux galeries superposées sont en bois ciré.

Halsou : l’église

Un peu plus haut,  village est construit de grosses maisons basques blanches aux volets rouges et à pans de bois. La Mairie a des volets verts, en face se trouve le fronton. Hier, cinq filles jouaient à la pelote avec des raquettes de bois ressemblant à celles de jokari. Le GR passe par là, je suis les marques rouge et blanches le long de la petite route de Jatsou. Deux petits ruisseaux coulent de chaque côté de la route. Un petit panneau jaune indique Halsou 20 mn la petite promenade balisée de jaune coupe dans la forêt, passe un gué et s’élève dans une pente raide où les fougères et les roches donnent un goût d’aventure. Après une jolie grimpette j’arrive sur une petite route, le GPS me guide jusqu’à la Villa Sabaloa.

La terrasse du gîte

La villa Sabaloa est parfaite, tout le confort moderne. Sur deux niveaux, on entre à l’étage de la chambre, literie parfaite, rangements, calme la nuit. On descend 8 marches pour arriver dans la pièce à vivre avec cuisine américaine. Une porte-fenêtre s’ouvre sur la terrasse avec une vue merveilleuse sur les montagnes et Cambo. Un vol d’oiseaux blancs des aigrettes passe au dessus de la vallée. La Nive est cachée par un rideau d’arbres taillés têtards. 

Ramuntcho – Pierre Loti

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Et ils ont traversé plusieurs villages aussi, – villages basques, groupés tous autour de ces deux choses qui en sont le cœur et qui en symbolisent la vie : l’église et le jeu de paume. Çà et là, ils ont frappé à des portes de maisons isolées, maisons hautes et grandes, soigneusement blanchies à la chaux, avec des auvents verts, et des balcons de bois où sèchent au dernier soleil
des chapelets de piments rouges….

Arrue

J’aurais dû lire Ramuntcho avant notre départ pour Cambo-les-Bains ou encore mieux sur place. Pierre Loti nous a souvent servi de guide : à Istanbul, Philae, au Maroc…et plus récemment en Islande. Nous aurions visité le pays Basque avec un autre regard, aurions imaginé Ramuntcho, Gracieuse et ses amis à l’église, sur la place jouant à la pelote. Nous aurions imaginé les contrebandiers traversant en silence de nuit la Bidassoa. Surtout nous aurions  visité son village Etchézar- Sare en réalité et la Rhune qu’il appelle Gizune.

Lire Ramuntcho au retour a été un plaisir de retrouver ce que nous avons découvert. Dans la première partie Loti décrit le pays basque sous un aspect idyllique : belles maisons basques pittoresques, presque trop à mon goût.

Contrebandier et joueur de pelote, deux choses d’ailleurs qui vont bien ensemble et qui sont basqueses sentiellement.

Ramuntcho, contrebandier et pelotari, est un tout jeune homme de 16 ans, amoureux et aimé de retour, tout lui sourit.   Je soupçonne  que le décor est trop beau pour être vrai, idéalisé, peut-être factice, tout au moins folklorique avec les poncifs qu’on réserve aux touristes. Une année enchantée passe où les adolescents se découvrent, se rencontrent, se fiancent…Occasion pour l’auteur de décrire les fleurs qui se succèdent, les douces chaleurs du printemps, les pluies nourricières. La vie du village, les fêtes, les tournois de pelote sont autant d’occasions joyeuses. 

Les aventures des contrebandiers dans la nature ou sur la Bidassoa sont haletantes

Partis à pied, avec des précautions infinies de silence, par des ravins, par des bois, par de dangereux gués de
rivière, ils s’en revenaient comme des gens n’ayant jamais rien eu à cacher à personne, en traversant la Bidassoa,
au matin pur, dans une barque de Fontarabie louée sous la barbe des douaniers d’Espagne. Tout l’amas de
montagnes et de nuages,

Fontarrabie de l’autre côté de la Bidassoa et les rameurs

Deux fois par jour le flot marin revient emplir ce lit plat ; alors, entre la France et l’Espagne, on dirait un lac, une
charmante petite mer où courent de minuscules vagues bleues, et les barques flottent, les barques vont vite ; les
bateliers chantent leurs airs des vieux temps, qu’accompagnent le grincement et les heurts des avirons cadencés.

Ramuntcho part soldat pour trois ans, son retour sera tragique. La nature est toujours aussi belle mais moins riante. Le roman gagne en profondeur.

PS : en cherchant des illustrations pour le texte j’ai découvert le peintre Ramiro Arrue.

Escale à Royan – Ferry – traversée des Landes

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5 mars : Royan

Pique-nique  sous un soleil radieux au port de Royan devant la capitainerie de la marina.  Vérifions les horaires du  bac que nous prendrons demain.

les carrelets de la falaise de Vallières (Saint Georges de Didonne)

Tout est fermé. Je longe la grande plage découverte à marée basse. Le sable est jonché de coquilles d’huitres tout en longueur par endroit. Après trois quarts d’heures de promenade j’arrive aux falaises de Vallières à Saint Georges de Didonne :  trois carrelets entre les piliers de pierre. Des rochers bas arrondis sont couverts d’algues. Les falaises sont pleines de fossiles, qu’ai-je donc fait de mon marteau de géologue ?

Le front de mer entre Saint Georges et Royan est bordé de très belles villas à tourelles pointue, façades chargées de stucs ou alternent briques et pierres. Mais impression d’hétérogénéité car des immeubles disgracieux alternent avec les villas. Il y a même une sorte de tour de plus de dix étages.

Plus loin autour de la grande église de béton, le front de mer est formé de barres horizontales arrondies homogène, ensemble harmonieux.

Notre hôtel est très calme, jolie maison blanche cubique construite dans les années 50, derrière une cour gravillonnée qui sert de parking.

Samedi 6 mars : de Royan à Halsou

Le bac pour le Verdon est à 10h15. Nous arrivons une heure trop tôt, sous un soleil radieux et un vent frisquet. Un ascenseur permet aux handicapés de se rendre sur le pontet de profiter d’une croisière sur la Gironde. L’eau a une teinte café au lait. Des vaguelettes agitent la surface. Le phare de Cordouan est visible de loin sur l’horizon. Un peu moins d’une demi-heure. Un prologue agréable à la deuxième partie du voyage.

Phare du Verdon à la Pointe de Graves

Arrêt au pied du phare du Verdon (musée fermé pour cause de Covid).

Le trajet : D. 1215 de Bordeaux, route des Lacs (D101)à travers la forêt des Landes, autoroute A63.

Nous traversons d’abord des zones humides très plates, prairies avec des vaches, fossés remplis d’eau, roseaux. A Soulac, nous entrons dans la forêt de pins. De temps en temps on observe des mimosas en fleurs magnifiques, non pas des arbustes mais de grands arbres.

Courses  à Hourtin sur une très grande place, immense pour un village. Au centre, une église de pierre gothique mais plutôt laide. De part et d’autre de beaux bâtiments de brique et pierre chargés de stucs. La mairie est très belle, surtout vue par derrière. Les commerces sont alignés autour de la place.

Nous continuons la Route des Lacs par Carcans et Lacanau par  des pinèdes avec des ajoncs jaunes entre les rangées de pins. Certaines parcelles ont été labourées, les souches sont entassées. D’autres sont plantées de très jeunes plants alignés. On pense plus à des champs de maïs qu’à une forêt. Le long de la route on observe des feuillus (défeuillés en cette saison), d’autres sont dispersés dans les « champs de pins ». Les maisons sont toutes basses dans des enclos très vastes. Ce n’est pas l’espace qui manque ! Mimosas, cognassiers du Japon, prunus roses et magnolias rose très soutenu, presque pourpres égaient les villages.

A l’entrée de Lacanau, nous quittons la route des Lacs pour rejoindre l’autoroute A63 que nous trouvons après Marcheprime.

Sur l’A63, file de camions, souvent espagnols ou portugais.  Ils circulent en caravanes, un véritable train continu occupant la file de droite et même sur celle du milieu. Les nuages sont arrivés. Le trajet est beaucoup moins agréable. Voyager sur autoroute me fait penser au voyage en avion, pratique pour aller d’un point A à un point B, entre les deux il faut deviner le paysage plutôt que de l’admirer.

A Bayonne on traverse deux rivières, lAdour très large, aux eaux grises et la Nive plus tranquille. Une grande route nous conduit à Cambo et Halsou où se trouve notre gîte.

 

Une halte sur l’autoroute A10- aire de Lozay : jardin de sculptures Roman Saintongeais

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Lozay : pesée des âmes

Après Niort, avant Cognac, un panneau annonce sur l’aire de repos de Lozay une exposition de sculptures romanes.

Une fine tour ronde au chapeau pointu est la réplique de la Lanterne des Morts de Fenioux.

A l’extrémité du parking, une arche marque l’entrée du jardin de sculptures en hommage au Roman Saintongeais.C’est la façade de l’église d’Echebrune  minutieusement reconstituée par le sculpteur Frédéric Parizat et ses compagnons du Tour de France.)

Des panneaux explicatifs  replacent ces statues dans le contexte du 10ème au 12ème siècle en  Saintonge : les monastères furent construits autour de Saint Jean d’Angely.

A l’arrière du porche, un joli jardin des simples, médiéval mais un peu hivernal, seuls les romarins sont fleuris

De part et d’autres d’une nef d’église virtuelle, sur des supports de béton très sobres sont installés des sculptures, copies d’églises de la région de chapiteaux, éléments de porches accompagnées d’explications très détaillées.

Lozay : crucifixion de Pierre

 Constantin à cheval, ou la Crucifixion de Pierre, la tête en bas, viennent d’une église proche.

Vierge folle qui a renversé la coupe

Le  thème des Vierges Sages et des Vierges Folles , 5 vierges avisées et 5 insensées est illustré à plusieurs reprises. La Vierge sage attend son époux tenant à la main une fiole d’huile bien droite tandis que les Vierges folles tiennent leur coupe renversée.

Autre thème voisin : le Combat des Vices et des Vertus.

 

 

 

 

 

A Saint Sulpice de Marignac, un chapiteau

Ils ont l’air de bien s’aimer ces époux qui s’embrassent, suivez la main que la femme tend vers son amant

raconte l’histoire du mari trompé : un couple légitime s’embrasse, les visages des époux forment le coin mais la femme tend la main vers son amant un peu plus loin sur une face.

La lutte entre Saint Georges et le dragon est différente des représentations habituelle du Saint à cheval piétinant un serpent : Saint Georges est un fantassin abrité derrière son écu et le dragon lui fait face.

Lozay : sirènes

Les sirènes détournent les chrétiens du droit chemin, aïeules de Mélusine, figures entre paganisme et Christianisme.

Le porche l’église de Saint Marie de Nuaillé sur Boutonne présente deux arcatures : sur l’une, 17 personnages, le Christ entouré des apôtres et de disciples, en dessous ; histoire de la Vierge.

D’autres chapiteaux sont ornés de divers monstres, têtes grimaçantes ou tirant la langue, A Saint Trojan de Retaud : trois monstres : Renard, Leviathan et un Loup.

C’est une visite inattendue, très intéressante qu’il ne faut pas rater d’autant plus qu’elle n’est possible que dans le sens Paris/Bordeaux.

Prodigieuses Créatures – Tracy Chevalier

Ammonites

C’est la biographie romancée de Mary Anning qui découvrit dans les premières décennies du XIXème siècle les fossiles d‘Ichtyosaures et de Plésiosaures sur les plages de Lime Regis (Dorset) qui sont les Prodigieuses Créatures qui ont donné le titre au livre. 

C’est comme ça avec la chasse aux fossiles : elle s’empare de vous, comme une fringale, et rien d’autre ne compte à part ce que vous trouvez.

Ce roman à deux voix fait alterner le récit de Mary, la chasseuse de fossiles, et celui d’Elizabeth Philpot, dame de la bonne société passionnée de poissons fossiles.

Nous étions à peine installées à Morley Cottage qu’il devint évident que les fossiles allaient devenir ma passion. Je devais en effet m’en trouver une : j’avais vingt-cinq ans, peu de chances de me marier un jour, et besoin d’un  passe-temps pour occuper mes journées. Il est parfois extrêmement assommant d’être une dame.

Le récit d’Elizabeth Philpot commence comme un livre de Jane Austen : trois sœurs, filles d’un avocat londonien, d’installent dans cette modeste station balnéaire après avoir laissé la belle demeure de Bloomsbury à leur frère qui vient de se marier. Trois soeurs à marier, les deux aînées sont déjà des vieilles filles, tandis que la cadette encore fraîche et jolie écume les bals et clubs pour trouver un soupirant. D’ailleurs Jane Austen a résidé à Lime Regis en 1805 et son roman Persuasion s’y déroule. Peut être les soeurs Philpot l’ont-elles rencontrée?

Ichtyosaure

« …un monstre de pierre impressionnant qui mesurait plus de cinq mètres de long et qui ne ressemblait à aucun animal
connu. Ce n’était pas un crocodile. Non seulement il avait ces yeux immenses, ce long museau dénué de bosses
et ces dents régulières, mais il avait également des nageoires plutôt que des pattes, et son thorax était comme un
fût allongé dont les côtes s’alignaient à partir d’une puissante épine dorsale. Il se terminait par une longue queue,
dont la ligne des vertèbres était coupée par une déviation en son milieu. Il évoquait un peu un dauphin, une tortuemarine ou un lézard, sans pourtant concorder tout à fait avec la physionomie d’aucun de ces animaux-là… »

Mary a 12 ans quand elle découvre avec son frère le museau du fossile qu’elle prend d’abord pour un crocodile. Son père qui l’a initiée à la « chasse aux fossiles » vient de mourir laissant des dettes à sa famille qui a pour seul revenu le produit de la vente des « curios » (curiosités) fossiles d’ammonites, gryphées, lys de mer ou oursins dont les touristes sont friands. Elizabeth Philpot, passionnée de paléontologie va accompagner la jeune fille sur la plage, l’aider à extraire le squelette et à le vendre à un notable. Elizabeth, femme de bonne éducation, lit aussi des livres scientifiques et des revues et va partager ce qu’elle sait avec Mary.

Mary Anning

Etre une femme-paléontologue ne va pas de soi! Les notables vont s’approprier les découvertes de Mary et les revendre à bon prix. Elizabeth bien introduite dans la société de Londres va tenter de les obliger à attribuer la découverte à l’inventrice. Mais être une femme dans ce milieu n’est pas facile, même Elizabeth doit subir les rebuffades des paléontologues qu’elle connaît par ailleurs, elle y laisse sa santé. Pourtant l’expertise de Mary est reconnue jusqu’à Paris.

« L’ichtyosaure était une créature qu’on n’avait jamais vue auparavant, qui semblait ne plus exister, qui avait
disparu… dont l’espèce s’était éteinte. De ce phénomène, on a déduit que le monde évoluait sans doute en permanence, si lentement que ce soit, qu’il n’était pas immuable, comme on le croyait précédemment. »

[…]
« Cela ne me dérange pas de lire la Bible de façon métaphorique et non pas littérale. Par exemple, les six jours de la Genèse ne sont pas des jours au sens propre, mais différentes périodes de la Création, qui correspondent à plusieurs milliers, voire plusieurs centaines de milliers d’années. Cela n’enlève rien à la puissance de Dieu … »

Un autre aspect du roman m’a intéressée. Avant Darwin et les théories de l’Evolution, la découverte de ces « prodigieuses créatures » était contraire aux théories que professait l’Eglise : la création du monde en six jours. Comment s’accommoder de créatures disparues, peut-on imaginer que Dieu les a crées imparfaites et s’en est débarrassé lors du Déluge? L’écrivaine a mis en scène des scientifiques reconnus comme Lyell ou Cuvier et des universitaires d’Oxford.

 

Un roman qui m’a bien sûr passionnée. Et qui me donne envie de traverser la Manche pour voir la plage et le Musée!

 

Ravel – Jean Echenoz

Ciboure, la ,maison de Ravel à l’extrême gauche

Nous sommes passées à Ciboure devant la maison  de Ravel qui naquit le 7 mars 1875. C’est une maison d’armateur, en belle pierre claire qui hébergea Mazarin lors du mariage de Louis XIV en 166o. 

J’ai donc choisi Ravel d’Echenoz pour accompagner ces vacances.

Ce court roman (123 pages) n’est pas vraiment une biographie. L’auteur choisit de commencer en 1927. Ravel a plus de 50 ans. Des années de jeunesse et d’apprentissage, je n’apprendrai rien. Ravel est en partance pour une tournée américaine triomphale. L’auteur est romancier, pas musicologue, de la composition je n’apprendrai pas grand chose.

En revanche, Ravel a du style, c’est un dandy qui emporte des malles et des malles d’habits qu’il accorde avec soin. Ravel a du style et Echenoz aussi! Je me suis délectée de ses phrases incisives, ironiques, élégantes. Elégance aussi des décors surtout la traversée transatlantique en Première Classe à la table du Commandant! Ravel a sillonné les Etats Unis à bord de trains de luxe, racontés avec un luxe de détails.

Le Boléro :

« Il y a en tout cas, une fabrique qu’en ce moment Ravel aime bien regarder, sur le chemin du Vésinet, juste après le pont de Rueil, elle lui donne des idées. Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne. 

Chaîne et répétition, la composition s’achève en octobre après un mois de travail seulement troublé par un splendide rhume cueilli pendant une tournée en Espagne, sous les cocotiers de Malaga. Il sait très bien ce qu’il fait, il n’y a pas de forme à proprement parler, pas de développement, juste du rythme et de l’arrangement. Bref c’est une chose qui s’autodétruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l’arme est le seul élargissement du son. Phrase ressassée, chose sans espoir et dont on ne peut rien attendre, dit-il, […]Après qu’il a fini, un jour qu’il passe avec son frère auprès de la fabrique du Vésinet : tu vois, lui dit Ravel c’est là, l’usine du Boléro. »

On assistera aussi à la rencontre avec le  pianiste manchot et à la création du Concerto pour la main gauche.

Les tournées s’enchaînent, et la fatigue, l’insomnie, le déclin, l’accident…qui conduisent à la fin. Mais toujours avec élégance!

 

la Havane : callejon de Hamel – musées

CUBA – 28 Février 2004 dernier jour du voyage

Street art

Pour aller au Callejon de Hamel, Delta nous recommande d’aller à pied jusqu’à l’hôtel Habana Libre (l’ancien Hilton) puis de prendre L jusqu’à San Lazaro . Je viens justement de lire cet itinéraire dans « La Havane Pour un Infante défunte » de Guillermo Cabrera Infante . Ce gros livre pourrait servir de guide des rues de la Havane, c’est mon livre de chevet. L’initiation sexuelle du jeune héros toutes ses dragues minables ne me passionnent pas mais je dévore ce livre comme guide touristique. Le héros promène ses conquêtes ou poursuit des inconnues selon des itinéraires précisément répertoriés. Cela donne une vie supplémentaire à la rue où nous passons. Cela me permet également de mémoriser des itinéraires.

Street Art

Au bout de la 21 nous filons tout droit sur l’Hôtel National« Monument Historique »

Nous nous promenons dans les salons et les jardins. Dans une sorte de tranchée, une exposition historique : la Crise des fusées. Toujours des photos NetB avec citations sentencieuses de Marti et de Fidel. Pourtant ce n’est pas ennuyeux. Ce sont les actualités de mon enfance qui sont devenues de l’histoire. Dans un salon, des affiches rangées par ordre chronologique, de tous les visiteurs célèbres des années 30 à nos jours : Errol Flynn, Clark Gable, Fred Astaire ou Marlon Brando ne m’étonnent pas, Danielle Mittérand beaucoup plus tard non plus . En revanche de nombreux américains, acteurs ou metteurs en scène sont venus récemment : Schwarzennegger, Spielberg …Les liens entre les Etats Unis et Cuba sont bien étranges.

grandeur et décadence

Nous traversons le Centre de La Havane par les calle Animas, Virtudes, Industria . Toutes sont bien délabrées aux antipodes des quartiers aisés et verdoyants du Vedado et des belles restaurations de La Vieille Havane . la misère est bien visible . Pas de restaurations, des rues entières sont fermées à la circulation.

Le callejon de Hamel est une petite rue complètement recouverte de fresques . Nous sommes habituées aux fresques révolutionnaires, les slogans ou les dessins simplistes qui occupent l’espace un peu partout où il y a un mur inoccupé . Celle du callejon de Hamel sont des fresques artistiques . Tout est peint de couleurs vives, du sol aux bidons d’eau sur le haut des toits et les murs des maisons jusqu’au troisième étage . Il y a toutes sortes d’installations : des colonnes peintes, des cadres de vélos suspendus, des grillages, des statues de style africain, . c’est aussi le haut lieu de la Santéria, culte Afro-cubain . Le dimanche, on joue du tambour et de la rumba . Des galeries de peinture sont ouvertes au public . Des poupées et animaux de papier mâché font penser aux Musée de l’Art Moderne à Vienne. Dans  une sorte de citerne des tortues et un petit crocodiles sont prisonniers. Pauvres animaux ! que font ils là ? Des gamins noirs dansent. Une petite boutique d’herbes est prise d’assaut par les habitants du quartiers , aromates ? plantes médicinales ? sorcellerie ?

J’ai envie de tout photographier : les peintures murales, les colonnes, les statues qui semblent sortir du mur, les personnages pittoresques …

Nous sommes abordées par un jeune noir qui vend son CD de rumba 10 $ Nous nous laissons tenter mais nous aimerions bien l’écouter. Il nous conduit à un petit bar où il y a un radiocassette ; on n’entend rien . Il veut se faire offrir un mojito . Le mojito est fait à l’eau du robinet, sans angostura . Il est plus cher que dans le bar chic de la place San Francisco . Nous avons l’impression de nous être fait pigeonner . Espérons que le CD nous plaira ! . Nous quittons le callejon de Hamel sur cette impression déplaisante .

En route nous découvrons les marchés populaires et reprenons le même chemin qu’hier pour visiter le Musée des Beaux Arts – musée moderne très clair, très bien conçu quoique sobre .Les collections sont très intéressantes mais je les parcours au pas de charge . Dommage d’avoir prévu si peu de temps . Tout m’intéresse : les œuvres contemporaines colorées certaines plutôt naïves d’autres politiques, les œuvres anciennes du siècle dernier qui n’ont peut être pas valeur de chef d’œuvre du point de vue de artistique mais elles sont un témoignage précieux pour imaginer la vie des cubains il y a 150 ans. Paysages agrestes de plantations, vie à La Havane, portrait d’espagnols, de cubains, de Créoles … J’aimerais consacrer plus d’attention.

Quand je rejoins Dominique, elle s’est fait une belle frayeur, ne retrouvant plus la carte de crédit que j’ai avec moi .  Qu’allons nous faire de ces quelques heures qui nous séparent du départ ? Nous avions tout prévu en cas de grosse chaleur : la sieste au Prado, les sandwichs etc. . Il fait très frais et nous ne sommes même pas habillées avec une petite laine . Je propose d’aller rendre visite à nos hôtes de la belle maison du Vedado 25y6 . Nous pourrions nous reposer dans le beau jardin . Un coco taxi nous y conduit donc . Les dames ont l’air contentes de nous revoir mais elles ne comprennent pas tellement pourquoi nous sommes chez elles puisque nous ne voulons pas de chambre . Je demande si nous pouvons avoir un sandwich comme la semaine dernière . C’est compliqué La dame part faire des courses elle n’a plus de pain . Nous attendons longtemps sur la terrasse . Déjà Dominique s’impatiente . La dame arrive avec un plateau avec des verres et les sandwich, elle a l’air affolée, elle en casse un verre . Il ne faut pas que nous nous installions sur la terrasse de devant « les voisins pourraient vous voir «  nous allons donc derrière à l’ombre . Dominique a très froid . Je n’avais jamais pensé au fait que cela aurait pu leur causer des ennuis de déjeuner dans le jardin . Sans doute, elle n’ont pas le permis de nous faire à manger . Cela jette un froid . La dame très gentille veut nous offrir un café Dominique s’impatiente encore . Finalement nous nous sauvons presque comme des voleuses . Ce n’était pas une si bonne idée de revenir ici . Dommage

De retour chez Delta nous avons juste le temps de nous changer avant de prendre le taxi qui nous conduira à l’aéroport

Toute la violence des hommes – Paul Colize

POLAR BELGE

Trouvé sur les blogs d’Aifelle et de Kathel

Après une série de livres sérieux et denses, j’avais envie de me divertir avec un polar,  me laisser entraîner par un auteur que ne connaissais pas encore.

Coïncidence : le héros de l’histoire est un Croate qui a vécu, enfant, l’horreur du siège de Vukovar (1991) alors que je viens de lire une série de livres de l’ex-Yougoslavie ; j’ai donc été sensible à cette tragédie évoquée dans le livre.

Le château d’eau de Vukovar

Je m’intéresse également au Street-Art qui est au centre de l’intrigue.

Et je n’ai pas été déçue. Polar original et très bien ficelé.

Des personnages intéressants et loin des clichés du genre dont on découvre progressivement la complexité.

Ne comptez pas sur moi pour spoiler et vous révéler l’histoire, il faut le lire. Une soirée suffit, on se laisse entraîner et on ne le lâche plus.