un jour à Metz, Centre Pompidou et promenades dans la ville

ESCAPADE A METZ (2)

la Gare de Metz

L’exposition de Louise Nevelson m’attirée pour une nouvelle expédition à Metz. La première fois c’était Chagall ICI et c’était un excellent souvenir. Se rendre à Metz de la Gare de l’Est est très facile :  1h20 en TGV .

La visite de la Gare fait partie du circuit touristique. Commandée en 1901 par le Kaiser Guillaume II, symbole de la puissance allemande et permettant l’arrivée de 25.000 soldats par jour. De style néoroman germanique, décorée de nombreuses frises et sculpture, elle mérite qu’on s’y arrête. Surprise : un goupe de statues honorant la mémoire de Jean Moulin est suspendu 

jean Moulin à la gare de Metz

Le 8 juillet 1943, en gare de Metz, le corps de Jean Moulin a été retrouvé sans vie. Le sculpteur : Stephan Balkenhol.

les enfants ukrainiens et la guerre

Sur des panneaux, une exposition LES ENFANTS DE LA GUERRE  dans le cadre du voyage en Ukraine : la saison de l’Ukraine en France.

Après avoir passé un long souterrain nous arrivons sur une grande esplanade  : le parvis des Droits de l’Homme avec le Metz Congrès Robert Schumann palais accueuillant des congrès ou des expositions, signé Wilmotte inauguré en septembre 2018. En face, le Centre Pompidou-Metz 

Contre Pompidou-Metz

Coiffé d’un toit alvéolé inspiré d’un chapeau chinois en bambou, c’est l’oeuvre de Shigeru Ban et de Jean de Gastine. léger, aérien presqueavec les lamelles  de bois collées reposant sur des piliers aérés. 

Trois expositions majeures : Dimanche sans fin mis en scène par Maurizio Cattelan occupe deux niveaux,François Morellet – 100 pour 100, et Louise Nevelson. nous commençons par Cattelan  puis Morelletpuisqu’il y a une visite guidée à 11 heures. 

Vers midi, nous sommes saturées de peinture et partons nous aérer dans le Jardin Jean-Marie Pelt le long de  La Seille. Pour honorer le célèbre botaniste  écologue, le jardin est nature avec 20 ha de prairie, des arbres fruitiers, une rosellière le long de la rivière. C’est un parc paysager très agréable mais rien n’est prévu pour déjeuner (sauf un foodtruck).

Après avoir longé l’eau nous nous dirigeons vers le Centre-ville en passant sous les lignes ferroviaires, puis dans la circulation par la grande rue Haute-Seille, jusqu’à la vaste place Coslin, un parking peu accueillant sous une tour sans grâce d’habitations (style années 70). A l’approche du Coeur de Ville historique, les rues se rétrécissent, la circulation automobile s’apaise et nous nous installons sur la première terrasse au soleilau coin de la rue Lassale et de la rue de la Fontaine : celle du Restaurant L’Hédoniste  . CLIC / Ardoise à 25€ Entrée+plat et amuse-bouche offerts. Feuilleté aérien au chèvre chaud,côte de veau rose avec une sauce aux champignons délicieuse. Une adresse à retenir.

J’aime beaucoup découvrir une ville à pied, avec la carte du livret Un Grand Week-end à Metz Hachette qui propose une dizaine de promenades avec des plans. La toponymie est pittoresque : certaines rues sont notées « En » Nicolairue, avec le rue à la fin, comme En Fournirue (rue des Fournils) ou En Chaplerue (chapeliers?), en Chandellrue(chandelles?), En Nexierue (????). 

Place Saint Louis

Nous trouvons des repères à notre déambulation : la Place Saint Louis bordée d’arcades a un caractère d’Italie, elles datent du XIIIème siècle, les changeurs lombards y étaient installés au XVème siècle. Une plaque rappelle une République Messine entre 1470 et 1490. Les contreforts penchés nous étonnent. 

et Colonne de Merten

Autre repère : la Rue Serpenoise , en son mitan une longue statue métallique ondulante évoque un serpent. Elle débouche sur une grande place avec la colonne de Merten qui rappelle l’origine gallo-roamine de la via Scarponensis. 

Nous rejoignons la Gare et le Centre Pompidou-Metz en suivant le flèchage touristique. Il nous reste encore deux expositions qui occupent une bonne partie de l’après-midi. 

Après deux bonnes heures de peinture et sculpture modernes, nous retournons nous aérer dans les jardins et montons sur une butte pour apercevoir la construction de Philippe Starck au sommet du Hilton. Une sorte de maison traditionnelle à toit à double pente et tourelle est perchée sur un immeuble : c’est la Maison Heler. Des maisons perchées sur le toit des bâtiments, c’est tendance en ce moment, il y en a même à Limeil-Brevannes, cela ne m’impressionne pas plus que cela.

Porte des Allemands

Il nous reste trois bonnes heures avant le retour en train. Nous tâchons de rejoindre la Porte des Allemands en longeant la Seille. La promenade est contrariée par la voie ferrée perchée et par des routes à grande circulation.  heureusement les arbres sont en fleurs. 

la Porte des Allemands est un petit château-fort médiéval (1230-1480). les deux tours rondes en poivrière sont XIIIème, les carrées XVème . Assiége en 1552 par Charles Quint, elle résista vaillamment. Metz était une ville fortifiée ocmptant jusqu’à 18 portes et 72 tours (selon le guide Hachette)

Cathédrale de Metz

En prenant pour cap, la Cathédrale nous passons par la Place d’Armes avec ses deux trophées (monumentaux) et arrivons au coeur de ville. La Cathédrale est fermée depuis quelques minutes. Ce n’est pas grave, nous avons vu les vitraux de Chagall à notre précédente visite en 2021. Nous nous attablons à une terrasse plein soleil en face du marché couvert (fermé également le soir) : construction très élégante en U commencé en 1785 pour être le Palais épicsopal transformé en marché en 1831. 

Retour par les Quartiers Impériaux, la Poste et les très belles constructions allemandes. 

Nous n’avons rien vu de ce que j’avais prévu avec le guide, ni la maison de Verlaine, ni l’itinéraire de Rabelais, ni le musée de la Cour d’Or. Il nous faudra donc revenir. A l’occasion d’une nouvelle exposition?

George Sand – fille du siècle – Séverine Vidal/Kim Consigny – Delcourt

CHALLENGE LES DEUX GEORGE DE LA LITTERATURE AVEC CLAUDIALUCIA

Eimelle m’ donné envie de le lire CLIC 

Comme il se trouve à la médiathèque, je l’ai réservé sans attendre le calendrier que nous avions fixé pour lire une biographie. J’étais trop impatiente. Dernièrement une série-biopic était passée à la télévision et j’avais écouté un podcast de RadioFrance CLIC

334 pages pour toute une vie :  de l’arrivée d’Aurore-bébé à Nohant (1804) jusqu’à son décès à Nohant (1876). Je me suis un peu perdue dans les détails de l’enfance d’Aurore, les rapports entre la grand-mère aristocrate et sa bru plébéienne. Passage au couvent et mariage très jeune avec Casimir Dudevant(1822) avec la naissance de Maurice et de Solange. La vie conjugale se détériore et je m’ennuie un peu dans toutes les péripéties avant que la baronne Dudevant ne se décide à partir à Paris et à devenir George Sand (après plus de 100 pages).

Les pages parisiennes me font croiser écrivains, journalistes.  Ce n’est que p122 que l’écrivaine sort travestie en homme avec un beau haut de forme et des bottes masculines. Je commence à me prendre au jeu, tout en trouvant le récit un peu fouillis avec tant de personnages certains connus d’autres obscurs. Indiana paraît p. 136, son premier chef d’oeuvre reconnu par la critique. Amants et amante se succèdent à un ryhme endiablé. Heureusement  j’ai d’autres sources pour me repérer. Je me prends à cette lecture et embarque avec Musset pour Venise. Gondoles et galères. Musset est plus agréable à l’écrit qu’en chair et en os!

George Sand n’est pas uniquement écrivaine, elle intervient dans la vie politique d’alors. je m’amuse plus, surtout quand elle se dispute avec Lammenais :

« Vous êtes du côté du peuple, dites-vous, mais du côté d’une moitié du peiple seulement! Vous oubliez les femmes et méprisez mes idées sur la liberté sociale »

la BD nous promène entre Nohant et Paris, entre révolutions et salons. mais il faut suivre….Balzac, Liszt et Marie D’Agoult sont des intimes et voici que Chopin occupe le devant de la scène!

1848 : George Sand « la muse de la République » à Paris, « Rouge et dangereuse » elle préfère retrourner à Nohant tandis que Barbès, Leroux et Blanqui sont sous les verrous. Républicaine, socialiste mais bien timorée en ce qui concerne le vote des femmes qu’elle ne revendique pas. 

La fin du roman graphique est plus triste et plus intime, avec les brouilles avec Solange, la  mort de Chopin, ses dernières amours…et finalement je me suis laissé embarquer. J’attendais sans doute trop du roman graphique, j’ai été déçue au début de ne pas m’y retrouver mais j’ai bien suivi, et je suis toute triste qu’il soit déjà fini.

Soulèvement un film de Thomas Lacoste

Le 23 mars 2023, à Sainte Soline, eurent lieu des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants avec plus de 200 blessés. A la suite de cet évènement le ministre de l’Intérieuseptuagr Gerald Darmanin a qualifié les manifestants d’écoterroristes et demandé la dissolution du Mouvemement des Soulèvements de la Terre. Cette mesure de dissolution a été depuis annulée par le Conseil d’Etat. 

Le réalisateur Thomas Lacoste présente dans ce film un tout autre visage de militants des Soulèvements de la Terre et des images bien différentes des vidéos violentes que les télévisions ont médiatisées. 

Le film se présente comme une série d’interviews : 16 visages, 16 voix tantôt un personnage seul, tantôt à deux. Hommes et femmes, jeunes, trentenaires, mais aussi un père et sa fille, un septuagénaire, maire d’une commune rurale, engagé auprès des instances régionales et syndicales. Nous avons l’occasion d’entendre une éleveuse qui est également bouchère (et toc, un préjugé saute « tous des végétariens »).  Deux habitants du Tarn, en lutte contre l’A69, un jeune et un plus vieux, et les cabanes des écureuils dans les arbres. Deux habitants de La Clusaz   ont occupé l’emplacement d’une retenue collinaire pour la neige de culture et ont réussi à détourner le projet. Encore en montagne une jeune fille  raconte une un camp sur le seul endroit où l’hélicoptère apportant le matériel pour une station de téléphérique sur un glacier, pour stopper les travaux. Un naturaliste nous parle du chant de l’engoulevent et de la protection de l’outarde canepetière. Je n’ai pas tout retenu. Un groupes des « greniers » fournissant des repas aux grévistes…

En revanche, c’est plutôt la bienveillance et le soin vis à vis des personnes et des animaux qui prévaut dans leur discours avec une douceur étonnante. Pas de slogans, pas de rancoeurs martelées. Un attachement au terroir dans lequel ils ont grandi et qui est massacré par la construction d’une autoroute ou de bassines. Une attention aux rivières, aux espèces menacées. Un lien avec le paysage qui différe de l’image « black block » que leur collent les médias et les politiques. Le goût du travail « bien fait » et du « fait main » quand ils construisent les charpentes des cabanes.

Bienveillance et mesure : chaque fois, ils soulignent l’importance de faire l’action juste, et juste au bon endroit. Economie de moyens. Quelques campeurs sur un rocher peuvent suffire. Une ZAD, une zone à défendre, cela peut être un bois, un marais, l’habitat d’un oiseau. On est très loin du terrorisme…

C’est un très joli film où les interviews sont entrecoupées de très beaux paysages. Oh le regard de la vache qui profite des derniers rayons du soleil! Et la brume sur le plateau de MilleVaches….Un film très construit, interludes de cascades, générique de fin intrigant.

Ne le laissez pas filer s’il passe près de chez vous. Il est en ce moment à Créteil à La Lucarne pour encore 4 séances!

la guerre des os – Benjamin Hoffmann

Deux paléontologues : Edward Cope (1840 – 1897) et Charles Marsh(1831 – 1899) chasseurs de dinosaures dans l’Ouest Américain, se sont livré une guerre sans merci pendant des décennies de la fin des années 1860 jusqu’à leur décès. 

Cette Guerre des Os, guerre pour des territoires fossilifères, guerre des publications, rivalité pour des honneurs et des postes universitaires, s’est déroulée dans le contexte de la Conquête de l’Ouest

« les compagnies (de chemin de fer) rivales accomplissent leur jonction en Utah 10 mai 1869, elles célèbrent une fête mémorable et plantent un clou d’or à la rencontre des derniers rails : l’union géographique du pays est achevée ; déchirés par quatre ans de guerre civile, les États-Unis méritent à nouveau leur nom. »

Les chemins de fer faciliteront le travail des paléontologues qui vont explorer les territoires les plus isolés du Wyoming, Montana ou Colorado

Et le 30 juin 1870, après s’être ébrouée comme un animal énorme, la locomotive les emporte vers ces
contrées dont ils ne se lassent pas de murmurer les noms à mesure que les miles défilent, Utah et Wyoming,
Montana et Colorado

Extermination des bisons, dont les carcasses jonchent le trajet du chemin de fer.

Au long des rails, un cortège funéraire est formé par les dépouilles de bisons que les voyageurs de la voie
transcontinentale ont abattus depuis les fenêtres des wagons en mouvement, comme ça, par jeu, pour le
plaisir, pour voir leur masse se désarticuler et soulever la poussière en tombant.

Guerres et colonisation des territoires autochtones. Charles Marsh  croise Buffalo Bill, Custer avec le désastre de la bataille de Little Bighorn. Les recherches de fossiles se déroulent en territoires indiens. Les paléontogues doivent négocier avec les chefs des tribus. Charles Marsh a donné sa parole à Red Cloud, il ira jusqu’à la Maison Blanche rencontrer Ulysses Grant pour plaider la cause des tribus natives. 

« il offre un banquet aux chefs des principales tribus amérindiennes. Parmi les invités se
trouvent Sitting Bull et Red Cloud, deux interlocuteurpensifs, le front raviné par la sagesse et les chagrins,que Charles s’efforce de convaincre par le truchement d’un interprète. Pour prix de leur assistance, il promet de se rendre à Washington afin d’exiger que l’intégrité de leur territoire soit respectée et que les rations promises par le gouvernement arrivent en temps et en heure. »

C’est cet aspect western qui m’a le plus intéressée. L’aventure des chercheurs d’os, comme des chercheurs d’or.

Tous les coups bas sont permis dans la guerre que se livrent Charles et Edward, y compris le vol de fossiles et pire encore, le dynamitage de gisments pour que le rival ne puisse pas les exploiter. Vandalisme choquant!

 Aux yeux des paléontologues, il s’agit d’un crime trop effroyable pour mériter la rédemption. Anéantir des
spécimens uniques quand on connaît les chances infinitésimales de leur transmission, la durée vertigineuse qu’ils ont dû traverser pour se trouver sous la main d’un homme à même de les interpréter, c’est un acte qui va à l’encontre de toutes les valeurs d’une profession méticuleuse dont les membres passent leur vie à gratter,frotter, analyser les fossiles.

 

Le roman rend compte aussi du travail scientifique et de la reconstitution de l’animal entier à partir du puzzle des ossements, là se trouve la principale erreur d’Edward qui va le discréditer en plaçant la tête à l’emplacement de la queue. Le travail scientifique est aussi un travail d’équipe, il convient de recruter des assistants, de les payer, de ne pas laisser le concurrent les débaucher. Marchandages et traitrises.

Le but est de publier. Là aussi se jouent les rivalités, luttes d’influences et recherche d’alliés. Description des différentes espèces découvertes mais aussi interprétations. Les deux rivaux se situent dans deux courants d’idées de l’époque. Charles, darwinien. Edward suivant Lamarck encore influent.

Surprise, la vie d’un scientifique ne s’arrête pas avec ses recherches, m^me après le décès d’Edward Cope, ses restes vont encore subir un sort rocambolesque.

Août 1877, les hommes de Charles découvrent l’apatosaure : avec ses vingt-trois mètres de long, il remplace le Camarasaurus au sommet des plus grandes espèces terrestres. Avantage Yale. Mais, redoublant d’efforts, l’ équipe d’Edward exhume au mois d’octobre l’Amphicoelias, un membre de la famille des diplodocidés qui mesurait au moins vingt-cinq mètres. Égalité.

Finalement quel est le vainqueur de la guerre des os? Il faut pointer le nombre de publications,Edward serait gagnant,  le nombre de fossiles reconstitués donne Charles vainqueur. Tous les deux ont fait sortir la paléontologie des cabinets de curiosité. Ils ont transformé la démarche scientifique et ce n’est pas forcément à leur avantage :

Dans le domaine scientifique, assènent-ils, Edward et Charles ont témoigné d’un instinct de prédation
responsable du saccage de la planète,

Leur jugement est sans appel : Edward et Charles ont transféré dans la science l’esprit du capitalisme ; ils ne
valent pas mieux que ces milliardaires qui continuent à s’enrichir en ravageant la terre.

Il y avait une lecture commune dans notre galaxie de blogs, j’ai raté la date. keisha ICIInganmic ICI, l’avis de Sandrine ICId’autres dont je ne retrouve plus les articles m’ont donné une furieuse envie de télécharger le livre.

Chaïm Kaliski « Jim d’Etterbeek » Mahj

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 13 décembre 2026

Jim d’Etterbeek

A la suite de l’écoute du podcast des Midis de Culture  CLIC  j’ai filé au Mahj. Attention, l’exposition se tient dans les caves du sous-sol. les planches sont nombreuses mais ce sont de petits formats. 

Bruxelles 1938 : les Juifs manifestent

Cette bande-dessinée est l’oeuvre de ChaÏm Kaliski  d’Etterbeek, de la commune de Bruxelles (1929 – 2015). Il  a réalisé des centaines de dessins à la soixantaine ayant gardé une mémoire très fidèle des évènements qui ont marqué son enfance, caché de l’occupant allemand à la suite de l’arrestation et de la déportation de son père. 

l’étoile jaune

Il raconte le quotidien des Juifs belges, on voit jouer aux cartes, travailler la maroquinerie, on les « entend » discuter entre eux, en Français comme en Yiddisch

 

arrestation 10 mai 1940

Il témoigne avec une précision étonnante des arrestations et des raffles avec la date, le nom de la rue, les circonstances

On a réuni ces dessins dans une bande dessinée éditée disponible au Musée.

Témoignage, « memory book »oeuvre d’art émouvante tout à la fois alors que la mémoire s’efface et laisse place à une politique  qu’on veut appeler « décomplexée ».

Cartes imaginaires – Inventer des mondes à la BNF

Exposition temporaires jusqu’au 19 juillet 2026

Si tu peux rêver des heures avec un atlas, Si tu ne pars jamais en randonnée sans une carte papier, si un plan de ville t’est plus utile que ton GPS. Si tu as suivi le tour du Monde de Magellan.Cette exposition est pour toi!

Très belle exposition, très populaire aussi. Pour les grands et les petits. Il y avait donc une longue queue  dimanche dernier , d’autant plus que les documents sont relativement petits et qu’on a tendance à rester très longtemps devant  chaque vitrine.

les mondes inexplorés

Tour du monde de Magellan

Cette section rassemble des cartes anciennes, surtout des cartes marines qui retracent les voyages de Christophe Colomb ou de Magellan  même une beaucoup plus ancienne : celle d’Al-Idrîssî.

monstres des mers froides

Sur ces planisphères (l’un d’eux est centré sur la Sardaigne) on trouve des lieux connus mais aussi des terres inexplorées « hic sunt dragones« . Ces dragons sont représentés, comme le mythique Prêtre Jean, des hommes sans têtes 

Sur la carte on fait figurer les navires mais aussi les habitants de ces contrées. De très jolies représentations montrent les Indiens avec le bois-brésil et des perroquets colorés.  Des gravures les figurent en anthropophages faisant griller des membres humains sur des grils.

les habitants du Brésil et le bois-Brésil

C’est très amusant de comparer les cartes anciennes avec nos représentations actuelles. On reste une éternité devant une vitrine! J’ai aussi beaucoup aimé un globe terrestre vert, malheureusement j’ai raté la photo.

Les cartes chinoises ne ressemblent pas aux nôtres.

Les mondes littéraires

Carte de l’Île au trésor

L’Île au Trésofigure avec l‘Île d’Utopia de Thomas More

utopia

Un manuscrit de Marcel Proust montre la ligne de train imaginaire allant à Balbec. On voit bien sûr des exemplaires de Jules Vernes. Déception : l’Odyssée est absente. Je suis passée rapidement devant les cartes du Monde de Tolkienet des jeux vidéo qui ont des amateurs plus jeunes. 

On voit aussi des oeuvres de plasticiens contemporains sur le thème de la carte.

En conclusion une de mes préférées est la carte des méandres actuels et fossiles du Mississipi

Mississipi

Alexandre Lenoir – Par la force des choses -à l’Orangerie

UNE DECOUVERTE!

Très grand format, très étrange ce paysage aquatique où les reflets jouent avec le paysage. On sent la proximité avec les nymphéas.

la petite salle est toute emplie de ces trois toiles

par la force des choses Ensemble de trois peintures 2026

Comme je ne connais pas du tout ce peintre je préfère recopier le cartel

« Alexandre Lenoir, né en 1992 peint depuis les année 2010 à partir de photographies comme des souvenirs de moments heureux quoique dominés par une nature impérieuse. Les protocoles techniques u’il instaure donnent naissance à des peintures paraissant avoir été crées presue sans son intervention accodant une place au hasard. Il utilise le papier adhésif pour masquer et révéler certaines zones du tableau. En laissant une partie de la toile au sol, il recueille les aléas de la vie d’atelier: coulures, taches, traces de pieds, pliure. Il tient la formule de Niele Toroni, un artiste qu’il admire : « travailler à ce que la peinture travaille d’elle-même…. »

A suivre!

henri Rousseau – l’ambition de la peinture à l’Orangerie

Exposition temporaire jusqu’au 20 juillet 2026

La bohémienne endormie (1897)

On croit tous connaître le douanier, qui n’était pas douanier mais employé de l’Octroi. On le qualifie de « naïf », alors qu’autodidacte, il cherche à être un peintre à part entière qui envoie ses tableaux aux Salons, concourt pour des commandes officielles et cherche la reconnaissance institutionnelle.

moi-même portrait paysage (1890)

Avant d’aborder ses tableaux les plus connus comme la Charmeuse de Serpents ou La Guerre qu’on ne présente plus, l’exposition présente des petits formats, souvent des portraits. Rousseau se voulait peintre, vendre des portraits lui permettait de vendre. Il a inventé le concept de « portrait-paysage » où le sujet se trouve dans un environnement fleuri (remarquer le petit chat plein de fantaisie)

Portrait de Madame M/ (1895)

la charrette du Père Junier lui a permis de rembourser une dette . Il fut remarqué par Apollinaire  qui l’acheta 

la charrette du Père Junier (1908)

Petits formats encore, ces paysages de Paris (Pont de Grenelle), des Rives de la  Bièvre près de Bicêtre, ou de l’octroi, petits tableaux adaptés au budgets de bourgeois modestes.

Le Pont de Grenelle avec la statue de la Liberté et l’ile des Cygnes (1892)

j’ai beaucoup aimé ces tableaux de plus grand format représentant des arbres très élégants comme le Soir de Carnaval

Soir de Carnaval (1896)

Toute une salle est occupée par cette jungle imaginaire et fantaisiste sortie de son imagination (et de l’observation de plantes tropicales dans les serres du Jardin des Plantes) . J’ai adoré les singes farceurs et cherché, perchés, les hiboux .

 

les deux farceurs (cherchez le hibou!)

vous ne verrez pas la Guerre, ni les autres chefs d’oeuvres, je les ai photographiés à Orsay en 2016 CLIC

Ou avec Séraphine au Musée Maillol en 2020 CLIC

Ménélas Rebetiko Rapsodie – Simon Abkarian au théâtre des Quartiers d’Ivry

TRAGEDIE GRECQUE 

Dans un café enfumé, deux musiciens sont attablés, un bouzoukiste et un guitariste. Un homme entre deux âges, vêtu d’un pardessus : Ménélas nous connaissons l’histoire, Ménélas, roi de Sparte était le mari d’Hélène enlevée par Pâris. Homme trahi, il exprime sa colère, sa soif de vengeance, puis revient sur son passé…Tandis que le bouzoukiste chante le Rébetiko- en Grec, surtitré – Ménélas danse entre les tables vides, il danse pour lui-même, pour Hélène aussi. Spectacle envoûtant. 

Café en Grèce, ou en Anatolie, ou n’importe où au Proche Orient. Simon Abkarian est parfait. Le texte, intemporel, tragique. Son personnage dévasté s’accorde avec le Rebetiko, musique de la Grande Catastrophe, du départ des Grecs d’Anatolie vers la Grèce, après la Guerre de Troie sur les mêmes rivages, génocide des Arméniens réfugié en Europe ou au Liban où a vécu Abkarian. Distinction naturelle de roi de Sparte, ou du migrant dans un café enfumé. 

Le Pavillon des oiseaux – Clélia Renucci

ROME 1571 – 1589

Clélia, fille naturelle du Grand Cardinal, Alessandro Farnèse, nacquit à Parme et fut mariée à 13 ans à un fils de bonne famille Giovan Giorgio Cesarini à peine plus âgé qu’elle. Mariage de convenance, mais union heureuse, les jeunes mariés sont amoureux. Ils s’établissent à Rome où rivalités et médisances se distillent par écrit dans les avvisi rédigés par les menanti les Pasquinade (placards satiriques). Le Petit cardinal, Ferdinando Medicis, ami de Giovan Giorgio amant de Clélia complète un trio scandaleux. 

Le Grand Cardinal Fanèse qui brigue la tiare, éloigne pour un moment Clélia après la naissance d’un héritier Giuliano. 

On se distingue en construisant de fastueux palazzi ou en collectionnant les statues antiques. Farnèse et Medicis rivalisent avec la Farnesina en plus du Palais Farnèse tandisque que Medicis occupe les hauteurs du Pincio. Dans les jardins de la Villa Medicis, le Pavillon des Oiseaux abrite les amours de Ferdinando et de Clelia. 

Très joli roman historique qui nous fait visiter les splendeurs de la Rome de la fin de la Renaissance, voyager à Florence chez les Medicis, assister à un conclave. Fastes et intrigues, assassinats même. vous ne vous ennuierez pas!