Anni et Josef Albers, L’Art et la Vie au Musée d’Art Moderne de Paris

 EXPOSITION TEMPORAIRE du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022

 

Une rétrospective chronologique où les œuvres d‘Anni et celles de Josef Albers se répondent, se complètent, de leur rencontre au Bauhaus en 1922,  leur exil américain en 1933 à la suite de la fermeture du Bauhaus avec l’arrivée des nazis où ils partent enseigner au collège de Black Mountain . 

Bauhaus Josef Albers vitrail « éclat dans la grille

 Bauhaus

« le but de toute activité artistique est la Construction«  Gropius

Chaque étudiant doit rejoindre un atelier, Josef Albers entre au Bauhaus en 1920 dans l’atelier de verre. Avec la crise économique qui règne alors en Allemagne il est contraint d’utiliser des objets récupérés à la décharge et crée des assemblages avec des matériaux composites. 

Anni Fleischmann est admise en 1922 dans l’atelier textile « la classe des femmes »

Anni : 1925 tenture : soie, coton, acétate

Josef utilise aussi des plaques de verre dépoli peintes

Josef : verre dépoli

Il semble que les motifs et les constructions se répondent. Les lignes horizontales rappellent le bâtiment neuf de l’école à Dassau. Une vie sociale intense s’y déroule. Josef qui s’adonne aussi à la photographie y fait de très beaux portraits d’Anni mais aussi de Klee et de Kandinsky. Les photographies sont présentées en diptyques ou mosaïque.

Le Bauhaus est une école de design où l’on réalise des meubles et des objets usuels : tasse en verre ou compotier. 

typographie Bauhaus

1933 nouveau départ en Amérique

Anni et Josef partent enseigner dans un collège expérimental au Black Mountain college . De très belles vidéos montrent cet enseignement original où la devise est « Open eyes » . On voit Josef exposer ses théories sur la couleur, effectuer un pliage de papier zigzag, démontrer bandes de papier en main que 1+1 =3 et même parfois 4. Anni raconte qu’elle a enseigné le tissage sans métier à tisser réalisant des assemblages et collages avec des graines, des tortillons de papier simulant le tissu. 

Apparition de la couleur

« Je crois que l’art est parallèle à la vie. La couleur, selon moi, se comporte comme un être humain[…] de deux manières distinctes : d’abord dans son existence autonome, puis dans sa relation à autrui » 

En 1947 Josef réalise toute une série de Variants et de Constellations . le variants, comme leurs noms l’indiquent, sont des tableaux colorés avec des variations de couleurs sur une structure analogue. 

 

Découverte des arts précolombiens

Entre 1935 et 1967 les Albers effectuent une douzaine de voyages au Mexique, Pérou et Amérique latine. Une belle collection de statuettes précolombiennes occupe une vitrine. Josef photographie pyramides et paysages. ils rapportent également des textiles.

Tentures

 

 

Anni fabrique des bijoux avec des objets usuels de la vie quotidienne : joints et rondelles, anneaux de plastique entiflés sur des rubans de gros grain coloré.

collier réalisé avec une bonde d’évier, des trombones..

Sur le mur faisant face aux bijoux sont exposés des dessins de Josef sur le thème des noeuds et enchevêtrements

 

josef : noeuds

Commande religieuse :pour la synagogue B’nai Israel Woonsocket Rhode Island

Ark panel

A côté des grandes tentures, Anni réalise aussi des petits formats comme des tableaux.

Hommage au carré

hommage au carré

De 1950 à 1976 Josef peint plus de 2000 tableaux sur le thème du carré. les cimaises de deux grands salles en sont remplis. Là, j’ai un peu décroché!

Chagall le Passeur de Lumière au Centre Pompidou-Metz

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 31 Août 2021

Surtout dépêchez-vous de la visiter! C’est vraiment une exposition majeure!

Chagall a exploré de nombreux domaines et de nombreuses techniques des arts plastiques. Cette exposition met le projecteur sur sa création de vitraux.  On associe volontiers vitraux aux églises et moins aux édifices laïques, encore moins aux synagogues.

Comment Chagall, le juif est-il devenu le Passeur de Lumières? 

Chagall gravure Rebecca

En introduction, une série de très belles gravures aux sujets bibliques va conduire doucement le visiteur dans la progression du travail qui va aboutir à la décoration du baptistère de la Chapelle d’Assy

Chagall gravure : passage de la Mer Rouge

Chagall va reprendre le sujet de cette gravure, l’Exode, à plusieurs reprises, ajoutant de la couleur, puis passant à la céramique. Ces transformations progressives vont me fasciner. J’ai l’impression de voir l’artiste au travail.

Chagall l’Exode Baptistère de la Chapelle d’Assy

La chapelle d’Assy est un véritable musée d’Art moderne de nombreux artistes de renom ont collaboré à sa décoration grâce au Frère Marie Alain Couturier qui voulait faire appel aux meilleurs artistes, peu importe qu’ils soient protestants comme Le Corbusier ou Juifs  comme Chagall qui a choisi un thème de l’Ancien Testament mais qui fait figurer une crucifixion dans le coin en haut à droite. D’ailleurs ce Christ en croix figure aussi sur d’autres tableaux  comme celui d’un autre exode après un pogrom ou le crucifié figure les souffrance des Juifs en Russie. Je m’amuse à une sorte de « jeu des 7 erreurs » pour voir ce que Chagall a ajouté (ou supprimé) dans cette version très grand format. Je découvre encore une autre facette de l’œuvre de Chagall : la sculpture du marbre qui me plait beaucoup. 

Chagall : maquette de la Cathédrale de Metz

Il n’est pas indifférent que les vitraux de Chagall soient célébrés à Metz. En effet, la cathédrale de Metz a subi de nombreux dommages pendant la dernière guerre, comme celle de Reims. Chagall a dessiné des vitraux pour cette cathédrale. A cette occasion, le visiteur de l’exposition peut voir les projets, les maquettes, les étapes de la fabrication d’un vitrail. si on compare la photographie du vitrail et cette maquette nous avons préféré la maquette, plus transparente, plus fluide. C’est le charme des expositions bien faites de nous raconter une histoire, de nous prendre par la main. Dans celle-ci nous découvrons une technique et toutes ses étapes. C’est passionnant. 

les femmes d’Israël

Vitrail et sculpture sur marbre, peinture à l’huile, aquarelle ou gouache…ne pas oublier la tapisserie: Aux Nations Unies à New York on commanda suite au décès de Dag Hammarskjöld un immense vitrail, Peacewindow qui inspira une tapisserie:

Tapisserie de la Paix réalisée par Yvette Cauquil-Prince

les vitraux de Chagall ornent nombreux édifices religieux de part le monde, en Angleterre, en France la Chapelle du Saillant, celle des Cordeliers à Sarrebourg, et même en Allemagne.

Etrangement c’est pour une synagogue, celle de l’Hôpital Hadassah à Jérusalem que Chagall fut restreint par des contraintes précises : la non-figuration de la personne humaine. Les animaux remplaceront les personnages! 

Hôpital Hadassah Jérusalem

Et bien sûr, on ne peut pas oublier les tableaux, toujours merveilleux

Chagall : roi David

La visite se termine par une vidéo où l’on voit toutes les étapes de la fabrication des vitraux destinés à l’Art Institute of Chicago, création de Chagall mais aussi œuvre du Maître verrier Simon Marq de Reims. Très intéressant! 

Nous sortons émerveillées de cette visite où nous avons passé plus de deux heures. Il n’en sera pas de même pour la seconde exposition Face à Arcimboldo qui nous a bien déçues. Une accumulation d’œuvres de toutes époques pas toujours de bon goût. mais surtout une présentation très peu commode; Alignement de fiches dactylographiées sur le mur face aux œuvres qu’il n’est pas facile d’identifier. Des grands noms, comme Picasso ou Max Ernst, Marcel Duchamp,  Ensor, Otto Dix (que j’avais confondus) des masques de Pompéi, de parfaits inconnus. Manque de cohérence et d’intérêt. 

Escapade à Metz : Centre Pompidou-Metz, promenade en ville

Le prétexte : deux expositions :  Chagall Le passeur de Lumière et  Face à Arcimboldo 

L’envie de bouger malgré le Covid 19 qui restreint notre horizon.

1h30 en TGV, possibilité de faire l’aller et le retour dans la journée confortablement.

Gare de l’Est, 8h13, le TGV est à destination de Luxembourg, un goût de voyage lointain, il quitte la région parisienne à grande vitesse, à peine je pense regarder le paysage que nous sommes en Champagne dans le vignoble, puis traversons une forêt que je ne connais pas. Les gares traversées sont « sur-Moselle » nous sommes loin….

La Gare de Metz

Gare de Metz, 9h44. Monumentale gare allemande inaugurée en 1908 en style médiéval-roman imposé par le Kaiser qui souhaitait marquer la puissance du Reich dans cette position stratégique. Le soin apporté au décor, aux chapiteaux de grès sculptés est tout à fait remarquable. Un passage conduit directement au Centre Pompidou-Metz.

le Centre Pompidou-Metz à la sortie de la gare

Un jardin, plutôt un verger sert d’écrin de verdure au bâtiment. Le gazon est ondulé, plissé presque.

La queue est tout à fait raisonnable, pas d’attente, seulement un scan du pass sanitaire, on ouvre soi-même son sac, pas d’installations de sécurité spectaculaires. La queue permet d’observer au-dessus de nos têtes les structures de bois des piliers et des alvéoles hexagonales sous la toile blanche de l’énorme chapiteau, au mât de 77 m.

Annette Messager : Le Désir attrapé par le Masque (2021)

L’installation d’Annette Messager occupe un vaste espace : des filets sont disposés en formant des sortes d’anneaux ;  des animaux empaillés, des peluches, souvent des chimères formés d’un corps naturalisé et d’une tête artificielle, sont dispersés et me mettent mal à l’aise. le plus déstabilisant, ce teckel portant un masque chirurgical qui paraît presque vivant. Au dessus sur des plateformes suspendues d’autres oiseaux-chimères, souvent encapuchonnés complètent l’impression de malaise. Aucune explication. 

L’exposition Chagall, Le passeur de Lumière se trouve au 3ème niveau. A la sortie de l’ascenseur de verre, je cherche à avoir une vue d’ensemble de l’installation d’Annette Messager et je découvre une autre œuvre collective rassemblant les mots de plusieurs artistes 

 

les 11 commandements (difficile de tout photographie en restant lisible)

 j’ai découvert Bintou Dembélé récemment avec le film Les Indes Galantes de Philippe Beziat qui est mon film préféré de la rentrée d’après-confinement. Je ne veux pas rater sa prestation au Centre Pompidou-Metz au Studio : S/t/r/a/t/e/s avec sa troupe Rualité. Nous avons donc terminé la visite du Centre au Studio pour cette vidéo d’une dizaine de minutes qui nous a bluffées et consolées de notre déception à la sortie de l’exposition Arcimboldo. 

Bintou Dembélé à Metz

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maquette du Centre Pompidou-Metz

Les architectes du Centre Pompidou Metz : Shigeru Ban et Jean de Gastines ont établi leur studio au 4ème étage du Centre Pompidou-Paris, sur la terrasse. Shigeru Ban est célèbre pour son utilisation du carton, il a conçu la Maison du Carton, un musée en carton, et des habitats temporaires pour des causes humanitaires. Ce studio le PTS (Paper Temporary Studio) est maintenant installé devant le Centre Pompidou-Metz. C’est un  tunnel de 35 mètres de long en, carton, bois parfaitement démontable et re-montable. 

PTS

Il est utilisé pour MEND PIECE de YOKO ONO : sur des tables on  trouve de la vaisselle brisée, de la ficelle, de la colle et du scotch pour « réparer » cette vaisselle. Nous avons volontiers participé à cette réparation. Les œuvres de nos prédécesseurs sont exposées sur des étagères où l’on trouve également des livres à emporter (1 seul) déclassés de la bibliothèque municipale. Réparer la porcelaine est une tradition au Japon. C’est aussi un geste politique. Mais cela demande une habileté que je ne possède pas. La colle demande beaucoup de temps et de patience, la ficelle de la dextérité, le scotch est d’une utilisation plus simple, mais c’est moche. 

Metz Cathédrale

Comme il restait deux heures avant le train du retour, nous sommes allées flâner dans Metz, dans les grandes rues allemandes, dans les vieilles rues, le centre piétonnier. Le but de la balade : la Cathédrale pour voir in-situ les vitraux de Chagall. 

Vitrail dans la cathédrale

Et comme il faisait beau et chaud, nous avons terminé la balade à la terrasse d’un beau café.

 

The Power of my hands au Musée d’Art Moderne

Exposition temporaire jusqu’au 22 Août 2021 

Je ne pouvais pas rater cette exposition féministe et très originale.

Le cartel présentant les œuvres précise que ces créations sont faites directement à partir de la vie quotidienne et des activités domestiques. La Sphère privée s’étend à la créativité et à la politique.

In the power of my hands – Tapisserie faite avec des nattes de cheveux artificiels

En effet ces plasticiennes utilisent les textiles, la terre, et même les tresses de faux cheveux des coiffures africaines . Mais j’ai aussi été bluffée par la modernité de ces œuvres qui utilisent largement la photographie et la vidéo.

« Mombathiseni de Bullieweze Siwani – il faut entendre les vagues des vidéos
textile
Dyptique de Njideka akunyali Crosby

Les techniques utilisées sont souvent métissée, composites avec surimpression photographiques et très sophistiquées. l’artiste nigériane vit à Los Angeles,.

Ana Silva : broderies sur sac

Ana Silva, Angola, a brodé des  femmes en fines broderies sur de la toile à sac servant à emballer des vêtements de seconde main arrivant en Afrique : dénonciation de la surconsommation de l’industrie de la mode.

D’autres œuvres dénoncent les violences faites aux femmes, ou l’impossibilité de représenter le sexe féminin.

Reinata Sadimba : Femme en train d’accoucher

j’ai beaucoup aimé la vidéo de Wura Natasha Ogunju (USA/Nigéria) dont est tirée l’affiche de l’exposition : Will I still carry water when I am a dead woman? Des femmes au visage masqué mais à la tenue courte, short ou robe courte trainent des bidons dorés qui les entravent. Elles défilent  dans les rues d’une ville nigériane dans l’indifférence des passants.

Comme le titre en anglais l’indique, ces artistes viennent presque toutes de l’Afrique anglophone, Afrique du Sud, Nigéria, Zimbabwe sauf Angola. C’et une région de l’Afrique que je ne connais pas du tout et j’ai été très dépaysée.

Bilbao 2 : musée des Beaux Arts, Bermejo, Amable Arias

ESPAGNE ATLANTIQUE 2003

Bartolomé Bermejo :Retable de la Vierge de Montserrat

    Petit déj au café

     L’hôtel Ariaga qui occupe le premier étage d’un immeuble ne sert pas le petit déjeuner. La réceptionniste me conseille le Café Boulevard à quelques pas. Je commande un délicieux petit déjeuner jus d’orange frais, beignet à la crème anglaise, café au lait. Le cadre est fastueux : marbre, dorures, colonnes et miroirs. Des habitués lisent le journal, un jeune travaille sur un ordinateur portable. Cette formule me plaît bien.

Musée des Beaux Arts : Exposition Bermejo

bartolome_bermejo_virgen_de_la_leche

Tramway jusqu’au Musée Guggenheim, puis, nous traversons un chantier trouver le Musée des Beaux arts , construit au début du XXème siècle, rénové et précédé d’une façade de verre.

L’exposition, autour du peintre Bartholemeo Bermejo, fait le lien entre la peinture flamande et la peinture espagnole au début du XVIème siècle. Cela me rappelle que les Flandres étaient espagnoles au temps de Charles Quint. Bermejo vivait un peu avant cette époque, toutefois. La technique la peinture à l’huile vient donc de Flandres,  de Van Eyck. Les retables sont apparentés à ceux de Gand ou de Bruges. Mêmes trognes pittoresques à la limite de la caricature. Même souci du détail. Monstres qui pourraient être ceux de Bosch.

Cette peinture est bien gothique. La Renaissance italienne est toute proche : perspective qui use et abuse des sols carrelés et paysages en lointain.
Le plan de l’exposition épouse les étapes du périple de Bermejo qui a beaucoup voyagé : Valence, Aragon, Castille, Baléares, Catalogne … chaque fois, il est confronté aux œuvres des peintres locaux. Quelques fois le tableau est le fruit d’une collaboration. Des rencontres historiques sont peintes : celle avec saint Dominique et Ferdinand d’Aragon, seul vers 1470, puis avec Ferdinand et Isabelle de Castille réunis sur un seul tableau sous l’égide de la Vierge . Introduction idéale à l’histoire de l’Espagne !

Je compare ces tableaux avec les souvenirs récents de Chypre. Après tout, ces tableaux sont contemporains des fresques même si la technique est très différente et si l’inspiration byzantine est très éloignée.

Devant la peinture de Bermejo et de  ses contemporains, la pertinence des questions sur l’art qui m’ont interpellée hier, n’a pas de sens. Le sujet déborde du tableau. Il faut un regard multiple pour maîtriser le trop plein. Qu’est ce qui me fascine le plus ? L’Histoire Sainte, l’anecdote narrée par le peintre, la technique, le savoir faire de l’artiste ? Les influences picturales ? Ou les couleurs chatoyantes, les décors, les costumes ? Tellement de lectures sont possibles ! On ne se pose pas la question si c’est de l’art ou pas. Cette question n’était d’ailleurs pas d’actualité, on ne peignait pas alors pour faire de l’art ! Après la visite de cette exposition bien commentée, bien éclairée, didactique, nous avons moins de concentration pour admirer les collections permanentes.
Heureusement une prospective sur l’urbanisation de Bilbao fait diversion avec plans, maquettes, photos de chantier.

Collections permanentes

Les collections permanentes se vantent de posséder des Zurbaran, Goya, un Gauguin etc.…Goya me déçoit un peu : deux portraits et pas les meilleurs. Zurbaran m’avait frappée à Budapest. Les autres peintres sont moins connus, sûrement intéressants si je n’avais pas épuisé mes capacités de m’émerveiller plus tôt.

Exposition Amable Arias

Nous  passons, indifférentes, à l’étage des contemporains (encore !) et très critiques à l’exposition d’Amable Arias. : Dessins de l’invisible. La moitié de la salle est occupée par des « gribouillis-cra-cras » sur fond de café ou vagues lavis . Certains dessins retiennent mon regard pour leur humour : toute une série sur Sartre me fait sourire.

L’art donne de l’appétit !

Bilbao

Midi et demie : il est temps de s’aérer ! Nous aurions bien pique-niqué dans le parc du Musée mais nous n’avons rien emporté. Il faut explorer les ressources locales. Ce n’est pas évident dans ce quartier chic où les magasins de meubles, les agences de voyages et les restaurants hors de prix sont les seuls commerces.
Il me semble que vers la Gare nous pourrions trouver de la restauration rapide .En chemin, j’achète deux tomates et des bananes au cas où nous ne trouverions rien. Je survivrai toujours !
Nous arrivons sur la Gran Via Lopez de haro, belle artère piétonnière bordée d’immeubles cossus avec caryatides et atlantes, coupoles genre pâtisserie ressemblant à ceux de Vienne ou de Pecs. Encore des magasins de vêtements, le Corto Inglese, de belles librairies, une merveilleuse pâtisserie. Mais nous n’en sommes pas au dessert.
Près de la Gare, enfin ! Nous trouvons des sandwiches et même des  salades que nous mangeons  sur la promenade le long de la ria près du pont qui fait face au Théâtre  et à notre hôtel.

Arrivée à Bilbao : musée Guggenheim

ESPAGNE/ATLANTIQUE 2003

Bilbao : Centre-ville

De la salle du petit déjeuner, nous observons les allers et venues des tracteurs qui nettoient le sable de la plage de Saint-Jean-de-Luz. Est ce routine ou suite de la marée noire ? On monte les toiles des cabines de plage, à rayures rouges, bleues, vertes.
Nous quittons la France  par la nationale 10 jusqu’à Irun sous un fin crachin. Tout est vert ici, pas de mystère : il pleut souvent.

Entrée en Espagne

Dès l’entrée en Espagne les changements dans les constructions sont notables. Plus de villages fleuris et de grandes maisons basques, des immeubles de briques très hauts serrés les uns contre les autres. Le fond de la vallée est occupé par la voie ferrée et les usines. Les montagnes escarpées sont recouvertes de forêts. Nous ne trouvons pas la route touristique qui suit la côte et suivons une nationale encombrée de camions traversant des villes hideuses.

San Sébastian

San Sébastian qui ressemble à Nice ou à Cannes : beaux immeubles 1900, grandes avenues, des banques et des hôtels. Sans nous attarder, nous cherchons la route en corniche et trouvons une piste cimentée très étroite surplombant l’océan de très haut sur des montagnes sauvages. Des chevaux paissent sur une pente couverte de fougères. Les prés sont tellement escarpés qu’ils sont fauchés à la main. Les meules coniques construites sur une perche centrale ressemblent à celles que nous avons vues en Croatie ou en Slovénie.

Sur notre carte au 1/1 000 000° cette petite route ne figure pas. Nous rejoignons l’autoroute au premier village. Elle traverse des montagnes par de longs tunnels courbes et tourne tout le temps. Dominique doit s’accrocher au volant.

 Bilbao : Hôtel Ariaga

Midi : Bilbao. Après avoir traversé des quartiers modernes nous descendons vers la rivière Navion dans les quartiers historiques. La circulation automobile est infernale. Les nombreux autobus très longs ne facilitent pas le trafic.  Pour trouver un hôtel nous  suivons les quais bordés d’une jolie promenade . Les immeubles sont agrémentés de bow-windows en bois et de décors de colonnettes et de boiseries. L’Hôtel Ariaga possède un garage souterrain. Il est situé en plein centre, près du théâtre et de la Gare (très belle façade Art Nouveau en céramique). Le prix est raisonnable (65 € + 10€ pour le parking). Il est tenu par une famille qui règne sur les portes et le parking où l’on se rend accompagnées. Pas questions d’allers et venues en voiture ! Elle restera sagement enfermée jusqu’à notre départ ! Notre chambre est propre avec un parquet vernis des meubles en bois foncé, pas de décoration mais une belle salle de bains.

Musée Guggenheim

Bilbao : la Ria et le musée Guggenheim

Le tramway – une jolie rame double verte futuriste – nous y conduit directement. Le Musée Guggenheim est un temple de l’Art Contemporain. Le bâtiment est tout à fait impressionnant. Recouvert de titane, il brille sur une esplanade claire près de la ria. Son architecture compliquée toute en courbes évoque tantôt une fleur aux pétales entrouverts, tantôt un navire aux multiples coques emboîtées, parfois un oiseau, selon la perspective. Des colonnes rondes, des statues bizarres – une araignée métallique, un chien d’une dizaine de mètre de haut couvert d’un pelage de fleurs formant des taches colorées.

Un pont routier, haut de 60 m, enjambe la rivière. Un escalier monumental en calcaire blond nous mène à l’entrée du Musée. Tout cela forme un ensemble complexe.

Bilbao Musée Guggenheim vue d’ensemble

A l’intérieur, le verre donne une impression de légèreté et de lumière. Cathédrale de l’esthétique, on admire la prouesse du design plus que ce qui est exposé. Une salle toute en longueur à éclairage tamisé, sorte de crypte, contient trois sculptures monumentales : l’une d’elles  est un cercle pavé de dalles d’ardoises irrégulières, une autre est un serpent  formé de quatre tôles ondulant, la dernière, trois igloos de verre, fagots et toile plastique.

Très belle salle mais où sont les œuvres?


Où je me questionne sur l’Art Contemporain

Chien de Koons

Impression de vacuité, vide de sens, recherche de l’esthétique pure ou bluff ?

Cette énorme installation résume la création contemporaine : une bulle vide, abstraite, pourtant impressionnante. La beauté devient acte de foi. Il faut croire que c’est beau, plutôt que de chercher à comprendre. Et si notre crédulité  était seulement exploitée par les marchands de l’Art qui vendent hors de prix le kitsch ou pire, le rien ? Le contenant, l’emballage, plus important que le contenu ?

Deux expositions temporaires :  Calder parfaitement adapté à ce lieu, et la Collection Broad présentant des plasticiens très connus : Liechtenstein, Andy Warhol, Basquiat, Baldessari Schnabel.  Beaucoup de « déchets » : « grabouillages » me laissent complètement indifférente. Les Marylin répétitives de Warhol m’ennuient. Certains Liechtensteinpop art- me séduisent.

Toute une section du Musée est consacrée à l’interrogation  « qu’est ce que le bon goût ? ». Provocation gratuite : un chaton en plastique sort d’une chaussette en plastique encadré par deux marguerites en plastique, tout cela dans des couleurs primaires des jouets de bébés. Ce deuxième degré du kitsch me paraît facile, complaisant. La matière, volontairement vulgaire, est laide. En revanche, les séries de Baldessari, sortes de collages, montages de photos découpées et repeintes, sont plus intéressantes. La salle des années 80 montre des œuvres plus abouties : immenses toiles agglomérant des assiettes de Schnabel. Il me semble que le stade de la provocation toute pure est dépassé et que les plasticiens recherchent à nouveau à donner du sens et des images dans leurs œuvres (?). Plus d’intérêt de ma part, mais pas vraiment de jubilation. Où est le plaisir ? J’en éprouve, sans me poser de question, devant un Matisse ou un Picasso. Cette visite nous rappelle Vienne et le musée où nous avions découvert Hundertwasser. le bâtiment était moins impressionnant mais nous avions fait une rencontre . L’importance de l’artiste apparaissait comme une évidence.  On pense au Futuroscope : belle technologie au service de quoi ? De Maunoury ? Enveloppe creuse ? Toutes proportions gardées cependant. Le Futuroscope n’a pas l’ampleur du Guggenheim.

Retour à pied le long de la rivière : agréable promenade ensoleillée. Nous terminons dans les petites rues de la Vieille ville : magasins de fringues (ce sont les soldes), foule et musique de rue.

 

Victor Brauner : « Je suis le rêve. Je suis l’inspiration. »

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSEE D’ART MODERNE DE PARIS

du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021

Cérémonie (1947)

Victor Brauner est né en 1903 à Piatra Neamt (Moldavie) pendant sa jeunesse roumaine 1920 -1925 à Bucarest il invente la picto-peinture avec Ilarie Voronca et subit l’infleunce de Cézanne mais aussi des cubistes 

Brauner Portrait de Mme R.B.

Il arrive à Paris en 1925 où il fréquente entre autres Chagall et Delaunay. Il retourne à Bucarest où il expose puis reviendra à Paris en 1930 où il rencontre Brancusi, Giacometti et surtout André Breton et les Surréalistes. L’aventure surréaliste se poursuivra jusqu’en 1948 où il sera exclu du groupe .

Brauner dessin

L’exposition du MAM consacre une salle aux dessins de l’époque. Brauner dessine depuis l’enfance. Son tracé est très sûr et la technique éblouissante. Il se laisse entrainer par un dessin automatique analogue à la démarche des surréalistes.

Brauner : l’Etrange cas de Monsieur K 1934

On retrouve ce graphisme dans un tableau noir très étrange que j’ai bien aimé

Brauner : Débris d’une Construction d’Utilité

Dans les années 30 il adhère au parti Communiste clandestin et on peut imaginer une dimension politique dans la critique du fascisme

Brauner 1935 : Hindenburg

peut on imaginer une dimension politique dans la création de Monsieur K , une sorte d’Ubu dont il donne de multiples images

Monsieur K
Etrange cas de Monsieur K la morphologie de l’homme

Certains tableaux font penser à de Chirico ou Dali

Brauner : La ville qui rêve

Autour de 1937, en tant que Juif et Communiste, Brauner se sent menacé et quitte la Roumanie pour Paris qu’il devra fuir dans l’attente d’un visa américain qui ne viendra pas. Brauner passera donc la guerre dans la clandestinité caché d’abord dans le midi puis dans les Hautes Alpes.

Une section de l’exposition est consacrée à ces années : Les Frontières Noires de la Guerre. Toute une série de tableaux sont sombres, peints avec les matériaux que le peintre trouve sur place : brou de noix, cire  qu’il incise

Mais c’est aussi pendant les années de guerre qu’il sculpte le Congloméros sculpture anthropoïde, deux hommes et une femme mêlés, chimère hermaphrodite et désarticulée

Congloméros(plâtre) et la Palladiste(tableau)

En une nuit,  Brauner dessine 50 dessins, esquisses préparatoires au Congloméros. En plus du Congloméros il invente d’autres chimères .

Tôt-in-Tôt la Grande Métamorphose

Après la guerre ses oeuvres sont plus colorées plus fantaisiste, mythologique. On dirait qu’il emprunte aux mythes égyptiens, azthèques ou africains motifs et couleurs.

Rencontre avec 4 chats du Monde

 

Brauner

Vers la fin de sa vie il combine sculpture et peinture en concevant de cadres très décoratifs. Des documents audiovisuels permettent d’entendre le peintre parler avec beaucoup d’humour de son oeuvre.

Le Rêveur de la Forêt – Musée Zadkine

Exposition temporaire jusqu’au 23 février 2020

A l’entrée du Musée Zadkine

Le Musée Zadkine est au 100 de la Rue d’Assas juste en face de la Faculté de Pharmacie, en haut du Luxembourg. Il est bien caché sur une placette ombragée dans une maison basse  et un atelier au  fond du jardin arboré orné de sculptures en bronze.

Zadkine

L’exposition Le Rêveur de la Forêt est mêlée aux collections permanentes et s’y intègrent parfaitement. Les œuvres dialoguent. On entre d’abord en lisière de la forêt avec les très beaux vendangeurs de Zadkine qui sont en compagnie d’un beau tableau d’une forêt automnale

Natalia Gontcharova

De Natalia Gontcharova et d’un curieux tableau de Dubuffet où des couches de terre encroûtent la toile.

Dubuffet

On reconnaît facilement la forêt de Giacometti

Giacometti

La seconde salle est appelée Genèse – création ou matrice du vivant – colorée par le tableau fleuri de Séraphine de Senlis

Séraphine de Senlis

Forêt naïve du Douanier Rousseau ? Non, c’est l’étrange Conglomeros créature étrange de Victor Brauner dans le décor qui rappelle que Victor Brauner a succédé au Douanier Rousseau dans le même atelier, hommage au maître.

Victor Brauner : Conglomeros – la rencontre du 2 rue Perret

Un autre être hybride lui répond : l’Hermaphrodite de Zadkine

Zadkine : Hermaphrodite

Les nuages  blancs de Jean Arp ont pour titre chapeau-forêt . Mais Arp précise « nous ne voulons pas copier la nature…ces sculptures devfraient rester anonymes comme les arbres de la forêt ». 

Jean Arp

En compagnie de deux sculptures sur pierre, une Tête héroïque en granite qu’un glacier a laissé près de Vitebsk, et de Sisyphe gravé je découvre les créations d’Hichem Berrada, créatures aléatoires nées dans des aquariums à la cire perdue ou de cristallisations. je les ai rencontrées au Louvre-Lens, à Pontoise et dans le Parc du Château de Versailles et jamais elles n’ont été si bien à leur place!

Hichem Berrada : Keromancie

je suis fascinée par les étranges photographies de Pascale Gadon-Gonzalez, superpositions de microphotographies et jeu d’échelles, je me crois dans une forêt de pin un peu fantastique.

Germaine Richier : chauve-souris

J’aurais aussi pu citer Pennone et ses lentilles -miroirs, l’arbre foudroyé d’André Masson. Sans oublier les sons captés par Ariane Michel….

Pour arriver au Bois sacré/Bois dormant, dans l’atelier il faut traverser le jardin. Dans ce Bois sacré, j’ai surtout retenu les grandes figures mythologiques de Zadkine : Prométhée, Daphnée. Mais d’autres grands de la sculptures les accompagnent.

Zadkine : Daphnée

Je pourrais ajouter toutes les photos des bronzes que j’ai prises dans le jardin….

 

 

Bacon en toutes lettres – Centre Pompidou.

Exposition temporaire jusqu’au 20 janvier 2020

Study of Red Pope 1962

Infos pratiques : Attention!

  Le parvis est en travaux, il vaut mieux avoir fait sa réservation, on m’a refoulée à la première tentative. Même munie d’un ticket avec un  horaire précis, je suis arrivée 40 minutes avant l’heure dite et je suis entrée pile à l’heure après des queues. 

Autoportrait 1976

Suite des infos pratiques : 

A la place de l’audioguide, il y a des podcasts, ne faites pas comme moi des photos avec le smartphone parce que c’est galère de passer d’une fonction à l’autre sur le téléphone qui n’est pas si intelligent que cela! 

Magistral, tragique, théâtral Bacon!

In the memory of George Dyer 1971

Bacon en toutes lettres s’affiche comme une exposition littéraire, mise en scène autour de six œuvres, ou plutôt de six pages, lues dans la pénombre de cellules nues en deux langues, anglais et français, les tableaux sont mis en scène vis à vis selon une disposition qui se répète : un triptyque en face duquel on a aimablement installé un banc pour qu’on puisse écouter commodément le podcast et de grands tableaux sur les murs perpendiculaires. Bacon se défend d’illustrer le texte, ce dernier lui suggère des images.  Le  peintre se laisse porter par son inspiration. Aucune anecdote précise n’est dessinée.

Eschyle, Nietzsche, Eliot, Conrad, Leiris et Bataille!

Avec l’Orestie d’Eschyle, les Erynies peut être?

Les six textes sont tragiques, violents, évoquant le sang et l’horreur!

Permanence d’une grand théâtralité, d’abord l‘Orestie est lue, mais aussi évoquée dans le texte d’Eliot »La Terre vaine » comme dans celui de Nietzsche qui traite des deux Dieux, Apollon et Dionysos, et de la transe dionysiaque qui semble si bien surgir de ces tableaux.

Même quand le cadre est moins tragique, moins sanglant comme ces couples de part et d’autre d’un cadre bleu, plus serein(???) la mise en scène au cordeau est visible. Mise en scène toujours!

Que dire du traitement que l’artiste impose aux corps distordus, aux visages écrasés qui semblent crier, aux muscles hypertrophiés

Faire d’une situation banale une scène de théâtre comme cet homme assis sur les WC ou au contraire introduire la mythologie comme cette rencontre d’un athlète avec le sphinx:

Rencontre avec le sphinx

Leiris (et Picasso) lui suggèrent la corrida. Quoi de plus spectaculaire que cette arène et le taureau?

Pour en finir avec Bataille et l’Abattoir 

Très intéressants  interviews filmés, Bacon raconte ses inspirations, et curieusement il n’est pas question de théâtre, peu de peinture (sauf Picasso) mais surtout de cinéma, de Bunuel et Eisenstein. Et ces références cinématographique éclaire d’un jour nouveau ces visages déformés, les personnages terriblement expressif crient!

Nous les arbres – Fondation Cartier

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 5 janvier 2020

Luiz Zerbini

Les expositions de la Fondation Cartier sont chaque fois un enchantement, un dépaysement et une découverte de l‘art contemporain. Nous les arbres s’intègre tout à fait naturellement dans le jardin derrière la verrière du magnifique bâtiment de Jean Nouvel. On peut même poursuivre le parcours dehors.

Zerbini : table-herbier (détail)

Dans chaque salle, une installation, une thématique. J’ai préféré la salle du rez de chaussée investie par Luiz Zerbini, un artiste brésilien que j’avais déjà remarqué à la Fondation Cartier dans l’exposition Géométrie du Sud du Mexiqueà la Terre de Feu.… L’élément central est un vrai ficus entouré d’étagères colorées formant une « table herbier » présentant aussi bien des fruits secs que des coquillages ou des racines séchées. entourant l’arbre, des tableaux de très grand format, très colorés sont à la gloire des végétaux.

Luiz Zerbini

Suspendues le long des vitres, des feuilles monotypes avec impressions directes , et surimpressions de feuilles, tiges, branches, graines… d’une extrême finesse.

Deux murs sont occupés par des gravures et dessins d’artistes Yanomanis du Brésil décrivant une forêt-monde peuplée d’animaux  .

arbre avec un toucan

En face des artistes du Paraguay Nivaclé et Guarani racontent un monde dont ils sont chassés par la déforestation, ils racontent la pêche et la chasse avec une précision et un talent remarquable

Dans l’autre salle du rez de chaussée, peu d’exotisme. Les arbres nous sont familiers.  La première partie est investie par Fabrice Hyber avec de grands tableaux relatant ce qui me semble être des expériences botaniques ou agronomiques. Un film de Raymond Depardon et Claudine Nougaret  sur un grand écran célèbre un platane, un noyer, un magnolia, un cèdre, un arbousier….racontés par des personnes très variées qui ont noué une relation toute personnelle avec ces arbres. Nous prenons notre temps à écouter, regarder. Documentaire très contemplatif!

Au sous-sol, on retrouve la forêt amazonienne et la déforestation

et l’on se promène aussi dans l’imaginaire très décoratif d’un plasticien iranien. Puis dans la réalité scientifique d’un savant italien.

Pour terminer par un film très zen de Paz Encinna (réalisatrice paraguayenne), filmé parfois au ras de l’écorce, parfois dans le flou des branches de la canopée qui se balancent. Une petite fille se confie, « approche-toi de l’arbre » comme un refrain dans ses confidences sur ses émerveillements, la tendresse de sa mère, ses découvertes…Il ne se passe rien mais on est envoûté.