Aux Origines, Défaire le Racisme – Palais de la Porte Dorée

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Roméo Mivekannin La Vénus Hottentote 2020 (série Barnum)

COMMENT LE RACISME ET LES DISCRIMINATIONS S’INSCRIVENT-ILS DANS LES SOCIETES CONTEMPORAINES?

COMMENT FAIRE MONDE COMMUN SANS EFFACER LES DIFFERENCES?

L’Exposition Aux Origines tente de répondre à ces deux questions en montrant comment Esclavage et Colonisation ont produit des images, des récits, des catégories, des hierarchies et comment défaire cet ordre du regard n’est pas effacer le passé ou accuser le présent. 

William Adjeté Wilson Toussaint Louverture et le Révolution Haïtienne

Cette exposition est très ambitieuse puisqu’elle intègre le projet de recherche DETERRED qui étude les mécanismes de discrimination auprès de jeunes de 18 à 35 ans, dans l’éducation, la recherche d’emploi et de logement. Ce projet, très louable, avec beaucoup de panneaux à lire, de vidéos m’a semblé plus difficile à appréhender et j’ai zappé le compte-rendu pour me concentrer sur les oeuvres d’art plastique, difficile aussi de raconter les vidéos que j’ai regardées avec attention. 

Le visiteur entre dans l’exposition, interpellé par le très grand tableau de Roméo Mivekannin : La Venus Hottentote : 3 portraits en pied de Saatjie Baartmann qui fut exhibée à travers l’Europe sans aucun égard pour sa dignité. Portraits? pas vraiment, puisque le peintre a substitué sa tête à la tête de la femme et il regarde le regardeur avec défi. Roméo Mikevennin qui traville entre la France et le Bénin a revisité des tableaux classiques comme Le Radeau de la Méduse. Il nous retourne son regard d’Africain sur des images  habituelles. 

William Adjeté Wilson : Les Négriers et la traite des esclaves

William Adjeté Wilson , également béninois montre Toussaint Louverture portant un drapeau vaudou. 

Rayan Yasmineh : Le Calife (2023)

Rayan Yasmineh, né à Paris mais de mère Libanaise et père Palestinien nous conduit à Bagdad et confronte la chute de la ville sous les mongols et l’invasion américaine en 2003. Le fond en tissus de camouflage militaire est traversé par les personnages de miniatures orientales. 

Malgorzata Mirga (Pologne) Out of Egypt 2021

En face le magnifique panneau textile raconte l’errance des Roms, patchwork et broderies à partir de tissus de la communauté  et rappelle l’origine (mythique??) des gitans d’Egypte. Lila Loisse (Bruxelles) présente une installation sonore retrçant l’errance des Roms. Le petit tableau de Ceija Stijka,  survivante des camps nazis montre les Allemands face aux roulottes . On retrouve les roulottes dans le tableau Caravanes sous deux cyprés, inspiré de Van Gogh mais traversé par une série de roulottes blanches. 

les soeurs Chevalme : Mama Whita à la française

Dans un registre très différent, l’amusante installation des Soeurs Chevalme montre un intérieur raffiné aux motifs de Toile de Jouy, vaisselle porcelaine. Curieux mortier et pilon décorés des mêmes motif. Il faut s’arrêter un moment et découvrir parmi les motifs des militaires en uniforme ,armés, et des barbelés.

Kara Walker (2005): Harper’s pictorial History of Civil War

Kara Walker – plasticienne américaine – raconte à sa façon la Guerre de Sécession utilisant les gravures du Harper’s pictorial History of civil War, publié en 1866 et en ajoutant des personnages qui détournent le récit originel. l’installation de 15 grandes gravures est tout à fait impressionnante. 

Bouba Touré

Bouba Touré filme son appartement, colle des affiches illustrant « Aimer, Lutter, Vivre » avec des personnages célèbres comme Nelson Mandela, Obama, Allende, Jean Rouch,des femmes d’un village au Mali. On l’entend célébrer ces luttes et aussi les luttes des femmes anonymes. 

La suite de l’exposition montre de très belles photos, des vidéos et même un extrait d’Atys dansé filmé par Cogitore (mais pas dans la version de l’Opéra Bastille). Difficile pour moi de tout décrire. 

 

Cabane-bibliothèque d’Hamadine Kane

Pour conclure cette exposition , j’ai beaucoup aimé la Cabane-bibliothèque orné de portraits au fusain d’écrivains, d’affiches, de couvertures de livres où j’ai retrouvé Ousmane Sembene,Jean Genet, Edouard glissant, Chester Himes. les livres sont posés en paquets ficelés, un tabouret suggère qu’on peut s’asseoir lire. Hamadine Kane est maurétganien-sénégalais, plasticien et réalisateur. 

Je sors étonnée de toutes ces rencontres avec des artistes reconnus, exposés dans de grands musées comme le Louvre-Lens, dont je n’avais jamais entendu parler. Mettre en lumière ces artistes est aussi le rôle de Aux Origines pour décaler notre regard.

Shin Sung Hy – Coller, Couturer, Nouer – au Musée Cernuschi

Exposition temporaire jusqu’au 2 Août 2026

La Corée est à l’honneur cette année après deux expositions à Guimet. Si Shin Sung Hy est un plasticien coréen, né en Corée (1948), il s’est installé en France dès 1980 et s’est beaucoup inspiré de Supports/Surfaces des années 1969-1971. Sa démarche est la mise en question de la peinture, par déconstruction, trompe-l’oeil et collages. La peinture devient son propre objet. Cela m’a fait aussi penser à l’exposition de Morellet visitée ce printemps à Pompidou-Metz.

Cette déconstruction commence avec des tableaux de jute. Une toile de jute est peinte à l’endroit en représentant l’envers = le chassis, une autre présente des rangées de petits points colorés, ce qui ne m’a pas spécialement passionnée.

collages sur plexiglas (1984)

Une autre déconstruction consiste à peindre à l’acrylique sur du carton et déchirer de petits fragments et les recoller sur un autre support, autre carton ou plexiglas. Les collages sur pléxiglas ont de l’allure avec l’ombre portée à l’arrière et forment un ensemble assez séduisant. 

Beaucoup moins séduisants : des bandelettes collées à une moitié de chassis, ou même un T-shirt peinturé suspendu qui devient lui-m^me toile.

la salle suivante est nommée Retour à la peinture, des couleurs gaies : rose orange, rouge sur un fond clair , pas plus convainquant à mon avis.

Couturages (début des années 90)

La démarche suivante est de découper des bandelettes et de les piquer à la machine sur du caraton afin de réaliser des tableaux avec des rayures en relief.

Autoportrait

les Autoportraits m’ont bien plu : au centre, un miroir est entouré par des bandelettes nouées en relief, des pinceaux complètent l’autoportrait du peintre

peinture Spatiale : nouages

j’ai bien aimé les nouages de bandelettes peintes de 1 à 2 cm formant des réseaux en relief

Nouage vu de près

Comme cette exposition n’occupe que 3 salles assez petites, j’ai poursuivi ma visite de Cernuschi par les collections permanentes qui m’enchantent toujours. Les personnages d’argiles, comme des tanagras figurent des cavaliers, des musiciens (musiciennes), des figures du calendrier chinois ou des soldats ou ouvriers et même des maquettes de maisons.

Hâm Nghi : autoportrait

Deux expositions temporaires sont appelées l‘Eté Vietnamien avec des brûle-parfums métalliques de très belle facture. Une salle est consacrée à l’empereur en exil Hâm Nghi(1871 Hué – 1944 Alger); emperreur fugitif  traqué par les militaires français (1885) porte drapeau de la résistance anti-coloniale puis exilé à 18 ans à Alger .Il se réfugie alors dans l’étude  et la peinture qu’il a pratiqué pendant  ans. De beaux pastels sont exposés mais sous verre avec des reflets bien gênants pour les photographier. 

Leandro Erlich au Grand Palais – Croyez-vous ce que vous voyez?

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

Leandro Erlich né en 1973 à Buenos Aires est un artiste contemporain argentin. Il a représenté l’Argentine en 2001 à la Biennale de Venise avec La Piscine, et exposé diverses installations aussi bien au Japon, au Brésil, à Paris….Le Grand Palais lui consacre une rétrospective. 

LORSQUE LE FAUX EST PRIS POUR LE VRAI

LE VRAI DEVIENT FAUX

Cao Xuequin 1791

L’affiche utilise l’installation ci-dessus intrigante. Qu’allons-nous trouver?

Port of reflexion

Des couloirs noirs, murs  noirs. Seulement une flèche à suivre dans l’obscurité conduisent à un port. On entend le clapotis de l’eau, on voit les reflets, mais on est saisi d’un doute. A-t-on vraiment construit un port avec un bassin au premier étage du Grand Palais?  Toute l’oeuvre de Leandro Erlich est construite sur le doute du spectateur. Il y a sûrement un truc, mais lequel?

Infinite staircase

Comme la surprise du visiteur fait partie du plaisir de la visite, je me garderai bien d’analyser chaque installation, de déflorer le mystère . Leandro Erlich a une formation d’architecte et prépare chaque installation avec des maquette. La plus grande salle de l’exposition du Grand Palais présente ces maquettes. Elles sont particulièrement jolies et font le bonheur des enfants. Surtout emmenez les enfants avec vous. Ceux qui étaient présents etaient ravis et surtout s’intéressaient beaucoup à tous les détails.

la maison fond (2015)

L’espace est un doute, j’ai sans cesse besoin de le marquer

Georges Perec  1974

 

Mais je n’en dis pas plus. Allez au Grand Palais!

 

 

Noa Eshkol au MAHJ – Danse et Compositions

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

very orange tree 1992

Noa Eshkol est née au kibboutz Degania en 1924 – Holon 2007.

Affiche Chamber Danse group

Danseuse, chorégraphe, elle fonde en 1954 le Chamber Dance Quartet avec des compositions dansées sans musiques rythmées seulement par una métronome. Une vidéo captée à Holon 1960 est projetée dans la salle d’entrée. Le tic-tac du métronome, la danse accueillent le visiteur entre des tentures suspendues ou plaquées au mur

A big kolo

La tenture, A big Kolo représente une danse, une danse balkanique qui se danse en rond comme la Hora.

ECRIRE LE MOUVEMENT

mouvement complexe bras jambe

Avec Wachman, Noa Eshkol met au point un système de notation chorégraphique très précis selon les segments du corps avec des sphères

Par delà l’aspect décoratif, très esthétique, un autre intérêt de l’exposition se trouve dans la projection de Décade , comémoration du Soulèvement du Ghetto de Varsovie au Kibboutz Lohamei Ha Getaot, spectacle dansé en extérieur devant l’aqueduc romain.

Cette chorégraphie a inspiré Yael Bartana pour son film The Undertaker (2019) projeté au milieu de l’exposition.Cette installation sonore de 13 minutes montre une cérémonie, une sorte de procession dansée à Philadelphie, manifestation avec une banderole « Bury your weapons not our bodies » spectacle très impressionnant qui se termine dans le cimetière sous la surveillance de personnages costumés à l’époque de la guerre d’Indépendance. CLIC

1973 Guerre de Kippour : « il n’est plus temps de danser »

Yom Kippur (mourning) 1983

La chorégraphe arrête la danse et commence une nouvelle création textile. De nombreuses tapisseries font référence au deuil comme Yom Kippur in memoriam of DanSapir ou Skud- the Gulf war (homage to Moshe Kupferman)

Skud – La Guerre du Golfe – Homage to Moshe Kupferman

Mais toutes les teintures ne sont pas si violentes ou si tristes. Souvent elles évoquent des paysages, la mer ou des collines

la mer de la Reine de Saba

Dans ces patch-word ou quilt Noa Eshkol se tissent des symboles :

En hébreu, les verbes coudre (tefira) et guérir(terufa) partagent une racine commune. Ainsi on peut interpréter la production de ces carpets cousus comme un acte de résilience…

Les seules règles que je mesuis imposées : ne pas acheter de tissu, n’utiliser que des chutes, des chiffons ou des vêtemnts usagés qui me tombent plus ou moins par hasard entre les mains. je m’impose aussi de ne pas couper le tissu, mais uniquement de découdre des pièces cousues

Et pour revenir à la danse ce magnifique paon, motif aussi de chorégraphie

peacock

Brion Gysin – Le dernier musée -au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Exposition temporaire jusqu’au 12 juillet 2026

Louis Jammes Portrait de Brion Gysin

Né à Londres en 1916 d’origine canadienne, il revient à Londres à 16 ans. En 1934 s’inscrit à la Sorbonne et fréquente les milieux de Montparnasse et les surréalistes. Invité à exposer en  1935 avec les surréalistes.

Dessin surréaliste 1935

Sa période parisienne et surréaliste est sous le thème du rêve « REVER »: sont présentés des dessins de petites toiles, des décalcomanies, des estampes et des textes sur les champignons et aventures hallucinogène (mescaline, psilocybine). Deux encres de Victor Hugo figurent ici.

De 1940 à 1943, Brion Gysin s’installe à New York où il fréquente les milieux underground noirs et Broadway. En 1944, il est appelé sous les drapeaux et affecté à une unité d’espionnage où il découvre le Japonais et la calligraphie japonaise.

marrakech : marché des bicyclettes

VOYAGER

1950 il découvre le Maroc, sillonne le pays, s’installe à Tanger y ouvrira un restaurant. Toute une salle montre cette aventure marocaine, on y éntend la musique Jajouka. De grandes toiles colorées représentent le désert mais j’ai préféré les petits formats, aquarelles aux dessins très précis

After Midnight in Marrrakech

Un peu dans la même veine, j’ai aimé les fenêtres du Palais de Peggy Guggenheim à Venise

My window at Peggy Guggenheim’s palace

PERMUTER/ECRIRE/DESSINER

Calligraffiti on fire (1985)

 

La salle suivante est très colorée.Le très grand Calligraffiti (16 m) occupe tout un mur, les cimaises qui lui font face sont occupée par des tableaux abstaits  très colorés, flashy, avec des motifs récurrents, Cette salle correspond à sa technique de cut-ups: à l’aide d’un cutter (exposé dans une vitrine) l’artiste découpe un texte et le réarrange aléatoirement. Le cut-off peut concerner un texte littéraire comme un motif pictural. Je me suis un peu embêtée dans cette section. Seul un tableau m’a attirée : Rustique olivette à la Ciotat

Rustique Olivette à la Ciotat (1959)

A la Ciotat, Brion Gysin a rencontré Chester Himes, Paul Celan, Schwarz-Bart. Il y était question de peinture mais aussi de littérature, de poésie. D’ailleurs l’activité littéraire de Brion Gysin est aussi documentée. En particulier avec Burroughs qui pratique aussi le cut-up

Brion Gysin et William S Burroughs (1985)

En revanche j’ai bien aimé les calligraphies surtout quand il surimprime calligraphie arabe et texte japonais.

Cuts d’écriture arabe collés sur une page d’écriture japonaise

Un dessin très émouvant est celui de l’hommage de Keith Haring à Brion Gysin

Hommage de Keith Haring
FOR MY TEACHER
LOVE ALWAYS
LOVE ALL WAYS
LOVE WAYS ALL

La Dreamachine est un procédé de projection de la lumière à travers un cylindre qui tourne. 

Dreeamachine (à plat)

LE DERNIER MUSEE

Beaubourg 1975

Dernière partie de l’exposition éponyme. Le Dernier musée est le titre d’un livre de Brion Gyson CLIC

Le dernier musée
Beaeubourg

C’est aussi le titre d’une série de 10 clichés pris lors de la construction du Centre Pompidou. En 1973 Brion Gysin s’installe 135 rue Saint Martin en face du chantier de ce qui allait devenir le Centre Beaubourg. Il dessine, photographie la structure en exosquelette qui le fascine.

Je ne connaissais ni le plasticien, ni le poète, ni ses amis de la Beat-Generation bien que les noms me soient familiers et cette découverte est une bonne surprise. Dépêchez vous d’aller au Musée d’Art Moderne, l’exposition ferme ses portes à la fin de la semaine prochaine!

Henry Taylor – Where Thoughts Provoke – au Musée Picasso

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

Triptyque réalisé pour la Biennale de Venise 2019 Toussaint Louverture/Remember the Revolution#1 Glenn Ligon/ funérailles de Carole Robertson Alabama 1963

Henry Taylor est né en 1958 en Californie. L’exposition du Musée Picasso est une rétrospecfive présentant les différents aspects de l’oeuvre du plasticien; retracçant le cheminement de l’artiste qui fut soignant en psychiatrie dans les années 70-80, puis entreprit des études de journalisme en 1981,  s 1993-1996. Sa première exposition à New York en 2005. 

Screaming head

J’imagine, en regardant cette tête hurlante, la douleur d’un patient que Taylor a rencontré. Un cartel explique que ses patients « faisaient partie des plus belles personnes au monde »

Neighborhood Council

« The weight of ordinary » : le plasticien s’empare d’objets : boites, caisses, meubles qu’il repeint et assemble. « Comme une jungle » (2010) est constitué d’assemblages de bidons qui évoquent la sculpture de Louise Nevelson, que j’ai vu récemment à Pompidou-Metz. Les bidons font aussi penser à des masques africains, à des visages. 

The 4th July – Barbecue pour la fête nationale américaine. j’ai laissé exprès la passante pour donner l’échelle de ce très grand tableau

 

Henry Taylor se décrit lui-même comme « chasseur-cueilleur d’images » il peint une chronique sociale des américains de la marge, des laissés pour compte. Une salle du musée a pour titre « Témoins » une autre « Icones » où figurent des sportifs, et curieusement, on croit reconnaître Martin Luther King  qui joue au ballon. 

jacky Robinson premier joueur noir à intégrer une Ligue de Baseball en 1947 ouvrant la voie à de nombreux joueurs noirs

Son récit inclue aussi la mémoire collective de la Grande Dépression, les communautés rurales

mary had a little lamb (on ne voit aucun agneau dans le tableau)

Taylor est attentif aux marginaux comme le Haïtien qui lave le parebrise au feu qu’il peint de sa voiture

Haitian worker

ou aux vétérans du Vietnam

My brother Gene, the tunnel rat

Taylor rend visible les inégalités, les violences, les discriminations. Dans Trail 2005, il évoque l’activiste George Jackson, emprisonné par son numéro de matricule, il représente un policier et je reconnais le portrait de Bob Dylan qui lui a consacré une chanson

Trail 2005

Autre tableau très violent

TheTimes  they aint changing fast enough (2017)Philando Casti le mortellement touché lors d’un contrôle routier allongé sur la banquette de la voiture avec le pistolet meurtrier encore braqué sur lui.

Si on rapproche les deux tableaux, on pense clairement à la chanson de Dylan The Times are a’changing

Chroniqueur de la vie américaine, Taylor revisite aussi les tableaux de la peinture comme le Déjeuner sur l’herbe ou les Demoiselles d’Avignon

From Congo to capital and black again

C’est une belle découverte que cette peinture afro-américaine qui s’affiche en ce moment à Paris avec Mickelene Thomas image glamour, féminine/féministe. 

Dimanche sans fin – Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou – Metz

ESCAPADE A METZ

Exposition temporaire jusqu’au 02.02.2027

Henry Moore et Henri Laurens – sculpture sur la terrasse

Un dimanche sans fin convoque l’idée d’un temps étiré, d’un allongement tantôt joyeux tel une flânerie, tantôt plus sombre à l’image d’une errance. Un dimanche sans fin c’est aussi le travail sans relâche, l’emprisonnement de la pensée, ou, au contraire l’oisiveté. un  dimanche sans fin c’est une journée au musée….

Le nom de Maurizio Cattelan et sa banane provocatrice sur l’affiche, est, pour moi, un repoussoir, symbole, de l’art contemporain snob et chic, pompe à fric du marché de l’art. Je suis venue à Metz pour Louise Nevelson, en prime j’ai trouvé Morellet, je n’avais même pas envie de rentrer dans la section au nom de Cattelan. 

portraits

Et j’aurais eu bien tort parce que de très belles oeuvres de la collection sont données à voir. Maurizio Cattelan, en commissaire d’exposition, met en scène des chefs d’oeuvres sur la trame d’un abécédaire dont il a rédigé des cartels, des invitations à penser, rêver. Et c’est très bien fait. Il confronte ses oeuvres à celles de tous les artistes du XXème siècle. 

Kasimir Malevitch Sensation de danger

Surprenant Malevitch figuratif. Toute une salle Delaunay avec le Bal Bullier.

Est-ce un dinosaure?

De Cattelan, on peut sauver le guitariste dans la bouteille, comme les voiliers en bouteille. mais on ne peut pas le comparer à la petite fille de Picasso

Picasso – fillette sautant à la corde

Dans la série des sculptures que j’aime, Victor Brauner que j’imaginais comme peintre. Pour les peintres, arbitrairement j’ai choisi Arp

Arp

Et ce jeu d’échec de Viera da Silva

Viera da Silva

Cette exposition est un véritable plaisir des yeux, les oeuvres éclectiques, l’ordre surprenant. J’aurais eu bien tort d’éliminer la banane, si insignifiante! Et pour terminer ce bois de rêve!

Bois de rêve

Louise Nevelson.mrs N’s Palace au Centre Pompidou Metz

ESCAPADE A METZ

The Royal Tides : An american Tribute to the British Peaple (1960-1964)

Exposition temporaire jusqu’au 31/08/26

Louise Nevelson (1899, Ukraine -1988),

« l’exposition rend hommage à une artise d’avant-garde de l’installation ainsi qu’à sa pratique de la sculpture monumentale quasiment théatrale. Son rapport avec la danse sont mis à jour dans l’exposition. « 

Shadow and reflexion Silent music II hommage à John Cage

La visite de l’exposition est une promenade dans des univers étranges où des sculptures de très grande envergure dialoguent avec des statures ou des gravures. Chaque salle a pour nom Moon Garden ou Magic Garden, Bagage de lune, Tropical Rain Forest… Malgré ces noms évocateurs de verdure, les objets sont souvent noirs ou gris très foncé. Seule une installation est blanche Dawn’s Wedding Feast

Dawn’s wedding Feast

Le plus souvent la matière est le bois : récupération, recyclage de vieux meubles ou pièces taillées, tournées exprès pour l’oeuvre. L’installation est accompagnée de projection de danse contemporaine ou eurythmics. Fluidité des danseurs contrastant avec les sculptures dansantes

Dancing figures

Certaines sculptures sont présentées comme « habitables » évocation de la puissance de l’imagination…

Promenade très dépaysante. Ne pas chercher à comprendre. Se laisser emmener très loin. Et peut-être emporter un casque et John Cage dans la playlist.

François Morellet : 100 pour Cent – Centre Pompidou-Metz

ESCAPADE A METZ 

Exposition temporaire du 03/04 au 28/09/26

Pour le Centenaire de la naissance de François Morellet (1926 -2016) le Centre Pompidou-Metz présente une rétrospective de sa carrière en 100 oeuvres 

 

Morellet est le principal représentant français de l’abstraction géométrique à la suite de MalevitchPiet Mondrian, et de Max Bill qu’il rencontra au Brésil en 1950

A l’entrée de l’exposition Morellet est présenté comme héritier de Mondrian et de Picabia et deux parcours sont proposés au visiteur Raison (avec Mondrian et les mathématiques) ou Déraison (avec Picabia sans doute quand quelque chose commence à dérailler) .

L’abstraction géométrique ne représente rien, le tableau existe par lui-même indépendament de la réalité extérieure. Il est conçu selon une grille (Mondrian) ou un code . Dans la série ci-dessous blanc est pair, noir impair et les combinaisons des nombres font apparaitre les figures noires ou blnaches. De même il a joué avec les décimales du nombre pi, paires, impaires. à l’infini.

Un tableau m’a fait penser à un QR-code rouge et vert composé de centaines de cubes soit rouge soit vert. l’artiste est parti du bottin du téléphone et a chosi la couleur selon que le nombre était pair ou impair.

Parfois, du tableau, il ne reste que la toile blanche qui existe en-soi. Ou une seule ligne traversant la toile, ou plusieurs toiles

les trois toiles décalées exigent du spectateur qu’il cherche l’alignement de la ligne. Le spectateur  doit être actif. L’oeuvre est fabriquée pour être interprétée.

Un champ metallique autour d’un tableau blanc est arraché, recourbé pour faire un crochet : il rappelle le boeuf écorché de Rembrandt ce qui nécessite de la part du regardeur une bonne culture!

« Les oeuvres d’art sont des coins à pique-nique, des auberges espagnoles ou l’on consomme ce qu’on apporte soi-même » Morellet, 2009

geometree

Parfois c’est la grille qui déraille, une brindille d’arbre prenant le relai de la grille. Et nous voici arrivées dans le parcours « déraison ».

néon

L’expérimentation continue avec le néon. L’installation ci dessus m’a beaucoup plu parce que le clocher apparait entre les deux cadres dans la fente.

Cette visite m’a intéressée mais ces constructions intellectuelles me laisse assez indifférente, sauf quand cela débloque.

un jour à Metz, Centre Pompidou et promenades dans la ville

ESCAPADE A METZ (2)

la Gare de Metz

L’exposition de Louise Nevelson m’attirée pour une nouvelle expédition à Metz. La première fois c’était Chagall ICI et c’était un excellent souvenir. Se rendre à Metz de la Gare de l’Est est très facile :  1h20 en TGV .

La visite de la Gare fait partie du circuit touristique. Commandée en 1901 par le Kaiser Guillaume II, symbole de la puissance allemande et permettant l’arrivée de 25.000 soldats par jour. De style néoroman germanique, décorée de nombreuses frises et sculpture, elle mérite qu’on s’y arrête. Surprise : un goupe de statues honorant la mémoire de Jean Moulin est suspendu 

jean Moulin à la gare de Metz

Le 8 juillet 1943, en gare de Metz, le corps de Jean Moulin a été retrouvé sans vie. Le sculpteur : Stephan Balkenhol.

les enfants ukrainiens et la guerre

Sur des panneaux, une exposition LES ENFANTS DE LA GUERRE  dans le cadre du voyage en Ukraine : la saison de l’Ukraine en France.

Après avoir passé un long souterrain nous arrivons sur une grande esplanade  : le parvis des Droits de l’Homme avec le Metz Congrès Robert Schumann palais accueuillant des congrès ou des expositions, signé Wilmotte inauguré en septembre 2018. En face, le Centre Pompidou-Metz 

Contre Pompidou-Metz

Coiffé d’un toit alvéolé inspiré d’un chapeau chinois en bambou, c’est l’oeuvre de Shigeru Ban et de Jean de Gastine. léger, aérien presqueavec les lamelles  de bois collées reposant sur des piliers aérés. 

Trois expositions majeures : Dimanche sans fin mis en scène par Maurizio Cattelan occupe deux niveaux,François Morellet – 100 pour 100, et Louise Nevelson. nous commençons par Cattelan  puis Morelletpuisqu’il y a une visite guidée à 11 heures. 

Vers midi, nous sommes saturées de peinture et partons nous aérer dans le Jardin Jean-Marie Pelt le long de  La Seille. Pour honorer le célèbre botaniste  écologue, le jardin est nature avec 20 ha de prairie, des arbres fruitiers, une rosellière le long de la rivière. C’est un parc paysager très agréable mais rien n’est prévu pour déjeuner (sauf un foodtruck).

Après avoir longé l’eau nous nous dirigeons vers le Centre-ville en passant sous les lignes ferroviaires, puis dans la circulation par la grande rue Haute-Seille, jusqu’à la vaste place Coslin, un parking peu accueillant sous une tour sans grâce d’habitations (style années 70). A l’approche du Coeur de Ville historique, les rues se rétrécissent, la circulation automobile s’apaise et nous nous installons sur la première terrasse au soleilau coin de la rue Lassale et de la rue de la Fontaine : celle du Restaurant L’Hédoniste  . CLIC / Ardoise à 25€ Entrée+plat et amuse-bouche offerts. Feuilleté aérien au chèvre chaud,côte de veau rose avec une sauce aux champignons délicieuse. Une adresse à retenir.

J’aime beaucoup découvrir une ville à pied, avec la carte du livret Un Grand Week-end à Metz Hachette qui propose une dizaine de promenades avec des plans. La toponymie est pittoresque : certaines rues sont notées « En » Nicolairue, avec le rue à la fin, comme En Fournirue (rue des Fournils) ou En Chaplerue (chapeliers?), en Chandellrue(chandelles?), En Nexierue (????). 

Place Saint Louis

Nous trouvons des repères à notre déambulation : la Place Saint Louis bordée d’arcades a un caractère d’Italie, elles datent du XIIIème siècle, les changeurs lombards y étaient installés au XVème siècle. Une plaque rappelle une République Messine entre 1470 et 1490. Les contreforts penchés nous étonnent. 

et Colonne de Merten

Autre repère : la Rue Serpenoise , en son mitan une longue statue métallique ondulante évoque un serpent. Elle débouche sur une grande place avec la colonne de Merten qui rappelle l’origine gallo-roamine de la via Scarponensis. 

Nous rejoignons la Gare et le Centre Pompidou-Metz en suivant le flèchage touristique. Il nous reste encore deux expositions qui occupent une bonne partie de l’après-midi. 

Après deux bonnes heures de peinture et sculpture modernes, nous retournons nous aérer dans les jardins et montons sur une butte pour apercevoir la construction de Philippe Starck au sommet du Hilton. Une sorte de maison traditionnelle à toit à double pente et tourelle est perchée sur un immeuble : c’est la Maison Heler. Des maisons perchées sur le toit des bâtiments, c’est tendance en ce moment, il y en a même à Limeil-Brevannes, cela ne m’impressionne pas plus que cela.

Porte des Allemands

Il nous reste trois bonnes heures avant le retour en train. Nous tâchons de rejoindre la Porte des Allemands en longeant la Seille. La promenade est contrariée par la voie ferrée perchée et par des routes à grande circulation.  heureusement les arbres sont en fleurs. 

la Porte des Allemands est un petit château-fort médiéval (1230-1480). les deux tours rondes en poivrière sont XIIIème, les carrées XVème . Assiége en 1552 par Charles Quint, elle résista vaillamment. Metz était une ville fortifiée ocmptant jusqu’à 18 portes et 72 tours (selon le guide Hachette)

Cathédrale de Metz

En prenant pour cap, la Cathédrale nous passons par la Place d’Armes avec ses deux trophées (monumentaux) et arrivons au coeur de ville. La Cathédrale est fermée depuis quelques minutes. Ce n’est pas grave, nous avons vu les vitraux de Chagall à notre précédente visite en 2021. Nous nous attablons à une terrasse plein soleil en face du marché couvert (fermé également le soir) : construction très élégante en U commencé en 1785 pour être le Palais épicsopal transformé en marché en 1831. 

Retour par les Quartiers Impériaux, la Poste et les très belles constructions allemandes. 

Nous n’avons rien vu de ce que j’avais prévu avec le guide, ni la maison de Verlaine, ni l’itinéraire de Rabelais, ni le musée de la Cour d’Or. Il nous faudra donc revenir. A l’occasion d’une nouvelle exposition?