La Lumière parfaite – Marcello Fois

LE MOIS ITALIEN/ IL VIAGGIO

LIRE POUR LA SARDAIGNE

C’est la suite de Nel Tempo di Mezzo que j’avais lu, en Sardaigne,  en Italien. 1943 Vicenzo Chironi rentre à Nuoro, capitale de la Barbagia, au centre de la Sardaigne. La fin de l’histoire est racontée par la fils de Vicenzo, Cristian,jusqu’en 1979  quand débute  la Lumière parfaite et qui aura un fils Luigi Ippolito Giuseppe. La conclusion sera la généalogie des Chironi et j’ai bien l’intention de lire le livre qui me manque dans la trilogie.

Au début de  Nel Tempo di Mezzo, Nuoro était la capitale d’une province encore très rurale, très pauvre dévastée par la guerre, la sécheresse et la malaria. En 1979, la ville se modernise mais subit d’autres malédictions comme celles de la violence et du terrorisme des années de plomb. L’attentat de Bologne (1980) est perçu jusqu’en Sardaigne. Terrorisme politique et banditisme sont bien mêlés… Autre malédiction : la corruption, surtout dans le contexte de la spéculation et de la construction immobilière. La famille Chironi et celle des Guiso qui lui est proche sont en effet enrichis dans les chantiers. Cristian Chironi et son ami Domenico Guiso travaillent sur des chantiers municipaux. Des investissements d’aménagement touristiques sur la côte sont prévus….

Maddalena Pes est promise à Domenico mais elle Cristian, qui sont comme deux frères. Triangle amoureux, tragédie.

Je ne vais pas raconter l’histoire.

Flash backs et rêves, entrecoupent le récit, les retours en arrière vont très loin, à la première guerre mondiale, au premier Luigi Ippolito, l’ancêtre. Les rêves nous emmènent dans une contrée blanche, est-ce le domaine de la mort ? Poésie et chansons se mêlent aussi, mais les citations sont plus difficile à reconnaître. Tous ces ajouts ne facilitent pas la lecture. Pourtant j’ai été emportée par ce livre et j’ai bien envie de lire le premier titre de la saga qui me manque

 

 

 

 

Plus haut que la mer – Francesca Melandri

LE MOIS ITALIEN

sardaigne mp 021 - Copie
L’Asinara

Une belle découverte : écriture limpide. Évocation solaire.

« Car si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur plus haut que la mer. »
Le sujet est sombre : la condition carcérale et le terrorisme des années de plomb. Dans cette prison de haute sécurité sont enfermés non seulement des terroristes mais aussi toutes catégories de condamnés violents. le jeune gardien de prison est contaminé par cette violence au point que sa femme ne le reconnait plus.

« Était-il possible que ls visiteurs d’une prison spéciale soient accueillis par la beauté dde la nature? »
Paolo et Luisa viennent visiter la prison, lui son fils, elle, son mari. Loyauté sans concession. Paolo conserve dans son portefeuille le portrait de la fille de la victime assassiné par son fils. Luisa ne regrette pas sa vie conjugale marquée de violence.
Prison sur une île, Alcatraz italien, j’ai reconnu l’Asinara . Parfums de la terre, mer changeante sous les vents violents.

Et en plus, un amour de haute mer éclôt :

« Un amour qui, tel un bateau de haute mer, est seulement entouré d’une étendue infinie de caps possibles que pourtant, on le sait déjà, ni les circonsgtances ni le temps ne permettront d’explorer »
Un livre que j’aurais dû emporter lors de notre voyage en Sardaigne…

logo eimelle, le mois italien

Arzachena : Tempio di Malachittu – plages Canagionne – Le Saline

CARNET SARDE

 

le Temple de Malachittu
le Temple de Malachittu

 

Tempio di Malachittu

Le Temple de Malachittu est situé sur un terrain privé. La visite se fait accompagné deux fois par jours à 9h125 et 17h45 et dure approximativement deux heures

La promenade est très jolie. On suit une allée poudreuse à l’ombre des oliviers menant à un agriturismo ravissant. Après avoir ouvert et refermé deux portillons de bois, on a grimpé dans la colline sur un chemin. Un gros rocher biscornu coiffe son sommet. Le temple se trouve juste derrière. On doit donc le contourner.

le temple se cache derrrière le gros rocher
le temple se cache derrrière le gros rocher

Construit à l’époque nuragique, il se trouvait à proximité d’un village dont on n’a retrouvé qu’une seule cabane circulaire. Ses habitants  occupaient aussi des grottes dans les cavités du rocher de granite évidé. Un nuraghe construit sur le rocher sommital s’est écroulé à la fin de l’âge de Bronze. Il surveillait les terres cultivables aux alentours ; Le contrôle des terres était important dans cette civilisation agricole. Après la chute du nuraghe, le village fut abandonné.

Le petit temple est très bien conservé. Seule la toiture en bois a disparu.  L’atrium est délimité par deux murs bien visibles. L’entrée est surmontée d’un linteau avec une petite fenêtre de décharge. Une petite fenêtre oblique dans l’épais mur permet de contrôle les arrivées par le petit sentier.

Le temple à megaron est rectangulaire. Quelques grosses pierres servaient sans doute e banquette. Le foyer au centre dans un recttangle permettait de cuire les offrandes. L’absence de texte écrits fait qu’on ne sait que fort peu de chose sur le culte.

Le retour est une descente dans les rochers, presque de l’escalade. La vue est magnifique sur les chaos granitiques.

caverne habitée dès l'époque nuragique
caverne habitée dès l’époque nuragique

Le reste de notre dernière journée en Sardaigne est prévue à la plage. Nous avons repéré un restaurant Le Lampara à Canegionne qui sert des pizzas sur la plage sur des tables de plastique sous des parasols. 3€ la demi pizza et des glaces.

La plage est fréquentée par des habitués. Les enfants jouent dans l’eau peu profonde. Je nage encore à côté des bouées dans l’eau profonde tranquille. La baie d’Arzachena est longue et échancrée, donc bien abritée. En revanche l’eau est très fraîche. A plusieurs reprises je dois sortir pour me sécher et me réchauffer.

Le Saline
Le Saline

Fin de l’après midi à la plage delle Saline , longue plage avec un petit marais à l’arrière.

Retour  tôt pour faire les valises. Les consignes de sécurités pour les bagages en cabine et le prix exorbitant de la valise en soute sur Easyjet font de l’opération un casse-tête. On laisse à regrets le beau parasol jaune, cadeau des Tchèques, le pare-soleil en alu bleu qui aurait bien convenu à la 207 bleue ainsi que toute sortes de choses.

 

 

 

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Un après midi à la plage : plages de Pallau et d’Arzachena

CARNET SARDE 

 

Capo del Orso
Capo del Orso

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

 

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

les sites archéologiques autour d’Arzachena

CARNET SARDE 

 

Tombe de géant
Tombe de géant: exedra

 

Sept sites archéologiques aux environs d’Arzachena : trois Tombes de Géants, deux nuraghes, une nécropole très ancienne et un petit temple nuragique.

Nous n’avons jamais vu de Tombe de Géants nous commencerons par la Tombe de Géants Tomba Coddu Ecchiu. On y parvient par la route de Sant’Antonio.

maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)
maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)

 Coddu Ecchiu ou cuddu vecchiu veut dire vieille colline. La tradition populaire attribuait à ces monuments la croyance qu’un géant était enterré dans ce grand monument. C’est une tombe collective et il n’y avait pas de géants chez les sardes.

La construction se fit en deux phases :

1)      Une allée couverte 1800-1600avJC, sorte de dolmen dont le couloir serait abrité par des dalles

2)      A l’âge nuragique, après 1600, il subit des transformations : la construction de murs périphériques puis de l’exedra formé d’une haute stèle centrale et de pierres orthostatiques de tailles décroissantes vers l’extérieur.

3)      Enfin, il faut couvert d’un tumulus de pierre et de terre.

La forme est symbolique, rappelant  la tête et les cornes d’un taureau, divinité masculine de force et de virilité tandis que la Déesse-Mère symbolisait la fertilité. La stèle centrale (4mx1.9m) est orientée Est/ouest. L’Est face au lever du soleil représente la vie tandis que le coucher du soleil à l’Ouest, la mort. L’exedra serait le passage entre la vie et l’au-delà.

Dans cette tombe granitique, les ossements n’ont pas été conservés du fait de l’’acidité du sol. L’étude d’autres tombes de géants montre qu’il s’’agissait de tombes collectives pour tout le village. On ensevelissait els morts en soulevant les dalles du couloir puis on les repoussait vers le fond sans faire de distinctions de rang social.

Devant l’exedra, des rites funéraires des déroulaient. Il n’existe pas de textes nuragiques mais la tradition orale a rapporté que les Sardes dormaient plusieurs jours devant la tombe espérant obtenir des réponses de l’au-delà au cours de transes. Ils déposaient aussi des offrandes. On a retrouvé des céramiques.

Le tumulus a été retiré parce que les découvreurs n’avaient pas compris qu’il faisait aussi partie du monument.

Tombe de Géant vue de profil
Tombe de Géant vue de profil

Tournant autour, nous découvrons le couloir (10mx1m)  séparé par une petite entrée, le dromos où peut être, étaient déposées les offrandes. La guide explique dans un français très correct, quelquefois  hésitant. En sortant elle nous offre des mûres. Nous lui demandons conseil pour la plage. Comme c’est dimanche, nou redoutons la foule. Elle craint plutôt le vent »le Mistral comme chez vous, mais il y a aussi le Grec, le sirocco… »

Village nuraghe la Prisgionia

La Prisgiona : nuraghe
La Prisgiona : nuraghe

Le nuraghe La Prigionia se trouve tout près. Notre guide parle très bien français, son enthousiasme est communicatif. La visite passionnante.

Le Nuraghe est une tour qui ressemble à un château-fort sans qu’on ait retrouvé de preuve de guerre. D’ailleurs, l’intérieur est beaucoup trop petit pour servir de refuge aux villageois. Le nuraghe serait plutôt un palais c’est la résidence du chef de tribu. Un chef non pas un roi, insiste-t-il. La vie communautaire serait le mode d’organisation sociale nuragique : tombes collectives à l’extérieur du village, vie communautaire dans le nuraghe ainsi que le témoigne une salle de réunion de 12 (16 selon un papier) pouvaient s’asseoir sur la banquette circulaire. Autour du nuraghe on a retrouvé une centaine de structures : habitations comme structures commerciales. On a mis à jour le marché au pied du nuraghe avec le four pour cuire le pain, des ruelles. Le puits de 8m de profondeur contient une source encore aujourd’hui. On y a trouvé des récipients originaux. Pour quel usage ? quel rituel ? L’eau était vénérée par les nuraghis, ainsi que la Déesse-mère et le système matriarcal.

la Prisgiona : marché
la Prisgiona : marché

Le guide nous fait entrer dans le nuraghe. Il nous montre son architecture : s’appuyant sur des rochers, puis avec des gros blocs pour former des murs cyclopéens enfin avec des moellons de plus en plus petits. Des connaissances en architecture permettaient à ces constructeurs de tenir compte des problèmes de décharge : au dessus du linteau, une fenêtre de décharge allège la structure, de même à l’intérieur, les couloirs et des niches évident le nuraghe.  Autour de la salle centrale il y a trois chambres : dans l’une d’elles on a retrouvé les anneaux pour tisser le lin (on a trouvé des évidences de ce végétal), une autre sans doute la chambre froide contenait des céramiques avec des os d’animaux.

bateau nuraghe

Pour mieux nous faire connaitre les nuraghis, le guide montre les photos de  bronzetti. Le chef est identifié avec son bâton, le prêtre , la prêtresse, les guerriers…puis des bateaux sardes retrouvés dans toute la Méditerranée jusqu’à Chypre. Une inscription en

 

« sémite de l’ouest » atteste du nom de « Sarde »

–          « en phénicien ? » je demande.

–          – « non en sémite de l’ouest « corrige-t-il

sémite de l'ouest
sémite de l’ouest

Je reconnais les lettres hébraïques déformées mais tout à fait identifiables le chin, le resh et le dalet qui forment les lettres de Sarde, se lisant de droite à gauche comme il se doit.

 

 

 

 

« La guerre est arrivée avec les Carthaginois ! » affirme le guide. Dans la rivalité entre Rome et Carthage, la Sardaigne occupait une position stratégique.

Autre mystère : »pourquoi si peu de sites romains en Sardaigne ? » Demande-t-il.

Après ces considérations historiques, le guide revient aux fouilles qui se déroulent en ce moment. On voit des pierres en surface depuis longtemps patnées et celles qu’on vient de dégager et de remettre en place. Les fouilles n’ont débuté qu’en 1994. Ls méthodes les plus modernes ont pu être mises en œuvre. Tandis que des archéologues anciens auraient pu détruire des indices pendant la fouille. La reconstruction (il y a une grue sur le site) est assistée par ordinateur. Il est désormais plus facile de scanner d’identifier et de répertorier chaque fragment plutôt que de le dessiner comme autrefois. Le site a encore beaucoup à dévoiler.

Necropoli Li Muri

sardaigne 323 - Copie

Selon le papier prêté :

« Site Néolithique moyen (4000 av JC) un des sites les plus anciens de la Sardaigne. Composé de 4 tombes circulaires appartenant à la « culture des cercles ». On trouve des sites analogues en corse et dans les Pyrénées. Les tombes portaient chacune un menhir. C’étaient des tombes individuelles. Le mobilier éttait composé de lames de silex, d’une coupe de stéatite et d’une boîte d’offrrande contenant de l’ocre rouge rappelant la couleur du sang ».

Je n’ai pas voulu attendre ¾ d’heures la visite guidée. Même avec le papier explicatif, les anciennes pierres parlent peu. Il aurait fallu un archéologue fervent pour leur communiquer un peu de vie.

Tomba Li Loghi 

sardaigne 320 - Copie

 

Cette tombe de Géants ressemble beaucoup à celle de Coddu Ecchiu. J’ai réclamé une viiste guidée avant l’heure (12h) car j’ai peur qu’on n’arrive pas à temps au Supermarché qui ferme le dimanche après midi.

Le guide donne des explications analogues à celles de ce matin. Chaque fois, je pioche un nouveau détail ajoutant des pièces à mon puzzle nuragique.

La stèle centrale joue donc le rôle de porte de l’au-delà. La petite ouverture était consacrée aux offrandes. Plus de précision quant aux cérémonies devant l’exèdre : l’incubation : les fidèles dormaient pour entrer au contact avec les défunts, autre coutume :en  brisant  de la céramique ils pensaient attirer la bonne chance comme le font encore actuellement les Grecs qui cassent de la vaisselle ou dans les mariages juifs.

Selon ce guide, la longueur de l’allée couverte dépendait de l’importance du village voisin, un village et un nuraghe devaient se situer dans les environs.

Après les explications concernant le site, nous continuons à bavarder et à comparer ce site aux autres que j’ai visité ailleurs en Sardaigne. Lui aussi a été impressionné par les géants de Cabras expressifs avec leurs yeux ronds, tellement différents des bronzetti. Comme je fais une comparaison entre les déesses-mères exposées à Sassari et les idoles cycladique il note deux références sur mon cahier Leonardo Melis et Gigi Sanna.

Quelques longueurs dans la piscine du Citty hotel .

route d’Ossi à Arzachena par la côte de Gallura

CARNET SARDE 

 

Isola Rossa
Isola Rossa

 

Nous quittons notre studio et la place du Centro Storico d’Ossi sans la moindre nostalgie. Nous nous sentions enfermées dans ce rez de chaussée. Les premiers jours j’avais sorti ma chaise sur le seuil de la porte pour écrire et observer l’animation de la place devant le bar ornée de drapeaux italien et de la Communauté Européenne qui s’est avéré être le siège local du parti démocratique. Tous  entrent, sortent, fument ou simplement prennent le frais sur le banc de bois encadré par deux jardinières géantes carrées. Au début,  nous les avions trouvés sympathiques. Dès que nous n’avons plus trouvé de place pour la voiture, l’ambiance a tourné au vinaigre. Personne n’a compris notre insistance à se garer devant la maison. De plus, notre Golf est grande, peu maniable. Plusieurs FIAT 600 ou de petites Kia ne bloquent pas le carrefour même si elles sont déposées au milieu, pas notre monument !

Nous suivons le circuit de l’extrême nord (Guide Vert p.258) Isola Rossa à Arzachena environ 110km.

Isola Rossa, rochers rouges
Isola Rossa, rochers rouges

Pour parvenir à Isola Rossa, le GPS nous a fait prendre la direction d’Oristano, puis celle d’Ozieri passant devant la grande Saccargia et son campanile si grand qu’il est presque disproportionné, enfin la route de Tempio Pausanas traversant des collines cultivées de grands champs de céréales aux chaumes paille. Les arbres isolés sont déformés par le vent. Les sommets sont plantés de chênes-lièges. Nous passons près d’un nuraghe sans nous arrêter, blasées de tours, nuraghes ou tours espagnole…Une chaîne de sommets bizarres barre l’horizon, portant la tour carrée de Casteldoria. Descendons sur Santa Maria Coghinas qui a une jolie église ancienne et une neuve originale mais laide.

Isola Rossa est une jolie station balnéaire encastrée dans des rochers roses avec une tour aragonaise. Une crique à l’eau transparente me tenterait bien si je n’avais résolu de visiter Saint Therèse de Gallura « un amour de station balnéaire » selon un de nos guides. Je me baignerai plus tard. Sainte Thérèse est bien embouteillée ce dernier samedi de juillet. Il y a partout touristes et estivants ce qui nous dissuade d’entrer dans la ville.

Capo Testa

Capo Testa
Capo Testa

Nous préférons visiter le Capo Testa, presqu’île faisant face aux Bouches de Bonifacio reliée à la ville par une sorte de tombolo séparant deux plages magnifiques mais très fréquentées. Le Capo Testa  est sillonné de chemins pédestres que nous négligeons faute de temps et dans la chaleur de midi,  pour poursuivre jusqu’au phare. Enfin, nous nous autorisons une pause et une promenade dans les rochers spectaculaires où l’érosion a sculpté des volumes étranges. Des cavités régulières ont été évidées. Certains rochers rappellent des têtes monstrueuses. On imagine des profils humains, des animaux. Je photographie un pingouin géant. Chaque fois le granite se détache sur le bleu profond du large ou sur une crique turquoise. C’est un enchantement.  Il y a du monde, l’accès à l’eau est difficile, la chaleur écrasante. Rien n’y fait. Je suis conquise.

Pingouin de pierre!
Pingouin de pierre!

Par hasard, nous nous installons sur la plage de Santa Reparata : sables et rochers, eau transparente mais un peu agitée.

Le circuit propose d’autres visites. Cherchant Portobello, nous parcourons une petite route pour la trouver barrée d’un portail « resort ».  Privé ! On ne passe pas. Mêm scénario un peu plus loin à Val Erica . C’est agaçant de faire des détours pour rien. Frustrant. Le littoral a-t-il été entièrement privatisé ? Heureusement non. La troisième tentative est la bonne sur une route très étroite, très tortueuse, à travers le maquis touffu vers la Plage de Liscia. Nous trouvons une plage occupée par les véliplanchistes. Le vent souffle fort. La surface de l’eau est hérissée de vaguelettes. Un peu plus loin, une très longue plage de sable borde la baie arrondie. Quatre énormes yachts attendent. J’essaie de nager le long de la ligne de bouée qui protège les nageurs des incursions des planches et des bateaux.  Je nage vigoureusement pour…faire du surplace. Je croyais arriver à la tour de guet du maître-nageur et je suis toujours devant le petit tas formé par mes tongs et ma robe de plage. Impossible de nager contre le vent. Je marche dans l’eau qui m’arrive jusqu’à la poitrine jusqu’au bout de la plage. Pour rentrer le courant me porte sans effort.

Le maquis, sur le substrat granitique n’est plus composé des mêmes espèces. Les lentisques sont plus rares et moins hauts. Les espèces dominantes sont les hautes bruyères, les arbousiers et les cistes desséchés.

 

nager à contrec-courant?
nager à contre-courant?

Palau , port des îles de la Madeleine, est annoncé par un très gros rond-point, une petite zone commerciale et de nombreux supermarchés. La ville est très jolie avec ses maisons basses et ses boutiques. Accueil parfait et francophone à l’office de tourisme qui m’offre de nombreuse cartes et dépliants sur les plages et les sites archéologiques.

La route d’Olbia ,t la S125 que nous avons prise pour Orosei, relie tout droit Palau à Arzachena qu’elle traverse sous le nom de Via Costa Smeralda où se trouve le Citty Hotel réservé par Booking.com (*** 70€/nuit). C’est un grand bâtiment de briques rouges, sans grâce, carré, un peu vieillot. Les chambres ne sont pas dignes d’un 3* : pas de frigo, une climatisation bruyante et pas efficace, peu de rangements.  En revanche, la présence d’un parking, la belle piscine ont du faire la différence. La décoration blanche à bordure bleue avec de grandes bandes fleuries brodées au point de croix et les tapis sardes bleus assortis, est de très bon goût. L’accueil est familial et chaleureux. On découvrira au petit déjeuner que la clientèle est également familiale et simple. Pas de chichis. Pas de restaurant non plus. Le bar vend de l’épicerie, du jambon des boîtes de thon si l’envie nous prenait d’un sandwich. Arzachena est une petite ville très commerçante, nous trouverons le nécessaire dans les nombreux supermarchés.

Après midi à la plage : les plages de Palau et d’Arzachena

CARNET SARDE 

 

le rocher de l'ours
le rocher de l’ours

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine
Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

sardaigne mp 112 - Copie