Brigantessa – Giuseppe Catozzella

LE MOIS ITALIEN/IL VIAGGIO

C’est un roman historique. Maria a vraiment existé et son histoire a même été racontée (en italien) par Alexandre Dumas. le roman a été documenté avec les pièces de son procès entre autres

Tribunal militaire de Catanzaro 16 février 1864 :

« Nous faisons savoir qu’elle s’est présentée ici, vêtue comme un homme d’un gilet en drap de couleur, d’une veste et d’un pantalon en drap noir, la tête enveloppée dans un foulard. » « Je m’appelle Maria Oliverio, née Biaggio, âgée de vingt-deux ans. Née et domiciliée à Casole, Cosenza, sans enfant, épouse de Pietro Monaco. Tisserande, catholique, illettrée. »

L’auteur raconte l’histoire de Maria,  née dans une famille de 6 enfants en Calabre, fille d’un ouvrier agricole et d’une tisserande. Elève brillante (et non pas illettrée) elle a été distinguée par son institutrice qui veut l’envoyer au lycée. Sa grande sœur Teresa a été donnée à l’adoption  dans une famille noble de Naples et Maria est promise au même sort. A la suite d’émeutes à Naples, alors que Ferdinand II avait refusé de signer la Constitution, les parents adoptifs tombent sous les balles. Teresa revient au village et Maria doit laisser sa place pour vivre chez sa tante dans la campagne. Cette dernière est la femme du brigand « Tremble-Terre » qui a pris le maquis, 

charbonniers des montagnes qui s’étaient battus aux côtés des Bourbons contre l’occupation des Français de
Murat, ce qui leur avait valu un respect unanime. Mais après leur victoire, le roi Bourbon n’avait pas tenu la
promesse par laquelle il s’était acquis leur alliance, à savoir l’abolition de la servitude des grands domaines.

la tradition du brigandisme est déjà bien établie autour d’elle!

Maria n’a même pas le droit de se présenter à l’examen, elle n’ira pas au lycée et tissera la soie, comme sa mère. Son amoureux, Pietro est un charbonnier qui sera appelé sous les drapeaux  en 1855 dans les troupes bourboniennes alors que le Royaume des Deux-Siciles est près de s’effondrer. A Naples,  il fréquente des révolutionnaires puis rejoint Garibaldi.  et rêve :

« Chaque journalier possédera les terres qu’il a cultivées toute sa vie, promettait-il. les impôts sur la farine t le sel seront abolis. « Nous pourrons utiliser les terres collectivement. Nous serons libres, Mari »

Les aventures de Garibaldi, l’expédition des Mille suscitent des espoirs fous chez les paysans pauvres de Calabre.

Giuseppe Garibaldi : ce chef de guerre, qui s’était battu contre le monde entier, disait à ceux qui avaient le courage de le suivre : « Je vous offre la faim, la soif, des marches forcées, des batailles et la mort. »
Pour Pietro et ses amis, la révolution – « révolution »

Quand Garibaldi triomphe à Naples Pietro fait venir Maria qui assiste à des journées historiques.

Pour unifier l’Italie Garibaldi s’était appuyé sur les journaliers à qui il avait fait des promesses qui ne seront pas tenues. Les forces libérales opposées aux nobles bourbonniens soutiennent le nouveau pouvoir italien de Victor-Emmanuel et abandonnent les révolutionnaires :

Comme tout le monde, j’assistais à la naissance d’un peuple de chouettes, et ce peuple serait le peuple italien.
À l’image de ces oiseaux de nuit, nous apprenions l’art du camouflage, nous apprenions pour survivre l’art de frapper dans le dos, de surprendre nos proies dans l’ombre, de voler aux autres un infime avantage. Nous étions des profiteurs et des parjures, nous niions l’évidence. Pour les rapaces que nous étions, rien, pas même Dieu, n’était digne d’un serment ; du reste, le pape laissait les Italiens s’entretuer en utilisant la croix et les autels à ses propres fins. Que vaut le Seigneur sans la terre où exercer sa seigneurie ?

La mue de la chouette, passée des Bourbons aux Savoie, s’accomplissait ainsi. Il ne restait plus maintenant qu’à
monter une dernière mise en scène..

Chacun sait que la chouette est capable de rotation de la tête, et que c’est un rapace! Il ne reste plus qu’aux paysans, journaliers, charbonniers de prendre le maquis, de devenir brigands et de faire la guerre aux riches, brûler les domaines, faire des enlèvements et rançonner les possédants.

Voilà donc l’alternative qui s’imposait aux Italiens, pensais-je : se conduire soit en flagorneurs, prédateurs,
buses et chouettes ; soit en voleurs, criminels, brigands, bouquetins. « Vive l’Italie ! ai-je dit. Le pays où tout le
monde est en guerre contre tout le monde. Si c’est ça, la justice, je préfère mon père à la justice. »

Pietro est à nouveau appelé dans l’armée de Victor-Emmanuel mais préfère rejoindre les bandits dans la forêt. Il est rejoint par Maria (c’est une histoire compliquée mais je préfère ne pas raconter toute l’histoire, à vous de la lire.

La vie dans la forêt des brigands est très bien racontée, Maria (qu’on a surnommée Ciccilla ) dès l’enfance avec sa tante connait les secrets de la montagne, elle sait survivre en mangeant des feuilles, se faire un lit d’aiguilles de pin, chasser avec une fronde et même apprivoise une louve. Elle éprouve une vive affection pour un mélèze, sait surprendre un cerf…ce sont de très belles pages.

l’armée régulière de Victor-Emmanuel et ses bersagliers donne la chasse aux bandits, Maria est capturée, jugée et même condamnée.

Pendant que Sirtori s’exprimait, un journaliste s’est insurgé contre la peine de mort, la qualifiant dans un cri de barbarie, mentionnant un écrivain français, Victor Hugo, qui se bat pour son abolition, et Alexandre Dumas qui soutient la même cause ici, en Italie. Ce Dumas même qui nous a transformés en bêtes assoiffées de sang. Mais il a raison sur ce point. Quand un État commence à couper des têtes, il ne vaut pas mieux qu’un bersaglier. Ou qu’un brigand.

Je ne vous raconterai pas la fin. J’ai beaucoup aimé ce roman très riche qui m’a beaucoup appris sur l’histoire de l’Italie.

Maria est aussi une personnalité très intéressante qui se s’est pas laissé dominer par son mari et qui décrit avec finesse la condition des femmes livrées à des hommes violents. L’amour n’est pas un fleuve tranquille même dans la forêt, c’est plutôt une autre lutte/

La légende des montagnes qui naviguent (2) Les Apennins- Paolo Rumiz

LIRE POUR L’ITALIE

la deuxième partie de La Légende des montagnes qui naviguent se déroule dans les Apennins de Savone au Capo Sud, à l’extrême sud de la Calabre.

En prologue : 

Entre Florence et le bassin du Mugello, j’ai traversé dix-huit kilomètres au milieu d’une angoissante succession de plaques verticales de roche fracturée, de lames dégoulinantes d’eau qui m’enserraient[…] je voyageais dans une éponge. Les Apennins étaient un fond marin criblé de fissures.

….saignée qui, en quelques années à peine, avait volé aux Apennins cent vingt millions de mètres cubes d’eau, soit
cinquante litres à la seconde. On m’a parlé de caporalato1, de pots-de-vin, de main-d’œuvre tuée au travail. 

Le tunnel de la ligne Bologne-Florence m’apparaissait de plus en plus comme une allégorie dantesque.

En contrepoint, il va chercher à suivre la  colonne vertébrale de l’Italie en suivant sa crête, il part

avec des règles de fer. Pas de grande ville. Pas de plaine. Pas de guides rouges, verts ou bleus en direction des monuments.

Et pour moyen de transport une Topolino 1953 bleue, une voiture de collection, qui suscite curiosité et sympathie partout où il va passer. Ce roadtrip est presque une histoire d’amour entre lui et sa voiture qui va imprimer son rythme particulier, et ses limites (elle prend l’eau). Il sera beaucoup question de pannes, de réparations qui imposeront des étapes imprévues et des rencontres. 

Les rencontres sont inattendues comme celle de la baleine des Apennins, fossile bien sûr mais inspirante. Autres mastodontes  : les éléphants d’Hannibal . Hannibal sera un personnage récurrent au cours de  cette expédition ainsi que Frédéric II. Cette montagne que les humains désertent est une sorte de bout du monde 

« C’est un endroit où ne viennent que les bêtes sauvages. Les montagnes sont pleines de hérissons, de vipères, de renards et de buses »

C’est aussi le domaine du loup, et celui des bergers et des agneaux.

Si les montagnes sont désertées, les auberges sont chaleureuses

« Mon cher ami, ton voyage t’ouvrira la porte d’un monde oublié et méconnu. Tu trouveras l’âme d’un pays malheureux, aimé de tous, sauf des Italiens. »

On y joue de la musique : on y apprend que la cornemuse en serait originaire. Les souvenirs historiques racontent la dernière guerre, les partisans, les Américains mais aussi un passé plus ancien des guerres napoléoniennes

 On l’appelle Camp dei Rus, le champ des Russes. C’est à cause des cosaques. Ils ont commis de telles atrocités parmi les villageois, après avoir défait les armées de Napoléon en 1799, que les gens se sont mis à les zigouiller dès qu’ils étaient
ivres.

les années 1950, on a vu arriver les charrues motorisées, la terre a été retournée jusqu’à ses profondeurs,
régurgitant des sabres, des baïonnettes et des boutons frappés d’étranges lettres en écriture cyrillique, et ce n’est
qu’alors que la mémoire a repris corps.

L’Antiquité a laissé des noms puniques :

« écriteau qui indique le village de Zerba, puis devant une plaque portant le nom Tàrtago. Les noms comportent toujours un secret et mon incomparable navigateur en détient, de toute évidence, la clef : « Il paraît que ces deux noms veulent dire respectivement Djerba et Carthage. À cause des Carthaginois qui se seraient cachés ici, après la deuxième guerre punique. »

il importe que, après vingt-deux siècles, la vallée revendique encore maintenant de fabuleux antécédents puniques. »

Il traverse aussi des villages remaniés par Mussolini où le souvenir du Duce est encore honoré avec boutiques de gadgets fascistes. L’auteur note avec humour 

« Il nous suffit de savoir que, par un perfide retour des choses Mussolini repose dans la via Giacomo Matteotti; locataire de sa propre victime »

Dans les Marches, il passe par les monts Sybillinsquel beau nom, qui évoque la Sibylle, les mystères, les forces cosmiques des orages, les ermitages et les couvents, Camaldules et Padre Pio… on approche du Gargano. 

Le Monte Sibilla n’était que le commencement. Je m’aventurais ensuite dans un territoire, au sud-est, où l’invisible prenait l’ascendant. Après les baleines volantes et les éléphants d’Hannibal rencontrés en Padanie, c’étaient maintenant des cavernes et des eaux souterraines qui se manifestaient.

Nous voici revenus aux eaux souterraines, comme au début de l’aventure, à ces eaux que le tunnel du TGV a volée, à l’eau qui manque…à l’exode rural. parce que la désertification des Apennins est aussi le thème principal.

L’Italie est tellement obnubilée par les clandestins, tellement braquée sur les extra-communautaires, qu’elle ne s’aperçoit pas que l’émigration interne s’est remise en marche. Dans les grandes largeurs

J’ai pris 13 pages de notes tant j’ai été enchantée de cette lecture. Incapable maintenant de tout restituer.

Vers la fin, quand il traverse la Basilicate et la Calabre j’espère croiser des routes que nous avons parcourues en juin 2019. En vain. En revanche il détecte ce que nous n’avions pas pu voir ni entendre : l’ombre de la n’drangheta et les rapports sociaux 

« En Italie, une voiture sert à faire savoir combien d’argent on a. Dans le Sud, elle sert en plus à autre chose : à indiquer son contrôle du territoire. Celui qui se gare de travers en occupant la moitié de la chaussée laisse entendre que quelque chose (ou quelqu’un) lui permet de le faire. »

Un beau livre à ranger à côté de ceux de Fermor, de Chatwyn, Durrelln  de Lacarrière, et de son compatriote triestin Magris.

Les liens du silence – Gilda Piersanti – LePassagePolar

LE MOIS ITALIEN/IL VIAGGIO – CALABRE

Bien que ce roman soit dans la collection de polars, j’hésiterais à le qualifier de « policier« , des meurtres, des enquêtes, certes mais pas le moindre carabinier dans cette histoire mafieuse. Chez les Cordellaro on règle les affaires en famille en effaçant les preuves ou les traces qui pourraient donner lieu à une enquête, on fait taire les témoins gênants, d’ailleurs inutile de leur demander de se taire, l’omerta règne. Vous avez compris, c’est une histoire de mafia, d’hommes d’honneur. En résumé, d’hommes. 

Et les femmes dans tout cela? Jeunes filles, elles seront promises à des héritiers prometteurs, pour souder des alliances, agrandir des domaines d’influence,  sceller des différends, comme les princesses autrefois au gré de la géopolitique. Il ne sera pas question d’amour, tout juste d’amour maternel, et encore, les enfants sont l’objet de chantage si la mère se rebelle. Rares sont les manipulatrices qui , comme l’Araignée, joueront de leur pouvoir pour avancer leurs pions,  fils ou neveux, dans les rivalités des clans. Nombreuses, les victimes, qu’on enferme dans le secret des grandes maisons et qui disparaissent mystérieusement.

 

Je croyais découvrir un village de  Calabre, berceau des Cordellaro. La romancière m’entrainera  à Zurich, Rotterdam où la famille a des succursales pour développer ses trafics. Magasins Bio ou Jus de fruits tropicaux pour couvrir les importations de cocaïne, bienfaisance pour exploiter les migrants, main d’œuvre bien utile dans les diverses récoltes de tomates ou d’agrumes. Ni vu, ni connu!

C’est un thriller psychologique où les manipulations, les exécutions, s’enchaînent. C’est aussi une histoire d’amour. Cela se lit bien, même si au début on s’emmêle un peu dans les relations familiales. Quand on est accroché on ne le lâche plus pour savoir la fin.

Matera – duomo et Musma (musée de sculptures modernes)

CARNET DU MEZZOGIORNO (Basilicate)

 

Duomo

Cathédrale : très baroque!

Cathédrale construite entre 1230 et 1270.

De l’extérieure la cathédrale est normande avec son haut campanile, ses murs très hauts, nus ses colonnes portées par des lions. Parente de celle de Bari, de Saint Nicolas de Bari, de celle de Trani….

A l’intérieur, c’est autre chose. On découvre tous les fastes du baroque avec des autels de marbre et de pierres dures. Un merveilleux plafond. Tout est grandeur dorures et stucs. Une Vierge (ou la Sainte Bruna) se tient sous un dais de velours grenat dans la nef.

Un audio-guide (2€) est proposé pour découvrir tous les chefs-d’œuvre. Cette journée très chargée en visites m’a épuisée. Je passe, distraite, en touriste négligente et repue. Nous aurions dû prévoir une journée supplémentaire à Matera. Il ne sera pas dit que ne serai pas entrée dans la cathédrale !

La promenade continue dans le Sasso Barisano vers le MUSMA – Musée de Sculpture Moderne et Contemporaine, établi dans le Palazzo Pomarici. Ce quartier sous la cathédrale est extraordinairement calme, pratiquement pas de terrasses de restaurants ou d’hôtels. En contrebas, une image presque buñuélienne de trois bonnes sœurs en cornette assises à une table d’un restaurant très chic. Image décalée, que je n’ai pas osé prendre en photo. Les dalles sont irrégulières, les marches aussi, usées, glissantes quand la pente est raide. Mes sandales de randonnée pourtant confortable refusent d’amortir les inégalités sous mes pas. Le soleil décline, la lumière est très belle. Je découvre ce quartier avec grand plaisir.

Le Palazzo Pomarici, aristocratique, fut construit en belles pierres de taille, en 1697, sur les toits des sassi. Ses collections permanentes  sont au 1er étage dans des salles claires et vastes. Sculpture italienne du 20ème siècle , et quelques œuvres contemporaines. Sculpture intéressante mais que je ne connais pas. Sans la fatigue de la journée, j’aurais copié consciencieusement les noms des artistes et les dates. Je me contente de prendre des photos des œuvres et des cartels. Pourtant certaines pourraient soutenir la comparaison avec des Bourdelle ou des Maillol.

J’ai quand même la curiosité de regarder une vidéo avec des interviews de migrants, précisé de l’intérieur et de l’extérieur, et de personnalités de Matera : le professeur d’italien, un prêtre gérant un foyer d’accueil. Matera se veut accueillante. Il est intéressant de noter que de nombreuses expositions d’Art contemporain intègrent ce genre de vidéos. Mauvaise conscience de ne pouvoir faire plus ?

La deuxième partie de la visite se déroule en bas dans les hypogées. Le palais fut construit sur 7 grottes, habitations ou ateliers d’artisans creusées en éventail dans la roche et s’ouvrant sur 3 cortili. Je suis surprise agréablement par la fraîcheur de ces grottes après mes pérégrinations sous le soleil et la visite des salles étouffantes à l’étage. Fraicheur et sentiment de paix. Qu’on est bien dans le ventre de la terre quand il fait plus de 30° dehors ! Dans la pestilence les anciens habitants des sassi avaient au moins le confort de l’art conditionné !

Une installation se tient dans cette crypte : Anche Quando l’Alba non C’era de Luis Gomez de Teran, né à Carracas mais vivant à Rome. Artiste de Street Art en résidence à Matera. L’appellation « street art » m’étonne. Il ne s’agit pas de peindre des grandes fresques mais plutôt d’adapter son art aux grottes et cryptes. Il utilise chacun de ces hypogées pour créer une installation différente dans la pénombre où l’on découvre aussi les vasques, citernes et niches creusées par les anciens habitants. Le plasticien y a placé d’étranges créatures de plâtre comme des enfants blancs rejouant la scène du péché originel, nus l’un tient la pomme, l’autre avec le serpent. Que vient faire dans cette scène un sac de toile chargé de poudre blanche qui se balance ?  Une autre installation s’intitule La Madona dell umido, allusion aux citernes et vasques ou clin d’œil à la Madona dell’Idris ?

18h, je reprends ma route sur la Via San Giacomo presque horizontale, agréable à parcourir après toutes les marches, douceur du soir qui tombe tôt. Une glace au citron sur la Via Ridola regret de pas avoir choisi un granite.

Retour à l’hôtel, valises, dîner de salami et de figues fraîches.

C’est la fin des vacances.

 

 

 

Matera – sasso Barisano – Casa di Ortega

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Casa di Ortega

Je n’ai pas renoncé à visiter la Casa di Ortega bien cachée dans le Sasso Barisano en-dessous de la cathédrale que ne n’ai aucune difficulté à trouver. Ensuite, cela se complique, sous les directives de Googlemaps je descends des dizaines de marches, par  la Via San Potito, le Recinto San Giacomo me retrouve sur la corniche de la  Civita où nous avons déjeuné hier., je remonte pour reprendre le guidage de Googlemaps qui m’envoie dans une ruelle étroite et noire barrée par des planches. Le même monsieur qui m’avait conseillé de retourner à la Cathédrale insiste « A la Cathédrale ! ». je traverse le parvis, trouve un escalier caché. Je tourne dans le Sasso Barisano depuis une bonne demi-heure. Elle est bien cachée la Casa Ortega ! D’ailleurs je suis la seule visiteuse. La jeune femme de la billetterie me tend un dépliant avec les miniatures et les titres des tableaux : « ici ce n’est pas un musée, c’est la maison de l’artiste, vous ne trouverez pas de cartel ni d’explication ». Puis elle présente l’artiste : Jose Garcia Ortega est né en 1921 en Castille. Accusé d’activité antifranquiste, il est condamné à 10 ans de prison, puis acquitté, il est forcé à l’exil à Paris. Arrivé par hasard à Matera en 1972 après que les sassi aient été vidés, il s’attache à cette ville dont la lumière et les couleurs lui rappellent la Manche où il est né. Avec un ami, il fait l’acquisition de cette belle maison et la décore. Deux cycles de tableaux, Passarono et Morte e Nascita degli Innocenti racontent la Guerre d’Espagne, les luttes antifascistes. La décoration de la maison est intéressante : majolique et azulejos dans la cuisine, je me crois en Espagne, salle de bain avec des carreaux modernes. Il y a même une chapelle peinte dans le Palazzo, » lombarde » dit la dame.

Ortega a voulu employer un matériau populaire et familier aux gens de Matera : le papier mâché (cartapesta) dont on se sert ici pour confectionner le char pour la fête de la Madonna della Bruna, (la fête est mardi prochain mais nous serons parties). En plus des reliefs dans le tableau ce matériau permet la reproduction. Ortega qui était communiste ne voulait pas entrer dans le système du « marché de l’art ».

Ces tableaux sont très originaux, surprenants dans leur simplicité et les couleurs. Dominent le Rouge et le Jaune, couleurs espagnoles, le Noir du deuil (ou du fascisme avec le kaki des uniformes), un peu de violet et d’orange. Les personnages sont stylisés, le dictateur reconnaissable à son uniforme, les mères éplorées, les canons et les fusils. Je regarde avec intérêt et sympathie ces cycles militants ; je ne suis pas sûre que cette peinture me plaise en tant que telle. L’intention me touche.

C’est en tout cas une belle rencontre, et inattendue.

 

 

 

 

Matera : Sasso Barisano – Louise Manzon à San Pietro in Barisano

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Monastèero di San Augustano

Agréable déjeuner à la pizzeria Austin très bien située sur une place en face du monastère de San Augustino (16ème – 17ème) avec une vue dégagée sur les sassi, pas de pizza pour nous mais baccala avec des poivrons séchés (plus pour le décor que pour le goût, ils sont si secs qu’ils sont immangeables et pour moi des spaghetti avec cime de rapa (légume intraduisible, avec des feuilles et fleurs de navet ressemblant à des brocoli) de petits morceaux de saucisse et les poivrons rouges secs.

Bien sûr, j’entre dans San Augustano qui a une très belle façade mais un intérieur blanc assez sobre et un bel orgue. Surprise : une église rupestre se cache à l’arrière de la grande église ; Elle est peinte à fresques mais récentes et assez décevantes.

La troisième église du billet collectif acheté hier est San Pietro in Barisano. D’après le plan, elle est tout près du restaurant. Malheureusement le plan n’indique pas le relief, je monte beaucoup trop haut sur la via Cesarea (Internet me réservera la surprise d’apprendre que San Basile était évêque de Césarée et depuis que nous sommes en Basilicate il est beaucoup question de moines basiliens) . De la via Cesarea je vois la pointe du clocher de San Pietro In Barisano qui semble me narguer. Je vois l’église, adossée à son rocher ; mais comment descendre ?

La Vierge de la consolation veille sur Mare Nostrum

L’église rupestre est vaste, aussi haute de plafond qu’une église construite. L’église primitive 12ème -13ème siècle a été agrandie et remaniée au 15ème , 16ème et 18ème siècle. On a creusé des chapelles latérales et la façade est de 1755. A l’intérieur on peut voir de nombreuses fresques, des autels sculptés et une jolie Vierge de la Consolation en tuffeau. Cet après-midi, après les visites du matin aux églises rupestres, ce ne sont pas les fresques qui retiennent mon attention mais une installation contemporaine de la Brésilienne Louise Manzon les sculptures sont soit en céramique, soit métalliques, les têtes de céramique se marient avec les matériaux de l’église.

Cette installation se nomme Aion nei sassi

« selon les Grecs ancien, pour indiquer l’heure, il y avait Aion, kronos et Kaïros »

Aion suppose la longue vie, l’éternité, la migration des femmes (et des hommes) mais ce sont les femmes qui sont représentées ici

« Un groupe de reines habillées par des vagues, emprisonnées dans une armure »

Ces reines africaines règnent au milieu de la nef.

Sur un cartel je lis Anime in attese (céramique, filet métallique) avec ces réflexions : « l’Attente est la condamnation du clandestin, l’Attente est patience sans se rendre. « 

1

Environ 120.000 ans : une femme en robe de mariée métallique, laiton, or ou cuivre, elle est très belle c’est probablement elle qui symbolise Aion, elle est très belle. Une autre, vêtue de noir a pour titre « peur d’espérer «

Ces mots résonnent en moi, comme les sculptures dans l’église.

Devant un autel, sous la Vierge et l’enfant, la sculptrice a installé trois poissons de céramiques, dans un ensemble Mare Nostrum, il mito parmi les trois poissons Scilla, nous en revenons avec l’évocation de l’Odyssée.

Cette exposition ne marie tellement bien avec les lieux, elle me parle, me voici réconciliée avec Matera 2019 qui n’est pas seulement l’arrivée en masse des touristes dans des « lieux touristiques » mais aussi un tremplin et un écrin pour une création contemporaine exigeante. Me voici comblée quand je découvre une installation inspirante.

Matera – Visite guidée des Sassi, Castello Tramontano

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Sassi

Rendez-vous à 9h30 sur les marches du Palais Lanfranchi. Le conférencier fait une introduction, situe la ville et sa gravine dans une structure géologique karstique. La roche est une calcarénite facile à travailler qu’on appelle aussi tuffo (rien à voir avec le tuf volcanique). Les moines basiliens construisirent 150 églises rupestres.

L’une des caractéristiques les plus intéressantes de la vie d’autrefois et qui a valu l’inscription de Matera au Patrimoine de l’Humanité  , est le système de récolte de l’eau de pluie avec des citernes et des terrasses favorisant cette récolte.

La récolte de l’eau : casa cisterna

Au 19ème siècle, Matera était comme une fourmilière. Des milliers d’hommes vivaient avec les animaux dans des conditions d’hygiène déplorable. C’est à la suite de la publication du livre de Carlo Levi que l’Italie s’émut de cette situation. En 1945, on a dit de Matera que c’était une honte nationale. 

La loi Gasperi 1952 préconisait l’évacuation des habitants des sassi et leur relogement dans des habitations décentes. Les transferts de population se firent dans les années 60. Pendant 30 ans on assista à la dégradation du site jusqu’en 1993 avec l’Inscription du site au patrimoine de l’Humanité. Aujourd’hui, le projet est plutôt de faire revenir les habitants en promouvant des activités commerciales et touristiques.4000 personnes se sont établis. Des anciennes citernes, on a fait des spas, des jacuzzis… Matera 2019 Capitale de la Culture Européenne, a dopé cet essor du tourisme.

La promenade nous conduit dans la rue principale, la seule rue carrossable des sassi. Elle ne date que de l’époque de Mussolini. Avant un torrent divisait le quartier. On y jetait les eaux usées et les ordures. La  via Ponte caveoso a gardé le souvenir d’un pont qui le franchissait.

La récolte de l’eau : vasques et citernes

Une maquette montre que la roche était creusée comme un gruyère, des structures verticales montre comment l’eau de ruissellement était captée. Une Casa Cisterna, meublée comme dans les années 50 laisse voir deux grosses citernes rondes et les conduites de la récolte d’eau. Il y avait également un petit moulin et on peut voir la mangeoire des animaux au fond de la grotte.

Comme nous sortons de la grotte, toues les cloches se sont mises à sonner ensemble en un parfait carillon. Nous montons ensuite au rocher Monterrone pour visiter les deux églises rupestres Santa Madonna dell’ Idris et San Giovanni Monterrone que j’avais découvertes par moi-même hier.

A la fin de la promenade à la boutique de l’Agence qui a organisé la visite et qui offre une dégustation des produits locaux. Autant la promenade en touktouk m’a déçue autant je suis ravie de cette visite guidée passionnante.

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Castello Tramontano

Nous ne voulons pas quitter Matera sans voir de près le Castello Tramontano qui  couronne la colline au-dessus de la ville. Construit en 1501 par le Comte Tramontano sa construction fut interrompue par l‘assassinat de Tramontano détesté de la population en 1514. C’est une courte mais agréable promenade.

Par les Sassi de Matera

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Matera : Monterrone

A 17h30 nous avons rendez vous avec notre chauffeur de touktouk de Apenelsassi, organisateur de circuits touristiques dans les sassi Ape l’abeille, fait référence à vespa, la guêpe, puisque l’engin est motorisé par une sorte de scooter. Au guidon, Noémie, étudiante très cool mais peu causante. J’attendais une visite guidée. Elle nous promène par la via Castelnuovo, dans le Sasso Cavuoso. Le touktouk fait des écarts pour éviter nids de poules et rigoles.

Casa grotta

Arrêt devant une casa-grotta (maison reconstituée, attraction touristique). Un petit film d’introduction dure 3 minutes, un rideau s’ouvre, je découvre la salle meublée, la cuisine le grand lit, trois marche lus haut le coin des animaux, l’âne, les cochons, quelques poules, derrière un rideau le seau hygiénique, entre les deux salles, la citerne de récupération des eaux de pluie. D’après les outils entreposés, je déduis que les habitants étaient des paysans ; l’histoire ne dit pas où se trouvaient leurs champs ; je pense à la fresque de Carlo Levi, je les imagine rentrant des champs avec l’âne…Où était donc le chemin passant la gravine ? La jeune fille qui a mis en route la vidéo dit juste « 3 €» encaisse sans m’adresser un mot, sans un regard, elle peint à la chaîne la crête rouge de coqs blancs. Je me sens flouée. Matera 2019 attire des foules de touristes qu’on plume sans aucun complexe. 60€ pour une heure de touktouk, service minimum, tourisme à la chaîne, souvenirs moches. Le site est magnifique mais il ne faudrait pas abuser.

Par les sassi

Le touktouk va, bringuebalant, dans le Sasso Barisano, arrive sur la place de la Cathédrale – arrêt photo de 2 minutes seulement. Sommes-nous en retard sur l’horaire ? Nous avons le sentiment mitigé de ne pas en avoir eu pour notre argent.  On s’attendait à une visite guidée, pas à un taxi. Mais c’était la seule façon pour Dominique de pénétrer dans les Sassi.

toukouk : ape nell sassi

18h35, 25°C(10° de moins qu’hier), lumière idéale pour les photos. Je suis impatiente de repartir pour découvrir par moi-même Matera qui est une ville qui se visite à pied. Je reprends la rue Castelnuovo qui passe sous nos fenêtres, suivant un parcours fléché, j’arrive sur la corniche dominant la gravine. Les grottes sont barrées simplement de quelques planches ou par des portes de fer. Cette zone non restaurée est notée Zone archéologique. Au bout de la corniche un monastère :  convincio Sant’Antonio – fermé. Je monte des marches, dévale des escaliers et m’aperçois que je suis sur un chemin de croix, Via Crucis (les stations sont indiquées). Une église superbe est encore ouverte : Santa Lucia alle Malve (pas vu les mauves) . Pour 7 €, un ticket donne accès à trois églises. J’ai de la chance : l’église est vide. J’ai donc le loisir de contempler les fresques de cette église creusée dans le rocher 9ème siècle utilisée par les bénédictines dont les cellules du monastère étaient dispersées dans les grottes aux alentours jusqu’en 1283. Forte de mon expérience de jeudi à S Falcione, j’essaie de retrouver le plan d’une église grecque et l’iconostase (d’après le papier, il en reste des traces. Cette église a été habitée, les plans originaux sont difficilement lisibles. Les colonnes auraient été transportées dans la cuisine. Je m’attache à observer les fresques (photos interdites), Vierge allaitante 13ème siècle, Saint Michel, Saint Nicolas, Saint Jean Baptiste, que je reconnais mais aussi des inconnus ? Comme à saint Falcione, il y a un mélange d’éléments byzantins et latins.

A la recherche de la Madonna dell’ Idris

Mon ticket est valable pour la Madonna dell’ Idris. Je dois la trouver avant le coucher du soleil. Je passe par un dédale de courettes. Un homme, à la fraîche, arrose ses lauriers-roses et ses dipladenias (qui ne craignent rien, ni froid, ni chaud ni sécheresse). Sur les murs il y a aussi des touffes sauvages, genre de brassicacées (crucifères) bleues, toujours pas de mauves malgré Sainte Lucie, des buissons de câpres fleuris. Des rochers comme des chicots, délimitant des patios. Je cherche à faire des photos, pas facile de trouver des angles.

A la Madonna dell Idris, j’ai moins de chance : la grotte est bondée. Consolation : ces touristes ont un conférencier qui explique très bien. Ce nom Idris n’a rien à voir avec le prénom arabe, Idris, c’est l’eau (l’Italien supprimant les h des mots grecs,  je ne les identifie plus). Sur le tableau au-dessus de l’autel, la Madone a un broc que le guide montre avec son stylo-laser (seule je ne l’aurais pas vu). Le nom ne vient pas de ce détail mais des vasques et citernes ; Le maître-autel en marbre blanc réalisé en 1804 encombre et empêche de bien voir les fresques. Un passage fait communique cette église avec une autre église rupestre San Giovanni in Monterrone. Le guide montre un Christ Pantocreator. De nombreuse fresques sont en cours de restauration. La restauration doit être bien compliquée avec les palimpsestes, images superposées au cours des siècles, par exemple cette Vierge avec sa robe ample qui a le visage barbu de Saint André. Si une fresque en recouvre une autre, laquelle privilégier ? la plus ancienne ? la plus belle ? A la place où devrait se trouver l’autel il y a une mangeoire. L’église a servi d’habitation, les hommes vivaient avec leurs animaux.

Je suis, complètement désorientée. A force de tourner dans les courettes, de rochers en escaliers, je n’ai plus aucune idée de la direction à prendre pour rentrer. Je monte à l’aveuglette des marches, passe sous des arches. Enfin je trouve le Palais Lanfranchi et la  Via Lucania. Il y a même un supermarché pour les yaourts du dîner et des fruits excellents chez le marchand de fruits et de verdure !

 

Carlo Levi : Lucania’61

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Carlo levi : lucania61

Le Palazzo Lanfranchi est Le Museo nazionale d’Arte Medievale e moderna

Les animations de Matera 2019 s’y sont aussi installées si bien que seul le rez de chaussée est ouvert à ceux qui n’ont pas pris le passeport Matera 2019.

Cela ne fait rien, une seule œuvre va me combler Lucania61’ de Carlo Levi très grand tableau peint (18.50mx3.20m) peint à l’occasion du Centenaire de l’Unité Italienne, fresque immense en trois tableaux, avec de nombreux personnages. Mario Soldati, Guttoso, dans plusieurs vidéos passionnantes, analysent l’œuvre. Guttoso compare Lucania61 à un opéra de Verdi, en effet le tableau en a le lyrisme et le panache. On peut découper en trois parties, trois actes. Trois paysages : la caverne (comment ne pas penser aux sassi ?), le retour des paysans au village (on pense à Aliano et à son livre Le Christ s’est arrêté à Eboli), l’assemblée sur une place de la ville autour du poète Rocco Scotellaro (la ville, la politique).

Carlo Levi : Lucania61, dans la caverne, le passé, la mort

Trois âges : le passé et la mort, le présent et le travail des paysans, l’avenir et la lutte politique en vue d’un meilleur futur. L’enfer, la vie misérable dans la caverne avec les animaux, la misère et le deuil. Le retour des champs des paysans : le purgatoire et la dure condition paysanne.

Le retour des champs, comme une fuite en Egypte,

le paradis que promet le poète….

Je pourrais rester des heures devant ce tableau, chercher les détails que l’auteur a cachés, décrire les couleurs, découvrir dans l’ouverture de la grotte verte les tombes du cimetière. Dan le village aux maisons blanches détailler chaque femme qui nourrit ses enfants, comparer le retour des paysans sur l’âne à une fuite en Egypte….

L'avenir, autour du poète, l'action politique?

Si bien éblouie que je regarde presque avec indifférence les tableaux de Luigi Guerricchio , peintre de Matera qui aurait mérité plus d’attention.

Arrivée à Matera (1)

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Matera

Matera avait surgi comme un miracle au Belvédère du parc de Murgia. En arrivant de Metaponto, on se retrouve sur le plateau et, on entre par la ville moderne pour rejoindre le centre rapidement. Matera n’est pas une ville facile pour les automobilistes. Notre chambre d’hôte, Alberosa, est Via Lucana, une artère bien roulante qui contourne la ville historique, accès et parking facile. Sa fenêtre et le petit balcon s’ouvrent sur la Via Castelnuovo, faisant allusion à des maisons « neuves » au 16ème ou 17ème siècle , appartenant déjà à la ville historique. Nous avons de la chance, il reste une chambre au rez-de-chaussée, toute blanche, proprette, simple mais très confortable. Notre hôtesse nous organise deux excursions, l’une cet après midi en touktouk, la seconde demain matin à pied.

J’aime bien apprivoiser une ville, me repérer sur un plan, avant de l’étudier plus avant. Le matin, nous avons essayé d’aller le plus loin possible avec la voiture. Nous avion fixé comme but la Casa Ortega dont nos guides font une description très tentante. D’après la carte, c’est facile avec le nom de la rue confié au Navigatore. Nous demandons aux passants « c’est dans les sassi ! »Impossible d’accéder en voiture, le Navigatore de la voiture n’est d’aucune utilité ! La présence des voitures portant une carte « handicapé » est tolérée mais il faut téléphoner au numéro inscrit sur le panneau. Selon les Italiens, il n’y a pas de problème. Le problème c’est qu’on ne tombe pas sur un policier au commissariat mais sur une boîte vocale. Déjà en français, les boîtes vocales, je n’aime pas trop mais en Italien c’est mission impossible. La voix artificielle me demande des détails sur la date d’obtention de la carte….J’espère que nous n’aurons pas de mauvaises surprise au retour. Les contraventions nous suivent. C’est cela aussi l’Europe !

Un bar dans un monastère?

La Casa Ortega est introuvable. Je descends demander de l’aide dans un bar situé au Monastero de Santa Lucia le serveur nous recommande de nous gare près de la montre molle (en face de l’Exposition Dali) et de monter l’escalier. Aucune indication visible ! Dans ce coin, les sassi sont bien restaurés mais transformés en B&B ou en restaurants. Je ne croise que des touristes ou des commerçants affairés. IL y a beaucoup de jolies terrasses, j’y déjeunerais volontiers, mais comment faire avec toutes ces marches ?

San Pietro caveoso

Nous continuons la promenade en voiture jusqu’à la Piazza San Pietro Cavenso. Panorama spectaculaire, arrêt photo. L’église est très belle. Le plafond est peint. Encore des fleurs pour un mariage. On se marie beaucoup à Matera, on vient même du Luxembourg pour s’y marier, comme l’a raconté le guide, l’autre jour.

le plafond peint de San Pietro

Pour déjeuner nous retournons au bar installé dans les ruines du Monastère Sa Lucia. Au menu, bruschetta, panini au pain de Matera. Nous commandons deux panini, roquette, pecorino et moi jambon- provolone. Des tranches en forme de cœur, l’intérieur d’une belle croute craquante, un pain dense, un peu jaune, délicieux. Et bien, sûr un espresso !