Matera – duomo et Musma (musée de sculptures modernes)

CARNET DU MEZZOGIORNO (Basilicate)

 

Duomo

Cathédrale : très baroque!

Cathédrale construite entre 1230 et 1270.

De l’extérieure la cathédrale est normande avec son haut campanile, ses murs très hauts, nus ses colonnes portées par des lions. Parente de celle de Bari, de Saint Nicolas de Bari, de celle de Trani….

A l’intérieur, c’est autre chose. On découvre tous les fastes du baroque avec des autels de marbre et de pierres dures. Un merveilleux plafond. Tout est grandeur dorures et stucs. Une Vierge (ou la Sainte Bruna) se tient sous un dais de velours grenat dans la nef.

Un audio-guide (2€) est proposé pour découvrir tous les chefs-d’œuvre. Cette journée très chargée en visites m’a épuisée. Je passe, distraite, en touriste négligente et repue. Nous aurions dû prévoir une journée supplémentaire à Matera. Il ne sera pas dit que ne serai pas entrée dans la cathédrale !

La promenade continue dans le Sasso Barisano vers le MUSMA – Musée de Sculpture Moderne et Contemporaine, établi dans le Palazzo Pomarici. Ce quartier sous la cathédrale est extraordinairement calme, pratiquement pas de terrasses de restaurants ou d’hôtels. En contrebas, une image presque buñuélienne de trois bonnes sœurs en cornette assises à une table d’un restaurant très chic. Image décalée, que je n’ai pas osé prendre en photo. Les dalles sont irrégulières, les marches aussi, usées, glissantes quand la pente est raide. Mes sandales de randonnée pourtant confortable refusent d’amortir les inégalités sous mes pas. Le soleil décline, la lumière est très belle. Je découvre ce quartier avec grand plaisir.

Le Palazzo Pomarici, aristocratique, fut construit en belles pierres de taille, en 1697, sur les toits des sassi. Ses collections permanentes  sont au 1er étage dans des salles claires et vastes. Sculpture italienne du 20ème siècle , et quelques œuvres contemporaines. Sculpture intéressante mais que je ne connais pas. Sans la fatigue de la journée, j’aurais copié consciencieusement les noms des artistes et les dates. Je me contente de prendre des photos des œuvres et des cartels. Pourtant certaines pourraient soutenir la comparaison avec des Bourdelle ou des Maillol.

J’ai quand même la curiosité de regarder une vidéo avec des interviews de migrants, précisé de l’intérieur et de l’extérieur, et de personnalités de Matera : le professeur d’italien, un prêtre gérant un foyer d’accueil. Matera se veut accueillante. Il est intéressant de noter que de nombreuses expositions d’Art contemporain intègrent ce genre de vidéos. Mauvaise conscience de ne pouvoir faire plus ?

La deuxième partie de la visite se déroule en bas dans les hypogées. Le palais fut construit sur 7 grottes, habitations ou ateliers d’artisans creusées en éventail dans la roche et s’ouvrant sur 3 cortili. Je suis surprise agréablement par la fraîcheur de ces grottes après mes pérégrinations sous le soleil et la visite des salles étouffantes à l’étage. Fraicheur et sentiment de paix. Qu’on est bien dans le ventre de la terre quand il fait plus de 30° dehors ! Dans la pestilence les anciens habitants des sassi avaient au moins le confort de l’art conditionné !

Une installation se tient dans cette crypte : Anche Quando l’Alba non C’era de Luis Gomez de Teran, né à Carracas mais vivant à Rome. Artiste de Street Art en résidence à Matera. L’appellation « street art » m’étonne. Il ne s’agit pas de peindre des grandes fresques mais plutôt d’adapter son art aux grottes et cryptes. Il utilise chacun de ces hypogées pour créer une installation différente dans la pénombre où l’on découvre aussi les vasques, citernes et niches creusées par les anciens habitants. Le plasticien y a placé d’étranges créatures de plâtre comme des enfants blancs rejouant la scène du péché originel, nus l’un tient la pomme, l’autre avec le serpent. Que vient faire dans cette scène un sac de toile chargé de poudre blanche qui se balance ?  Une autre installation s’intitule La Madona dell umido, allusion aux citernes et vasques ou clin d’œil à la Madona dell’Idris ?

18h, je reprends ma route sur la Via San Giacomo presque horizontale, agréable à parcourir après toutes les marches, douceur du soir qui tombe tôt. Une glace au citron sur la Via Ridola regret de pas avoir choisi un granite.

Retour à l’hôtel, valises, dîner de salami et de figues fraîches.

C’est la fin des vacances.

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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