Sulciana, la route du Sud-ouest de la Sardaigne jusqu’à Baia delle Ginestre

CARNET SARDE

Dernier bain à Cala lunga

Après un dernier bain à Cala Lunga eau tranquille malgré le vent, nous quittons Sant’Antioco pour la dernière étape l’Ecovillage Baia delle Ginestre.  Court voyage d’une quarantaine de kilomètre en suivant le chemin des écoliers : SS 126 puis SS 195 (Sulciana) et enfin des petites routes qui nous conduisent à Porto Pino.

Porto Pino

Porto Pino

Porto Pino est une station balnéaire chic et pittoresque au bout d’un petit cap. La route passe entre deux étangs enchâssés dans les vignes cultivées à flanc de collines couvertes en leur sommet par des forêts. Calme des étangs, pas de flamants roses, à la place des aigrettes et des goélands. Une piste en bord d’étang conduit au Parking des Dunes. On voit s’approcher une grande dune blanche éblouissante qui sépare l’étang de la plage. Les voitures se pressent au parking (6€/journée pour els voitures,4€/ motos, 10€ pour les camping-cars. Raisonnable pour la journée mais cher pour ne rester que quelques minutes juste pour voir la dune de plus près. Les gens trainent leur matériel sur roulette pour passer la journée à la plage. Nous faisons un arrêt sur le bord de l’étang avant d’aller voir le village : un petit port sur un canal, des villas cachées à l’ombre des pins d’Alep qui ont donné le nom à Porto Pino. Une très belle plage dans les standards italiens lettini et parasols assortis, cordons pour barrer le passage aux promeneurs, bar et restaurants de plage dans de jolies cahutes, sable blanc qu’on ne foule pas, il y a des cheminements en caillebottis, l’eau a une couleur merveilleuse menthe glaciale, des petites vagues mais pas trop agitée. Selon le guide Vert, à l’arrière de la zone militaire une troisième plage serait ouverte en juillet et Aout, fermée aujourd’hui.

Un joli bois de pin parcouru par des pistes sableuses occupe le cap. Des maisons, des restaurants sont construits dans la verdure.

Porto di Teulada

Retour sur la Sulciana (SS 195) pour 11 km le long de la zone militaire, ratons la route pour Sant’Isodoro, puis SP 71 pour Porto di Teulada à côté du petit port de Porto Tramazzu.

Pique-nique sous la belle tour ronde Torre del Budello (construite en 1601 – désarmée en 1843, d’une hauteur de 11.80 m) Sous la domination piémontaise elle a servi contre la contrebande. La tour est construite sur un chaos granitique. Après tout le volcanisme que nous avons vu dans le sud-ouest de la Sardaigne, les gros blocs de granite dépaysent.

Torre del Budello

Le long de la SP 71 qui fait une corniche les schistes affleurent, tantôt argentés, tantôt verts ou gris. Aux alentours de Baia delle Ginestre, les schistes argentés brillent sur la mer bleu foncé.

L’écovillage Baia delle Ginestre est un gros village de vacances occupant le versant d’une colline au-dessus d’une petite plage. Les bungalows s’étagent le long de chemins très pentus, certains ont des terrasses à l’étage, d’autres de plain-pied, comme le nôtre, tous ont une belle vue sur la mer toute proche. Une grande piscine à mi-pente est bordée par un bâtiment où peuvent se dérouler des activités diverses, en-dessous s’étagent des terrains de jeux pour petits et grands. La réception se trouve près du restaurant dans un grand bâtiment qui abrite aussi des chambres d’hôtel.

Baia delle Ginestre : notre bungalow

Evidemment, les voitures ne circulent pas le long des chemins en pente, trop étroits. Les parkings sont en haut, juste en-dessous de la route. Nous comprenons immédiatement que Dominique ne pourra pas quitter seule le bungalow, la montée est trop raide et trop longue. La dame de la réception, et tout le personnel, sont très dévoués, ils nous conduisent avec la voiturette de golf électrique et proposent de revenir la chercher quand elle voudra bouger. Prisonnière, certes, mais dans un très joli endroit fleuri avec vue sur mer avec tout le confort : télévision, climatisation, grande salle à vivre, grande terrasse….

Je descends à la plage.  Puis vais nager à la piscine assez  grande pour faire des longueurs

Villasimius, Cala Molentis, une plage de cinéma…

CARNET SARDE

Une plage de rêve

Villasimius est une station balnéaire réputée qui a deux musée et un Office de Tourisme. Nous nous étions promis d’y revenir et j’avais envie de reprendre la route en corniche.

Après San Priamo nous suivons la direction de Capo Ferrato le long de l’étang de Collostrai que nous devinons de la terrasse de Dolce Luna. Route se prête à une promenade à pied, tranquille. Des aigrettes blanches et des mouettes se posent sur l’étang, mais pas de flamants. A 9h30, la circulation s’intensifie. Nous suivons les voitures jusqu’à un parking ombragé (8€/journée) sans doute une belle plage. Comme le but de la journée est Villasimius nous ne rentrons pas dans le parking. La route se transforme en piste bien carrossable. A une bifurcation nous ne savons plus quelle direction prendre. Pas de connexion Internet, donc pas de GPS. Nous revenons à San Priamo et reprenons les routes connues SP 97, Costa Rei, Olia Speciosa SP 20 qui double 4 voies, SS 125 var. Je suis déçue : j’avais vraiment apprécié l’itinéraire de lundi, j’espérais retrouver les plages où je m’étais baignée. Nous passons devant la Colonie Pénitentiaire de Castiadas transformée en Museo del territorio : deux grands bâtiments 19ème siècle roses, l’un repeint, l’autre qui tombe en ruine, dommage pour la symétrie. (on est revenues plus tard dans la semaine, le musée a déménagé mais où ?)

Plusieurs détours pour retrouver enfin la SP18 et la route littorale à Cala Sinzias et enfin la magnifique corniche bordée de lauriers roses, un blanc et un rose qui alternent. Nous surplombons la mer turquoise. L’île Serpentara porte bien son nom, serpent ondulant couché sur la mer.

La plage de cinéma de Cala  Molentis ***

Cala Molentis

Bien cachée, en épingle à cheveux passant sous la route, la piste qui conduit à la Punta Molentis signalée par le panneau « hôtel Oleandro ». le parking s’étale sur plusieurs centaines de mètres. Il est tout juste 10 h et il est presque complet. Des familles entières, des groupes de jeunes, portent fauteuils, parasols et glacières. Sans cette foule, la plage serait sublime. Eau bleu lagon, rochers de granite, sable blanc en font la plus belle plage qu’on puisse imaginée. Surclassée Santa Giulia de Porto Vecchio où nous étions l’an passé, pourtant très belle ! Une plage de cinéma ! Etrangement, le sable a été colonisé mais il n’y a personne dans l’eau, ou plutôt une seule fille qui nage vigoureusement. La présence de bateaux à moteur n ‘est pas très rassurante. Un zodiac emmène des plongeurs, un voilier blanc se balance, le bateau de promenade est à quai. La présence de bouées blanches, orange et jaune me sécurise. Je nage jusqu’au bateau blanc, puis jusqu’à la balise blanche. L’eau est cristalline, immobile, le paysage merveilleux. Je pourris multiplier les traversées de la petite anse à l’infini. Je retrouve ici le plaisir de nager en mer.

Villasimius ne mérite pas le déplacement. Nous avions contourné cette station balnéaire assez quelconque guidées par le GPS qui nous avait mené par des rues aux noms évocateurs, Dante Alighieri, Elena d’Arborea, Vittorio -Emanuele  II , Manzoni…) Toute l’histoire d’Italie et de Sardaigne passe dans un  labyrinthe de ruelles. A pieds, c’est plus facile mais sans intérêt. Boutiques de souvenirs (corail, tissus) textiles moches, agences immobilières (prix astronomiques d’un simple parking). Le Musée me refuse l’entrée à 12h30 alors que la fermeture est à 13h. perte de temps ; nous aurions mieux fait de rester plus à la Cala Molentis.

Sur le chemin du retour, nous cherchons un restaurant de plage. Introuvable.  Le 2 juin, on scie, on ponce, on peint, on prépare la haute saison. Les rares restaurants ouverts sont entourés de tant de voitures qu’il est inutile de chercher à s’en approcher. Les clients sont arrivés bien plus tôt. Négligeant le Capo Ferrato où nous aurions mieux fait de nous attarder, nous rentrons directement au gîte. Je prépare un rapide déjeuner de salade de tomates, mozzarella et olives, yaourts.

Aux heures chaudes (29°C) Nous nous adonnons à l’activité la plus appropriée : la sieste sur les lits de plage de la terrasse. Le soir, courses à Muravera (Crai) et baignade à San Giovanni.

 

Installation à Dolce Luna, Muravera

CARNET SARDE

dolce Luna : la vue au petit matin

16h, le portail de l’Agriturismo Dolce Luna est fermé.

– « Vous êtes en avance ! » me fait remarquer le propriétaire au téléphone qui nous attendait à 17h. –« Pas de problème nous irons à la plage ! ».

Torre Salinas et la plage

Juste en face du portail, une petite route conduit à trois plages longeant un étang peuplé de flamants roses. Au bout Torre Salinas une belle tour carrée est perchée sur un petit cap dominant un hôtel blanc (Hôtel club Torre Salinas). La plage est immense, sable blanc ponctué de parasols colorés que chacun apporte de chez soi. Au niveau de l’Hôtel, les installations balnéaires sont discrètes, parasols et lits blancs, déserts. Comme souvent, l’après-midi, la Méditerranée est agitée de petites vagues qui ne sont pas gênantes pour nager. En revanche, l’eau est peu profonde et il faut aller loin pour que les genoux ne râclent pas le sable.

17h, le portail de Dolce Luna est grand ouvert. Andrea nous fait signe de garer la voiture au parking couvert de panneaux photovoltaïques. Cinq maisons rondes à toit conique en branchages composent la petite résidence à flanc de colline, face à la mer. Quand nous avons réservé sur Booking, nous avions aimé ces cases « africaines ». Construites en solides blocs de granite elles m’évoquent aujourd’hui les nuraghes. Nous allons découvrir les mêmes dans la montagne authentiques huttes des bergers. L’intérieur de la maison est très vaste. Divisée en deux, une moitié est une salle de séjour moderne et confortable au plancher clair et aux meubles de cuisine colorés, l’autre moitié est occupée par la grande chambre et une confortable salle d’eau. Tout le confort est fourni, Wifi, micro-onde, cafetière électrique, lave-linge, et la climatisation. Gentilles attentions :  des capsules de café et des « brioches » pour le petit déjeuner, et une petite bouteille d’alcool de myrte.

Devant l’entrée : une terrasse ombragée par un toit de bois soutenu par des piliers de granite meublée d’une grande table au plateau de verre, des fauteuils gris tressés. Deux lits de plage complètent le mobilier de jardin. Notre « jardin » est bordé par une haie basse de romarin doublé de Verbena rigida rampante violette. A la place d’une pelouse, un tapis de fleurettes blanches à pompons ressemblant un peu au trèfle. I-Naturalist a déterminé Phyla à fleurs nodales : « excellent couvre-sol supporte le piétinement et ne nécessite ni tonte, ni engrais, un seul arrosage par mois suffit. Une excellente alternative au gazon » selon Internet. Un arrosage automatique est prévu ici, de nuit, une sorte de brume vers 3 h du matin.

Plus bas un verger de jeunes oliviers (irrigués) couvre le flanc de la colline. Au coin, un jeune caroubier porte déjà des caroubes. Plus loin, le maquis est touffu mais pas assez haut pour masquer la vue. Cette vue sur la mer, l’étang et les collines est merveilleuse. Une colline pyramidale couverte d’arbustes porte la tour carrée, Torre Salinas sur sa falaise. Lhôtel blanc fait penser à un paquebot. Une bande de sable et de buissons sépare la mer bleu foncé de l’étang – Stagno delle Saline – dont la surface varie en fonction de l’heure, tantôt pâle miroir opalin, tantôt ridé par le vent avec des zônes plus claire qui apparaissent. Les flamants roses s’alignent, se regroupent s’envolent tous ensemble dans un vol groupé. Vers le sud, de l’autre côté de la pyramide, l’Etang de Colostrai est caché par un grand bois d’eucalyptus et la mer est réduite à un trait bleu profond. Tout à fait au sud, le Capo Ferrato aligne une série de petites montagnes pointues. Cette vue dégagée est intéressante, changeante selon la lumière. De toute la semaine nous ne nous en lasserons pas.

les oranges de Muravera

Les courses sont à Muravera à 8 km plus au nord. Gros bourg de 5600 habitants, bâtie le long de la SP 125. La circulation N/S est curieusement déviée par l’extérieur le long d’un canal cimenté. On ne découvre les magasins et l’animation qu’après avoir fait le détour.

Nous terminons la soirée à la tombée de la nuit quand les moustiques deviennent insistants. Je n’ose pas allumer la lumière de peur d’en attirer d’autres.

Le sentier des douaniers : Saint Aygulf/Les Issambres – Fréjus

CÔTE D’AZUR

les Issambres Port Ferréol

L’Office de Tourisme de Fréjus propose une randonnée de 12 km(A/R) sur le sentier des douaniers du port de Saint Aygulf à la Calanque du four à Chaux en passant par 4 calanques.  On doit  remonter sur la route et retrouver le sentier aux Issambres. Aucune trace de cette randonnée sur Visorando. 

La plage de Saint Aygulf est bordée de très grands parkings payants (pour l’été). De l’autre côté de la route se trouvent les étangs de Villepey?

Saint Aygulf sentier côtier

Du parking, il faut passer le pont, je trouve le sentier des douaniers au bout du port de Saint Aygulf. Il est très agréable, cimenté avec des marches faciles. les petites criques se succèdent. Les rochers brillent au soleil avec leurs paillettes de mica. Ce sont des gneiss. Parfois, la schistosité est tellement marquée que les dalles ressemblent à du vieux bois avec ses veines en relief. parfois les cristaux blancs sont en relief comme des clous. Les cakiliers aux feuilles épaisses fleurissent bleu presque mauve. je trouve aussi une grosse orchidée Orchis géant (selon Pl@ntNet).

Il fait très beau, l’eau est transparente. Malgré la fraîcheur, plusieurs plongeurs chassent ; on voit leurs bouées orange. Le parcours est beaucoup plus facile qu’à Saint Raphaël même quand la banquette de ciment a disparu. A la calanque du Four à chaux je ne trouve plus ni marque jaune, ni passage. il faut remonter sur la route et je n’ai aucune idée de quand je vais retrouver le sentier.

les Issambres : viviers gallo-romains

J’appelle donc Dominique et nous continuons en voiture jusqu’au petit port de Ferreol aux Issambres . Le sentier côtier mène aux Viviers gallo-romains. les Romains élevaient des murènes et des muges(mulets) et les conservaient vivants dans des bassins creusés dans les rochers qui communiquaient entre eux avec un système de vannes. 

Je reprends le sentier des douaniers où je l’avais laissé à la Calanque du four à chaux , retrouve Dominique au parking de la plage et nous piqueniquons sur la plage bordée de beaux palmiers. Comme hier, je me promène sur la plage au bord de l’eau et arrive jusqu’à l’estuaire de l’Argens qui serpente sur la plage en déroulant ses méandres. L’Argens est une belle rivière avec un débit rapide : intraversable à gué. un sentier piétonnier va vers les étangs bordés de hautes cannes des roseaux, joncs et peuplé d’oiseaux. C’est un endroit très paisible, dépaysant « petite Camargue » selon la brochure de l’Office de Tourisme.

la ville de Fréjus

Fréjus Cathédrale et tour

Fréjus et son clocher pointu domine la plaine sur sa butte. C’est une petite ville provençale avec ses placettes ombragées de platanes rigoureusement élagués, ses maisons hautes, ses rues commerçantes étroites. elle est bien différente de la station balnéaire avec ses immeubles modernes alignés  le long de la corniche, ou son « port » marina de promoteurs immobiliers.

la ville romaine

Hermès bicéphale au Musée Archéologique

C’est aussi une ville historique : ville romaine fondée par Jules César en 49 av. JC. D’où son nom de Forum Julii. Elle dominait un  port important où l’on abrita les 300 galères prises à Cléopâtre et Marc Antoine lors de la bataille d’Actium (31 av.JC) . La maquette du Musée Archéologique montre une ville romaine importante avec son théâtre, son amphithéâtre, son forum…Mais on ne retrouve pas la ville entière sur un site archéologique : les monuments sont dispersés dans la ville actuelle. Le théâtre est dans un quartier pavillonnaire, nous avons vu l’aqueduc ans la campagne et sommes passées le long des murailles impressionnantes. la géographie a changé, la côte était située à l’intérieur des terres actuelles. 

Antéfixes

Une mosaïque entière a été déplacée, elle est visible au Musée : une panthère encadrée de motifs géométriques (j’en ai vues de plus spectaculaire à Naples, en Tunisie, à Chypre…). on a reconstitué une pièce d’une villa romaine avec ses peintures intérieures. Rien d’exceptionnel non plus.

En revanche la tête de Zeus en marbre et celle d’Hermès bicéphales sont de très belle facture.

la Cathédrale et le cloître 

Fréjus : cloître

La façade de la cathédrale est cachée par un échafaudage, j’entre dans le narthex très vaste , très haut, encadré de 4 énormes piliers  surmontés d’un clocher roman pointu tandis qu’une tour carrée coiffe l’abside de la nef. . je suis étonnée par les dimensions impressionnantes de la nef (13ème) siècle que rien ne laissait présager de l’extérieur. Le plan montre que deux églises furent accolées.

le baptistère est très ancien, daté du 5ème siècle, il comporte une niche 2ème/3ème siècle

Planchettes peintes au plafond de la galerie du cloître

Le cloître est tout à fait merveilleux. 12ème -13ème siècle  d’assez petite taille mais sur deux niveaux. Le plafond de la galerie est remarquable ; il a un rôle porteur grâce aux solives transversales avec un système d’encorbellement. entre ces solives de petites planchettes sont peintes ; il y en avait 1200, il en reste 300.  Œuvres de peintres ambulants au 14ème siècle sur des thèmes religieux mais aussi profanes donnant une image de la vie avec un goût prononcé pour la farce : scènes de chasse, de chevalerie, danse, jeu personnages hybrides, chimères.

 

 

Saint Raphaël, Fréjus et le Cap Dramont

CÔTE D’AZUR

porty de Poussai : barques

Pluie au réveil et prévisions météo médiocres. 

9h15, le dimanche matin, la route d’Agay à Saint Raphaël est déserte. Nous avions prévu de longer le bord de mer, laisser la voiture au « vieux port » et de se retrouver un peu plus loin au port de Plaisance, Dominique en voiture et moi à pieds. D’après notre documentation, un marché des pêcheurs se tiendrait au vieux port. Poisson pour déjeuner?

Passé le grand et moderne Palais des Congrès, la circulation est déviée: le Carnaval se tiendra cet après-midi. La déviation nous conduit à l’intérieur de la ville et à la sortie à Fréjus. Fréjus et Saint Raphaël se touchent : un pont les sépare.

A Fréjus, c’est jour de marché qui se tient sur la corniche en bord de mer. Les marchands forains ont déballé leurs étals : fringues « pas du tout Côte d’Azur », bas de gamme. Sur une place, un peu en retrait se tient le marché alimentaire.

Sur le front de mer de Fréjus, des immeubles de ciment, constructions un peu vieillottes. Au rez de chaussée des cafés et des restaurants populaires et bien sympathiques. Nous retournerons à Fréjus, la ville historique est intéressante avec des antiquités romaines.

Saint Raphaël : vieux port

Encore une déviation et nous revoilà au Palais des Congrès de Saint Raphaël et nous trouvons une place de parking au port Santa Lucia où je peux retrouver l’itinéraire prévu sur la corniche et observer les préparatifs du Carnaval. Un vigile me chasse alors que je m’approchais pour photographier un éléphant. Plus loin on gonfle des animaux colorés : éléphant bleu, zèbre, panda qui s’envoleront comme des cerfs volants. 

Saint Raphpaël : Carnaval

Stèles et statues, et nom des rues commémorent le Débarquement de 20.000 GI le 15 Aout 1944. 

Un autre débarquement s’est déroulé à Saint Raphaël  : le 9 octobre 1799, Bonaparte, de retour d’Egypte, célébré par un obélisque et rappelé par le jardin Bonaparte qui surmonte un parking, jardin contemporain très réussi. En 1814, Napoléon s’embarque de Saint Raphaël pour l’Ile d’Elbe. 

le Marché des pêcheurs, poissonnerie moderne ne correspond pas à ce que j’imaginais.

Déjeuner à La Canne à Sucre

Pendant que j’arpentais la Croisette, Dominique a exploré la série de restaurants qui bordent le port Santa Lucia et a retenu une table à La Canne à Sucre joli petit restaurant avec une terrasse derrière des rideaux de plastique transparent : jolie salle blanche et bleue bien décorée au thème marin. L’accueil est très chaleureux : le patron se tient à la porte, invite les passants, il passe entre les tables, présente els plats, les desserts et revient bavarder avec les clients. Au menu, plats de poissons et salades exotique, y compris arménienne. La marmite du pêcheur luxueuse avec homard, gambas, poisson, moules et crevettes est à 44€. Nous nous contentons plus modestement de moules et Frites pour Dominique et sardines grillées. Mention spéciale pour les frites-maison délicieuses. le serveur commente « je les ai épluchées, coupées.. » Un café gourmand pour terminer. Nous recommandons!

Randonnée au Cap Dramont

la plage du Camp Long vue de la Batterie d’Agay

la  promenade commence à La Plage du Camp Long qu’on trouve sur la route principale en direction d’Agay. La quitter au  panneau « Tikki plage ». Le sentier part du parking (balisage jaune).

Première étape : La Batterie d’Agay (installations militaires qui ont servi aux Allemands) . Elle est située sur un piton, le panorama à 360°. la mer est merveilleuse, verte, transparente dans la crique du Camp Long, bleue brillante vers Agay avec des roches rouges très découpées et le vert des pins et des buissons. les asphodèles sont prêtes à fleurir.  La lavande déjà fleurie ne sent rien, trop frais. Les chêne-liège ont des troncs tortueux, les pins sont fournis. 

Cap Dramont

Pour grimper au Sémaphore (terrain militaire grillagé) une route cimentée très raide est en construction. Arrivée en haut, il n’y a rien à voir et il faut redescendre par le même chemin.

Le sentier littoral est très bien entretenu et très fréquenté en corniche sur un versant très escarpé. les roches rouges sont spectaculaires.

Cap Dramont Île d’Or

Le Port de Poussaï est très mignon avec ses petites barques colorées et de vrais bateaux de pêches. En face, sur l’Île d’Or, se dresse une haute tour.

Agay, résidence Agathos notre bastidon

De retour à la Résidence Agathos, à notre bastidon, sous une belle lumière nous traversons notre pelouse pour profiter de « notre » plage, la Plage des Beaumettes , je découvre les très belles maisons du voisinage. Dommage il fait trop frais pour se tremper les pieds!

Le Cousin Pons – Balzac

LESCTURE COMMUNE : BALZAC

le cousin Pons et son spencer-Empire

Le Cousin Pons est un roman très sombre de la Comédie Humaine.

Sylvain Pons est un musicien qui a eu son heure de gloire sous l’Empire

« auteur de célèbres romances roucoulées par nos mères, de deux opéras joués en 1815 et 1816… »

Il a gardé de cette période faste, le costume spencer démodé au temps où se déroule le roman (1844) et l’habitude des dîners fins en ville qu’il fréquente encore pique-assiette, toléré à la table de lointains cousins d’une famille bien élargie d’où son nom de « Cousin Pons ». Il vit chichement de son poste de chef d’orchestre dans un Théâtre de Boulevard en compagnie d’un pianiste allemand Schmucke. Les deux musiciens sont inséparables, dans le quartier on les appelle « les casse-noisettes ». Ils logent rue de Normandie dans le Marais et la portière de la maison, Madame Cibot tient leur ménage.

En plus de la gourmandise, Pons a une autre passion : la brocante. Alors que les  Camusot, le notaire Cardot, le comte Popinot méprisent ce parent pauvre,  une anecdote suggère l’importance de la collection d’art de Pons : il offre un éventail décoré par Watteau, dédaigné par la Présidente de Marville qui ne connaît même pas le peintre et qui lui joue un sale tour. C’est le début de la brouille entre Pons et ses parents fortunés. C’est aussi l’entrée en scène de madame Cibot, la portière.

Pons faisait de vains efforts pour répondre, la Cibot parlait comme le vent marche. Si l’on a trouvé le moyen
d’arrêter les machines à vapeur, celui de stopper la langue d’une portière épuisera le génie des inventeurs.

Tandis que la famille de Pons le méprise, madame Cibot éclairée par  le brocanteur Rémonenq découvre la valeur des tableaux du Musée-Pons qui contient des Raphaël, Dürer, et des objets exceptionnels. 

« Ici commence le drame, ou, si vous voulez, la comédie terrible de la mort d’un célibataire livré par la force des
choses à la rapacité des natures cupides qui se groupent à son lit »

Rejeté par ses parents, Pons tombe malade et se trouve sous l’emprise de Madame Cibot qui va tendre le piège fatal pour dépouiller les musiciens naïfs. Elle trouve dans le quartier des complices qui ont tous intérêt à profiter de cette bonne fortune : le brocanteur, le marchand de tableau Magus,  le médecin Poulain, l’homme de loi Fraisier et toute une clique peu recommandable. La machination est infernale. L’issue inéluctable. le lecteur assiste à l’agonie du musicien puis à celle de son ami.

« mais, après tout, vois-tu, la vie est bien triste, les entrepreneurs chipotent, les rois carottent, les ministres
tripotent, les gens riches économisotent… Les artistes n’ont plus de ça ! dit-elle en se frappant le cœur, c’est un temps à mourir… Adieu, vieux ! »

Balzac détaille tous les rouages de cette machine infernale et les dessous de l’ascension sociale de ces intrigants impitoyables. Et comme d’habitude, il nous surprend par une visite chez une voyante, une autres dans les coulisses du théâtre. On ne s’ennuie pas sauf pendant les commérages et bavardages de la Cibot, mais c’est à dessein….

Une pause pour le blog pendant la découverte de la Côte d’Azur

Découvrir les villages perchés

. Parcourir les sentiers côtiers . Se promener dans les Maures et l’Esterel. Retrouver ces paysages peints par les artistes les plus fameux.

Des vacances comme un stage d’histoire de la peinture du XXeme siècle

Des randonnées à couper le souffle

Quand aurais je le temps d écrire ?

A bientôt à notre retour

428 – Une année ordinaire à la fin de l’Empire Romain – Giusto Traina – Les Belles Lettres

EMPIRE ROMAIN

Giusto Traina est universitaire, professeur d’histoire ancienne. Il s’agit donc d’un livre d’Histoire sérieux bourré de bibliographie et de notes (100 pages). Ce livre n’est pourtant pas inaccessible au profane, des cartes permettent de s’orienter dans les toponymes parfois oubliés.

Pourquoi l’auteur a-t-il choisie cette année 428? La réponse est dans le titre : une année ordinaire dans l’Empire romain,  peu d’évènements marquants : le roi d’Arménie est déposé, incapable, à la demande des nobles arméniens, fin d’une dynastie. Nestorius, évêque d’Antioche, vient prendre le poste d’évêque de Constantinople. Nous suivons son périple de Syrie à la Ville, traversant l’Anatolie.  Nous allons, d’ailleurs, beaucoup voyager au cours de cette lecture, dans l’empire et à ses frontières – limes.

Ravenne : mausolée de Galla Placidia

A la tête de l’Empire d’Orient, se trouve Théodose II, entouré de sa sœur Pulchérie et de sa femme Eudoxie. Les controverses religieuses sont vives entre courants ecclésiastiques et monachisme , des conciles se réunissent pour éliminer les hérésies, Theodorius sera d’ailleurs déposé au concile d’Ephèse (431)  . On rencontre en Syrie Siméon le stylite qui attire les foules perché sur sa colonne de 9 m de haut, Rabboula,  d’une rigueur ostentatoire.  A côté de l’orthodoxie l’arianisme est adopté par les Goths, manichéisme et zoroastrisme viennent de Perse et ont des adeptes. Le paganisme est encore vivace, sous forme de syncrétisme parfois, ou plus officiellement à Athènes où les philosophes font encore école. Eudoxie, l’impératrice est grecque et ne s’est convertie au christianisme à son mariage. Les controverses religieuses m’ont paru assez absconses pour la non-spécialiste que je suis et j’ai parfois lu en diagonale. 

Ravenne San vitale pour le plaisir

A la tête de l’Empire d’Occident : Valentinien III est le cousin de Théodose II. mais on note la forte personnalité de Galla Placidia, fille de Théodose Ier et mère de Valentinien. La capitale politique de l’Empire d’Occident est Ravenne . A Rome, règne le pape Celestin et les sénateurs se réunissent encore. Le paganisme résiste encore. La ville se remet du sac d’Alaric (410) et se reconstruit. 

Les Barbares ne menacent pas encore l’Italie, si les Burgondes sont installés en Aquitaine, le général Aetius remporte en 428 une victoire à Cologne et à Mayence sur les Francs. D’ailleurs les armées d’Aetius comportaient des barbares des Huns notamment.   L’auteur note que :

« comme dans le poème de Kavafis En attendant les Barbares, les membres du clergé de Gaule voyaient dans l’invasion une solution à leurs problèmes »

En 428 Gunderic, roi Vandale, s’empare de Séville. Les Vandales étaient établis en Espagne avant de déferler sur l’Afrique du nord. Ils étaient convertis à l’arianisme.

En Afrique du nord, nous rencontrons Saint Augustin, évêque d’Hippone âgé de 74 ans. 

Nous avons ainsi fait un tour de la Méditerranée avant de nous intéresser à l’EgypteCyrille, adversaire des Juifs et des païens dirige une véritable milice à Alexandrie. Le christianisme se développe dans les fractions populaires non hellénisées en une église copte. Chenouté abbé des communautés cénobites du Monastère Blanc est un représentant du peuple opprimé. Le Ramasseum et les temples païens sont martelés. mais il reste encore des traces des religions préchrétiennes. Le temple d’Isis à Philae est encore ouvert au culte. 

De l’Egypte on passe en Palestine avant de terminer le périple en Perse...

Un beau voyage!