Carnavalet : La Révolution, ses fêtes

TOURISTE DANS MA VILLE

17 Prise de la Bastille

Le Musée Carnavalet, mérite de nombreuses visites. Ses collections sont si riches, les explications si fournies qu’il est inimaginable d’épuiser son intérêt en quelques visites. Après celle du XVIIème et XVIIIème siècle au premier étage nous sommes allées au second pour les souvenirs révolutionnaires. Seul bémol, il faut marcher beaucoup pour atteindre l’escalier qui mène au deuxième étage et traversant des salles magnifiques, je traîne pour découvrir de nouveaux tableaux ou objets que je n’avais pas remarqué précédemment. 

En introduction de la section Révolution, un panneau présente la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

 

déclaration 1789

 

Les symboles auxquels je n’ai jamais prêté attention sont décryptés comme ce serpent qui mord sa queue, ou ces allégories. De beaux tableaux historiques vont raconter par le détail les différents épisodes de la Révolution.

Serment du jeu de paume 20 juin 1789 – Jacques Louis David (101 cmx66cm)

La liste des députés, répartis selon les Trois états avec leurs profils figure sur un mur. En plus des tableaux racontant un évènement historique, des portraits des divers révolutionnaires les « objets dérivés » sont très variés et amusants, cela va du bouton, de la médaille, à la tabatière ou boîte à bonbons jusqu’au poêle monumental

un poêle en faïence représentant la Bastille

Une salle entière illustre la Fête de la Fédération (14 Juillet 1790) où 50.000 gardes nationaux organisés par La Fayette défilèrent au Champ de Mars . Des  gravures montrent les travaux réalisés avec brouettes, pelles et outils. Un grand tableau est commenté en détail et raconte en détail la cérémonie. 

Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.

On peut reconnaître les participants, les députés sur des gradins à droite, au- dessus dans la loge sous une tente, Marie Antoinette tenant le Dauphin, la Fayette et son cheval blanc puis alignés les troupes qui défilent, les Parisiens… on a vraiment l’impression de participer à l’évènement.

D’autres tableaux et gravures représentent des fêtes données à cette occasion : l’illumination de l’Hôtel de Ville, des joutes sur la Seine, un bal à l’emplacement de la Bastille. Je n’aurais  jamais imaginé des rassemblements d’une telle ampleur.

Objets dérivés

Une pièce entière raconte la fuite à Varennes(1791), l’emprisonnement au Temple (maquette du Temple qui a disparu) mobilier, jeux, vêtements de Louis XVI et de Marie-Antoinette….

Boucles d’oreilles guillotine (19ème siècle)

1793 mort de Marat  occupe tout un mur, tableaux, divers objets on voit les portraits de Danton, Robespierre, Saint Just et des objets leur ayant appartenu (serviette en cuir de Robespierre, cocardes). 

Un tableau montre la panthéonisation de J.J. Rousseau (inhumé à Ermenonville en 1778) dont les restes ont été illuminés au milieu du bassin des Tuileries (10 octobre 1794). on panthéonisait beaucoup et on dépanthéonisait aussi!

Fête de l’Etre Suprême 20 Prairial an II – 8Juin 1794

Sur proposition de Robespierre, le Culte de l’Etre Suprême donna lieu à une fête grandiose au Champ de Mars où l’on éleva une butte portant l’Arbre de la Liberté et la statue d’Hercule tandis que Cèrès était assise au milieu de la foule. Des fumée d’encens sont visibles . Comme aux autres évènements, on assiste à la Fête comme si on y avait participé.

Le Directoire met fin  à la Terreur, de nombreux portrait furent peints par des femmes qu’on a maintenant oubliées : AdélaÏde Binart, Marie Geneviève Boulhard…

Dans des vitrines on voit les pendules à plusieurs cadrans permettant de mesurer le temps avec le calendrier de l’ancien régime et le calendrier révolutionnaire. Les nouveautés sont cataloguées : système métrique, décimal….En face des tableaux figurent des monuments du Patrimoine réunis au Musée des Monuments Français créé en 1795 au couvent des Petits Augustins pour héberger les monuments détruits à la Révolution.

Avec Bonaparte, nous quittons la période révolutionnaire.

Après cette visite qui a mobilisé toute mon attention, je suis moins studieuse. Je range mon carnet de notes et traverse « en touriste » le 19ème siècle. Il faudra que je revienne avec l’esprit frais. Il reste encore la période romantique, le XXème siècle. De quoi occuper une nouvelle journée!

Surgères

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN

l’église de Surgères vue de l’extérieur des remparts

Une ceinture de remparts enserre le château et ses jardins. La place forte était gardée par des tours (initialement 20), édifiés au XVIème siècle et entourés de douves. Elle protège les bâtiments seigneuriaux et l ’Eglise Notre Dame.

E n 1703, un manoir rectangulaire remplace le « donjon mal logeable ».

Surgères : tour de gué

Au XIXème siècle le château passe à la Municipalité de Surgères. Depuis, de nombreux services communaux y sont logés : la Mairie dans le manoir, le CCAS, la Médiathèque et les services sociaux< ; Au hasard de ma promenade, je découvre une très belle Porte Renaissance, presque un arc de triomphe aux décors antiques de crânes de bœufs alternant avec des rosaces.

Surgères : Porte Renaissance

La merveille est l’église romane dont la façade est magnifiquement sculptée, six arches encadrent le portail surmonté de trois fenêtres.

Surgères : cavalier

Deux cavaliers encadrent la fenêtre centrale. Comme ils ont été décapités on ne sait pas s’il s’agit des nobles chevaliers Hugues de Surgères et Geoffroy de Vendôme, les commanditaires ou de l’Empereur Constantin. Le troisième registre est un fronton triangulaire sobre. Autour des arches, les voussures sont variées ; pointes de diamant et entrelacs.

Surgères église

J’ai surtout aimé la frise des centaines de personnages et d’animaux fabuleux séparant les registres, modillons et métopes, cordons.

Surgères décor roman

A l’intérieur : sobriété de l’architecture romane.

Continuant le tour des remparts je découvre un jardin de roses très parfumées où l’on a installé des plaques métalliques avec des poèmes.

3

La petite ville de Surgères est jolie. Je pensais y trouver le dîner mais je peine à trouver des yaourts. Il y a bien des banques, des commerces d’habillements, des pâtisseries et traiteurs mais pas de crèmerie ni de fruits et légumes ! Evidemment à cette heure, le marché couvert est fermé.

Chez Lorette à Mauzé-sur-le Mignon

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN20

18 heures, nous arrivons à Mauzé-sur-le-Mignon (79) où nous avons réservé une chambre d’hôtes Chez Lorette.  Mauzé-sur-le-Mignon est une petite ville d’environ 2800 habitants, pourvue d’une Gare SCNF (mais gare fermée avec seulement des automates pour els voyageurs qui n’ont pas acheté leur billet sur Internet(sur Internet on parle de halte ferroviaire et non de gare). La place herbue est très vaste, on y a installé un kiosque à musique blanc. Il y a deux supermarchés (Intermarché et Liddl) et quelques petits commerces (deux maisons de la Presse, au moins deux boulangeries mais comme c’ est lundi c’est bien mort. Même pas un restaurant ouvert, seulement le foodtruck sur la place.

Le long de la Grand Rue, s’alignent les maisons étroites à deux étages toutes de la même hauteur les toits de tuile semblant se raccorder, même volets de bois. Notre gîte est au numéro 55. Au rez de Chaussée de belles pièces à vivre et derrière un joli jardin très fleuri avec une petite fontaine glougloutante des tables et des chaises longues pour l’été (on est en août mais on ne le sent pas).

Notre chambre est à l’étage, elle donne sur la rue. Meublée d’un grand lit, d’une sorte de console en demi-lune, décorée d’une reproduction de belle taille du Baiser de Klimt. Un filet doré sur le papier peint se marie avec le Klimt, motif doré sur les double-rideaux. Bon goût, on apprécie. Sur ma table de nuit,  La Plage Noire de Maspéro que je commence illico mais que je n’aurai pas le temps de finir.

 

Le petit déjeuner Chez Lorette est un chef d’œuvre : yaourt fait maison, salade de fruits frais servie dans un bocal de conserve en verre, une tranche de gâteau qui ressemble à du pain d’épice en plus aérien, jus d’orange, un petit coffret de bois contient des mini-bocaux de miel  (deux sortes) et des confitures maison.

La salle à manger est un véritable spectacle, entre brocante et jardin d’hiver avec de nombreuses plantes vertes qui s’étalent à tous les étages et une galerie de curiosités. Pas de quoi s’ennuyer non plus.

La Porte du Voyage sans retour – David Diop

LIRE POUR LE SENEGAL

Gorée : la maison des esclaves

« La religion catholique dont j’ai failli devenir le serviteur, enseigne que les Nègres sont naturellement esclaves. Toutefois, si les Nègres sont esclaves, je sais parfaitement qu’ils ne le sont pas par décret divin, mais parce qu’il convient de le penser pour continuer à les vendre sans remords. 

je suis donc parti au Sénégal à la recherche des plantes, des fleurs, des coquillages et des arbres qu’aucun autre savant européen n’avait décrit jusqu’alors. Les habitants du Sénégal ne nous sont pas moins inconnus que la nature qui les environne. Pourtant nous croyons les connaître assez pour prétendre qu’ils nous sont inférieurs. »

Merci à Babélio et au Seuil pour  ce voyage au Sénégal et au voyage dans le temps, à la fin du 18ème siècle jusqu’à l’Empire! Merci pour cette lecture passionnante et poétique!

Du même auteur,  David Diop, j’avais beaucoup aimé Frère d’Ame lu à sa parution et dont la lecture à Avignon par Omar Sy m’a enthousiasmée (podcast France Culture, Avignon Fictions). Quand Babélio m’a proposé ce livre, j’ai sauté sur l’occasion et encore une fois j’ai lu ce livre avec un grand plaisir. 

Le titre, La porte du voyage sans retour, évoque clairement la Traite Atlantique. la première fois que j’ai entendu cette expression c’était à Ouidah au Bénin. Puis à Gorée où se déroule une partie du récit.  

La Porte du Non-retour Ouidah

L’esclavage n’est pas le seul thème évoqué dans le roman de Diop. Le personnage principal du récit est un Savant du Siècle des Lumière, Michel Adanson, personnage qui a vraiment existé, qui a débarqué en 1750 à Saint Louis du Sénégal pour décrire flore et faune de la région, cartographier, étudier les coutumes…Le jeune homme a appris le wolof et s’est lié d’amitié avec un jeune prince, Ndiak,  qui l’introduit au plus près de la population. 

Le livre est aussi une réflexion sur la culture orale des Sénégalais, par un Encyclopédiste qui passera le reste de son existence à écrire son encyclopédie. Le botaniste, proche de la nature, reconnaît l’importance des croyances africaine :

 » Malgré mon cartésianisme, ma foi dans la toute-puissance de la raison, telle que les philosophes dont j’ai partagé les idéaux l’ont célébrée, il me plaît d’imaginer que des femmes et des hommes sur cette terre sachent parler aux arbres et leur demandent pardon avant de les abattre. Les arbres sont bien vivants, comme nous, et s’il est vrai que nous devrions nous rendre comme maîtres et possesseur de la nature, nous devrions  avoir des scrupules à l’exploiter sans égards pour elle. « 

C’est une histoire d’amour impossible. Orphée et Eurydice. 

Portrait de madeleine : marie-Guillemine Benoist (1800)

C’est aussi une relation de voyage aventureux et une exploration des paysages, des mœurs, aventure et magie.

Des surprises, rien n’est convenu, pas de manichéisme non plus, chaque personnage apparaît sous plusieurs points de vue….

Je n’en dis pas plus, lisez-le!

 

Déjeuner au Lac d’Urbino – Ghisonaccia et ses arbres remarquables

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Lac d’Urbino

Lac d’Urbino

Nous nous étions promis de retourner au Lac d’Urbino et d’y manger de la petite friture, au restaurant sur pilotis au-dessus de l’eau. Cadre paisible et charmant que nous avions apprécié.

Sous notre table, attendent deux goélands qu’on leur lance quelque petit éperlan. L’un d’eux est même très insistant ? Des mulets de belle taille attendent aussi, ils se contentent des des restes qui ont échappé aux goélands.

friture d’éperlans

Les éperlans sont de très petits poissons salés et citronnés. Ils sont servis avec des légumes : fines languettes de courgettes comme des tagliatelles, des carottes comme des vermicelles de minces poivrons rouge et jaunes sautés dans de l’ail et du persil. Une coupelle d’aïoli pour les poissons. Tout est parfait.

Fin de la promenade sur le ponton

Une promenade a été aménagée le long du lac, sur des planches d’abord puis à couvert sous les pistachiers et les chênes verts. La salsepareille s’accroche un peu partout. Le sentier sort enfin au soleil entre des buissons de salicorne, puis se termine sur un ponton qui s’enfonce dans la partie du lac ouvert comme une petite mer où l’eau est profonde et agitée.

Achats dans la jolie boutique.

Ghisonaccia

Ghisonaccia est une petite ville animée sans charme particulier. L’attraction touristique originale : deux arbres remarquables dans les environs à 5 km vers l’ouest.

U Lentiscu ‘il manque un personnage pour donner l’échelle

U lentiscu (Pistachier lentisque) est énorme, âgé peut-être de 1000ans.

l’arbre-oiseau

Arburacellu,- l’arbre-oiseau  est un chêne-liège haut de 20-25 mn âgé de 200 à 230 ans qui a développé des protubérances liégeuses formant comme les ailes écartées d’un oiseau à la suite d’un incendie ou de la foudre. Sur le sentier des plantes sont identifiées avec des étiquettes en plastique (celles qu’on utilise dans les jardins), plantes communes que je n’aurais pas remarquées : camomille maritime, mauve, vipérine, bardane, asperges sauvages…

l’Osmonde royale

Coup de chance, Monsieur Goletto, le « découvreur » de l’arbre-oiseau est sur place et accueille les visiteurs avec toutes les explications. Il nous fait découvrir une autre merveille l’Osmonde royale (Osmunda regalis) une fougère buissonnante de 205m d’envergure dont le rhizome spongieux se trouve à proximité de la rivière. Les sporanges forment des épis bruns. Dans le lit de la rivière on pourrait observer des cistudes mais elles sont farouches et se cachent.

 

Pour terminer cette belle journée nous retournons à la plage Calzarellu. On y arrive par une allée d’eucalyptus géants puis on passe devant la Tour de Calzarellu décorée, de graph street-art . Elle fut édifiée en 1930 par FORTEFF , un établissement  d’exploitation forestière pour surveiller le port d’où les barges chargeaient le bois. le soleil est enfin sorti, le sable blanc et l’eau bleue. Il y a de jolies vagues mais pas méchantes, derrière la vague je peux nager tranquillement.  Au pied de la tour, se retrouvent les boulistes du village.

Au Pays Basque à la recherche d’un abri pour la nuit

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

La côte découpée du Pays Basque

15h40, Bilbao, sans un regard pour le Guggenheim puisque j’ai les yeux fixés sur les panneaux. Nous négligeons les stations balnéaires de Getxo et de Plentzia trop proches de Bilbao . Nous empruntons la route côtière qui domine la mer de très haut. Cette portion de côte est très inhospitalière, pas de plages . En ce samedi ensoleillé et chaud, les gens sont installés dans les prés, parasol et sièges pliants avec la vue sur la mer, comme à la plage. Pas de villages, de belles fermes basques sont dispersées dans les prés bien verts bien pentus abrités par d’épaisses forêts aux alentours.
Je commence à m’inquiéter pour l’hébergement. ce n’est pas ici que nous allons trouver le petit hôtel de nos rêves avec une chambre avec vue sur la mer comme nous en avons pris l’habitude : la dame de l’Office de Tourisme m’a recommandé les fermes de l’agrotourisme.

Complet à Bekio!
Bekio et Berméo, stations balnéaires, sont assez décevantes. Dans l’étroit espace coincé par la montagne, les immeubles se tassent le long de la route, très hauts, très laids. Bekio affiche complet.

Dernière chance à Berméo

Berméo

A l’office de tourisme de Berméo, on retient pour nous par téléphone la dernière chambre disponible de l’auberge de Manu à ( km dans la montagne.

la Venta : notre gîte

La Venta est une belle bâtisse en pierre, cubique, dans un petit hameau avec une petite chapelle et un curieux cimetière. La vue est magnifique sur le vallon vert. L’accueil est incroyable : un homme lave un quad, il me demande si c’est l’office de tourisme qui nous envoie et continue tranquillement à laver son engin. Je me dirige vers le bar : personne,  à la réception, personne non plus . L’homme arrose tranquillement le quad, prend son temps pour fermer l’eau puis vient au comptoir. Il me demande mon nom  et vérifie si c’est bien celui de la réservation. Carte d’identité, il remplit la fiche en silence, me tend une clé « c’est au premier étage », puis il disparaît. J’ai tout juste le temps de lui demander le prix « 37 euros »,. Il ne nous a même pas demandé combien de nuits nous comptions rester ni si nous dînons. Je jette un  coup d’œil à la carte : le coup de fusil !

Plage de Mundaka

Plage sur la Ria de Guernica3

Nous descendons rapidement à la mer . Déception, il n’y a pas de plage à Bermeo, il faut aller jusqu’à Mundaka, à l’entrée de la Ria de Guernica . la plage est minuscule et bondée, le pire est le parking.
C’est marée basse, nous laissons les gens entassés sur le sable sec et nous installons près des rochers couverts d’huîtres. L’eau est chaude, sans une ondulation. Je nage comme en piscine le long d’un  filin portant des flotteurs jaunes. Un peu plus loin vers le large, des surfeurs, debout, glissent sur les vagues de la mer ouverte. Un curieux bateaux rouge chargé d’estivants, fait des allers et retours . Où vont ils ? Dans quelle plage cachée inaccessible aux voitures ? De l’autre côté de l’estuaire, un plage magnifique, immense de sable clair. Si nous faisons abstraction de tous les gens entassés derrière nous, le site est magnifique dans cette crique enchâssée dans des rochers gris aux formes bizarres, bleu de la mer, vert vif des collines.

Nous faisons halte aux miradores, admirons les falaises et les îles de la côte découpée, le petit port de Bermeo, vu d’en haut   puis grimpons au sommet d’une colline pour pique-niquer au coucher du soleil.

 

 

Escapade au Portugal

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Traversée en bac

Un petit tour au Portugal

3€19, 12 minutes, le petit bac  à fond plat traverse le Minho. Nous abordons à Caminha , une très jolie ville ancienne fortifiée. A l’entrée de l’estuaire, une forteresse, sur un îlot garde la frontière. Il faut croire que les Portugais se méfiait plus des Espagnols que l’inverse. Les fortifications se trouvent du côté portugais.

Pavés, sardines, nous sommes au Portugal !

Nous découvrons une très jolie place pavée comme il se doit au Portugal, petits pavés déployés en éventail autour d’une fontaine à deux vasques et pignon central décoré. On arrive à la place par une arche sous la Tour de l’Horloge carrée surmontée par un curieux assemblage de ferronnerie portant cloche et girouette. Autour de la place, de belles maisons blanches aux parements de granite. Autour des fenêtres et des portes, le granite est travaillé avec des motifs géométriques curvilignes, sobres mais élégants. Une église blanche parée de granite aux courbes baroques. Des cafés et des boutiques. Chez les marchands de journaux, on trouve le Monde et des cartes postales. Les rues qui partent de la place sont aussi pavées et bordées de maisons anciennes carrelées, certaines de bleu, de brun, de carreaux fantaisie. Les vérandas fermées espagnoles ont disparu ainsi que les immeubles à étage. Les maisons sont aussi de plus petites dimensions, un étage tout au plus, un fronton triangulaire et des tuiles en pente.
Dans les rues, des marchandes de poissons poussent devant elles de petites charrettes à bras ? Elles sont vêtues de jupes courtes froncées et d’un tablier. Leurs sardines, maquereaux, dorades et poissons sabres sont frais on les dirait vivants ? Tout nous semble gai, simple, agréable. Impression agréable de retrouvailles avec le Portugal, connu et sympathique. Nous sommes allées trois fois au Portugal, quatre fois si on compte l’escale à Lisbonne en route vers le Cap Vert. Impression que les gens sont plus accueillants, plus francophiles, plus francophones aussi. Les Espagnols qui ne font aucun effort spécial pour les touristes étrangers, leur « diga » pressé me glace quand je dois bredouiller une phrase.
Nous retrouvons aussi toute une ferblanterie ancienne, des balais de bois, des barbecues et des gazinières antiques en étalage dans la rue. Commerces un peu vieillots, un coiffeur à l’ancienne. Nous avons beaucoup de plaisir à flâner dans les rues et entrons dans les pâtisseries plus appétissantes qu’en Espagne.
Notre hôtesse de Boa Vista à Santiago nous avait recommandé d’acheter des textiles : en effet, des nappes brodées et des torchons sont en étalages dans les magasins de souvenir. C’est ici que Dominique achètera ses cadeaux : une magnifique parure en éponge (26€).


Au déjeuner Baccalao

Nous espérons retrouver des croquettes de morue dans les bars. L’un d’eux propose sur un tableau noir écrit à la craie du baccalao. Je demande si on peut en acheter pour emporter « para llevar ». Je mélange portugais et espagnol, personne ne s’en offusque. D’ailleurs le barman parle français. Il nous montre la carte. Pour 12€, un ration suffira bien pour deux personnes. Nous faisons des rêves de gastronomie ! Il nous faudra revenir, la morue n’est pas cuite. Je dis qu’on viendra à une heure, le serveur proteste, ce sera prêt bien plus tôt ! Confusion, nous aurions dû changer nos montres, nous avions oublié le décalage horaire ! Cette histoire d’heure accentue le dépaysement !

A l’Office de Tourisme, on m’a donné un  plan avec un petit circuit de visites : petite église baroque : retable très, très doré et orgue peint. Une petite chapelle (très dorée elle aussi !). Le baroque portugais est encore plus doré que l’espagnol. La cathédrale est en rénovation : des échafaudages cachent une église imposante en granite gris (qu’on croirait neuf) avec des créneaux. La façade est curieuse : une belle rosace et un encadrement Renaissance très original. Pas de photo pour cause d’échafaudage .Nous montons sur la colline pour découvrir un couvent, façade baroque portugais peinte en blanc parements de pierre tout en courges et en volutes. A l’intérieur, azulejos bleus et blancs.

A une heure de chez nous (midi du Portugal) nous allons chercher le bacalao bien emballé dans trois barquettes. Il faut faire vite pour trouver un coin pique-nique avant que cela ne refroidisse. Bizarre, cela ne sent  pas du tout le poisson mais les pommes de terre!

Nous montons au mirador (nous sommes des fanatiques des miradors) sans le trouver. Les petites ruelles pavées montent très raide entre de grands murs blancs qui enferment des jardins exubérants. Rangées d’agapanthes bleues et blanches. (Les agapanthes sont pour moi associées à Madère). J’ai peur que le poisson ne se renverse tellement la voiture gravit des pentes raides. Faute de mirador, nous nous arrêtons sur une petite plate-forme avec une table et des bancs de pierre.
En ouvrant le cher plat (13E75), je découvre des pommes de terre bouillies dans la première barquette, du chou et des œufs durs dans la deuxième, de la morue bouillie, du chou et des œufs durs dans la troisième. Pas de sauce, le tout est bouilli tout simplement. Pour le prix c’est un peu décevant ! Mais c’est bon et très abondant.
Nous redescendons par les ruelles entre les belles maisons  fleuries, on se dirait à Funchal pour la pente !

Plage

Nous essayons de trouver une autre plage que celle que nous connaissons déjà. Plus au sud, la côte ressemble à celle d’Oia avec des rochers déchiquetés. Nous retournons donc à Moledo à la plage de Dimanche.
Grand vent ! les Portugais ont installé des pare-vents : bandes de toiles colorées sur des piquets. Nous nous réfugions dans la dune. Bizarrement il y a beaucoup moins de vagues. C’est la fête des planches à voile et des Windsurfs. Nous regardons les évolutions des voiles colorées. En revanche, pas de surfeurs ! La plage est presque vide, assez de monde pour l’égayer, mais beaucoup d’espace. Il fait frais, je fais un effort pour faire ma promenade rituelle, les pieds dans l’eau. Cela me fait du bien, quand je reviens, je n’ai plus froid mais une furieuse envie de me baigner . les vagues sont moins fortes que dimanche mais j’ai beaucoup de plaisir à me sentir soulevée.
Retour par le bac. Le Portugais employé à placer les voitures a travaillé sur une pelleteuse à Sarcelles et même découvert une bombe de la première guerre mondiale avec un trésor en monnaie d’époque. Il est très sympathique « Portugais, Espagnol, français, nous sommes tous Européens ! »

L’autre bout du fil – Andrea Camilleri

Le mois de Mai, Mois de la littérature italienne se termine avec Camilleri, L’autre bout du fil, dernier opus sorti en français de la série policière, dicté par l’auteur malvoyant. Je suis retournée avec grand plaisir à Vigata pour retrouver Montalbano et son équipe, Fazio, l’inénarrable Catarella et la trattoria d’Enzo. J’ai aussi souri à cette langue « le Camillerese » comme la nomme Serge Quadruppani dans une longue et affectueuse introduction sous forme de lettre ouverte à Montalbano. Loué sot ile traducteur qui imprime une saveur méridionale à sa traduction. Comme j’aimerais être meilleure italiénisante pour goûter à la VO! .Le commissariat de Vigata est épuisé par les arrivées nocturnes d’embarcations de migrants que les autorités et la population accueille avec bienveillance et lassitude. (le roman est paru en 2016 en Italie avant les horreurs de Salvini). Mais l’intrigue de l’Autre bout du fil se déroule en ville. La couturière Elena qui devait justement réaliser un costume à Montalbano est retrouvée assassinée dans son atelier à coups de ciseaux. L’enquête piétine d’abord jusqu’au rebondissement final (que je me garderai bien de vous dévoiler). Nous assistons à de nouvelles arrivées de migrants, savourons avec Montalbano la délicieuse cuisine locale d’Enzo et celle que Angelina lui prépare, entre pâtes à la boutargue, sardines marinées à l’orange, risotto…Existe-t-il un livre de recettes de la cuisine sicilienne de Camilleri?Catarella adopte le « chat-témoin » du meurtre, le perd, s’y attache – péripéties amusantes – mais hilarantes sont ses transformations des noms propres (bravo encore Quadrupani). J’ai bien ri. Je n’ai pas laissé le livre jusqu’à la résolution de l’affaire.Encore un excellent Montalbano!

LIRE POUR L’ITALIE

La Mue du Serpent – Grigol Robakidzé – (traduit du Géorgien) Gingko

LIRE POUR VOYAGER : GEORGIE

Hamadan… Cette ville fait penser à l’empreinte, laissée par le fer de Bucéphale : ensanglantée, jaunie, un peu rouillée et couverte de mousse, mais cependant baignée de soleil ; Hamadan est la marque d’un sabot furieux. Le
lion de pierre roux est le bouclier ardent d’Hamadan.

 

Grande paix du plateau iranien. L’air cristallin comme une eau de source. Les galets humides couverts de mousse. Le ciel, sans bornes, sans fin, pareil à un foulard d’indienne où le lapis-lazuli se marie à l’eau d’émeraude. Les étoiles — diamants, gros comme des œufs qui jettent leurs feux. Toute la contrée semble sortir de mythes qui n’ont jamais existé.

Evasion garantie, voyage d’Orient. Une découverte!

Je croyais prendre le large pour le Caucase, surprise : j’atterris en Iran, en Perse devrais-je écrire, en 1917. Archibald Mekeche, le héros de l’histoire, peintre britannique, vient de Mésopotamie et fait route vers Qazvin dans une Ford en compagnie de son chien Allan et d’un mystérieux homme enturbanné, Perse, Hindou ou Egyptien, peut être juif?

Le voyageur prend son temps et admire les paysages des montagnes iraniennes roches en couleur comme les tapis persans ou les miniatures. Poésie des lieux, couleurs, impressionniste. L’artiste fait aussi acquisition d’objets d’art : tapis, épée ancienne… En route il évoque Darius et Cyrus, le trésor des Achéménides, Esther et Mardochée, Alexandre le Grand et Bucéphale… les légendes antiques baignent Hamadan.

Mosaïques de peuples et de combattants, troupes de Cosaques, frémissement de la Révolution qui gronde en Russie, Géorgiens, Russes de l’Union des zemtsvos, humanitaires, sorte de Croix rouge russe…fraternité de ces hommes en permission qui boivent plus que de raison, chantent et se battent. Un roman d’aventure?  Il sera question de la paix de Brest Litovsk (3 mars 1918), de la Révolution à Saint Pétersbourg. Un roman historique?

Archibald Mekèche vient retrouver ses racines géorgiennes. Il rencontre un personnage fascinant : Vamekh, un Géorgien qui devient son ami, son double qui l’invite dans sa famille. Les légendes géorgiennes sont alors évoquées :

« Une vierge arrive d’Asie Mineure. Son corps pourrait attiser le désir des hommes. Mais elle abandonne le monde
et n’accepte que l’enseignement du Christ, son fiancé invisible. Elle quitte sa maison sans destination précise,
guidée par sa seule intuition. Voici qu’elle franchit la frontière de Kartlie. La terre apaise son ardeur, une source
rafraîchit son corps. La vierge convertit le peuple et lui offre une croix. N’est-ce pas beau et passionnant ?…
Attendez ! Il doit exister d’autres histoires aussi belles et passionnantes. Mais ce n’est pas tout. La vierge fait la
croix avec des sarments de vigne. Alors que les croix sont généralement faites de pierre ou de bois, matières
sèches et inanimées, la nôtre est faite de vigne, symbole de la terre, de la vie. Si la croix chez les autres incarne
la Passion et la souffrance, chez nous elle est à l’image de la fête… Mais attendez ! Je n’ai pas fini. La vierge
coupe ses nattes pour en attacher les sarments, comme si elle pansait la plaie de la vigne larmoyante. Une croix
faite de sarments attachés par les cheveux d’une femme. »

De la christianisation de la Géorgie, à ses souverains et ses nobles. Généalogies…Histoires que les notes de bas de page détaillent si on prend la peine de les lire.

Vie rurale, vins géorgiens, folklore? Fêtes dionysiaques, célébration du vin, folles chevauchées, ménades.

Il y a aussi des histoires d’amour. Des histoires de famille…

Ce livre est d’une telle richesse qu’on a envie de le relire, à peine achevé pour découvrir un nouvel aspect qu’on aurait négligé.

Trouvé sur le blog de Keisha  Décidemment de bon conseil!

 

Trinidad (3) – la vie du village – Musées –

CUBA – Mardi 25 Février 2004

Trinidad enfants des écoles

 

Promenade le matin dans les rues de Trinidad par un soleil estival . Le vent  souffle atténuant la chaleur. Si, de plus, on choisit le trottoir à l’ombre, la température est parfaite .

Les enfants des écoles vont en rang à la Foire du Livre. Ils sont réunis dans une salle pour assister à un spectacle . En route, ils mangent des glaces ou des oranges . Un homme pousse une petite charrette grillagée contenant des oranges. Avec une curieuse machine il les pèle, un fin ruban de zeste vert se déroule, puis  il coupe l’orange par moitié. Je ne sais pas comment les enfants arrivent à manger sans se mettre du jus partout !

Vendeur de rue

Nous commençons à mieux voir les boutiques , les vendeurs de légumes, les échoppes de pizza . sur le bord du trottoir, on vend des paniers en vannerie. Des vieux confectionnent aussi des petits objets décoratifs en tressant des fibres de palmier : une tortue portant une graine ovale en guise de carapace, des crocodiles . Les touristes échappés de leurs cars, occupent les rues les plus restaurées aux maisons peintes de couleurs vives .

Trinidad les rues aux pavé inégaux (montage)

Plus loin les pavés deviennent plus inégaux, les façades plus délavées, les ferronneries moins élaborées, les intérieurs plus petits et très pauvres. Des chiens squelettiques dorment dans la rue, et toujours des cages à oiseaux .

A dix heures nous entrons dans le Musée Romantique en même temps que des fournées de touristes. La présence de cette foule enlève une partie de son charme à la visite . Contrairement à la plupart des maisons de la ville, le Palais est construit avec un étage avec des balcons (vue extraordinaire). Le Musée romantique s’appelle ainsi à cause de l’époque sans doute. Il est entièrement meublé avec  une sophistication extrême : Biscuits français, porcelaine de Meissen, cristaux de Baccarat, marbres d’Italie .Seuls les meubles sont cubains . Nous sommes prises en main par une des gardiennes du Musée qui malheureusement se contente de désigner les objets précieux et de nommer leur provenance. Le luxe de ces aristocrates sucriers est inouï . une baignoire de marbre ressemble à un sarcophage antique. Elle ne comporte ni arrivée d’eau ni vidange . C’était la tâche des esclaves. Seule mention de l’esclavage . Tout ce luxe nous éblouit mais la foule gâche notre plaisir.

les riches maisons des sucriers, patio fleuri

Le Musée de l’Architecture est moins prisé des touristes en car. La gardienne qui nous sert de guide, plus intelligente que la précédente . La visite est donc beaucoup plus plaisante. Cette belle maison coloniale est bâtie sur un plan similaire à la nôtre  en beaucoup plus grand . La salle de réception immense : son plafond de cèdre est extrêmement décoré à l’espagnole, presque à la marocaine . Elle est flanquée de salles plus petites servant de chambres à coucher. A l’arrière, une galerie s’ouvre sur le patio . Dans cette pièce, les femmes brodaient, cousaient au frais . La vaste cour est bordée des chambres des domestiques d’un côté, de l’autre d’annexes utilitaires, cuisine extérieure, WC etc… Au fond, un petit édicule abrite une centrale à gaz (acétylène) pour l’éclairage . La citerne couverte se trouve dans un coin de la cour. L’eau de pluie est soigneusement captée par tout un système de gargouilles et de gouttières. Le sol est pavé de marbre importé d’Italie. Un détail architectural nous avait intriguées à La Havane : les demi-cercles au dessus des hautes portes de bois nous les retrouvons . ici, en fines lamelles de bois disposées en éventail pour l’aération.

climatisation naturelle (courants d’air)

Comme au Maroc, la climatisation est l’art de faire circuler l’air dans les pièces aux hauts plafonds . Ici, tout est courants d’air, claire-voie, persiennes, lattes …La belle maison à étage et à galerie ressemblant aux sobrados capverdiens a été transformée en galerie d’art. Une salle est consacrée à un peintre dont la peinture fait penser à la sérigraphie de Robert. Motifs africains, couleurs primaires, dessins un peu naïf.

Nous avions remarqué des touristes au sommet d’ une tour carrée dominant la Plaza Mayor . Nous voulons les imiter et tournons autour du « bloc » puisque c’est ainsi qu’on nomme un pâté de maisons . Nous nous retrouvons dans le hall du Musée Municipal occupant, lui aussi, un Palais à étage (le plus grand) construit autour d’un patio à arcades. Deux étages plus une sorte de colimaçon dans une cage en bois et au final, une échelle conduisent à la terrasse. On se bouscule dans l’escalier. Magnifique vue sur la Plaza Mayor et la montagne en toile de fond.

Les collections du Musée Municipal sont éclectiques, la présentation, un peu vieillotte. Toujours des panneaux bilingues noir sur blanc. Des photos anciennes, des fac-similés de lettres. Toujours une très grande place aux exploits guerriers .Ici, la Révolution n’est pas au premier plan, plutôt les luttes pour l’Indépendance. J’apprends  de nouvelles choses sur l’esclavage :

-14 000 esclaves travaillaient aux plantations au début du XIXème siècle

  • le développement de ces plantations est relativement récent (un décret autorisant la Traite est daté de 1789)
  • -c’est l’effondrement des plantations d’Haïti qui a stimulé la production à Cuba
  • l’une des photos de Manaca avec la tour à 7 étages vue hier me surprend . Sur la photo, pas de trace du mignon village. Près de la tour, une énorme maison (le restaurant actuel) et plus loin , la sucrerie avec quatre cheminée qui a maintenant disparu . c’est surtout l’absence du village qui m’étonne.
  • dernière visite : l’église. Intérieur peint en blanc, sobre. Des chapelles ont été rénovées avec des autels en bois moderne de facture assez grossière. Les statues de bois sont assez étranges : nombreuses sont habillées avec de vrais habits de tissu. Une scène représentant une barque sur des flots de bois bleu porte des personnages (apôtres ?) habillés comme des cubains actuels enchemise kaki avec les manches retroussées, ils rament au pied d’une Vierge flottant sur des petits nuages baroques.

Comme hier, nous achetons un déjeuner populaire en monnaie nationale(je donne 1$ et on me rend un billet inconnu de 10 pesos) nous achetons deux pizzas cubaines au fromage jaune cuites dans des assiettes en fer blanc, type militaire. Le four est un bidon (genre bidon d’essence) horizontal posé sur un support métallique. Je fais la queue, le pizzaiolo m’appelle « companera » ce qui m’amuse .On essore la pizza du gras avant de l’arroser de ketchup .C’est un peu bourratif mais  cela a bon goût .

Nous faisons un peu de lessive que nous étendons dans le patio avec celui de la dame.