Keith Tyson dialogue avec Claude Monet à Marmottan

DIALOGUES INATTENDUS

Connaissez-vous Keith Tyson

Artiste britannique contemporain.

Tyson : London

Comment peindre après l’invention de la photographie?

tyson : 4 seasons

Comment peindre le passage des heures? des année, du temps?

Détails

Les temples au petit matin : Merenptah et Ramasseum

CARNET ÉGYPTIEN 2019

colosses de Thoutmosis et montgolfières

Le muezzin nous réveille dans la nuit, j’attend le lever du jour. Avec le lever du soleil s’envolent les montgolfières dont le souffle arrive jusqu’à notre chambre. J’en compte ce matin une vingtaine.

6h30, tout le monde dort, sauf les chiens qui montent la garde et m’empêchent de sortir. Ils sont grands, hérissés, sales. Comme je force la sortie ils m’accompagnent.

Le Temple de Mérenptah est à une centaine de mètres. De la route, je pourrais observer le site l’entrée se trouve près de l’hôtel où nous avons vu le dromadaire samedi. Ici aussi les chiens hurlent contre mon escorte. Je redoute de me trouver au milieu d’une bataille canine et renonce à Merenptah. Je reviendrai quand l’hôtel sera ouvert et les chiens calmés.

Plus loin, un autre chantier de fouilles se trouve entre le temple de Merenptah et le Ramasseum. Des colosses semblent sortis de terre. Ils n’étaient pas là à notre dernier séjour en 2010. Un panneau indique temple de Touthmosis IV

Ramasseum au soleil levant

Sur la route de nombreux minibus me doublent. Déjà les touristes ? Non ! ce sont les ouvriers en gallabieh grise qui se rassemblent sur les chantiers archéologiques. De touriste, il n’y a que moi. Les occidentaux en jeans et gros appareils-photos sont les archéologues qui supervisent le chantier.  On fouille beaucoup, c’est une des justifications de la destruction du village de Gournah et de la stérilisation de terres agricoles. L’archéologie me passionne mais je privilégie toujours les Egyptiens vivants à ceux qui sont morts il y a des milliers d’années. Après l’arrivée des ouvriers c’est celle de la police qui circulent en gros pick-up.

Ramasseum

Ramasseum Ramsès et palmier

Le gardien me demande mon ticket et le déchire. Si je veux revenir, il m’en faudra un neuf !

Autrefois on arrivait par les champs et on entrait sans payer.

Merci aux archéologues de l’IFAO qui ont pensé à faire de nombreux panneaux explicatifs détaillés en français !

Le Temple des millions d’années de Ramsès II a été nommé Ramasseum par Champollion en 1829. Dessiné en 1738 par Fréderic Norden puis pendant l’Expédition d’Egypte des Savants de Bonaparte ;  Belzoni en 1816 « enleva »  le buste de Ramsès II qui se trouve maintenant au British Museum. J’aime bien ces histoires de savants et d’aventuriers.

Le 1er pylône est bien ruiné, on peut distinguer les gravures de la Bataille de Qadesh. Devant l’entrée du 2ème pylône étaient assis Ramsès et sa mère Touy. Les débris de la tête du pharaon en granite rose reposent.

la tête de Ramsès brisé

Dans la cour péristyle, il y a deux portiques avec des piliers osiriques. Derrière la colonnade, on retrouve la Bataille de Qadesh, il reste encore des traces de couleur. Les soldats sont en rangs serrés, le cercle représente-t-il la forteresse ? on devine la traversée du fleuve. Sur le registre du bas : une dizaine de chars au- dessus : la mêlée avec des soldats à terre, l’un d’eux a reçu une flèche dans l’épaule. Surdimensionné : Ramsès sur son char, le cheval cabré, il bande son arc. J’ai cherché le lion trouvé à Abou Simbel mais pas ici.

Ramasseum : chapiteau

La  salle hypostyle accueillait les liturgies marquant la relation entre le Pharaon et le dieu Amon sous sa forme Min. Les chapiteaux sont polychromes et forment un calendrier(selon les explications).

La petite Salle des Barques est la plus belle. Elle est en pente douce. J’avais oublié le plafond astronomique et l’arbre Persea

sous l’arbre Persea

Enfin, on arrive à la petite salle hypostyle à huit colonnes.

Comme à Medinet Habou à l’arrière du temple et sur les côtés un ensemble de ruines en briques crues sont étudiés par les archéologues qui ont trouvé des magasins, une « maison de vie » ou école du temple où les cours étaient donnés en plein air comme le témoignent les ostraca. Cuisines, boulangeries occupaient près de 30 salles où se trouvaient des moules à pain, des pots, des coupes, des graines de céréales et de lin, des particules végétales et des charbons de bois.

autour du Temple : constructions en brique crue

Le site résonne des outils des archéologues et des ouvriers du chantier : le plus souvent balais, brouettes et paniers de caoutchouc. Mais on entend aussi cogner les masses pour sculpter les moellons, et même des disqueuses qui découpent des dalles. On a mouillé la terre pour confectionner des briques de terre et de torchis.

Un archéologue a épinglé une grande feuille de papier sur une table à pique-nique pour un relevé des allées et des murets. On sent la vie bourdonner !

Géothermie – lac de cratère Stora-Viti – volcan Leirnjükur

CARNET ISLANDAIS

géothermie

La Centrale Géothermique non loin de Reykjahlid se visite, en principe, ce matin elle est fermée. Dommage j’attendais beaucoup cette visite !

De longs tuyaux brillants convergent vers les installations ; soit vers la Centrale d’où s’échappe un panache soit vers de petits dômes colorés. A défaut de visite,

je recopie les panneaux du parking :

Pluviosité réduite :1.100m donc peu d’infiltrations

L’écosystème des sources géothermale : les micro-organismes Cyanidium caldarium vivent à 40 -50°C colorent en vert les sources, ce sont des algues rouges en dépit de leur couleur verte, on signale également les bactéries Archéa sont aussi signalées.

Krafla est un volcan dont l’histoire remonte à 200.000 ans et la caldeira à 100.000 ans. La chambre magmatique est profonde de 3.7 km ; ses produits donnent des champs de lave de petits cratères et peu de cendres ; bien qu’on le classe généralement « volcan rouge de type fissural » donc basaltique le panneau évoque des laves acides donnant des rhyolites ; comme quoi, les simplifications habituelles sont souvent abusives et ce n’est pas la première fois que je m’en aperçois depuis notre arrivée en Islande.

IDDP Iceland Deep Drilling Project : avait pour but un forage à 4500m mais il a été abandonné à 2100m en 2009 , encore une piste qui m’intéresse vivement à poursuivre sur Internet !

Stora Viti

Stora Viti

Stora Viti est un joli cratère contenant un lac turquoise qui s’est formé en 1724 ; on peut marcher sur le rebord du cratère mais aujourd’hui ce n’est pas vraiment plaisant sous la pluie, le sentier est très boueux et glissant. Le pire est de débarrasser les chaussures toutes engluées avec le canif.

Leirhnjükur

cratère fumant

Juste en face, part le sentier pour le tour de Leirhnjükur, d’abord gravillonné (cela fait plaisir après la gadoue) ensuite on a construit un chemin de planches. Ces planches sont une protection idéale pour éviter le piétinement, protégeant la flore fragile, et canalisant les touristes ; inconvénient, c’est glissant et même très glissant ; un tronçon de caillebotis est penché, et c’est la glissade. Mon coude heurte la tranche, je suis sonnée. Je me relève mais au moment de faire la photo de cratère fumant, impossible de soulever mon téléphone, impossible de commander mon bras – cassé !

A Reykjahlid il y a une « maison de santé » avec une infirmière, une pharmacie et un cabinet médical où le médecin consulte deux fois par semaine ; pour une radiographie il faut aller en ville à Akureyri à plus de 100 km. Je passe sur le trajet, pas du tourisme, on prend le raccourci par le tunnel payant. On a 3 heures pour s’acquitter du péage par INTERNET après le tarif est majoré. Impossible de régler autrement, si vous n’avez pas de 4G avec votre abonnement ou pas de smartphone, prenez la route gratuite. Cela m’occupera un moment pendant que je patiente aux urgences de l’hôpital.

Nous rentrons à l’hôtel avec un gros plâtre et le bras en écharpe. Aucune envie d’aller dîner au restaurant.

 

 

 

 

 

 

 

Le dernier gardien d’Ellis Island – Gaëlle Josse

J’ai du mal à chroniquer ce livre qui m’a bien plu, lecture fluide, rapide. Livre sensible; sujet qui m’intéresse beaucoup.

Cet ouvrage a pour handicap d’être venu immédiatement après Ellis Island de Pérec et Bober qui m’avait émue. Comme souvent, le roman ne tient pas la comparaison avec le témoignage, avec l’histoire et la réalité. Pérec et Bober visitent Ellis Island, traduisent le choc des souvenirs qui hantent les lieux et leur histoire personnelle.

Gaëlle Josse raconte l’histoire du dernier gardien qui  va prendre sa retraite alors que le centre d’Ellis Island va fermer. Il a vécu toute sa vie dans l’île.  Il a consacré toute sa vie à l’accueil et au tri des immigrants qui abordaient avec tous leurs espoirs le Nouveau Monde. Certains étaient retenus, d’autres refoulés. Certains étaient retenus longtemps si leur identité n’était pas clairement établie comme cet ouvrier italien qui s’est avéré être un activiste recherché, mais que le gardien a préféré libérer en feignant d’ignorer sa situation. Certains étaient renvoyés comme ce frère, un peu demeuré, qu’on a séparé de sa sœur, ou comme ceux dont la tuberculose ou tout autre invalidité interdisait l’entrée sur le sol étasunien.

Fonctionnaire consciencieux mais homme sensible aussi.

J’aurais mieux fait de commencer par le roman