La vieille ville de Funchal

CARNET DE MADERE 20022

Sé – la Cathédale de Funchal

Nous pensions déjeuner près du port dans la vieille ville où les restaurants ont installé leurs terrasses dans les ruelles. Mais comment garer la voiture? Les parkings sont saturés, les rues? piétonnières. Dominique s’arrête sur une place réservées aux « moradores »(riverains) en face d’un snack. Sur l’ardoise : «  Repas de poisson 6.5€ viande 5.9€ ». C’est un self, on me donne une barquette « à emporter » qu’on garnit de 4 beaux morceaux de cabillaud pané, 2 grosses pommes de terre vapeur, du chou et des cubes frits qui ont un peu le goût de chou-fleur : c’est du milho frito sorte de polenta de maïs mélangée à du chou, une spécialité de Madère. Nous retournons à FX Pena et déjeunons au soleil sur la terrasse moquettée de vert au-dessus d’une petite bananeraie.

14 heures –  je descends la Rua Pedro Jose de Ornelas bordée d’arbres magnifique, puis la Rua das Hortas pour arriver Rua do Bom Jesus, très animée avec de nombreux bars en terrasse, restaurants et boutiques.

Collège des Jésuites

L’Université de Madère est installée dans l’ancien collège des Jésuites qui a une très belle église dont les murs sont recouverts d’azulejos, les autels et chapelles dorés et le plafond peint en trompe-l’œil figurant des balustrades avec des personnages, balconades et  colonnades et même une fausse coupole. Evidemment il y encore une crèche avec de grands personnages.

Place de la mairie et marché de Noël

Une large place rectangulaire est bordée de bâtiments officiels aux murs blancs aux portes et fenêtres encadrés de pierre sombre. Le marché de Noël est très envahissant. Je rejoins la Cathédrale dont j’admire surtout le plafond de bois travaillé à la manière mudejar en cèdre doré. Le campanile en lave coiffée de tuiles vernissée, tranche sur le bâtiment blanc.

Chalet du marché de Noël : les poinsettias remplacent les sapins

L’avenue Arriaga, est également occupée par les chalets du marché de Noël : petits chalets rouges des artisans et des fleuristes. On peut acheter les spécialités de l’île :des confitures, le typique Bolo de Caco ( petit pain de Madère), du punch, des dentelles ou lainages tricotés à la main, on peut aussi acheter des semences ou des bulbes. Les rares sapins verts sont éclipsés par les poinsettias rouge et blancs. Une crèche géante en liège est une reconstitution d’un village entier avec moutons et bergers. Toute cette animation est sonorisé avec des chants de Noël ou des standards internationaux.

Le jardin municipal situé de l’autre côté de l’avenue offre un peu de calme sous ses arbres immenses.

Je rentre par le front de mer écrasé par deux énormes bateaux de croisières qui bouchent l’horizons  et par une circulation automobile intense et bruyante. Au-dessous de l’artère, une rue en contre-bas est bordée de bars, petits restaurants et même un pub irlandais.

Fortalezza Palacio Sao Lourenço

 

La Fortalezza Palacio Sao Lourenço – un ensemble de bâtiments blancs avec des tours, canons, pont, bâtie au XVI -le siècle – a belle allure. C’est une zone militaire, résidence du Gouverneur militaire de Madère. Le soldat qui monte la garde m’éconduit poliment et me recommande la visite du Musée Militaire (entrée avenue Zarco).

Flânant au hasard derrière la Cathédrale, je trouve la grande et belle Place de Colombo attirée par la musique d’un guitariste qui joue à la terrasse d’un café. J’apprécie cette musique tranquille. La place est presque vide. Une stèle de pierre très sobre imite les replis d’une draperie ; elle est dédiée aux brodeuses.

Musée du sucre : armoiries e la ville de Funchal

Le Musée archéologique : Museu a Cidade do Asucar , dans une maison ancienne raconte l’histoire de la production sucrière au XV et XVI ème siècle, connue comme « le cycle de l’Or Blanc ». la plupart des objets exposés proviennent de la maison du marchand flamand Janine Esmenaut  ou en portugais Jao Esmeraldo qui a été l’hôte de Christophe Colomb en 1478. Colomb a fait la connaissance de Filipa Perestrelo qu’il a épousée, Colomb avait une résidence à Porto Santo. Dans le port de Funchal on peut voir une réplique de la caravelle Santa Maria.

De cette visite tranquille je retiens que les armes de la ville portent 5 cônes de sucre, le blason encadrés d’une palme de canne à sucre et d’un sarment de vigne. Le vin de Madère a ensuite supplanté l’ »or blanc »

Cônes de sucre, moule, marteau pour casser le sucre

J’aurais aimé parcourir encore les petites rues de la vieille ville mais il est temps de remonter à FX Pena et de faire quelques courses. J’ai trouvé des goyaves, des petites bananes et des oranges locales et surtout les petites « tomates de Madère » qui ne sont pas des tomates mais des fruits rouges vernissés en forme de poires brillantes à l’écorce épaisse (immangeable) mais remplie de petits grains rappelant les fruits de la passion.

 

Coucher du soleil sur la petite terrasse verte au-dessus de la bananeraie. Le soleil se couche plus tard qu’à Créteil vers 18h15 et se lève plus tôt. Non seulement nous avons gagné en température mais aussi en luminosité !

 

 

 

 

Austerlitz – W.G. Sebald – Actes Sud

LES FEUILLES ALLEMANDES

Il ne me semble pas que nous connaissions les règles qui président au retour du passé, mais j’ai de plus en plus
l’impression que le temps n’existe absolument pas, qu’au contraire il n’y a que des espaces imbriqués les uns dans les autres selon les lois d’une stéréométrie supérieure, que les vivants et les morts au gré de leur humeur peuvent passer de l’un à l’autre, et plus j’y réfléchis, plus il me semble que nous qui sommes encore en vie, nous sommes aux yeux des morts des êtres irréels,

Comment chroniquer ce beau roman sans divulgâcher? Et pourtant ce n’est ni un policier, ni un thriller. Au contraire, c’est un livre qui flâne entre gares et bibliothèques, aux promenades rêveuses dans des manoirs abandonnés et parfois fantastiques entre coupoles byzantines, escaliers et lianes, portes ouvertes vers le passé qui ressurgit par surprise. Ecriture vagabonde qui emmène le lecteur à Londres, Anvers, Prague et Paris, qui traverse cinq décennies. Vous le suivrez aussi à  Marienbad  et à Theresienstadt, de bien triste mémoire…  Ecriture circulaire – l’expression est de D Mendelsohn qui m’a fait connaître Sebald. 

Ce n’est qu’au mitant du livre que j’ai compris ce titre d’Austerlitz, pour moi une gare ou une victoire napoléonienne, mais pour un enfant Gallois?

Szafran

A vous de vous perdre dans les méandres des déambulations, de découvrir les belles photographies, cela en vaut la peine.

D’autres blogs en parlent aussi Nathalie chez mark et marcel

 

Arrivée à Guernesey : notre hôtel Fleur de Jardin

CARNET DE GUERNESEY

Saint Pierre-Port au coucher du soleil

18h30, nous voici enfin sorties du ferry,  dernière voiture de la queue. Le coucher du soleil colore le ciel en orangé. Des clochers, des tourelles se détachent au-dessus des toits en contre-jour : vision irréelle presque les mille-et-unes nuits. Je ne songe qu’à prendre la photo pour immortaliser cette splendeur. Pas facile avec une rangée de camions au premier plan.

Pas de mesures-barrières ! Jackie nous fait la bise comme au temps d’avant-Covid. Nous suivons sa voiture dans les rues en pente de Saint-Pierre-Port. Architecture britannique, fenêtres à petits carreaux, bow-windows, nous sommes bien dépaysées. Le drapeau qui flotte n’est pas l’Union Jack mais la croix rouge de Saint Georges surmontée d’une croix dorée et pattée de Guillaume le Conquérant qui a été ajoutée récemment (1985). Guernesey, sous l’autorité de la Couronne Britannique ne fait partie ni du Royaume Uni, ni du Commonwealth, c’est un baillage qui a un statu particulier et qui est très fier de cette particularité. Les Iles Anglo-Normandes sont le reliquat de l’ancien Royaume de Normandie après que Philippe Auguste ait rattaché la Normandie au royaume de France en 1204. Boites aux lettres et cabines téléphoniques (il en reste en fonction) ne sont pas rouges comme en Angleterre.

J’essaie de retenir le nom des routes pour retrouver notre chemin quand nous serons livrées à nous-même. Tous les noms sont en Français, nous suivons la Route de la Roquette, arrivons dans la rue des Grandes Moulins, passons devant Courtil Jardin. La petite route qui va à la plage est une « Ruette » où piétons, cyclistes et cavaliers sont prioritaires, les autos ne doivent pas dépasser 15mpH(20 km/h)

La nuit tombe quand nous arrivons dans la campagne. Au Vazon, les gerbes des vagues spectaculaires jaillissent, dépassent le parapet et s’écrasent sur le pare-brise de la voiture. Sous les dernières lueurs du couchant la météo capricieuse nous a réservé une arrivée somptueuse.

Notre hôtel Fleur du Jardin

Fleur du Jardin

C’est une ancienne ferme. L’accueil est très aimable mais on nous a réservé une suite au 2ème étage. Rude montée pour Dominique par un escalier très étroit en colimaçon. Nos efforts sont récompensés : le cadre est particulièrement soigné. Deux pièces sous une soupente boisée de lambris cérusés qui contraste avec les vieilles pierres du mur. Un salon très cosy avec un canapé profond et des fauteuils club en cuir. Une bouilloire et une théière nous permettent d’offrir à Jackie « a cup of tea » et de bavarder confortablement.

 

La chambre est sobre : lit immense, jolies tables de chevet. Des persiennes intérieures à lamelles orientables ferment les fenêtres qui se font face et d’où on peut deviner la mer. J’avais oublié que les prises électriques anglaises étaient munies d’un petit interrupteur discret. La batterie de mon téléphone est descendue à 20% et ne se recharge pas. Nous avions connu le même problème autrefois à Chypre. Heureusement nous avons prévu les adaptateurs pour les grosses prises. Au bout de quelques temps je corrige le problème

Sulciana, la route du Sud-ouest de la Sardaigne jusqu’à Baia delle Ginestre

CARNET SARDE

Dernier bain à Cala lunga

Après un dernier bain à Cala Lunga eau tranquille malgré le vent, nous quittons Sant’Antioco pour la dernière étape l’Ecovillage Baia delle Ginestre.  Court voyage d’une quarantaine de kilomètre en suivant le chemin des écoliers : SS 126 puis SS 195 (Sulciana) et enfin des petites routes qui nous conduisent à Porto Pino.

Porto Pino

Porto Pino

Porto Pino est une station balnéaire chic et pittoresque au bout d’un petit cap. La route passe entre deux étangs enchâssés dans les vignes cultivées à flanc de collines couvertes en leur sommet par des forêts. Calme des étangs, pas de flamants roses, à la place des aigrettes et des goélands. Une piste en bord d’étang conduit au Parking des Dunes. On voit s’approcher une grande dune blanche éblouissante qui sépare l’étang de la plage. Les voitures se pressent au parking (6€/journée pour els voitures,4€/ motos, 10€ pour les camping-cars. Raisonnable pour la journée mais cher pour ne rester que quelques minutes juste pour voir la dune de plus près. Les gens trainent leur matériel sur roulette pour passer la journée à la plage. Nous faisons un arrêt sur le bord de l’étang avant d’aller voir le village : un petit port sur un canal, des villas cachées à l’ombre des pins d’Alep qui ont donné le nom à Porto Pino. Une très belle plage dans les standards italiens lettini et parasols assortis, cordons pour barrer le passage aux promeneurs, bar et restaurants de plage dans de jolies cahutes, sable blanc qu’on ne foule pas, il y a des cheminements en caillebottis, l’eau a une couleur merveilleuse menthe glaciale, des petites vagues mais pas trop agitée. Selon le guide Vert, à l’arrière de la zone militaire une troisième plage serait ouverte en juillet et Aout, fermée aujourd’hui.

Un joli bois de pin parcouru par des pistes sableuses occupe le cap. Des maisons, des restaurants sont construits dans la verdure.

Porto di Teulada

Retour sur la Sulciana (SS 195) pour 11 km le long de la zone militaire, ratons la route pour Sant’Isodoro, puis SP 71 pour Porto di Teulada à côté du petit port de Porto Tramazzu.

Pique-nique sous la belle tour ronde Torre del Budello (construite en 1601 – désarmée en 1843, d’une hauteur de 11.80 m) Sous la domination piémontaise elle a servi contre la contrebande. La tour est construite sur un chaos granitique. Après tout le volcanisme que nous avons vu dans le sud-ouest de la Sardaigne, les gros blocs de granite dépaysent.

Torre del Budello

Le long de la SP 71 qui fait une corniche les schistes affleurent, tantôt argentés, tantôt verts ou gris. Aux alentours de Baia delle Ginestre, les schistes argentés brillent sur la mer bleu foncé.

L’écovillage Baia delle Ginestre est un gros village de vacances occupant le versant d’une colline au-dessus d’une petite plage. Les bungalows s’étagent le long de chemins très pentus, certains ont des terrasses à l’étage, d’autres de plain-pied, comme le nôtre, tous ont une belle vue sur la mer toute proche. Une grande piscine à mi-pente est bordée par un bâtiment où peuvent se dérouler des activités diverses, en-dessous s’étagent des terrains de jeux pour petits et grands. La réception se trouve près du restaurant dans un grand bâtiment qui abrite aussi des chambres d’hôtel.

Baia delle Ginestre : notre bungalow

Evidemment, les voitures ne circulent pas le long des chemins en pente, trop étroits. Les parkings sont en haut, juste en-dessous de la route. Nous comprenons immédiatement que Dominique ne pourra pas quitter seule le bungalow, la montée est trop raide et trop longue. La dame de la réception, et tout le personnel, sont très dévoués, ils nous conduisent avec la voiturette de golf électrique et proposent de revenir la chercher quand elle voudra bouger. Prisonnière, certes, mais dans un très joli endroit fleuri avec vue sur mer avec tout le confort : télévision, climatisation, grande salle à vivre, grande terrasse….

Je descends à la plage.  Puis vais nager à la piscine assez  grande pour faire des longueurs

Villasimius, Cala Molentis, une plage de cinéma…

CARNET SARDE

Une plage de rêve

Villasimius est une station balnéaire réputée qui a deux musée et un Office de Tourisme. Nous nous étions promis d’y revenir et j’avais envie de reprendre la route en corniche.

Après San Priamo nous suivons la direction de Capo Ferrato le long de l’étang de Collostrai que nous devinons de la terrasse de Dolce Luna. Route se prête à une promenade à pied, tranquille. Des aigrettes blanches et des mouettes se posent sur l’étang, mais pas de flamants. A 9h30, la circulation s’intensifie. Nous suivons les voitures jusqu’à un parking ombragé (8€/journée) sans doute une belle plage. Comme le but de la journée est Villasimius nous ne rentrons pas dans le parking. La route se transforme en piste bien carrossable. A une bifurcation nous ne savons plus quelle direction prendre. Pas de connexion Internet, donc pas de GPS. Nous revenons à San Priamo et reprenons les routes connues SP 97, Costa Rei, Olia Speciosa SP 20 qui double 4 voies, SS 125 var. Je suis déçue : j’avais vraiment apprécié l’itinéraire de lundi, j’espérais retrouver les plages où je m’étais baignée. Nous passons devant la Colonie Pénitentiaire de Castiadas transformée en Museo del territorio : deux grands bâtiments 19ème siècle roses, l’un repeint, l’autre qui tombe en ruine, dommage pour la symétrie. (on est revenues plus tard dans la semaine, le musée a déménagé mais où ?)

Plusieurs détours pour retrouver enfin la SP18 et la route littorale à Cala Sinzias et enfin la magnifique corniche bordée de lauriers roses, un blanc et un rose qui alternent. Nous surplombons la mer turquoise. L’île Serpentara porte bien son nom, serpent ondulant couché sur la mer.

La plage de cinéma de Cala  Molentis ***

Cala Molentis

Bien cachée, en épingle à cheveux passant sous la route, la piste qui conduit à la Punta Molentis signalée par le panneau « hôtel Oleandro ». le parking s’étale sur plusieurs centaines de mètres. Il est tout juste 10 h et il est presque complet. Des familles entières, des groupes de jeunes, portent fauteuils, parasols et glacières. Sans cette foule, la plage serait sublime. Eau bleu lagon, rochers de granite, sable blanc en font la plus belle plage qu’on puisse imaginée. Surclassée Santa Giulia de Porto Vecchio où nous étions l’an passé, pourtant très belle ! Une plage de cinéma ! Etrangement, le sable a été colonisé mais il n’y a personne dans l’eau, ou plutôt une seule fille qui nage vigoureusement. La présence de bateaux à moteur n ‘est pas très rassurante. Un zodiac emmène des plongeurs, un voilier blanc se balance, le bateau de promenade est à quai. La présence de bouées blanches, orange et jaune me sécurise. Je nage jusqu’au bateau blanc, puis jusqu’à la balise blanche. L’eau est cristalline, immobile, le paysage merveilleux. Je pourris multiplier les traversées de la petite anse à l’infini. Je retrouve ici le plaisir de nager en mer.

Villasimius ne mérite pas le déplacement. Nous avions contourné cette station balnéaire assez quelconque guidées par le GPS qui nous avait mené par des rues aux noms évocateurs, Dante Alighieri, Elena d’Arborea, Vittorio -Emanuele  II , Manzoni…) Toute l’histoire d’Italie et de Sardaigne passe dans un  labyrinthe de ruelles. A pieds, c’est plus facile mais sans intérêt. Boutiques de souvenirs (corail, tissus) textiles moches, agences immobilières (prix astronomiques d’un simple parking). Le Musée me refuse l’entrée à 12h30 alors que la fermeture est à 13h. perte de temps ; nous aurions mieux fait de rester plus à la Cala Molentis.

Sur le chemin du retour, nous cherchons un restaurant de plage. Introuvable.  Le 2 juin, on scie, on ponce, on peint, on prépare la haute saison. Les rares restaurants ouverts sont entourés de tant de voitures qu’il est inutile de chercher à s’en approcher. Les clients sont arrivés bien plus tôt. Négligeant le Capo Ferrato où nous aurions mieux fait de nous attarder, nous rentrons directement au gîte. Je prépare un rapide déjeuner de salade de tomates, mozzarella et olives, yaourts.

Aux heures chaudes (29°C) Nous nous adonnons à l’activité la plus appropriée : la sieste sur les lits de plage de la terrasse. Le soir, courses à Muravera (Crai) et baignade à San Giovanni.

 

Installation à Dolce Luna, Muravera

CARNET SARDE

dolce Luna : la vue au petit matin

16h, le portail de l’Agriturismo Dolce Luna est fermé.

– « Vous êtes en avance ! » me fait remarquer le propriétaire au téléphone qui nous attendait à 17h. –« Pas de problème nous irons à la plage ! ».

Torre Salinas et la plage

Juste en face du portail, une petite route conduit à trois plages longeant un étang peuplé de flamants roses. Au bout Torre Salinas une belle tour carrée est perchée sur un petit cap dominant un hôtel blanc (Hôtel club Torre Salinas). La plage est immense, sable blanc ponctué de parasols colorés que chacun apporte de chez soi. Au niveau de l’Hôtel, les installations balnéaires sont discrètes, parasols et lits blancs, déserts. Comme souvent, l’après-midi, la Méditerranée est agitée de petites vagues qui ne sont pas gênantes pour nager. En revanche, l’eau est peu profonde et il faut aller loin pour que les genoux ne râclent pas le sable.

17h, le portail de Dolce Luna est grand ouvert. Andrea nous fait signe de garer la voiture au parking couvert de panneaux photovoltaïques. Cinq maisons rondes à toit conique en branchages composent la petite résidence à flanc de colline, face à la mer. Quand nous avons réservé sur Booking, nous avions aimé ces cases « africaines ». Construites en solides blocs de granite elles m’évoquent aujourd’hui les nuraghes. Nous allons découvrir les mêmes dans la montagne authentiques huttes des bergers. L’intérieur de la maison est très vaste. Divisée en deux, une moitié est une salle de séjour moderne et confortable au plancher clair et aux meubles de cuisine colorés, l’autre moitié est occupée par la grande chambre et une confortable salle d’eau. Tout le confort est fourni, Wifi, micro-onde, cafetière électrique, lave-linge, et la climatisation. Gentilles attentions :  des capsules de café et des « brioches » pour le petit déjeuner, et une petite bouteille d’alcool de myrte.

Devant l’entrée : une terrasse ombragée par un toit de bois soutenu par des piliers de granite meublée d’une grande table au plateau de verre, des fauteuils gris tressés. Deux lits de plage complètent le mobilier de jardin. Notre « jardin » est bordé par une haie basse de romarin doublé de Verbena rigida rampante violette. A la place d’une pelouse, un tapis de fleurettes blanches à pompons ressemblant un peu au trèfle. I-Naturalist a déterminé Phyla à fleurs nodales : « excellent couvre-sol supporte le piétinement et ne nécessite ni tonte, ni engrais, un seul arrosage par mois suffit. Une excellente alternative au gazon » selon Internet. Un arrosage automatique est prévu ici, de nuit, une sorte de brume vers 3 h du matin.

Plus bas un verger de jeunes oliviers (irrigués) couvre le flanc de la colline. Au coin, un jeune caroubier porte déjà des caroubes. Plus loin, le maquis est touffu mais pas assez haut pour masquer la vue. Cette vue sur la mer, l’étang et les collines est merveilleuse. Une colline pyramidale couverte d’arbustes porte la tour carrée, Torre Salinas sur sa falaise. Lhôtel blanc fait penser à un paquebot. Une bande de sable et de buissons sépare la mer bleu foncé de l’étang – Stagno delle Saline – dont la surface varie en fonction de l’heure, tantôt pâle miroir opalin, tantôt ridé par le vent avec des zônes plus claire qui apparaissent. Les flamants roses s’alignent, se regroupent s’envolent tous ensemble dans un vol groupé. Vers le sud, de l’autre côté de la pyramide, l’Etang de Colostrai est caché par un grand bois d’eucalyptus et la mer est réduite à un trait bleu profond. Tout à fait au sud, le Capo Ferrato aligne une série de petites montagnes pointues. Cette vue dégagée est intéressante, changeante selon la lumière. De toute la semaine nous ne nous en lasserons pas.

les oranges de Muravera

Les courses sont à Muravera à 8 km plus au nord. Gros bourg de 5600 habitants, bâtie le long de la SP 125. La circulation N/S est curieusement déviée par l’extérieur le long d’un canal cimenté. On ne découvre les magasins et l’animation qu’après avoir fait le détour.

Nous terminons la soirée à la tombée de la nuit quand les moustiques deviennent insistants. Je n’ose pas allumer la lumière de peur d’en attirer d’autres.

Le sentier des douaniers : Saint Aygulf/Les Issambres – Fréjus

CÔTE D’AZUR

les Issambres Port Ferréol

L’Office de Tourisme de Fréjus propose une randonnée de 12 km(A/R) sur le sentier des douaniers du port de Saint Aygulf à la Calanque du four à Chaux en passant par 4 calanques.  On doit  remonter sur la route et retrouver le sentier aux Issambres. Aucune trace de cette randonnée sur Visorando. 

La plage de Saint Aygulf est bordée de très grands parkings payants (pour l’été). De l’autre côté de la route se trouvent les étangs de Villepey?

Saint Aygulf sentier côtier

Du parking, il faut passer le pont, je trouve le sentier des douaniers au bout du port de Saint Aygulf. Il est très agréable, cimenté avec des marches faciles. les petites criques se succèdent. Les rochers brillent au soleil avec leurs paillettes de mica. Ce sont des gneiss. Parfois, la schistosité est tellement marquée que les dalles ressemblent à du vieux bois avec ses veines en relief. parfois les cristaux blancs sont en relief comme des clous. Les cakiliers aux feuilles épaisses fleurissent bleu presque mauve. je trouve aussi une grosse orchidée Orchis géant (selon Pl@ntNet).

Il fait très beau, l’eau est transparente. Malgré la fraîcheur, plusieurs plongeurs chassent ; on voit leurs bouées orange. Le parcours est beaucoup plus facile qu’à Saint Raphaël même quand la banquette de ciment a disparu. A la calanque du Four à chaux je ne trouve plus ni marque jaune, ni passage. il faut remonter sur la route et je n’ai aucune idée de quand je vais retrouver le sentier.

les Issambres : viviers gallo-romains

J’appelle donc Dominique et nous continuons en voiture jusqu’au petit port de Ferreol aux Issambres . Le sentier côtier mène aux Viviers gallo-romains. les Romains élevaient des murènes et des muges(mulets) et les conservaient vivants dans des bassins creusés dans les rochers qui communiquaient entre eux avec un système de vannes. 

Je reprends le sentier des douaniers où je l’avais laissé à la Calanque du four à chaux , retrouve Dominique au parking de la plage et nous piqueniquons sur la plage bordée de beaux palmiers. Comme hier, je me promène sur la plage au bord de l’eau et arrive jusqu’à l’estuaire de l’Argens qui serpente sur la plage en déroulant ses méandres. L’Argens est une belle rivière avec un débit rapide : intraversable à gué. un sentier piétonnier va vers les étangs bordés de hautes cannes des roseaux, joncs et peuplé d’oiseaux. C’est un endroit très paisible, dépaysant « petite Camargue » selon la brochure de l’Office de Tourisme.

la ville de Fréjus

Fréjus Cathédrale et tour

Fréjus et son clocher pointu domine la plaine sur sa butte. C’est une petite ville provençale avec ses placettes ombragées de platanes rigoureusement élagués, ses maisons hautes, ses rues commerçantes étroites. elle est bien différente de la station balnéaire avec ses immeubles modernes alignés  le long de la corniche, ou son « port » marina de promoteurs immobiliers.

la ville romaine

Hermès bicéphale au Musée Archéologique

C’est aussi une ville historique : ville romaine fondée par Jules César en 49 av. JC. D’où son nom de Forum Julii. Elle dominait un  port important où l’on abrita les 300 galères prises à Cléopâtre et Marc Antoine lors de la bataille d’Actium (31 av.JC) . La maquette du Musée Archéologique montre une ville romaine importante avec son théâtre, son amphithéâtre, son forum…Mais on ne retrouve pas la ville entière sur un site archéologique : les monuments sont dispersés dans la ville actuelle. Le théâtre est dans un quartier pavillonnaire, nous avons vu l’aqueduc ans la campagne et sommes passées le long des murailles impressionnantes. la géographie a changé, la côte était située à l’intérieur des terres actuelles. 

Antéfixes

Une mosaïque entière a été déplacée, elle est visible au Musée : une panthère encadrée de motifs géométriques (j’en ai vues de plus spectaculaire à Naples, en Tunisie, à Chypre…). on a reconstitué une pièce d’une villa romaine avec ses peintures intérieures. Rien d’exceptionnel non plus.

En revanche la tête de Zeus en marbre et celle d’Hermès bicéphales sont de très belle facture.

la Cathédrale et le cloître 

Fréjus : cloître

La façade de la cathédrale est cachée par un échafaudage, j’entre dans le narthex très vaste , très haut, encadré de 4 énormes piliers  surmontés d’un clocher roman pointu tandis qu’une tour carrée coiffe l’abside de la nef. . je suis étonnée par les dimensions impressionnantes de la nef (13ème) siècle que rien ne laissait présager de l’extérieur. Le plan montre que deux églises furent accolées.

le baptistère est très ancien, daté du 5ème siècle, il comporte une niche 2ème/3ème siècle

Planchettes peintes au plafond de la galerie du cloître

Le cloître est tout à fait merveilleux. 12ème -13ème siècle  d’assez petite taille mais sur deux niveaux. Le plafond de la galerie est remarquable ; il a un rôle porteur grâce aux solives transversales avec un système d’encorbellement. entre ces solives de petites planchettes sont peintes ; il y en avait 1200, il en reste 300.  Œuvres de peintres ambulants au 14ème siècle sur des thèmes religieux mais aussi profanes donnant une image de la vie avec un goût prononcé pour la farce : scènes de chasse, de chevalerie, danse, jeu personnages hybrides, chimères.