San Perdido – David Zukerman –

LECTURE AMÉRIQUE CENTRALE (Panama)

« ….Cela tient essentiellement à la ville de San Perdido encore pleine de l’atmosphère des Caraïbes, mélangeant les cultures anciennes de la côte, le métissage de ses habitants et le progrès naissant. Il n’y a pas si longtemps, Port Sangre n’était qu’un petit port de pêche où commerçaient les Kunas et que les pirates avaient fréquenté jusqu’au XVIIIème siècle. Son histoire est encore empreinte de l’esclavage, des envahisseurs espagnols ou anglais, de la révolte des Cimarrons, de la contrebande et du marché noir….. »

J’ai cherché des lectures pour accompagner le voyage au Costa Rica, en vain. San Perdido, se déroule au Panama voisin, sur la Côte Caraïbe, j’espérais retrouver une atmosphère  tropicale. J’ai été servie, exotisme garanti! Cherchant un éventuel traducteur, je découvre que David Zukerman est natif de Créteil et que le roman fait partie du lot de la Rentrée littéraire de janvier 2019!

C’est un roman d’aventures (c’est  trop rare pour un roman français) avec de l’action, un héros justicier magnifique noir aux yeux turquoise. Un roman touffu qui commence sur une décharge d’ordure avec des misérables chiffonniers, qui continue dans le luxe du palais du gouverneur, sur les docks du port, dans une maison close très select….et même dans la jungle. Allusions à la construction du Canal de Panama, à une révolte d’esclaves au 16ème siècle. Trafics et contrebande….De nombreux personnages très variés et inattendus. Il faut être attentif parce que, d’un paragraphe au suivant, on change de personnage, et parfois d’époque.  Je me laisse entraîner avec grand plaisir dans l’intrigue d’un roman noir.

Seul bémol, peut-être, le côté macho. Les hommes ont des rôles variés, des professions, des caractères, tandis que les femmes – très belles, forcément – sont presque toutes des putains, sauf Felicia, figure maternelle même si elle n’a pas porté d’enfant. Toutes  métisses à la peau parfaite, aux fesses rebondies, aux cuisses de gazelle…qui savent tirer parti de leur beauté. Et les moches? Peut être le machisme fait partie de la couleur locale?

La Vie parfaite – Silvia Avallone

LIRE POUR L‘ITALIE

J’avais beaucoup aimé d’Acier de Silvia Avallone qui se déroulait à Piombino, en Toscane et racontait l’amitié de deux jeunes adolescentes sur fond de crise des aciéries en 2001. Je m’étais promis de suivre les publication de l’auteure. Le mois Italien/Il Viaggio m’a do né l’occasion de découvrir La Vie Parfaite, publication récente d’Avallone (5/04/2018) . 

 

J’ai retrouvé le même décor : les cités-dortoirs déshéritées,  et les adolescentes avec leur rage de vivre et leurs frustrations, entre pauvreté et marginalité.  La cité est surnommée Lombriconi (vers de terre) ironie pour des barres d’immeubles longs d’un kilomètre accompagnées de tours (un peu Sarcelles) en périphérie de Bologne. Dans cette cité résident surtout des femmes, les hommes sont en prison, en cavale ou inexistants. Les adolescents le même chemin…

sarcelles

« Pourquoi tu crois que les tours, la cour en bas, ce n’est pas intéressant? Tu les as déjà regardées, tu as pris des notes. TAnt que tu ne les mets pas noir sur blanc, les choses,  tu ne les vois pas…. »

C’est donc une (deux) histoires de femmes et de maternité. Adele, 17 ans est enceinte. Elle accouche et abandonne sa fille dès les premières pages du roman. Dora, professeure de lettres, mariée depuis 7 ans est désespérée de ne pas être enceinte. Traitements hormonaux, tentatives de FIV, rien n’y fait. Ce désir d’enfant la fait dérailler complètement, elle est capable d’agresser physiquement les femmes enceintes qu’elle rencontre…

La vie est mal faite : Adele, l’adolescente, est incapable d’assumer sa fille tandis que Dora et son mari, architecte, ont tout pour accueillir un enfant et voient leur désir d’enfant pourrir littéralement leur vie de couple. 

Le thème de la maternité ne me passionne pas. J’ai donc moins bien accroché que dans la lecture d’Acier. J’ai été plus sensible à la description de la vie dans les Lombriconi, la façon avec laquelle les mères-courages comme Rosaria élèvent leurs filles, entre travail mal payé, tâches ménagères et télévision (omniprésente dans les foyers de la cité).

Voilà ce qui fait la différence, pensa Zeno : s’entêter quand on n’y arrive pas, s’acharner, jour et nuit, choisir la difficulté plutôt que la facilité, travailler à en crever.La différence entre ceux qui quitteront les Lombriconi et ceux qui y resteront. »

Parmi les racailles et les dealers, un garçon, Zeno, fait exception. Enfermé chez lui, il est en terminale littéraire dans un lycée classique du Centre-ville et observe minutieusement la vie de ses voisines. Son histoire est déchirante. Chez lui aussi, la figure du père absent explique son comportement qui paraît étrange dans la cité. Laideur du décor, pauvreté des loisirs : pour se distraire, on va au centre commercial, on regarde la télé…

La Vie parfaite, Adele ne pourra pas l’offrir à Bianca, sa fille à-naître. Et pourtant quelques instants de cette vie à laquelle elle aspire,surgissent comme des fenêtres furtives dans cette vie morose. comme un jardin caché dans l’hôpital, ou la découverte de la mer. 

Même si j’ai préféré d’Acier, j’ai été happée par la rage de vivre dans cette banlieue, le foisonnement des histoires, souvent violentes et tragiques. 

 

 

Nada queda sino nuestra ternura

J’aime qu’un film me transporte très loin dans l’inconnu , et le dépaysement fut total!

Sébastien est un ami qui a fondé Voix Nomades où mon premier blog fut hébergé et qui était une communauté chaleureuse que j’ai quitté à regrets.J’ai suivi de loin ses explorations andines et j’ai beaucoup aimé son livre chez Transboréal : L’Appel de la Route ainsi que son premier film La Voix des Andes.

Nada queda sino nuestra ternura met en scène des Indiens après les « violences  » : guérilla entre le Sentier Lumineux et les forces armées régulières – ou plutôt des femmes victimes de cette guerre. 
Ni le réalisateur, ni les femmes ne prennent parti clairement pour les « terroristes » ou pour les forces gouvernementales. Elles fuient la violence, les fusillades, et semblent victimes involontaires d’enjeux qu’elles ne saisissent pas. Pour elles, il n’y a que fuites, massacres, charniers et destructions. Pourtant nous ne les voyons jamais abattues. pour se donner du courage elles chantent.

Il y a beaucoup de musique  dans ce film. Chants de révolte. Folklore mais pas que, le rocker ancien policier, chante une musique électrique. 



Il y a beaucoup de pauvreté, beaucoup de souffrance et toujours la dignité de gens debout qui marchent, franchissent des ponts sur des abîmes, voyagent, s’entraident. 

Beaucoup d’émotion

Il me faudrait me documenter davantage pour tout comprendre. Mais ce n’est pas nécessaire pour apprécier ce film sensible et si beau. 

Merci Sébastien!

Premier article de blog

Il s’agit de votre tout premier article Cliquez sur le lien Modifier pour le modifier ou le supprimer ou commencez un nouvel article. Si vous le souhaitez, utilisez cet article pour indiquer aux lecteurs pourquoi vous avez commencé ce blog et ce que vous envisagez d’en faire. Si vous avez besoin d’aide, adressez-vous aux gentils utilisateurs de nos forums.