Le Côté de Guermantes (3ème partie) – un dîner chez la Duchesse de Guermantes

LECTURE COMMUNE AVEC CLAUDIALUCIA, AIFELLE, KEISHA, FANJA, SANDRINE,  DOMINIQUE et d’autres…..

logo de la lecture commune

La troisième partie du livre se déroule presque entièrement au cours d’un dîner chez la Duchesse de Guermantes.

Quelques échappées : Albertine fait un retour inopiné justement quand Marcel manigance un dîner galant avec Madame de Stermaria recommandée par Saint-Loup. Ce dernier arrive du Maroc où son régiment est cantonné. Ils dînent ensemble, comme autrefois à Doncières, mais dans un café bizarrement fréquenté par les dreyfusards et les jeunes nobles, antidreyfusards, comme il se doit, dans deux salles séparées. 

« la petite coterie qui se retrouvait pour tâcher de perpétuer, d’approfondir, les émotions fugitives du  procès Zola attachait une grande importance à ce café. mais elle était mal vue des jeunes nobles qui formaient l’autre partie de la clientèle et avait adopté une seconde salle du café »

Le narrateur n’éprouve plus de sentiment amoureux pour la Duchesse de Guermantes qui, justement, elle l’invite à l’un de ses dîners. Au début du livre, Marcel aurait fait n’importe quelle bassesse pour une telle invitation. Il avait réclamé avec insistance que son ami Saint-Loup le  présente à sa tante. Il avait aussi prétexté un intérêt pour les tableaux d’Elstir que possède la Duchesse. Ce dîner inespéré arrive trop tard!

Au cours de la soirée, des digressions se feront, suivant les divers convives dans leurs relations familiales ou mondaines. Avec un luxe de détails, l’auteur analyse les relations entre les différentes coteries, les relations de hiérarchie. La Duchesse de Guermantes, l’hôtesse, est l’arbitre du bon goût, de l’élégance et l’ordonnatrice des invitations, tandis que La princesse de Parme, Mme d’Arpajon, et d’autres devront se soumettre à cette domination.

Je me suis bien ennuyée à suivre les relations familiales des uns et des autres. Tout ce beau monde se fréquente non pas pour l’intérêt de la visite mais par habitude familiale. Si on n’estime pas beaucoup telle princesse, on lui rend visite parce que c’est une cousine…Dans l’entre-soi, on se désigne par des surnoms ou des raccourcis Palamède (le baron de Charlus) est « Mémé », » Grigri « pour Agrigente,

Vous ne connaissez pas cet excellent Gri-gri», s’écria M. de Guermantes, et il dit mon nom à M. d’Agrigente. Celui de ce dernier, si souvent cité par Françoise, m’était toujours apparu comme une transparente verrerie, sous
laquelle je voyais, frappés au bord de la mer violette par les rayons obliques d’un soleil d’or, les cubes roses d’une cité antique dont je ne doutais pas que le prince — de passage à Paris par un bref miracle — ne fût lui-
même, aussi lumineusement sicilien et glorieusement patiné, le souverain effectif. Hélas, le vulgaire hanneton auquel on me présenta, et qui pirouetta pour me dire bonjour avec une lourde désinvolture qu’il
croyait élégante, était aussi indépendant de son nom que d’une oeuvre d’art qu’il eût possédée »

Texte prémonitoire quand je pense au tableau de Nicolas de Staël peint des décennies après la parution de la Recherche.

Basin est le Duc de Guermantes (drôle de prénom), il me faut aussi retenir les prénoms des dames, Oriane, pour la duchesse, Madeleine, Mme de Villeparisis..

Pour donner du lustre à son salon, la Duchesse de Guermantes invite parfois des artistes ou des hommes de lettres, c’est à ce titre que Bloch qui a écrit des pièces de théâtre se trouve invité chez Madame de Villeparisis, Swann, autrefois fit connaître Elstir. 

La conversation ne languit pas, les bons mots circulent avec les médisances, « Taquin le Superbe », calembour d’Oriane à propos de Charlus, des critiques acerbes concernant la cousine Zenaïde, « rapiate« 

Tu mangeras de la purée de marrons, je ne te dis que ça, et il y aura sept petites bouchées à la reine. -Sept petites bouchées, s’écria Oriane. Alors c’est que nous serons au moins huit!« 

Méchancetés au sujet d’un auteur qui empesterait

« je n’ai osé respirer qu’au gruyère »

 

Et c’est long, très long, Proust ne nous épargne pas un ragot. Motivée par le défi, je continue ma lecture, en calculant le temps qui restera à lire le pensum.

Il y a aussi toute une rédaction sur l’esprit des Guermantes par comparaison avec les Courvoisier,  nobles réactionnaires  bornés. 

A ce moment entra M. de Grouchy, dont le train, à cause d’un déraillement, avait eu une panne d’une heure. Il
s’excusa comme il put. Sa femme, si elle avait été Courvoisier, fût morte de honte. Mais Mme de Grouchy
n’était pas Guermantes «pour des prunes». Comme son mari s’excusait du retard: — Je vois, dit-elle en
prenant la parole, que même pour les petites choses, être en retard c’est une tradition dans votre famille.
— Asseyez-vous, Grouchy, et ne vous laissez pas démonter, dit le duc. — Tout en marchant avec mon
temps, je suis forcée de reconnaître que la bataille de Waterloo a eu du bon puisqu’elle a permis la
restauration des Bourbons » 

Sans y prendre garde, je me prends à sourire à des trouvailles : comment ne pas serrer la main à un importun qu’on doit quand même inviter à déjeuner, déjeuner couché peut-être? Pépites littéraires quand l’une des invitées parle d’un écrivain incompréhensible :

Je finis par comprendre non seulement que le poète incapable de distinguer le beau du laid était Victor Hugo, mais encore que la poésie qui donnait autant de peine à comprendre que du russe ou du chinois était:
«Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris», pièce de la première époque du poète
et qui est peut-être encore plus près de Mme Deshoulières que du Victor Hugo de la Légende des Siècles.
[…]

Victor Hugo n’est pas aussi réaliste que Zola, tout de même? demanda la princesse de Parme. Le nom de
Zola ne fit pas bouger un muscle dans le visage de M. de Beautreillis.

Les prétentions littéraires atteignent des sommets de drôlerie qui me font oublier toutes les longueurs

« Zola un poète! — Mais oui, répondit en riant la duchesse, ravie par cet effet de suffocation. Que Votre
Altesse remarque comme il grandit tout ce qu’il touche. Vous me direz qu’il ne touche justement qu’à ce
qui… porte bonheur! Mais il en fait quelque chose d’immense; il a le fumier épique! C’est l’Homère de la
vidange! Il n’a pas assez de majuscules pour écrire le mot de Cambronne. »[…]Il l’écrit avec un grand C, s’écria Mme d’Arpajon. – Plutôt avec un grand M, je pense ma petite… »

Littérature, mais aussi peinture. Il est question de Renoir, de Manet et bien sûr d’Elstir. Mais mon billet est trop long, je vais m’arrêter là.

Agacée du fait que le narrateur soit autant « entiché de noblesse » , je pardonne toutes les longueurs, les généalogies, les règles de protocole pour les pépites amusantes qui me font bien rire. Proust auteur comique, qui me croirait?

 

Vallée de l’Abatesco

CARNET CORSE 2024

Serra di Fiumorbo

Circuit du Guide Vert p 404. 56 km à partir de Ghisonaccia

Nous court-circuitons Ghisonaccia en empruntant la petite D545 à partir de notre gîte à Travu qui passe parallèlement à la grande route T10, au pied des collines dans une campagne verdoyante de nombreux vignobles et arrivons directement à Abbazia et retrouvons le circuit sur la D145 qui passe le long du petit cours d’eau, l’Abatesco.

Serra di Fiumorbo

Passant un petit pont nous grimpons sur la très tortillante D.45 qui monte à Serra-di -Fiumorbo. Cette petite route très étroite est équipée de trois tables en granite pour les pique-niques. L’une d’elle auprès d’une fontaine. A chaque tournant on a une très belle vue sur la plaine d’Aléria, l’étang d’Urbino et le côte orientale. La route traverse une forêt de chênes liège. Certains, écorcés récemment, présentent leur tronc d’un bel orange qui noircira avec le temps. Le village est perché, très tranquille. Une maison-forte (une tour) se dresse face à la vallée. Un petit belvédère est aménagé avec des bancs. L’église (XIXème) est juchée au somment du village, elle est actuellement en travaux.

 

Retour dans la vallée de l’Abatesco.

Chêne-liège

Arrêt à la petite station thermale de Pietrapola. A notre passage en 2021, tout était fermé et nous avions attribué cela au Covid. Mais rien ne semble avoir ouvert depuis. Lorsque je descends à pied à la rivière, je découvre un chantier en cours avec une grande structure sur des piliers métalliques. Le village n’est pas abandonné pour autant. Les belles maisons de granite sont dispersées, d’autres modernes sont fleuries. Difficile d’imaginer une animation de curistes.

 

Après San Gavino di Fiumorbo nous cherchons le départ de la promenade à la Cascade de Buja que nous n’avions déjà pas trouvée la première fois.

Le circuit devient problématique. On a recouvert tous les panneaux indicateurs de peinture noire. Il faut essayer de deviner les noms des villages avec les quelques lettres qu’on peut deviner. Surtout les appellations des routes ne correspondent pas à celles de la carte. En bref, on se perd sur des routes très étroites (heureusement pas fréquentées) dans de sombres châtaigneraies. Les châtaigniers sont en fleur, certains sont magnifiques avec des troncs impressionnants, certains ont des branches desséchées.

Nous traversons Acciani puis Isolaccio qui est un  gros bourg (300 habitants) avec une grande église baroque blanc crème flanquée d’un campanile de granite ; Ce village a une particularité assez funèbre : il possède en plus d’un vaste cimetière, au moins trois monuments aux morts. Le premier, sobre, sorte de pyramide tronquée se trouve sur la place principale, sa plaque est simplement gravée « à nos morts ». Près de l’église la stèle qui porte une très longue liste des noms des soldats tombés pour la France, impressionnante. Le troisième monument est face au cimetière : trois stèles de granite sont dédiées aux « déportés de 1808 ». Qui sont donc ces déportés ? j’ai d’abord pensé à une razzia barbaresque, tout un village enlevé, cela s’est vu. Mais la date ne colle pas, ni l’endroit. Isolaccio est en plaine montagne caché par les châtaigniers, quels pirates s’aventureraient si avant dans les terres. Wikipédia m’a donné la solution : les bataillons de Chasseurs corses sous l’ordre du Général Joseph Morand ont arrêté 167 hommes, 9 furent fusillés à Bastia, les autres déportés à Embrun. Cette opération eut lieu sur l’ordre de Napoléon, pour lutter contre le banditisme. Wikipédia souligne les épisodes de violence et de rébellion « le besoin viscéral d’indépendance de cette région, la plus farouche de l’île ». Cet état d’esprit explique peut-être la peinture noire sur les panneaux, destinée à égarer les touristes.

Ce goût funéraire me rappelle une lecture récente Campo Santo de W.G. Sebald que je viens de lire avant le départ pour la Corse.

Pas de commerces à Isolaccio mais le camion-épicerie ambulant stationne là.

« Avez-vous des citrons ? »

« non personne n’en achète, ils se gâtent »

L’épicier ambulant me conseille plutôt de chercher un citronnier et de tendre le bras pour me servir. C’est une rencontre amusante.

Cochons sur la route

A la sortie d’Isolaccio, encore des panneaux caviardés. L’étape suivante du circuit serait Prunelli-di-Fiumorbo. Un P est vaguement identifiable sur une flèche dont nous suivons la direction. La route est déserte, nous ne croiserons que le gros pick-up du dépanneur. Elle s’enfonce dans une dense forêt de chênes et châtaigniers, tourne et tourne tant que nous perdons le sens de l’orientation. Pas de 4G non plus pour que le GPS nous aide.  Si les humains sont absents pour nous renseigner les cochons tiennent le haut du pavés, installés au milieu de la chaussée, une laie allaite ses petits. Pas du tout prêts à nous laisser passer.

Nous trouvons enfin un endroit où garer la FIAT  pour un arrêt apéro avec des biscuits étonnants à la farine de pois cassés. A peine avons-nous ouvert le sachet que les cochons, curieux, radinent. Les biscuits aux pois sont infects. Je les lance aux cochons réputés pour manger n’importe quoi. Ils ont l’air de plaire mais sans enthousiasme.

Nous arrivons au creux d’une petite vallée dans une clairière égayée par les hautes inflorescences jaunes des Molènes.

Molène

Nous sommes complètement perdues, toujours pas d’Internet sur mon téléphone. J’essaie celui de Dominique qui capte la 5G (vive le progrès !) Je lui indique Ghisonaccia comme destination finale et il nous conduit sur la D144 en direction du nord.

Au creux d’un vallon nous croisons le GR Mare e Monti puis découvrons perché sur un épaulement,  le village de Poggio-di-Nazza : toit de tuiles rouges et campanile très haut. Cela commençait bien par un P !

Poggio-di-Nazza

Poggio-di-Nazza est si pittoresque  que je m’installe sur un des bancs du belvédère pour le dessiner.

De là, le GPS nous ramène à Ghisonaccia.

Il est trop tôt pour rentrer, j’ai envie de me baigner. Avec le vent, il vaut mieux éviter la longue  plage rectiligne qui s’étend de Ghisonaccia à Solenzara avec ses vagues et descendre au sud où il y a des petites anses abritées : Canella, Favone ou Tarco. Le parking de Canella est saturé, pour Favone, on n’arrive pas à couper la route avec la circulation intense. Je me suis donc baignée à Tarco. Baignade délicieuse. Nous décidons d’y revenir demain !

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De Serraggia à Travu

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Nous sommes prêtes à 8h30. Le trajet n’est pas long 86 km par de bonnes routes, je pourrai choisir une belle plage pour me baigner !

Après Porto Vecchio la T10 remonte la côte orientale et longe le littoral à partir de  Fautea. Une tour génoise en restauration, entourée d’échafaudage annonce la plage dans le creux . mignonne petite anse bordée d’une haie de tamaris avec juste un restaurant. Sable fin, baie très échancrée. La surface de l’eau est lisse, tout juste ondulée quand un petit bateau s’approche. Je nage vers la pointe rocheuse puis coupe en diagonale et longe l’autre bord. Je me sens en sécurité et pourrais nager ainsi des heures sans fatigue.

Nous dépassons Solenzara pour aller déjeuner sous les eucalyptus de la plage de Calzarellu où nous avions nos habitudes quand nous logions à Casamozza il y a trois ans. L’allée bordée d’eucalyptus géants nous impressionne toujours. En revanche, le bois sur les bords du Fium’orbo est dévasté. Qu’est-il arrivé aux beaux arbres, abattus pour certains, squelettiques pour d’autres avec de grosses branches desséchées ? Nous sommes presque seules à part les voitures des baigneurs installés sur la plage. Nous avions apprécié l’animation villageoise, les pêcheurs dans le fleuve, les vieux qui jouaient aux cartes, les boulistes. Il n’y a plus personne.

 

Après le pique-nique je marche sur la plage sans fin, devine les étangs qui la bordent, la petite coupole blanche de la base aérienne de Solenzara, au loin la silhouette des Aiguilles de Bavella.

A 16 heures, le propriétaire du Gîte de Travu  vient nous chercher sur le parking du SuperU en face de la Base aérienne.

Notre nouveau gîte (affilié aux Gîtes de France) fait partie d’un ensemble de cinq maisons. Chacune a une terrasse avec une belle table à l’ombre d’un auvent et une petite piscine bleue isolée par des ganivelles avec un salon de jardin confortable : canapé et fauteuils rembourrés. Un gros buisson de bougainvillées, une suspension de surfinias assorti égaient l’ensemble. Derrière un petit muret en galets : des buissons, hortensias, géraniums. Les arbres : chênes et arbousiers ont été élagués pour dégager la piscine.

 

A l’intérieur du gîte : une belle pièce à vivre : bloc cuisine moderne, séparé du salon par un genre de bar et des sièges hauts. Télévision é grand écran plat. Wifi : le code est à scanner sur un QR code. Deux chambres, une belle salle de bain. Tout est parfait. Notre hôte nous apporte une imposante rallonge enroulée pour recharger commodément la voiture.

La surprise c’est la « piscine olympique » juste derrière le gîte coule une rivière très large dans laquelle nous serions seuls à pouvoir nous baigner. mais l’accès est un peu acrobatique une main courante permet de s’assurer.

Nous serons bien !

Sauf qu’avant de dormir je vais vérifier la recharge électrique de la FIAT. Et bien non ! Un message d’erreur s’affiche « vérifier le chargement ! ». Qu’est-ce qui bogue ? pas la prise (je teste avec le chargeur du téléphone. Peut-être la rallonge (25 m sur enrouleur) . je teste une autre prise. Coup de chance : le câble de la voiture est assez long en passant par la fenêtre. Cela charge !

Sites mégalithiques du Plateau de Cauria – Plage à Tizzano

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Alignement de Stantari

 

Itinéraire vers Cauria

Avant d’arriver à Sartène quitter la route principale T40 pour la D21 à gauche, puis la D48 et la D48A. la D48 est une petite route tranquille qui passe par des bois de très beaux chênes. La taille des arbres et leur vigueur est étonnante si on les compare aux petits arbres/arbustes du maquis.

Un parking ombragé est prévu face à la piste qui mène aux sites mégalithiques. Le chemin est bien entretenu, même sablé, des plans sont affichés. Aucun risque de se perdre. J’avais des souvenirs de galères à la recherche de menhirs et de nuraghe en Sardaigne. C’est donc par un très bon chemin et une petite marche que je découvre les alignements de Stantari dans la belle lumière du matin et les chants des oiseaux. Cette promenade bucolique seera interrompue par l’arrivée de 6 quads au vacarme de bulldozers. Arrêtés, c’est pire encore, les teutons parlent plus fort que leurs engins.

Alignement de Stantari

L’endroit est impressionnant, deux rangées de menhirs et de stèles armées regardent vers le soleil du matin. Ils ont fière allure. Leur décoration s’est estompée avec le temps et la patine. J’ai bien en mémoire les statues-menhir du Musée de Sartène, je reconnais al tête, les épaules, mais n’identifie ni les armes ni les visages.

Statue -menhir Cauria

Notes recopiées sur place :

L’alignement fut visité par Prosper Mérimée en 1839. De 1964 à 1968 Grosjean restitue l’alignement en deux files  de 11 menhirs, parallèles orientée N/S

Le site comporte plus d’une centaine de monolithes et fragments.

Les petites stèles ont été datées Néolithique moyen (4500-4100avJC)

Un monument fut édifié au Bronze moyen puis un deuxième au Bronze final. A cette éposque le plateau de Cauria était densément peuplé et fortifié.

 

Non loin de là, sous un bosquet de chênes, se trouve l’alignement de Rinaghju

alignement de Rinaghju

Les menhirs ne sont pas en rang d’oignon mais plutôt regroupés

 

Notes recopiées sur place

1840 Mérimée ; 1964-68 Grosjean ; 1975 jean Liégeois redresse et replante les menhirs.

170 monolithes.

Les archéologues distinguent ici aussi trois phases

5700av JC des agriculteurs-pasteurs s’installent au bord d’une source (pas de monolithes)

4500-4300av<JC 60 petits menhirs en 2 files + un grand menhir

Fin Néolithique/âge de Bronze : à côté du premier monument érection d’un second de 70 grands menhirs en 4 files.

 

Dolmen de Funtanaccia

Dolmen de Funtanaccia

C’est une sépulture collective naguère qualifiée  « A stazzona di u diavulu » formée de 6 dalles.

 

Plage à Tizzano

Plage Arinella di Tizzà

Par la D48, nous rejoignons la station balnéaire de Tizzano au bout de la route : villas et petites résidences sur la colline. Des graffiti en Corse « halte à la spéculation », en effet, l’immobilier balnéaire s’étend. Une grue en action indique que ce n’est pas fini. Les restaurants s’alignent au bout de la route au bord de l’eau. Sympathique, mais nous avons le pique-nique prêt dans la glacière. Nous nous aventurons sur une piste à l’autre extrémité du village et découvrons la belle plage Arinella di Tizzà accessible en voiture. Sable rose plutôt grossier, encadrée de rochers orange. Eau turquoise transparente. Le vent souffle faiblement la risée n’est pas gênante pour nager de belles traversées. Sur le sable quelques estivants : un couple sous un parasol (en tout 4 ou 5 parasols sur toute la plage) des familles allemandes avec des enfants en bas-âge blondinets qui construisent des alignements en bois flotté. Cela change des châteaux de sable impossibles à construire avec ce gros sable.

Après deux belles baignades nous rentrons pour profiter des senteurs du tilleul fleuri qui embaument la terrasse.

Balco Atlantico – Jérôme Ferrari

LIRE POUR LA CORSE

Sartène : escaliers arches petits ponts

Le titre est trompeur : la Corse aurait-elle une côte Atlantique, en plus de la Tyrrhénienne et de la Méditerranée?

Balco Atlantico est une promenade à Larache, au Maroc, et deux personnages de ce roman seront Khaled et Hayet, deux marocains, frère et sœur, venus en Corse chercher une vie meilleure…

Comme dans le Sermon sur la Chute de Rome, l’action se déroule essentiellement dans un café de village où se réunissent jeunes gens et moins jeunes qui trompent leur ennui par un activisme indépendantiste forcené. Chacun va chercher sa virilité par la lutte armée et les armes. 

La violence barbare se déchaîne dès la première page quand Stéphane Campana est abattu à la porte du bar de Marie-Angèle. Règlements de compte? Vengeance? Affrontement fratricide entre factions rivales? Toutes les hypothèses sont plausibles. Le roman va démêler les raisons de ce crime

Campana est pleuré par Virginie adolescente, inconsolable, les femmes savent pleurer les deuils! Mais, la pleureuse est bien jeune, en socquettes blanches et la scène, sordide.

Beaucoup de violence et peu d’héroïsme. Collection de frustrations masculines :  un professeur à l’université de Corte poursuivi par le fantôme d’un colonel paoliste mort en 1769, un étudiant doué qui préfère inventer des histoires héroïques et écrire de la propagande, plutôt que de se livrer à des recherches sérieuses, un ancien des « colonies » qui évoque des exploits érotiques dans l’Océan Indien, des brutes épaisses qui se livrent à des ratonnades, meurtres racistes gratuits de petits dealers arabes..

Il faut le style et le talent de Jérôme Ferrari pour que le livre ne me tombe pas des mains. Déjà, je m’y étais reprise à deux fois avant de terminer Le Sermon sur la Chute de Rome! En revanche, j’avais beaucoup aimé A son Image  toujours bien violent mais dont le personnage principal était une photographe. 

 

 

voyage de Corbara à Serraggia, la Corse du Nord au sud

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Sur la route près de Corte

Notre hôtesse nous a fait cadeau de la recharge électrique de la FIAT. Même remplie à 100%, l’autonomie n’est pas suffisante pour envisager le voyage par la route côtière, Calvi, les Calanche de Piana, Ajaccio (275 km), et même par la route intérieure Corte Ajaccio (229 km). Le GPS conseille le trajet le plus court (219 km) par Corte, Aleria, Porto Vecchio et Figari. Au compteur 230 km d’autonomie, c’est juste. Il faudra trouver une borne !

Nous connaissons bien la route jusqu’à Ponte Leccia. Ensuite la route de Corte T20 est bordée par la voie ferrée. Nous passons entre d’imposantes montagnes où la neige est encore très présente (le 1er juin). On voit très peu de villages dans ce paysage très vert de forêts et prairies. A Corte nous prenons la tangente avec la T50. J’aurais aimé voir la ville (je peste encore contre cette limite de l’autonomie de la voiture électrique. La T50 suit le cours du Tavignano, fleuve de 88 km qui se jette dans la Mer Tyrrhénienne près d’Aléria. Aléria , nous trouvons la route qui longe la côte orientale de Bastia à Bonifacio . Nous reconnaissons le parcours Ghisonaccia où nous faisions les courses il y a 2 ans, nous passons devant notre ancien gîte à Casamozza. De Solenzara à Tarco, la route longe le littoral avec des jolie plages. Est-ce raisonnable de s’arrêter ?

L’application e-Motum signale une borne de rechargement à Sainte Lucie de Porto-Vecchio à l’Hôtel Olmuccio ; un petit détour de 5  km vers la mer sur une route qui tortille. L’hôtel est désert, mais la mer est proche « il suffit de suivre la rivière » dit un camionneur qui tracte des grumes. Le sentier passe dans une roselière. Je traverse à gué le cours d’eau pour arriver sur un cordon dunaire de sable orangé d’une granulométrie assez grossière. Le vent soulève de petites vagues mais je me lance en restant près du bord et en me laissant porter par le courant. Nous déjeunons dans la voiture (branchée) que l’on a rempli de 20% en 2 heures et nous arrivons vers 16h à Serraggia.

U caseddu

U Caseddu que nous avons réservé par Booking.com est une minuscule maisonnette perchée sur une petite butte herbue que Dominique n’arrivera pas à grimper. Si, au moins, on avait fauché les graminées et les fenouils on aurait pu peut-être approcher la voiture. Dans la broussaille, impossible d’entrer avec la petite FIAT . La dame comprend très bien. Elle nous propose le grand gîte qui est à plat. Par chance, il y a une prise électrique dans le garage (celle du sèche-linge) et je branche d’autorité la voiture. C’est indispensable. Le village de Serraggia est très petit, nous ne pouvons pas y rester coincée. Pas de visites, ni de randonnées, ni de courses. Le premier supermarché se trouve à plus de 15 km et la borne à Pianottoli.

Notre gîte à Serraggia

Notre gîte est en pleine nature, graminées et fenouils montent à presque 2 m. Un tilleul embaume. Le grand olivier perd ses fleurs noyant la terrasse et le salon de jardin sous une sorte de sciure.

 

L’Île-Rousse sous le vent – Concert à Pigna

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Les vagues dans le pot de l’Île-Rousse

C’est la tempête : les lauriers roses se secouent furieusement. La mer est agitée. La voiture est chargée à 100 %, au moins, on ne gâchera pas la dernière journée à la borne ! Journée de révision à l’Île-Rousse. Dominique retrouve sa place au parking sous la tour génoise. Difficile d’ouvrir la portière et de marcher droit contre le vent. Les embruns mouillent. Même avec la parka, j’ai froid. Après la promenade au phare, en marchant en crabe dans les rafales je me fais copieusement arroser sur la digue qui relie l’Ile Pietra à l’Île-Rousse.

A quai, le Kalliste de la Méridionale embarque ses derniers passagers pour Toulon. Sur sa coque est peint un fil électrique t une prise dessinant un cœur autour de la planète. Kalliste serait-il un bateau électrique ? Wikipédia m’apprend que ce navire a été construit en 1992 en Finlande et qu’il est pourvu de quatre moteurs diésel. Quand j’arrive en ville, je vois le Kalliste s’éloigner sans avoir l’air gêné par les vagues.

L’Île-Rousse Place Paoli

Pour m’abriter du vent, je parcours les petites rues de l’Île-Rousse avec ses restaurants, ses boutiques plus ou moins élégantes. On vend des couteaux corses à des prix raisonnables. Sont-ils authentiquement corses ? Les prix en-dessous de 30 € m’en font douter. Il y a aussi des bracelets de corail assez bon marché pour éveiller les mêmes interrogations. Les cartes postales sont introuvables, la tradition est sérieusement mise à mal par les réseaux sociaux. Je n’en trouverai que de l’autre côté de la Place Paoli dans une belle librairie-papeterie. Ce n’est pas drôle de faire de lèche-vitrine sans rien acheter. J’ai besoin d’un bob mais  cause de l’inflation( ?) ils ont sérieusement augmenté. Des tout simples sont affichés 35 €. Pas question de mettre une telle fortune à l’eau puisque je compte me baigner avec. La vendeuse m’en trouve un très laid à 9€ avec une tête de maure, unitaille règlable avec un lacet à coulisse.

Sur la plage personne à l’eau à cause des vagues et de la fraîcheur.

Nous sommes retournées déjeuner au Via Mare où Dominique a repris le filet de Saint Pierre et moi, un ceviche de daurade.

De retour à Corbara, je tente de joindre l’hôtesse du prochain gîte qui m’a envoyé un Sms mais qui ne rappelle pas.  SFR m’informe qu’il n’y a pas d’abonné au numéro demandé. Hier, pourtant cela répondait. Je soupçonne une arnaque. Nous ne connaissons ni l’adresse du gîte, ni le nom de la propriétaire. Seul recours « Gérer la Réservation » avec le Service-Client de Booking.com. Presque 2 heures au téléphone pour obtenir une vraie personne et non pas une voix électronique qui me demande de taper 2, ou 3….Je demande des garanties, puis un relogement. L’opératrice de Booking est très compréhensive et efficace. Pendant qu’elle cherche un logement de remplacement les SMS défilent en haut de l’écran. L’hôtesse de Serraggia s’est « réveillée », elle envoie un nouveau numéro de téléphone de contact, des photos, le téléphone de son amie qui nous recevra demain. Il n’y aura pas de relogement mais notre confiance est ébranlée.

Je suis bien énervée. Une bonne marche me calmera.

le Couvent de Corbara

Ce soir, à 18h30, à l’auditorium de Pigna, il y a un concert de Polyphonies Corses. 3 km seulement séparent notre gîte de Pietralta à   Corbara de Pigna par la route. Il existe aussi un sentier pédestre mais je n’ai pas le temps de le chercher et j’ai peur de me perdre. Après la sortie du village, la route est bordée de tombes monumentales et de mausolées. Dans la lumière du soir, les marbres blancs prennent une teinte dorée ou rosée. Le grand Couvent de Corbara surplombe la route. Il accueille des fidèles pour des retraites. On voit bien les plages d’Algajola de Pigna.

Pigna vue de loin, de la route

Pigna est construite dans un creux, je ne la découvre qu’au dernier moment, adossée à une autre colline. C’est un tout petit village qui a banni les automobiles cantonnées au parking. Les ruelles sont pavées de cailloux arrondis. Des artisans travaillent dans les ateliers-boutiques. J’ entre chez la fabricante de boîtes à musique peintes à la main. L’église est fermée comme la chapelle au toit de lauzes. Le restaurant et les cafés sont ouverts. Le village semble exclusivement vivre du tourisme.

ruelle de Pigna

A Cumpagnia est en résidence à Pigna. Cinq musiciens entrent sur scène, deux jouant de la guitare, deux du violon, le cinquième plus âgé est en retrait assis, à ses pieds toutes sortes d’instruments à vent de sa fabrication, un en corne, d’autres en bois avec une drôle de forme. Il a aussi une très petite guitare, sorte de mandoline à la caisse coupée à plat. Le clarinettiste est aussi percussionniste. Les parties instrumentales du concert occuperont une grande place dans le spectacle.

Les chants sont chantés en solo, ou en polyphonie a Paghjella (chant à trois voix, parois la basse est doublée)

Les explications sont passionnantes. Le groupe fait revivre des chants anciens du XIXème ou du XXème, comme cette lettre d’amour d’un condamné au bagne pour une vengeance. Traditions rurales : chants de métiers, chant du muletier ou lamento du châtaigner ou de l’olivier. Jeux où participaient les villageois : la moitié du village jouait les envahisseurs sarrazins tandis que l’autre moitié jouait les défenseurs. La dernière razzia date de 1805 et le souvenir reste encore vif dans les villages. A Corbara la m^me femme fut enlevée à deux reprise pour finir femme du Sultan.

A côté de ces chants ruraux laïques ils interprètent aussi les chants sacrés des Franciscains que – bizarrement j’apprécie plus que les chants corses – Ils sont en latin que je comprends à peu près en tout cas mieux que le Corse. Pour chanter ces chants sacrés, 4 chanteurs se regroupent au fond de la scène dans la quasi-obscurité. C’est très impressionnant. J’ai du mal à applaudir à la fin ; Applaudir la Messe ?

Pour terminer le spectacle, ils ont choisi des chansons plus légères, plus entraînantes,  comme ce « chant d’accumulation » sur le principe de « alouette, gentille alouette »mais ici on mange le merle.

Fin du concert 20h15. Aurais-je le temps de rentrer au gîte avant la nuit. Je marche d’un bon pas sur la route. Le coucher de soleil au-dessus d’Algajola est parfait. Pas un nuage. J’aimerais m’arrêter pour le contempler.9 heures sonnent à A Nunziata. J’arrive à 9h05, il fait encore clair.

Le Voyage d’Ulysse raconté par Patrice Cartier – Classique en tête – Sedrap jeunesse

MASSE CRITIQUE DE BABELIO jeunesse, dès 9 ans

Je ne résiste jamais à un récit, un conte, une lecture qui a Ulysse pour héros. Et je n’ai pas été déçue, je remercie Babélio et l’éditeur pour ce cadeau.

Joli petit livre (12 cmx 16.5 cm), 91 pages, illustré en Noir et Blanc, relevé d’un trait d’orange discret.

A glisser dans la valise, ou le sac de plage, légère lecture, facile. A lire ou à faire lire. L’Odyssée comme un conte qui commence avec le cheval de Troie continue  avec Circée la Magicienne, l’outre d’Eole, la grotte de Polyphème. Un avant-goût d’Homère?

Et si vous voulez en savoir plus, il restera tant à découvrir dans l’Odyssée d’Homère.

Il me reste à l’offrir à un enfant de 9 ou 10 ans!

La plage de l’Ostriconi – sentier de Corbara à Occiglioni

CARNET CORSE 2024

La plage de l’Ostriconi et le désert des Agriates

Le soleil se lève au-dessus des crètes des Agriates à 5h50. Belle lumière mais il fait très frais. Je retourne au lit terminer Banco Atlantico de Jérôme Ferrari. Toujours un bar, dans un village de montagne, des Indépendantistes, jeunes hommes cherchant leur virilité par les armes. Violent, noir, déprimant. Le style de Ferrari fait passer l’ambiance mortifère. L’action se situe dans la décennie 1990-2000. Je me prends à espérer que toutes ces tueries ont cessé à présent.

Le « château » couronnant la colline en face de la terrasse est très bien éclairé. Je sors dessiner.

Le ruisseau Ostriconi étale ses méandres

8h30, nous descendons par Monticello, puis la T30 (route de Bastia) vers la plage de l’Ostriconi à la limite du Désert des Agriates. L’Ostriconi est un ruisseau qui décrit des méandres dans une petite plaine humide entre roseaux, marais et prairies. Il a charrié du sable très blanc. La plage est sauvage. Seule installation : la plateforme du maître-nageur qui surveillera, en saison, la baignade. Le parking est installé environ 1 km à l’écart de la plage qu’il faut rejoindre à pieds. J’emprunte l’ancienne route en corniche bordée de lentisques et d’arbousiers. Des chèvrefeuilles fleurissent au milieu du feuillage des lentisques. Des chardons mauves (Chardons laiteux) se mêlent à d’autres chardons pas encore fleuris. Le panorama est très étendu de l’Île Rousse et son île de la Pietra jusqu’aux crètes des Agriates. C’est une très jolie promenade en balcon mais comment descendre sur la plage ? En revenant sur mes pas je croise deux familles allemandes avec de très jeunes enfants qui s’apprêtent à descendre le versant très raide. Le premier sentier est hasardeux. Le suivant, plus large semble plus facile. Les enfants en sabots en plastique avancent sans crainte. Vers la fin c’est plutôt de l’escalade. Les enfants ont découvert une échelle bien rouillée et bien branlante que j’emprunte après hésitations, espérant que je trouverai un meilleur itinéraire pour le retour.

Dernier obstacle : l’Ostriconi qu’il faut passer à gué.

La plage sauvage de l’Ostriconi

Enfin, je foule la belle plage sauvage de sable blanc et eau turquoise. Je marche les pieds dans l’eau et me trempe jusqu’à la taille sans me lancer parce qu’il n’y a personne dans l’eau. J’ai trouvé le chemin du retour à plat dans le marais entre des roseaux très hauts sur lesquels s’enroulent des liserons aux fleurs blanches. Un petit pont de bois enjambe le ruisseau. Je croise de nombreux touristes, le parcours est facile. J’aurais pu rester beaucoup plus longtemps pour me baigner.

Courses un peu laborieuses au Magasin U qui n’offre que des produits emballés sous plastique. Nous retournons au rayon traiteur du Leclerc et au petit « marché corse » au coin de la route qui propose des fruits et légumes locaux ainsi que des plats cuisinés.

Il fait si bon sur la terrasse du gîte que ce serait bête de ne pas en profiter. Nous déjeunons donc à la maison.

Le sentier de Corbara à Occiglioni

D’innombrables visites, sentiers, balades sont possibles à partir de Corbara. nos hôtes nous ont fourni la documentation des randonnées. Sur le conseil de notre hôtesse, je descends quelques marches cachées dans les hautes herbes du fond du jardin. En face de l’autre côté de la route, un sentier court, sous couvert de beaux chênes et d’oliviers qui l’ombragent. Des murettes basses l’encadrent. La promenade commence par une belle descente puis le sentier se rétrécit devient plus plat, herbu en balcon et toujours la vue sur l’Île Rousse et la mer. Il et bien balisé. Sur une flèche, la destination de Occiglioni, Palmentu, Santa Reparata.

Occiglioni : fontaine et lavoir

Occiglioni est annoncé par son cimetière aux imposants mausolées blancs. Le sentier devient rue pavée encadrée entre des murs. Je passe devant la fontaine et le lavoir avant d’arriver à l’église (fermée) et à la place de l’Orme. Orme touffu entouré par le terrain de pétanque soigné et ratissé avec un café sympathique mais vide. Je passe sous des arches imposantes. Le village paraît vide. La maroquinière sort de son atelier portant un beau cuir jaune. Je fais demi-tour avant d’arriver à Palmentu. Courte mais très jolie promenade

Occiglioni ruelle et clocher

Marseille : Vieux Port – Corniche – N.D. de la Garde

CARNET PROVENCAL

Corniche

Midi, soleil sur le Vieux Port. Une belle animation. Vieux marseillais en goguette (ave l’assent) touristes débarqués d’une croisière, en famille ou en couple attendant le petit train touristique bleu et blanc. Les terrasses de restaurants se remplissent. Des immeubles de pierre tous identiques reconstruits après les destructions de la guerre (il y a du Pouillon, dans l’utilisation du calcaire, ressemblance avec Meudon-la-Forêt mais je n’ai pas compris qui était en définitive l’architecte). Au bout du vieux Port, les bateaux pour le Château d’If et l’Ombrière (bof bof), je trouve un beau marché aux fleurs avec beaucoup de mimosa (c’est la saison), des foodtrucks ; des étals de produits régionaux. Chez les Arméniens libanais j’achète du taboulé, du houmous, des feuilletés aux épinards.

Pour le pique-nique, direction la mer et la Corniche ! J’indique au GPS Plage des Catalans. Le stationnement n’est pas évident. Nous trouvons la place idéale près de l’anse de la Fausse Monnaie avec vue sur les îles du Frioul et le Château d’If. Le Mistral a chassé le mauvais temps mais la mer est très formée. La lumière est très belle.

Le château d’If vu de la corniche

La Corniche est très bien aménagée : la piste cyclable est bien séparée des voitures et des cheminements-piétons. Les joggers courent sur le trottoir, une rangée de bancs font face à la mer et de l’autre côté le cheminement est assez large pour la promenade même avec poussettes et landaus.

J’arrive à la Plage du Prophèterésonne la voix de Gianmaria Testa disparu en 2016, mais que j’écoute dans ma playlist. Je n’avais pas remarqué que le texte était de Jean-Claude Izzo dont j’emporte la trilogie de Fabio Montale dans ma liseuse.

De belles villas et leurs jardins sont dans la colline.

Le long banc aux formes douces, arrondies qui borde la promenade est égayé  par des mosaïques de couleurs vives qui racontent des histoires de Marseille : une classe de CM2 se présente , les prénoms inscrits sur les feuilles d’un arbre, une autre avec des petits poissons. Des monuments. J’en oublierais de regarder la mer. Un paquet d’embruns qui gicle à ma figure me la rappelle.

Un bel hôtel est construit en contrebas, 250€ la chambre,30€ le petit déjeuner, pas mon budget !

Au Club de Voile, des palissades me séparent de l’eau. Des nuages ont assombri le ciel, il fait froid. Demi-tour !

 

Nous montons à N.D. de la Garde. Nous n’y sommes pas seules. Il faut patienter pour trouver une place de parking. La vue sur Marseille est splendide. Pas question de visiter l’intérieur de la basilique pour cause de messe. Normal c’est dimanche ! Roulements de tambours, les percussions sont très présentes. Drapeaux multicolores, tables sur des tréteaux. Une foule armée de gants, pinces et sacs-poubelles jaunes nettoient la colline. Bonne initiative les sacs sont bien pleins.

Le GPS nous ramène au gîte par des voies rapides et autoponts jusqu’à Château-Gombert. Après Casino nous connaissons le chemin !