428 – Une année ordinaire à la fin de l’Empire Romain – Giusto Traina – Les Belles Lettres

EMPIRE ROMAIN

Giusto Traina est universitaire, professeur d’histoire ancienne. Il s’agit donc d’un livre d’Histoire sérieux bourré de bibliographie et de notes (100 pages). Ce livre n’est pourtant pas inaccessible au profane, des cartes permettent de s’orienter dans les toponymes parfois oubliés.

Pourquoi l’auteur a-t-il choisie cette année 428? La réponse est dans le titre : une année ordinaire dans l’Empire romain,  peu d’évènements marquants : le roi d’Arménie est déposé, incapable, à la demande des nobles arméniens, fin d’une dynastie. Nestorius, évêque d’Antioche, vient prendre le poste d’évêque de Constantinople. Nous suivons son périple de Syrie à la Ville, traversant l’Anatolie.  Nous allons, d’ailleurs, beaucoup voyager au cours de cette lecture, dans l’empire et à ses frontières – limes.

Ravenne : mausolée de Galla Placidia

A la tête de l’Empire d’Orient, se trouve Théodose II, entouré de sa sœur Pulchérie et de sa femme Eudoxie. Les controverses religieuses sont vives entre courants ecclésiastiques et monachisme , des conciles se réunissent pour éliminer les hérésies, Theodorius sera d’ailleurs déposé au concile d’Ephèse (431)  . On rencontre en Syrie Siméon le stylite qui attire les foules perché sur sa colonne de 9 m de haut, Rabboula,  d’une rigueur ostentatoire.  A côté de l’orthodoxie l’arianisme est adopté par les Goths, manichéisme et zoroastrisme viennent de Perse et ont des adeptes. Le paganisme est encore vivace, sous forme de syncrétisme parfois, ou plus officiellement à Athènes où les philosophes font encore école. Eudoxie, l’impératrice est grecque et ne s’est convertie au christianisme à son mariage. Les controverses religieuses m’ont paru assez absconses pour la non-spécialiste que je suis et j’ai parfois lu en diagonale. 

Ravenne San vitale pour le plaisir

A la tête de l’Empire d’Occident : Valentinien III est le cousin de Théodose II. mais on note la forte personnalité de Galla Placidia, fille de Théodose Ier et mère de Valentinien. La capitale politique de l’Empire d’Occident est Ravenne . A Rome, règne le pape Celestin et les sénateurs se réunissent encore. Le paganisme résiste encore. La ville se remet du sac d’Alaric (410) et se reconstruit. 

Les Barbares ne menacent pas encore l’Italie, si les Burgondes sont installés en Aquitaine, le général Aetius remporte en 428 une victoire à Cologne et à Mayence sur les Francs. D’ailleurs les armées d’Aetius comportaient des barbares des Huns notamment.   L’auteur note que :

« comme dans le poème de Kavafis En attendant les Barbares, les membres du clergé de Gaule voyaient dans l’invasion une solution à leurs problèmes »

En 428 Gunderic, roi Vandale, s’empare de Séville. Les Vandales étaient établis en Espagne avant de déferler sur l’Afrique du nord. Ils étaient convertis à l’arianisme.

En Afrique du nord, nous rencontrons Saint Augustin, évêque d’Hippone âgé de 74 ans. 

Nous avons ainsi fait un tour de la Méditerranée avant de nous intéresser à l’EgypteCyrille, adversaire des Juifs et des païens dirige une véritable milice à Alexandrie. Le christianisme se développe dans les fractions populaires non hellénisées en une église copte. Chenouté abbé des communautés cénobites du Monastère Blanc est un représentant du peuple opprimé. Le Ramasseum et les temples païens sont martelés. mais il reste encore des traces des religions préchrétiennes. Le temple d’Isis à Philae est encore ouvert au culte. 

De l’Egypte on passe en Palestine avant de terminer le périple en Perse...

Un beau voyage!

 

Le Violoniste Mechtild Borrmann – Ed Le Masque

LES FEUILLES ALLEMANDES

Pour terminer la série « Les Feuilles Allemandes » comme je l’avais commencé  : un thriller de Mechtild Borrmann très réussi. 

Comme l’histoire vous réservera du suspens, pas question de spoiler et de raconter l’intrigue. Sachez seulement que le Violoniste était Russe, qu’il possédait un superbe stradivarius et qu’il a été interpellé à la sortie d’un concert, mené à la Loubianka. 

Comme Sous les décombres de la même auteure, trois histoires s’entrecroisent, à 3 époques différentes, en trois lieux distincts, en 1948 à Moscou, puis  en déportation, en Sibérie et au Kazakhstan, enfin en Allemagne en 2008. Trois générations.

Des horreurs du goulag à la toute puissance de la mafia russe.

Une intrigue bien ficelée qui vous tiendra en haleine.

Stefan Zweig/Joseph Roth – Correspondance (1927 – 1938)

FEUILLES ALLEMANDES

Après avoir lu Fouché de Zweig, Tarabas et la Crypte des Capucins de Joseph Roth, quel plaisir de rester en compagnie des deux auteurs et de parcourir leur correspondance. Correspondance de deux nomades : leurs lettres ont pour adresse des hôtels à travers l’Europe. Roth voyage beaucoup, pour son travail de journaliste, tout d’abord. puis, sur la fin il s’exile à Paris tandis que Zweig s’installe à Londres. 

Bavardage de deux amis. Roth écrit souvent, il évoque ses problèmes d’argent, la maladie de sa femme qui assombrit sa vie, donne ses nouvelles adresses. Zweig répond avec une grande gentillesse. Certaines lettres sont prosaïques et n’offre pas beaucoup d’intérêt pour le lecteur profane. Certaines évoquent la publication de leurs livres respectifs. Certaines sont déchirantes, quand il se sépare de sa femme, quand il raconte son alcoolisme.

Les spécialistes de ces deux écrivains ont sûrement lu avec plus d’attention que moi ces lettres que j’ai parfois parcourues en diagonale quand il s’agissait des démêlés avec les éditeurs ou les ennuis d’argent. C’est une correspondance souvent très émouvante.

 

Stavros sur la route de la soie – Sophia Mavroudis

LIRE POUR LA GRECE (ATHENES)

C’est un roman policier qui se déroule à Athènes en Juin 2020, juste au moment du déconfinement. Quelle meilleure manière de retrouver la liberté que de boire un verre au coucher du soleil sur l’Acropole?

L’Acropole s’illumine du roof-top de l’hôtel Economy, moins chic que pour Stavros mais un excellent souvenir

Les polars explorent les ressorts cachés d’une ville, spéculation immobilière, corruption, magouilles politiques ou autres….ils nous conduisent dans les coulisses inaccessibles aux touristes.

Stavros ne suivra pas les caravanes en Asie Centrale. La Route de la Soie passe par le Pirée. le port est le hub du commerce maritime entre l’Asie et l’Europe. Occasion de développer au cours du roman toute une analyse géopolitique et économique fort intéressante. Trop heureux de se sortir de la Crise économique qui les asphyxiait, les Grecs ont accueilli les Chinois sans mesurer l’emprise de la Chine sur la marine grecque mais aussi sur l’immobilier et la construction, aussi sur les conditions de travail sur le port, la négation des droits syndicaux.

Un homme d’affaires chinois est assassiné sous les yeux de Stavros. Ce dernier découvrira aussi le meurtre d’un journaliste trop curieux. L’essentiel de l’enquête sera effectuée par Eugenes, le hackeur de service, capable de cracker n’importe quel mot de passe et de s’introduire dans les comptes de n’importe quelle banque… Stavros et ses collègues passent un non moment au bar de Matoula, histoire de donner un parfum grec à cette affaire : occasion de rappeler toutes les variantes de cafés qu’on peut commander à Athènes, un peu de folklore ne nuit pas!

Si l’aspect économique est passionnant, l’aspect humain manque de chaleur. Les policiers sont à peine esquissés. Les Chinois se ressemblent tous à part la super-espionne, superwoman. Beaucoup de clichés. C’est donc une lecture agréable, fluide que j’ai dévorée en une journée.  Je reprendrai volontiers un autre opus des aventures de Stavros à l’occasion.  Toutefois, n’est pas Markaris qui veut, et Charitos et sa famille n’ont pas à redouter la concurrence.

 

 

 

L homme qui plantait des arbres Jean Giono

Nouvelle écrite en 1953 à la demande du Reader Digest, traduite en de nombreuses langues. « C’est un des textes dont je suis le plus fier » affirme l’auteur .« Alors offrons ce texte de révolutionnaire à tous nos amis, poussons-les eux aussi à changer le monde pour que nos petits gestes en apparence inutiles s’accumulent. »Des décennies avant La part du colibri de Rabhi, Jean Giono présente un homme exemplaire, un berger solitaire, dans une Provence quasi-désertique qui se donne la mission de semer des glands. Deux Guerres mondiales plus tard, des forêts verdoyantes ont modifié le paysage, jusqu’au climat et à l’hydrographie. « Il avait jugé que ce pays mourait par manque d’arbres. il ajouta que, n’ayant pas d’occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de chose »Je savais que cette nouvelle était une fiction, et j’ai voulu y croire. peut-être que j’y crois très fort.

Promenade dans Tréguier – maison d’Ernest Renan

CARNET DU TREGOR

Tréguier maisons à pans de bois. A droite la Maison de Renan à gauche « à vendre »

Sous un soleil radieux, cette Journée du Patrimoine est l’occasion de nombreuses visites qui commencent toutes à 10h30. Je peux flâner dans la ville en attendant.

Parking place des Halles juste en dessous de la cathédrale Saint Tugdal  Autour de la Place des Halles : d’un côté des maisons à pan de bois curieusement incurvées au premier étage, en face le mur du cimetière fleuri d’une épaisse guirlande orange et rouge  surfinias mélangé à d’autres fleurs. En dessous la fine table de pierre des poissonniers les jours de marché (le mercredi)

Cathédrale de Tréguier : remarquer les couleurs des cartes coeur, pic carreau et trèfle sur le clocher

En face de la Cathédrale Saint Tugdal, Autour de la place : pâtisseries, cafés, boutiques diverses. Je monte par les rues qui se faufilent entre maisons à pans de bois et façades de granite élégantes et qui conduisent aux austères bâtiments d’un couvent. Lorsqu’on découvre la ville de Tréguier on est impressionné par l’importance de ces bâtiments ecclésiastiques, Palais épiscopal, Séminaire, monastères, couvents…

Tréguier La Douleur

Je retourne à la voiture poser les pâtisseries du pique-nique de midi et emprunte un nouvel itinéraire, le long du cimetière pour arriver à l’Hôtel de Ville après avoir traversé un jardin ressemblant un peu à un labyrinthe avec des rangées de charmilles. Je passe sous un porche pour me trouver de l’autre côté de la Cathédrale devant une belle statue de pierre sombre : La Douleur – monument aux morts de la Grande Guerre ; une veuve est assise, elle porte la coiffe de Tréguier. Du coin de la place s’élève une rue bordée de maisons de notables aux façades soignées. Des venelles aux vieilles pierres de granite émoussées fleuries de pâquerettes des murailles (Erigeron karvinskianus) au feuillage très léger comme de l’asparagus. L’une d’elle est la Venelle des Trois avocats, quel nom pittoresque!

la Maison de Renan

Renan et Athéna sur la place de la Cathédrale

10h30, retour sur la Place des Halles pour la visite de la Maison de Renan. C’est une maison à pans de bois peinte en orange. Maison d’armateur, les notables les plus riches de la ville, située dans une rue qui descend vers le port. Elle est même équipée d’une vigie, pièce sous le toit permettant à l’armateur de surveiller ses navires rentrant au port. 

Ernest Renan

 

La visite commence par un vidéogramme de 20 minutes. je connaissais le nom de Renan, je savais qu’il avait écrit La Vie de Jésus qui avait fait scandale en son temps mais j’ignorais tout de l’homme. Ernest Renan est né à Tréguier en 1823. Il a fait dans la ville ses études secondaires. Elève brillant au séminaire, il se destine d’abord à la prêtrise puis s’en détourne et étudie à paris les textes sacrés en latin, grec et hébreu, devenant un spécialiste en philologie. Napoléon III lui confie une mission archéologique en Palestine « en Phénicie » . Il rédige La vie de Jésus à son retour. Sa parution fait scandale et il est révoqué de son poste au Collège de France, poste qu’il retrouvera en 1870. Il voyage aussi en Grèce, ce qui explique la statue de la place en compagnie d’Athéna, déesse de la raison. Un nouveau scandale éclata quand on érigea la statue. A ma suite de manifestations houleuses on décida d’installer un calvaire pour contrebalancer la statue laïque. 

Deux pièce à l’étage contiennent des souvenirs de Renan. Dans une pièce on a reconstitué le bureau du collège de France avec sa bibliothèque. Une exposition de photographies de Nadar est particulièrement bienvenue. Les portraits de contemporains de Renan font revivre la vie intellectuelle de cette époque. On y voit George Sand, Garibaldi, Victor Hugo, Sainte Beuve, Gambetta, les frères Goncourt….Chaque portrait est accompagné d’une notice biographique présentant le personnage et un court texte de Renan. Admiratif pour Hugo et George Sand, vacharde pour Sainte Beuve et les Goncourt.

Renan est considéré comme le précurseur de la Laïcité préconisant dès 1871 la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.

J’ai beaucoup aimé cette exposition et téléchargé La Vie de Jésus. 

Arrivée à Plouguiel – jardin Le Kestellic

CARNET DU TREGOR

le manoir et le Jaudy

Ce « jardin suspendu » se  trouve sur une pente très raide  dominant l’estuaire du Jaudy. 

Son histoire remonte à 1880 quand Aristide Tallibart, un marchand revenant de Constantinople, fut mis en quarantaine au pied du roc et imagina d’y construire une villa d’inspiration orientale. Son fils bâtit au début du XXème siècle un  manoir néo-breton. En 1965, le nouveau propriétaire, ingénieur agronome,  dessina un jardin où se mêlent essences exotiques et indigènes. C’est donc un parc bien installé avec des arbres de haute taille, acclimatés depuis des décennies, pour figurer des zones climatiques (méditerranéenne, australe, himalayenne). Des sentiers serpentent en longues boucles, descendant la pente pour arriver au bord  de l’eau pour arriver au manoir fleuri (salon de thé).

Kestellic

Cette promenade est un enchantement parmi les hortensias et hydrangeas, aux grosses têtes fleuries bleues, blanches ou roses, certaines très originales. On passe des ruisselets qui vont de sources en bassins sous des bosquets.

Kesetellic hydrangéa bleu

Il était temps de venir : ce sont les derniers jours avant la fermeture hivernale!

le Jaudy

 

Carnavalet : La Révolution, ses fêtes

TOURISTE DANS MA VILLE

17 Prise de la Bastille

Le Musée Carnavalet, mérite de nombreuses visites. Ses collections sont si riches, les explications si fournies qu’il est inimaginable d’épuiser son intérêt en quelques visites. Après celle du XVIIème et XVIIIème siècle au premier étage nous sommes allées au second pour les souvenirs révolutionnaires. Seul bémol, il faut marcher beaucoup pour atteindre l’escalier qui mène au deuxième étage et traversant des salles magnifiques, je traîne pour découvrir de nouveaux tableaux ou objets que je n’avais pas remarqué précédemment. 

En introduction de la section Révolution, un panneau présente la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

 

déclaration 1789

 

Les symboles auxquels je n’ai jamais prêté attention sont décryptés comme ce serpent qui mord sa queue, ou ces allégories. De beaux tableaux historiques vont raconter par le détail les différents épisodes de la Révolution.

Serment du jeu de paume 20 juin 1789 – Jacques Louis David (101 cmx66cm)

La liste des députés, répartis selon les Trois états avec leurs profils figure sur un mur. En plus des tableaux racontant un évènement historique, des portraits des divers révolutionnaires les « objets dérivés » sont très variés et amusants, cela va du bouton, de la médaille, à la tabatière ou boîte à bonbons jusqu’au poêle monumental

un poêle en faïence représentant la Bastille

Une salle entière illustre la Fête de la Fédération (14 Juillet 1790) où 50.000 gardes nationaux organisés par La Fayette défilèrent au Champ de Mars . Des  gravures montrent les travaux réalisés avec brouettes, pelles et outils. Un grand tableau est commenté en détail et raconte en détail la cérémonie. 

Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.

On peut reconnaître les participants, les députés sur des gradins à droite, au- dessus dans la loge sous une tente, Marie Antoinette tenant le Dauphin, la Fayette et son cheval blanc puis alignés les troupes qui défilent, les Parisiens… on a vraiment l’impression de participer à l’évènement.

D’autres tableaux et gravures représentent des fêtes données à cette occasion : l’illumination de l’Hôtel de Ville, des joutes sur la Seine, un bal à l’emplacement de la Bastille. Je n’aurais  jamais imaginé des rassemblements d’une telle ampleur.

Objets dérivés

Une pièce entière raconte la fuite à Varennes(1791), l’emprisonnement au Temple (maquette du Temple qui a disparu) mobilier, jeux, vêtements de Louis XVI et de Marie-Antoinette….

Boucles d’oreilles guillotine (19ème siècle)

1793 mort de Marat  occupe tout un mur, tableaux, divers objets on voit les portraits de Danton, Robespierre, Saint Just et des objets leur ayant appartenu (serviette en cuir de Robespierre, cocardes). 

Un tableau montre la panthéonisation de J.J. Rousseau (inhumé à Ermenonville en 1778) dont les restes ont été illuminés au milieu du bassin des Tuileries (10 octobre 1794). on panthéonisait beaucoup et on dépanthéonisait aussi!

Fête de l’Etre Suprême 20 Prairial an II – 8Juin 1794

Sur proposition de Robespierre, le Culte de l’Etre Suprême donna lieu à une fête grandiose au Champ de Mars où l’on éleva une butte portant l’Arbre de la Liberté et la statue d’Hercule tandis que Cèrès était assise au milieu de la foule. Des fumée d’encens sont visibles . Comme aux autres évènements, on assiste à la Fête comme si on y avait participé.

Le Directoire met fin  à la Terreur, de nombreux portrait furent peints par des femmes qu’on a maintenant oubliées : AdélaÏde Binart, Marie Geneviève Boulhard…

Dans des vitrines on voit les pendules à plusieurs cadrans permettant de mesurer le temps avec le calendrier de l’ancien régime et le calendrier révolutionnaire. Les nouveautés sont cataloguées : système métrique, décimal….En face des tableaux figurent des monuments du Patrimoine réunis au Musée des Monuments Français créé en 1795 au couvent des Petits Augustins pour héberger les monuments détruits à la Révolution.

Avec Bonaparte, nous quittons la période révolutionnaire.

Après cette visite qui a mobilisé toute mon attention, je suis moins studieuse. Je range mon carnet de notes et traverse « en touriste » le 19ème siècle. Il faudra que je revienne avec l’esprit frais. Il reste encore la période romantique, le XXème siècle. De quoi occuper une nouvelle journée!

Surgères

ESCAPADE DANS LE MARAIS POITEVIN

l’église de Surgères vue de l’extérieur des remparts

Une ceinture de remparts enserre le château et ses jardins. La place forte était gardée par des tours (initialement 20), édifiés au XVIème siècle et entourés de douves. Elle protège les bâtiments seigneuriaux et l ’Eglise Notre Dame.

E n 1703, un manoir rectangulaire remplace le « donjon mal logeable ».

Surgères : tour de gué

Au XIXème siècle le château passe à la Municipalité de Surgères. Depuis, de nombreux services communaux y sont logés : la Mairie dans le manoir, le CCAS, la Médiathèque et les services sociaux< ; Au hasard de ma promenade, je découvre une très belle Porte Renaissance, presque un arc de triomphe aux décors antiques de crânes de bœufs alternant avec des rosaces.

Surgères : Porte Renaissance

La merveille est l’église romane dont la façade est magnifiquement sculptée, six arches encadrent le portail surmonté de trois fenêtres.

Surgères : cavalier

Deux cavaliers encadrent la fenêtre centrale. Comme ils ont été décapités on ne sait pas s’il s’agit des nobles chevaliers Hugues de Surgères et Geoffroy de Vendôme, les commanditaires ou de l’Empereur Constantin. Le troisième registre est un fronton triangulaire sobre. Autour des arches, les voussures sont variées ; pointes de diamant et entrelacs.

Surgères église

J’ai surtout aimé la frise des centaines de personnages et d’animaux fabuleux séparant les registres, modillons et métopes, cordons.

Surgères décor roman

A l’intérieur : sobriété de l’architecture romane.

Continuant le tour des remparts je découvre un jardin de roses très parfumées où l’on a installé des plaques métalliques avec des poèmes.

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La petite ville de Surgères est jolie. Je pensais y trouver le dîner mais je peine à trouver des yaourts. Il y a bien des banques, des commerces d’habillements, des pâtisseries et traiteurs mais pas de crèmerie ni de fruits et légumes ! Evidemment à cette heure, le marché couvert est fermé.