La Traversée de la Baie du Mont Saint Michel à partir du Bec d’Andaine

BALADE NORMANDE – BAIE DU MONT SAINT MICHEL

On ne s’aventure pas seul dans la Baie :  sables mouvants, mer qui remonte à la vitesse d’un cheval au galop, rivières à passer et absence de repères. Il faut donc suivre un guide expérimenté,  quitte à suivre un troupeau de touristes.

Plusieurs agences proposent une traversée guidée et commentée à partir du Mont Saint Michel, du Bec d’Andaine ou de Saint Léonard. La traversée classique à partir du Bec D’Andaine aller et retour est de 13 km et 12 €. On peut aussi choisir une promenade plus courte ou simplement l’aller (retour en car 22€). Il existe aussi d’autres options de jour, de nuit, avec arrêt à Tombelaine….Il convient de téléphoner (ou de réserver par Internet) deux jours à l’avance et d’arriver 30 minutes avant le départ. La pluie n’est pas un inconvénient majeur (de toutes façons on sera mouillé) en revanche pas de traversée par temps de brouillard ou par menace d’orage. Les horaires dépendent bien sûr de la marée. On marche pieds nus (les chaussures de marche ou tennis sont à proscrire, il faut les porter) des sandales ou des tongs seront moins encombrantes. Apporter une bouteille d’eau, un coupe-vent, des vêtements chauds et bien sûr le pique-nique : la pause repas au Mont est trop courte pour aller au restaurant.

Grandes marées d’équinoxe, départ à 10h15 retour prévu vers 16h30 , horaires parfaits!

Luc, le guide, cheveux blancs, barbu est le sosie du professeur Raoult. Bâton de pélerin à la main il mène notre groupe (30 personnes environ) à vive allure. Il est très grand et quand il fait un pas j’en fais trois.

Dès le début, il faut se familiariser avec la tangue argile grise et molle bien glissante. Les pieds s’enfoncent. A chaque pas il faut faire un effort pour les tirer en gardant l’équilibre. J’essaie de repérer les surfaces les plus faciles, les mieux consolidées et les moins glissantes. Peut-être dans les flaques? ou dans les traces de ceux qui précèdent (au moins il n’y a pas de surprise). Des ripplemarks remplacent la surface lisse. Une couche claire souligne les creux. Sous la plantes des pieds on sent le relief dur mais au moins on ne s’enfonce plus.

La Baie vue du ciel photo ancienne trouvée sur Internet, les parkings à la base du Mont n’existent plus

Quand la caravane s’étire un peu trop Luc plante le bâton de pélerin et raconte sa baie. En route,  il a ramassé une ponte de buccin : le bulôt est la spécialité de Granville il est aussi nommé calicoco. la ponte ressemble à une grappe de raisin très serrée; les petits buccins ne naissent pas tous en même temps, ceux qui sont nés en premier dévorent leurs frères (adelphopagie) ensuite ils mangeront des animaux morts (charognards). Pour l’assiette de fruits de mer, bon appétit!. Il nous montre aussi des oeufs de raie et de roussette. Cuisiner la roussette (ou saumonette) avec de la crème, bien entendu! En véritable comédien, Luc sait capter son public avec des plaisanteries nteries reposant sur les rivalités Normands contre Bretons, folklore quand on est sur les bords du Couesnon! L’étranger c’est le Mayennais.

Tout en faisant son numéro, il fait passer des connaissances scientifiques. Selon lui, le comblement de la Baie est inéluctable : la marée ayant plus d’énergie en montant qu’en descendant elle apporte des sédiments qu’elle n’a plus de force pour emporter en totalité. Selon lui, cette différence d’énergie expliquerait aussi le fait qu’elle met 6h à monter et 6h30 à descendre. je ne m’étais pas posé la question du décalage des marée. En revanche quand j’ai cherché à approfondir sur Internet je n’ai pas eu confirmation de cette théorie.

Sur l’estran les coquillages sont rares : deux espèces seulement y vivent.  Les coques qui sont l’emblème des pélerins du Mont Saint Michel et dont les creux séparant les côtes symboliseraient les chemins qui convergent vers le Mont. les tellines sont l’autre coquillage de la Baie.

Luc brandit ensuite deux spécimens qui ressemblent à des algues. L’un est du goémon, une algue. L’autre est aussi différent de l‘algue que les humains d’un chêne : c’est un animal ou plutôt une colonie de Bryozoaires. j’ai vu souvent des bryozoaires fossiles, jamais vivants.

 

La traversée vers le Mont est aussi pèlerinage! Saint Michel aurait exigé à l’évêque d’Avranches, Aubert (708) l’édification d’une chapelle sur le Mont remplaçant ainsi un sanctuaire païen sur le Mont Tombe par un sanctuaire chrétien. A l’image de la grotte du Gargano, la chapelle fut d’abord ronde. puis les moines bénédictins (966) s’installèrent et construisirent une église romane qui remplaça la chapelle. En arrivant par derrière on distingue les masses de bâtiments : ceux des moines sur trois niveaux : le spirituel cloître au sommet, sur l’intellectuel avec le Scriptorial,  au-dessus du réfectoire. A côté : les bâtiments des hôtes, et les salles des chevaliers. A la base du Mont, un village s’étend.

Le Mont Saint Michel fut également une place forte. Pendant la Guerre de Cent Ans, les Anglais installés à Tombelaine n’ont jamais pu l’envahir.

La progression  est beaucoup plus facile quand on marche sur le sable dur ou quand on traverse des rivières : le Lerre qui est le ruisseau de Genets la See et la Sélune qui convergent dans la baie pour donner la See-Selune. Avec la sécheresse le niveau des rivière est très bas. Nous passons à gué sans problème, le bas de mon short n’est même pas mouillé (j’ai relevé les pattes au maximum)

Les Phoques de Lemonnier (scriptorial d’Avranches)

Sur le sable, un phoque est échoué. Il rejoint l’eau en ondulant et fait de nombreuses pauses. Quand nous arrivons en face de Tombelaine il reste moins de 3 km à parcourir, le plus pénible seront les derniers cent mètre avant le Mont dans une vase noire  collante et aspirante. il faut extirper chaque pied à chaque pas.

La Traversée de la Baie jacques Coquilary (scriptorial d’Avranches,

Le retour n’emprunte pas le même parcours. Nous faisons halte à Tombelaine ou le guide nous montre des gravures des fortifications anglaises et nous raconte la légende des amours d’Hélène et de Montgomery qui fut le compagnon de Guillaume le Conquérant.

Luc termine la randonnée à grands pas. Nous avons commencé à nous habituer au substrat glissant. A l’heure dite , nous sommes de retour. je suis bien sale, il me faudra 3 bouteilles d’eau pour me débarrasser de la vase grise sur mes jambes et pouvoir m’asseoir dans la voiture.

Six Fourmis blanches – Sandrine Collette

LIRE POUR L’ALBANIE?

Une histoire qui se déroule dans les montagnes autour de Valbona où j’ai d’excellents souvenirs d’un accueil chaleureux et d’une nature vierge?

Une histoire racontant un trek hivernal pour une randonneuse?

Un thriller addictif et haletant qu’on ne lâche pas une fois commencé.

Certes, les Six Fourmis blanches offre un bon moment de lecture, c’est du travail bien fait. 

Mais je décroche quand on invoque les esprits ou le diable. Je suis diablement cartésienne, le surnaturel m’agace. Je suis mauvais public pour les films d’épouvante. Parfois ces incursions dans l’irrationnel sont justifiées, dans l’évocation de coutumes locales. La Transylvanie et les vampires de Dracula, par exemple. L‘Albanie, aux confins de l’Europe, dans les Balkans, le pays des Aigles comme on l’appelle parfois héberge des coutumes d’un autre temps, comme la vendetta, les tours…vierges jurées. Des sacrifices d’un bouc (chèvre) émissaires y ont-ils encore lieu? Un des narrateurs est le Sacrificateur qui précipite les chèvres du haut des montagnes, il a du charme ! Comme mon esprit critique me titillait je me suis promenée sur la Toile à la recherche de sacrifices, ou de bouc émissaire dans les Balkans, et j’ai été surprise de découvrir une fête de l’été (ou de Saint Georges) au Kosovo où des chèvres et moutons étaient sacrifiés, sans parler de la fête musulmane du sacrifice du mouton….

Pour la randonnée qui tourne mal dans le mauvais temps et la tourmente, c’est très bien fait, on ressent le froid et la peur, on tremble quand une crevasse s’ouvre sous les pieds des marcheurs encordés. Un petit clignotant d’incrédulité s’allume.  Pour les glaciers, j’ai médit! Il y a vraiment 8 glaciers de petite envergure en Albanie,  proche du Monténégro (selon un site anglais,trouvé sur Internet). Le pic le plus haut  au-dessus de Valbona approche 2500m . Parce que je suis exigeante! Si on me balade, j’aime bien qu’on détaille le contexte.

Sentier des douaniers jusqu’au Petit Capo – Grand Capo – Golfe de Liscia

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D’après le Guide Evasion 2h30 jusqu’au Grand Capo AR 7km.

Comme une petite route rejoint le Petit Capo nous nous y donnons rendez-vous. La balade est facile, pas de marquage mais un seul sentier, le plus souvent une entaille dans les lentisques ou les buissons couverts de salsepareille. Un petit sommet fait de l’ombre sur le chemin le matin. Les joggers et des cyclistes sont nombreux le dimanche. Quelques cabanons sont construits sur le Petit Capo. La plage n’est pas très belle, ce n’est pas l’heure pour la baignade et la paillote a déjà tout vidé pour la fermeture annuelle.

sur le chemin vers Petit Capo

Nous reprenons la voiture pour Grand Capo par Pisinale sur le goudron et ensuite sur de grandes pistes qui vont aux paillotes. Chaque paillote a son grand parking ; à 11h ils sont déjà complets. C’est un spot de surf, il y a de belles vagues ce matin, impossible de se baigner.

beaucoup de vagues aujourd’hui

Nous décidons de chercher une autre plage et un joli restaurant. La petite route vers Saint Antoine traverse un vallon herbu avec des vaches et des balles de foin emballées dans du plastique ; elle gravit ensuite une montagne escarpée et nous nous retrouvons à l’arrière d’Ajaccio. D’après la carte, j’aurais aimé trouver la D61 pour Alata qui passe au pied du château et qui relie le Golfe de Lava. Une fois arrivées au pied des immeubles d’Ajaccio, impossible de naviguer à la carte. Le GPS prend le relai et nous ramène sur les grands axes dans les carrefours de la rocade entre les grandes surfaces commerciales et autres horreurs urbanistiques.   Nous quittons Ajaccio sur la route de Cargèse (D81) qui s’élève jusqu’au col de San Bastiano après une montée interminable et d’une descente aussi interminable.

La petite route marquée Ancone et Pevani longe la longue plage d’Orcino bloquée par les installations du Club Marmara puis ouverte un peu plus loin. Sur la plage deux restaurants : le Malibu mieux situé, aïoli au menu, mais accueil très moyen, Les Tamaris en retrait de l’autre côté de la route, pizzas moules et poissons.

Je joue un peu avec les vagues, pas très rassurée. Derrière les crêtes des vagues je peux nager confortablement. Nous commandons deux pizzas, gigantesques et délicieuses. Les serveurs sont charmants. Comme nous sommes bien incapable de terminer les pizzas, la serveuse apporte une boite en carton et emballe les restes. Dîner assuré !

Deuxième baignade, moins de vagues et surtout plus de baigneurs y compris de très jeunes enfants qui me rassurent. Je prends beaucoup de plaisir.

Piana calanche et village

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calanche de Piana vues de la route

 Histoire de Piana

D’après  le panneau du parking de la Croix :

« Le village de Piana se développe à la fin du 17ème siècle sur un site déserté à la fin du Moyen Âge. C’était autrefois le cœur du territoire de la Pieve di Salognu. L’église pievane dédiée à san Marcellu se trouvait à 2 km de Piana, romane, 12ème siècle complètement ruinée actuellement. La Pieve di Salognu a connu une histoire tourmentée, soumise aux razzias barbaresques sa population s’est repliée dans les hauteurs ; elle a pâti des guerres entre Gènes et les seigneurs de Leca, en 1489 : en 1540 elle fut ravagée par Dragut. Pendant deux siècles les Génois interdirent toute installation pérenne . en 1690, Piana est reconstruite autour d’une maison forte. Son église fut achevée en 1792. Dès le 19ème siècle, ses calanche deviennent une destination touristique prisée »

En raison d’une météo incertaine nous choisissons une promenade terrestre : les calanche de Piana

Samedi, j’ai vu les grottes et les falaises du zodiac. Eblouie par le spectacle de Scandola je n’avais pas été aussi admirative que j’aurais dû. C’est toujours ainsi quand on accumule les visites ; On se blase facilement.

Alors que nous arrivons à Porto, un avion jaune fonce sur nous suivi par deux autres qui rasent la surface de la mer. C’est la sécurité civile. Y-a-t-il un incendie dans la montagne ? Nous ne les reverrons pas.

Chaos granitique

Entre Porto et Piana la route est spectaculaire, une douzaine de virages, et de points de vue à couper le souffle. Les calanche terrestres sont formés par un affleurement granitique de granite rose ou gris sculpté par l’érosion ; ce n’est pas le chaos classique de grosses boules empilées. Les diaclases sont verticales et resserrées. Le granite s’érode en grande plaques débitées en doigt qui pointent vers le ciel. Les écailles superficielles, en pourrissant sont devenues de l’arène granitique meuble qui a laissé des vides et des creux creusant des fenêtres et des formes bizarres. Chacun veut prendre sa photo. Les voitures stationnent chaque fois que c’est possible et souvent gênent le trafic. Embouteillage permanent mais quel spectacle !

Le château fort

La balade du « château fort » commence au pied du rocher de la « Tête du Chien » notée 30 mn. Courte promenade, mais beaucoup plus sportive que je ne l’attendais. Ce n’est pas un beau chemin comme ceux que j’étais habituée à parcourir mais un parcours un peu acrobatique dans le chaos granitique. On monte et on descend, il faut parfois s’aider des mains (merci au petit genévrier qui m’a permis de me hisser). Il y a un monde fou : des jeunes tchèques venus par deux autocars de Prague forment une longue file « bonjour ! Merci » disent-ils quand on les laisse passer. Ils sont bien polis mais ils pourraient songer à s’effacer. En sandales dorées ou en équipement d’alpinistes, ils occupent le site et finissent pas m’agacer. Le « château » n’est pas une construction médiévale mais un gros rocher cubique, aux parois verticales et au sommet plat.

Rocher bizarre

Quand je remonte, l’embouteillage bat son plein. La municipalité de Piana a prévu une circulation alternée que de jeunes fonctionnaires à vélo, habillés de gilets fluos, et équipés de walkie-talkie, font respecter en faisant garer les voitures au passage des cars et camions. « Trois cars vont passer » préviennent-ils.

Le village de Piana

Eglise de Piana

Le village est construit en amphithéâtre à flanc de colline. A l’entrée deux très beaux hôtels, des villas 1900. Plus loin, le village est ramassé autour de l’église de l’Assomption. Ses portes peintes sont originales, gaies, peintes en bleu, décorées d’une rosace en relief. L’intérieur est entièrement peint à fresques en trompe-l’œil, dans une grisaille qui imite le marbre gris avec des médaillons. Le petit village (485 habitants) est très sympathique. Vivant du tourisme, il a su garder la simplicité d’un bourg rural. Coexistent de belles bâtisses de granite et de plus petites maisons au crépi fané. Certaines maisons croulent sous les fleurs : bougainvillées, géranium, dahlias. D’autres sont plus simples. De petites boutiques proposent des produits locaux. Je découvre enfin le brocciu que je cherchais (9€) ? il y a aussi des plats préparés dans des barquettes en aluminium : poivrons et courgettes farcies au brocciu, lasagnes.

 

Nous dégustons les farcis (tièdes) le pâté de sanglier et le brocciu : échantillon des spécialités corses. Pour le soir j’ai acheté chez le boulanger qui passe à Marina Livia (c’est le boulanger de Piana) une bastella : chausson fourré aux blettes et au brocciu,  et un à la courge. Il en existe aussi aux oignons.

 

 

 

 

Gorges de Spelunca – Evisa – forêt d’Aïtone

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Gorges de Spelunca : pont génois  sur le ruisseau

La promenade des gorges de Spelunca débute 2 km après Ota, passés les « deux ponts » et emprunte l’ancien chemin d’Ota à Evisa sur le chemin de randonnée Mare e Monti. L’itinéraire est jalonné de panneaux présentant les animaux et les végétaux. Je suis étonnée de cette flore de milieu humide avec des fougères, sélaginelles, petits cyclamens qui ont fleuri après la pluie, salamandres et lézards. Malheureusement les panneaux sont très dégradés, décolorés ou troués – on a fait des cartons. L’un d’eux décrit les propriétés du buis qui se trouve être en bon état mais je reconnais les dégâts des pyrales ; ces derniers jours nous subissons au gîte une véritable invasion de petits papillons de nuit gris qui ressemblent bien à la pyrale. La promenade dans les gorges est bien plaisante. Le sentier est dallé de granite ; il monte et descend si bien que le dénivelé n’est pas fatigant. A nos pieds coule le ruisseau.

 

La première partie de la balade se termine au pont de Zaglia qui franchit un autre torrent. Ce pont est très arqué en raison des crues violentes. Il a été construit au 18ème siècle. Pont muletier : deux mulets chargés devaient pouvoir s’y croiser. La suite du parcours est conseillée aux randonneurs avertis (650 m de dénivelé – 4 h). Le sentier monte en lacets le long de la paroi. Il a été dallé « à pas d’âne », les marches ont été espacées pour que l’âne monte confortablement.

Pour rejoindre Evisa en voiture nous continuons la D124 ; extrêmement étroite et sinueuse débouchons sur la D84 (route de Corte) toujours aussi tortueuse et occupée par un troupeau de chèvres aux longs poils et belles cornes, les chèvres marchent tranquillement au milieu de la chaussée sans faire d’efforts de s’en écarter malgré le trafic. La plupart des automobilistes sont des touristes ravis de les rencontrer. Personne, ni homme ni bête ne s’impatiente.

les cochons sur la route

Après les chèvres, les cochons sont vautrés sur le bas-côté, de toute taille et de toutes couleurs. Un verrat noir dort, allongé tandis qu’une truie dispute très violemment un de ses porcelets. Comme les chèvres, les cochons sont une attraction ; les touristes descendent de voiture, filment ou photographient. Les cochons ne sont pas farouches. Un petit vient se frotter à mes jambes. Une jeune femelle se couche sur le dos comme un chien qui demande qu’on lui gratte le ventre. Tous les cochons ne sont pas en liberté ; Certains sont enfermés dans un enclos. Tous finiront en charcuterie, en attendant, ils ont la belle vie. Ces élevages de porcs ne sentent pas mauvais comme les élevages industriels. On ne voit ni lisier ni purin.

Une virée dans la campagne

Quand on monte en altitude, les châtaigniers sont plus fréquents. Ils sont déjà chargés de bogues piquantes. Curieusement elles ne sont pas dispersées dans l’arbres mais regroupées sur certaines branches. Le châtaignier est l’arbre emblématique d’Evisa. Au 17ème siècle les Génois incitèrent les Corses à les planter et les greffer ; selon Paoli, le châtaignier est « l’arbre à pain » la production abondante de glands et de châtaignes confère aux porcs une qualité exceptionnelle. Le marron d’Evisa peut être transformé en marron glacé. Nous avons la ferme intention d’en acheter, mais la saison terminée, on ne nous propose que de la « confiture de marron». La farine de châtaigne est récompensée par une AOP « Farina di Corsica ».

Forêt d’Aitone

A la sortie d’Aitone, il y a un sentier d’interprétation de la châtaigne (2h30). J’emprunte le tronçon fléché « piscines naturelles, cascade » sur le GR Mare e Monti tracé sur un chemin de transhumance. En fait de piscines naturelles et de cascades et vasques, un petit filet d’eau s’écoule. Des touristes ont installé des serviettes mais on ne peut guère s’y baigner, tremper les pieds et se rafraîchir !

Châtaignes d’Evisa

La forêt est plantée de pins Laricio, pins maritimes  d’une taille remarquable. M’attendant à trouver une grande cascade je dépasse d’abord l’escalier qui descend au ruisseau et je continue Mare e Monti jusqu’à une passerelle suspendue. En revenant je découvre un ancien moulin à châtaignes sur le bord du chemin.

Pour pique-niquer, nous trouvons un coin parfait sur la route de la maison forestière. Difficile d’évaluer la hauteur des pins ! Même le houx est géant.

Promenade à Ota, la marina de Porto et la plage de Bussaghia

CARNET CORSE

Ota sous les nuages

Météo du téléphone  : 80% de probabilité de pluie.

Le ciel est gris, bas, il reste quelques gouttes sur les feuilles des arbousiers. Le sol est sec. Pluie minimale mais chute de la température. Nous ne nous pressons pas de nous lever.

marina livia notre balcon dans les arbousiers

La promenade de la Passerelle de Pinello est un itinéraire facile (1h30 AR – 200 m de dénivelé). Départ du sentier à Ota, sur la D124 à l’entrée du village au Bar des Chasseurs. Un escalier descend à la base du village. Une croix, un appentis en bois, je trouve facilement le sentier dallé, ses grosses marches de granite entre deux murettes recouvertes de lichens et de mousses. Etrangement, avec l’abondance de fougères et de mousse on ne se croirait pas dans un pays méditerranéen sec, plutôt dans une jungle humide. Les figuiers de barbarie portant de nombreux fruits orangés me rappellent à la géographie ; deux gros plants sont écroulés que je contourne en évitant de frôler les raquettes piquantes. C’est le seul obstacle sur le sentier qui descend en lacets serrés dans les oliveraies. Un passage en balcon me permet d’admirer les montagnes dont les sommets sont pris dans les nuages. L’avantage de la couverture nuageuse, c’est qu’il ne fait pas chaud !

maquis : exubérant!

Je découvre des ruines (les moulins annoncés ?), puis un vieux pont de pierre dont l’arche est brisée. Je franchis une passerelle. Sur ce versant les arbres sont plus hauts, plus touffus. Les troncs des châtaigniers sont impressionnants mais nombreuses branches sont desséchées. Sont-ils malades ou simplement très vieux ? Une piste en faux plat conduit à la route de Corte (D84). Des aboiements m’inquiètent : toute une meute de chiens de chasse salue mon passage. Ils sont attachés et ne sont pas agressifs. Ils gueulent pour le plaisir. Avant la route il y a encore un petit pont de pierre.

Le retour se fait par le même chemin. Le soleil a dispersé les nuages. En montée je transpire tant qu’il me semble que j’attire les mouches.

Sur la route en corniche à la sortie de Porto; Au premier plan hellébore arborescente

Nous retournons à la marina de Porto : des hôtels, des restaurants, rien d’autre (si ! un bureau de Poste). Je réserve une excursion pour Scandola samedi matin, vendredi la météo annonce du vent ?

Nous rentrons juste à temps pour échapper à une belle averse et déjeunons à l’abri de l’auvent sur le balcon.

Comme le soleil est revenu je vais à pied à la plage de Bussaghia me baigner. C’est une grande plage de petits galets multicolores. L’eau est bleu profond, presque bleu nuit. La surface fait miroir reflétant les rochers rouges des falaises.

Sentier N°2 de Kastro au Chrysopigi, déjeuner sur la plage de Faros

CARNET DES CYCLADES – SIFNOS

ruelles du Kastro

Affranchir les 2 cartes achetées à Vathy ! Il n’y a qu’un bureau de poste sur Sifnos à Apollonia.Je butte en entrant sur 6 colis mal ficelés. Derrière la corde deux personnes font la queue. Une corde, mais pas de distributeurs de timbres ni de machine à affranchir. La pesée du 1er colis avec son bordereau en double exemplaire, placé sous plastique, l’affranchissement et j’en passe dure 20 minutes, Si cela continue à cette allure, je suis encore là pour 1h30. Entre le pope, curieusement vêtu de bleu. Du fond de la Poste, la cheffe l’appelle « pater », après avoir salué toute l’assistance d’un kalimera ecclésiastique, il passe devant tout le monde avec son paquet à expédier. Je suis écœurée et je sors après avoir brandi mes deux cartes postales.

Sentier n°2 de Kastro à Chrysopigi (5.8km, difficulté moyenne)

la citadelle de Kastro vue du sentier

Le départ est au bout de la route à la fin du village. Début charmant, très fleuri avec des buissons à fleurs bleues (Gattilier ou Vitex agnus-castus) et des lauriers roses dans le lit du ruisseau. Longue montée sur des marches de schistes verts, Je suis face au Kastro coiffant son rocher, sur l’arête de la colline en face il y a trois moulins et dans creux les coupoles bleues. Le sentier passe alors entre deux murs de schiste avec de blocs de marbre blanc. Au sol, les dalles de marbre sont piquetées pour qu’on ne glisse pas. Les crottins sur le chemin montrent que le sentier muletier est encore utilisé.

un beau chemin dans les oliveraies

Un homme me précède, grand, sec, grisonnant. Il porte un sac de toile blanche sur l’épaule. Il enjambe une murette, entre dans un champ et appelle ses bêtes : un berger.

Le sentier devient sableux, poussiéreux, jaune pâle, il passe par des terrasses plantées d’oliviers. On a aussi semé du blé, pas encore récolté. La traversée de cette campagne cultivée, habitée, me ravit. Je mesure ma progression sur la carte en repérant les chapelles, Aghios Nikitas, toute blanche, Aghios Ioannis est à l’écart, un poteau note 5’. Le sentier passe sous une voûte d’oliviers. L’ombre m’y invite. Je descends des marches dont on a peint le rebord à la chaux. Une grosse branche vermoulue barre le chemin. Peut-être est-elle tombée ou elle marque la clôture du monastère, ou dissuade les animaux ? Je rampe en dessous. L’église est ouverte. En remontant, je remarque deux vaches qui ruminent couchées. Des tuyaux conduisent l’eau. Il y a sans doute des sources.

chapelle en contre-bas

Après avoir traversé la route, le trajet est moins plaisant, le sol rocailleux, il n’y a plus de culture ni d’ombre. Le chemin, plus large est dallé de schiste. La descente sur Faros se fait sur de belles marches soigneusement disposées. Au fond, la mer est bleue. Le petit port avec ses barques est charmant. Sur un promontoire l’église de Chrysopigi est reliée à la terre par un petit pont.

Le Topo-guide du sentier n°2 est disponible sur le site de Sifnos-trails  : ICI

Je retrouve Dominique à Faros, installée à la plus belle des terrasses sur la plage, sous les arbres : Lychnos, les pieds dans le sable à deux pas de l’eau, un peu à l’écart du port.

Le sentier entre Faros et Chrysopigi

A la nage je pars explorer, il y a une autre plage bordée de tamaris plus sauvage et vers Chrysopigi, il y en a encore une autre avec un accès pour els voitures. Après une très belle baignade nous étudions le « catalogo » le menu, il contient des plats alléchants plus chers que d’habitude.Au diable l’avarice ! J’aimerais goûter à la spécialité locale, le mastelo (agneau cuit au vin) mais il n’y en a pas, pas d’aubergines farcies, pas de tomate, il n’y a rien de ce qui nous plait sur la carte. La seule viande : du poulet ; donc souvlaki de poulet et saucisse-frites, la saucisse est infecte, le souvlaki est cru. Quelle déception.

Sur la plage de Kamares on a hissé le Pavillon bleu, dressé un chemin de planches, planté des écriteaux. Cela sent la haute saison et les vacances. Les estivants peuvent arriver et remplir la plage.

La soirée s’écoule au rythme de l’arrivée des ferries. Les lumières s’allument. Une flottille de voiliers occupe le port, deux yachts arrivent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heronissos au nord de Sifnos

CARNET DES CYCLADES – SIFNOS

Le sentier et Aghios Nikolaos
Le sentier et Aghios Nikolaos

Quelques nuages glissent sur les sommets. La cloche aigrelette d’Aghia Marina nous rappelle que c’est dimanche, puis celle de l’église du village qui appelle aux liturgies. Les Grecs qui ont veillé si tard se lèveront-ils pour la messe ?

Deux sentiers de randonnée 9A(45mn) et 9 (35mn) combinés ensemble font une belle promenade de 6km. Topo-guide Sifnostrail ICI

A côté du gite, à Aghia Marina une petite route goudronnée monte vers Aghios Simeon et Troullaki puis rejoint la route principale et gagne Heronissos. La petite route est sinueuse, elle parcourt un paysage désolé d’où on peut observer sur l’autre versant de la vallée les vestiges des mines de fer au-dessus de Kamares. Kamarès était le port du fer avant d’être le débarcadère des touristes. Pierriers rouges dégoulinant de la mine sont bien reconnaissables à leur couleur rouille caractéristique de l’oxyde de fer.

Dans une épingle à cheveux, une belle ferme avec de nombreuse chèvres enfermées dans un enclos. La route s’élève dans la montagne couverte de genévriers arbustifs bien verts. Encore une fois je me demande pourquoi ceux de Naxos et de Milos avaient des aiguilles bleutées.  Au détour de la route, de gros oiseaux planent au-dessus d’une décharge – les ordures sont toujours un problème sur une île, surtout touristique. Au débarcadère, enjoint les touristes d’éviter les sacs en plastique.

Des hommes chargent un âne de planches, ceci explique que les sentiers soient en aussi bon état : ils servent encore ! De nombreuses maisons, bergeries, chapelles ne sont pas desservies par des voies carrossables. Les ânes et mulets sont encore bien utiles !

Troullaki est un très petit village : quelques maisons, des champs et des jardins soignés mais rien d’autre. Nous espérions y faire des courses.
le sentier n°9 se trouve à 3.5 km de Troullaki.

le chemin et les buissons épineux

Au début de ma promenade, je croise un berger qui me souhaite bonne route « kalo dhromo ! » . Le sentier court entre des murettes, schiste, gneiss et une roche caverneuse, dolomite peut-être. Je suis passée sans la voir devant la tour de Kabanario , La Tour Ambourdektis est bien signalée sans ce panneau, je n’aurais pas fait la différence entre les vestiges et les restanques et les murettes bordant le sentier ;  cela m’amuse de penser à tout ce réseau de tours à signaux que les anciens avaient élevées pour protéger leurs richesses. Le sentier suit l’arête d’une colline rocailleuse. Je devine les bulbes d’asphodèles, tout est sec. Le vent souffle à 31km/h « Jolie Brise ». Je n’avais pas vu d’Aghios Nikolaos se trouvait au niveau de la mer. Je descends le sentier en pensant à la remontée. Elle est plus facile que je ne le craignais. A la Tour Ambourdektis, je trouve le second sentier qui descend sur Heronisos sur l’autre versant de la colline, plus loin de l’eau et moins beau que le précédent.

La descente vers Heronissos

Heronissos est un petit port niché au creux d’une baie protégée. Seuls les caïques des pêcheurs sont à l’ancre, une douzaine de petites barques, un bateau de pêche un peu plus gros, sur des toiles plastiques les filets jaunes sont soigneusement rangés. Une minuscule plage avec quelques tamaris, une cabine pour se changer, deux tavernes et une boutique qui vend des biscuits de l’épicerie de base et des cartes postales. En nageant, je compte les maisons, pas plus d’une trentaine, maisons de pêcheurs et maisons de vacances, rien ne les distingue. Pas de terrasse chichiteuse, du linge qui sèche, des serviettes et des maillots.

La plus jolie terrasse est un restaurant de poisson. Les poissons au poids sont bien cher, nous piochons dans les mezzés végétariens : aubergines frites, croquettes de pois chiche (falafels), beignets de courgette (courgettes râpées dans une pâte spongieuse et saganaki (une tranche de fromage cuite). Le saganaki est un fromage dense, presque dur. Nous aurions été mieux inspirées de prendre de la salade plutôt que des beignets. Tout cela est sec et manque de crudités.

la baie de Heronissos

Sur un promontoire qui s’enfonce dans la mer, un monastère Aghios Giorgios, cube blanc dans un enclos. La vue sur la baie est fantastique.

 

Aghios Andreas – L’acropole mycénienne de Sifnos

CARNETS DES CYCLADES – SIFNOS

Aghios Andreas

Aghios AndreasJ’avais prévu une randonnée sur le sentier 1A (topo ICI)de Firogia au site mycénien D’Aghios Andreas puis de retrouver Dominique sur la route vers la Panaghia Vrisi.

Le plus compliqué en randonnée est de trouver le point de départ deu sentier.  Sur la carte c’est l’ intersection juste après Katavati. En réalité,  50 m à l’écart, sur une autre route. Nous continuons  vers le sud, dépassant un petit parking en face des marches qui montent vers Aghios Andreas (montée courte mais raide) et découvrons une belle route asphaltée qui va au site Mycénien. Dominique m’attend sur un vaste parking qui est une aubaine parce que je ne pensais pas rester si longtemps sur le site. Des cordelettes balisent les cheminements pour éviter le piétinement de vestiges.

Ces sites, très anciens, sont très difficiles à interpréter pour le non-spécialiste. Avant de m’aventurer sur l’acropole je préfère commencer par le petit musée. Une vitrine contient de petits objets : vases cassés, petites têtes de statuettes en terracotta. Quelques pièces de monnaie, un scarabée égyptien, témoignent des échanges commerciaux lointains. Une grosse jarre est aussi exposée. Les objets ne sont pas extraordinaires. Les murs, en revanche sont couverts de panneaux et de tableaux racontant l’histoire de Sifnos. Histoire passionnante racontée par des témoignages écrits antiques : ou Pausanias !

Voyager avec Hérodote ! (c’est un livre de Lacarrière que je viens de commander !)

 Ceux d’entre les Samiens qui avaient entrepris cette guerre contre Polycrate, se voyant sur le point d’être abandonnés des Lacédémoniens, s’embarquèrent aussi, et tirent voile pour Siphnos, parce que l’argent leur manquait. Les Siphniens étaient alors dans un état très florissant, et les plus riches des insulaires. Leur île abondait tellement en mines d’or et d’argent, que, de la dîme du revenu qui en provenait, ils offrirent à Delphes un trésor qu’on peut comparer aux plus riches qui soient en ce temple. Ils partageaient tous les ans entre eux le produit de ces mines. Tandis qu’ils travaillaient à ce trésor, ils consultèrent l’oracle, et lui demandèrent s’ils pourraient conserver longtemps les biens présents. La Pythie leur répondit : « Quand le Prytanée de Siphnos sera blanc, et que la place publique aura le même aspect, vous aurez alors grand besoin d’un homme prudent et sage pour vous garantir d’une embûche de bois et d’un héraut rouge. »

LVIII. La place publique et le Prytanée de Siphnos étaient alors de marbre de Paros. Les Siphniens ne purent cependant comprendre le sens de cet oracle, ni dans le temps qu’il leur fut rendu, ni même après l’arrivée des Samiens. Ceux-ci n’eurent pas plutôt abordé en Siphnos, qu’ils envoyèrent à la ville un de leurs vaisseaux avec des ambassadeurs. Autrefois tous les navires étaient peints en vermillon ; et c’était là ce que la Pythie avait prédit aux Siphniens, en les avertissant de se tenir sur leurs gardes contre une embûche de bois et contre un ambassadeur rouge. Les ambassadeurs, étant donc arrivés, prièrent les Siphniens de leur prêter dix talents (09). Sur leur refus, les Samiens pillèrent leurs campagnes. Les Siphniens, à cette nouvelle, coururent sur-le-champ aux armes, livrèrent bataille, et furent battus. Il y en eut un grand nombre de coupés dans leur retraite, et qui ne purent rentrer dans la ville. Après cette défaite, les Samiens exigèrent d’eux cent talents (10).

 

 

 Hérodote Livre VII Thalie : quand les Siphniens refusèrent l’asile aux Samiens exilés par Polykrates (532-522), les samiens pillèrent l’île. Cet évènement fut considéré comme une punition divine d’apollon pour leur hybris et l’étalage de leurs richesses

Sifnos dans l’Antiquité

le Trésor de Sifnos à Delphes

Son premier nom Sounios serait celui du petit fils d’Apollon et de la nymphe Rhoio – j’ai cherché sur Internet et n’ai trouvé aucune confirmation de ce Sounios la fils de Rhoio serait Anios ????

On dit que le nom de Siphnos serait en relation avec les galeries de mines (siphnos = vide)

Siphnos aurait exploité depuis l’Antiquité des mines d’or, d’argent, de cuivre, et de plomb

On a des preuves d’activité humaine sur l’île dès le Néolithique (4ème millénaire avant JC)

Kastro contrôlait les routes maritimes sur la Mer Egée

La citadelle d’Aghios Andreas fut construite autour du 13ème siècle av. JC, de forme ronde « terrasse cyclope »il est également possible que ce soit une tombe d’un mycénien.

Siphnos fut conquise par les ioniens conduits par l’Athénien Alkinor

Le trésor de Siphnos

La frise du Trésor de Sifnos

Siphnos était florissante à l’époque archaïque L’exploitation des mines au 6èmesiècle av. JC,  fait de Siphnos la plus riche des îles, comme le témoigne le Trésor de Siphnos à Delphes construit en 525 av JC en marbre de Paros. C’est le seul monument en marbre. On raconte que les Siphniens, pour s’assurer des faveurs d’Apollon et la priorité dans la consultation de l’oracle, offraient chaque année un œuf d’or au dieu et qu’une fois ils trichèrent et recouvrirent d’or un œuf de fer, provoquant ainsi la colère d’Apollon.

Même après le pillage des samiens, l’abondance continue à régner comme le témoigne le tribut annuel à la première ligue d’Athènes.

Les Mines de Siphnos

Le sous-sol composé de schiste, gneiss et marbre contient du plomb argentifère, du fer et du zinc

Les tours de Siphnos

76 tours de 4 m de diamètre et 13.5 m de haut avec un escalier en spirale faisaient un réseau de surveillance. Les plus anciennes furent construites au 6ème siècle après le raid des Samiens (525av JC). Ce système de signaux de communication avait pour but de protéger les mines d’or en surveillant la mer protégeant en même temps les agriculteurs. Les signaux par fumée et miroirs réfléchissants comme les boucliers furent décrits par Hérodote lors de la bataille de Marathon (490 av JC) L’acropole d’Aghios Andreas et le Kastro (Asty) étaient des nœuds de communication.

Fouilles

Les ruines de la citadelle furent reconnues en 1841, fouillée en 1898 puis systématiquement en 1970/

murs d’enceinte de la ville

Parmi les vestiges, je trouve l’ancien sanctuaire, mais qu’y célébrait-on ? Seules les enceintes sont reconnaissables ; le sommet de la colline est occupé par la coupole éblouissante d’Aghios Andreas. La porte est ouverte, cela fleure bon la cire. Comme je suis en short, je n’ose pas y entrer.

Descente sur Firogia : sentier 1A

Sanctuaire mycénienLe sentier qui descend à Firogia (1.5 km – 35 mn) est bien balisé. C’est une aimable descente au flanc de la colline. Je découvre la chapelle Aghii Anargiri, chaulée de blanc avec son enclos très propre. La phrygana est bien desséchée, sauf le thym qui est encore bien fleuri en grosses boules violettes. La sauge est fanée de petits lentisques pistachiers et des cyprès sont bien verts. Toute la colline d’Aghios Andréas est couverte de ces buissons. Ces cyprès verts remplacent les genévriers bleutés de Milos et de Naxos pourtant plusieurs articles dans la littérature citent les genévriers de Phénicie. Il faudrait que je sois plus attentive dans mes déterminations. Ce qui ne facilite pas la tâche c’est cette manie de tout nommer « cèdres ».

Le sentier est pavé de schiste aux dalles bien plates sous els pieds et bordé d’un muret. Il n’y a pas de barrière à ouvrir et refermer : pas de chèvres non plus dans cette promenade.

A Firogia : on a construit un abri pour que les randonneurs attendent à l’ombre le taxi ou le véhicule qui les ramènera.

Randonnée de Sagri à Melanès, parc archéologique de Flério

CARNET DES CYCLADES -NAXOS

le kouros deFlerio

Sentier n°2 décrit à l’envers de la carte Skai : Flério Pano PotamiaAgios Mamas 5km 1h40

Permet de visiter le Parc Archéologique où se trouvent encore 2 Kouros.

En principe les rendez-vous seront faciles puisqu’on part du parc archéologique et au je suis censée arriver à un terrain de sport près de Sagri.

Au départ, nous nous sommes trompées à Galanadho et nous retrouvons sur la route de Halki. Qu’importe, on fera trajet à l’envers ! Cela se complique : le stade marqué sur la carte est introuvable. En revanche, un panneau signale bien Aghios Mamas, sauf que le numéro n’est pas le 2 mais le 6. Ce sentier n°6 est fort mal balisé. Du haut de la colline, j’aperçois la très belle église Aghios Mamas dans le creux du vallon et m’y dirige à l’instinct puisque les marques sont inexistantes et trouve une piste de terre qui conduit à l’église.

Aghios Mammas

Aghios Mamas est une église byzantine du 9ème siècle qui fut la cathédrale de Naxos avant l’arrivée des Vénitiens en 1207. Cette jolie église de pierre brune est abandonnée. Des grilles interdisent d’y pénétrer. Je n’ai donc pas pu voir les fresques mais j’ai admiré les parements de marbre autour des ouvertures sur la façade qui m’ont rappelé les églises carolingiennes des Pyrénées orientales .

A l’église je retrouve le balisage du sentier ce qui me rassure. Dans le vallon, il y a un petit verger d’orangers ; Ce sont les premiers que je vois depuis notre arrivée dans les Cyclades. Je passe un petit ruisseau sur un pont de bois, des lauriers roses fleuris, une petite église Panaghiatisa et une aute annoncent l’arrivée aux villages de Potamia . Ce nom m’évoque des rivières, des fleuves, peut être à cause des hippopotames, j’oublie les petites rivières et les ruisseaux. Potamia porte bien son nom avec ses ruisseaux et ses sources. Potamia est composée de trois hameaux Kato Potamia (Potamia du bas, Mesi Potamia (du milieu) et Ano Potamia. Le sentier court de l’un à l’autre sans croiser la route qui frôle Potamia par le haut. Je passe donc sous les maisons de lavoir en source, puis deuxième source, troisième…entre deux murettes, parfois entre les maisons et les jardins. Promenade rafraîchissante.

A l’intérieur du village, le balisage s’interrompt. Je passe par des ruelles blanches, des marches, arrive devant une grande église. Un homme qui balaie la place me remet dans la bonne direction. J’ai eu la bonne idée de photographier la carte sur mon téléphone portable. Je tends le téléphone et mes interlocuteurs comprennent ce que je cherche puisque la carte est écrite en grec.

Le sentier n°6 traverse la route pour rejoindre Melanes. C’est à cette intersection que je devrais retrouver Dominique. Elle m’appelle pour me dire qu’elle est garée devant une maison de pierre qui a un bougainvillée particulièrement fleuri. Ici, toutes les maisons sont en pierre ; elles sont toutes fleuries de bougainvillées ! Après une dizaine de téléphonages (heureusement que les frais de roaming sont abolis dans l’Union européenne depuis 2017), nous renonçons à la rencontre ; On se retrouvera à la fin de la promenade à Melanes. Je continue donc vers le kouros de Flerio. Le sentier est maintenant bien tracé et bien balisé. A mesure que je monte sur la colline, la végétation se rabougrit, le sol devient pierreux, les bergeries sommaires, les crottes de chèvre signalent une activité pastorale intense. A une fourche j’ai le choix ente le Kouros Melanon ou le kouros de Flerio. Lequel choisir ? Au hasard Flerio ! La descente est rapide sur un chemin dallé. Les dalles ont été piquetées pour éviter les glissades. Qui a construit ce chemin avec tant de soin ? A la fin de la descente : le parking du Parc archéologique avec une dizaine de voiture mais pas Dominique qui m’attend ailleurs à Melanes. Il faudra une bonne demi-heure pour se trouver.

Le Parc archéologique de Flerio est vaste et très intéressant.

Le Kouros de Flerio est couché sous les arbres et beaucoup plus fini que celui d’Appolonas. La statue de marbre repose depuis 26 siècles à côté du « jardin du paradis » je n’invente pas, c’est un verger planté d’arbres fruitiers : agrumes, pruniers, abricotiers…La route qui conduit au deuxième Kouros de Potamia ou de Melanes est deabord sous de grands arbres. Il faut grimper dans la colline pour le trouver ; C’est encore un géant allongé de 5m pour 6 tonnes. IL paraît encore plus fin. On reconnait une parenté avec les statues archaïques avec la chevelure longe les épaules larges. Le sentier passe par les anciennes latomies (carrières de marbre antiques).  . Dans la région de Flerio affleurait une state de marbre de bonne qualité permettant le développement de l’architecture et de la sculpture en marbre :  les plus importants monuments de Naxos et de Délos.

Dans le parc archéologique de Flerio, un panneau signale l’ancien aqueduc de Flerio :

Mélanes rappelle par son nom que le site était ombragé :  mélanes = noir = sombre = ombragé. Dans cette région il y a de nombreuses sources et du 6-me siècle avJC au 8ème après JC un aqueduc de 11km de long apportait l’eau à Naxos. Un tunnel avait été creusé.

Sanctuaire Flerio Melanes

Kouros de Melanes

Au 8ème siècle on rendait déjà un culte au-dessus d’une source où des traces de burin ont été identifiées, on a retrouvé une petite construction contre un bâtiment d marbre imposant. Au 7ème siècle on construisit un temple plus grand ; Il semble qu’on vouait un culte à une déesse de la fertilité qui assurait aussi la protection des carriers. Le culte était rendu à l’air libre avec des foyers qu’on a reconnu à la roche rougie. On creusait ensuite un puits dans lequel les cendres des offrandes étaient enterrées recouvertes de plaques de schiste.

Carrières modernes

Carrières modernes

Nous rentrons pas le chemin des écoliers par Kinidharos, Moni,  Halki et Sagri.  Sous le ciel gris les paysages déserts sont sévères, dominés par l’impressionnant front de taille des carrières modernes du marbre de Naxos qui parait gris. On exploite le marbre jusqu’au sommet. Les chutes de la taille forment un gigantesque pierrier blanc au-dessus des boules caractéristiques du granite altéré.

le vent des Cyclades

Le vent a chassé les nuages, la mer est agitée d’un vent frais qui convient aux kite-surfers. Les véliplanchistes ont aussi sorti leurs voiles. Joli spectacle mais baignade impossible. Ce soir, la météo promet une légère brise ; Peut-être aurais-je le plaisir de nager le long de la plage. En attendant il faut être vigilantes, fermer la fenêtre quand on ouvre la porte si on veut éviter la casse.