Sentier des douaniers jusqu’au Petit Capo – Grand Capo – Golfe de Liscia

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D’après le Guide Evasion 2h30 jusqu’au Grand Capo AR 7km.

Comme une petite route rejoint le Petit Capo nous nous y donnons rendez-vous. La balade est facile, pas de marquage mais un seul sentier, le plus souvent une entaille dans les lentisques ou les buissons couverts de salsepareille. Un petit sommet fait de l’ombre sur le chemin le matin. Les joggers et des cyclistes sont nombreux le dimanche. Quelques cabanons sont construits sur le Petit Capo. La plage n’est pas très belle, ce n’est pas l’heure pour la baignade et la paillote a déjà tout vidé pour la fermeture annuelle.

Nous reprenons la voiture pour Grand Capo par Pisinale sur le goudron et ensuite sur de grandes pistes qui vont aux paillotes. Chaque paillote a son grand parking ; à 11h ils sont déjà complets. C’est un spot de surf, il y a de belles vagues ce matin, impossible de se baigner.

Nous décidons de chercher une autre plage et un joli restaurant. La petite route vers Saint Antoine traverse un vallon herbu avec des vaches et des balles de foin emballées dans du plastique ; elle gravit ensuite une montagne escarpée et nous nous retrouvons à l’arrière d’Ajaccio. D’après la carte, j’aurais aimé trouver la D61 pour Alata qui passe au pied du château et qui relie le Golfe de Lava. Une fois arrivées au pied des immeubles d’Ajaccio, impossible de naviguer à la carte. Le GPS prend le relai et nous ramène sur les grands axes dans les carrefours de la rocade entre les grandes surfaces commerciales et autres horreurs urbanistiques.   Nous quittons Ajaccio sur la route de Cargèse (D81) qui s’élève jusqu’au col de San Bastiano après une montée interminable et d’une descente aussi interminable.

La petite route marquée Ancone et Pevani longe la longue plage d’Orcino bloquée par les installations du Club Marmara puis ouverte un peu plus loin. Sur la plage deux restaurants : le Malibu mieux situé, aïoli au menu, mais accueil très moyen, Les Tamaris en retrait de l’autre côté de la route, pizzas moules et poissons.

Je joue un peu avec les vagues, pas très rassurée. Derrière les crêtes des vagues je peux nager confortablement. Nous commandons deux pizzas, gigantesques et délicieuses. Les serveurs sont charmants. Comme nous sommes bien incapable de terminer les pizzas, la serveuse apporte une boite en carton et emballe les restes. Dîner assuré !

Deuxième baignade, moins de vagues et surtout plus de baigneurs y compris de très jeunes enfants qui me rassurent. Je prends beaucoup de plaisir.

Piana calanche et village

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calanche de Piana vues de la route

 Histoire de Piana

D’après  le panneau du parking de la Croix :

« Le village de Piana se développe à la fin du 17ème siècle sur un site déserté à la fin du Moyen Âge. C’était autrefois le cœur du territoire de la Pieve di Salognu. L’église pievane dédiée à san Marcellu se trouvait à 2 km de Piana, romane, 12ème siècle complètement ruinée actuellement. La Pieve di Salognu a connu une histoire tourmentée, soumise aux razzias barbaresques sa population s’est repliée dans les hauteurs ; elle a pâti des guerres entre Gènes et les seigneurs de Leca, en 1489 : en 1540 elle fut ravagée par Dragut. Pendant deux siècles les Génois interdirent toute installation pérenne . en 1690, Piana est reconstruite autour d’une maison forte. Son église fut achevée en 1792. Dès le 19ème siècle, ses calanche deviennent une destination touristique prisée »

En raison d’une météo incertaine nous choisissons une promenade terrestre : les calanche de Piana

Samedi, j’ai vu les grottes et les falaises du zodiac. Eblouie par le spectacle de Scandola je n’avais pas été aussi admirative que j’aurais dû. C’est toujours ainsi quand on accumule les visites ; On se blase facilement.

Alors que nous arrivons à Porto, un avion jaune fonce sur nous suivi par deux autres qui rasent la surface de la mer. C’est la sécurité civile. Y-a-t-il un incendie dans la montagne ? Nous ne les reverrons pas.

Chaos granitique

Entre Porto et Piana la route est spectaculaire, une douzaine de virages, et de points de vue à couper le souffle. Les calanche terrestres sont formés par un affleurement granitique de granite rose ou gris sculpté par l’érosion ; ce n’est pas le chaos classique de grosses boules empilées. Les diaclases sont verticales et resserrées. Le granite s’érode en grande plaques débitées en doigt qui pointent vers le ciel. Les écailles superficielles, en pourrissant sont devenues de l’arène granitique meuble qui a laissé des vides et des creux creusant des fenêtres et des formes bizarres. Chacun veut prendre sa photo. Les voitures stationnent chaque fois que c’est possible et souvent gênent le trafic. Embouteillage permanent mais quel spectacle !

Le château fort

La balade du « château fort » commence au pied du rocher de la « Tête du Chien » notée 30 mn. Courte promenade, mais beaucoup plus sportive que je ne l’attendais. Ce n’est pas un beau chemin comme ceux que j’étais habituée à parcourir mais un parcours un peu acrobatique dans le chaos granitique. On monte et on descend, il faut parfois s’aider des mains (merci au petit genévrier qui m’a permis de me hisser). Il y a un monde fou : des jeunes tchèques venus par deux autocars de Prague forment une longue file « bonjour ! Merci » disent-ils quand on les laisse passer. Ils sont bien polis mais ils pourraient songer à s’effacer. En sandales dorées ou en équipement d’alpinistes, ils occupent le site et finissent pas m’agacer. Le « château » n’est pas une construction médiévale mais un gros rocher cubique, aux parois verticales et au sommet plat.

Rocher bizarre

Quand je remonte, l’embouteillage bat son plein. La municipalité de Piana a prévu une circulation alternée que de jeunes fonctionnaires à vélo, habillés de gilets fluos, et équipés de walkie-talkie, font respecter en faisant garer les voitures au passage des cars et camions. « Trois cars vont passer » préviennent-ils.

Le village de Piana

Eglise de piana

Le village est construit en amphithéâtre à flanc de colline. A l’entrée deux très beaux hôtels, des villas 1900. Plus loin, le village est ramassé autour de l’église de l’Assomption. Ses portes peintes sont originales, gaies, peintes en bleu, décorées d’une rosace en relief. L’intérieur est entièrement peint à fresques en trompe-l’œil, dans une grisaille qui imite le marbre gris avec des médaillons. Le petit village (485 habitants) est très sympathique. Vivant du tourisme, il a su garder la simplicité d’un bourg rural. Coexistent de belles bâtisses de granite et de plus petites maisons au crépi fané. Certaines maisons croulent sous les fleurs : bougainvillées, géranium, dahlias. D’autres sont plus simples. De petites boutiques proposent des produits locaux. Je découvre enfin le brocciu que je cherchais (9€) ? il y a aussi des plats préparés dans des barquettes en aluminium : poivrons et courgettes farcies au brocciu, lasagnes.

Nous dégustons les farcis (tièdes) le pâté de sanglier et le brocciu : échantillon des spécialités corses. Pour le soir j’ai acheté chez le boulanger qui passe à Marina Livia (c’est le boulanger de Piana) une bastella : chausson fourré aux blettes et au brocciu,  et un à la courge. Il en existe aussi aux oignons.

 

 

 

 

Sentier N°2 de Kastro au Chrysopigi, déjeuner sur la plage de Faros

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ruelles du Kastro

Affranchir les 2 cartes achetées à Vathy ! Il n’y a qu’un bureau de poste sur Sifnos à Apollonia.Je butte en entrant sur 6 colis mal ficelés. Derrière la corde deux personnes font la queue. Une corde, mais pas de distributeurs de timbres ni de machine à affranchir. La pesée du 1er colis avec son bordereau en double exemplaire, placé sous plastique, l’affranchissement et j’en passe dure 20 minutes, Si cela continue à cette allure, je suis encore là pour 1h30. Entre le pope, curieusement vêtu de bleu. Du fond de la Poste, la cheffe l’appelle « pater », après avoir salué toute l’assistance d’un kalimera ecclésiastique, il passe devant tout le monde avec son paquet à expédier. Je suis écœurée et je sors après avoir brandi mes deux cartes postales.

Sentier n°2 de Kastro à Chrysopigi (5.8km, difficulté moyenne)

la citadelle de Kastro vue du sentier

Le départ est au bout de la route à la fin du village. Début charmant, très fleuri avec des buissons à fleurs bleues (Gattilier ou Vitex agnus-castus) et des lauriers roses dans le lit du ruisseau. Longue montée sur des marches de schistes verts, Je suis face au Kastro coiffant son rocher, sur l’arête de la colline en face il y a trois moulins et dans creux les coupoles bleues. Le sentier passe alors entre deux murs de schiste avec de blocs de marbre blanc. Au sol, les dalles de marbre sont piquetées pour qu’on ne glisse pas. Les crottins sur le chemin montrent que le sentier muletier est encore utilisé.

un beau chemin dans les oliveraies

Un homme me précède, grand, sec, grisonnant. Il porte un sac de toile blanche sur l’épaule. Il enjambe une murette, entre dans un champ et appelle ses bêtes : un berger.

Le sentier devient sableux, poussiéreux, jaune pâle, il passe par des terrasses plantées d’oliviers. On a aussi semé du blé, pas encore récolté. La traversée de cette campagne cultivée, habitée, me ravit. Je mesure ma progression sur la carte en repérant les chapelles, Aghios Nikitas, toute blanche, Aghios Ioannis est à l’écart, un poteau note 5’. Le sentier passe sous une voûte d’oliviers. L’ombre m’y invite. Je descends des marches dont on a peint le rebord à la chaux. Une grosse branche vermoulue barre le chemin. Peut-être est-elle tombée ou elle marque la clôture du monastère, ou dissuade les animaux ? Je rampe en dessous. L’église est ouverte. En remontant, je remarque deux vaches qui ruminent couchées. Des tuyaux conduisent l’eau. Il y a sans doute des sources.

chapelle en contre-bas

Après avoir traversé la route, le trajet est moins plaisant, le sol rocailleux, il n’y a plus de culture ni d’ombre. Le chemin, plus large est dallé de schiste. La descente sur Faros se fait sur de belles marches soigneusement disposées. Au fond, la mer est bleue. Le petit port avec ses barques est charmant. Sur un promontoire l’église de Chrysopigi est reliée à la terre par un petit pont.

Le Topo-guide du sentier n°2 est disponible sur le site de Sifnos-trails  : ICI

Je retrouve Dominique à Faros, installée à la plus belle des terrasses sur la plage, sous les arbres : Lychnos, les pieds dans le sable à deux pas de l’eau, un peu à l’écart du port.

Le sentier entre Faros et Chrysopigi

A la nage je pars explorer, il y a une autre plage bordée de tamaris plus sauvage et vers Chrysopigi, il y en a encore une autre avec un accès pour els voitures. Après une très belle baignade nous étudions le « catalogo » le menu, il contient des plats alléchants plus chers que d’habitude.Au diable l’avarice ! J’aimerais goûter à la spécialité locale, le mastelo (agneau cuit au vin) mais il n’y en a pas, pas d’aubergines farcies, pas de tomate, il n’y a rien de ce qui nous plait sur la carte. La seule viande : du poulet ; donc souvlaki de poulet et saucisse-frites, la saucisse est infecte, le souvlaki est cru. Quelle déception.

Sur la plage de Kamares on a hissé le Pavillon bleu, dressé un chemin de planches, planté des écriteaux. Cela sent la haute saison et les vacances. Les estivants peuvent arriver et remplir la plage.

La soirée s’écoule au rythme de l’arrivée des ferries. Les lumières s’allument. Une flottille de voiliers occupe le port, deux yachts arrivent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Heronissos au nord de Sifnos

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Le sentier et Aghios Nikolaos

Quelques nuages glissent sur les sommets. La cloche aigrelette d’Aghia Marina nous rappelle que c’est dimanche, puis celle de l’église du village qui appelle aux liturgies. Les Grecs qui ont veillé si tard se lèveront-ils pour la messe ?

Deux sentiers de randonnée 9A(45mn) et 9 (35mn) combinés ensemble font une belle promenade de 6km. Topo-guide Sifnostrail ICI

A côté du gite, à Aghia Marina une petite route goudronnée monte vers Aghios Simeon et Troullaki puis rejoint la route principale et gagne Heronissos. La petite route est sinueuse, elle parcourt un paysage désolé d’où on peut observer sur l’autre versant de la vallée les vestiges des mines de fer au-dessus de Kamares. Kamarès était le port du fer avant d’être le débarcadère des touristes. Pierriers rouges dégoulinant de la mine sont bien reconnaissables à leur couleur rouille caractéristique de l’oxyde de fer.

Dans une épingle à cheveux, une belle ferme avec de nombreuse chèvres enfermées dans un enclos. La route s’élève dans la montagne couverte de genévriers arbustifs bien verts. Encore une fois je me demande pourquoi ceux de Naxos et de Milos avaient des aiguilles bleutées.  Au détour de la route, de gros oiseaux planent au-dessus d’une décharge – les ordures sont toujours un problème sur une île, surtout touristique. Au débarcadère, enjoint les touristes d’éviter les sacs en plastique.

Des hommes chargent un âne de planches, ceci explique que les sentiers soient en aussi bon état : ils servent encore ! De nombreuses maisons, bergeries, chapelles ne sont pas desservies par des voies carrossables. Les ânes et mulets sont encore bien utiles !

Troullaki est un très petit village : quelques maisons, des champs et des jardins soignés mais rien d’autre. Nous espérions y faire des courses.
le sentier n°9 se trouve à 3.5 km de Troullaki.

>Au début de ma promenade, je croise un berger qui me souhaite bonne route « kalo dhromo ! » . Le sentier court entre des murettes, schiste, gneiss et une roche caverneuse, dolomite peut-être. Je suis passée sans la voir devant la tour de Kabanario , La Tour Ambourdektis est bien signalée sans ce panneau, je n’aurais pas fait la différence entre les vestiges et les restanques et les murettes bordant le sentier ;  cela m’amuse de penser à tout ce réseau de tours à signaux que les anciens avaient élevées pour protéger leurs richesses. Le sentier suit l’arête d’une colline rocailleuse. Je devine les bulbes d’asphodèles, tout est sec. Le vent souffle à 31km/h « Jolie Brise ». Je n’avais pas vu d’Aghios Nikolaos se trouvait au niveau de la mer. Je descends le sentier en pensant à la remontée. Elle est plus facile que je ne le craignais. A la Tour Ambourdektis, je trouve le second sentier qui descend sur Heronisos sur l’autre versant de la colline, plus loin de l’eau et moins beau que le précédent.

La des cente vers Heronissos

Heronissos est un petit port niché au creux d’une baie protégée. Seuls les caïques des pêcheurs sont à l’ancre, une douzaine de petites barques, un bateau de pêche un peu plus gros, sur des toiles plastiques les filets jaunes sont soigneusement rangés. Une minuscule plage avec quelques tamaris, une cabine pour se changer, deux tavernes et une boutique qui vend des biscuits de l’épicerie de base et des cartes postales. En nageant, je compte les maisons, pas plus d’une trentaine, maisons de pêcheurs et maisons de vacances, rien ne les distingue ; Pas de terrasse chichiteuse, du linge qui sèche, des serviettes et des maillots. La plus jolie terrasse est un restaurant de poisson. Les poissons au poids sont bien cher, nous piochons dans les mezzés végétariens : aubergines frites, croquettes de pois chiche (falafels), beignets de courgette (courgettes râpées dans une pâte spongieuse et saganaki (une tranche de fromage cuite). Le saganaki est un fromage dense, presque dur. Nous aurions été mieux inspirées de prendre de la salade plutôt que des beignets. Tout cela est sec et manque de crudités.

la baie de Heronissos

Sur un promontoire qui s’enfonce dans la mer, un monastère Aghios Giorgios, cube blanc dans un enclos. La vue sur la baie est fantastique.

 

Aghios Andreas – L’acropole mycénienne de Sifnos

CARNETS DES CYCLADES – SIFNOS

Aghios Andreas

J’avais prévu une randonnée sur le sentier 1A (topo ICI)de Firogia au site mycénien D’Aghios Andreas puis de retrouver Dominique sur la route vers la Panaghia Vrisi.

Le plus compliqué en randonnée est de trouver le point de départ deu sentier.  Sur la carte c’est l’ intersection juste après Katavati. En réalité,  50 m à l’écart, sur une autre route. Nous continuons  vers le sud, dépassant un petit parking en face des marches qui montent vers Aghios Andreas (montée courte mais raide) et découvrons une belle route asphaltée qui va au site Mycénien. Dominique m’attend sur un vaste parking qui est une aubaine parce que je ne pensais pas rester si longtemps sur le site. Des cordelettes balisent les cheminements pour éviter le piétinement de vestiges.

Ces sites, très anciens, sont très difficiles à interpréter pour le non-spécialiste. Avant de m’aventurer sur l’acropole je préfère commencer par le petit musée. Une vitrine contient de petits objets : vases cassés, petites têtes de statuettes en terracotta. Quelques pièces de monnaie, un scarabée égyptien, témoignent des échanges commerciaux lointains. Une grosse jarre est aussi exposée. Les objets ne sont pas extraordinaires. Les murs, en revanche sont couverts de panneaux et de tableaux racontant l’histoire de Sifnos. Histoire passionnante racontée par des témoignages écrits antiques : ou Pausanias !

Voyager avec Hérodote ! (c’est un livre de Lacarrière que je viens de commander !)

 Ceux d’entre les Samiens qui avaient entrepris cette guerre contre Polycrate, se voyant sur le point d’être abandonnés des Lacédémoniens, s’embarquèrent aussi, et tirent voile pour Siphnos, parce que l’argent leur manquait. Les Siphniens étaient alors dans un état très florissant, et les plus riches des insulaires. Leur île abondait tellement en mines d’or et d’argent, que, de la dîme du revenu qui en provenait, ils offrirent à Delphes un trésor qu’on peut comparer aux plus riches qui soient en ce temple. Ils partageaient tous les ans entre eux le produit de ces mines. Tandis qu’ils travaillaient à ce trésor, ils consultèrent l’oracle, et lui demandèrent s’ils pourraient conserver longtemps les biens présents. La Pythie leur répondit : « Quand le Prytanée de Siphnos sera blanc, et que la place publique aura le même aspect, vous aurez alors grand besoin d’un homme prudent et sage pour vous garantir d’une embûche de bois et d’un héraut rouge. »

LVIII. La place publique et le Prytanée de Siphnos étaient alors de marbre de Paros. Les Siphniens ne purent cependant comprendre le sens de cet oracle, ni dans le temps qu’il leur fut rendu, ni même après l’arrivée des Samiens. Ceux-ci n’eurent pas plutôt abordé en Siphnos, qu’ils envoyèrent à la ville un de leurs vaisseaux avec des ambassadeurs. Autrefois tous les navires étaient peints en vermillon ; et c’était là ce que la Pythie avait prédit aux Siphniens, en les avertissant de se tenir sur leurs gardes contre une embûche de bois et contre un ambassadeur rouge. Les ambassadeurs, étant donc arrivés, prièrent les Siphniens de leur prêter dix talents (09). Sur leur refus, les Samiens pillèrent leurs campagnes. Les Siphniens, à cette nouvelle, coururent sur-le-champ aux armes, livrèrent bataille, et furent battus. Il y en eut un grand nombre de coupés dans leur retraite, et qui ne purent rentrer dans la ville. Après cette défaite, les Samiens exigèrent d’eux cent talents (10).

 

 

 Hérodote Livre VII Thalie : quand les Siphniens refusèrent l’asile aux Samiens exilés par Polykrates (532-522), les samiens pillèrent l’île. Cet évènement fut considéré comme une punition divine d’apollon pour leur hybris et l’étalage de leurs richesses

Sifnos dans l’Antiquité

le Trésor de Sifnos à Delphes

Son premier nom Sounios serait celui du petit fils d’Apollon et de la nymphe Rhoio – j’ai cherché sur Internet et n’ai trouvé aucune confirmation de ce Sounios la fils de Rhoio serait Anios ????

On dit que le nom de Siphnos serait en relation avec les galeries de mines (siphnos = vide)

Siphnos aurait exploité depuis l’Antiquité des mines d’or, d’argent, de cuivre, et de plomb

On a des preuves d’activité humaine sur l’île dès le Néolithique (4ème millénaire avant JC)

Kastro contrôlait les routes maritimes sur la Mer Egée

La citadelle d’Aghios Andreas fut construite autour du 13ème siècle av. JC, de forme ronde « terrasse cyclope »il est également possible que ce soit une tombe d’un mycénien.

Siphnos fut conquise par les ioniens conduits par l’Athénien Alkinor

Le trésor de Siphnos

La frise du Trésor de Sifnos

Siphnos était florissante à l’époque archaïque L’exploitation des mines au 6èmesiècle av. JC,  fait de Siphnos la plus riche des îles, comme le témoigne le Trésor de Siphnos à Delphes construit en 525 av JC en marbre de Paros. C’est le seul monument en marbre. On raconte que les Siphniens, pour s’assurer des faveurs d’Apollon et la priorité dans la consultation de l’oracle, offraient chaque année un œuf d’or au dieu et qu’une fois ils trichèrent et recouvrirent d’or un œuf de fer, provoquant ainsi la colère d’Apollon.

Même après le pillage des samiens, l’abondance continue à régner comme le témoigne le tribut annuel à la première ligue d’Athènes.

Les Mines de Siphnos

Le sous-sol composé de schiste, gneiss et marbre contient du plomb argentifère, du fer et du zinc

Les tours de Siphnos

76 tours de 4 m de diamètre et 13.5 m de haut avec un escalier en spirale faisaient un réseau de surveillance. Les plus anciennes furent construites au 6ème siècle après le raid des Samiens (525av JC). Ce système de signaux de communication avait pour but de protéger les mines d’or en surveillant la mer protégeant en même temps les agriculteurs. Les signaux par fumée et miroirs réfléchissants comme les boucliers furent décrits par Hérodote lors de la bataille de Marathon (490 av JC) L’acropole d’Aghios Andreas et le Kastro (Asty) étaient des nœuds de communication.

Fouilles

Les ruines de la citadelle furent reconnues en 1841, fouillée en 1898 puis systématiquement en 1970/

murs d’enceinte de la ville

Parmi les vestiges, je trouve l’ancien sanctuaire, mais qu’y célébrait-on ? Seules les enceintes sont reconnaissables ; le sommet de la colline est occupé par la coupole éblouissante d’Aghios Andreas. La porte est ouverte, cela fleure bon la cire. Comme je suis en short, je n’ose pas y entrer.

Descente sur Firogia : sentier 1A

Sanctuaire mycénien

Le sentier qui descend à Firogia (1.5 km – 35 mn) est bien balisé. C’est une aimable descente au flanc de la colline. Je découvre la chapelle Aghii Anargiri, chaulée de blanc avec son enclos très propre. La phrygana est bien desséchée, sauf le thym qui est encore bien fleuri en grosses boules violettes. La sauge est fanée de petits lentisques pistachiers et des cyprès sont bien verts. Toute la colline d’Aghios Andréas est couverte de ces buissons. Ces cyprès verts remplacent les genévriers bleutés de Milos et de Naxos pourtant plusieurs articles dans la littérature citent les genévriers de Phénicie. Il faudrait que je sois plus attentive dans mes déterminations. Ce qui ne facilite pas la tâche c’est cette manie de tout nommer « cèdres ».

Le sentier est pavé de schiste aux dalles bien plates sous els pieds et bordé d’un muret. Il n’y a pas de barrière à ouvrir et refermer : pas de chèvres non plus dans cette promenade.

A Firogia : on a construit un abri pour que les randonneurs attendent à l’ombre le taxi ou le véhicule qui les ramènera.

Randonnée de Sagri à Melanès, parc archéologique de Flério

CARNET DES CYCLADES -NAXOS

le kouros deFlerio

Sentier n°2 décrit à l’envers de la carte Skai : Flério Pano PotamiaAgios Mamas 5km 1h40

Permet de visiter le Parc Archéologique où se trouvent encore 2 Kouros.

En principe les rendez-vous seront faciles puisqu’on part du parc archéologique et au je suis censée arriver à un terrain de sport près de Sagri.

Au départ, nous nous sommes trompées à Galanadho et nous retrouvons sur la route de Halki. Qu’importe, on fera trajet à l’envers ! Cela se complique : le stade marqué sur la carte est introuvable. En revanche, un panneau signale bien Aghios Mamas, sauf que le numéro n’est pas le 2 mais le 6. Ce sentier n°6 est fort mal balisé. Du haut de la colline, j’aperçois la très belle église Aghios Mamas dans le creux du vallon et m’y dirige à l’instinct puisque les marques sont inexistantes et trouve une piste de terre qui conduit à l’église.

Aghios Mamas

Aghios Mamas est une église byzantine du 9ème siècle qui fut la cathédrale de Naxos avant l’arrivée des Vénitiens en 1207. Cette jolie église de pierre brune est abandonnée. Des grilles interdisent d’y pénétrer. Je n’ai donc pas pu voir les fresques mais j’ai admiré les parements de marbre autour des ouvertures sur la façade qui m’ont rappelé les églises carolingiennes des Pyrénées orientales .

A l’église je retrouve le balisage du sentier ce qui me rassure. Dans le vallon, il y a un petit verger d’orangers ; Ce sont les premiers que je vois depuis notre arrivée dans les Cyclades. Je passe un petit ruisseau sur un pont de bois, des lauriers roses fleuris, une petite église Panaghiatisa et une aute annoncent l’arrivée aux villages de Potamia . Ce nom m’évoque des rivières, des fleuves, peut être à cause des hippopotames, j’oublie les petites rivières et les ruisseaux. Potamia porte bien son nom avec ses ruisseaux et ses sources. Potamia est composée de trois hameaux Kato Potamia (Potamia du bas, Mesi Potamia (du milieu) et Ano Potamia. Le sentier court de l’un à l’autre sans croiser la route qui frôle Potamia par le haut. Je passe donc sous les maisons de lavoir en source, puis deuxième source, troisième…entre deux murettes, parfois entre les maisons et les jardins. Promenade rafraîchissante.

A l’intérieur du village, le balisage s’interrompt. Je passe par des ruelles blanches, des marches, arrive devant une grande église. Un homme qui balaie la place me remet dans la bonne direction. J’ai eu la bonne idée de photographier la carte sur mon téléphone portable. Je tends le téléphone et mes interlocuteurs comprennent ce que je cherche puisque la carte est écrite en grec.

Le sentier n°6 traverse la route pour rejoindre Melanes. C’est à cette intersection que je devrais retrouver Dominique. Elle m’appelle pour me dire qu’elle est garée devant une maison de pierre qui a un bougainvillée particulièrement fleuri. Ici, toutes les maisons sont en pierre ; elles sont toutes fleuries de bougainvillées ! Après une dizaine de téléphonages (heureusement que les frais de roaming sont abolis dans l’Union européenne depuis 2017), nous renonçons à la rencontre ; On se retrouvera à la fin de la promenade à Melanes. Je continue donc vers le kouros de Flerio. Le sentier est maintenant bien tracé et bien balisé. A mesure que je monte sur la colline, la végétation se rabougrit, le sol devient pierreux, les bergeries sommaires, les crottes de chèvre signalent une activité pastorale intense. A une fourche j’ai le choix ente le Kouros Melanon ou le kouros de Flerio. Lequel choisir ? Au hasard Flerio ! La descente est rapide sur un chemin dallé. Les dalles ont été piquetées pour éviter les glissades. Qui a construit ce chemin avec tant de soin ? A la fin de la descente : le parking du Parc archéologique avec une dizaine de voiture mais pas Dominique qui m’attend ailleurs à Melanes. Il faudra une bonne demi-heure pour se trouver.

Le Parc archéologique de Flerio est vaste et très intéressant.

Le Kouros de Flerio est couché sous les arbres et beaucoup plus fini que celui d’Appolonas. La statue de marbre repose depuis 26 siècles à côté du « jardin du paradis » je n’invente pas, c’est un verger planté d’arbres fruitiers : agrumes, pruniers, abricotiers…La route qui conduit au deuxième Kouros de Potamia ou de Melanes est deabord sous de grands arbres. Il faut grimper dans la colline pour le trouver ; C’est encore un géant allongé de 5m pour 6 tonnes. IL paraît encore plus fin. On reconnait une parenté avec les statues archaïques avec la chevelure longe les épaules larges. Le sentier passe par les anciennes latomies (carrières de marbre antiques).  . Dans la région de Flerio affleurait une state de marbre de bonne qualité permettant le développement de l’architecture et de la sculpture en marbre :  les plus importants monuments de Naxos et de Délos.

Dans le parc archéologique de Flerio, un panneau signale l’ancien aqueduc de Flerio :

Mélanes rappelle par son nom que le site était ombragé :  mélanes = noir = sombre = ombragé. Dans cette région il y a de nombreuses sources et du 6-me siècle avJC au 8ème après JC un aqueduc de 11km de long apportait l’eau à Naxos. Un tunnel avait été creusé.

Sanctuaire Flerio Melanes

Kouros de Melanes

Au 8ème siècle on rendait déjà un culte au-dessus d’une source où des traces de burin ont été identifiées, on a retrouvé une petite construction contre un bâtiment d marbre imposant. Au 7ème siècle on construisit un temple plus grand ; Il semble qu’on vouait un culte à une déesse de la fertilité qui assurait aussi la protection des carriers. Le culte était rendu à l’air libre avec des foyers qu’on a reconnu à la roche rougie. On creusait ensuite un puits dans lequel les cendres des offrandes étaient enterrées recouvertes de plaques de schiste.

Carrières modernes

Carrières modernes

Nous rentrons pas le chemin des écoliers par Kinidharos, Moni,  Halki et Sagri.  Sous le ciel gris les paysages déserts sont sévères, dominés par l’impressionnant front de taille des carrières modernes du marbre de Naxos qui parait gris. On exploite le marbre jusqu’au sommet. Les chutes de la taille forment un gigantesque pierrier blanc au-dessus des boules caractéristiques du granite altéré.

le vent des Cyclades

Le vent a chassé les nuages, la mer est agitée d’un vent frais qui convient aux kite-surfers. Les véliplanchistes ont aussi sorti leurs voiles. Joli spectacle mais baignade impossible. Ce soir, la météo promet une légère brise ; Peut-être aurais-je le plaisir de nager le long de la plage. En attendant il faut être vigilantes, fermer la fenêtre quand on ouvre la porte si on veut éviter la casse.

 

 

Apeiranthos et les mines d’émeri

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Apeiranthos : sous le platane

Pittoresque village perché du centre de Naxos, entre 600 et 700 m. Sa position géographique le protégeait des pirates, d’où son nom (a- privatif – et pirate) selon le Petit Futé. Village chargé d’histoire, peuplé depuis 3000 ans av JC d’après les idoles cycladiques du Musée, aux temps minoens par les Crétois. A l’époque contemporaine le 1er résistant de la 2ème guerre mondiale Manolis Glezos décrocha le drapeau nazi de l’Acropole le 30 mai 1941. Homme de gauche il faut à nombreuses reprises incarcéré, député du PASOK puis de SYRIZA est à l’initiative d’actions contre l’austérité.

Apeiranthos possède 5 musées et de nombreux cafés et tavernes qui attirent les touristes.

Pour y parvenir, nous passons par Halki, Filoti et par un itinéraire spectaculaire qui contourne le mont Zas avec des échappées sur la mer. La route embaume l’odeur sucrée et entêtante des genêts qui forment des pyramides ou des boules jaunes au feuillages et aux fleurs minuscules et très serrées. La route contourne le village et il existe un grand parking à l’entrée, on trouve aussi des places près de l’église. Aujourd’hui, dimanche, il y a affluence à l’église pour la messe.

Les Musées n’ouvrent qu’à 11h sauf le Musée d’Archéologie à 10h. je me promène donc en attendant l’ouverture dans les rues désertes où les cafés attendent les touristes qui arriveront après 11h. Village aux murs blancs, aux rues étroites soigneusement dallées de marbre aux belles maisons à étage avec des balcons en ferronnerie aux encadrements des portes en marbre. Ici on peint sa porte et ses volets en marron – cela change du bleu si usité dans les Cyclades. Les boutiques de produits locaux (huile, herbes et aromates) sont présentées avec beaucoup de goût et de variété. Les enseignes des restaurants sont peintes, les menus semblent originaux. Sur l’ardoise le plat du jour :  beignets de fleurs de courgettes. Le plus beau kaféneion se trouve sous le platane en face du bâtiment contenant les musées.

Petroglyphe

Le musée archéologique occupe une grande pièce en rez-de-chaussée. En face de la porte on voit des pétroglyphes trouvés dans le sud-est de Naxos (3ème millénaire av. JC) représentant des scènes de chasse et plus loin d’autres non figuratifs avec des spirales et des cupules datées 2700 av JC).

Des armoires contiennent de la vaisselle en céramique fine aux formes originales.

Les idoles cycladiques sont malheureusement à l’état de fragments, 2 jambes, le torse. L’harmonie de ces petites sculptures n’est pas perceptible dans ces morceaux ;

Aucune explication. Le gardien téléphone sans prêter attention à moi.

L’exploitation de l’émeri

Un tout autre accueil m’est réservé au Musée de Géologie. Un seul ticket(3€) pour les 4 autres musées, folklore, Beaux-Arts ou Histoire Naturelle (dans un autre bâtiment).

La conservatrice du Musée de Géologie , souriante, me fait l’honneur d’une visite guidée. La première salle est dédiée à la Géologie de Naxos, la seconde est plus généraliste.

La géologie de Naxos est complexe. Le trésor local d’Apeiranthos est l’émeri exploité autrefois dans des mines des environs. La visite commence donc par une vitrine contenant de l’émeri. C’est du Corindon (Al2O3) et des spinelles.  L’émeri est une roche contenant un mélange pour 57% Al2O3, 23% Fe3O et divers oxydes. On voit différents agglomérats de corindon et d’autres cristaux comme le grenant et la sillimanite.

La Naxite est une autre roche originale de Naxos : roche blanche contenant des cristaux bleus, des saphirs et des traces d’amphibolites. Les minéraux blancs ne sont pas des carbonates formant le marbre comme je m’y attendais mais des minéraux riches en alumine, des micas, silicates.

 

 

La formation du corindon est expliquée :

  1. La bauxite Al(OH)3 subit l’érosion pendant des périodes de pluies tropicales
  2. Elle se dépose en milieu aquatique dans des plaines côtières ou dans des pièges karstiques, elle est altérée en Al OOH
  3. Dépôt de calcaire
  4. Métamorphisme : le métamorphisme est envisagé dans le cadre de la tectonique des plaques. Avec la subduction, la Pression et la Température augmentent les oxydes d’alumine AlOOH sont transformés en Corindon Al2O3

La carte géologique de Naxos montre l’extrême complexité de l’île divisée en 4 grandes régions

  1. Zone métamorphique avec marbres et schistes
  2. Migmatites
  3. Intrusion granodioritique
  4. Sédiments récents

Je comprends alors le chaos granitique de Mikri Vigla tandis que nous avons traversé des régions de marbres et schistes.

Le métamorphisme a toujours été pour moi difficile à saisir ; Métamorphisme de contact autour de l’intrusion granodioritique ou métamorphisme général dans le cadre de la tectonique des plaques ?

La dame me montre une autre curiosité de Naxos : les cherts de Stelida . Stelida est la petite colline pointue près de l’aéroport qu’on voit de la plage de Mikri Vigla. Dans ces cherts on trouve du quartz, du zircon et de l’hématite. Ces cherts ont été utilisés dans la Préhistoire pour faire des outils.

Encore une curiosité : les fossiles de vertébrés d’une faune africaine et des dents d’éléphants nains (comme à Malte) .

J’aurais pu rester beaucoup plus longtemps dans ce musée mais il en reste 3 autres à visiter !

Le Musée folklorique est sympathique avec quelques meubles et des photos anciennes de fêtes avec des musiciens.

Le Musée des Beaux-Arts est décevant. Aucune œuvre ne m’a vraiment parlé.

Le petit Musée d’Histoire Naturelle se trouve tout en haut du village ? Il occupe une pièce ? !bien sympathique mais bien poussiéreux : coquillages, éponges, coraux m’ont intéressée. Les champignons tombent en poussière ;

Le départ du sentier de randonnée N°5 est en face du Musée, sous un petit pont. Sur la flèche je lis Aghia Kiriaki (1h) Ag. Theologos (25mn). Aghai Kyriaki contient des fresques intéressantes iconoclaste mais avec le retour il faut compter 2 heures et il est déjà midi ! je n’arriverai pas au bout !

Le chemin est une allée dallée avec des marches qui descend. Il est très bien  tracé et passe d’abord entre des buissons de cistes roses (ciste de Crète ?) puis se transforme en chemin creux à l’ombre de chênes-verts. C’est une promenade fraîche (on est en altitude) dans une campagne cultivée. De temps en temps un grillage doit être poussé (et remis), par moment je retrouve le dallage du chemin, parfois grossier (il fait mal aux pieds) on passe dans le creux d’un ruisseau. Je n’ai pas vu Ag. Theologos des flèches pointent Aghia Kyriaki, j’ai déjà marché 35 minutes, je reg=brousse chemin à regret. La remontée est beaucoup plus facile que je ne le craignais.

A Apeiranthos, Dominique a dû subir l’envahissement par 4 cars de touristes qui n’éteignent pas leur moteur (pour la clim) et qui se sont déversés simultanément dans ce petit village.

La route d’Apeiranthos à Moutsouna sur la côte orientale de Naxos est une route spectaculaire avec des vues étendues sur lesîles ? C’est aussi une route vertigineuse et étroite. Nous n’aurions pas aimé croiser un autre véhicule. Le thym en grosses boules violette s’étale sur la chaussée.

anciennes mines d’émeri

Nous découvrons les vestiges de l’exploitation minière de l’émeri : le télétransporteur qui relie la mine au port, les pylônes sont encore reliés par les câbles.  On voit même les bennes de l’émeri.

Moutsouna : l’ancien port de l’émeri

Moutsouna : une petite plage, un port, deux barques de pêcheurs, un haut portique et le rail de l’émeri qui rouille sur place. Deux ou trois tavernes. Nous choisissons celle qui a des chaises bleues et qui est à l’ombre des tamaris. La carte comporte un classeur avec les photos des plats. Les prix sont sensiblement plus élevés qu’hier. On prend encore petite friture et sardines. 9 sardines sont alignées dans une sauce à l’huile et au citron. Dalaras chante « s’agapo.. ». Dès que j’ai fini mes petits poissons je vais me baigner. Dominique me fait de grands gestes : on nous offre le dessert, entre fromage blanc et blanc-manger avec un glaçage coulis de fraise et un petit verre de kitron, glaçage citron et un sorbet à la fraise. C’est sympa, on ne prend jamais de dessert dans les tavernes.

Après une nouvelle baignade je commande du café grec. Au village j’ai lu une nouvelle appellation du café grec « café-ibrik », je connaissais café turc devenu café grec, café byzantin. Encore une gentille attention, le serveur a mis les billets de 10 € de la monnaie en cornet autour d’une fleur de géranium. Sympa et original !

Le musée a été une excellente introduction à notre visite aux mines d’émeri. Dans une boutique d’Apeiranthos j’a trouvé deux feuilles imprimées sur l’Emeri de Naxos. J’y apprends que le nom émeri viendrait du grec « smiris », roche noire bleutée très dure (la dureté du corindon est inférieure d’un degré à celle du diamant). L’émeri est commercialisé sous forme de poudre pour le polissage des métaux, du verre, du marbre, on connaît la toile d’émeri, on l’incorpore aussi aux revêtements antidérapants. Depuis 1852 les dépôts d’émeri appartiennent à l’Etat Grec qui en a cédé l’exploitation aux villages d’Apeiranthos et de Koronos. L’extraction se faisait dans des tunnels et occupait en 1913-1914 mille mineurs. En 1930 un « télé-transporteur » fut mis en service pour acheminer l’émeri à Moutsouna. Il a fonctionné avec 72 pylônes jusqu’en 1978/ Maintenant hors d’usage il marque encore le paysage. On peut accéder au site par, une petite route 5 km avant Moutsouna. En face gardé par une grille on voit un dépôt de roches noires. Il faut encore parcourir 3.5km pour découvrir les tunnels cimentés et les bâtiments anciens qui tombent en ruine. Le creux du vallon est fleuri de lauriers roses ; Je marche, essayant de repérer parmi les cailloux des cristaux brillants, noirs de corindon, ou brillants de muscovite ; j’en sélectionne 3 puis les jette ; Quand on voyage en avion il n’y a pas de place pour les cailloux. J’aurais rêvé d’une visite accompagnée par un géologue qui m’aurait entraînée dans les tunnels (je n’ose pas y pénétrer seule). J’aurais aussi aimé comprendre pourquoi cette activité a cessé.