Hypothermie – Arnaldur Indridason

LIRE POUR L’ISLANDE

lac de Thingvellir

Dans la série des enquêtes d’Erlendur, entre la Femme en vert et l’Homme du Lac, j’ai dévoré cette histoire, avec la surprise en moins ; il faut que je freine sur les séries, l’intérêt finit par s’émousser.

Pour illustrer le voyage, pour animer des personnages dans les paysages trop vite visités.  L’action se situe à Reykjavík et dans la ville toute proche de Kopavogur mais aussi sur les bords du lac de Thingvellir dans un de ces chalets d’été que nous avons entrevus.

Erlendur,  enquête seul sur des affaires non résolues oubliées parfois vieilles de 30 ans. Cette fois-ci, il a la chance de résoudre 4 énigmes pour une seule enquête. Je ne veux pas spoiler, je ne vous raconterai rien!

Les thèmes abordés ne m’ont pas trop accrochée, la vie après la mort, les fantômes, les médiums sont bien loin de mes intérêts. J’ai mis un certain temps à entrer dans le roman, mais l’auteur sait trousser une énigme et je me suis laissée embarquer.

Maintenant je ne peux plus reculer, il faut que j’ouvre la Saga de Saint Olaf de Snorri Sturlusson même si la littérature médiévale m’intimide.

L’Homme du Lac – Arnaldur Indridason

LIRE POUR L’ISLANDE

kleifarvatn sous la tempête

Sur les conseils d’Aifelle, de Maeve et d’autres, j’ai fait connaissance avec Erlendur, le commissaire tenace qui tente de redonner identité aux disparus et reconstituer les circonstance de la disparition. J’ai été conquise par La femme en vert que j’ai dévoré.

Quand j’ai appris que les ossements avaient été retrouvés dans le lac de Kleifarvatn que nous avons visité le dernier jour de notre voyage, je me suis précipitée. Il faut dire que nous étions passées dans une atmosphère d’Apocalypse, par une froide journée, alors que l’ouragan Dorian – reclassé tempête tropicale – sévissait sur la péninsule de Reykjanes , avec paquets de pluie et rafales, les fumerolles de la géothermie et les vapeurs méphitiques proches, et pour rajouter à l’ambiance, un rallye de jeeps et quads grondant sur la route 934!

Le lac sert de décor à l’introduction et à la conclusion du livre. J’aurais aimé en apprendre plus sur ces vidanges aléatoires.

L’auteur m’a fait découvrir un pan de l’histoire islandaise contemporaine. Pendant la Guerre Froide, les Américains et l’OTAN disposaient de bases militaires à Keflavik entre autres. Plus qu’un polar, c’est un roman d’espionnage! Tous les Islandais n’étaient pas partisans des Américains. Il y avait aussi des socialistes ou communistes qui regardaient vers l’Est et qui étudiaient à Leipzig….

Pour ne pas spoiler, je conclue : j’ai bien aimé le côté historique même si l’intrigue m’a moins scotchée  la femme en vert

 

SNJOR – Ragnar Jonasson

Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur,petite ville du nord de l’Islande qui a joui d une prospérité grâce à la pêche et au salade des harengs. La bourgade était même animée d une vie culturelle dont il reste un théâtre des musées et une élite intellectuelle.

Il ne se passe rien à Siglufjordur ! Les  habitants forment une communauté ou tout le monde se connait. On ne verrouille pas sa porte. Ari Thor venu de Reykjavik : pourra-t-il sonder les habitants ?Et pourtant, deux décès suspects ont lieu autour de Noël.

Siglufjordur est au bout du monde, enclavé entre des montagnes. Pour y arriver : un tunnel inquiétant et une route dangereuse en hiver.

Il neige beaucoup à Siglufjordur qui se trouve coupé du reste de l’Islande par une avalanche. Claustrophobie? L histoire se déroule en 2008 dans le contexte de la crise financière. Cette lecture tombe à pic à notre retour d’Islande. L ‘auteur décrit cette atmosphère particulière.

 

En revanche, l’intrigue policière est tirée par les cheveux. Je n’y suis pas entrée. Trop de coïncidences douteuses. La personnalité du jeune inspecteur ne m’a pas accrochée non plus. Ses hésitations sentimentales n apportent rien. Une réussite pour le contexte mais pas un polar sensationnel. Pour un autre polar islandais je suivrai Erlendu

La Pension de la Via Saffi – Valerio Varesi

POLAR ITALIEN (PARME)

C’est une lecture de saison! L’action se déroule pendant la semaine qui précède les vacances de Noël avec  le dénouement  le jour de Noël. Parme est noyée dans le brouillard, tout juste comme la Région Parisienne aujourd’hui. Ambiance de circonstance!

Le centre de Parme (2004) s’est vidé de la population étudiante et laborieuse, bureaux et immigrés ont remplacé les autochtones. Seul résiste le barbier qui attend la retraite. Le commissaire Soneri ne retrouve  plus ses souvenirs de jeunesse dans la pension pour étudiants où logeait sa fiancée Ada et où l’on retrouve la propriétaire Ghitta assassinée.

L’enquête démarre doucement, très doucement.  Soneri revisite son passé autant qu’il cherche les indices pour résoudre l’affaire. Il marche en plein brouillard. Les mobiles du meurtrier (e) ne manquent pas. Ghitta était un personnage singulier, sa pension, un établissement louche, maison de rendez-vous. Soneri lève une affaire de corruption dans les affaires de construction de Parme qui se transforme…

Soneri revient sur ses années de jeunesse, années 70, années de plomb, quand les gauchistes avaient viré terroristes, quand les factions se faisaient la guerre. Années où le parti communiste italien était encore influent. Parme, de tradition ouvrière ancienne. Allusions aux années 20 et aux barricades de de 1922, Arditi del Popolo. Un goût d’Ettore Scola dans « nous nous sommes tant aimés » (avec 30 ans d’écart)... Nostalgie, qui donne un charme indéniable à ce polar lent. Un photographe à l’ancienne a gardé des clichés des manifestations ou des réunions des anciens militants. Soneri découvre une photo de son ancienne femme qu’il n’aurait pas dû voir….

Traditions de Noël. Il fut un temps où on faisait maigre la veille de Noël (ça c’est un scoop). Gastronomie parmesane. Evidemment, en planque Soneri trompe l’ennui ou la faim avec des copeaux de parmesan! Il est question de préparer (ou non) des anolini specialité de Parme, et bien sûr le jambon, bien gras….

J’ai beaucoup aimé ce livre et je reviendrai sûrement vers cet auteur.

Intermittence : Andrea Camilleri

ROMAN NOIR

Camilleri! J’achète systématiquement, sans 4ème de couverture ni recommandation des blogueuses. Il me transporte en Sicile et le plus souvent me fait rire. Aussi bien les enquêtes de Montalbano que ses romans historiques (avec une préférence pour les romans historiques).

Et pour une fois, pas de Sicile, ni Montalbano, ni de rigolade. Noir c’est noir!

Intermittence se déroule au pays du fric, des magouilles,  des fusions-acquisitions, des arrangements avec les politiques, des licenciements et des pratiques très limites. Au pays du fric, les hommes ont un peu de temps, juste un peu, pour le sexe avec des femmes très sexy, pas forcément intelligentes, parfois si.

Peu de décors, tant pis pour l’exotisme! pas de descriptions! peu de suspense, beaucoup de cul. Je me suis un peu ennuyée.

L’Empreinte du faux – Patricia Highsmith

LECTURE TUNISIENNE?

L’auteure est américaine, mais l’histoire se déroule en Tunisie, à Hammamet dans un de ces hôtels de luxe sur le bord de la plage.

Ingham, un romancier américain, vient en Tunisie, s’imprégner de l’esprit du lieu pour adapter un de ses romans au cinéma. Le réalisateur, de ses amis, le rejoindra quelques jours plus tard….

Mais rien ne se passe comme prévu. Le cinéaste ne donne pas signe de vie.  Ingham met à profit sa disponibilité pour commencer un nouveau roman. Il se lie avec Adams, un autre américain et avec un peintre danois. Ils mènent la vie des vacanciers de bord de mer.

Un roman sur la Tunisie? ¨Pas vraiment, plutôt sur le peuple des vacanciers, déconnectés de leur habitudes, de leurs amis et famille, des relations que le hasard a rassemblé sur cette plage. Pas spécialement sympathiques. Même pas touristes. De la Tunisie, il jouissent du soleil, des baignades. Ils boivent. Leur monde clos leur suffit. Les Tunisiens, qu’ils nomment les « Arabes » sont soit des larbins soit des voleurs, peut être les deux. Le sens moral de ces estivants a aussi pris des vacances : Ingham trouve un homme assassiné dans une ruelle et n’a même pas l’idée d’avertir la police. Compliqué? Inutile? Quelle valeur attribue-t-il à la vie de cet homme. Ingham, lors d’une tentative d’effraction dans son bungalow, blesse? Tue? son voleur. Cet « incident » l’ennuie, mais cela ne va pas plus loin. Qui va le soupçonner? Quelles conséquences? Y-a-t-il eu une victime?

Peu ou pas de suspens dans ce « polar ». Pas d’enquête. Juste une atmosphère de mensonge, de faux. On pourrait s’ennuyer dans ce roman où il ne se passe presque rien.  C’est tout l’art de la romancière que de suggérer, de distiller, ce soupçon, cette empreinte du faux…

Elle raconte une époque révolue, celle de la guerre froide, de la guerre du Vietnam, de la guerre des 6 jours. Et puis ce voleur, cet arabe pouilleux qui a peut être été assassiné. Ce n’est pas le Président Kennedy! J’aime relever tous les détails de cette histoire contemporaine. Critique volontaire ou involontaire de cet insouciance américaine, de cette certitude d’être porteur des grandes valeurs de la démocratie et de la morale chrétienne, discours insupportables d’Adams surnommé OWL (Our Way of Life).

Amateurs de romans d’action, de polar haletant, s’abstenir.

Amateurs de folklore tunisien, vous serez déçus!

En revanche si vous goûtez l’humour, la finesse et une histoire désuète, je vous recommande cette lecture;

La Disparue d’Angel Court – Anne Perry

ROMAN POLICIER VICTORIEN

Après  une série de lectures assez dures :  le bombardement de Deraya (Syrie) les bombardements de la seconde guerre mondiale à Malte et le Grand siège de Malte, j’avais envie d’une lecture facile pour me détendre, un polar avec des personnages récurrents… Généralement j’aime bien flâner dans le Londres victorien d’Anne Perry en bonne compagnie.

La Disparue d’Angel court est le 30ème opus des enquêtes de Charlotte et Pitt. L’action se déroule en 1898.
Je me suis copieusement ennuyée au cours de cette très longue enquête (presque 400 pages). Je ne suis pas arrivée à m’attacher à cette disparue, une sainte ou un gourou d’une secte dont je n’ai pas compris les croyances, et encore moins le scandale qu’elles pouvaient provoquer. Les gens trop parfaits (ou trop méchants) m’ennuient.

J’ai trouvé le détour par l’Espagne décevants. L’hypothèse de la vengeance d’anciens collégiens rivaux  tout à fait tirés par les cheveux. Commentune tricherie à un examen  peut elle entraîner des meurtres horribles? Je n’ai pas cru aux implications géopolitiques de l’enlèvement, guerre entre l’Espagne et les USA à Cuba, courses aux armements. C’est une bonne piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié (et j’en suis) la géopolitique de la fin du 19ème siècle. Ann Perry est très forte là-dessus et je lui en sais gré, mais quand même c’est bien éloigné du propos de l’enquête.

Ce n’est donc pas un des meilleurs de la série, loin s’en faut, mais je retournerai me promener dans le Londres Victorien avec Pitt et famille comme je paresse devant la télé après une journée bien remplie!