Carnac : plages, sentier côtier à la Trinité-sur-mer

MORBIHAN JUIN 2026

Plage de Men Du

Pour le pique-nique de midi, je me faisais une joie de retourner dans le centre-bourg de Carnac où les commerces étaient si accueillants. J’ai tout faux : lundi, le boucher est fermé comme la plupart des commerces, le distributeur de billets est vide. Heureusement, la boulangerie nous dépanne avec de belle quiches et du kouing aman.

Je n’avais pas envisagé Carnac comme une destination balnéaire; Carnac évoque les alignements, le Tumulus et le Musée de la Préhistoire.

La grande Plage de Carnac est longue de 2 km de sable blanc très fin. C’est la plus belle de la région. Elle est bien mise en valeur avec une tranquille promenade plantée piétonnière, très éloignée de la circulation automobile.

Sur le bord du parking du Club nautique, un curieux dispositif attire mon attention : un support métallique est prévu pour poser le smartphone. Ne pas zoomer. Juste prendre la photo. Des milliers de photos avec leur date et heure de prise de vue peuvent être collectées pour une étude sur l’évolution du trait de côte. Les très nombreuses données seront analysées dans le cadre d’une étude participative. Un dispositif analogue est aussi installé sur le parking de la plage Men er Beleg à Saint Philibert. Une intelligence artificielle pourra analyser les données. Autant j’ai des réserves par rapport à l’IA, autant ces études participatives m’enthousiasment. C’est très gratifiant de participer à une étude scientifique et si facile de collecter des datas nécessaires.

Aller/retour sur le sable très doux et une incursion de l’autre côté du club nautique sur la Plage de Saint Colomban, plus petite. La pluie interrompt ma promenade.

Du côté Est, nous découvrons la plage du Men Du très découverte à marée basse. Un cordon de sable permet d’atteindre à pied sec la petite île de Stuhan. Je ne m’attarde pas, je n’ai pas consulté  l’horaire des marées.

Marais salant de Kervilhen

Vers la Trinité-sur-mer, le GR se confond avec la D186 pour passer sur une digue une zone humide, le Marais de Kerdual et l’anse de Kerdual. Un très beau parking est aménagé dans la forêt et le GR rejoint le Marais de Kervilhen – Espace Naturel Sensible – c’ est une zone protégée, bassin d’alimentation des oiseaux dans la vasière et un petit marais salant a été réhabilité récemment. Des panneaux expliquent l’arrachage du Baccharis, une plante invasive introduite à la fin du XVIIème siècle dans le sud-ouest. Les oiseaux sont très bruyants. Je regrette d’avoir oublié mes jumelles. Le sentier conduit à la jolie plage de Kervillen, fait le tour de la Pointe puis rejoint le port de la Trinité.

matinée à Auray après-midi sur le sentier côtier de Saint Philibert

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Auray pont sur le Loch

Une course à pied ce déroule ce matin dans les rues de la ville d’Auray fermée à la circulation automobile. Ce n’est donc pas le meilleur jour pour une visite touristique, les monuments sur le parcours sont fermés. En revanche, il règne une ambiance de fête. Devant l’Hôtel de Ville, sur un podium tout est prêt pour un apéro musical.

La place d’Aura&y et ses maisons à colombages

En haut de la Rue du Château des djembés africains résonnent, en bas de cette rue un orchestre de jazz écossais, (pas de cornemuse mais des musiciens en kilt). Des rubans rouge et blanc limitent le parcours. Les spectateurs affluent, brandissent des pancartes d’encouragements. Des enfants acclament les papas, d’autres portent des dossards et participent à la course des petits. C’est un évènement très sympathique qui mobilise toute la ville par un dimanche bien gris.

Auray rue du château

Entre les boucles de la course, je découvre les curiosités d’Auray . Rue du jeu de Paume : la prison et ses cachots ordonnée par Louis XVI, terminée en 1788. Elle a vu passer Cadoudal, une des célébrités de la ville. J’arrive place des Halles. Place de l’Hôtel de ville de belles maisons à pan de bois sont alignées au fond. Sur les côtés de jolies boutiques.

Auray – Saint Gildas

L’église Saint Gildas a été bâtie entre 1623 et 1663. Son clocher a été rehaussé en 1832 pour servir d’amer aux marins. Les vitraux de 1930 retracent la vie de Saint Gildas. Né en Ecosse (490-504 ?) il aurait fait le voyage en Irlande puis à Ravenne et se serait installé en face de la presqu’île de Rhuys où il aurait fondé le monastère de Saint Gildas. Il se serait éteint dans l’île d’Houat. Son corps fut retrouvé à Crouesty dans une épave. Un vitrail montre le corps du saint dans une barque.Non loin de l’église, une chapelle sert maintenant de lieu d’exposition mais aujourd’hui elle est fermée.

le petit port de Saint Goustan

Je descends la rue du Château pour arriver au Pont sur le Loch qui est un des symboles d’Auray et son logo. La route de Vannes à Lorient y passait, c’était un axe principal très fréquenté depuis le Moyen Âge. Des panneaux racontent son histoire à travers les siècles mais ce n’est pas le moment de les recopier, les coureurs dévalent la rampe à l’emplacement de l’ancien Château d’Auray dont on devine les vestiges. Il y a donc foule sur le pont.

Le port de Saint Goustan

Le petit port où sont amarrés de jolis bateaux de bois est pittoresque. Les terrasses des restaurants sont bondées. Je découvre le grand portrait street-art de Benjamin Franklin qui débarqua le 4 décembre 1776 après une longue traversée pour quérir un soutien militaire à la jeune république américaine auprès du Roi de France. Les maisons à colombage se tassent sur le port et le long des rampes pentues. De très jolies enseignes me plaisent bien.

Nous achevons la visite de la ville, finalement je n’ai pas visité le mausolée de Cadoudal (en bonne républicaine) ni l’impressionnant sanctuaire de Sainte Anne d’Auray.

Nous avons préféré rentrer à Saint Philibert pour piqueniquer sur les bords de la plage de Men er Beleg jolie petite anse tranquille protégée par la Pointe de Men er Beleg  à l’extrémité de la grand pointe de Saint Philibert entre la Ria de Saint Philibert (Ster) et la Ria  de la Rivière de Crac’h qui sépare Saint Philibert de la Trinité-sur-mer. Le GR suit très précisément le rivage aut autour de cette pointe de Saint Philibert.

Saint Philibert Men er Beleg

Je choisis de remonter la ria du côté oriental, faisant le tour de la Pointe de Men er Beleg . le sentier s’engage ensuite dans une exploitation ostréicole. La Ria est très tranquille, peu profonde, plutôt vaseuse ; Le GR va d’un ostréiculteur à un autre, certains ont des cabanes de dégustations, d’autres doivent être contournées. Je m’enfonce dans un chemin creux. De très beaux arbres se détachent ou l’abritent. Promenade facile et très agréable. Je remonte jusqu’à l’église et ses deux fontaines que j’ai découverte le jour de l’arrivée.

Saint philibert sentier côtier

Pour termine l’après midi ; nous suivons la rive occidentale que la route longe. Ambiance très différente sur la Trinité-sur-mer qu’on voit de loina ria est plus profonde, l’eau plus agitée. Le GR est parallèle à la route c’ »est moins agréable pour marcher

la Prequ’ile de Rhuys – Arzon et Saint Gildas

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Arzon moulin à marée de Pen Castel

Le soleil radieux nous incite à explorer un peu plus loin la presqu’île de Rhuys qui se trouve tout près de Kerpenhir où nous étions hier. Il faut faire tout le tour du Golfe du Morbihan, une soixantaine de kilomètres. Heureusement la route est rapide, juste avant Auray nous montons sur la RN 185 , quatre voies comme une autoroute mais gratuite, évitons Auray et Vannes ; Relais pris de Noyalo à Sarzeau jusqu’à Arzon avec juste quelques ronds-points pour nous ralentir.

Arzon

Arzon (2271 habitants selon Wikipédia) est très urbanisée. L’Office du Tourisme se trouve à Port Crouesty à 800 m du Centre-bourg. Marina énorme, crée en 1973, le plus grand port de plaisance de Bretagne, entouré d’immeubles modernes sans âme, beaucoup de béton, un tout petit peu de bois, aucun intérêt.

Le sentier côtier fait le tour des pointes déchiquetées qui s’avancent dans le Golfe du Morbihan.

Arzon : menhir de la POinte de Bilgrois et au fond Kerpenhir

Pointe de Bilgrois, la plus occidentale. Le ciel est chargé, le vent qui souffle fort donne une impression dramatique. Pas de dolmen comme indiqué sur la carte, un menhir parmi les graminées qui ondulent au vent. Kerpenhir est si proche qu’on voit els silhouettes qui se pressent autour de la table d’orientation. Un peu plus bas : la plage de Treno , à marée basse des rochers. Pas de sentier de randonnée. « il se trouve plus loin à Monteno » m’explique un monsieur bien aimable.

Nous nous perdons dans le dédale de ce « village » pavillonnaire malgré le plan qui nous a été offert à l’Office de Tourisme. Lotissement de maisons blanches, impasses, rue …pas de trace du sentier côtier, ni de la côte d’ailleurs, accès réservé aux riverains. Bernon, on se perd à nouveau. On demande Kerners au GPS qui le reconnait grâce à la base de kayak.  Enfin !

ARzon – Pointe de Kerners kayaks

De la base nautique partent aussi les bateaux pour les îles : Ile aux Moines. Le soleil est revenu. Le sentier autour de la Pointe de Kerners est très bien entretenu avec de très beaux panoramas sur le Golfe et les Iles. Il domine la mer que j’aperçois entre les branches tortueuses de très beaux arbres. L’eau est redevenue bleue. Le golfe est beaucoup plus calme que l’océan.

Nous reprenons la voiture jusqu’au Moulin de Pen-Castel (connu du GPS). C’est un moulin  à marées sur une digue. D’un côté le Golfe de l’autre, un étang. Un premier moulin du XIIème siècle devient propriété des Ducs de Bretagne. Les moines de saint Gildas le reconstruisirent au XVIIème siècle. Moulin à farine, la liste des meuniers est exposée à l’intérieur. Un salon de thé et une salle d’expositions sont aménagés. Exposition de pascale Chauvet, une plasticienne de la région, qui expérimente diverses matières et techniques : aquarelle, verre, collages de petits carrés cousus pour former une tenture colorée. Mon préféré est une tenture où des capsules de pavots sont cousues sur un fond clair (carreaux de notices de médicaments. C’est écolo (upcycling).

Tour de la Pointe Saint Nicolas jusqu’à rejoindre le sentier là où j’avais fait demi-tour ce matin. Les plantes sont étiquetées comme dans un arboretum. Amusant à lire d’autant plus que les plantes identifiées sont des plantes sauvages qui pour part ont disparu sous les exubérances des plus vivaces. Les prunelliers ont envahi l’églantier, les ronces et le lierre, les moins communes. Un couvre sol moins commun est formé de tradescantia appelée ici Ephémère de Rio, pour moi, c’est de la Misère. Les énormes Cyprès de Lambert ont des troncs imposants et des racines qu’il faut enjamber. Promenade ombragée même si aujourd’hui, je rechercherais volontiers le soleil.

Saint Gildas de Rhuys

De l’autre côté de la Presqu’Ile de Rhuys : l’océan que nous allons trouver à Saint Gildas de Rhuys beaucoup plus tranquille et moins construite qu’Arzon. Cap sur l’Abbatiale qui dépasse tous les toits. Vue de derrière, elle est très belle avec son chevet roman et les modillons sculptés à têtes humaines charmants. La façade est néo-classique, reconstruite en 1699 après que le clocher foudroyé ne s’effondre sur la nef. J’apprécie moins.

Saint gildas chevet de l’abbatiale -modillons

L’Abbaye est encore active, elle a été un centre pour handicapés, maintenant elle a une vocation culturelle et spirituelle. Elle ne se visite pas. Pas de visite non plus pour l’église où se déroule une cérémonie (enterrement). C’est l’occasion d’évoquer le personnage de Gildas que je retrouve chaque jour ou presque en Morbihan. Gildas a fondé l’Abbaye en 530. En 1125, Abélard en devient abbé et les moines le déçoivent. La côte sur l’océan à la Plage de Port Maria est très différente de  celle du Golfe. Plus sèche, plus grise, moins fleurie, battue par les vents

St Gildas plage de Port maria

les Mégalithes de Locmariaquer

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Mégalithes de Locmariaquer grand menhir

Pas facile de trouver un emplacement tranquille pour le pique-nique. A Kerpenhir, le grand parking est très en retrait de la mer (tant mieux pour la vue, mais pour les handicapés ce n’est pas évident). Nous continuons la route en direction des Pierres Plates et déjeunons en face de la grande plage de Locmariaquer, occasion pour moi d’une première trempette pieds nus au bord de l’eau.

Pierres plates

Locmariaquer – Pierres plates

Le sentier côtier conduit au dolmen des Pierres Plates à travers une dune plutôt plate le long d’un camping. Le dolmen a été fouillé dès 1811 par « Renaud de la société alréenne pour l’exploitation de l’or des dolmens, Il a été vidé et les gravures ont été moulées, visibles au Musée de Carnac. Les Pierres Plates sont une allée couverte de 27 à 28 m coudée et recouverte d’orthostates. L’accès au site est interdit. Un seul fil de fer à 20 cm du sol barre le chemin que je franchis sans scrupules ni témoins comptant m’éclairer de la torche de mon téléphone. Rien à voir, les gravures sont dans la pénombre, bien peu lisibles. Avec la pluie le couloir est plein d’eau, impossible d’avancer. Visite décevante. Heureusement la promenade d’approche est plaisante.

 

Les autres sites mégalithiques de Locmariaquer sont dans le bourg ou de l’autre côté.

Nous laissons la voiture au Guilvin : embarcadère pour les îles du Golfe du Morbihan. Un café et un hôtel, complet en octobre dernier pour cause de mariage. Le sentier côtier se faufile le long de l’Hôtel Neptune. Promenade charmante au bord de l’eau entre les jardinets fleuris : bhortensias, rosiers, tamaris, agapanthes et ail en train d’éclore. Petits jardins, chaises peintes en jaune, volets bleus. Je fais photos sur photos.

Sentier entre maisons et jardins

Avant de parvenir au Site des Mégalithes, je passe en chemin devant le Dolmen Mané Rutual enfoui dans la verdure et devant un menhir brisé. Pas spectaculaires comme les mégalithes de l’enclos mais j’aime les découvertes inattendues.

Le Site des Mégalithes

Locmariaquer dolmen Mané Rutal

Le site des mégalithes se trouve à l’écart du village après le cimetière. Un haut menhir dépasse de l’enceinte du cimetière équipé d’une petite niche (oratoire ?) .

Avec le Pass acheté au Musée de Carnac j’ai une réduction pour l’entrée du site Une vidéo de 15 minutes présente le site avec ses trois mégalithes : la Table des Marchands, le Grand Menhir brisé, le Tumulus d’Er Grah.

Locmariaque tumulus Er Grah

Après  la visite au Musée de Carnac avec maquettes et moulages, ils n’ont plus de secrets à découvrir. Impossible de ne pas leur rendre visite, en majesté avec leur taille gigantesque.

Locmariaquer table des marchands : gravures

Au retour, passage à Crac’h à la Saumonerie du Loch : vaste choix de poissons fumés, saumon d’Ecosse, mais aussi rougets barbets, filets de sardines et boutargue.

 

Quiberon

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Quiberon : côte sauvvage sous le vent

Guidage au GPS par le Pont de Kerisper, traversée rapide de la Trinité-sur-mer,  de Carnac et Plouharnel. La départementale 768 passe tout droit entre les dunes et le marais. A Saint Pierre de Quiberon nous la quittons pour rejoindre la Côte Sauvage. Grand vent, ciel dégagé, lumière très vive et mer verte très agitée.

De nombreux randonneurs marchent sur le GR qu’on découvre de la route. Dès qu’on aura trouvé le « parking avec vue » je compte bien les rejoindre. Le spot idéal est au Vivier. Deux restaurants, avec le vent, personne en terrasse, à l’arrière, de profonds bassins creusés dans le granite. Peut être ont-ils été utilisés pour stocker des crustacés. Aujourd’hui vides.

Qiberon : souffleur

J’enfile mon ciré, prends mon bâton et suis le GR bien encadré par des fils métalliques. Comme dans tous les sites touristiques (Pointe du Raz, Crozon…) il faut contenir les hordes pour éviter le piétinement et préserver la végétation avec la protection de tapis de chanvre (genre sacs de patates) . Et cela marche bien. Sans être prévenue, je découvre le « trou du souffleur » et fais sdes photos de vagues qui s’élèvent en nuage blanc. Des paquets d’écume jaunâter s’envolent et nous bombardent. Soudain le ciel s’assombrit. Un grain s’abat avec violence, presque de la grêle. En quelques minutes tous les randonneurs sont trempés. Je constate avec plaisir que mon ciré est bien étanche, en revanche ma jupe est trempée. Une chance cette jupe ! elle sèche beaucoup plus rapidement que les pantalons de mes collègues-randonneurs. La pluie m’a stoppée dans mon exploration de la côte sauvage.

Pique-nique de luxe : pinces de tourteaux et crevettes grises.

Quiberon Château Turpeau

Le vent est tombé, le ciel, voilé. Je continue le GR jusqu’au château Turpeau à l’entrée de la ville de Quiberon. De loin, ce « château de la mer » de style anglo-médiéval a belle allure avec ses tourelles effilées qui se profilent. De près, c’est moins bien.

La circulation dans la ville de Quiberon est infernale avec les sens interdits, le stationnement difficile. Nous passons et repassons quatre fois par les mêmes rues, les mêmes places, incapables de s’extraire du circuit imposé. Juste le temps d’acheter un Quatre-quarts breton dans la Maison Riguidel en stationnant devant la Belle-Iloise (prévu pour les clients) sardines de luxe.

Le beau temps est revenu, le GPS nous a tiré du centre-ville, nous découvrons la Grande Plage à l’arrière de la Gare Maritime, bordée de belles villas et d’immeubles modernes. Je laisse mes sandales au pied de la rampe et marche pieds nus sur le sable fin dans la frange d’écume .

Quiberon – dune vers la Pointe de Conguel

Promenade très agréable à la Pointe du Conguel. Voiture garée à l’arrière du complexe de Thalassothérapie et des immeubles Sofitel en face de la Pointe de Goulvars. Le GR est d’abord parallèle à la route. Hors saison, il n’y a pas de circulation . un grand parking se trouve à l’entrée de la promenade très agréable (mais très fréquentée) qui fait le tour de la Pointe de Conguel. Aller dans les dunes sur le flanc sud baigné par l’océan libre. Retour par un petit bois. Une table d’orientation est bien utile pour se repérer, trouver Belle-Ile, la plus grande, Houat et Houedic qu’on devine. Puis les Pointes du Golfe du Morbihan : Locmariaquer, la presqu’île de Rhuys.

Ail sauvage

Grand Prince – Aléxia Stresi – Flammarion

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Outrenoir. Pourquoi Soulages?

« L’existence c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. A 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver.

peut-on lire sur la 4ème de  couverture.

C’est donc l’histoire un peu extraordinaire d’une vieille dame d’un village tranquille de Loire Atlantique, qui passe une retraite un peu trop tranquille dans le bourg vide hors saison. A 85 ans, elle se porte plutôt bien, de l’arthrose au genou la fait souffrir, mais c’est l’âge. Son fils la délaisse, il est occupé. Sa petite fille est plus attentive, mais elle est loin. Elle a bien des copines de son âge, mais l’entrain n’y est plus.

Et pourtant, il suffit de si peu pour que la curiosité de la vieille dame, l’imagination ne se mette en branle. L’histoire démarre comme un roman policier, avec constatation du gendarme… l’enquête de police n’ira pas loin. Si je ne veux pas divulgâcher il va falloir que je m’arrête bientôt!

marais salants

C’est un roman très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules. Gentil dépaysement dans les Marais salants près de Guérande. Nostalgie pour les commerces de centre-bourg, remplacés par les grandes surfaces.  Un bouquet de roses trémières. Et un espoir pour tous : l’aventure se présente à tout âge!

merci à l’éditeur et à Babélio qui m’ont fait ce cadeau!

Hier, rencontre dans les locaux de Babélio avec Alexia Stresi qui nous a livré quelques secrets de fabrication de son livre. C’était passionnant, mais attention « spoilers »! Autrice très sympathique, très bon contact avec les lectrices-eur. Et buffet excellent, encore merci Babelio

 

Finistère – Anne Bérest – Albin Michel

Finistère m’a accompagnée pendant ce dernier voyage en Bretagne, comme Cézembre d‘Hélène Gestern aux vacances précédents autour de Saint Malo. J’aime que mes lectures fassent surgir des personnages dans les lieux que je découvre. J’ai aussi beaucoup aimé la Carte Postale. 

Toutefois, Finistère évoque les origines bretonnes de l’autrice du côté paternel mais ne se déroule que partiellement en Bretagne. Seul le livre I (1909 -1939) se passe à Saint-Pol-de-Léon et met en scène les deux Eugène, son arrière – grand-père et son grand-père. 

Le premier, en 1909 organisa le syndicat rural du Léon à la suite d’une nouvelle exigence des négociants concernant le transport des pommes de terre et des légumes

Cet autodidacte s’était très tôt pris de passion pour un mouvement politique et idéologique appelé Le
Sillon, qui appartenait à une gauche chrétienne soucieuse de marier les idées de la République, la foi
catholique, et les ouvriers agricoles.

A la suite du boycott des syndiqués par les négociants, Eugène fonda une coopérative agricole : La Bretonne. Et La Bretonne devint toute sa vie. 

Son fils Eugène, né en 1922, portait tous les espoirs de son père. Il le destinait  à reprendre la direction de la coopérative et faire du Léon une grande région de paysans organisés, un modèle politique et social pour toute la France. Il lui donna une éducation exemplaire, marchant avec lui pour d’instructives promenades, l’emmenant au bureau de la coopérative et lui apprenant tout ce qu’il devait savoir pour y travailler.

Eugène, le fils, n’avait qu’une idée en tête : aller au collège, à l’institution Notre-Dame -du Kreisker. Excellent élève, il brille dans les humanités, latin et surtout grec. Toutefois, les études dans cette institution catholique n’offre pas une ouverture d’esprit, même Homère est censuré. L’Odyssée, offert comme cadeau de Noël est une véritable découverte.

Si j’avais cherché un guide touristique de la Bretagne, j’aurais été déçue. Une balade dans Quimper avec l’immeuble Kodak et le garage de l’Odet seront les seules curiosités. En revanche, j’ai été dépaysée par le Noël breton 1937 :

Pour tenir les enfants éveillés, on leur racontait des légendes anciennes. On leur disait que pendant la
messe de Noël, quand tout le monde est à l’église, les animaux des fermes conversent entre eux dans la
langue des humains. – Quand sonnent les cloches, la mer se retire et la ville de Kir-Is réapparaît, révélant
la vie qui l’animait autrefois. – Alors, les menhirs sortent de terre pour aller boire dans les ruisseaux. Les
enfants poussaient des cris de peur qui étaient aussi des cris de joie.

Eugène-fils, n’ira pas au Séminaire comme ses professeurs l’espéraient. Inscrit en hypokhâgne à Henri IV, non sans mal, et mesure la différence entre l’enseignement classique parisien et celui des curés de Saint-Pol-de-Léon. Il découvre l’action politique en participant à une manifestation honorant le 11 novembre alors que les autorités de Pétain (ou les Allemands) avaient supprimé cette commémoration. Puis il participe à des actions de résistance. Après l’échec au concours de Normale supérieure, et pour fuir le STO, Eugène entre en clandestinité. Après son mariage , professeur de français,  s’installe à Brest.

Le livre III commence en 1968 « Portrait de mon père en jeune homme », comme son père, Pierre découvre l’action politique au Lycée avec les comités d’action lycéens à la suite d’une émission à la télévision où Marguerite Duras et Romain Goupil évoquaient l’organisation de comités d’action. 

Il faut que, dans chaque lycée, s’oppose au pouvoir administratif la volonté organisée des élèves. Dans
chaque lycée, il faut construire le comité d’action représentatif.

Par les comités d’action, Pierre va entrer en contact avec les communistes prêts à l’action avec du matériel militant : une ronéo pour les tracts et la lectrice découvre « Brest la Rouge ». C’est le temps des comités Vietnam

Comme son père, Pierre va tenter sa chance à Paris en classe préparatoire, à Louis le Grand et justement c’est mai 68. Il vient de se faire recruter par la JCR et cela restera le grand secret de Pierre….

L’évocation de mai 68 et des années suivantes est très vivante et m’a beaucoup intéressée.

Cette exploration de la branche paternelle de sa famille s’entrelace avec une très belle relation père/fille alors qu’elle découvre la maladie de son père. La lutte contre le cancer rend plus urgente ces recherches. Les chapitres relatant des évènements anciens alternent avec ceux qui se déroulent de nos jours. C’est très émouvant.

A lire donc, en Bretagne ou ailleurs.

Douarnenez : suivez les sardines!

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Cette très belle journée commence dans la brume lors de la traversée du Cap Sizun. Les bancs de brouillard noient les vallées et les creux tandis que le soleil de face nous éblouit. Heureusement, les arbres magnifique, châtaigniers ou chênes offrent un certain répit à nos yeux éblouis.

L’entrée dans Douarnenez avec ses maisons mitoyennes ouvrières alignées le long de la rue en pente me rappelle l’entrée de Fécamp. Des immeubles très moches percent de temps en temps les quartiers ouvriers. Douarnenez n’est pas une ville chic, c’est une cité ouvrière de pêcheurs et d’ouvriers des conserveries qui s’est construite autour de la richesse locale : la sardine. 

Port Rosmeur

le Topoguide propose une promenade N°5 « Le Chemin de la Sardine » . Il est balisé dans le goudron par des clous ovales en forme de sardines qui guideront mes pas. Impossible de rejoindre en voiture le départ du circuit sur le Quai du Petit Port du Rosmeur : le trafic est réservé aux riverains et le quartier piétonnier. En plus des sardines métalliques, la visite est commentée par des panneaux très bien faits illustrés de photographies anciennes, racontant l’histoire de la ville. 

Dès l’époque gallo-romaine, la sardine était travaillée dans les cuves à garum de Plomarc’h (que je n’ai pas trouvées). Ensuite on a pressé les sardines, pressées et essorées, entassées dans des tonneaux pour être expédiées au loin. Nourriture bon marché qui accompagnait pain ou pommes de terre. Au XIXème siècle avec l’appertisation (découverte en 1795 par Nicolas Appert), les conserveries remplacent le pressage. La ville grandit. Les hommes vont à la pêche, les femmes travaillent aux conserveries. Au début du XXème siècle, avec la grande grève des Penn Sardin(1924), les sardinières entrent dans l’Histoire. Un siècle plus tard, on se souvient encore de leurs luttes et de leurs chants. Grève très politique avec le soutient du Parti Communiste et de Charles Tillon. Grève féministe puisque dès 1925 le PC inscrit une femme sur les listes au conseil municipal alors qu’elle n’avaient pas le droit de voter. Un podcast de RadioFrance raconte la grève CLIC

Et un roman policier Du sang sur Douarnenez enquêtes d’Anatole Lebras CLIC

par les venelles du circuit des sardines

Douarnenez, ville communiste, a perdu nombreuses de ses conserveries mais garde le souvenir dans la toponymie : je grimpe la Rue Barbusse, la rue Charles Tillon, la rue Louise Michel. L’esprit de la gauche flotte encore avec  des affiches soutenant Gaza, des graffitis subversifs, « BLOQUONS TOUT3 (10 septembre 2025), « LE RN EST COMME TON EX IL DIT QU’IL A CHANGE MAIS IL MENT » (sûrement des féministes), plus mystérieux sur le mur en face de l’église « QUE LE PAPE BENISSE LES SUBVENTIONS » (quel pape? quelles subventions?).

En suivant les sardines, je déambule sur les quais du Petit Port pittoresques mais vides en début de matinée ; les restaurants n’ont pas encore sorti les tables en terrasse. Jolies façades, bacs de fleurs. A l’arrière, des galeries d’art. Des vieilles photos sur une fenêtre. propositions de stages d’aquarelle. Artistes et bobos prennent la place des ouvriers ou pécheurs dans les venelles et rues piétonnes abondamment garnies de potées de plantes fleuries ou vertes.

La Chapelle Sainte Hélène est ouverte au public. Façade sculptée aux statues et gravures pas très lisibles. Je cherche els filets de pêche sans les trouver. le visiteur est accueilli en musique. Une souscription est ouverte pour restaurer le plafond étoilé. 

Suivant les sardines je continue la promenade très agréable dans les venelles puis je grimpe la Rue Barbusse et la Rue des Baigneurs pour arriver à la grand église du Sacré Coeur, église XIXème siècle (ces églises XIXème ne m’émeuvent guère). Descente sur l’autre versant pour arriver au Port Rhu, étroit chenal où est installé le Port Musée. 

Port Rhu

Non loin, face à l’Ile Tristan, les petites plages se sont peuplées. Malgré la fraîcheur se baignent une quinzaine de nageurs en maillot.

Lire également le récit de nathalie ICI

Illustration musicale dans le blog d’Aifelle ICI

Mégalithes :Alignements de Carnac

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE 

Depuis le 12 juillet 2025, les Alignements de Carnac sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, . La précédente visite, en 2010, sous la pluie, CLIC n’avait pas laissé un souvenir impérissable, les menhirs se voyaient de la route dans une végétation assez dense, mal mis en valeur.

10h, à l’ouverture du Musée de la Préhistoire au centre du bourg, j’espère trouver une visite accompagnée. Elle est à 15 h hors saison, et il faut s’inscrire en ligne. Musée de la Préhistoire et Maison des Mégalithes sont deux entités séparées.

Comme tous les grands sites, les alignements sont encadrés de grands parkings arborés, d’un petit train touristique, bus à impériale. En saison, il doit y avoir la foule mais fin septembre, même le dimanche, l’affluence est raisonnable.

La Maison des Mégalithes se trouve sur place hors de Carnac. Une vidéo prépare la visite individuelle balayant les mythes et les idées fausses comme celle des pierres tombées du ciel, les théories astronomiques sont aussi mises de côté. Une nouvelle hypothèse : les stèles formeraient une barrière stratégique ceinturant un territoire. Il faut aussi tenir compte des variations du zéro marin au Néolithique (4800 – 2500 av. JC), de nombreuses stèles se trouveraient immergées. La vidéo montre aussi les fouilles du tumulus Saint Michel une seule tombe contenant du mobilier de prestige. Le sel était déjà une contrepartie d’échange mais on ne peut pas parler de commerce, plutôt des cadeaux diplomatiques. Une belle exposition de photographies des années 50 et 60 montrant une grande familiarité des habitants de Carnac qui se sont tiré le portrait en famille assis sur les stèles, les enfants grimpés sur les menhirs. Certains sont en costume local. 

Alignements de Ménec

Un sentier piétonnier longe le grillage. le circuit est d’une dizaine de km (8 + un détour pour voir le Géant et le Quadrilatère de Manio en forêt). Il part de la Maison des Mégalithes, passe par le village de Menec où les blocs se dressent presque dans les maisons. Les plus grands sont mis en valeur par l’herbe rase. Plus loin, ajoncs et genets gagnent. 

Des cartels racontent l’histoire des aménagements du site. Les habitants n’ont pas toujours vu d’un bon œil ces installations : les expropriations et les grillages. Une association Menhirs libres a contesté ces grillages ainsi que la construction de belvédères d’observation. Il s’en est suivi une gabegie financière : enlèvement des grillages, destruction des belvédères, un véritable feuilleton local. Sans parler de l’histoire ancienne quand on réemployait les blocs pour la construction. D’autres avertissements décrivent la fragilité du site : le déchaussement des stèles justifie leur protection. En revanche, rien sur l’archéologie. Il aurait fallu aller au Musée de la Préhistoire. Carnac mérite plus qu’une matinée ! Sans parler des sites voisins à Locmariaquer (Table des Marchands etc…)

Le géant

Promenade très agréable sur un chemin sablé, parfois des planches avec une partie en sous-bois pour le Géant et le Quadrilatère de Manio. Les champignons colonisent les souches.

Le soleil a dispersé les nuages, le retour sous une lumière vive offre de nouvelles perspectives. Je pense aux autres sites mégalithiques en Corse, en Sardaigne, à Malte ou au Musée de Rodez…Plus j’en visite et plus le mystère s’épaissit et plus je suis ravie d’en découvrir de nouveaux

 

Etape à Dol-de-Bretagne

EN ROUTE VERS LE COTENTIN EN JUIN

la cathédrale de Dol et devant le bateau de Granite qui a transporté Saint Samson

Pour arriver  Saint Vaast-la-Hougue, à partir de Saint Malo nous disposons de tout notre temps pour flâner.  Arrêt petit-déjeuner à Dol-de-Bretagne. 

La silhouette de la cathédrale de Dol nous est familière. Elle voit de très loin du Mont Saint Michel et pourtant nous n’avions jamais fait le détour. De l’extérieur, c’est une forteresse de granite. Quand on entre je suis étonnée par la clarté et la légèreté de la nef gothique. Charmée aussi  par les vitraux (XIIIème)

Vitrail du choeur : arrivée de Saint Samson sur son auge de pierre

J’ai observé ceux qui racontent l’histoire de Saint Samson à qui est dédié la cathédrale. Samson, évêque de Cardiff, est arrivé du Pays de Galles navigant sur une auge de pierre. J’ai déja lu à plusieurs reprises cette légende des auges de pierre flottantes (en réalité des curraghs, barques irlandaises très légères pas du tout en granite) qui ont traversé la Manche. Ce voyage est aussi raconté par le vaisseau de granite sculpté par Jean Yves Menez  (voir photo ci-dessus). Selon Wikipédia cette barque de pierre aurait vraiment navigué. 

Dol de Bretagne : puits

Une autre curiosité de l’église : le Double Puits. on voit ci-dessus le puits extérieur où la population pouvait puiser de l’eau. Un second puits a été découvert dans la « Chapelle du puits ». Ces deux puits auraient la même source et l’un des deux serait même gallo-romain. 

A l’Office de Tourisme on peut acquérir un plan avec une visite de la ville.

A l’arrière de l’église, la Place de la Trésorerie rappelle le rôle du chapelain trésorier. Le Chapître était un élément de stabilité dans l’histoire de l’église., alors que els évêques se succédaient. 

Rue Ceinte

La promenade aurait dû me conduire aux remparts de Dol mais je l’ai écourtée en empruntant la Rue Ceinte : jolie rue pavée dont les maisons de granite semblent intouchée par la modernité. 

le marché du samedi à Dol de Bretagne

La grande rue principale formé par la Rue Lejamptel et la Grande rue des Stuarts est occupée aujourd’hui samedi par le marché. Elle est très encombrée par les étals variés aussi bien maraîchers que textiles. Tout est de très belle qualité. j’ai bien du mal à photographier les maisons à pan de bois derrière les auvents des marchands.

Chateaubriand tout jeune élève

A une extrémité, devant les halles (XIXème siècle) je reconnais le jeune Chateaubriand qui fut élève à Dol. Combourg est tout près. Plus loin, dans l’Hôtel Grand Maison une plaque explique que Victor Hugo et Juliette Drouet séjournèrent là en 1836. Cette coïncidence m’amuse, me rappelant que Victor Hugo a déclaré à 14 ans qu’il voulait être Chateaubriand sinon rien. Et ce n’est pas fini  : c’est dans ce même hôtel que la dépouille de Chateaubriand fut veillée en 1848 avant de rejoindre son tombeau à Saint Malo sur l’ilot du Grand Bé. 

Quittant la Bretagne par  l’autoroute de Caen, nous frôlons Villedieu-les-Poêles que nous devions visiter. 31°C nous dissuade. Toujours aussi chaud devant Saint Lô. Nous sommes pressées de voir la mer et un peu de fraîcheur.