Château de Crèvecoeur –

BALLADE NORMANDE

Crèvecoeur : douves

Le château de Crèvecoeur est un château rural du 15ème siècle.

Propriété des Schlumberger, il a été restauré  et aménagé pour des  animations touristiques et des reconstitutions de la vie médiévale : « Un été médiéval », La Fête des Traditions…. Comme la saison n’est pas encore commencée la visite du site est individuelle.

Crèvecoeur : potene

Le site est entouré de douves, on entre par une jolie poterne où se trouve la billetterie puis on passe un petit pont pour arriver dans la Basse cour où se trouvent les bâtiments à vocation agricole : une belle ferme qui ne logeait pas un simple paysan : beau logis de ferme à étage mais plutôt l’intendant. Aligné le long de la douve qui forme un anneau : le beau  colombier à plan carré, une grande grange qui sert de hall d’exposition et différents enclos ronds en bois tressés pour les troupeaux. En face de la grange : une chapelle romane toute simple.

Crèvecoeur : pigeonnier carré

La Haute Cour est enclose par une haute enceinte, elle contient le logis seigneurial (15ème siècle) plus haut que le logis de ferme mais de construction analogue avec des pans de bois.

Crèvecoeur : Haute Cour et château rural

Le site est remarquablement bien préservé (ou très bien restauré) dans une campagne très agréable et sauvage :un marais dans lequel on peut se promener sur deux itinéraires partant de la poterne.

En revanche, je suis un peu déçue de la visite. Pas de l’absence des animations qui ne me disent rien. Plutôt de la présentation des panneaux pour la visite individuelle libre. Détail : la signalétique « Covid » avec ses panneaux bleu clair défigurent l’endroit, difficile de les éviter pour prendre des photos (ou alors Photoshop que je n’ai pas!). Mettre à disposition le gel hydroalcoolique, c’est bien, mais on peut prévoir une borne moins visible. De même pour les consignes officielles que tout le monde connaît, on aurait pu faire plus discret comme affichage.

Plus grave, le contenu des explications. Ils semblent plutôt cibler un public d’enfants de l’école Primaire qui n’ont jamais eu de leçon sur le Moyen Âge. Les panneaux sont nombreux, les explications abondantes mais tellement vagues. Si peu de références locales sauf en ce qui concerne la race locale de moutons. J’ai vainement cherché des anecdotes précises concernant les châtelains ou l’histoire locale et je me suis un peu ennuyée à lire les considérations générales. Peu de références à des historiens ou des archéologues, ici on célèbre les « reconstituteurs » et les reconstitutions. Pour l’authentique, vous repasserez.

J’ai regretté que l’exposition sur l’exploitation pétrolière des Schlumberger  ne soit pas visible en ce moment. Au moins j’aurais appris quelque chose!

Cross à Giverny

EXPOSITION TEMPORAIRE AU MUSÉE DES IMPRESSIONNISMES DE GIVERNY  jusqu’au 4 novembre 2018

Cross à Giverny

Au  Musée de Giverny , j’ai fait bien des découvertes. Peintres majeurs ou de notoriété moindre mais toujours intéressants et de très bonne facture.

Henri-Edmond Cross (1856-1910)

Cross

Néo-Impressionnisme? Pointillisme? Divisionnisme? Inspiré par Signac ou Seurat, Cross découvre la lumière du midi au Lavandou et peint avec des couleurs vives, gaies par petites touches contrastées. Ses tableaux sont très construits. Après de nombreuses études, il peint des oeuvres très construites en atelier (on devine parfois les carreaux)

Cross

Ses aquarelles sont aussi très intéressantes, surtout quand il utilise un procédé original en couvrant le fond de tortillons en zigzag d’une teint soutenue laissant des vides pour que le blanc du fond éclaire l’eau ou le ciel. Pas de couleurs diluées, des points et des spirales qui donnent de l’intensité à l’aquarelle.

Cross : chèvres

J’ai aussi beaucoup aimé ces chèvres.

Bien que Cross soit peu connu du grand public, mais reconnu par ses pairs, il se trouve à la charnière de l’art moderne, des fauves, de Matisse…

Les plages du Débarquement de Courseulles à Saint Aubin

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arrivée à Bernières par le sable mouillé

Vers midi, le ciel devient très noir. En face du Parking se trouve la monumentale université de Caen, nous quittons la ville sous une très grosse averse suivant la direction de Courseulles. La pluie cesse quand nous y arrivons. Nous trouvons un banc face à la mer à la sortie de Courseulles pour un piquenique de fête : crevettes et pinces de crabes, petits financiers de la boulangerie de Courseulles.

Courseulles a privilégié la construction d’immeubles qui sont souvent revêtus d’ardoise, sous le ciel gris c’est plutôt tristounet.

Sur la dune, en haut de la grande plage de sable, court la piste cyclable (et piétonnière) jusqu’à Ouistreham (17km). Je l’abandonne rapidement pour marcher sur le sable mouillé et j’arrive rapidement à Bernières qui a aménagé une promenade très pavoisée avec trois monuments commémoratifs. Ici c’est Juno Beach et les canadiens sont à l’honneur. Les drapeaux entourent des sortes de piliers de granite représentant sans doute l’étrave d’un navire. Les faits de guerre et les exploits militaires ne me passionnent pas. On ne peut échapper ici aux commémorations du Débarquement.

Plage de Saint Aubin

Je redescends sur la plage pour rejoindre Saint Aubin après avoir doublé le Cap Romain qui n’a rine de spectaculaire mais qui est remarquable parce qu’il est une réserve du conservatoire du littoral et qu’il échappe ainsi à l’urbanisation.  Dominique m’a donné rendez vous sur la terrasse du clos Normand – grand hôtel au volets rouge et blanc, qui a une terrasse protégé du vent par des panneaux de verre et du soleil par des parasols rouges.

La promenade de Saint Aubin est très animée avec ses nombreuses terrasses de restaurants et cafés. Le village est situé un peu à l’arrière relié par des ruelles entre des murs de pierre.

Saint Aubin : la mer monte, le soleil brille plus fort!
Saint Aubin : la mer monte, le soleil brille plus fort!

Il fait maintenant un chaud soleil. Nous demandons à la serveuse de déployer le parasol et beaucoup de glaçons avec la limonade.la mer est haute, il y a de nombreux baigneurs ; je regrette d’avoir oublié au gîte le sac de plage avec maillot et serviettes.

Saint Aubin restera notre station préférée. Le casino Art déco a une façade ravissante. Nous sommes si bien que je commande une seconde limonade et sors carnet moleskine pour dessiner et cahier pour écrire.

le château de Caen – les Anglais en Normandie –

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Comme prévu : temps gris et  humide. Nous allons visiter le château de Guillaume le Conquérant à Caen. Si la pluie persiste nous visiterons Bayeux demain. Nous voici dans la légende de Guillaume !

Le château ceint de hauts remparts de pierre calcaire, perché sur la colline, en impose. Nous nous précipitons au » parking du château » qui est un parking souterrain privé. A la billetterie du Château installée dans la chapelle on me conseille de mettre la voiture sur le grand parking des visiteurs situé au sommet de la colline et qui est gratuit. Le Pass Education donne droit à une réduction : pour 6€ je peux visiter tous els musées et expositions , validité deux jours !

La conquête de la Normandie par les Anglais (2017-1417)

salle de l’Echiquier

C’est une exposition  temporaire dans la Salle de l’Echiquier.

Il y a 600ans le château de Caen fut au cœur de la Guerre de Cent ans. Le titre est paradoxal. Au château de guillaume le conquérant, on s’attendrait plutôt à la conquête de l’Angleterre par els Normands ! Autre sujet d’étonnement : le vocable « Echiquier » m’intrigue. L’Echiquier désigne la salle qu’on appelle aussi hall. Le hall en anglo-normand vient du latin aula. Cette grande « tente de pierre » ne s’animait qu’en présence du souverain. Le hall de Caen est contemporain de celui de Westminster.

Au magnifique plafond de bois, très haut, on a suspendu comme des oriflammes, des panneaux explicatifs illustrés qui racontent les 116ans qu’a duré la guerre de Cent ans (1337-1453), la découpant en trois parties :

  1. 1337 -1380 : défaite et redressement
  2. 1380- 1429 : Guerre civile
  3. 1429 1453 : Repli de l’Angleterre

Quatre personnages se distinguent : Geoffroy d’Harcourt, Bertrand Du Guesclin, Jeanne d’Arc et moins attendu Falstaff ou plutôt John Falstof, capitaine du Château de Caen (1431-1435)

La Normandie fut donc entre France et Angleterre . En 1339, une délégation normande proposa de repartir sur les pas de guillaume, en 1341, elle fut dévastée par les Anglais et après Azincourt (1415) elle passa sous contrôle anglais. En 1417 les Anglais débarquèrent : siège de Caen. L’Université de Caen fut fondée en 1432 dans l’intention d’entretenir une revendication d’autonomie des Normands vis-à-vis du roi de France.  La Normandie ne retourna à la couronne de France qu’en 1449.

L’exposition est très riche en explications, il faut disposer d’un bon moment pour tout lire et regarder la vidéo.

Pour m’aérer la tête, je monte aux remparts pour découvrir la ville de Caen et ses clochers. On a fait des efforts pour les personnes à mobilité réduite, un ascenseur vitré qui passe devant une meurtrière arrive jusqu’au chemin de ronde.

Donjon du château de Caen

Je découvre aussi le donjon (1120) dont il ne reste que les fondations bien visibles avec le plan carré. Une restauration est en cours : dévégétalisation pour stopper la dégradation  et sauvegarder l’existant .

 

L’atelier en plein air – Les Impressionnistes en Normandie exposition Jacquemart- André

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Exposition temporaire Musée Jacquemart-André jusqu’au 28 juillet.

Une envie estivale de baignade? de plage? prenons le train à la Gare Saint Lazare pour la Côte Normande avec Claude Monet.

la gare saint Lazare

Si vous ne disposez que de quelques heures vous pouvez faire une courte excursion au Musée Jacquemart-André. Trois petites aquarelles de Turner nous rappellent que la Normandie est à mi chemin entre Paris et Londres. A côté de Corot et Courbet des peintres anglais moins connus de nous se sont inspiré de ses paysages. On assiste au Débarquement de la Reine Victoria au Tréport (1843) peint par Isabey. 

le débarquement de la Reine Victoria par Isabey
le débarquement de la Reine Victoria par Isabey

Près de Honfleur, Courbet, Boudin, Jongking se réunissaient à a Ferme Saint Siméon : on voit trois beaux tableaux de déjeuner sous les pommiers. 

La ferme saint siméon par Dubourg (pas dans l'expos)
La fermeSaint Siméon par Dubourg (pas dans l’expos)

Sur la plage, se déroulent des mondanités à Trouville ou à Cabourg

Claude Monet sur les planches de Trouville
Claude Monet sur les planches de Trouville

ou les crinolines à Trouville

boudin_plage_trouville_princeton

Une salle est consacrée aux promenades de Renoir.

Caillebotte a peint les régates en mer à Trouville

caillebotte régates

Dieppe a été peinte par Pissaro, Gauguin. Beau tableau de Courbet à Etretat et plusieurs de Monet à Varengeville.

monet varengeville

Pour tous les autres, il vous faudra aller à l’expo!

 

 

Veulette et le sentier des douaniers

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la plage de Veulette

Veulette notre « port d’attache »

 

l’Hôtel « Les Frégates »

L’hôtel « Les Frégates » fait face à la mer. Sur la digue, de belles tables en bois clair permettent de manger près de l’eau. Le bâtiment blanc a été bâti à l’origine de style normand avec un haut pignon pointu. Une aile a été ajoutée.

Notre chambre est parfaite : une grande baie vitrée occupe toute la façade, la vue est merveilleuse, grand bureau sous la fenêtre,  lit et  tables de chevets  modernes, fonctionnels. Sur la tapisserie  beige, des affiches: Sorrente en camaïeu de bleu, sur la seconde, des personnages sous la pluie sous parapluie, sobre de bon goût.

l’hôtel : les Frégates

59€ est le prix affiché auquel il faudra ajouter les petits déjeuners.

Veulette

Veulette est une petite station balnéaire à droite de la vallée de la Durdent– dans  un creux de la falaise de craie face à une belle plage de galets. La route arrive à droit sur la digue qui borde la belle plage de galets. Deux séries de cabanons de bois aux toits de tôle ondulée ou de fibrociment  sont alignés. Tous laqués de blanc, seule tache colorée: un  triangle laqué en couleur qui porte le nom du cabanon. Version désuète, miniature et charmante des bungalows. Autant un alignement de mobil homes ou de caravane aurait défiguré  les abords de la plage, autant ces cabanons adossés les uns aux autres, presque identiques mais tous différents, ressemblent à des cabines de plage et se fondent dans le décor.

Pas un immeuble moderne. Toutes les maisons de brique ou de silex semblent avoir été construites à la Belle Époque. Rien ne dépare cet ensemble. Seule la corniche est contemporaine mêlant bois et ciment, très sobre et légère.

Sentier des douaniers

le GR s’éloigne de la falaise et serpente dans la campagne. Sur le plateau surmontant la craie, de grosses fermes cultivent du blé. De la route, on ne voit pas la mer. Le premier chemin de traverse mène à un dépotoir, ensilage. Laissant la voiture, nous marchons le long des barbelés de clôture d’un  pré. De temps en temps on devine la mer. Un trou d’eau où nagent des canards de bois, sorte de bunker, des cages. Pas de randonneurs mais des chasseurs en bord de falaise !

 

 

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le Port : une échelle vers la mer

L'échelle à la mer

 

Nouvel essai un peu plus loin. Une route goudronnée fléchée « Le Port » mène à un  terre-plein. Le sentier  s’enfonce dans une échancrure de la falaise et  aboutit à une échelle métallique. Vertige ? Je commence la descente rassurée par les rampes. A mi-hauteur, plus de rampe. Il est plus sécurisant de descendre face aux barreaux plutôt que de regarder le vide. Pas très motivée, je ne me retourne pas et remonte.  A quoi bon descendre sur la plage puisque je ne vais pas me baigner ?
Un  éleveur donne à boire à ses chevaux. Il déverse des bidons dans un gros abreuvoir rond. Selon lui, le sentier côtier est trop dangereux. Il empêche les chevaux d’y monter. Il nous recommande d’aller aux « Petites Dalles »

Petites Dalles et sentier des douaniers vers les Grandes Dalles

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L'échelle à la mer

Hameau construit dans une étroite vallée, un accès à la mer, une petite plage.

De grosses villas cossues se dressent.  Plusieurs étages, deux parfois trois, avec des balcons, des pignons, des tourelles. Virtuosité des maçons qui ont joué avec la brique pour dessiner des motifs géométriques. Fantaisie des boiseries, des carreaux de céramique vernissée comme on savait le faire au début du XXème siècle.

villas normandes des Petites Dalles

Le sentier des douaniers relie les Petites Dalles et les Grandes Dalles.85m de dénivelé, grimpette pour se hisser sur le plateau. Un panneau explique Dalle vient du temps des Vikings, la racine scandinave Dal signifie Vallée.

Le GR continue sur Fécamp, loin de la falaise à travers les champs de blé déjà bien vert, de colza ou de maïs de l’an passé. De curieux sillons viennent d’être tracés, plutôt des levées bien plates. Que va-t-on y repiquer ? Le GR n’est pas balisé. Je me retrouve sur la route au calvaire à l’entrée de Saint Pierre en Port. Je retourne vers la côte : beau point de vue et jolie descente, occasion d’admirer les belles falaises blanches.

pas de falaise mais des chemins creux avec des talus fleuris

6km  encore à travers champs jusqu’à la prochaine vallée. Je suis déçue par le sentier si loin du bord de l’eau. Jolie surprise : des talus recouverts de primevères jaune pâle. De très beaux hêtres sont plantés sur le bord de la route.

Retour à 18h : promenade sur la digue. La mer qui descend,  découvre les rochers. Coucher de soleil, les flaques deviennent orangées entre les algues noires.

Saint Valéry en Caux

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Cabines sous la brume

Brouillard! Il fait bien gris et bien froid sur Saint Valéry en Caux. Le vaste parking se trouve sous le Monument de la Seconde Guerre Mondiale. Un blockhaus a été coupé par le recul de la falaise, l’intérieur suggère une maison, maintenant occupée par des mouettes.

Tout un quartier a été reconstruit dans le triste style des années cinquante, un peu comme Brest. Immeubles gris, plats.

Le casino est moderne tout en verre. Sur les vitres, les  affiches des mêmes films qui se jouent à Paris, sorties nationales.

La digue a été aménagée avec des piscines et des jeux pour les enfants. A l’extrémité, des cabines de plages à grosses rayures verticales bleu roi.

le port à marée basse

Le port est séparé de la mer par un chenal et une porte à écluse datant du 15ème siècle surmonté d’un pont-levis. Le chenal est à sec à marée basse. Sous la porte, une grosse mare verte. Sur les quais petits étals à poisson font la joie des goélands qui se perchent sur la toile cirée bleue. Le pêcheur qui vend son poisson ne les chasse même pas quand ils piétinent sa marchandise.  Le dernier étal ne vend que du requin : petites roussettes avec leur peau et chiens de mer.

les poissonniers du port

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Saint Valery en Caux – maison Henri IV

maison Henry IV

 

De l’autre côté du pont se trouve la Maison Henri IV, le monument le plus réputé de Saint Valéry. C’est une maison à colombages, toute en longueur, avec un étage. Les boiseries sont décorées de figurines de bois sculpté, certaines sont en bon état mais les plus émouvantes sont des femmes érodées par le temps aux figures énigmatiques. A l’étage des personnages d’Amérique du Sud rappellent les voyages de Guillaume Ladiré qui fit bâtir la maison.

Saint Valéry en Caux vieux quartier

Vieux quartier brique et silex

 

Un circuit nous conduit dans les vieux quartiers, maisons de marins ou de pêcheurs, serrées.
Le couvent des Pénitents est visible de la rue : 14 arches de grès bordent le cloître surmonté par l’ancien hospice, s’ouvrant sur un jardin fleuri de tulipes. Le dépliant offert par l’Office de Tourisme donne une leçon d’histoire : le couvent des Pénitents fut occupé par le Club des Jacobins. Tout le quartier Saint Leger fut acquis aux idées de la Révolution, on accédait au club par la ruelle de l’Humanité ! en 1870, la ville transforma le couvent en hospice.
La promenade s’élève dans les hauts quartiers.

Nous n’irons pas visiter la Chapelle Saint Léger au clocher dynamité par Rommel puisqu’il servait d’amer aux marins (A El Alamein, on avait présenté les généraux ennemis Rommel et Montgomery comme des gentlemen) Rommel, ici, est fort peu gentleman ! Un escalier dans des jardins fleuris nous reconduit aux petites maisons de briques du quartier des pêcheurs.

Sur la Place de l’Hôtel de Ville, nous trouvons tout pour un piquenique de luxe : langoustines et crevettes, un melon. Une église très moderne est décorée d’un voilier. Ses murs sont allégés par  vitraux modernes.

 

Sentier côtier de saint Valery en Caux

Puisque le GR s’éloigne de la falaise, je décide de tenter le sentier côtier en bordure des  champs. De nombreux panneaux découragent les promeneurs : les éboulements sont une réalité. Néanmoins, les cultivateurs conduisent  de lourds engins jusqu’au bord de l’eau. Je longe donc champs de blé, de colza ou de fèves/ Même s’il y a peu d’échappées sur els falaises je sens la proximité de l’eau. Près d’une valleuse, le sentier est effondré : un épais taillis de ronces barre le passage. A droite, à la place des champs ouverts, une pâture close de six rangs de barbelés. Heureusement pas de bétail, je me faufile dans un creux sous les fils. Vais-je trouver la sortie ? Finalement oui ! Des randonneurs ont écarté les barbelés avant moi.

 

 

Veules-les-roses – Sotteville -Saint Aubin

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Veules les Roses

 

Veules les roses : chaumière

Veules les Roses est un charmant village.

Son titre de gloire :  le fleuve le plus court de France, la Veule longue de 1 100m.

Passé midi, sous un beau soleil? nous déballons notre pique-nique marin, assises sur les marches de la digue.

La promenade remontant le petit fleuve jusqu’à sa source  est bien expliquée sur un panneau, mais elle n’est pas balisée. Suivant le mouvement général des touristes, je monte au belvédère. De là, dispersion des visiteurs ! Certains s’égaient dans la  campagne suivant les marques du GR, d’autres errent lamentablement. Je descends au village, flâne devant les boutiques fermées et les restaurants dans les rues pimpantes.  Ici aussi, on fait bon usage de la brique, du pavé de silex, du grès et des poutres de bois en combinant ces éléments avec fantaisie et bonheur.

La Veules: le plus petit fleuve de France

A l’église, les panneaux indicateurs se font plus nombreux. D’un château, il reste quelques murs. Une grosse tour ronde combine la fonction de colombier et celle de four à pain. Le couvent a été démantelé. Un fronton triangulaire garde quelques statues. Dès qu’on franchit le porche, on pénètre dans l’enceinte du tennis club.

Veules : fleurs et moulins

Vers la campagne, les maisons se desserrent, les jardins prennent leurs aises. Je découvre enfin le ruisseau qui serpente dans les cressonnières, un  premier moulin et enfin les sources : une fontaine empierrée.  D’élégants panneaux de bois et  des tableaux explicatifs accompagnent mes pas. J’y apprends le marcottage du cresson qui forme des chignons.
Le retour s’effectue sur la berge opposée de la rivière. Malgré la petitesse du cours d’eau, truites et saumons y trouvent leur frayère. Je repère des truites de belle taille. Des moulins se succèdent. La plus grande liberté a été accordée à l’architecture. On a construit de belles villas normandes à pignon pointu et à balcons avec des corniches de bois qui se parent de toutes les fantaisies, mansardes, balcons bizarres, plaques de céramiques. Côté campagne, surtout des longères normandes à poutres apparentes et torchis. Leurs toits de chaume  est surmonté d’une rangée d’iris. Le long du ruisseau, un salon de thé se cache derrière des tonnelles et des terrasses couvertes, sous des poutrelles laquées de vert d’eau. Partout jonquilles et  tulipes jaunes et rouges s’épanouissent. Le circuit s’achève sous le grand restaurant au nom de Victor Hugo et Adèle qui domine la plage.

Ici encore, un canon commémore les guerres mondiales. De là, je retrouve le sentier côtier, vers 16heures, très fréquenté. Cela me rassure.

 

Sotteville – Saint Aubin

Mouettes et silex dans la falaise

 

En moins d’une heure j’atteins Sotteville- sur -mer  que je dépasse sans traverser. D’un petit parking part un escalier qui descend dans la falaise, 240 marches entre les parois de craie et de silex. Un grand père et sa petite fille filment un couple de goéland dans une anfractuosité
–    « Il revient : » annonce la fillette avec excitation à chaque retour de l’oiseau.
Nous poussons jusqu’à Saint Aubin : une grand digue fort laide longe la mer, un immense parking. Les maisons sont construites à l’écart moins soignées que dans les coquettes stations. Sur la digue, ici aussi , des étals à poissons mais ce n’est pas l’heure. Des flèches préviennent « Attention aux câbles », sur un plan incliné, les bateaux  des pêcheurs sont hissés jusqu’en haut de la digue.

 

Soir à Veulette

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De retour à Veulette, le soleil est encore haut. Pas envie de m’enfermer  dans la chambre d’hôtel! Un aller-retour sur la digue (3.4 km) ne fait pas de mal.

D’un côté, l’estuaire de la Durdent est domestiqué avec des portes à la mer. De l’autre, un panneau m’apprend qu’il y avait un autre cours d’eau : la Veulette qui causait des inondations. On l’a donc détourné pour en faire un affluent de la Durdent au moment de la construction de la digue. Un village de pêcheurs,  Claquedent, a été emporté par une tempête, il y a plus de 200 ans. Le golf miniature et les tennis, en contrebas sont sans doute installés dans l’ancien lit de la Veulette.  A l’extrémité de la digue, le casino est ouvert, même en cette fin d’avril. Son néon violet souligne la destination équivoque de cet établissement.

Au journal télévisé, les informations sont rassurantes : des avions décollent à nouveau, le volcan crache son panache moins haut. Peut être verrons nous la Mer Egée ?
Le coucher de soleil est splendide nous l’admirons de notre chambre.