LIRE POUR CEPHALONIE : la Mandoline du capitaine Corelli – Louis des Bernières

LIRE POUR LA GRECE : CEPHALONIE

du sommet du mont Ainos

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C’est le roman de Céphalonie, 1940 – 1993, racontant trois épisodes tragiques  de l’occupation italienne et allemande et le massacre des Italiens par les Nazis en 1944, la guerre civile grecque qui suivit la seconde guerre mondiale et le séisme de 1953 qui ravagea toute l’île, puis la reconstruction, le début du tourisme. Roman historique, donc, qui embrasse toute l’histoire de Céphalonie puisque le Docteur Yannis essayait de la raconter et que sa fille Pélagia continua l’œuvre inachevée.

Roman historique, roman de guerre racontée par un soldat italien, Carlo, l’omosessuale, enrôlé pour l’amour des hommes. Guerre en Albanie dans les neiges et le froid des montagnes de l’Epire, puis occupation de Céphalonie. Carlo comprend rapidement  la vanité des campagnes fascistes, dégoûté de la guerre il se conduit en héros pour sauver ses camarades. Il faut être gonflé pour mettre des mots (grossiers) dans la bouche de Mussolini et de Metaxas ! L’analyse des stratégies hésitantes et des erreurs du commandement italien est-elle rigoureuse ? Les positions très sévères envers les partisans communistes de l’ELAS et les atrocités qu’ils auraient commises m’ont interpellée.  Je suis souvent perplexe devant les romans historiques.  Je regrette que JEA ne soit plus là pour  combler mes lacunes.

Ne pas se laisser abuser par la couverture montrant un couple s’embrassant sur un ponton, ce n’est pas un roman à l’eau de rose. C’est aussi un roman d’amour. Pélagia se fiance à Mandras, un jeune et beau pêcheur qui partira à la guerre et rentrera méconnaissable.

L’occupation italienne impose le logement d’un  capitaine italien. Il y a du silence de la Mer dans le récit. Rejet de l’occupant mais cohabitation obligée. Le capitaine Corelli est un musicien, c’est aussi un amoureux chevaleresque.

La peinture de la vie Grecque et des villageois est un peu folklorique. Peut être égaient ils vraiment ainsi dans les années 40 ? Empathie pour cette société archaïque avec ses fêtes, la vie paysanne, les animaux, mais aussi critique de la situation des femmes. Les femmes du roman sont fortes et actives mais elles subissent encore les préjugés traditionnels.

Louis de Bernières est un britannique dans la tradition des Durrell ou Fermor et Chatwyn, amoureux de la Grèce, mais l’écriture n’a pas le souffle de ces écrivains. C’est un excellent livre pour Céphalonie

Prélude pour la Tempête de Shakespeare /L’Île de Prospero L.Durrell

CHALLENGE SHAKESPEARE


J’ai choisi La Tempête, je l’avoue, sur un malentendu : revenant de Corfou, je restais sur le souvenir du livre de Lawrence Durrell L’île de Prospero qui raconte son séjour en 1937 à Kalami nord de Corfou.

Cette île ionienne est-elle le décor de la pièce? Plus je m’intéresse à la Tempête, plus je suis dubitative! Les navires du Roi de Naples reviennent de Tunis. Que viennent-ils faire dans l’Adriatique? Et puis Corfou est une grande île, comment les naufragés pourraient-ils se retrouver si facilement? Corfou, l’île de Nausicaa, d’Alkinous.

C’est l’occasion de relire ce court ouvrage, non pas en y cherchant l’île grecque, si merveilleusement décrite, mais en traquant Shakespeare. Désirant comprendre ce qui justifie le titre : L’île de Prospero. J’ai oublié pour quelques heures mon propos initial pour me perdre dans des baignades, des parties de pêche  au trident, et la légende de Saint Spiridion….dans l’église du Saint, dans la ville de Corfou, je retrouve un indice : « les peintures de naufrages dignes du Douanier Rousseau…« la description de la fête du saint nous plonge dans un décor magique. Indice que le récit du naufrage du Père Nicolas revenant avec du bois d’Igoumenitza? « au milieu du tonnerre et des éclairs l’icône de Saint Spiridion est consultéemais le saint doit être occupé ailleurs…. » annecdote humoristique et si touchante! Traquant Prospero, je trouve Falstaff : « Huxley dit quelque part que les étrangers ignoraient comment se comportaient les anglais jusquj’à l’apparition de Falstaff ». Nouvelle lecture à mon programme : Falstaff!

Continuant ma lecture, je croise Ulysse – Odysséus raconté par un paysan presque illettré,Caton, Cicéron, Néron, Agripine, Guiscard le Normand, Karaghiosis – marionnette populaire – (pas Byron!). Jubilation de ma part.

Ce n’est qu’à la p.104 que le Comte, ami de Durrell, livre la réponse à mon enquête :  Corfou CORCYRA en grec, est l’anagramme de SYCORAX la sorcière, mère de Caliban! et à partir de là toute une démonstration éliminant Lampedusa, l’île la plus proche de Tunis d’où vient la flotte napolitaine revenant du mariage, Malte trop grande et connue, Zante également trop célèbre…les sources d’eau fraîches et sallines que Caliban connaît correspondent, ainsi que les vigne et les bocages de genêts,  les lieux stériles… et qui sait si Shakespeare n’avait pas visité Corfou? avance-t-il.

Comment ai-je pu oublier cette anecdote si pittoresque? Voyageant dans les îles grecques, cet été pas si lointain d’ailleurs, j’étais à la recherche de grécité et non pas de littérature anglaise, sans doute. On ne trouve dans les livres que ce que l’on cherche!  Séduite par les personnages pittoresques, les rivagres albanais, les ruelles vénitiennes, j’avais zappé Shakespeare!

Venise/Bari en avion Bari/Sami en bateau

Venise, 11heures, nous trainons nos impedimenta Piazza Roma à l’autobus n°5 pour l’aéroport Marco Polo(2×2.5€) et 20 minutes. L’aérogare est bondé : week end et lendemain de grève.

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14 heures, l’avion s’envole. La vue est extraordinaire sur la lagune. De mon côté, la côte dalmate est masquée par la brume, je devine les sommets. De l’autre côté la côte italienne est rectiligne. Je reconnais les lagunes aux abords du Gargano , l’avion descend. Le petit aéroport de Bari est désert. Comment arriver au port ? L’autobus 16 va à la gare. De là, un autre autobus pour le port. L’autobus traverse d’horribles banlieues : barres très hautes sans aucun effort paysagé. Le centre-ville est commerçant avec des jardins publics méditerranéens. Juste devant le port, une belle forteresse de pierres blanches. Nous arrivons à 17h30. Notre bateau part à 20h mais il est déjà à quai.

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Attente de l’île, désir de l’île

A l’arrivée sur le bateau, une vague d’enthousiasme me submerge, je suis déjà en Grèce sur le beau bateau blanc. Je plains le touriste pressé qui atterrira dans un aéroport aseptisé et ne verra jamais approcher les côtes grecques puis disparaître dans la brume, qui ne longera pas pendant de longues heures les îles arides ou couvertes de forêts. L’attente de l’île, le désir d’une île, longtemps attendue, convoitée, repérée, dont la côte vous accompagne jusqu’au port qu’on ne découvrira que par surprise.  Longues promenades sur le pont, descente des passerelles et puis, grand luxe des salons aux tables vernies.

 

Le Ionian King est un bateau chypriote enregistré à Limassol. Très gros bateau. Au deuxième pontune piscine bleue est occupée par des enfants. Des familles dépenaillées montent avec couvertures et oreillers, très bruns, ils ressemblent à des gitans à moins que ce soit des Albanais. Des jeunes Hollandais sont aussi installés pour dormir autour de la piscine. Les passagers sont le plus souvent italiens ou grecs. Ceux qui viennent des pays du nord passent sans doute par Ancône ou Venise

L’accueil est chaleureux comme dans tous les bateaux grecs, les officiers en chemise blanche sont prévenants, pas jeunes. A la réception, on nous attribue une cabine et nous accompagne dans la coursive moquettée. Notre cabine est aveugle, deux lits sont faits, draps blancs, serviette comme à l’hôtel. Il y a une petite salle d’eau. Une couchette s’abaisse. Nous serons 3 avec une dame italienne qui se mettra au lit dès 20heures.

20h, le bateau quitte Bari, le soleil est déjà bas. D m’offre un grand verre de vrai jus d’orange pour fêter le départ. Cadeau que j’apprécie. Le soleil  se couche sur les Pouilles. Au haut parleur on appelle en cinq langues les passagers au restaurant. Au self service on sert une grande variété de poissons, espadon, dorade, des brochettes, des côtes de veau. Après avoir lu les prix, je choisis une salade grecque et une assiette de melon et pastèque. J’ai manqué de crudités à Venise

Le bateau longe les côtes des Pouilles, mauves puis bleues qui s’illuminent. Il y a des feux d’artifice. J’aimerais reconnaitre les villages, Ostuni, Brindisi, retrouver les plages – il y a maintenant cinq ans !

A 22h30, je prends le temps de me doucher, de me mettre en pyjama dans un vrai lit (bouchons d’oreilles et masque quand même).


Je dors comme un bébé dans les trains et les bateaux bercée par la mer

 

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5h, on annonce en cinq langues le port d’Igoumenitsa. Tous les passagers sont réveillés et le Ionian King n’en finit pas d’arriver à Igoumenitsa ! On se lève donc.

6h, le soleil sort d’un banc de nuages. Sur un bord,  le continent, sur l’autre Corfou. Un ferry à coque rouge parti d’Igoumenitsa fait la course avec nous, pendant longtemps il est tout proche puis il nous dépasse. Pendant la  traversée j’avais prévu de reprendre les leçons de Grec, trier les photos de Venise…on n’aura le temps de rien du tout. Aux abords de Céphalonie, un groupe d’habitués italiens commente le paysage. L’île de Céphalonie est toute verte couverte de pins touffus et d’oliviers. Les plages minuscules ne semblent accessibles que par la mer. De nombreux voiliers se balancent : les plages sont pour eux !

Arrivée à Sami

Le ferry accoste à10 h30, heure grecque, 9h30 pour nous. Nous ne verrons pas s’approcher le port de Sami, occupées à boucler les  bagages dans la cabine et à les descendre dans les soutes.

A parking du port, la Matiz bleue est bien là, les clés sous le tapis, nous attendant. Nous allons sur le front de mer, à la recherche d’un  distributeur de billets et d’une agence de voyage pour organiser le voyage d’Ithaque à Corfou. Personne ne trouve de solution. On nous renvoie à une agence locale à Ithaque ou à Leucade. Portant Ionian King fait bien un arrêt à Céphalonie et un autre à Igoumenitsa. Il refuse de prendre des passagers pour ce court trajet. Nous avons déjà expérimenté ce phénomène, les agences de voyage ignorent (ou feignent d’ignorer) les départs des bateaux des îles voisines. Le plus simple serait d’aller à Patras. Mais c’est horriblement long.

Le port de Sami accueille de gros bateaux mais la ville est toute petite : Dans la rue parallèle il y a trois supermarché. A la sortie de la ville, une station service. C’est à peu près tout. La capitale de Céphalonie, Argostoli,  est de l’autre côte de l’île.

Céphalonie : arrivée au Stella vineyard

le domaine

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En route vers Lourdas

De Sami, pour rejoindre Lourdas, plusieurs itinéraires sont possibles : par Poros en suivant la côte vers le sud ou par Argostoli puis la route de Poros, ou couper par la montagne en passant par le monastère, c’est ce dernier que nous choississons. Dimanche à la sortie de la messe il y a foule. Nous demandons le chemin à un marchand qui vend du miel et des herbes, sauge, thym et origan.

Nous quittons la montagne sauvage pour une campagne cultivée. Aux abords de la côte des villages de villas, studios et hôtels se succèdent. Cette urbanisation assez dense et anarchique est heureusement aérée par des jardins des haies de lauriers roses, des pins et des cyprès minces et effilés.

A partir de l’hôtel Lara, la petite route est fléchée : « Stella Vineyard 1800m » entre des propriétés cachées dans la verdure et des oliveraies.

Stella Vineyard est une véritable propriété viticole : devant la maison se trouve un beau carré de vigne bien entretenue.

Notre Gîte

Notre studio s’ouvre sur une terrasse carrelée, sous des arcades fleuries de bougainvillées rose fuchsia, bordées par des balustres blancs. Table ronde blanche, chaises vertes, murs blancs, volets verts. La pièce est très haute de plafond et très fraîche, inutile de mettre la climatisation (+5€) ni même le ventilateur. Devant la porte, un divan de fer laqué de blanc à côté de l’escalier qui mène à la mezzanine où se trouve la chambre. Sous la mezzanine, la salle d’eau. La cuisine est impeccable et fonctionnelle. Une corbeille a été remplie de fruits comme cadeau de bienvenue.

Le propriétaire parle un français impeccable. Il nous parle des cépages de sa vigne (chardonnay, sirah), de ses oliviers et des abricots qui ont bien donné (c’est fini).

La plage

Au bout de la vigne, on ouvre un portillon .Des marches taillées dans la falaise, des escaliers de bois complètent le parcours, 121 marches en tout, mènent à la plage. Plage de graviers blancs, sable grossier et blocs éboulés d’une brèche curieusement polie par les vagues. L’eau est transparente, mon masque me sert plus à reconnaître la topographie du fond (gros galets, rochers ou plaine sableuse) qu’à observer les animaux. Il y a seulement quelques poissons de sable. Comme partout, l’après midi il y a des vagues, rien de dangereux mais je dois nager à contre-courant et n’ose pas aller au large. Je longe le rivage jusqu’à un gros rocher et je reviens. Je suis toujours incapable d’apprécier les distances dans l’eau. D déniché une sorte de grotte à l’ombre avec des rochers lisses qui font une banquette. L’endroit idéal pour qui a oublié de descendre un parasol !

En remontant, nous découvrons un banc sur le rebord de la falaise d’où on a une très belle vue sur la plage et aussi sur le domaine. La maison domine la vigne en pente. Elle a vraiment belle allure. Au rez de chaussée des arcades. Au premier, un fronton triangulaire divise symétriquement le bâtiment. Les arcades fleuries de bougainvillées disparaissent derrière une rangée de mûriers touffus.

Eleftherios nous apporte deux grappes de raisin blanc bien mûr.

          « C’est sûrement une propriété de famille ? »

Et bien non ! Elle date de 1999.

          « j’ai planté des arbres ! »

J’aime bien cette façon de raconter en commençant par les arbres. C’est extraordinaire comme la bâtisse s’intègre dans le paysage et comme l’ensemble est harmonieux. Sous le fronton triangulaire, une terrasse couverte est meublée de petites tables rondes (pour déguster le vin ?). Elle est décorée de vieux objets hétéroclites, comme dans une brocante. Dans les rayonnages de nombreux livres. J’en emprunterais bien quelques uns.

Le loueur de la voiture a son bureau en face du kafénéio installé sous un énorme platane. Lorsqu’il voit sa voiture  passer, il nous fait signe. Il demande nos papiers, recopie les numéros du permis, ne s’intéresse pas à la carte d’identité. On signe le contrat rédigé en grec sans le lire, on paie cash. J’apprécie les rapports humains qui existent en Grèce sur les îles. On donne sa parole. Cela suffit.

          «  en cas de problème ?

          vous me téléphonez !

          On n’a pas les papiers du véhicule

          Aucune importance ! »

C’est tellement plus chaleureux que les interminables formulaires.

La soirée est délicieuse. Le soleil se couche derrière la colline. Les villages s’éclairent et scintillent. Des insectes sont attirés par l’ampoule, rien de bien méchant. Deux geckos font irruption au plafond de la terrasse. Ils chassent à l’affût les bestioles. Les doigts sont munis de ventouses mais leur corps entier semble collé au ciment. Ils sont aplatis et ressemble nt au chat des dessins animés.

Céphalonie : côte sud vers Skala et Poros

 

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La baignade matinale est la plus agréable. L’eau est lisse comme un miroir. Je suis ma trajectoire avec les bulles faites en respirant avec le masque. J’économise mes mouvements. La tête dans l’eau je ne fais que de petits battements de pieds espérant ne pas effrayer les animaux.

Le petit déjeuner sur la terrasse est somptueux : les petites oranges grecques passées de saison sont juteuses et gouteuses.

 Nous traversons des zones construites avec des villas Marina, Christina, Angela, architecture pavillonnaire, pas de grosses structures ou d’énormes hôtels qui bétonnent le littoral . Le paysage est grignoté insidieusement. Ici, une villa fleurie ne défigure en rien la côte. Mais là, un lotissement avec piscines s’étend. Le long de la route, les supermarchés prospèrent proposant des serviettes- éponge avec de grands dauphins ou la carte de Céphalonie de couleur criarde ou pire l’Union Jack  (on choisit les dauphins). Tout est écrit en anglais : English Breakfast 4.5€ Hot Dogs ou Hamburger. Sommes-nous en Grèce ?

Seuls les panneaux routiers sont écrits en grec.

Au supermarché je prends une bouteille glacée dans le réfrigérateur :

– « sixty  » lâche la vendeuse sans se donner la peine de me regarder ou de me saluer.

– « evharisto » je lui réponds en ramassant la monnaie. Mais ne me fends ni d’un Yassou  ni Yassas, dépitée d’un tel accueil.

Skala

Skala est une station balnéaire dotée d’une belle plage de sable bordée par des pins, équipée de quelques parasols et lits regroupés par paquets. Des voitures, mais aussi un cheminement piétonnier. Quelques restaurants, cuisine grecque et internationale, une agence de voyage. La villa romaine est fermée le lundi. On aperçoit au dessus du grillage les mosaïques.

Poros

La côte escarpée et assez aride, n’est  pas trop construite. Le village de Poros est dominé par une église perchée dans la colline boisée.(C’est étrange, les églises sont omniprésentes dans la Grèce que nous connaissons, ici elles sont discrètes). Bien abrité, un port. Au bout du quai un ferry embarque des voitures pour Killini. Quelques bateaux de pêche, au plus une douzaine. Sur le front de mer, quelques boutiques où j’achète la serviette aux dauphins 5€. Peu importe le motif ou la qualité, j’en veux une bon marché. Il n’y a plus de place dans la valise. La vendeuse est ravie de raconter qu’elle fait pareil lorsqu’elle va en Floride où elle se rend souvent.

Enfin, je vais goûter mon premier café frappé assise à une belle terrasse ! L’ouzo se sert ici avec une bouteille d’eau minérale mais sans mézés.

Après midi au gîte

Nous sommes pressées de retrouver notre paradis, Stella Vineyard, sa plage secrète, les senteurs de chèvrefeuille et de jasmin. Dans la chaleur de l’été grec, les senteurs sont très présentes. Je peux deviner à l’avance un figuier bien avant de le voir, les lauriers-roses et même la vigne.

Nous déjeunons d’un melon et de jambon italien sur la terrasse.

Sieste : j’aime le rythme grec avec une vraie sieste où l’on dort profondément dans le noir pour émerger vers 18h à la fraîcheur d’une longue soirée.

Mon jus de fruit a attiré une guêpe solitaire mais très intrépide. Je sens brusquement un picotement sur mon gros orteil, de plus en plus douloureux. La guêpe est en train de bequeter une petite écorchure.  Elle ne m’a pas piquée avec son dard. Je lui sers de beefsteak ! Impossible de la chasser. Il me faut empaqueter la minuscule  blessure sous du tricostéril et mettre des chaussettes pour la décourager.

Le temps passe vite à regarder la mer et l’Ile de Zante. A 23 heures je n’ai pas fini de raconter ma journée. Les geckos ne sont pas revenus. On allume le ventilo. L’air chaud s’est accumulé dans la mezzanine.

Céphalonie : Argostoli

 

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Le soleil se lève à 6heures,  moment privilégié. Sur la mer,  miroir de mercure, la silhouette des bateaux de pêcheurs se découpe en ombre chinoise. Lentement, Zante émerge des brumes roses. L’eau prend des reflets bleus. Dans les mûriers, un gros geai bleu s’est posé. Les pêcheurs sont partis.

Colette, notre hôtesse, a trouvé le moyen de relier Ithaque à Corfou : un petit avion SkyExpress décolle de Céphalonie pour Corfou. Il suffira donc de revenir à Céphalonie. Elle nous propose de passer la nuit ici. Le  plus simple serait aussi de garder la voiture. Nous avons donc tout un programme : retourner au kafeneio Platane, demander au loueur si nous pouvons emmener sa voiture à Ithaque, aller chercher les billets à l’aéroport, puis acheter les billets de ferry à Argostoli.

Pour trouver l’aéroport on se perd dans les petites routes qui ne figurent pas sur la carte.

          «  L’aéroport se trouve à Lassi, là où il y a les beaux hôtels. » dit un monsieur à qui nous avons demandé notre chemin.

L’aéroport est bondé de têtes blondes : un avion direct est prévu pour Helsinki.

Argostoli

Argostoli est une ville proprette et moderne. En 1953 un séisme majeur l’a détruite. Une exposition de photos à la Fondation Focas-Commetatos montre la ville avant et juste après ce tremblement de terre. Dans une belle maison, on a recréé l’atmosphère du 19ème siècle du temps où Céphalonie était anglaise,  avec de vieux meubles, des tableaux, des gravures du temps de Chateaubriand par l’illustrateur de l’Itinéraire à Jérusalem

Musée Archéologique

Le Musée d’Archéologie est un bâtiment  rouge moderne. Une série de silex taillés atteste de la présence humaine à Céphalonie depuis la Préhistoire. On a retrouvé de nombreuses tombes et tholos mais les trouvailles ne sont pas spectaculaires : principalement des vases, cratères, petites poteries qui ont des formes inhabituelles : 3 petits vases accolés, un contenant en forme de roue….les tombes les plus anciennes ne contenaient que des objets frustres. De l’époque romaine, on a retrouvé des objets de culte de Pan, des danseuses sur un tondo d’argile et des tanagras. J’ai un faible pour les tanagras.

Jardin Botanique

 

Aux portes d’Argostoli, la Fondation Focas-Commetatos a planté un jardin botanique dans une oliveraie. J’ai le plaisir de voir étiqueté un arbuste dont je  cherche le nom depuis notre passage à Lesbos : ses feuilles ressemblent à celles du chanvre indien, ses inflorescences pointues sont bleues ressemblent un peu à celles du buddleia :

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     Vitex Agnus Cestus   

l’histoire de la botanique, liée à celle de la médecine, est retracée .

En Grèce, Théophraste, élève d’Aristote, au 4ème siècle.

A Byzance, à la suite de controverses religieuses,  les spécialistes des plantes s’exilèrent à Edesse sur la route de la Soie où ils fondèrent une Ecole de Médecine que Zénon ferma la considérant comme un repère de Nestoriens (nos voyages se répondent, j’ai fait la connaissance des Nestoriens à El Khargeh, Egypte,).

A Bagdad, Juifs, Perses, Indiens  apportèrent leur savoir.

A Rome, dans l’Antiquité, on cite Pline et Pedamos  Diacondas.

Si les châteaux médiévaux  sont actuellement  décorés avec des « jardins des simples », il faut attendre la Renaissance pour que la botanique soit étudiée systématiquement. Cosimo Médicis fonda le Jardin Botanique de Pise en 1544, suivi par celui de Padoue en 1545 et en 1567 celui de l’Université de Bologne.

D’autres panneaux décrivent l’utilisation des plantes aromatiques. Je retiens celle du Géranium graveolens : en infusion les feuilles parfument des gâteaux, elles peuvent aussi parfumer des pots pourris.

J’apprends que  la belle sauge aux inflorescences jaunes s’appelle Sauge de Jérusalem et une plante argentée aux feuilles très découpées et souples Artemisia. Je découvre que l’origan aux petites feuilles pousse assez haut et non pas à ras de terre comme le thym ou le serpolet.

On a reconstitué différents milieux présents sur Céphalonie :

La Phrygane (je viens de vérifier sur Google rien de tel en français répertorié sur Internet) regroupe des buissons de moins de 50cm, aromatiques ou épineux mais aussi des bulbes comme le muscari ou l’ail sauvage.

Le maquis plus haut de 1 à 3 m avec les lentisques pistachiers(mastic), des lauriers (Laurus nobilis), les chênes kermès, les caroubiers (Ceratonia  silica) et Ruscus(petit houx)et le Genet à balais.44

Nous avons donc résolu le problème des transferts inter-îles,  en gardant la même voiture nous allons simplifier le problème des bagages et pourrons même emporter l’épicerie de base et  des provisions. Marinopoulos est la version grecque de Carrefour. Le rayon des congelés est décevant ainsi que les fruits et légumes, moins chers et plus beaux dans les petites boutiques.

Déjeuner à 15 heures puis sieste. L’après midi se déroule tranquillement entrecoupée de baignades (compter ¾ d’heures pour descendre, nager et remonter). Vers 16h30 il y avait des vagues, à 19h elles se sont apaisées. La soirée se passe à dessiner, écrire guetter les geckos roses. Nous avons emprisonné la guêpe dans le sac des épluchures et avons mauvaise conscience quand elle se débat pour sortir.

Céphalonie : Fiscardo


Fiscardo est le village le plus septentrional de Céphalonie face à Ithaque. C’est le seul village qui n’a pas été détruit par le séisme de 1953 et qui conserve des maisons vénitiennes. Ce dernier argument suffit à nous attirer.

A Argostoli, nous tournons après le carrefour de Marinopoulos, laissant la ville. Nous traversons un petit bois d’eucalyptus d’une hauteur et d’une majesté impressionnante. Jai lu que les eucalyptus sont des catastrophes écologiques, très gourmands en eau et  stérilisant le sol avec des feuilles coriaces qui ne se décomposent pas. Par contraste avec la flore méditerranéenne plutôt racornie, je les trouve magnifiques.

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 Le Golfe d’Argostoli est très étroit, on voit nettement Lixouri sur la rive opposée et sa péninsule basse et agricole.

 La  rive occidentale de Céphalonie est plus escarpée. Le paysage est plus sauvage et moins construit que la côte sud trop urbanisée et touristique. Ici, les villages sont perchés et invisibles . Quel plaisir de trouver des paysages intacts, de croiser des troupeaux de chèvres et de moutons marrons fraichement tondus. L’air embaume. Des petits cousins roses de thym aux feuilles très charnues aux fleurs denses poussent sur les bas-côtés de la route. On arrête la voiture et je trouve de la menthe et de la sauge défleurie qui sent très fort. Tous ces parfums me ravissent. Mon préféré, le jasmin, je le reconnais entre mille,  ne s’exprime que le soir.

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Les flancs de la montagne sont pelés et arides : phrygane ou garrigue ? Dans les creux des torrents printaniers, poussent chênes kermès et pistachiers, et de temps en temps, un bouquet d’amandiers. En regardant bien, on découvre des cabanes rudimentaires, planches et tôles, on devine aussi les murettes très dégradées. Que cultivait-on sur ces terrasses abandonnées : de la vigne peut être ? La garrigue a tout envahi. Cet aspect sauvage de l’île, intouché par le tourisme m’enchante. Jusque là, j’étais un  peu déçue par Céphalonie, trop construite, trop civilisée, trop moderne par comparaison avec les îles de la Mer Egée. Enfin elle me charme ! A chaque tournant, nous nous arrêtons. Surplombant la mer, nous découvrons la belle plage de Myrtos qui figure sur les cartes postales.

Nouveau mirador : petite bourgade d’Assos, les maisons s’entassent près dune jetée naturelle qui relie la presqu’île couronnée par une forteresse vénitienne aux remparts bien conservés. Un petit port est enchâssé dans cet abri naturel.

Fiscardo

La route s’enfonce dans les terres, traverse des villages tranquilles. Ici tout est écrit en Grec. Fiscardo se livre par surprise, une fois la voiture garée au parking. Maisons colorées aux tons pastels, volets de bois laqué de teintes vives croulant sous les bougainvillées de toutes les couleurs, les plumbagos bleus, les lauriers roses. Les maisons « vénitiennes » sont de simples maisons à un étage, plutôt modestes (on ne s’attendait pas à des palais). L’ensemble est très touristique, appartements à louer, boutiques de souvenirs chics, restaurants (une ressemblance avec Pythagorio à Samos). Un joli front de mer : autour de la marina de belles terrasses de restaurants et de cafés. Les yachts qui se balancent sont de taille maxi, tous les pavillons s’affichent : Canada, Danemark, USA, France, Italie. La marina est petite. Dès qu’un emplacement se libère un  autre bateau qui attendait prend la place.

Endroit idéal pour un café frappé en terrasse. Je sors le carnet moleskine. Dessiner au café est un de mes grands plaisirs des vacances.

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Le Musée de Fiscardo ressemble  à un temple antique avec ses colonnes. Avec la proximité des tombes romaines je m’attendais à un musée archéologique. Pas du tout ! Une salle divisée par des cloisons présente tout un bric à brac, un herbier, le squelette d’une petite baleine, une tortue… un travail de pédagogue avec ses maquettes bricolées et des panneaux dessinés à la main fabriquées par les élèves, bien intentionnées, sympathiques  mais hétéroclites.  

Je me baigne dans une petite anse à l’écart des bateaux, l’eau est limpide et surtout très calme. Je nage jusqu’à une bouée et fais deux allers/retours. Il fait très chaud aujourd’hui. Le thermomètre ne marque que 28°C mais l’hygrométrie est très élevée et surtout il n’y a pas de vent.

Nous rentrons d’une traite, un seul arrêt pour l’essence (1.63€ /l).

Colette nous a apporté l’énorme livre de Robert Bittlestone : The Search for Homer’s Ithaca, 600 pages illustrées mais en grec. Il existe aussi en Anglais (Cambridge). D’après cet auteur le palais d’Ulysse se trouverait à Céphalonie et non à Ithaque. Ne lisant pas le grec je le feuillette pour les illustrations qui sont passionnantes en ce qui concerne la géologie. Il montre les épicentres des secousses, du séisme principal de 1953 : 7.2  près de Skala et ceux des répliques 6.8, 6.3, 6.4, situés autour de l’île, en mer ce qui explique que toute l’île ait été ravagée. D’après Bittlestone, Céphalonie était formée de deux îles : la péninsule de Louxouri aurait été séparée par un canal étroit il y a moins de 10.000ans (cartes géologiques à l’appui) Ces cartes sont hachurées de failles de façon impressionnante. La péninsule occidentale serait l’Ithaque d’Homère, le reste de Céphalonie, Sami.

La liste des séismes pendant la période 1444 – 1999 supérieurs à la magnitude 7 est impressionnante. Une faille transformante NNE/SSW  est tangente à la côte Ouest de Céphalonie.