Céphalonie : Argostoli

 

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Le soleil se lève à 6heures,  moment privilégié. Sur la mer,  miroir de mercure, la silhouette des bateaux de pêcheurs se découpe en ombre chinoise. Lentement, Zante émerge des brumes roses. L’eau prend des reflets bleus. Dans les mûriers, un gros geai bleu s’est posé. Les pêcheurs sont partis.

Colette, notre hôtesse, a trouvé le moyen de relier Ithaque à Corfou : un petit avion SkyExpress décolle de Céphalonie pour Corfou. Il suffira donc de revenir à Céphalonie. Elle nous propose de passer la nuit ici. Le  plus simple serait aussi de garder la voiture. Nous avons donc tout un programme : retourner au kafeneio Platane, demander au loueur si nous pouvons emmener sa voiture à Ithaque, aller chercher les billets à l’aéroport, puis acheter les billets de ferry à Argostoli.

Pour trouver l’aéroport on se perd dans les petites routes qui ne figurent pas sur la carte.

          «  L’aéroport se trouve à Lassi, là où il y a les beaux hôtels. » dit un monsieur à qui nous avons demandé notre chemin.

L’aéroport est bondé de têtes blondes : un avion direct est prévu pour Helsinki.

Argostoli

Argostoli est une ville proprette et moderne. En 1953 un séisme majeur l’a détruite. Une exposition de photos à la Fondation Focas-Commetatos montre la ville avant et juste après ce tremblement de terre. Dans une belle maison, on a recréé l’atmosphère du 19ème siècle du temps où Céphalonie était anglaise,  avec de vieux meubles, des tableaux, des gravures du temps de Chateaubriand par l’illustrateur de l’Itinéraire à Jérusalem

Musée Archéologique

Le Musée d’Archéologie est un bâtiment  rouge moderne. Une série de silex taillés atteste de la présence humaine à Céphalonie depuis la Préhistoire. On a retrouvé de nombreuses tombes et tholos mais les trouvailles ne sont pas spectaculaires : principalement des vases, cratères, petites poteries qui ont des formes inhabituelles : 3 petits vases accolés, un contenant en forme de roue….les tombes les plus anciennes ne contenaient que des objets frustres. De l’époque romaine, on a retrouvé des objets de culte de Pan, des danseuses sur un tondo d’argile et des tanagras. J’ai un faible pour les tanagras.

Jardin Botanique

 

Aux portes d’Argostoli, la Fondation Focas-Commetatos a planté un jardin botanique dans une oliveraie. J’ai le plaisir de voir étiqueté un arbuste dont je  cherche le nom depuis notre passage à Lesbos : ses feuilles ressemblent à celles du chanvre indien, ses inflorescences pointues sont bleues ressemblent un peu à celles du buddleia :

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     Vitex Agnus Cestus   

l’histoire de la botanique, liée à celle de la médecine, est retracée .

En Grèce, Théophraste, élève d’Aristote, au 4ème siècle.

A Byzance, à la suite de controverses religieuses,  les spécialistes des plantes s’exilèrent à Edesse sur la route de la Soie où ils fondèrent une Ecole de Médecine que Zénon ferma la considérant comme un repère de Nestoriens (nos voyages se répondent, j’ai fait la connaissance des Nestoriens à El Khargeh, Egypte,).

A Bagdad, Juifs, Perses, Indiens  apportèrent leur savoir.

A Rome, dans l’Antiquité, on cite Pline et Pedamos  Diacondas.

Si les châteaux médiévaux  sont actuellement  décorés avec des « jardins des simples », il faut attendre la Renaissance pour que la botanique soit étudiée systématiquement. Cosimo Médicis fonda le Jardin Botanique de Pise en 1544, suivi par celui de Padoue en 1545 et en 1567 celui de l’Université de Bologne.

D’autres panneaux décrivent l’utilisation des plantes aromatiques. Je retiens celle du Géranium graveolens : en infusion les feuilles parfument des gâteaux, elles peuvent aussi parfumer des pots pourris.

J’apprends que  la belle sauge aux inflorescences jaunes s’appelle Sauge de Jérusalem et une plante argentée aux feuilles très découpées et souples Artemisia. Je découvre que l’origan aux petites feuilles pousse assez haut et non pas à ras de terre comme le thym ou le serpolet.

On a reconstitué différents milieux présents sur Céphalonie :

La Phrygane (je viens de vérifier sur Google rien de tel en français répertorié sur Internet) regroupe des buissons de moins de 50cm, aromatiques ou épineux mais aussi des bulbes comme le muscari ou l’ail sauvage.

Le maquis plus haut de 1 à 3 m avec les lentisques pistachiers(mastic), des lauriers (Laurus nobilis), les chênes kermès, les caroubiers (Ceratonia  silica) et Ruscus(petit houx)et le Genet à balais.44

Nous avons donc résolu le problème des transferts inter-îles,  en gardant la même voiture nous allons simplifier le problème des bagages et pourrons même emporter l’épicerie de base et  des provisions. Marinopoulos est la version grecque de Carrefour. Le rayon des congelés est décevant ainsi que les fruits et légumes, moins chers et plus beaux dans les petites boutiques.

Déjeuner à 15 heures puis sieste. L’après midi se déroule tranquillement entrecoupée de baignades (compter ¾ d’heures pour descendre, nager et remonter). Vers 16h30 il y avait des vagues, à 19h elles se sont apaisées. La soirée se passe à dessiner, écrire guetter les geckos roses. Nous avons emprisonné la guêpe dans le sac des épluchures et avons mauvaise conscience quand elle se débat pour sortir.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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