Botticelli -Revue DADA, la première revue de l’art

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

 

REVUEDADA

 

J’ai gagné un joli cadeau à la dernière MASSE CRITIQUE une revue d’Art destinée « à toute la famille » . Illustrations de très bonne qualité et abondantes, plaisir de feuilleter encore et encore (et de retrouver la belle Simonetta que j’avais admirée dernièrement à Chantilly). Des chapitres courts et variés nous conduisent à Florence au Quattrocento, puis racontent l’apprentissage de Botticelli, comme orfèvre d’abord puis dans l’atelier de Filippo Lippi. Portraitiste , de beaux portraits illustrent la revue) . Il était une fois raconte les grandes œuvres religieuses,  ou mythologiques. Nous entrons ensuite Dans l’atelier de Botticelli où les secrets de fabrication sont dévoilés : œuvres en série, assistants qui peignent les parties moins importantes du tableau. Grands et petits pourront s’essayer en suivant les conseils du maître dans la réalisation des drapés ou des boucles, et même point par point réaliser un « poncif » en 6 étapes.

Et comme c’est une revue d’art : il y a aussi toute l’actualité des expositions importantes de 2020 (s’il n’y avait pas eu de confinement!).  Je chercherai le autres numéros.

Et si vous cherchez un cadeau de Noël pour les petits et les grands, pourquoi pas un abonnement?

Portraits florentins à Jacquemart-André

PARIS EN EXPO – IL VIAGGIO

logochallenge italie

 

 

 

 

 

 

SORTIR!

Ne pas se laisser intimider ou enfermer!

Eleonor de Tolède
Eleonor de Tolède

Il n’y avait pas foule ce matin au Musée Jacquemart-André pour l’exposition des Portraits  à la cour des Médicis au XVI ème siècle.

Savonarola
Savonarola

Pourtant cette exposition est très intéressante. Double intérêt : historique, elle retrace l’histoire de Florence, de Savonarole par Fra Bartholomeo (1499-1500) au duc de Florence Alexandre de Medicis  (1574)peint par Vasari, en passant par Cosme 1er , sa femme Eleonor de Tolède qui est à l’affiche de l’exposition. Des salles thématiques dépeignent la vie de cour, les artistes, peintres ou musiciens, les nobles avec leurs animaux familiers, l’amitié est aussi célébrées à plusieurs reprises. Costumes, parures et parfois (rarement) paysages en arrière-plan. Sur les murs les commentaires sont nombreux : explications ponctuelles, arbre généalogique des Medicis, chronologies….

alexandre de medicis vasari

Une autre approche est celle de l’histoire de l’Art et plus particulièrement du Maniérisme, terme que l’on doit à Vasari « la manière moderne« . En introduction à a visite elle-même, une vidéo Mains maniéristes compare la manière de peindre les mains par Andrea del Sarto,  Corrège et Bronzino et celle de Michel Ange. Position des doigts, ongles, chairs, chaque artiste a sa manière. Le DVD se vend à la librairie.

la monaca

 

 

 

 

La Monaca de Ghirlandaio le double portrait de deux amis de Pontormo m’ont beaucoup plu dans la première salle en compagnie d’une femme en jaune d Andrea del Sarto.

La salle suivante est à l’honneur de Cosme 1er peint par Bronzino . D’autres tableaux sont les œuvres de Salviati. Enfin dans la dernière salle on voit des portraits de nobles moins connus par des artistes dont je n’ai pas retenu les noms.

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D’acier – Silvia Avallone

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

d'acier2

Ce challenge m’a donné l’occasion de découvrir  D’acier de Silvia Avallone  et de retourner virtuellement en Toscane , à Piombino plus exactement, en face de lIle d’Elbe . Qui dit Toscane pense Florence ou Sienne, Renaissance italienne, peut être Chianti ou oliviers. On l’associe moins aux Monts Métallifères et à la sidérurgie. Nous avons visité les abords de Piombino, Populonia , ses tombes étrusques et le Parc archéo-minier de San Silvestro , depuis l’Antiquité, les Étrusques et les Romains on travaille les métaux dans la région.

Aciéries, face au paradis touristique qu’est l’île d’Elbe…. ce n’est pas le seul paradoxe de ce livre.

« la mer et le mur des barres d’immeubles, le soleil brûlant de juin, c’était comme la vie et la mort qui s’insultent. Pas de doute : vue de l’extérieur, pour ceux qui n’y habitaient pas, la via Stalingrado c’était une désolation. Pire : la misère »

« L’idée de la municipalité communiste, c’était que les métallos aussi avaient droit à un appartement avec vue »

Que puis-je ajouter aux 92 critiques, le plus souvent très élogieuses, publiées sur Babélio?

Les citations que j’ai soulignées sur ma liseuses, peut-être:

Le décor, est donc planté, la cité où vivent les familles d’Anna et de Francesca, leurs parents, Alessio et ses copains..

D’acier se joue aussi à la fonderie Lucchini

« Mais il y a encore trente ans, vingt mille personnes travaillaient là, le marché était en pleine expansion, l’Occident qi reproduit son monde et qui l’exporte Il n’étaient plus que deux mille aujourd’hui, sous traitants compris »

Récit de ces aciéries en crise, en sursis, attendant la délocalisation. Dans cette année 2001 quand le Parti Communiste a perdu ses troupes et ses mythes

« Son père avait le mythe d’Al Capone et du Parrain – celui de Coppola. Son frère avait sa carte au syndicat des métallos mais il votait Forza Italia. Parce que Berluscoi, lui, c’est sur que ce n’est pas un minable »

C’est l’histoire de l’amitié de deux filles de treize/quatorze ans qui brûlent leur adolescence, jouent comme des fillettes et découvrent la sexualité, l’amour, les garçons. Amitié-passion qui sera mise à mal quand les garçons interviendront…Ce roman se déroule à l’ombre du haut fourneau qui déverse ses coulées brûlantes, où des machines infernales se démènent au risque de broyer les hommes.

«  »C’était un peu comme être dans un aquarium. la coulée du haut-fourneau la-haut enflammait le ciel, infestait de nuées et de poisons, et tu sentais ton corps fondre. Tu transpirais le cour battant la chamade.  » […] on le sait bien qu’à l’intérieur de la Lucchini, dans ses viscères bougent des jambes, des bras, des têtes humaines, des êtres de chair. Mais personne , jamais, n’arrivera à prendre la mesure de ce labeur gigantesque… »

Pour survivre à ce monstre et – pire encore – à son extinction annoncée, les hommes sont violents comme le père de Francesca, ou ils se droguent avant, pendant et après le travail. Ils trafiquent ou s’abrutissent. .Sordides soirées dans les boites de nuit.Au bar d’Aldo,  ils assistent à la chute des Tours jumelles, incrédules.

« Anna, en regardant pour la énième fois tomber les géants de béton au cour de Manhattan sentit que l’Histoire existait, que l’Histoire, c’était cette chose immense et incompréhensible dont pourtant elle faisait  partie. Elle s’étonnait d’appartenir à l’Histoire, mais surtout elle se rendait compte que Francesca lui manquait… »

La grande force de ce livre est de raconter une histoire avec des personnages attachants et  divers mais aussi de l’inscrire dans le monde, dans l’histoire, et non pas de façon abstraite mais avec la chaleur brûlante de l’acier qui s’écoule, avec la brutalité des engins de chantier gigantesques.

logo eimelle, le mois italien

 

 

Pietra Viva – Léonor de Récondo

LIRE POUR L’ITALIE

le Bacchus du Bargello
le Bacchus du Bargello

Le héros de l’histoire Michel-Ange est un personnage qui m’intéresse. Dans les carrières de marbre de Carrare encore plus encore. L’imaginer tirer ses personnages du marbre! Partager le travail des carriers et tailleurs de pierre, le sujet avait tout pour me plaire. La critique était bonne. Les copines le recommandaient.
Je partais pour un beau voyage à la Renaissance dans cette Toscane que j’aime.
Pourtant cela n’a pas fonctionné.
Lecture agréable. mais lisse, trop lisse pour m’accrocher ou m’émouvoir.Superficiel? J’ai glissé dans ces 225pages sans entrer dans le roman, sans y croire, ni à l’amour chaste pour Andréa le moine si beau, ni pour l’amitié de Michele, l’enfant. Quelques préciosités m’ont agacée. qu’est-ce donc qu’une Bible inviolée? et  ces hommes aux noms d’animaux?
Je ne regrette pas cette lecture. Comme Parle-leur de Bataille.…mettant en scène Michel-Ange également, la rencontre ne s’est pas faite.
Peut être suis-je grognon? J’ai parfois du mal avec les romans historiques. je leur préfère l’Histoire avec ses textes, ses sculptures, ses chefs d’œuvres. Pour qu’un roman historique m’emporte, il me faut plus de détails, plus de recherche. Et puis, la pureté du marbre, la chasteté, les mères idéalisées mortes, cela m’embête!

pietra-viva-

Naples : notre appartement, l’Artecard, marché, centre historique

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Nous rejoignons notre appartement en  métro, station Cavour

9h10, j’ai acheté la Campania Artecard à la gare .

Les métros sont peu fréquents et ressemblent plutôt à des trains de banlieue. A la station Cavour, la correspondance entre les deux lignes est assurée par un tapis roulant, un ascenseur nous hisse en surface.

10heures:  La propriétaire nous attend au pied de l’immeuble. Elle nous montre tous les secrets de la maison y compris le robinet d’arrivée d’eau en cas de fuite,l’arrivée du gaz, les piles d’allumage du chauffe-eau…les balais.

Une fois tout bien expliqué, elle prépare du café, nous bavardons autour de la table. Avant de se quitter, elle me fait faire le tour du quartier et me présente à l’épicier, à la pizzeria et nous fixe rendez vous pour mardi soir. C’est vraiment agréable d’être si bien accueillies !

Au marché

La propriétaire nous a prévenues : pas de sac à main, pas d’appareil photo. On s’attend à un coupe-gorge ou à une foule dense. Le marché est tranquille, pas de queue, nous sommes les seules clientes chez le poissonnier et aux fruits et légumes. Pou 8 € nous rentrons chargées d’oranges, de tomates, courgettes, concombres, nèfles et un melon. La vie n’est pas chère au marché !

Centre historique, place Bellini, conservatoire de Musique


Du Musée,  une rue tranquille bordée d’un grand bâtiment de pierre jaunes aux belles arcades : les Beaux Arts.

Pîazza Bellini

La place Bellini nous offre notre première halte devant un palais baroque le palazzo Firrao orné des bustes des souverains espagnols, d’un couvent rouge qui ressemble à un palais précédé d’un escalier monumental : le couvent Sant’ Antoniello a Pontalba. Au milieu de la place : la statue de Bellini. On s’assied sur le socle à l’ombre du musicien pour consulter nos guides. La place est très verte, très ombragée avec ses palmiers et des petits arbres exotiques. Des cafés ont installé leurs terrasses sous de beaux parasols blancs. Du Conservatoire, tout proche, s’échappe du jazz.  Derrière la statue nous découvrons les vestiges d’une muraille grecque.

De cette place nous avons le choix des itinéraires, selon  les propositions de nos livres, ou en suivant les plaques de Napoli Musée de Plein Air dans les petites rues du centre Historique.

conservatoire dans le cloître le buste de Beethoven

Le Conservatoire de Musique est ouvert. Nous entrons sous les arcades entourant deux cours plantées d’arbres très hauts, ressemblant à des cloîtres baroques. Eclairage au gaz. Beethoven se reflète dans une grande vitre. L’autre cloître est décoré de bustes, on reconnaît Verdi parmi les autres musiciens.

Via dei Tribunali

Nous suivons le Decumanus maximus, artère antique, maintenant  Via dei Tribunali. Tout se mêle : les églises gothiques angevines noyées sous le baroque, le joli campanile roman de brique qui intègre de belles colonnes antiques de marbre blanc. Sur l’emplacement de l‘ancienne agora ou du forum romain, des arcades abritent des boutiques. Certaines vendent des fruits et légumes, d’autres des pizzas et arancini, d’autres, enfin, des cornes rouge porte-bonheur, des santons et des masques…

Les églises sont fermées. C’est un peu frustrant. Du dehors, aucune ne nous parait vraiment belle. Les ajouts baroques, les peintures grises ou blanches alourdissent les édifices. Seul le petit campanile de brique tire son épingle du jeu. Santa Maria delle Anime del Purgatorio est décorée de crânes et de tibias, c’est original

Boccace – Le Décaméron – illustré par l’auteur et les peintres de son époque – Diane de Selliers ed.

LIRE POUR L’ITALIE

Le Décaméron, chef d’œuvre de la littérature médiévale, peut être le premier best-seller, réclamé par les cours européennes, est un sommet de la littérature que je n’osais pas aborder. On m’a fait cadeau de ce très gros ouvrage. Dès que j’ai découvert la fresque du Musée de San Gimignano représentant les époux au lit,  sur la couverture, j’ai  eu un très gros coup de cœur pour ce livre!

Je l’ai d’abord feuilleté comme un livre d’images pour y trouver les  fresques du Palais Schifanoia de Ferrare, ainsi que des détails des Effets du Bon Gouvernement de Sienne qui est un des tableaux que je préfère.

je découvre les illustrations de Boccace, dessins élégants, des aquarelles simples et naïves…

toute la peinture italienne est représentée: Fra Angelico, Giotto et je navigue dans mes souvenirs de voyage. Je découvre les coffres de mariage s’inspirant les nouvelles du Décaméron. Cette peinture profane est une découverte. Nous avons vu de nombreuses illustrations des Écritures Saintes, des thèmes mythologiques apparus à la Renaissance, mais les représentations de la vie quotidienne des simples bourgeois sont une véritable découverte.

Je feuillette le lourd volume pour le plaisir des yeux.

Le plaisir de la lecture viendra ensuite: dix nouvelles chaque jour sur des thèmes imposés par la « Reine » d’un jour. La grande variété des contes me ravit. Moqués, les avares, les moines lubriques, le roi croyant séduire une belle dame… l’astuce, l’esprit, font mieux que violence.

Simplicité du style, ces contes sont sur le mode oral. point de longues digressions, des jeux de mots, heureusement rendus ou expliqués dans les notes, pour le plaisir des auditeurs.

Bien sûr je n’ai pas lu d’un trait les cent nouvelles du Décaméron et je me les réserve tranquillement jour après jour mais je ne résiste pas au plaisir de partager ma découverte.

 

STENDHAL : Chroniques italiennes


J’avais cru trouver une relation de voyage.  Ces chroniques sont des traductions de manuscrits anciens relatant des « faits divers » arrivés à diverses périodes de l’histoire italienne. Véritables manuscrits ? Traductions fidèles ? Nouvelles écrites dans un style italianisant relatant des histoires de couvents, de bandits, d’amour voire d’inceste. Extrême violence de ces meurtres parfois d’honneur, parfois gratuits. Curieuse vie de couvents où les nobles jeunes filles enfermées par leurs familles ne voulaient renoncer ni à leur vie mondaine, ni à leurs amants. Chaque voyage est prétexte à une rencontre littéraire avec un grand écrivain. Stendhal sera- t il celui de ce voyage ?

En route vers l’ Italie par le Mont Blanc

CARNET TOSCAN


6h55 départ par L’A5, vide.   Pause croissants à Nitry sur l’A6. Mâcon,  Bourg en Bresse, Pont d’Ain, Nantua. C’est un vrai plaisir de rouler sur cette autoroute bordée de sapins que nous ne connaissons pas.

Entre Pont d’Ain et Bellegarde, l’autoroute franchit d’impressionnants viaducs. A la sortie d’un tunnel nous découvrons le Genevois. Le jet d’eau de Genève se déploie comme une voile.
McDo de Sallanches

Le film Supersize Me , mettant en cause la malbouffe et MC Do, est sorti cette semaine. Réaction  immédiate : promotion sur les salades. Des prospectus énoncent des principes diététiques – pour la galerie- les salades sont plus chères que le reste. Et surtout, personne n’en commande.
Une dame :
–  « Deux menus enfants »
– « Pour une fille ou un garçon ? »
?????

Mont Blanc

Les Houches, jolis chalets, charmante église à bulbe vert. Pique-nique à 13h sur le bord d’un torrent au pied du Mont Blanc.
Les névés sont encore bien présents à faible altitude mais le sommet est dans les nuages. J’avais imaginé que nous nous arrêterions à Chamonix et que nous irions nous promener au Mont Blanc !

Juste à l’entrée du Tunnel, nous voyons de très près deux glaciers des Pèlerins et des Bossons. Je suis impressionnée par l’épaisseur de la glace grise parfois bleutée et surtout étonnée par l’aspect de la surface hérissée de blocs de glace aux angles aigus.

Tunnel du Mont Blanc

Péage : 29 €pour 11km.

Depuis l’accident, les poids lourds passent un test de rayonnement infrarouge, les consignes de sécurité sont relayées sur 9 fréquences radio italiennes et françaises. De jolis éclairages bleus matérialisent les distances de sécurité de 150m entre les véhicules et la vitesse est contrôlée.

Il fait beau en Italie!

A la sortie, il fait un temps magnifique. L’autoroute s’engage dans une succession de longs tunnels si bien qu’on profite à peine du paysage splendide. La route effleure Courmayeur et ses beaux chalets de bois aux toits de lauzes, pas une faute de goût.

Des forteresses du 14ème siècle, tours carrées massives plantées sur des pitons rocheux dominent l’entrée des étroites vallées. Quelles guerres se déroulaient donc dans les Alpes ? Le seigneur marquait- il ainsi sa domination sur son fief ?Les forts faisaient- ils partie d’un dispositif d’ensemble interdisant le passage aux Français ?

le lac de Vivarone

Près d ’Ivréa, le lac de Vivarone est allongé entre des coteaux plantés de vignes et de villages aux toits rouges. Au loin, la lige des crêtes se découpe de plus en plus nettement à mesure que le soleil descend et que les couleurs s’avivent.

La plage est encadrée par des pontons de bois.  La baignade  rafraîchit du voyage. Allongées sur les transats, regardons le ski nautique et les bouées qui se balancent. L’une d’elles jaune, ressemble à un haut de forme et sautille à la Satie. Une autre, à moitié grise à moitié rouge brique, en forme de coupole  byzantine avec des côtes. Vers 19h  les autres baigneurs plient bagage et nous restons seules à passer une douce soirée.

En route vers Florence en passant par Lucques

CARNET  TOSCAN


Le soleil éclaire le Val D’Aoste et un sommet massif enneigé.
L’autoroute traverse d’immenses rizières dans une ambiance tropicale, champs verts fluo petits canaux, nombreuses aigrettes, température douce mais nuages gris. On se croirait à Cuba. Les rares villages de brique ont d’élégants clochers.
Entre Alessandria et Gènes, sous un ciel tout à fait couvert, nous retrouvons les montagnes et les tunnels. A l’approche de Gênes, le trafic se ralentit et même bouchonne. Sur la mer le ciel devient bleu, le soleil chauffe. L’autoroute est censée longer la Méditerranée de Gènes jusqu’à la Marina de Carrare. Je me réjouissais de cet itinéraire le long de la Riviera Ligure passant près des Cinque Terre près de la Spezia. C’est un spectacle tout à fait intermittent. La côte est si escarpée que l’essentiel du trajet est souterrain. On sort d’une galerie parfois longue d’un bon kilomètre et déjà 100 mètres plus loin s’ouvre un autre tunnel. Il faut se dépêcher de regarder la mer et par chance on découvre un petit port ou un village perché au sommet d’une colline. Le meilleur moyen d’explorer cette côte est sûrement le bateau !

11h30, nous entrons en Toscane : montagne découpée par les carrières de Carrare. Le marbre blanc brille comme de la neige. De l’autre côté de l’autoroute, des gros blocs taillés attendent.

Lucques est une jolie petite ville encerclée de fortifications de brique rose très bien conservées. Sur les remparts, une belle promenade ombragée par des platanes géants et des tilleuls en fleur, est aménagée pour les piétons et les cyclistes. De là, on découvre les tours, les campaniles et les toits. Les fossés sont plantés d’un gazon vert.

La sortie de la ville est pénible, la campagne très urbanisée.15h,  dans un petit bois, nous dévorons les trois œufs durs avant de prendre l’autoroute à Pistoia.

Florence : Signoria, Palazzo Vecchio

CARNET TOSCAN

Ponte vecchio sur l'Arno

A 8h30, nous traversons l’Arno et arrivons en zone piétonnière. La ville dort, la circulation est facile. Mais que faire de la voiture? Nous la garons dans un parking privé (3€/h) cher, mais bien situé.
Sur le  Ponte Vecchio, les échoppes de bois sont relevées. La lumière du matin fait ressortir les crépis colorés des maisons. Nous suivons le « corridor » de Vasari qui nous conduit aux Offices, deux galeries à arcades solennelles se faisant face. Nous parvenons au Palazzo Vecchio et à la Loggia de la Signoria sur la Plazza della Signoria.

Piazza della Signoria

Persée de Cellini

La Loggia della Signoria est un musée de sculptures. Le chef d’œuvre le plus célèbre est le Persée de Cellini en bronze. Beaucoup de statues sont antiques. La confrontation des œuvres du XVI ème siècle et des antiques qu’on vient de retrouver à la Renaissance, est particulièrement intéressante. Mais je ne trouve pas d’autre piste d’analyse.

La place de la Signoria est ornée d’une curieuse fontaine de Neptune et de statues géantes. On voit l’emplacement où Savonarole a été pendu. Je suis ravie d’avoir préparé ce voyage en lisant l’histoire des Médicis. Même si je ne connais rien en sculpture je suis heureuse de mettre des visages sous les noms des différents Cosimo.

Palazzo Vecchio

palazzo vecchio vu du haut de la coupole du Duomo

Le Palazzo Vecchio est emballé par des bâches de ravalement. Heureusement nos guides sont bien illustrés ! La cour décorée par Vasari est  un peu encombrée par le ravalement. Encore ! La visite du Palazzo est libre. De nombreux panneaux et des écrans multimédia fournissent d’abondantes explications. Deux axes : l’Histoire de Florence qui se confond avec celle des Médicis (parenthèse de Savonarole à la fin du XVème), autre thème : la Mythologie.
Mythologie
Depuis plusieurs années nous avons appris à décrypter les fresques et mosaïques byzantines et romanes à sujet exclusivement religieux ou les mosaïques romaines. Avec la Renaissance, tout change, la mythologie fournit les thèmes des peintures. Mais il ne faut pas les regarder naïvement. La mythologie n‘est que prétexte à la glorification des maîtres de Florence. Je suis déroutée quand Cérès, déesse des récoltes figure un Médicis. A l’époque tout le monde savait reconnaître le sens caché de ces allégories. Pour nous c’est plus difficile.

Les objets décoratifs sont plus faciles à apprécier : je tombe en arrêt devant un secrétaire aux nombreux tiroirs ornés de marqueterie de pierres dures.
La salle des cartes de géographie nous plaît beaucoup.
Nous avons passé deux heures dans le palais et ne sommes pas prêtes à entreprendre une autre visite sérieuse. Nous parcourons les ruelles à la recherche du Duomo et du Baptistère. De la Terrasse de Saturne, en haut du Palais, ils semblaient tout proches.

Duomo et Baptistère

Les grandes places sont maintenant occupées par la foule. Le soleil tape. Il fait meilleur dans les petites rues. Je ne sais pas très bien où porter mon regard : boutiques de luxe très raffinées, architecture des palais florentins… Ici, chaque immeuble est un palais. Les églises sont ornées d’abondantes sculptures. Tant de luxe, tant d’ornements finissent par nous étourdir et nous blaser. Difficile de garder longtemps la disponibilité et la capacité de s’émerveiller. Nous passons donc devant des merveilles sans nous étonner plus que cela.

En face du Baptistère et de la Cathédrale, nous lisons les guides assises sur un banc à l’ombre. Les belles incrustations de marbre blanc et vert, les dentelles de pierre du fronton, le campanile ajouré, nous éblouissent au point de rendre un peu idiotes. Je fais le tour du Baptistère pour admirer les portes ouvragées. Celle de Pisano me rappelle Monréale, celle du Paradis est finement ciselée. Nous nous dépêchons de rejoindre le parking avant que n’expire la 4ème heure.