Jean Painlevé – Les pieds dans l’eau – Jeu de Paume des Tuileries

Exposition temporaire jusqu’au 18.09.2022

Une exposition fascinante dans le bestiaire fantastique du littoral, filmé sous l’eau avec cet équipement baroque ou au laboratoire en microphotographie.

puce

J’ai perdu la conscience du temps qui passe en regardant les films de Painlevé : La Pieuvre, Les Daphnies, Le Vampire, L’Oursin, Crevettes…filmés de loin, de près, de très très près, grossis 150.000 fois. Et j’ai découvert des animaux dont je n’avais jamais entendu parler : Aceras, (mollusque)Hyas et Sténorinques(crustacés), j’ai vu se déployer des Spirographes.

Certains films datent de 1929, d’autres sont beaucoup plus récents comme la Transition de phase des cristaux liquides, en couleur, presque de l’art abstrait (d’ailleurs pourquoi ai-je écrit presque)?

Des tirages Noir&Blanc d’une grande beauté, non dépourvus d’humour comme ces pinces de crustacés qui évoquent un profil (il y en a une autre où la pince de homard ressemble à De Gaulle).

J’ai pensé au temps jadis où la sortie du projecteur Super8 en classe déclenchait l’enthousiasme des élèves pas encore saturés d’Instagram et de documentaires animaliers pompeux. Loin des opéras filmés qui hantent les programmes télévision. Du cinéma slow, sobre, mais tellement bien filmé, du soin, de l’humour, de la précision, de l’observation, de la science quoi!

Acera dansant ou Femme à la fraise Renaissance

 

De l’Aber Wrac’h à Plouguerneau

CARNET DES ABERS

Aber Wrac’h vue au dessus du pont Paluden

Après de très belles journées ensoleillées, la dépression attendue est arrivée à grand fracas : vent et averses, pendant la nuit. Dès 10 heures du matin, elle est déjà passée. Cette météo pessimiste ne nous a pas incitée à préparer la randonnée et le pique-nique mais plutôt à prévoir un déjeuner le déjeuner de crêpes que j’attends depuis le début des vacances. 

J’ai pris mon bâton de marche en prévision des chemins mouillés et glissants et je trouve le GR à deux pas de notre gite de Saint Antoine le long de l’Aber Wrac’h vers l’intérieur. Je me méfie, dimanche dernier, je me suis perdue à Kerviré, une ferme un peu à l’écart de la côte, j’avais fait au moins 3 km de plus pour retrouver le sentier (grâce au GPS de Visorando) . Au lieu de suivre le chemin agricole dans les maïs, je trouve le GR qui s’engouffre dans les taillis, petite trouée que je n’avais pas remarquée, le chemin creux est aussi bien gadouilleux, je me félicite d’avoir mon bâton. j’arrive rapidement au chantier naval où une belle épave est répliquée à neuf. Un jeune homme explique qu’ils ont prélevé les 3 mâts pour les mettre sur le nouveau bateau. C’est un gros chantier : 30 charpentiers y travaillent parfois. 

Encore une petite grimpette et j’arrive sur l’aber près du petit port à côté du Pont de Paluden où se trouve la petite Crêperie du Pont où nous avons réservé une table. Dans une ancienne maison de pierre deux salles sont meublées traditionnellement : tissu à carreau rouge et blanc, vieux et lourds meubles sculptés en bois sombre, une belle cheminée de granite. nous commandons des galettes Mont d’Arrée (chèvre chaud et miel) et Océane (saumon) et deux crêpes paluden (pommes caramel au sel) pour dessert. 

Le soleil brille, je reprends le GR à la Plage de Saint Cava où nous avions piqueniqué dimanche. Entre le Pont Paluden et Saint Cava, le GR suit la route, puis s’éloigne de l’Aber en prenant de la hauteur sur un bon chemin agricole à 50 m au dessus du niveau de l’eau. Chemin facile, tout droit dans les champs de maïs qui descend au niveau du lieu-dit Perros en suivant une petite route. Après, c’est un peu compliqué parce que la côte est construite et qu’on ne peut pas suivre le littoral, il faut contourner les maisons (ce n’est pas très bien balisé non plus). 

Après la plage de Saint Cava, le sentier colle bien à la côte, impossible de se tromper, une plage est bordée de restaurants, la pointe en face des phares de l’île Vierge – vue spectaculaire . A un tronçon plus sauvage vers Reun, succède une pointe un peu plus construite avec de jolies maisons bretonnes fleuries.  Enfin, je retrouve Dominique à Porz Gwen près de viviers. Mais c e sont aux viviers de Paluden que nous achèterons les dernières moules des vacances!

L’aber Benoit et la Presqu’île Sainte Marguerite

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Aber Benoit

La promenade le long de l’Aber Benoit est une des plus belles de la  région. Mais attention! Elle est plus longue qu’il n’y paraît. Félicitations à l’Office de Tourisme ou à la Mairie : le parcours est très bien entretenu. le début après le pont à Tréglonou est bien signalé. Les marches solides sont équipées de grillage antidérapant. Parfois on a installé une rambarde ou une corde. J’avais pris mon bâton de marche par peur des glissades. Aucun souci de ce côté là. Le bâton facilite les petites montées raides. C’est donc une randonnée facile en sous-bois de hêtres, châtaigniers, près de l’eau à marée haute. Le miroir de l’eau est calme. on voit de nombreux  oiseaux. Le sentier colle aux renfoncements imprévus et aux petites pointes, l’évaluation de la distance en comptant un index pour 250 m sera complètement fausse.

des surprises : un manoir caché, une petite guérite de pierre, une plage…je marche parfois entre de très hautes fougères. Un ruisseau  je jette dans l’aber, formant une profonde échancrure que je confonds avec celle du Garo de la vallée des Moulins. L’heure tourne, je ne pourrai pas faire le détour par les moulins qui me tentait.

moulin

Cette dernière partie de la balade s’éternise. Je monte des marche, le GR s’éloigne de l’eau, monte sur des petites routes, contourne des propriétés . les six kilomètres deviennent onze.

J’arrive enfin à Saint Pabu au quai de Stellac’h. Je passe devant un chantier naval avec d’assez gros bateaux et de grands catamarans. plus loin, se trouve le petit port avec le club nautique où Dominique m’attend pour un pique-nique délicieux avec les rillettes de thon de la Cancalaise, du pâté au poivre vert et kouing aman. 

Après midi : tour de la presqu’île Sainte Marguerite entre l’Aber Benoit et l’Aber Wrac’h. Dominique me lâche dans l‘anse de Brouesnou . Je découvre de très belles plages de sable découvertes par la marée basse, me déchausse et préfère marcher pieds nus que suivre le sentier. Approchant de la pointe , je devine le phare de l’île Vierge qui annonce l’Aber Wrac’h. La pointe est rocheuse, il y a de beaux thuyas. Le Fort Cezon (construit par Vauban)coiffe une petite île accessible par marée basse.

Fin de la soirée au Sémaphore un trois mât passe sur l’eau bleu marine.

Aber Wrac’h – l’Abbaye des Anges

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Abbaye des anges : chapelle

En saison, les visites guidées se succèdent toutes les heures. Le dernier dimanche de septembre est la dernière occasion de visiter l’Abbaye. Je ne suis pas seule à la visite de 16 heures.

1507-1509 : des Franciscains s’installent après 60 ans sur l’île Vierge où les conditions de vie étaient très difficiles. Les derniers frères quittèrent l’Abbaye en 1791. Un particulier y tint une auberge et un hôtel jusqu’en 1936. 

En 2002 commença la restauration. Plus qu’une visite historique, c’est celle d’un chantier de restauration encore en cours, passionnante!

Abbaye des anges : porte

On entre sous une arche au motif des choux frisés. le conférencier nous explique que l’église fut endommagée après que des aviateurs américains en 1917 en  avaient démonté les poutres  pour la construction d’une base aérienne à proximité. Les Compagnons du Devoir ont reconstruit la chapelle. La couverture est en ardoises de Sizun : la taille des ardoises est décroissante à  mesure qu’on monte, ce qui facilite le travail des couvreurs et qui donne un aspect plus élégant.

Abbaye des anges : sablière sculptée motif marin

A l’intérieur la voûte est en carène de bateau renversée. Le sculpteur  Bernard Duvillers,  avec l’aide des jeunes du Père Jaouen qu’il a formé a sculpté des poutres de la chapelle : les sablières – poutres horizontales sont décorées de motifs marins du côté de la Mer et des animaux et végétaux terrestres du côté Terre. Les engoulants aux extrémités des poutres représentent des animaux fantastiques. 

sablière motif terrestre

Dans les murs on remarque des trous circulaires, ce sont les cols de poteries: 122 pots acoustiques en céramique améliorent l’acoustique de la chapelle – 60 sont d’origine. En projet, des concerts auront lieu ici dès 2023.

Les vitraux sont aussi remarquables, œuvre du verrier d’art de Nantes Eric Boucher . Le verre thermoformé est constitué de trois couches ce qui leur confère du relief.

Abbaye des Anges : mur de séparation du chœur et pots acoustiques

Un mur de séparation (1792) isole le chœur de la nef, pour séparer les Récollets des laïcs.

La Bibliothèque des moines contenait 1200 livres à la Révolution. Il reste une galerie ouverte marquant la limite entre le cloître  occupé par le jardin des simples  – Haute-Cour consacrée à la vie religieuse et la Basse-Cour où se trouvait le puits, les logements des frères converts, le pigeonnier, la buanderie et l’écurie où se déroulait la vie quotidienne.

Abbaye ds anges : fontaine

Deux petites sculptures ont été réalisées par Joseph Pinchon.  A côté d’une petite source à l’extérieur des murs il y a également une statue :La Vierge et l’Enfant  du sculpteur local François Breton dont nous allons voir d’autres sculptures dans la région. 

Joseph Pinchon, (1871 – 1953) l’inventeur de Bécassine, illustrateur, a  aménagé toute une aile pour en faire une résidence qu’on peut visiter et admirer les décors originaux.

 

Plouguerneau : Eco-Musée des Goémoniers et de l’Algue

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26 septembre : dernière occasion pour visiter l’Eco-musé des Goémoniers et de l’algue, en octobre tout sera fermé! 

Dès l’entrée, une présentation des algues selon la zonation

  • dans les grands fonds : les algues rouges fixent le calcaire. Le maerl forme des amas solides, il est utilisé en agriculture, dans le traitement des eaux et en chirurgie osseuse
  • les laminaires, algues brunes disparaissent en dessous de 25 m. Des échouages permettent la récolte. jusqu’au 20ème siècle les laminaires fournissaient l’unique source d’iode. On a aussi mis en évidence le relâchement de grandes quantité d’iode dans l’atmosphère en situation de stress (fort ensoleillement à marée basse)
  • sur l’estran : les ulves . leur développement est dépendant de la quantité d’azote. Le fucus vesiculus et ascophyllum sont capables de supporter des variations de température et de salinité. On les utilise pour faire des engrais. 

Historique de l’exploitation du goémon

A l’origine le goémon servait à l’amendement des terres en particulier dans le Léon pour les cultures maraîchères.

Dans les îles il servait de combustible.

les exploitations industrielles : soude pour la fabrication du verre, iode, récemment , alginates.

25 tonnes de laminaires, séchées donnaient 5 tonnes de matière sèche, 1 tonne de soude et 15 kg d’iode.

tonne d’algues donne 30 à 40 kg dalginates utilisés comme épaississants alimentaires, dentifrices, gaviscon…

les carraghénanes entrent dans la composition des desserts lactés, des crèmes flans, mousse au chocolat…

Le travail des goémoniers était une activité de complément pour les petits agriculteurs. Il suffisait d’adapter les outils agricoles pour la récolte du goémon. Les agriculteurs pauvres l’utilisaient à la place du bois de chauffage, ils s’en servaient  comme bourre pour les matelas, même de nourriture, on confectionnait des sortes de flans. Enfin pour la teinture des coiffes ou comme soin de beauté. C’était un travail pénible, toute la famille y travaillait et on connaissait peu de protection sociale. L’exposition montre ces conditions de travail, les outils et aussi les bateaux : les sloups

La recherche scientifique est développée dans la région. On mesure la biomasse pour ne pas épuiser la ressource. Une vidéo passionnante montre les méthodes de mesure , sur place comptage dans des cadres, ou par des photographies aériennes et des mesures physiques.

Bien que le musée ne soit pas imposant de l’extérieur, il faut compter près de 2 heures pour lire tous les panneaux. Et encore! je n’ai pas vu les vidéos.

Aber Wrac’h – Saint Antoine, Gîte du Lavoir

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le lavoir Saint Antoine

Nous avons tourné dans la campagne avant de trouver la flèche de bois indiquant le Lavoir en descendant la route de Landeda. Nous étions arrivées trop tôt et avions fait une halte au Port de l’Aber Wrac’h à l’Office de Tourisme. Les indications de nos hôtes ne correspondaient plus et le GPS s’entêtait à nous faire passer par un sens interdit. 

Une belle maison de bois très contemporaine est construite en contrebas du jardin sec : graminées, arbustes et fleurettes des Pâquerettes des murailles et agapanthes dans des copeaux de bois. De grands baies vitrées laissent largement pénétrer le soleil  sur trois orientations dans la grande salle meublée avec une grande table, six chaises de skaï orange, coin salon avec deux canapés et une télévision écran plat XXL. Dans un placard peint nos hôtes ont laissé à notre disposition toute une bibliothèque, Guide Vert et beaux livres sur la Bretagne. La cuisine laquée de blanc contient tous les accessoires, four, lave-vaisselle, micro-onde, robots et des plaques à induction. Le réfrigérateur est caché par une porte de bois brut sous l’escalier d’où on peut tirer un plan de travail supplémentaire et un tiroir profond pour les sacs des courses et les réserves.

La chambre du rez-de-chaussée a un lit King size, avec de jolis coussins et une tète de lit très originale, porte lazurée de gris . Une guirlande de boules de verre comme des boules de Noël  qui s’éclairent. En guise de table de nuit, un casier de bois accolé au mur.

A l’étage se trouvent de belles chambres et une salle de bains. Nous n’y sommes montées qu’une fois pour visiter.

Accueil parfait, situation parfaite, proche du port et du GR34. Les courses sont à Lannilis (grandes surface) et à Landeda (superette et excellente boulangerie).

La surprise c’est le ruisseau qui coule au milieu de la pelouse et surtout le lavoir de l’autre côté du muret : un enchantement!

De Loguivy-de-la-mer à Ploubazanec sur le GR34

Pour arriver de Tréguier à Loguivy-de-la-mer la D786 passe le Trieux à Lezardrieux et arrive à l’entrée de Paimpol. Ensuite le GPS nous guide à travers la campagne et les champs de choux, choux-fleurs et maïs sur un itinéraire improbable et tortillant. Nous avons complètement perdu le sens de l’orientation quand on voit le port de Loguivy, joli et petit, tout à fait pittoresque.

les îles de Bréhat

Je trouve les balises du GR34au pied des marches et chemine un moment dans les maisons avant de rejoindre la grande baie de Ouern. Sentier facile sur la route d’abord puis près du rivage, de temps en temps dans les champs à l’abri de haies piquantes. Au large on devine les îles de Bréhat avec tout un cortège d’îlots, îlets, roches …

Bréha

Le sentier quitte la côte devant une belle propriété avec des chevaux dans un pré qu’il faut contourner, il monte très raide (j’ai regretté d’avoir oublié mon bâton, cela pourrait glisser),, traverse un petit bois puis redescend sur la Pointe de l’Arcouest dont le nom m’avait fait rêver et qui n’est vraiment pas pittoresque : un vaste parking accueille les visiteurs de Bréhat qui ne peuvent pas embarque avec leur véhicule et le terminal des ferries. A fuir!

D’ailleurs le GR34 tourne délibérément le dos à cette accumulation automobile : traverser la route et chercher le sentier qui monte très raide avec des marches au panorama sur Bréhat. De là, il faut être attentive aux balises parce que le parcours est un peu compliqué dans les maisons. (Visorando est d’une grande aide avec une description précise et toujours avec le point bleu qui se promène sur la  carte).  Je croise d’autres randonneurs perdus faute d’un balisage régulier. Je les snobe, le nez dans l’écran du smartphone pour vérifier que je suis bien sur l’itinéraire. On passe devant la Maison Noteric qui est la maison de la Réserve Naturelle (fermée ce jour-là). le sentier remonte encore bien raide, je loupe la Croix des Veuves mais pas la Chapelle de la Trinité et j’arrive à Pors Even où Dominique m’attend. 

Chapelle de Ploubazannec

Elle a garé la voiture sur la cale des ostréiculteurs et nous restons une bonne heure au soleil à observer le va-et-vient des tracteurs qui tirent des barges métalliques qui flottent dans l’eau et qui sont chargées des coussins sur lesquels grandissent les huitres. Le bateau devient remorque quand le tracteur le tire sur le rivage rocheux à côté de bassins de ciment. Les hommes déchargent des piles de ces coussins. C’est un  travail de fourmis. Je dessine pour observer plus précisément. Les Viviers Dauphin sont ouverts. j’achète un petit kilo de moules, sur la route il faudra aussi trouver de la crème dans un petit supermarché à l’entrée de Paimpol. 

chapelle de ploubazannec

Pendant que je marchais, Dominique a trouvé la très belle Chapelle de Ploubazanec avec ses sculptures de granite et les ex-votos sous le porche. Nous sommes dans le roman Pêcheur d’Islande de Pierre Loti et la toponymie nous le rappelle avec le Mur des Disparus en mer et la Croix des Veuves. 

les chapelles de Penvenan

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Chapelle de Port-Blanc

Nous avons vu ces chapelles, cet hiver, fermées. Les Journées du Patrimoine sont l’occasion d’en découvrir l’intérieur. Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à une sorte de rallye d’une chapelle à l’autre.

En route d’abord pour Port Blanc

L’estran est découvert à marée basse. Il se déroule une course à pied : Le Trail de l’Estran sous le patronage du Télégramme de Brest. Les coureurs passent par petits paquets, groupes d’amis ou en famille. Une voiture s’arrêt « Vas-y Papa » . Je voulais justement emprunter leur parcours. pas de problème, le commissaire de la course m’engage à marcher : » Au moins vous aurez le temps de profiter du paysage » . Trois dames de mon âge me demandent : « vous avez vu les coureurs? » moi :« oui devant! » – « bien sûr devant! » rigolent les coureuses qui n’ont aucune prétention de battre des records mais plutôt de finir le parcours. Ils courent sur le sable puis sur les galets, enfin sur les rochers. Comme c’est peu confortable en sandales je monte sur la digue où se trouve le GR 34

Premier pique-nique : crevettes grises,  nos préférées.

L’après midi est dédié aux chapelles ouvertes exceptionnellement aujourd’hui.

Chapelle Notre Dame de Port Blanc

la chapelle est fleurie comme pour un mariage

Bien cachée à l’écart du village, son toit à deux pans surgit de la pelouse, on la croirait enterrée. Elle est très ancienne. Au XIIIème il y avait là une tour de guet. Pour l’occasion des Journées du Patrimoine, on a décoré la chapelle avec de grosses têtes d’hortensias bleus comme pour un mariage. Deux belles maquettes de voiliers(sans doute des ex-votos) pendent du plafond. Dans un coin la chaire à prêcher est peinte avec un décor floral. 

Chapelle de Saint Gonval

Chapelle et tumulus de Tossen

Sur la route de Buguélés. c’est une chapelle toute simple rectangulaire de petite taille, moderne (1914-1915). Elle est décorée de statues anciennes en bois. 

A proximité de la chapelle ; un alignement de dalles de granite en cercle : reste du tumulus de Tossen du néolithique moyen (2300 av. J.C.). ces pierres entouraient la base d’une colline artificielle de 10 m de haut? 

Saint Nicolas de Buguélés

Construite au Moyen Age, elle fut gravement endommagée au XVIème siècle et rebâtie à cette époque. L’aménagement intérieur le plus remarquable est un balustre (1649) séparant le chœur de la nef. le bois est gravé d’une inscription. 

Une dame et une petite fille m’accueillent gentiment et me donnent l’historique de la chapelle sur une feuille dactylographiée. La petite fille est toute fière de m’annoncer que c’est sont arrière-arrière-grand-père qui a réalisé la maquette de bateau suspendue. 

Saint Gonéry de Plougrescant

Le curieux cloché cassé de Saint Gonéry

le clocher de bois recouvert de plomb penche curieusement. L’enclos paroissial a une belle chaire à prêcher extérieure?

J’ai la chance d’assister à une visite guidée. Le conférencier détaille les fresques du plafond de bois peint au 15ème/16ème siècle et restaurées avec des couleurs très vives.

Adam et Eve au Paradis avant la Chute

Sur me registre du haut est figurée la Genèse. Adam et Eve, au Paradis nus sont curieusement  couverts de feuilles sur une sorte de collant. Après la Chute, ils trouvent des outils : une houe pour travailler la terre et une herminette pour construire une maison. Eve a une quenouille pour filer. Sur trois tableaux on constate l’amélioration de la maison et des habits. naissance de Caïn puis celle d’Abel, Caïn est déjà jaloux et se cache derrière un pilier.

Résurrection de Lazare

Le registre inférieur relate les scènes de la vie du Christ ; Résurrection de Lazare, la Cène et la Trahison de Judas?

la Cène

Le grand tombeau de pierres est celui de l’évêque Halesgoet.

Plougrescant

Il fait si beau que nous n’avons pas envie de rentrer. Arrêt à Porz Scaff. je suis le sentier côtier jusqu’au site du Gouffre parmi des rochers spectaculaires. 

Promenade dans Tréguier – maison d’Ernest Renan

CARNET DU TREGOR

Tréguier maisons à pans de bois. A droite la Maison de Renan à gauche « à vendre »

Sous un soleil radieux, cette Journée du Patrimoine est l’occasion de nombreuses visites qui commencent toutes à 10h30. Je peux flâner dans la ville en attendant.

Parking place des Halles juste en dessous de la cathédrale Saint Tugdal  Autour de la Place des Halles : d’un côté des maisons à pan de bois curieusement incurvées au premier étage, en face le mur du cimetière fleuri d’une épaisse guirlande orange et rouge  surfinias mélangé à d’autres fleurs. En dessous la fine table de pierre des poissonniers les jours de marché (le mercredi)

Cathédrale de Tréguier : remarquer les couleurs des cartes coeur, pic carreau et trèfle sur le clocher

En face de la Cathédrale Saint Tugdal, Autour de la place : pâtisseries, cafés, boutiques diverses. Je monte par les rues qui se faufilent entre maisons à pans de bois et façades de granite élégantes et qui conduisent aux austères bâtiments d’un couvent. Lorsqu’on découvre la ville de Tréguier on est impressionné par l’importance de ces bâtiments ecclésiastiques, Palais épiscopal, Séminaire, monastères, couvents…

Tréguier La Douleur

Je retourne à la voiture poser les pâtisseries du pique-nique de midi et emprunte un nouvel itinéraire, le long du cimetière pour arriver à l’Hôtel de Ville après avoir traversé un jardin ressemblant un peu à un labyrinthe avec des rangées de charmilles. Je passe sous un porche pour me trouver de l’autre côté de la Cathédrale devant une belle statue de pierre sombre : La Douleur – monument aux morts de la Grande Guerre ; une veuve est assise, elle porte la coiffe de Tréguier. Du coin de la place s’élève une rue bordée de maisons de notables aux façades soignées. Des venelles aux vieilles pierres de granite émoussées fleuries de pâquerettes des murailles (Erigeron karvinskianus) au feuillage très léger comme de l’asparagus. L’une d’elle est la Venelle des Trois avocats, quel nom pittoresque!

la Maison de Renan

Renan et Athéna sur la place de la Cathédrale

10h30, retour sur la Place des Halles pour la visite de la Maison de Renan. C’est une maison à pans de bois peinte en orange. Maison d’armateur, les notables les plus riches de la ville, située dans une rue qui descend vers le port. Elle est même équipée d’une vigie, pièce sous le toit permettant à l’armateur de surveiller ses navires rentrant au port. 

Ernest Renan

 

La visite commence par un vidéogramme de 20 minutes. je connaissais le nom de Renan, je savais qu’il avait écrit La Vie de Jésus qui avait fait scandale en son temps mais j’ignorais tout de l’homme. Ernest Renan est né à Tréguier en 1823. Il a fait dans la ville ses études secondaires. Elève brillant au séminaire, il se destine d’abord à la prêtrise puis s’en détourne et étudie à paris les textes sacrés en latin, grec et hébreu, devenant un spécialiste en philologie. Napoléon III lui confie une mission archéologique en Palestine « en Phénicie » . Il rédige La vie de Jésus à son retour. Sa parution fait scandale et il est révoqué de son poste au Collège de France, poste qu’il retrouvera en 1870. Il voyage aussi en Grèce, ce qui explique la statue de la place en compagnie d’Athéna, déesse de la raison. Un nouveau scandale éclata quand on érigea la statue. A ma suite de manifestations houleuses on décida d’installer un calvaire pour contrebalancer la statue laïque. 

Deux pièce à l’étage contiennent des souvenirs de Renan. Dans une pièce on a reconstitué le bureau du collège de France avec sa bibliothèque. Une exposition de photographies de Nadar est particulièrement bienvenue. Les portraits de contemporains de Renan font revivre la vie intellectuelle de cette époque. On y voit George Sand, Garibaldi, Victor Hugo, Sainte Beuve, Gambetta, les frères Goncourt….Chaque portrait est accompagné d’une notice biographique présentant le personnage et un court texte de Renan. Admiratif pour Hugo et George Sand, vacharde pour Sainte Beuve et les Goncourt.

Renan est considéré comme le précurseur de la Laïcité préconisant dès 1871 la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.

J’ai beaucoup aimé cette exposition et téléchargé La Vie de Jésus. 

Détour sur le barrage de la Rance

BALADE NORMANDE (ET BRETONNE)

Plage des Bas sablons

Petit déjeuner excellent servi au bar de l’Hôtel Aleth, occasion d’apprécier la décoration très réussi sur le thème de la marine : belle maquette de voilier, figure de proue, canapés de cuir, aquarelles et cartes marines.

pzetit déjeuner avec vue!

Et si on faisait un détour pour aller voir le Barrage de la Rance?

La route de Dinard roule sur la digue. un parking est aménagé pour les visiteurs avec de nombreux panneaux explicatifs. J’y apprends que l’Usine marémotrice fut construite sur la rivière que était déjà équipée de 7 moulins à marée. La construction du barrage a duré 20 ans de 1946 à 1966, inauguration par le Général De Gaulle. Des explications très techniques décrivent le fonctionnement des bulbes. Ceci me permet de repérer les tourbillons que je n’aurais peut être pas vus seule. De nombreux panneaux sont consacrés à l’écosystème de l’estuaire (oiseaux, poissons, crustacés) ? la construction du barrage a été bien sûr un facteur perturbant la faune mais elle se serait adaptée et les peuplements se seraient reconstitués (si EDF le dit!)

barrage de la Rance : écluse

Côté Dinard, une partie du pont se soulève pour laisser passer les voiliers. Nous comptons les mats de la voiture. Les saumons et autres espèces qui remontent les rivières pourront passer comme les bateaux par l’écluse!