Créteil/ Belz

Vendredi 22 Octobre 2010 : Voyage Créteil/Belz

Ria d'Etel : Pont Lorois

Les grévistes de la raffinerie de Grandpuits ont été réquisitionnés. Les images de l’affrontement des forces de l’ordre et des syndicalistes dans la nuit, ont une dimension théâtrale. L’un d’eux provoque les policiers

–           «vous êtes des hommes, vous faites votre travail, mais au moins  baissez les yeux ! »

C’est impressionnant.

Nous voulons partir en Bretagne, j’ai fait le plein dimanche et depuis nous n’avons pas pris la voiture. Nous avons fait le pari que nous trouverions du carburant sur la route. Un peu d’inquiétude et un zest de mauvaise conscience.  Au Mans, on complète le réservoir, 1€45/L cher ! Mais nous arriverons !

Sous un soleil voilé, nous contournons Vannes et Auray sur des rocades et ne quittons les routes à quatre voies qu’à Belz, notre village. Aux abords du Pont Lorois qui franchit la ria d’Etel, nous trouvons la route de Larmor, notre hameau de Kericune.

Notre gîte de Kericune - Belz

Quelle bonne surprise ! Le gite est ravissant ! Une petite maison de granite aux portes et fenêtre bleues, aux rideaux de dentelle  blanche aux pointes  qui habillent les ouvertures plutôt qu’elles ne cachent l’intérieur.  Dans la grande salle, une longue table avec des bancs, fait face à la grande cheminée de granite, installée en hauteur sur une marche en avancée, de beaux chenets, à la hotte de belles dalles de granite, elle a beaucoup d’allure. Un canapé rouge aux épais coussins et un fauteuil assorti. Des poutres apparentes, notre gite a du cachet !

La cuisine est vaste et fonctionnelle. Les chambres, modernes, pratiques sans chichis.

Ria d'Etel - prunelles

A peine installées, nous partons découvrir les environs. Au bout de notre route de Larmor, la ria ! Un vendeur de coquillages vend des huitres, des moules, des tourteaux. Nous achetons des moules tout juste sorties de l’eau.

Le sentier côtier longe la ria se faufile entre des buissons bien taillés, des maisons  au bord de l’eau. Des barques se balancent, une bizarre barge plate blanche  au nom de Michigan. Sur la rive d’en face les maisons bretonnes au toit d’ardoise, crépies de blanc ou aux façades de granite sont tapies dans une anse. Les rives sont échancrées, simple creux ou ruisseau qui se jette dans la ria ? Les bruyères roses sont encore fraîches. Les prunelles bleues sont grosses comme des prunes. Les épines,  couvertes de petites baies rouges.

Ria d’Etel : Saint Cado


Quelle belle journée pour longer les bords de la ria !

Le  circuit  en bord de la ria va vers  le Pont Lorois. La marée est basse, nombreux oiseaux arpentent la vase : des goélands, bien sûr, des aigrettes mais voici les ibis, au bec courbé et à la tête noire mais au corps blanc. Je n’ai jamais vu d’ibis en France, des blancs en Égypte, des noirs au Maroc mais ceux là sont  étranges. Mes amies bretonnes m’en avaient parlé, selon elles, les ibis proviennent d’un zoo et s’attaquent aux nids des sternes.

Le sentier court ici aussi entre des haies qui embaument d’éléanus, de buis ou de tamaris. Les éléanus  en fleur  sentent très fort.

Après le pont, le sentier se perd dans le village et les marques sont peintes sur les poteaux dans des rues des maisons. Celui qui cherche les rivages sauvages doit passer son chemin et choisir un autre tronçon du GR34. Je marche donc entre les jardins et les maisons blanches coiffées d’ardoises crépies de blancs. Cette rive de la ria est vraiment très construite. Au détour de la route, je retrouve le miroir de l’eau et se mirant dedans une maison carrée rose perchée sur un îlot rocheux.

Fontaine à Saint Cado

Un peu plus loin l’îlot Saint Cado relié à la côte par une digue. De belles maisons se reflètent, des barques colorées, et la petite flèche de la chapelle perchée dans la végétation. La lumière est parfaite, pas un nuage, l’eau lisse opaline…Promenade dans l’île tranquille, on découvre le calvaire perché sur un escalier devant une rangée de maisons blanches aux volets bleus. En face la chapelle toute simple de saint Cado. A l’intérieur le plafond de bois est peint en bleu tandis que les murs chaulés citent les paroles du saint. Des vitraux colorés modernes simples,  quelques statues de bois peint… Derrière l’église on découvre une fontaine curieusement abritée par un petit pignon ondulant coiffé d’une croix celtique.

Pique-nique de luxe : des langoustines achetées vivantes hier à Quiberon. J’ai bien réussi la cuisson en suivant les recommandations du poissonnier : jeter les crustacés dans l’eau bouillante et éteindre dès que l’ébullition a repris. Elles sont parfaites ! Pour dessert un palmier au framboises au beurre, bien croustillant, délicieux.

Saint Cado

Le sentier part de Saint Cado sur une sorte de digue, bien entretenu puis continue à nouveau dans les maisons : je découvre un dolmen, petite allée couverte. Le sentier s’engage enfin  sous de beaux chênes près de l’eau de la pointe du Perche jusqu’à Kercadoret. Le GR retourne vers la campagne et les petites pointes sont très construites.

Nous terminons la journée dans le petit hameau de Kernour qui a une fontaine curieuse ressemblant à un puits, la margelle abritée sous une barre de granite portant de curieuses sculptures comme cloutées.

 

Marché à Quiberon – Plage d’Erdeven

Les copines bretonnes ont chaudement recommandé le marché de Quiberon, le samedi..

Le marché de Quiberon s’avère un peu décevant. Seulement deux poissonniers et rien d’extraordinaire sur les étals aujourd’hui. Si, quand même de belles langoustines vivantes!  On prendra les petites(12€ le kg les grosses,18€)  et deux petits maquereaux bien frais. Les maraîchers ont des produits très variés, nombreux choux, verts, rouges, romanesco, fleur, brocolis des poireaux, potirons, mais aussi encore melons, fenouils et tomates de la région! Il y a encore peu de temps c’était l’été !

On a fait beaucoup de route (et consommé notre précieuse essence). La station de Quiberon regorge de commerces de luxe, de belles villas en bord de plage mais elle n’a rien  de pittoresque, balnéaire jusqu’au bout de sa digue…

la Barre d'Etel

promenade à la barre d’Etel

Le sable est assez grossier, je m’enfonce sur l’estran très en pente. A marée haute, je n’ose pas m’approcher de l’eau. La mer est verte et roule de des vagues hautes et écumantes. La marche est malaisée j’avais compté 3 ou 4 km et je mets beaucoup plus que les 45 minutes prévues.

Gavrinis

 CARNET DU MORBIHAN

le cairn de Gavrinis


Temps ensoleillé, gelées blanches, à 10h la terre fume. Une bonne demi-heure de queue à la pompe, pour compléter de dix litres le réservoir de la voiture, la pénurie semble s’installer.

Après Auray, sur la route de Baden, belles échappées : le petit port du Bono, un château qui a un air écossais, un golf.

Je trouve le GR à Locmicquel derrière une jolie chapelle. Le sentier, de la plage, monte sur une pointe boisée de pins et de thuyas géants. De belles maisons sont cachées sous les arbres. Je découvre de jolies petites criques avec du sable jaune avant d’arriver à Larmor Baden d’où part le bateau pour Gavrinis. Notre bateau part à 14h30, je poursuis donc le GR vers Port Blanc malheureusement Larmor Baden est très construit: le chemin est bien goudronné, de plus les maisons plus modestes que le long du rivage, n’offrent aucun intérêt. Un lavoir et une jolie fontaine sont inclus dans un lotissement, dommage pour la poésie ! Puis on contourne un marais mais je dois rebrousser chemin.

Pique-nique à côté du Ter sur une plage déserte à marée basse à côté d’un établissement ostréicole fermé. On ramasse des coquilles géantes.

Gavrinis

Un petit bateau nous emmène en quinze minutes sur l’île de la Chèvre où se trouve le cairn. Dans le bateau, on nous a commenté le paysage, montré Belle Ile à l’horizon, la passe de 250m seulement qui ouvre le Golfe du Morbihan sur l’Océan.

La guide nous fait d’abord un topo sur les hommes qui l’ont construit, les hommes du Néolithique, Homo sapiens comme nous, sédentaires, ils cultivaient déjà le blé, pêchaient à la nasse ou au hameçon, chassaient dans les bois de chêne, faisaient des poteries décorées, cousaient des vêtements de laine ou de chanvre… seuls manquaient les métaux.

Le climat était doux  preuves par la palynologie, chênes- noisetiers- bouleaux.

Le plus différent d’aujourd’hui c’est la géographie : il y a 5000 ans, le golfe du Morbihan n’existait pas, l’estuaire de la rivière d’Auray était encaissé dans une région de collines. Gavrinis n’était pas une île : le cairn coiffait une colline. Pendant la dernière glaciation la ligne de rivage était à une centaine de km plus loin soixante kilomètres derrière Belle-Ile.

allée gravée

J’apprends aussi la définition d’un cairn : dolmen ou allée couverte recouvert d’un énorme tas de pierres sèches. La différence entre un cairn et un tumulus : un cairn est ouvert vers l’extérieur alors qu’un tumulus renfermant une sépulture est fermé définitivement. Les trésors sont retrouvés davantage dans les tumulus alors qu’il semble qu’un cairn soit utilisé successivement. Dans le milieu acide du Morbihan on n’a pas retrouvé de squelettes, ils ne se conservent pas plus d’un siècle. Les données archéologiques sont extrapolées d’autres tombes étudiées en milieu calcaire où les os se conservent. On sait donc que les corps n’étaient pas enterrés mais posés sur la dalle funéraire pour être ensuite remplacés par  d’autres plus tard.

gravures

L’entrée du cairn est à la base d’une « pyramide à degré » un peu comme Saqqarah, d’ailleurs elles sont presque contemporaines, bien sûr toutes proportions gardées. Mais l’émerveillement ce seront les gravures qui décorent les dalles de l’allée et de la chambre funéraire. On s’habitue d’abord à l’obscurité dans l’allée de 14m, c’est dans la chambre que la guide allumera les lampes-torches pour nous montrer les dalles décorées. Pas un endroit qui ne soit laissé inoccupé. Des sortes de labyrinthes, des cercles concentriques, des spirales, des serpents, des haches… Rien d’explicable, la seule jouissance de l’œuvre d’art, les hypothèses des archéologues qui ne restent qu’hypothèse, aucune certitude. La guide insiste sur l’une d’elles : Gavrinis serait trop beau pour être une tombe cachée, les gravures seraient faites pour l’amour de l’art….peut être ?

Un quart d’heure pour tourner autour du cairn, recouvert de terre et de végétation à l’arrière par le temps, de relire les panneaux explicatifs. Revoir cette incroyable histoire du réemploi du menhir brisé de Locmariaquer de la table des marchands. Récemment les archéologues ont eu la surprise de voir que les cassures et les gravures coïncidaient. Les hommes du néolithiques ont réutilisé une partie du menhir pour faire la dalle qui sert de plafond à la chambre funéraire.

De cette découverte découle une nouvelle question : celle du transport, et encore une autre de ma part sur cette succession de civilisations. Les hommes qui ont érigé des menhirs géants n’étaient donc pas les mêmes. Et même ceux des cairns n’avaient aucun scrupule à utiliser un menhir comme pierre à bâtir !

La Trinité- saint Philibert – sentier côtier

CARNET DU MORBIHAN

Pointe de Kerbihan

De Carnac à la Trinité

Passé Carnac, le GR traverse une grande variété de paysages : d’abord le marais de Kerdudal, puis une digue percée d’un chenal passe l’Anse de Kerdudal. Le sentier se confond avec la piste cyclable et disparait au niveau de la dune protégée par des palissades de bois patiné qui interdisent de quitter les cheminements. Ces derniers sont labyrinthiques si bien que  pour m’orienter je descends sur la plage de Kervillien.

Le paysage devient rocheux, sauvage, le ciel nuageux dans le vent donne un aspect dramatique. A la pointe de Kerbihan un bois de magnifiques résineux, pins et thuyas abrite un petit parking.

La Trinité : sentier des douaniers

Le sentier des douaniers en corniche est  bien entretenu jusqu’à  la Trinité. De très belles maisons sont cachées dans les jardins. Spécialité de la Trinité : les bruyères sèches réunies serrées en une palissade fine protégeant l’intimité du regard des promeneurs (et peut être du vent marin). Dans les jardins, des camélias de taille respectables, des magnolias, bruyères et callunes, tout le cortège des plantes de terre de bruyère. Les éléanus taillés embaument avec leurs petites clochettes beiges discrètes. On a aménagé des tables de pique-nique sans oublier la poubelle. Comme en ville, des sacs pour déjections canines sont proposés à intervalles réguliers. Ce sentier des douaniers est décidément très urbain. Les dames qui le fréquentent ont des brushings récents et des chaussures élégantes. Je double deux adolescentes en caban bleu marine et foulard Hermès. Je croise un groupe de promeneurs équipé de cirés jaunes et de marinières à rayures blanches et bleues.

Pendant que je marche, D va au marché qui vend des produits de luxe : cerfeuil tubéreux, pavé de thon fumé, fruits confits. Nos prochains pique-niques seront  chics ! Sur les quais de la Trinité les boutiques proposent tout pour la navigation. Le port est bondé de bateaux magnifiques ! Je pense à Ithaque. Le Pen dans le rôle d’Ulysse ? Je balaye cette idée de mon imagination.

De la Trinité à Saint Philibert

Le sentier des douaniers continue vers St Philibert de l’autre côté de l’estuaire de la Rivière de Crac’h le long d’une route départementale en bord de mer, heureusement pas passante à cette saison!

Les voiliers manœuvrent dans le vent, toutes voiles déployées, spectacle plaisant. Deux pointes enserrent une plage de sable, puis une deuxième plus grande mais plus vaseuse est occupée par les tables des ostréiculteurs. Pique-nique de Men er Bellec face au large,  dans le vent froid. Andouille de Guéméné et pâté au poivre vert.

ostréiculture dans la baie du Morbihan

Sur la carte au 1/25 000ème, le sentier côtier est tracé le long de la Rivière de St Philibert. En réalité, le sentier n’existe pas. Je  marche au jugé (pas de balises non plus) dans des constructions modernes sans aucune grâce. Finalement je retrouve le sentier qui se glisse entre des entreprises ostréicoles  et aboutit à la plus jolie chapelle sur une pelouse où l’on voit une vieille fontaine, un lavoir couvert de lentilles. La chapelle est ouverte. la nef est peinte d’un ciel étoilé, des ex-voto sont suspendus, magnifiques maquettes de bateaux.Le sentier serpente dans un marais découvert par la marée basse.Fin de la randonnée au moulin.

fontaine près de la chapelle

Le GR autour de la Ria d’Etel : Pont Lorois, vieux Passage, Etel

CARNET DU MORBIHAN

vieux passage à marée basse


Un sentier balisé passe juste derrière le pré et l’étang du gite, descend  à la Ria. Caché entre deux murettes moussues sous des noisetiers, il serpente et arrive aux maisons bretonnes. Le sentier côtier passe sous le Pont Lorois que j’emprunte. Même opération sur l’autre rive : je passe sous le pont, marche entre les maisons pour arriver sur la plage. Le GR est approximatif, rarement balisé et inondé par marée haute, heureusement la mer descend !

Le sentier côtier reprend entre deux haies. Par les trouées je reconnais notre marchand de moules, sur l’autre rive. Les ajoncs ont été taillés, le paysage devient plus austère jusqu’à Vieux Passage (le hameau autour du pont est  nommé Passage Neuf). Vieux Passage est un port minuscule avec sa petite digue, ses barques, son groupe de maisons traditionnelles. Dans un recoin il y a même de très jolies maisons de pierre avec des volets bleus, de la vigne vierge roussie. Pas une fausse note, un très bel endroit.

Un sentier côtier empierré longe les dernières maisons, il faut ensuite descendre sur la plage, contourner un petit cap rocheux, j’arrive sur une nouvelle anse au sable jaune. Un groupe de chasseurs affublés de gilets fluo orange, munis de clairons, manœuvre une meute de chiens de chasse à la robe blanche tachetée de brun aux oreilles pendantes très fringants. Je ne suis pas équipée en fluo et préfère rejoindre la route plutôt que de me trouver au milieu de cette battue.

La côte vers le sud est bordée de chantiers navals,et d’ un cimetière à bateaux.Pas de sentier littoral.  On rejoint en voiture la Barre d’Etel derrière une très belle dune qualifiée de « Champ de tir » sur la carte. En face, la dune est protégée par des panneaux, de ce côté la menace de tir est efficace, j’arpente pieds nus la plage, 20 minutes dans un sens, 20 dans l’autre.

Le ciel s’est plombé, la lumière est rasante. Groix se détache, les vagues roulent écumantes, des écriteaux interdisent la baignade « courants violents ». Le grain est grossier, mes pieds s’enfoncent et ma progression est ralentie. Sous ces nuages bas je pense à la plage du golfe de Guinée avec ces grosses vagues dangereuses, mais là-bas je verrais les petits crabes courir vers le haut de la plage, je rencontrerais des pêcheurs, des enfants déguenillés alors qu’ici c’est désert. Je tremperais aussi mes pieds dans l’écume tiède et mousseuse….

Barre d'Etel

Pique-nique  devant Etel : langoustines . Nous les avions achetées vivantes. J’ai mis des algues séchées dans l’eau de cuisson et arrêté aux premiers frémissements à la reprise de l’ébullition. Elles sont parfaites !

Port louis : citadelle et musée de la Compagnie des Indes

CARNET DU MORBIHAN

La Citadelle de Port Louis

Nous regrettons d’avoir choisi un jour pluvieux pour découvrir cette cité ! Par beau temps nous aurions pu faire la promenade des remparts avant de visiter  la Citadelle qui abrite le Musée de la Compagnie des Indes.

Ce fort fut construit par les Espagnols.

Les Espagnols ?

Le Duc de Mercœur, Gouverneur de Bretagne et ligueur, les appela au secours après l’assassinat du Duc de Guise. En 1590, 3000 Espagnols débarquèrent donc et la citadelle « Fuerte del Aguila » fut édifiée.Chassés par Henri IV en 1598 la citadelle fut démolie.

Louis XIII, en 1616, de confia les travaux de reconstruction à Corbineau, bâtisseur du château de Brissac.

Un pont de pierre enjambe les douves.  on passe sous plusieurs porches avant d’arriver dans la grande cour carrée : la place d’armes. Souvenir fugace de la Citadelle de la Havane (peut être l’évocation des Espagnols ?)

Musée de la Compagnie des Indes

les épices de la Compagnie des Indes

La boutique du Musée de la Compagnie  des Indes  vend des épices et du thé parfumé avec beaucoup d’autres objets merveilleux, porcelaine de Chine,  soieries et indiennes et divers objets aux motifs exotiques.

L’invitation au voyage lointain

construction navale

Les marchandises : café, poivre, cardamome, clous de girofle sont présentées dans des caisses de bois….les épices entassées, des sacs et sachets de tissus agrémentant la présentation.

 

 

Les  routes du commerce : routes de la soie, route de la porcelaine moins connue sont tracées sur de belles cartes, ainsi que les trajets des premiers explorateurs :  Portugais, doublés ensuite par les Hollandais qui colonisèrent l’Indonésie. Français et Anglais faisaient route vers l’Inde. Je découvre les noms anciens de Coromandel et Macassar, bien repérés sur une carte.

la vie à bord : officiers

Autour d’une maquette de voilier, des panneaux racontent les différentes étapes de cette compagnie : Compagnie Colbert, Laws puis Calonne.

 

Sur un magnifique pastel, Madame de Sévigné arrive à Lorient.

La vie sur les chantiers navals  est illustrée par des maquettes (extraordinaire on voit les ouvriers en train de scier, porter les poutres, les assembler installer les gréements…) puis la vie à bord.

Tous les moments de la vie sont figurés par de petites maquettes :  les cuisines du capitaine,  celles des matelots, le médecin en train de soigner, le prêtre qui donne l’extrême onction, le calier en train de faire l’inventaire de ses barriques …un bateau est découpé en tranches horizontales montrant le chargement des cales ainsi que les différents ponts, les cabines des officiers, les logements des hommes, puis sur le pont supérieur on assiste même à une rixe…

bronzes du Bénin

Le long voyage aux Indes faisait le tour de l’Afrique : les escales africaines sont largement détaillées, Gorée mais aussi Ouidah que nous connaissons bien, gravures des rois de Ouidah, une magnifique défense d’éléphant sculptée des rois de Bénin, et dans les vitrines le dieu Ogun, et des saynètes en laiton : roi perché sur son très haut trône, ombrelle l’abritant sans doute mais aussi femmes en train de piler, musicien … ces objets sont d’une très grande finesse, je n’en ai jamais vus de si beaux ni à Abomey ni au Quai Branly.

 

 

Une vitrine entière est consacrée à Paul et Virginie,  le sujet de nombreux tableaux et gravures, une carte de la Réunion.

La deuxième partie de l’exposition a pour lieu l’Asie : Pondichéry d’abord avec les tissus indiens, cotonnades blanches et mousselines d’une grande finesse mais d’une simplicité étonnante. Extraordinaires « indiennes » colorées, au hasard des étiquettes j’apprends qu’il fut interdit en France de les porter tant elles étaient prisées, et que cette interdiction détourna cette marchandise aux impressions colorées vers l’Afrique, préhistoire des wax et des imprimés africains ?

ivoires

Les artisans des comptoirs français d’Inde étaient également des ébénistes, le mobilier exotique est fastueux : un lit ovale imitant un temple avec son toit bleu est tout à fait original. Le port de Pondichéry et la demeure de Dupleix sont reconstitués sur une maquette où évoluent toutes sortes de bateaux.

Courte évocation du  Siam : gravures montrant l’ambassade du roi de Siam à la cour de Louis XIV avec la mission de Phaulkon et des Jésuites.

Nous arrivons maintenant à Canton : le port sur la rivière des Perles et les différentes délégations européennes sont représentées avec nombre de jonques et de petits bateaux asiatiques recouverts d’un demi-cylindre de bambou. Une fastueuse collection de porcelaines chinoises est exposée, bleus et blanches, rouges et blanches, vertes… certaines sont manufacturées exprès pour l’occident et les motifs sont parfois religieux ou présentent les armoiries des futurs possesseurs. Une armure japonaise termine le voyage.

Impossible de ne pas être tentées par de si jolies marchandises. Raisonnable,je choisis deux paquets de thés parfumés et moins raisonnablement, une porcelaine pour les épices délicate.

De l’autre côté de la cour carrée qu’on franchit en vitesse sous le crachin se trouve une exposition sur les Trésors de l’Océan : trésors de l’archéologie sous marine. Ici aussi sont présentées des maquettes de bateaux : bateaux asiatiques, jonques, et embarcations variées de Manille au Japon. Devant une carte marine colorée et illustrée agrandie qui décore toute une salle on voit les inévitables compas boussoles, sextant. Musée moderne, deux audiovisuels expliquent le travail des archéologues qui remontent du fond des océans les trésors des bateaux naufragés. Par faible profondeur on  voit les plongeurs à l’ouvrage, mais par plus de 300m de fond c’est un sous-marin en forme de bulle transparente qui est équipé de bras et de ventouse. Je suis bluffée par l’adresse de ces appendices qui nettoient la porcelaine, la débarrassent des sédiments et la remontent délicatement au moyen de ventouses assez efficaces pour les emporter mais assez délicates pour ne pas casser cette vaisselle si précieuse et si fragile.  Là aussi on voit une magnifique collection de porcelaine chinoise. Je remarque surtout une assiette avec un  crabe de toute beauté.

Une troisième exposition est consacrée au Sauvetage en mer. Je jette un  œil distrait à la maquette de l’Abeille Flandre célèbre et aux barques de sauvetage. Nous sommes depuis près de trois heures dans la Citadelle !

Sous la pluie de plus en plus insistante je visite à pas pressés la Poudrière, l’enclos des munitions, le bastion d’où on apercevrait avec une meilleure visibilité Groix et arrive par hasard à l’Arsenal, Musée de la Marine, encore de somptueuses maquettes !

Carnac : Saint Cornelly, plages et alignements

CARNET DU MORBIHAN

 

 

Alignements


Le bourg de Carnac est animé et joli : l’Office de Tourisme occupe une sorte de halle  de granite et bois qu’il faut contourner pour aller à l’église Saint Cornely. Selon la légende locale de Saint Cornely, ce dernier  devenu le pape Corneille, patron des bêtes à corne,  préféra intégrer les traditions locales. On  raconte que d’un signe de croix il pétrifia les soldats romains qui le poursuivaient : devenus les alignements de menhirs.  L’entrée de l’église est surmontée d’un curieux baldaquin sorte de volutes de granite formant une sorte de couronne datant de 1789. L’intérieur réserve une surprise : les plafonds de bois sont peints de larges tableaux colorés (la lumière se déclenche près du bénitier). Plusieurs retables peints. Une belle visite.

Le sable de la Grande Plage est très fin. Des enfants bottés jouent au cerf volant. Puis les petites criques se succèdent, une pointe plus sauvage est plantée d’ajoncs et de prunelliers.

Pique-nique sur la dernière plage à la pointe du Pô sur des rochers sous l’œil attentif d’une jolie petite mouette à pattes et bec rouge. Au menu, des pinces de crabe, bulots et des biscuits bretons accompagnés du thé brûlant de la thermos.

Le Musée de la Préhistoire de Carnac organise tous les jours des animations : à 14heure une promenade accompagnée permet de découvrir l’essentiel des sites de Carnac.

Elle commence au tumulus Saint Michel ( butte coiffée de la chapelle saint Michel). Ce tumulus long de 120 m coiffe une éminence. Le guide rappelle qu’un tumulus est une tombe fermée à usage unique.

Court rappel de vocabulaire : différence entre tumulus (tomber fermée) cairn (tas de pierres, ouvert sur l’extérieur, et tertre recouvert de terre. Carnac doit son nom justement à ces pierres, Cairn et Carnac ayant la même origine.

Au Néolithique la région était beaucoup moins boisée qu’actuellement (données de la palynologie). Du sommet du tumulus on pouvait voir tous les alignements de menhirs. Au dessus de la chambre (un dolmen) une couche argileuse maintenait l’étanchéité puis une énorme quantité de pierre sèche formait une butte à degrés (comme à Gavrinis). On ne visite plus la chambre, la couche argileuse ayant été endommagée pendant les fouilles. Les premières gouttes de pluie tombent et ne semblent gêner aucunement mes compagnons de promenade bretons.

Un sentier s’engage dans une forêt de chênes et résineux.

A une fontaine coiffée d’un fronton classique, le guide raconte une pittoresque légende. Si on a été victime d’un vol il suffit de venir un lundi, à jeun muni d’un quignon de pain dur et de prononcer les noms des voleurs présumés. Si le pain coule, le voleur est identifié. Le sentier creux est bordé de grosses pierres moussues avec des fougères. La promenade serait délicieuse sans la pluie, je revêts ma cape de pluie.

Les premiers alignements sont spectaculaires : onze rangées sur un kilomètre de long, curieusement ordonnés par ordre de taille décroissant, les plus hauts vers l’ouest. A proximité se trouve un affleurement de granite en place : les hommes du Néolithique n’avaient pas à chercher bien loin ni à tailler les blocs débités selon  les diaclases. Mais toutes les hypothèses d’orientation supposent que les menhirs soient bien en place, ce qui est loin d’être évident : depuis la fin du XVIIIème siècle les restaurations ont été nombreuses et les archéologues ne se sont pas privés de remonter les blocs écroulés et même de les réaligner. Il faut donc savoir s’ils sont bien remonter. Pour cela, il faut se fier aux figures d’érosion : les rigoles verticales selon  le ruissellement.  Un menhir couché présenterait des rigoles horizontales.

Sous la pluie battante, nous allons voir les autres alignements, sans nous y arrêter. Les petits moutons noirs d’Ouessant sont chargés du désherbage. Au bout d’un alignement, une enceinte de dalles jointive fait presque le tour d’un hameau. Et chaque fois, toujours la même question fuse : Cela servait à quoi ? Notre guide nous promet la réponse pour la fin de la visite.

Cette réponse est simple : on n’en sait rien.

Les hypothèses sont nombreuses et certaines farfelues.

Considérant l’alignement  et l’enceinte, il est venu à certains une comparaison entre le chœur et la nef : hypothèse religieuse, dans l’enceinte se trouveraient des initiés ou des prêtres tandis que la foule viendrait en procession par l’alignement.

L’hypothèse astronomique a été en vogue. Moins maintenant, puisqu’ qu’on considère que certains menhirs ont été volontairement remontés aussi parce que les lignes suivent davantage le relief qu’une direction astronomique.

Puis viennent des considérations de prestige : ils témoigneraient d’une population riche et puissante. Enfin des analogies avec Méduse qui pétrifierait d’un regard, pourquoi pas l’armée romaine de saint Cornely ?

Enfin, des comparaisons encore plus extravagantes avec New York, Troie toutes villes situées près de la mer….

J’ai donc peu appris sur les menhirs eux-mêmes! Nous avons fait une balade intéressante dans la campagne, sous la pluie et en bonne compagnie.

Quiberon : côte sauvage

CARNET DU MORBIHAN

 

Les yuccas fleurissent à la Toussaint à Quiberon


Sous un soleil un peu voilé, la rando  commence à Penthièvre : le GR34 traverse un petit bois de cyprès devant un hôtel blanc Belle Epoque, grande véranda.GR et piste cyclable font chemin commun, je descends sur l’estran à marée descendante. Le sable mouillé est constellé de petites méduses roses, les unes simples disques avec une croix rose, les autres plus grands avec des filaments roses pendant sous l’ombelle.

Derrière moi, un souffle court: un militaire grisonnant court en tenue de combat, suivi par un jeune  portant fusil mitrailleur et  sac à dos très volumineux.Le chef me salue, le jeune est hors de souffle. L’écart se creuse entre l’homme qui ne porte rien et celui qui est chargé. J’avais oublié que le Fort de Penthièvre, Musée militaire est aussi un fort encore actif.

La presqu’île de Quiberon est reliée à Penthièvre par un fin cordon occupé par la voie ferrée et la route que je traverse pour contourner le hameau de Kerhostin côté Golfe de Quiberon. Autant les vagues rugissaient sur la côte tournée vers l’océan, autant l’eau est calme comme un lac et transparente. Le sentier côtier cimenté court parmi d’agréables villas fleuries de yuccas.Il emprunte les rues tranquilles de Kerhostin,  coquettes maisons bretonnes crépies de blanc avec portes et fenêtres bleues, une petite place tranquille, des hortensias…on traverse l’axe routier et rejoint l’autre bord le long d’une plage jusqu’au petit port tranquille de Portivy.

côte sauvage

J’aborde la côte sauvage avec la Pointe Beg an Aud, côte très déchiquetée, rochers de granite clair battus par l’écume des vagues qui se brisent très haut.

Le sentier littoral a été aménagé, canalisé par des fils de fer qui empêche de s’approcher du bord. Des écriteaux expliquent que des travaux sont en cours pour restaurer le couvert végétal et qu’en respectant le cheminement les promeneurs contribuent à cette restauration. Les travaux sont en effet de grande ampleur : on a étendu des tapis de 1.50 m x 4m environ d’une sorte de toile de jute à large maille, presque un filet. Ce tapis piège la terre végétale et de minuscules fleurettes roses ressemblant à des scabieuses sont en fleurs. Par endroit on a construit de petites terrasses consolidées avec des courts piquets et des branchages souples comme de l’osier. Ces surfaces aménagées contrastent avec les zones de granite nu se délitant en arène granitique. Dans une de ces zones pelées on signale que les oiseaux ont coutume de faire leurs nids en saison et on demande aux propriétaires des chiens d’attacher leur animal. Intérieurement je peste qu’on ait tracé le sentier littoral si loin du bord, au lieu de l’ancien chemin en balcon une large piste se déroule à une douzaine de mètres au moins du bord. Prudence ou aménagement du couvert végétal ? Ces aménagements se déroulent sur un très long parcours. Quel travail ! Je m’interroge sur la raison d’un tel investissement. Est-ce  pour l’agrément des promeneurs qui circulent dans une « pelouse » ? Où est-ce pour ralentir l’érosion ? Les oiseaux et les autres animaux trouveront-ils  leur compte ? Autant sur la dune, la fixation végétale de la dune est impérative pour la protection aussi bien de la ligne de côte que pour la protection des parcelles et des maisons à l’arrière, autant sur le granite cela parait plus mystérieux. Le piétinement contenu, la végétation semble très bien se porter. Je note de nombreuses espèces comme le fenouil sauvage, la moutarde ou est-ce de la roquette ? (je m’emmêle dans les brassicacées), fausse oseille, mousse et chiendent. Sur les tapis de jute a-t-on semé, repiqué ?

Tout en ruminant ces pensées, je progresse sur la côte sauvage, m’arrêtant pour prendre photo sur photo chaque fois que les vagues viennent se briser en écume, spectacle qui me fascine.

côte sauvage

Nous avons déjeuné en regardant évoluer les surfeurs sur ces grosses vagues. La plupart du temps ils restent allongés sur leur planche et doivent déjà être contents de s’y maintenir. Rares sont ceux qui selèvent et glissent sur un rouleau particulièrement impressionnant. Sur tout le lot de surfeurs deux seulement ont essayé et ils n’ont réussi qu’à de rares  occasions.  Ce sport reste pour moi bien mystérieux.

 

Port Louis: remparts et marché – Gâvres

 

CARNET DU MORBIHAN


les remparts de Port Louis

 

Au lever du jour, les nuages forment des bancs roses et à l’ arrivée à Port Louis le soleil brille.  J’entreprends le tour des remparts, côté mer au début, puis je passe sous une arche – équivalent du Pont des Soupirs – où les condamnés embarquaient pour l’Ile aux Souris en face. Après la tour, je monte et marche sur la banquette perchée à la hauteur des beaux érables rougissant (sans doute un cultivar américain). La mer est haute, les vagues blanches roulent leur écume blanche, le spectacle est plaisant.

Port Louis citadelle sous le soleil

A la Citadelle, j’ai l’agréable surprise de découvrir les douves pleines, le soleil éclaire le fort que nous avions découvert sous la pluie – point de vue plus riant. Continuant les remparts, j’arrive au port de plaisance.

Samedi, jour de marché, tout le centre du bourg est envahi. C’est un marché de luxe : homards de Houat aux pinces bridées mais aux yeux aux aguets, bouquets transparents qui sautent très haut, les langoustines pincent les doigts de la vendeuse. Trompettes de la mort, girolles et ceps… Halloween oblige, les citrouilles sont de sortie en compagnie de potimarons, panais et coloquintes. Les fruits sont hors de prix on achète les marrons et les figues à l’unité. J’avais prévu la visite des rues pavées du cœur de ville mais aujourd’hui c’est vraiment trop encombré !

De brèves averses s’abattent sans mouiller, nous renonçons à la visite du sous- marin pour profiter de cette belle journée inattendue.

Fort de GâvreFace à Port Louis, la presqu’île de Gâvres est de l’autre côté de la « petite mer de Gâvres ». Pour y accéder il faut retourner à Plouhinec. A l’arrière du village, derrière l’église une petite lagune, des mouettes dorment, la tête sous l’aile les pattes dans la vase, au soleil de midi, imitées par les canards, dans un recoin cinq aigrettes arpentent les plantes aquatiques tandis qu’un héron cendré est planté au milieu des mouettes. Le carillon chante une mélodie irlandaise.

La presqu’île est occupée par les militaires, la dune est un champ de tir, une base de fusiliers marins moderne est plantée, des panneaux restreignent le stationnement.

Sur la lagune,on voit beaucoup d’oiseaux mais on n’a guère envie de s’arrêter. Le village de Gâvres est plus important que je ne l’imaginais. Petits pavillons modestes avec des potagers et encore des installations militaires. Un fort fait face à la citadelle.

Sur une petite plage de sable blanc, nous installons sur des rochers  à l’abri du vent pour manger des crevettes sous l’œil attentif des goélands. Nous leur donnons les carapaces et les têtes. L’un d’eux mange tout sans rien laisser à un jeune gris qui piaille sans cesse.

Après le déjeuner nous allons faire un tour au fort construit sous Louis XIV . Les installations de béton et des blockhaus: mur de l’Atlantique ? ou installations militaires modernes ? Sans doute les deux à la fois.

Autour de la pointe, le sentier côtier a été aménagé et les pelouses, re-végétalisées. Au retour, je marche sur la plage le long de la dune militaire jusqu’à la barre d’Etel.