Carnac : plages, sentier côtier à la Trinité-sur-mer

MORBIHAN JUIN 2026

Plage de Men Du

Pour le pique-nique de midi, je me faisais une joie de retourner dans le centre-bourg de Carnac où les commerces étaient si accueillants. J’ai tout faux : lundi, le boucher est fermé comme la plupart des commerces, le distributeur de billets est vide. Heureusement, la boulangerie nous dépanne avec de belle quiches et du kouing aman.

Je n’avais pas envisagé Carnac comme une destination balnéaire; Carnac évoque les alignements, le Tumulus et le Musée de la Préhistoire.

La grande Plage de Carnac est longue de 2 km de sable blanc très fin. C’est la plus belle de la région. Elle est bien mise en valeur avec une tranquille promenade plantée piétonnière, très éloignée de la circulation automobile.

Sur le bord du parking du Club nautique, un curieux dispositif attire mon attention : un support métallique est prévu pour poser le smartphone. Ne pas zoomer. Juste prendre la photo. Des milliers de photos avec leur date et heure de prise de vue peuvent être collectées pour une étude sur l’évolution du trait de côte. Les très nombreuses données seront analysées dans le cadre d’une étude participative. Un dispositif analogue est aussi installé sur le parking de la plage Men er Beleg à Saint Philibert. Une intelligence artificielle pourra analyser les données. Autant j’ai des réserves par rapport à l’IA, autant ces études participatives m’enthousiasment. C’est très gratifiant de participer à une étude scientifique et si facile de collecter des datas nécessaires.

Aller/retour sur le sable très doux et une incursion de l’autre côté du club nautique sur la Plage de Saint Colomban, plus petite. La pluie interrompt ma promenade.

Du côté Est, nous découvrons la plage du Men Du très découverte à marée basse. Un cordon de sable permet d’atteindre à pied sec la petite île de Stuhan. Je ne m’attarde pas, je n’ai pas consulté  l’horaire des marées.

Marais salant de Kervilhen

Vers la Trinité-sur-mer, le GR se confond avec la D186 pour passer sur une digue une zone humide, le Marais de Kerdual et l’anse de Kerdual. Un très beau parking est aménagé dans la forêt et le GR rejoint le Marais de Kervilhen – Espace Naturel Sensible – c’ est une zone protégée, bassin d’alimentation des oiseaux dans la vasière et un petit marais salant a été réhabilité récemment. Des panneaux expliquent l’arrachage du Baccharis, une plante invasive introduite à la fin du XVIIème siècle dans le sud-ouest. Les oiseaux sont très bruyants. Je regrette d’avoir oublié mes jumelles. Le sentier conduit à la jolie plage de Kervillen, fait le tour de la Pointe puis rejoint le port de la Trinité.

matinée à Auray après-midi sur le sentier côtier de Saint Philibert

MORBIHAN JUIN 2026

Auray pont sur le Loch

Une course à pied ce déroule ce matin dans les rues de la ville d’Auray fermée à la circulation automobile. Ce n’est donc pas le meilleur jour pour une visite touristique, les monuments sur le parcours sont fermés. En revanche, il règne une ambiance de fête. Devant l’Hôtel de Ville, sur un podium tout est prêt pour un apéro musical.

La place d’Aura&y et ses maisons à colombages

En haut de la Rue du Château des djembés africains résonnent, en bas de cette rue un orchestre de jazz écossais, (pas de cornemuse mais des musiciens en kilt). Des rubans rouge et blanc limitent le parcours. Les spectateurs affluent, brandissent des pancartes d’encouragements. Des enfants acclament les papas, d’autres portent des dossards et participent à la course des petits. C’est un évènement très sympathique qui mobilise toute la ville par un dimanche bien gris.

Auray rue du château

Entre les boucles de la course, je découvre les curiosités d’Auray . Rue du jeu de Paume : la prison et ses cachots ordonnée par Louis XVI, terminée en 1788. Elle a vu passer Cadoudal, une des célébrités de la ville. J’arrive place des Halles. Place de l’Hôtel de ville de belles maisons à pan de bois sont alignées au fond. Sur les côtés de jolies boutiques.

Auray – Saint Gildas

L’église Saint Gildas a été bâtie entre 1623 et 1663. Son clocher a été rehaussé en 1832 pour servir d’amer aux marins. Les vitraux de 1930 retracent la vie de Saint Gildas. Né en Ecosse (490-504 ?) il aurait fait le voyage en Irlande puis à Ravenne et se serait installé en face de la presqu’île de Rhuys où il aurait fondé le monastère de Saint Gildas. Il se serait éteint dans l’île d’Houat. Son corps fut retrouvé à Crouesty dans une épave. Un vitrail montre le corps du saint dans une barque.Non loin de l’église, une chapelle sert maintenant de lieu d’exposition mais aujourd’hui elle est fermée.

le petit port de Saint Goustan

Je descends la rue du Château pour arriver au Pont sur le Loch qui est un des symboles d’Auray et son logo. La route de Vannes à Lorient y passait, c’était un axe principal très fréquenté depuis le Moyen Âge. Des panneaux racontent son histoire à travers les siècles mais ce n’est pas le moment de les recopier, les coureurs dévalent la rampe à l’emplacement de l’ancien Château d’Auray dont on devine les vestiges. Il y a donc foule sur le pont.

Le port de Saint Goustan

Le petit port où sont amarrés de jolis bateaux de bois est pittoresque. Les terrasses des restaurants sont bondées. Je découvre le grand portrait street-art de Benjamin Franklin qui débarqua le 4 décembre 1776 après une longue traversée pour quérir un soutien militaire à la jeune république américaine auprès du Roi de France. Les maisons à colombage se tassent sur le port et le long des rampes pentues. De très jolies enseignes me plaisent bien.

Nous achevons la visite de la ville, finalement je n’ai pas visité le mausolée de Cadoudal (en bonne républicaine) ni l’impressionnant sanctuaire de Sainte Anne d’Auray.

Nous avons préféré rentrer à Saint Philibert pour piqueniquer sur les bords de la plage de Men er Beleg jolie petite anse tranquille protégée par la Pointe de Men er Beleg  à l’extrémité de la grand pointe de Saint Philibert entre la Ria de Saint Philibert (Ster) et la Ria  de la Rivière de Crac’h qui sépare Saint Philibert de la Trinité-sur-mer. Le GR suit très précisément le rivage aut autour de cette pointe de Saint Philibert.

Saint Philibert Men er Beleg

Je choisis de remonter la ria du côté oriental, faisant le tour de la Pointe de Men er Beleg . le sentier s’engage ensuite dans une exploitation ostréicole. La Ria est très tranquille, peu profonde, plutôt vaseuse ; Le GR va d’un ostréiculteur à un autre, certains ont des cabanes de dégustations, d’autres doivent être contournées. Je m’enfonce dans un chemin creux. De très beaux arbres se détachent ou l’abritent. Promenade facile et très agréable. Je remonte jusqu’à l’église et ses deux fontaines que j’ai découverte le jour de l’arrivée.

Saint philibert sentier côtier

Pour termine l’après midi ; nous suivons la rive occidentale que la route longe. Ambiance très différente sur la Trinité-sur-mer qu’on voit de loina ria est plus profonde, l’eau plus agitée. Le GR est parallèle à la route c’ »est moins agréable pour marcher

la Prequ’ile de Rhuys – Arzon et Saint Gildas

MORBIHAN JUIN 2026

Arzon moulin à marée de Pen Castel

Le soleil radieux nous incite à explorer un peu plus loin la presqu’île de Rhuys qui se trouve tout près de Kerpenhir où nous étions hier. Il faut faire tout le tour du Golfe du Morbihan, une soixantaine de kilomètres. Heureusement la route est rapide, juste avant Auray nous montons sur la RN 185 , quatre voies comme une autoroute mais gratuite, évitons Auray et Vannes ; Relais pris de Noyalo à Sarzeau jusqu’à Arzon avec juste quelques ronds-points pour nous ralentir.

Arzon

Arzon (2271 habitants selon Wikipédia) est très urbanisée. L’Office du Tourisme se trouve à Port Crouesty à 800 m du Centre-bourg. Marina énorme, crée en 1973, le plus grand port de plaisance de Bretagne, entouré d’immeubles modernes sans âme, beaucoup de béton, un tout petit peu de bois, aucun intérêt.

Le sentier côtier fait le tour des pointes déchiquetées qui s’avancent dans le Golfe du Morbihan.

Arzon : menhir de la POinte de Bilgrois et au fond Kerpenhir

Pointe de Bilgrois, la plus occidentale. Le ciel est chargé, le vent qui souffle fort donne une impression dramatique. Pas de dolmen comme indiqué sur la carte, un menhir parmi les graminées qui ondulent au vent. Kerpenhir est si proche qu’on voit els silhouettes qui se pressent autour de la table d’orientation. Un peu plus bas : la plage de Treno , à marée basse des rochers. Pas de sentier de randonnée. « il se trouve plus loin à Monteno » m’explique un monsieur bien aimable.

Nous nous perdons dans le dédale de ce « village » pavillonnaire malgré le plan qui nous a été offert à l’Office de Tourisme. Lotissement de maisons blanches, impasses, rue …pas de trace du sentier côtier, ni de la côte d’ailleurs, accès réservé aux riverains. Bernon, on se perd à nouveau. On demande Kerners au GPS qui le reconnait grâce à la base de kayak.  Enfin !

ARzon – Pointe de Kerners kayaks

De la base nautique partent aussi les bateaux pour les îles : Ile aux Moines. Le soleil est revenu. Le sentier autour de la Pointe de Kerners est très bien entretenu avec de très beaux panoramas sur le Golfe et les Iles. Il domine la mer que j’aperçois entre les branches tortueuses de très beaux arbres. L’eau est redevenue bleue. Le golfe est beaucoup plus calme que l’océan.

Nous reprenons la voiture jusqu’au Moulin de Pen-Castel (connu du GPS). C’est un moulin  à marées sur une digue. D’un côté le Golfe de l’autre, un étang. Un premier moulin du XIIème siècle devient propriété des Ducs de Bretagne. Les moines de saint Gildas le reconstruisirent au XVIIème siècle. Moulin à farine, la liste des meuniers est exposée à l’intérieur. Un salon de thé et une salle d’expositions sont aménagés. Exposition de pascale Chauvet, une plasticienne de la région, qui expérimente diverses matières et techniques : aquarelle, verre, collages de petits carrés cousus pour former une tenture colorée. Mon préféré est une tenture où des capsules de pavots sont cousues sur un fond clair (carreaux de notices de médicaments. C’est écolo (upcycling).

Tour de la Pointe Saint Nicolas jusqu’à rejoindre le sentier là où j’avais fait demi-tour ce matin. Les plantes sont étiquetées comme dans un arboretum. Amusant à lire d’autant plus que les plantes identifiées sont des plantes sauvages qui pour part ont disparu sous les exubérances des plus vivaces. Les prunelliers ont envahi l’églantier, les ronces et le lierre, les moins communes. Un couvre sol moins commun est formé de tradescantia appelée ici Ephémère de Rio, pour moi, c’est de la Misère. Les énormes Cyprès de Lambert ont des troncs imposants et des racines qu’il faut enjamber. Promenade ombragée même si aujourd’hui, je rechercherais volontiers le soleil.

Saint Gildas de Rhuys

De l’autre côté de la Presqu’Ile de Rhuys : l’océan que nous allons trouver à Saint Gildas de Rhuys beaucoup plus tranquille et moins construite qu’Arzon. Cap sur l’Abbatiale qui dépasse tous les toits. Vue de derrière, elle est très belle avec son chevet roman et les modillons sculptés à têtes humaines charmants. La façade est néo-classique, reconstruite en 1699 après que le clocher foudroyé ne s’effondre sur la nef. J’apprécie moins.

Saint gildas chevet de l’abbatiale -modillons

L’Abbaye est encore active, elle a été un centre pour handicapés, maintenant elle a une vocation culturelle et spirituelle. Elle ne se visite pas. Pas de visite non plus pour l’église où se déroule une cérémonie (enterrement). C’est l’occasion d’évoquer le personnage de Gildas que je retrouve chaque jour ou presque en Morbihan. Gildas a fondé l’Abbaye en 530. En 1125, Abélard en devient abbé et les moines le déçoivent. La côte sur l’océan à la Plage de Port Maria est très différente de  celle du Golfe. Plus sèche, plus grise, moins fleurie, battue par les vents

St Gildas plage de Port maria

les Mégalithes de Locmariaquer

MORBIHAN JUIN 2026

Mégalithes de Locmariaquer grand menhir

Pas facile de trouver un emplacement tranquille pour le pique-nique. A Kerpenhir, le grand parking est très en retrait de la mer (tant mieux pour la vue, mais pour les handicapés ce n’est pas évident). Nous continuons la route en direction des Pierres Plates et déjeunons en face de la grande plage de Locmariaquer, occasion pour moi d’une première trempette pieds nus au bord de l’eau.

Pierres plates

Locmariaquer – Pierres plates

Le sentier côtier conduit au dolmen des Pierres Plates à travers une dune plutôt plate le long d’un camping. Le dolmen a été fouillé dès 1811 par « Renaud de la société alréenne pour l’exploitation de l’or des dolmens, Il a été vidé et les gravures ont été moulées, visibles au Musée de Carnac. Les Pierres Plates sont une allée couverte de 27 à 28 m coudée et recouverte d’orthostates. L’accès au site est interdit. Un seul fil de fer à 20 cm du sol barre le chemin que je franchis sans scrupules ni témoins comptant m’éclairer de la torche de mon téléphone. Rien à voir, les gravures sont dans la pénombre, bien peu lisibles. Avec la pluie le couloir est plein d’eau, impossible d’avancer. Visite décevante. Heureusement la promenade d’approche est plaisante.

 

Les autres sites mégalithiques de Locmariaquer sont dans le bourg ou de l’autre côté.

Nous laissons la voiture au Guilvin : embarcadère pour les îles du Golfe du Morbihan. Un café et un hôtel, complet en octobre dernier pour cause de mariage. Le sentier côtier se faufile le long de l’Hôtel Neptune. Promenade charmante au bord de l’eau entre les jardinets fleuris : bhortensias, rosiers, tamaris, agapanthes et ail en train d’éclore. Petits jardins, chaises peintes en jaune, volets bleus. Je fais photos sur photos.

Sentier entre maisons et jardins

Avant de parvenir au Site des Mégalithes, je passe en chemin devant le Dolmen Mané Rutual enfoui dans la verdure et devant un menhir brisé. Pas spectaculaires comme les mégalithes de l’enclos mais j’aime les découvertes inattendues.

Le Site des Mégalithes

Locmariaquer dolmen Mané Rutal

Le site des mégalithes se trouve à l’écart du village après le cimetière. Un haut menhir dépasse de l’enceinte du cimetière équipé d’une petite niche (oratoire ?) .

Avec le Pass acheté au Musée de Carnac j’ai une réduction pour l’entrée du site Une vidéo de 15 minutes présente le site avec ses trois mégalithes : la Table des Marchands, le Grand Menhir brisé, le Tumulus d’Er Grah.

Locmariaque tumulus Er Grah

Après  la visite au Musée de Carnac avec maquettes et moulages, ils n’ont plus de secrets à découvrir. Impossible de ne pas leur rendre visite, en majesté avec leur taille gigantesque.

Locmariaquer table des marchands : gravures

Au retour, passage à Crac’h à la Saumonerie du Loch : vaste choix de poissons fumés, saumon d’Ecosse, mais aussi rougets barbets, filets de sardines et boutargue.

 

Grand Prince – Aléxia Stresi – Flammarion

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Outrenoir. Pourquoi Soulages?

« L’existence c’est formidable, paraît-il. C’est surtout long, estime Simone Guillou. A 85 ans, elle pense heureusement avoir fait le plus gros. Il ne peut plus rien lui arriver.

peut-on lire sur la 4ème de  couverture.

C’est donc l’histoire un peu extraordinaire d’une vieille dame d’un village tranquille de Loire Atlantique, qui passe une retraite un peu trop tranquille dans le bourg vide hors saison. A 85 ans, elle se porte plutôt bien, de l’arthrose au genou la fait souffrir, mais c’est l’âge. Son fils la délaisse, il est occupé. Sa petite fille est plus attentive, mais elle est loin. Elle a bien des copines de son âge, mais l’entrain n’y est plus.

Et pourtant, il suffit de si peu pour que la curiosité de la vieille dame, l’imagination ne se mette en branle. L’histoire démarre comme un roman policier, avec constatation du gendarme… l’enquête de police n’ira pas loin. Si je ne veux pas divulgâcher il va falloir que je m’arrête bientôt!

marais salants

C’est un roman très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules. Gentil dépaysement dans les Marais salants près de Guérande. Nostalgie pour les commerces de centre-bourg, remplacés par les grandes surfaces.  Un bouquet de roses trémières. Et un espoir pour tous : l’aventure se présente à tout âge!

merci à l’éditeur et à Babélio qui m’ont fait ce cadeau!

Hier, rencontre dans les locaux de Babélio avec Alexia Stresi qui nous a livré quelques secrets de fabrication de son livre. C’était passionnant, mais attention « spoilers »! Autrice très sympathique, très bon contact avec les lectrices-eur. Et buffet excellent, encore merci Babelio

 

Créteil/ Belz

Vendredi 22 Octobre 2010 : Voyage Créteil/Belz

Ria d'Etel : Pont Lorois

Les grévistes de la raffinerie de Grandpuits ont été réquisitionnés. Les images de l’affrontement des forces de l’ordre et des syndicalistes dans la nuit, ont une dimension théâtrale. L’un d’eux provoque les policiers

–           «vous êtes des hommes, vous faites votre travail, mais au moins  baissez les yeux ! »

C’est impressionnant.

Nous voulons partir en Bretagne, j’ai fait le plein dimanche et depuis nous n’avons pas pris la voiture. Nous avons fait le pari que nous trouverions du carburant sur la route. Un peu d’inquiétude et un zest de mauvaise conscience.  Au Mans, on complète le réservoir, 1€45/L cher ! Mais nous arriverons !

Sous un soleil voilé, nous contournons Vannes et Auray sur des rocades et ne quittons les routes à quatre voies qu’à Belz, notre village. Aux abords du Pont Lorois qui franchit la ria d’Etel, nous trouvons la route de Larmor, notre hameau de Kericune.

Notre gîte de Kericune - Belz

Quelle bonne surprise ! Le gite est ravissant ! Une petite maison de granite aux portes et fenêtre bleues, aux rideaux de dentelle  blanche aux pointes  qui habillent les ouvertures plutôt qu’elles ne cachent l’intérieur.  Dans la grande salle, une longue table avec des bancs, fait face à la grande cheminée de granite, installée en hauteur sur une marche en avancée, de beaux chenets, à la hotte de belles dalles de granite, elle a beaucoup d’allure. Un canapé rouge aux épais coussins et un fauteuil assorti. Des poutres apparentes, notre gite a du cachet !

La cuisine est vaste et fonctionnelle. Les chambres, modernes, pratiques sans chichis.

Ria d'Etel - prunelles

A peine installées, nous partons découvrir les environs. Au bout de notre route de Larmor, la ria ! Un vendeur de coquillages vend des huitres, des moules, des tourteaux. Nous achetons des moules tout juste sorties de l’eau.

Le sentier côtier longe la ria se faufile entre des buissons bien taillés, des maisons  au bord de l’eau. Des barques se balancent, une bizarre barge plate blanche  au nom de Michigan. Sur la rive d’en face les maisons bretonnes au toit d’ardoise, crépies de blanc ou aux façades de granite sont tapies dans une anse. Les rives sont échancrées, simple creux ou ruisseau qui se jette dans la ria ? Les bruyères roses sont encore fraîches. Les prunelles bleues sont grosses comme des prunes. Les épines,  couvertes de petites baies rouges.

Ria d’Etel : Saint Cado


Quelle belle journée pour longer les bords de la ria !

Le  circuit  en bord de la ria va vers  le Pont Lorois. La marée est basse, nombreux oiseaux arpentent la vase : des goélands, bien sûr, des aigrettes mais voici les ibis, au bec courbé et à la tête noire mais au corps blanc. Je n’ai jamais vu d’ibis en France, des blancs en Égypte, des noirs au Maroc mais ceux là sont  étranges. Mes amies bretonnes m’en avaient parlé, selon elles, les ibis proviennent d’un zoo et s’attaquent aux nids des sternes.

Le sentier court ici aussi entre des haies qui embaument d’éléanus, de buis ou de tamaris. Les éléanus  en fleur  sentent très fort.

Après le pont, le sentier se perd dans le village et les marques sont peintes sur les poteaux dans des rues des maisons. Celui qui cherche les rivages sauvages doit passer son chemin et choisir un autre tronçon du GR34. Je marche donc entre les jardins et les maisons blanches coiffées d’ardoises crépies de blancs. Cette rive de la ria est vraiment très construite. Au détour de la route, je retrouve le miroir de l’eau et se mirant dedans une maison carrée rose perchée sur un îlot rocheux.

Fontaine à Saint Cado

Un peu plus loin l’îlot Saint Cado relié à la côte par une digue. De belles maisons se reflètent, des barques colorées, et la petite flèche de la chapelle perchée dans la végétation. La lumière est parfaite, pas un nuage, l’eau lisse opaline…Promenade dans l’île tranquille, on découvre le calvaire perché sur un escalier devant une rangée de maisons blanches aux volets bleus. En face la chapelle toute simple de saint Cado. A l’intérieur le plafond de bois est peint en bleu tandis que les murs chaulés citent les paroles du saint. Des vitraux colorés modernes simples,  quelques statues de bois peint… Derrière l’église on découvre une fontaine curieusement abritée par un petit pignon ondulant coiffé d’une croix celtique.

Pique-nique de luxe : des langoustines achetées vivantes hier à Quiberon. J’ai bien réussi la cuisson en suivant les recommandations du poissonnier : jeter les crustacés dans l’eau bouillante et éteindre dès que l’ébullition a repris. Elles sont parfaites ! Pour dessert un palmier au framboises au beurre, bien croustillant, délicieux.

Saint Cado

Le sentier part de Saint Cado sur une sorte de digue, bien entretenu puis continue à nouveau dans les maisons : je découvre un dolmen, petite allée couverte. Le sentier s’engage enfin  sous de beaux chênes près de l’eau de la pointe du Perche jusqu’à Kercadoret. Le GR retourne vers la campagne et les petites pointes sont très construites.

Nous terminons la journée dans le petit hameau de Kernour qui a une fontaine curieuse ressemblant à un puits, la margelle abritée sous une barre de granite portant de curieuses sculptures comme cloutées.

 

Marché à Quiberon – Plage d’Erdeven

Les copines bretonnes ont chaudement recommandé le marché de Quiberon, le samedi..

Le marché de Quiberon s’avère un peu décevant. Seulement deux poissonniers et rien d’extraordinaire sur les étals aujourd’hui. Si, quand même de belles langoustines vivantes!  On prendra les petites(12€ le kg les grosses,18€)  et deux petits maquereaux bien frais. Les maraîchers ont des produits très variés, nombreux choux, verts, rouges, romanesco, fleur, brocolis des poireaux, potirons, mais aussi encore melons, fenouils et tomates de la région! Il y a encore peu de temps c’était l’été !

On a fait beaucoup de route (et consommé notre précieuse essence). La station de Quiberon regorge de commerces de luxe, de belles villas en bord de plage mais elle n’a rien  de pittoresque, balnéaire jusqu’au bout de sa digue…

la Barre d'Etel

promenade à la barre d’Etel

Le sable est assez grossier, je m’enfonce sur l’estran très en pente. A marée haute, je n’ose pas m’approcher de l’eau. La mer est verte et roule de des vagues hautes et écumantes. La marche est malaisée j’avais compté 3 ou 4 km et je mets beaucoup plus que les 45 minutes prévues.

Gavrinis

 CARNET DU MORBIHAN

le cairn de Gavrinis


Temps ensoleillé, gelées blanches, à 10h la terre fume. Une bonne demi-heure de queue à la pompe, pour compléter de dix litres le réservoir de la voiture, la pénurie semble s’installer.

Après Auray, sur la route de Baden, belles échappées : le petit port du Bono, un château qui a un air écossais, un golf.

Je trouve le GR à Locmicquel derrière une jolie chapelle. Le sentier, de la plage, monte sur une pointe boisée de pins et de thuyas géants. De belles maisons sont cachées sous les arbres. Je découvre de jolies petites criques avec du sable jaune avant d’arriver à Larmor Baden d’où part le bateau pour Gavrinis. Notre bateau part à 14h30, je poursuis donc le GR vers Port Blanc malheureusement Larmor Baden est très construit: le chemin est bien goudronné, de plus les maisons plus modestes que le long du rivage, n’offrent aucun intérêt. Un lavoir et une jolie fontaine sont inclus dans un lotissement, dommage pour la poésie ! Puis on contourne un marais mais je dois rebrousser chemin.

Pique-nique à côté du Ter sur une plage déserte à marée basse à côté d’un établissement ostréicole fermé. On ramasse des coquilles géantes.

Gavrinis

Un petit bateau nous emmène en quinze minutes sur l’île de la Chèvre où se trouve le cairn. Dans le bateau, on nous a commenté le paysage, montré Belle Ile à l’horizon, la passe de 250m seulement qui ouvre le Golfe du Morbihan sur l’Océan.

La guide nous fait d’abord un topo sur les hommes qui l’ont construit, les hommes du Néolithique, Homo sapiens comme nous, sédentaires, ils cultivaient déjà le blé, pêchaient à la nasse ou au hameçon, chassaient dans les bois de chêne, faisaient des poteries décorées, cousaient des vêtements de laine ou de chanvre… seuls manquaient les métaux.

Le climat était doux  preuves par la palynologie, chênes- noisetiers- bouleaux.

Le plus différent d’aujourd’hui c’est la géographie : il y a 5000 ans, le golfe du Morbihan n’existait pas, l’estuaire de la rivière d’Auray était encaissé dans une région de collines. Gavrinis n’était pas une île : le cairn coiffait une colline. Pendant la dernière glaciation la ligne de rivage était à une centaine de km plus loin soixante kilomètres derrière Belle-Ile.

allée gravée

J’apprends aussi la définition d’un cairn : dolmen ou allée couverte recouvert d’un énorme tas de pierres sèches. La différence entre un cairn et un tumulus : un cairn est ouvert vers l’extérieur alors qu’un tumulus renfermant une sépulture est fermé définitivement. Les trésors sont retrouvés davantage dans les tumulus alors qu’il semble qu’un cairn soit utilisé successivement. Dans le milieu acide du Morbihan on n’a pas retrouvé de squelettes, ils ne se conservent pas plus d’un siècle. Les données archéologiques sont extrapolées d’autres tombes étudiées en milieu calcaire où les os se conservent. On sait donc que les corps n’étaient pas enterrés mais posés sur la dalle funéraire pour être ensuite remplacés par  d’autres plus tard.

gravures

L’entrée du cairn est à la base d’une « pyramide à degré » un peu comme Saqqarah, d’ailleurs elles sont presque contemporaines, bien sûr toutes proportions gardées. Mais l’émerveillement ce seront les gravures qui décorent les dalles de l’allée et de la chambre funéraire. On s’habitue d’abord à l’obscurité dans l’allée de 14m, c’est dans la chambre que la guide allumera les lampes-torches pour nous montrer les dalles décorées. Pas un endroit qui ne soit laissé inoccupé. Des sortes de labyrinthes, des cercles concentriques, des spirales, des serpents, des haches… Rien d’explicable, la seule jouissance de l’œuvre d’art, les hypothèses des archéologues qui ne restent qu’hypothèse, aucune certitude. La guide insiste sur l’une d’elles : Gavrinis serait trop beau pour être une tombe cachée, les gravures seraient faites pour l’amour de l’art….peut être ?

Un quart d’heure pour tourner autour du cairn, recouvert de terre et de végétation à l’arrière par le temps, de relire les panneaux explicatifs. Revoir cette incroyable histoire du réemploi du menhir brisé de Locmariaquer de la table des marchands. Récemment les archéologues ont eu la surprise de voir que les cassures et les gravures coïncidaient. Les hommes du néolithiques ont réutilisé une partie du menhir pour faire la dalle qui sert de plafond à la chambre funéraire.

De cette découverte découle une nouvelle question : celle du transport, et encore une autre de ma part sur cette succession de civilisations. Les hommes qui ont érigé des menhirs géants n’étaient donc pas les mêmes. Et même ceux des cairns n’avaient aucun scrupule à utiliser un menhir comme pierre à bâtir !

La Trinité- saint Philibert – sentier côtier

CARNET DU MORBIHAN

Pointe de Kerbihan

De Carnac à la Trinité

Passé Carnac, le GR traverse une grande variété de paysages : d’abord le marais de Kerdudal, puis une digue percée d’un chenal passe l’Anse de Kerdudal. Le sentier se confond avec la piste cyclable et disparait au niveau de la dune protégée par des palissades de bois patiné qui interdisent de quitter les cheminements. Ces derniers sont labyrinthiques si bien que  pour m’orienter je descends sur la plage de Kervillien.

Le paysage devient rocheux, sauvage, le ciel nuageux dans le vent donne un aspect dramatique. A la pointe de Kerbihan un bois de magnifiques résineux, pins et thuyas abrite un petit parking.

La Trinité : sentier des douaniers

Le sentier des douaniers en corniche est  bien entretenu jusqu’à  la Trinité. De très belles maisons sont cachées dans les jardins. Spécialité de la Trinité : les bruyères sèches réunies serrées en une palissade fine protégeant l’intimité du regard des promeneurs (et peut être du vent marin). Dans les jardins, des camélias de taille respectables, des magnolias, bruyères et callunes, tout le cortège des plantes de terre de bruyère. Les éléanus taillés embaument avec leurs petites clochettes beiges discrètes. On a aménagé des tables de pique-nique sans oublier la poubelle. Comme en ville, des sacs pour déjections canines sont proposés à intervalles réguliers. Ce sentier des douaniers est décidément très urbain. Les dames qui le fréquentent ont des brushings récents et des chaussures élégantes. Je double deux adolescentes en caban bleu marine et foulard Hermès. Je croise un groupe de promeneurs équipé de cirés jaunes et de marinières à rayures blanches et bleues.

Pendant que je marche, D va au marché qui vend des produits de luxe : cerfeuil tubéreux, pavé de thon fumé, fruits confits. Nos prochains pique-niques seront  chics ! Sur les quais de la Trinité les boutiques proposent tout pour la navigation. Le port est bondé de bateaux magnifiques ! Je pense à Ithaque. Le Pen dans le rôle d’Ulysse ? Je balaye cette idée de mon imagination.

De la Trinité à Saint Philibert

Le sentier des douaniers continue vers St Philibert de l’autre côté de l’estuaire de la Rivière de Crac’h le long d’une route départementale en bord de mer, heureusement pas passante à cette saison!

Les voiliers manœuvrent dans le vent, toutes voiles déployées, spectacle plaisant. Deux pointes enserrent une plage de sable, puis une deuxième plus grande mais plus vaseuse est occupée par les tables des ostréiculteurs. Pique-nique de Men er Bellec face au large,  dans le vent froid. Andouille de Guéméné et pâté au poivre vert.

ostréiculture dans la baie du Morbihan

Sur la carte au 1/25 000ème, le sentier côtier est tracé le long de la Rivière de St Philibert. En réalité, le sentier n’existe pas. Je  marche au jugé (pas de balises non plus) dans des constructions modernes sans aucune grâce. Finalement je retrouve le sentier qui se glisse entre des entreprises ostréicoles  et aboutit à la plus jolie chapelle sur une pelouse où l’on voit une vieille fontaine, un lavoir couvert de lentilles. La chapelle est ouverte. la nef est peinte d’un ciel étoilé, des ex-voto sont suspendus, magnifiques maquettes de bateaux.Le sentier serpente dans un marais découvert par la marée basse.Fin de la randonnée au moulin.

fontaine près de la chapelle