la Fiera – Marie Susini

11LIŔE POUR LA CORSE

incipit :

 

« sous le soleil d’Août, sur les chemins et sur la route de pierres, les gens du village s’en vont vers la chapelle Saint Albino, vers la fiera, la messe, la procession, le bal. les uns bavardent, une jeune fille rêve de l’amour qui va venir, une vieille mère remâche sa douleur, un capitaine altier passe dans son auto. »

 

Unité de temps :  le jour de la fête de Saint Albino

unité de lieu : le village.

les personnages :

Angnola, la jeune fille qui rêve d’amour, son amoureux,  Giasè, est revenu au village, peut-être se rencontreront ils au bal? Sa mère redoute que « la frivolité soit entrée dans la maison » et craint le dira-t-on « Qui ne craint pas les gens ne craint pas Dieu ».


Sylvie, celle que Matteo a épousée sur le Continent, l’étrangère, celle que sa belle-mère n’acceptera jamais, qui est si malade que la mort est déjà sur elle. Espère-t-elle un miracle de Saint Albino? 


Zia Francesca, inconsolable de la perte de son fils, ne voit même pas Nunzia, sa fille. Qu’est-ce qu’une fille à côté d’un fils? 


Le capitaine et son auto,  n’a pas toujours été une personnalité reconnue au village et certains lui font savoir…

Tous ces personnages se rencontreront à la foire .J’ai beaucoup aimé cette ambiance, cette attente. j’ai lu le roman alors que nous visitions les villages de montagne où aurait pu se dérouler l’histoire. Peu d’action, on devine le drame et la suite. Tout est question d’atmosphère. On est pris dans l attente de la fête, dans l’attente du drame.

C’est le roman des femmes,  dont le sort est terrible mais dont la personnalité est très marquée. 

Antoine Albertini : La Femme sans tête – Malamorte

POLARS CORSES

LA FEMME SANS TETE

Cap Corse, Santa-Lucia, 1988,  on retrouve dans un caveau de famille, le cadavre décapité d’une femme assassinée une dizaine d’année auparavant. Le major Serrier se consacre à donner une identité à la Femme sans tête et, 10 ans après le meurtre à enquête sur cet assassinat, classé depuis longtemps.

Dans ce polar très sombre se croisent trois destinées :  celle  de la Femme sans tête, celle de Serrier qui se fait phagocyter par cette difficile enquête  qui s’enlise, s’entête et finalement commence à couler. Un troisième personnage mène de son côté des recherches obstinées, un journaliste nommé Albertini (l’auteur?) et qui fait irruption,  en italiques, dans le récit du policier.

Lu à Bastia alors que nous faisions des excursions au Cap Corse, j’ai eu plaisir à imaginer les décors et les personnages. C’est vraiment très noir!

MALAMORTE

Novembre 2018, Bastia. Le capitaine chargé des « Homicides simples« , affaires sans importances, crimes d’après boire, misère crasse…a été placardisé après un dossier délicat. Appelé sur un carnage où une femme et une petite filles ont trouvé la mort, le mari à moitié suicidé, ce crime domestique semble « simple » mais rien n’est simple!

Deux femmes sont découvertes assassinées, à quelques jours d’écart, crime de rôdeur, de détraqué sexuel, encore une affaire « simple« !

Le capitaine est consciencieux, il va approfondir ces enquêtes et nous faire découvrir les différents services, police, gendarmerie, légion, et même barbouzes qui concourent au maintien de l’ordre dans l’Île de Beauté, et pas toujours en harmonie!

Le suspect du  massacre familial était entrepreneur dans le bâtiment, le policier enquête dans le milieu des promoteurs immobiliers. Beaucoup d’argent entre en jeu, argent propre ou argent du trafic de stupéfiants? L’affaire simple devient de plus en plus compliquée, trouble d’autant plus que sur l’île tout le monde se connaît.

Nombreux rebondissements, un bon rythme, un style efficace pour nous faire découvrir les aspects de la Corse loin de l’île solaire et touristique.

Le Grand Erratum de jean-Baptiste Pérès suivi de Jette le masque Bonaparte! Leonardo Sciascia

FAKE NEWS

Tout à fait d’actualité ce petit livre de 65 pages!

Actualité cette année de commémoration 200 ans de la mort de Napoléon à Sainte Hélène. Difficile d’y échapper.

Actualité quand Fake news et conspirationnisme polluent la vie politique si ce n’est pas citoyenne tout simplement (avec refus des vaccins sous des prétextes parfois farfelus). 

Et voici comment on peut facilement démontrer que Napoléon n’a pas existé.

Trois parties à cet opuscule :

Arthur  Bernard : Le Grand Erratum de Jean-Baptiste Pérès ou l’histoire du dix-neuvième comme source d’un nombre infini d’errata

Comme quoi Napoléon n’a jamais existé ou grand erratum, source d’un nombre infini d’errata à noter dans l’histoire du XIXème par M. J.B.Pérès A.O.A.M, bibliothécaire de la ville d’Agen

Leonardo Sciascia : jette le masque Bonaparte! 

La première partie annonce le texte de Pérès, le complète, l’analyse.

La seconde prétend que Napoléon n’a pas existé, que c’est un personnage allégorique, le soleil personnifié (je serais tentée de faire une plus longue citation mais je préfère que vous le découvriez par vous-même)

La dernière partie met en scène une émission de télévision où sont invités Savinio, Napoléon lui-même, Chateaubriand, un jeune homme dans le rôle de candide. Ces dialogues sont très amusants se référant également à Gramsci, Stendhal ou Jean Jacques Rousseau. Des allusions au XXème siècle – Guerre des Malouines, Budapest ou Varsovie – ne sont pas fortuites.  Un régal, je suis fan absolue de Sciascia!

marie Ferranti : Une Haine de Corse – histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo

LIRE POUR LA CORSE 

Napoléon, écrit Stendhal, se lia intimement avec le célèbre Paoli et avec Pozzo di Borgo, jeune Corse plein de talent et d’ambition. Depuis, ils se sont portés tous deux une haine mortelle.

Avant notre départ pour Bastia j’ai téléchargé cet ouvrage (368 pages). j’avoue que je n’ai pas été jusqu’au bout.

J’ai été très intéressée par les premières parties du livre qui racontent l’histoire de la Corse, le personnage principal n’est ni Bonaparte, ni Pozzo mais plutôt Paoli. Retour au XVIIIème siècle  : de Rousseau à Boswell, la Corse , sa constitution a fasciné une partie de l’Europe avant la Révolution français.  La Révolution vue de Corse, la Terreur ne séduit pas, au contraire, elle révulse et une Consulta réunie à Corte

Le lendemain de cette Consulta, il fut décidé que : « Le peuple corse abandonnait les Bonaparte, nés de la fange du despotisme, à leurs propres remords et à l’opinion publique, qui  les avait déjà condamnés à l’exécration éternelle et au déshonneur. » Paoli ordonna qu’on arrête Napoléon. Celui-ci prit la fuite, manqua d’être tué à plusieurs reprises et réussit à quitter la Corse.

J’avais déjà lu cette histoire de fuite des Bonaparte à l’occasion de notre voyage à Ajaccio mais n’avais pas bien compris les enjeux.

La Corse devient anglaise,

La Corse devint officiellement anglaise le 15 juin 1794. Son drapeau était frappé de la tête de Maure et des
armes du roi, son hymne était le Salve Regina et la religion catholique, apostolique et romaine, la religion d’État.
On voit par là que les Anglais faisaient preuve de souplesse et désiraient ardemment[…]

Que Paoli se tournât vers l’Angleterre n’était donc pas une hérésie : il connaissait bien ce pays, il y avait vécu
plus de vingt ans et croyait l’Angleterre assez éloignée de la Corse pour la protéger sans l’asservir

L’Histoire de Bonaparte puis de Napoléon 1er , et en parallèle celle de Pozzo quitte la Corse et prend les chemins de l’exil

Napoléon et Pozzo connurent tour à tour chacun des lieux par où l’autre était passé. La première étape de l’exil
de Pozzo fut l’île d’Elbe, conquise de fraîche date, ainsi que Capraia, par Nelson, victoires minuscules comparées aux conquêtes de Napoléon dans la péninsule italienne. Pozzo, devenu apatride, connaît le sort des émigrés et l’amertume de l’exil, pendant que Bonaparte vole de victoire en victoire et revient d’Italie auréolé de gloire.

Campagnes de Napoléon, exils sur l’île d’Elbe et Sainte Hélène…émigration de Pozzo jusqu’en Russie. On s’éloigne vraiment de Corse et je ne suis pas fan d’épopée napoléonienne, ni des tractations de Talleyrand… J’abandonne.

 

Dernier jour, dernières baignades restaurant à la plage de Tarco

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

J’ai bien aimé la plage de Tarco avec son sable assez grossier pour que l’eau reste limpide (quand il est trop fin souvent l’eau est trouble). J’aime bien les baies échancrées, il me semble que l’eau est plus tranquille.

espadon

Nous avons réservé une table à la Taverne qui est un très joli restaurant de plage dont la terrasse est au-dessus d’une petite plate-forme gazonnée avec des verveines lantana jaunes et des tamaris fanés au-dessus des rochers. Pour fêter le dernier jour de ces excellentes vacances nous commençons avec un mojito très très riche en menthe et délicieux. Dominique a choisi de l’espadon servi avec des légumes colorés et une capucine et j’ai pris une assiette corse, 4 fromages différents et trois sortes de charcuterie ; la charcuterie est succulente, les fromages ont beaucoup de caractère, on les déguste avec de la confiture de figue.

assiette corse

Et pour terminer la journée, encore une baignade à Calzarellu !

les villages perchés du fium’Orbo et de la Vallée de l’Abatesco

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

Prunelli-di-fiumorbo

Circuit trouvé dans le guide Vert Vallée de l’Abatesco 56 km D244 et D45

Au rond-point le plus proche du gîte, à Migliacciaro, en face de la route de la plage Calzarellu, la D244 traverse Migliacciaro, village agréable avec des villas modernes et fleuries. A Abbazia, la D145 suit le petit fleuve Abatesco. Pour gagner Serra-di-Fiumorbo traverser le ruisseau et grimper par la D45 très étroite et tortueuse à travers la forêt de chênes liège de taille impressionnante. Le long de la route on a aménagé des fontaines de pierre et même un coin piquenique. Dans la lumière du matin c’est un parcours très avec de belles échappées sur la plaine orientale, les étangs de Palu et Calzarellu.

Sierra-di-Fiumorbo s’étage à flanc de la pente. Nous nous arrêtons à un belvédère face à la mer, planté d’arbres bien verts avec des bancs et le monument aux morts. En face, la petite Mairie – Casa Communa. Un peu plus loin la Tour de Casabianca est une tour carrée qui se distingue mal du bâti des maisons « mais elle est très ancienne » commente un monsieur devant la Mairie. L’église entourée du cimetière domine le village, elle n’est pas bien belle mais très bien située.

Nous redescendons jusqu’à l’Abatesco  que nous suivons jusqu’à la petite station thermale de Pietra-Pola-les-bains qui semble endormie. Il faut descendre un escalier de pierre pour arriver à l’établissement thermal (fermé en 2020 – 2021). Autour, sont bâties de belles et hautes maisons de granite à l’air sévère. Si nous disposions de plus de temps j’aurais pu descendre par un bel escalier jusqu’au ruisseau.

San Gavinu-di-Fiumorbo est encore un village perché avec église, monument aux morts.

2km plus loin, sur la route de l’Isolacciu, sur la gauche se trouve le sentier de la Cascade de Brija -annoncée 1h par le Guide vert, 1h45 sur le panneau. Le sentier très vraiment très raide n’invite pas à une marche accélérée. Pas de balisage. Pas de parking non plus pour laisser la voiture. Encore une promenade à laquelle je suis contrainte de renoncer avec un peu de colère contre le Guide Vert. A se demander s’ils ont expérimentées les promenades qu’ils proposent ou s’ils se contentent de rapporter des information

de deuxième main. La Corse est un terrain difficile aux montagnes escarpées. Ce n’est pas raisonnable de partir seule ; je regrette d’avoir laissé mes bâtons de marche à la maison.

 

La route traverse une châtaigneraie où les cochons sont en semi-liberté, les chèvres en liberté.

Isolacciu-di-Fiumorbo

L’étroite rue est encombrée de gros 4×4 dont l’usage se justifie ici pleinement pour les agriculteurs et les chasseurs. On klaxonne pour passer. Trois hommes sortent en même temps portant des pains et baguettes ; ils se sont attardés chez le boulanger. Sympathiques et souriants ils dégagent leurs véhicules.  L’église est assez quelconque, on a laissé la porte ouverte pour qu’on admire les fresques (sans doute récentes). A côté de l’église sur le monument aux morts la liste est impressionnante quand on pense à la taille actuelle du village (env 330 ha) mais il était beaucoup plus peuplé à l’aube du XXème siècle (1800 ha) . Ces monuments m’étonnent, je ne les avais pas tant remarqué dans els autres campagnes françaises, peut être est-ce en rapport avec les mausolées et cimetières  – véritable culte des morts sans équivalent.

Prunelli-di-Fiumorbo

Prunelli di Fiumorbo : café Butea

Principal « centre » du Fiumorbo. Village très tranquille à peine plus grand que les précédents, il possède quand même une bibliothèque, un musée (fermé) et un restaurant. L’affichage local m’apprend qu ’il y a une navette gratuite pour la plage et pour la ville Ghisoaccia.   Une dame très aimable se détourne de son chemin pour me conduire au Café Butea.« ils font de très bons plats » assure-t-elle. Quelques tables sont installées sur la place amis c’est sur la terrasse panoramique que le déjeuner est servi : vue très étendue jusqu’à la mer et sur les crêtes montagneuses qui s’échelonnent. La carte est variée : sanglier en sauce, escalope de veau en saltimbocca, foies et gésiers de volaille…je choisis des cannellonis au bruccio et Dominique du poisson. Les cannellonis sont servis sous des tomates-cerises fraîches. Le bruccio est assaisonné de menthe, oignons verts, persil, très parfumé. Le Saint Pierre est accompagné d’un assortiment de légumes : poivrons, courgettes, oignons et zest de citron, une pomme de terre coupée en deux avec de la crème fraîche à la ciboulette, et une purée mystérieuse de chou-fleur avec un ingrédient à deviner : poudre d’amandes.

Pour rentrer on fait plus de virages qu’on ne pouvait l’imaginer.

Calzarellu : le Fium’Orbo

Nous terminons l’après-midi à Calzarellu, « notre » plage. Toujours aussi sympathique avec ses boulistes, ses joueurs de cartes qui se sont organisé un espace tranquille entre quatre voitures avec une table de camping et des chaises pliantes, et les pêcheurs. Très loin des plages chics du sud de l’île.

Dans la montagne en suivant le Fium’orbo jusqu’à Ghisoni et le Col de Verde

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Monte Renoso et ses neiges

27 km entre Ghisonaccia et Ghisoni sur la D344 en suivant le cours du Fium’Orbo.

Grande ligne droite de 8 km à travers les vergers d’agrumes et les vignobles. Dans la colline la route passe par un vilain maquis de buissons rabougris et desséchés jusqu’au barrage électrique de Sampolo . un joli lac reflète les sommets et le hameau de Sampolo. La vallée se resserre après le petit pont, les défilés de l’Inzecca et de Strette sont impressionnants. Le fleuve a creusé un canyon étroit. Piscines et cascades se succèdent en contrebas de la D344 très pittoresque mais très étroites. Par endroit deux véhicules ne peuvent pas se croiser et la circulation dans le tunnel est alternée. Des refuges permettent d’attendre que le véhicule d’en face soit passé. Chaque fois que l’arrêt est possible en sécurité je descends prendre des photos. Au fond, le massif du Monte Renoso (2352 m) porte encore des plaques de neige. Un grand pin fourchu mort ressemble à un grand diapason se détachant sur les crêtes.

Lac de Sampolo

A l’entrée de Ghisoni les deux sommets rocailleux qui dominent le village sont Kyrie Eleison (1260 m)et Christe Eleison  (1535 m). Leur nom rappel le martyre de 6 Giovannali réfugiés à Ghisoni brûlés sur le bûcher comme hérétiques en 1363. Les prières renvoyées en écho des sommets.

Le village de Ghizoni est bâti de hautes maisons. Il a deux églises, un monument aux morts et une fontaine avec une statue de Neptune mais très peu de commerces. La minuscule épicerie est coincée à l’étage d’une maison proche de la Poste et de la Mairie. Des vaches divaguent autour de l’église, l’une d’elle escalade même les marche du perron. Des chiens se promènent en liberté mais il y a bien peu de présence humaine. Pas de terrasse de café.

l’église de Ghisoni

On croise des randonneurs très bien équipés : chaussures de montagne montantes, bâtons télescopiques, gros sacs à dos, marcheurs du GR 20 proche ou alpiniste. J’aurais bien aimé faire une balade mais le circuit le plus court autour du village est annoncé 3h30 avec un sérieux dénivelé. Après mes déboires de dimanche, je ne me sens pas d’entreprendre une telle aventure seule. Ici la montagne est pentue et dangereuse, pas question de m’y perdre ! D’autant plus que les balades ne sont pas balisées (en dehors du GR20.

Le Fium’orbo fait une courbe vers le sud. Une petite route très sinueuse monte vers la station de ski de Campannella (3 remontées mécaniques) et où se trouve un refuge du GR20 . C’est toute une aventure que cette route qui s’élève de 800 m à 1600 m en 11 km avec un nombre incalculable de tournants et épingles à cheveux. Heureusement il y a très peu de circulation. Seule une voiture viendra à notre rencontre (à vive allure, sûrement un habitant du village). La route traverse une forêt de pins aux fûts impressionnants. Les châtaigniers sont en assez mauvais état. En altitude les hêtres sont nombreux et magnifiques. A la sortie de la forêt, quand commencent les alpages, des pins spectaculaires dressent leur silhouette sur le ciel bleu violent d’altitude. Plantnet les identifie comme Pins Cembro les guides parlent  de pin laricio.

D69 à travers la forêt de Marmano jusqu’au col de Verde où nous déjeunons en compagnie de génisses, veaux et même un taurillon. Les génisses sont curieuses et s’approche de la voiture ; un petit veau dort à quelques pas de nous, il est secoué dans son sommeil. A quoi rêve-t-il ? Où sont les vaches ? Ces bovins divaguent librement. Au col un sentier devait me conduire vers le « plus gros sapin de Corse » encore un arbre remarquable. La serveuse du restaurant-refuge me décourage « c’est loin ! » je demande » 45 minutes c’est aller/retour ? «  Non ! deux fois 45 minutes « et encore l’itinéraire n’est pas indiqué.

Pour rentrer on reprend la même route. En montagne, il est parfois surprenant de faire le même chemin dans les deux sens. J’ai le plaisir de parcourir à pied (sut la route) le défilé de l’Inzecca. Dominique m’attend au petit pont qui franchit le Fium’orbo pour aller à Sampolo. Une belle ferme-auberge est installée non loin de l’eau. Au menu, des plats de montagne mais aussi des tartes de légumes : blettes poireaux brocciu que nous aurions bien essayées. On se contente d’un café.

 

 

 

 

 

Déjeuner au Lac d’Urbino – Ghisonaccia et ses arbres remarquables

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Lac d’Urbino

Lac d’Urbino

Nous nous étions promis de retourner au Lac d’Urbino et d’y manger de la petite friture, au restaurant sur pilotis au-dessus de l’eau. Cadre paisible et charmant que nous avions apprécié.

Sous notre table, attendent deux goélands qu’on leur lance quelque petit éperlan. L’un d’eux est même très insistant ? Des mulets de belle taille attendent aussi, ils se contentent des des restes qui ont échappé aux goélands.

friture d’éperlans

Les éperlans sont de très petits poissons salés et citronnés. Ils sont servis avec des légumes : fines languettes de courgettes comme des tagliatelles, des carottes comme des vermicelles de minces poivrons rouge et jaunes sautés dans de l’ail et du persil. Une coupelle d’aïoli pour les poissons. Tout est parfait.

Fin de la promenade sur le ponton

Une promenade a été aménagée le long du lac, sur des planches d’abord puis à couvert sous les pistachiers et les chênes verts. La salsepareille s’accroche un peu partout. Le sentier sort enfin au soleil entre des buissons de salicorne, puis se termine sur un ponton qui s’enfonce dans la partie du lac ouvert comme une petite mer où l’eau est profonde et agitée.

Achats dans la jolie boutique.

Ghisonaccia

Ghisonaccia est une petite ville animée sans charme particulier. L’attraction touristique originale : deux arbres remarquables dans les environs à 5 km vers l’ouest.

U Lentiscu ‘il manque un personnage pour donner l’échelle

U lentiscu (Pistachier lentisque) est énorme, âgé peut-être de 1000ans.

l’arbre-oiseau

Arburacellu,- l’arbre-oiseau  est un chêne-liège haut de 20-25 mn âgé de 200 à 230 ans qui a développé des protubérances liégeuses formant comme les ailes écartées d’un oiseau à la suite d’un incendie ou de la foudre. Sur le sentier des plantes sont identifiées avec des étiquettes en plastique (celles qu’on utilise dans les jardins), plantes communes que je n’aurais pas remarquées : camomille maritime, mauve, vipérine, bardane, asperges sauvages…

l’Osmonde royale

Coup de chance, Monsieur Goletto, le « découvreur » de l’arbre-oiseau est sur place et accueille les visiteurs avec toutes les explications. Il nous fait découvrir une autre merveille l’Osmonde royale (Osmunda regalis) une fougère buissonnante de 205m d’envergure dont le rhizome spongieux se trouve à proximité de la rivière. Les sporanges forment des épis bruns. Dans le lit de la rivière on pourrait observer des cistudes mais elles sont farouches et se cachent.

 

Pour terminer cette belle journée nous retournons à la plage Calzarellu. On y arrive par une allée d’eucalyptus géants puis on passe devant la Tour de Calzarellu décorée, de graph street-art . Elle fut édifiée en 1930 par FORTEFF , un établissement  d’exploitation forestière pour surveiller le port d’où les barges chargeaient le bois. le soleil est enfin sorti, le sable blanc et l’eau bleue. Il y a de jolies vagues mais pas méchantes, derrière la vague je peux nager tranquillement.  Au pied de la tour, se retrouvent les boulistes du village.

Sari-Solenzara – baignades – Lac de Palu

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Nous sommes retournées voir le village de Sari que j’avais raté dimanche. La première chose qui me saute aux yeux : « Piste de Cannella 14 km » Si j’avais lu la pancarte je ne me serais pas lancée dans ce que je croyais être un circuit. Si Dominique avait lu le panneau elle aurait su où aller me chercher.

Sari, petit village perché est charmant, un peu endormi avec des maisons fleuries, une petite église, une mairie avec des panneaux électoraux pour les élection territoriales – avantage Simeoni. Saria installé des belvédères avec des tables d’orientation. Pazr temps clair on devrait voir les îles toscanes, Elbe, Montecristo, Giglio. Aujourd’hui l’horizon est embrumé et on ne voit rien. Côté montagne, les sommets sont cachés par les nuages. Pour voir les fontaines et les fours à chaux, il faudrait faire une grande boucle à pied. Je découvre seulement le petit four à pain (pizza ?) de Togna et ses accessoires tout neufs, il parait en fonction.

Baignade à la Plage de Tarco, parking facile, eau tranquille. Nous réservons une table au restaurant La Taverne pour vendredi, le dernier jour des vacances. Situé en bord de plage, Dominique pourra m’attendre quand j’irai me baigner.

Anse de Tarco

Pique-nique au bord du Lac Palu : l’accès du parking à Vix est difficile à repérer. On roule vite sur la T10 et on dépasse. Demi-tour mais quand on vient du nord (Bastia) il faut couper la route, nouveau demi-tour pour venir du sud et tourner à droite. Le parking est assez grand. On y trouve le sentier de promenade. Une piste nous tente malgré l’interdiction. A la cabane du pêcheur, il n’y a personne. Elle est décorée avec des trophées de chasse, tête de sanglier, de biche, une hélice de bateau, des figurines ; sous l’auvent une demi-douzaine de chats. Dans un enclos un chien de chasse. Et bien sûr, au bord de l’eau : des filets, nasses, une balance, des barques….Sur la lac nagent deux groupes de canards. Un héron est perché sur un piquet. Pas l’ombre des flamands roses que nous sommes venues voir.

lac Palu

Nous profitons de l’absence du pêcheur pour déjeuner : taboulé et anchois. Les chats, alléchés, font le siège de la voiture. Certains sont efflanqués, sales et pelés mais le chef est gros, le poil brillant. Chat dominant, il n’a peur de rien, il monte dans la voiture et je dois le chasser avec des Pchitt et des Pfuit, qui ne l’impressionne pas ; je sens ses griffes à travers le tissu de ma robe. Quand nous les laisserons finir le taboulé, le chef des chats se servira en premier et laissera aux autres des miettes.

Calzarellu

Calzarella

La plage se prépare pour l’ouverture de la saison estivale. A l’arrière de la Tour on a livré des sièges neufs en pseudo-rotin gris, des frigos et un congélateur. Sur la place un caisson « poste de secours de la commune de Prunelli di Fium’Orbo ». mais on n’a pas encore inscrit la température de l’eau ni celle de l’air, ni hissé le pavillon. En revanche, les horaires des cours d’aquagym sont affichés. On a déroulé un tapis jusqu’au bord de l’eau. L’assistance est très clairsemée. Ambiance amicale : tout le monde se salue. Nous reviendrons.

la ville romaine d’Aléria

CARNET CORSE 2021 de BASTIA à BONIFACIO

La ville romaine d’Aleria

Aléria

En arrivant du sud sur la T10, le site et le musée se trouvent à l’entrée de la ville;  la Via Romana (goudronnée, pas de dalles antiques)  mène à un vaste parking puis à un petit village composé de hautes maisons anciennes. Le fort de Matra (fin 15ème ) construit par les Génois fait face à la petite église Saint Marcel. Le site ouvre à 10 h. Arrivées en avance nous photographions les maisons. L’une d’elle présente un curieux alignement de bouteilles d’eau le long de la façade. Un guide conférencier expliquera cette bizarrerie : c’est censé empêcher les chiens de pisser contre le mur.

 

Une grosse tête de métal Persée est posée devant le musée, c’est une exposition du sculpteur Charbonnel . Dans le site je découvrirai ensuite Persée tenant la tête de Méduse et un Guerrier avec son bouclier. C’est une exposition temporaire. Les statues mythologiques sont « chez elles » dans le site antique.

Aleria : le veilleur de Charbonnel

En introduction à la visite, de grands panneaux très détaillés sont plantés à la sortie du parking. Ils racontent l’histoire d’Alaia – la ville antique.

Alaia ou Alalia était un port. Le rivage était alors 2 km du rivage actuel, à l’embouchure du Tavignano. La ville antique dominait la plaine sur une butte haute de 30 m (l’acropole). La Corse ses trouvait au centre des échanges commerciaux en Méditerranée, animé par l’approvisionnement en métaux. Dès le début du 1ier millénaire on a mis en évidence des échanges entre la Sardaigne et Chypre (cuivre). Les Phéniciens étaient les maitres du sud de la Méditerranée. La Corse orientale était dans la zone d’influence des Etrusques. Les noms retrouvés dans la nécropole de Casabianda sont majoritairement étrusques mais également grecs.

L’arrivée des Phocéens en 545 av. JC bouleverse ces échanges d’autant plus que les Grecs pratiquent la piraterie. Phéniciens et Etrusque se coalisent contre les Grecs. La bataile d’Alalia fur une bataille n     avale ayant mobilisé 14.000 hommes et 180 galères. Les Phocéens d’Alalia furent défaits, les cités étrusques renforcées, mais les Massaliotes (phocéens de Marseille alliés aux Phocéens d’Alalia) se considérant vainqueurs firent offrande à Delphes du Trésor de Marseille. Après la bataille d’Alalia, les grecs s’installèrent à Reggio de Calabre. Les échanges furent renforcés avec Populonia, Vetulonnia, Tarquinia ;

– 480av. JC à la bataille d’Himera, près de Syracuse, Carthage subit une lourde défaite avec ses alliés corses sardes et ligures. Il sen suit une domination de Syracuse.

-259 av. JC établissement à Aléria d’une colonie romaine pendant les Guerres Puniques

81 av JC Sylla transforme Alaia en colonie de citoyens romains

24 av JC Octave y installe des vétérans. Après l’empire,  Auguste y installa des vétérans et il désigne Alaia comme la capitale de la province Corse- Sardaigne. Lire le Pdf du Cndp ICI

La Corse se romanise, exporte le blé de la plaine orientale, développe l’ostréiculture dans les Etangs de Diane. Par ailleurs la flotte de Misène était stationnée dans les étangs de Diane.

le Musée

Le fort

La domination romaine dure 500 ans. Le musée expose exclusivement des vestiges romains. La présentation du Musée est très agréable, les vitrines, modernes bien éclairées et accompagnées d’abondantes explications. Il faudrait passer des heures si on voulait tout lire.

Le fil conducteur est la Romanisation : les Romains s’imposèrent par la force et la persuasion : la force avec la flotte de Misène, la conscription ; la persuasion avec la citoyenneté romaine attribuée aux Corses en récompense de services rendus. Le diplôme de citoyenneté est exposé : gravé sur une plaque de cuivre, il est encore parfaitement lisible.

Jupiter Hamon

Spectaculaire : la statue de la tête de Jupiter-Hamon aux cornes de bélier enroulées comme celles du dieu égyptien. Jupiter-Hamon était le dieu oraculaire de Siwa.

poidsd à accrocher à une balance romaine

La salle suivante est consacrée aux transports maritimes : l’huile, le garum dans des amphores présentées ici. On voit également des lingots d’étain. Le plus bel objet est un poids à figure humaine accroché à une balance romaine.

pendentif en cuivre émaillé

La vie quotidienne des Alerini est illustrée avec de la vaisselle, des meules portatives ou massives, des objets de toilette : épingles, aiguilles d’os ou de métal. J’ai adoré une toute petite quenouille en os et un beau pendentif en cuivre émaillé. Dives jeux, de dé, marelle….

La visite du Site archéologique est un enchantement. Une brise légère souffle au sommet de la colline. Alors que les sites archéologiques sont souvent des fournaises sous le soleil le site d’Aleria est arboré. Une belle allée sous des acacias et mûriers conduit à la ville antique gardée par le Veilleur géant de Charbonnel. Le forum est bordé latéralement par des colonnes (base des colonnes en briques). Un temple de « Rome ou de César »fait face au Capitole dont les fondations montrent un bâtiment d’importance. Sur le côté, une citerne et une statue équestre (disparue), plus loin, les bains publics et une grande maison possédant également des bains.

Le site ne présente pas toute la ville. On ne voit ni théâtre ou amphithéâtre. De la ville antique on voit l’Etang de Diane briller. Déjà du temps des Romains, on élevait des huitres ; les Romains en étaient friands. Elles étaient expédiées dans l‘Empire romain dans des bourriches avec de la neige pour les conserver. Des huitres corses avec de la neige albanaise expédiées à Lyon…mondialisation antique ? Les moules et autres coquillages étaient conservés dans du vinaigre. Chaque visite à un site romain apporte son lot de surprises.

Aleria moderne

Petit tour dans la ville moderne qui est un gros bourg commerçant avec banques, administrations sans autre intérêt touristique que quelques hôtels et restaurants au bord de la T10.