tour de Vatnsnes – Hvammstangi

CARNET ISLANDAIS

Vatsansnes

Après une série de jours pluvieux nous de croyions plus au retour du soleil. Ce matin, il fait froid (6°), il a neigé sur les crêtes et le soleil brille ?

La piste 711 fait le tour de la péninsule de Vatnsnes. Rouler sur piste nous inquiète un peu, mais l’excursion est conseillée dans le Roadbook. C’est une piste carrossable. Il ne faudrait pas qu’on crève avec l’une qui ne peut pas se baisser et l’autre d’une seule main, changer une roue c’st mission impossible. La piste 711 traverse une campagne herbue au relief plutôt mou où se prélasse en nombreux méandres une petite rivière qui se jette dans le fjord par une lagune bordée par un cordon de sable noir. Comme nous prenons notre temps pour prendre des photos nous sommes rattrapées par les touristes qui se pressent à Hvitserkur célèbre arche qui sort de l’eau. On peut la photographier du belvédère ou faire un selfie sur la plage avec le rocher derrière soi ; le sentier est bien raide et bien glissant, je ne peux pas me permettre une seconde chute, je renonce à la plage.

Hvitserkur

La piste est bien roulante, étroite mais avec des passing places pour se croiser signalés par la lettre M. Ces petits parkings sont parfaits pour les arrêts-photos. Le tour de la péninsule fait 70 km, nous y consacrons une demi-journée.

Sans village indiqués par la carte, j’imaginais la péninsule déserte. Les cabines de vacances, les fermes se succèdent, dispersées certes, mais nous n’avons pas l’impression de désolation que nous avons ressentie dans la lande roussâtre hier. Un petit village avec une église au clocher pointu se niche dans un creux.

Illugastadir : observation des phoques

phoques

Deux sites sont aménagés pour l’observation des phoques : parking, toilettes impeccables mais payantes, un sentier gravillonné minant à la plage et des panneaux. On y raconte un fait divers sanglant, au début du 19ème siècle, un poète, coureur de jupons fut tué dans son lit avec sa maîtresse à l’instigation de sa femme. Un autre écriteau nous incite à rester sur le sentier pour ne pas déranger les oiseaux. C’est un site de nidification des eiders. J’ignorais que ces canards sauvages puissent être familiers des humains qui rassurent les canes en éloignant les prédateurs et leur fournissent même du foin pour rendre le nid encore plus confortable. En échange, les Islandais récoltent les plumes abandonnées dans les nids que les canetons ont quittés. Le duvet est un si bon isolant que la cane peut quitter la couvée les œufs restent chaudes jusqu’à son retour. Aujourd’hui les eiders sont absents ;

Au bout du parcours, la colonie de phoques est bien là, une quarantaine d’individus protégés par un bras d’eau. On a aménagé une cabine d’observation vitrée et fermée et on décrit les caractéristiques des deux espèces présentes : phoque gris et harbour seal (phoque des ports ??), le panneau explique aussi la reproduction de ces animaux. Il est amusant de remarquer que la femelle phoque est appelée « cow » et le mâle « bull ». Les phoques sont paisibles. Ils sont un peu loin pour la photo.

Rassemblement des troupeaux

Un curieux parc à moutons ressemble à une grande roue, avec en son milieu un cercle et des sortes de rayons qui délimitent des secteurs. Les bergers à pied avec leurs chiens ou sur des quads font entrer les moutons dans le petit cercle. Ils examinent les numéros sur des plastiques agrafés à l’oreille et trient les animaux en reconstituant les troupeaux de chaque propriétaire qui les enfermera l’hiver dans les bergeries respectives. Voilà pourquoi nous n’avons jamais vu de troupeau : les moutons, en l’absence de prédateur paissent librement dans la lande l’été et se dispersent.

Hvammstangi

Nous arrivons à l’heure du déjeuner à Hvammstangi. Un seul restaurant est ouvert aujourd’hui au- dessus du Musée des Phoques : belle terrasse au-dessus de l’eau, salle très claire vitrée, décoration sobre mis élégante, des brindilles de saule dans des bouteilles, des bougies sur des galets, des lampes en pierre de lave, le chic scandinave ! Les soupes de poisson sont surprenantes : la serveuse arrive avec une grande assiette contenant des crevettes, un palet rond, des petits morceaux de poisson ; comme par magie, elle nappe le tout dans une bisque épicée qu’elle verse d’une grande saucière et qui est relevée avec de l’oignon vert, des graines de pavot et de l’huile d’olive. Le poisson est excellent « cod » dit la serveuse. Du pain brun est présenté dans un seau, le beurre fondant est disposé sur des galets. Repas gastronomique très réussi. Depuis le temps qu’on attendait !

Centre des phoques

Le petit musée expose des phoques empaillés, une barque utilisée autrefois pour la chasse aux phoques et une belle expositions de photos sur le thème des »humeurs du phoque ». Il y a également beaucoup de lecture. Les panneaux bilingues que je lis consciencieusement décrivent les différentes espèces de phoques et la pêche traditionnelle. Les Islandais mangeaient ou salaient la chair, utilisaient la graisse pour l’éclairage, les peaux pour la tannerie et les chaussures. Cette activité est en déclin.

Le centre n’est pas uniquement un musée pour distraire les touristes, c’est également un centre de recherches qui expose les résultats :

la part du saumon dans le régime alimentaire des phoques. Les pêcheurs voient d’un mauvais œil ce concurrent. Ils pourraient consulter les études : la part du saumon est minime par rapport à celle des harengs, poissons plats et autres espèces ;

Autre sujet étudié : le comportement des touristes vis-à-vis de la colonie des phoques ou comment faire une pédagogie bien ciblée.

Un beau film termine la visite .

Sur la place une « Galerie » vend des objets d’artisanat, des sculptures, du tricot ; au grenier on peut visiter un bric-à-brac au nom de « musée » qui rassemble des objets de la vie quotidienne un peu oublié comme machine à écrire et à calculer et même un vieux moniteur d’ordinateur.

Nous allons acheter un bandeau au magasin d’usine de tricotage qui propose divers pullovers, vestes ou bonnets…à des prix légèrement inférieurs à ceux des boutiques. Les pulls faits main sont inabordables autour de 23 000 ISK (170€) j’emporte comme souvenir un bandeau en jacquart blanc-gris, souvenir utile quand le vent rugit dans les petits saules.

Stora- Ageirsa

Nous ne voulons pas quitter Stora Ageirsa sans une visite à ses deux cascades. La plus grande, Kolugjufur est un peu plus loin. La légende raconte qu’une femme-troll aurait creusé l’étroit canyon dans lequel la rivière s’écoule.

L’autre cascade beaucoup moins imposante est en face du Hot tub dont j’enrage de ne pouvoir profiter avec mon bras cassé. Deux bancs sont immergé en face.

 

 

 

 

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Gorges de Spelunca – Evisa – forêt d’Aïtone

CARNET CORSE

Gorges de Spelunca : pont génois  sur le ruisseau

La promenade des gorges de Spelunca débute 2 km après Ota, passés les « deux ponts » et emprunte l’ancien chemin d’Ota à Evisa sur le chemin de randonnée Mare e Monti. L’itinéraire est jalonné de panneaux présentant les animaux et les végétaux. Je suis étonnée de cette flore de milieu humide avec des fougères, sélaginelles, petits cyclamens qui ont fleuri après la pluie, salamandres et lézards. Malheureusement les panneaux sont très dégradés, décolorés ou troués – on a fait des cartons. L’un d’eux décrit les propriétés du buis qui se trouve être en bon état mais je reconnais les dégâts des pyrales ; ces derniers jours nous subissons au gîte une véritable invasion de petits papillons de nuit gris qui ressemblent bien à la pyrale. La promenade dans les gorges est bien plaisante. Le sentier est dallé de granite ; il monte et descend si bien que le dénivelé n’est pas fatigant. A nos pieds coule le ruisseau.

 

La première partie de la balade se termine au pont de Zaglia qui franchit un autre torrent. Ce pont est très arqué en raison des crues violentes. Il a été construit au 18ème siècle. Pont muletier : deux mulets chargés devaient pouvoir s’y croiser. La suite du parcours est conseillée aux randonneurs avertis (650 m de dénivelé – 4 h). Le sentier monte en lacets le long de la paroi. Il a été dallé « à pas d’âne », les marches ont été espacées pour que l’âne monte confortablement.

Pour rejoindre Evisa en voiture nous continuons la D124 ; extrêmement étroite et sinueuse débouchons sur la D84 (route de Corte) toujours aussi tortueuse et occupée par un troupeau de chèvres aux longs poils et belles cornes, les chèvres marchent tranquillement au milieu de la chaussée sans faire d’efforts de s’en écarter malgré le trafic. La plupart des automobilistes sont des touristes ravis de les rencontrer. Personne, ni homme ni bête ne s’impatiente.

les cochons sur la route

Après les chèvres, les cochons sont vautrés sur le bas-côté, de toute taille et de toutes couleurs. Un verrat noir dort, allongé tandis qu’une truie dispute très violemment un de ses porcelets. Comme les chèvres, les cochons sont une attraction ; les touristes descendent de voiture, filment ou photographient. Les cochons ne sont pas farouches. Un petit vient se frotter à mes jambes. Une jeune femelle se couche sur le dos comme un chien qui demande qu’on lui gratte le ventre. Tous les cochons ne sont pas en liberté ; Certains sont enfermés dans un enclos. Tous finiront en charcuterie, en attendant, ils ont la belle vie. Ces élevages de porcs ne sentent pas mauvais comme les élevages industriels. On ne voit ni lisier ni purin.

Une virée dans la campagne

Quand on monte en altitude, les châtaigniers sont plus fréquents. Ils sont déjà chargés de bogues piquantes. Curieusement elles ne sont pas dispersées dans l’arbres mais regroupées sur certaines branches. Le châtaignier est l’arbre emblématique d’Evisa. Au 17ème siècle les Génois incitèrent les Corses à les planter et les greffer ; selon Paoli, le châtaignier est « l’arbre à pain » la production abondante de glands et de châtaignes confère aux porcs une qualité exceptionnelle. Le marron d’Evisa peut être transformé en marron glacé. Nous avons la ferme intention d’en acheter, mais la saison terminée, on ne nous propose que de la « confiture de marron». La farine de châtaigne est récompensée par une AOP « Farina di Corsica ».

Forêt d’Aitone

A la sortie d’Aitone, il y a un sentier d’interprétation de la châtaigne (2h30). J’emprunte le tronçon fléché « piscines naturelles, cascade » sur le GR Mare e Monti tracé sur un chemin de transhumance. En fait de piscines naturelles et de cascades et vasques, un petit filet d’eau s’écoule. Des touristes ont installé des serviettes mais on ne peut guère s’y baigner, tremper les pieds et se rafraîchir !

Châtaignes d’Evisa

La forêt est plantée de pins Laricio, pins maritimes  d’une taille remarquable. M’attendant à trouver une grande cascade je dépasse d’abord l’escalier qui descend au ruisseau et je continue Mare e Monti jusqu’à une passerelle suspendue. En revenant je découvre un ancien moulin à châtaignes sur le bord du chemin.

Pour pique-niquer, nous trouvons un coin parfait sur la route de la maison forestière. Difficile d’évaluer la hauteur des pins ! Même le houx est géant.

Journée aventure dans le sud de Naxos : Grotte de Zeus et Baie de Kalados

CARNET DES CYCLADES 

sentier du Mt Zas (Zeus)
Piton rocheux au dessus de Filoti

 

Dominique – sur les suggestions du Guide Vert – a prévu une journée aventureuse en dehors des attractions touristiques, jusqu’à l’extrémité sud de Naxos. Si on regarde la carte du Petit Futé, au sud de Filoti serait une sorte de désert sans villages ni routes. Nous avons acheté hier une carte SKAI où chaque église, chaque moulin, chaque station-service figurent. A l’envers de la carte, 7 promenades sont décrites en une sorte de Topo-Guide. Selon cette carte seul un court tronçon de notre itinéraire emprunte une piste non goudronnée.

Nous partons par Sagri, traversons Halki et Filoti sans nous arrêter. Nous reviendrons ! A la sortie de Filoti le sentier N°2 indique la Grotte de Zeus – première étape de notre circuit. La montagne Zas ou Mont Zeus (1001m) est le point culminant de Naxos. La légende y a fait naître Zeus dans une grotte. J’ai déjà visité une Grotte de Zeus où la Chèvre Amalthée aurait nourri Zeus sur le Mont Ida (Psiloritis 2456 m). Fils du titan Chronos et de la titanide Rhéa Zeus aurait été enlevé et apporté en Crète pour être soustrait à son père qui dévorait se enfants.

Trompées par la flèche, nous suivons une petite route qui serpente dans la montagne, passons sous un moulin qui a gardé son axe, mais perdu son toit, sous un haut piton rocheux complètement chauve (600 m) portant sur son sommet une chapelle blanche que j’ai appelée Prophète Elie parce qu’elle n’a pas de nom sur notre carte.  Une flèche marron signale un sanctuaire de Déméter (nos sommes dans une région agricole) . La route continue à grimper et nous dépassons les chapelles Aghia Panaghia, Aghia Anasthasia et Aghios Efstatios qui, d’après la carte SKAI ne sont pas du tout dans la direction du Mont Zas mais bien sur l’itinéraire du sud que nous prendrons plus tard. Nous faisons demi-tour après Aghios Efstatios au-dessus d’un pâturage de chèvres. Je marche sur un tapis de crottes quand je descends photographier l’église. Aghia Anastasia est jolie avec son toit imitant les lauzes blanchies à la chaux sous un bel arbre.

Mt Zas source de Rhéa

Retour à Filoti. La route pour les voitures est différente du chemin des randonneurs. Elle prend un peu plus loin dans une épingle à cheveux sur la route principale. C’est une route étroite qui grimpe sur 1.3km au flanc du Mont Zas et s’arrête à un minuscule parking. Il faut continuer à pied 20 minutes pour la Grotte, 1h pour le sommet. . Le sentier pavé avec un muret conduit à une place ombragée sous un vieux platane avec un bassin rectangulaire, des rigoles cimentées et une source qui jaillit dans une vasque en marbre. Un écriteau prévient que l’eau est potable et qu’il convient de ne s’en servir uniquement pour se désaltérer.

J’imagine ici, des fêtes champêtres, des réunions de famille, voire un culte ancien aux nymphes ou aux sylphides…Le sentier dallé de marbre continue encore dans la montagne, assez pentu.je marche dans l’odeur sucrée des genêts.  Cela se gâche sur la fin : d’abord, le sentier devient étroit et poussiéreux, puis on doit continuer dans les rochers et les marques rouges disparaissent.  Heureusement des randonneurs ont fait un cairn pour signaler le passage. Dans les derniers 50 m avant la grotte c’est presque de l’escalade. On passe une stèle en ciment avec la seule inscription compréhensible 1953 ( ?). L’entrée de la grotte est fermée par deux murs de pierre (abri pour les bergers ? )

A la descente je croise des randonneurs plus courageux que moi qui ont fait le trajet à partir de Filoti. Je bois à la source de Zeus avant de remonter en voiture.

vers les crêtes

La route du sud contourne le Mont Zas. Après Aghios Efstatios, serpente en lacets serrés jusqu’au col de Petalia à plus de 700 m. Avant d’arriver au col je remarque de nombreuses terrasses cultivées ; certaines sont jaunes, blé non moissonné ou graminées sauvages, ou plantées d’oliviers amandiers et aussi de chênes. Les bergeries sont dispersées dans la campagne.   De grosses touffes de genets fleuris jaunes et odorants font des pyramides qui s’étalent sur le goudron, décorant ainsi la route.

Au col, on voit la mer. La route a fait tant de virages que je ne sais plus quelle côte s’offre à nous : Mikri Vigla et Kastraki ou Kalados au sud. D’après l’urbanisation, je pense plutôt à la côte occidentale. Et ces îles : Paros, les Petites Cyclades ou Amorgos ? Il nous aurait fallu une boussole. Je suis surprise de voir partout des panneaux indiquant les noms de localités ou de ruisseaux. Cette région de Naxos n’set pas du tout déserte comme l’absence de village le suggérerait. Partout, dispersées dans la montagne, des fermes, des bergeries et le long de la route, des églises.

La végétation est variée : aux pyramides des genêts en altitude, succèdent des pentes rocheuses avec des buissons de genévriers et parfois des bosquets de chênes ou même de grands chênes, plus bas des oliviers, de ces vieux oliviers au tronc monumental avec une écorce torsadée qui s’enroule sur elle-même formant un cône d’où une touffe de branches feuillues se déploie. Des chèvres, impériales, marchent sur la route.

La Tour Cheimarros

Au niveau de la Tour Cheimarros, le goudron s’arrête pour reprendre quelques centaines de mètres plus loin. Cette tour est hellénistique 4ème siècle av JC. Est-ce pour surveiller la mer ? Qui l’a plantée là, si loin du rivage ? C’est une très grosse tour construite soigneusement de gros blocs taillés, 15 m en marbre de Naxos, beaucoup plus imposante que les moulins qui coiffent les collines. Le chantier de restauration est enfermé par des grilles, on ne peut pas approcher.

Plus bas la route est bordée de lauriers roses magnifiques ; Qui a planté cette haie ? Ils fleurissent blanc et roses et sont florissants malgré la chaleur. La région paraît dotée de nombreux ruisseaux. La carte signale une source qu’on ne verra pas. Plus on descend, plus la campagne est cultivée en oliveraies et en champs de blé.

Kavados lauriers roses

Enfin, on approche de la mer. On voit une digue. Il y a un port dans la baie de Kavados mais la route n’y arrive pas. Le goudron à nouveau fait place à une piste de terre qui se sépare. A la fourchette deux flèches : vers la gauche une enseigne naïve d’une taverne traditionnelle, vers la droite un écriteau plus moderne avec deux numéros de téléphone (un pour le grec, un autre pour l’anglais), café-restaurant et même des studios.

Nous nous engageons à gauche et arrivons au port fermé par une grille. Il y a des quais, des bornes, plusieurs bateaux à quai. Pas de taverne sur le port. Pas de capitainerie non plus. La taverne est perchée en haut d’un escalier de bois. La piste est carrossable. Accolé à une caravane, un auvent de cannisses, et dessous une demi-douzaine de tables carrées en bois et des chaises paillées. Quatre vieux messieurs, moustachus, bedonnants sont rassemblés pour bavarder. En même temps que nous arrive une femme à la robe et la chevelure noire portant des provisions dans des sacs : c’est la patronne ; Bien sûr qu’on peut manger, mais pas maintenant. Il faut d’abord ouvrir la cuisine (caravane) et allumer le barbecue.

Nous descendons à la plage, pas très convaincues. Peut être le restaurant sur la colline en face avec sa grande terrasse bleue serait mieux ? Nous reprenons la voiture jusqu’à la fourche, traversons une vraie forêt de lauriers roses. Au milieu coule un ruisseau. Passons à côté d’une belle plage de sable gris presque déserte. Un couple profite de l’occasion pour une baignade naturiste. La piste qui remonte vers le restaurant n’est pas carrossable pour la Panda, il aurait fallu un SUV !

Kavados, petit port et plage

Nous redescendons à la plage pour une merveilleuse baignade. Je nage en regardant les collines en pente douce cultivées de blé. En nageant, je compte les fermes dispersées. Il y en a bien une dizaine. La pointe sud de Naxos est loin d’être déserte, elle est seulement mal reliée par la route. En revanche, par bateau, c’est un paradis préservé ! 3 yachts sont dans le port, deux beaux deux-mâts et un gros à moteur. Calme. J’imagine que du temps d’Ulysse, le décor n’a pas changé. J’imagine le navire, ou le radeau échouer sur cette plage.

Nous remontons à la « taverne typique » vers 13h30. Un couple nordique est attablé. Ils semblent être des habitués et parlent grec avec la patronne. Pas de voiture, ils ont peut-être un bateau. On vient d’allumer le barbecue : des ceps de vignes sont entassés à côté d’une table de pierre.

Bien qu’on soit à la mer, pas de poisson au menu. La dame proteste. Elle est agricultrice. Tous ses produits viennent de sa ferme. Elle élève des moutons et des chèvres. Menu viande uniquement. On peut aussi commander des légumes. « Voulez-vous des frites ? « – « Non ! », la dame est vexée « vous n’aimez pas les patato naxou ? ». Les pommes de terre de Naxos ont été distinguées et possèdent une appellation contrôlée ; Tous les naxiens en sont très fiers. Dominique commande des beignets de courgettes et d’aubergines, et moi des petites côtelettes avec les frites de patato naxou.

Pendant que la dame cuisine, Dominique trouve un prétexte pour lier connaissance avec les bergers qui ont des bâtons longs comme des houlettes. Elle emprunte mon canif qui ne coupe plus bien et demande aux messieurs s’ils ont de quoi l’affûter. Bien sûr ! ils n’ont pas besoin d’un fusil ou d’une pierre, un autre couteau suffit. Occasion de les filmer, ils sont très photogéniques.

les bergers de Kavados

L’assiette des côtelettes est remplie d’un haut tas. Quand je le découvre, je proteste qu’il y en a trop. Mais dès que j’ai commencé deux ou trois manchons je réclame le reste ; je n’ai jamais mangé des côtelettes pareilles ; pas grasses, gouteuses. La viande sent le thym que les bêtes paissent dans la montagne. Les courgettes et les aubergines sont aussi délicieuses avec une pâte très fine, craquante.

Retour par la même route, sauf qu’à Halki nous avons raté la route de Sagri et avons fait un long détour presque jusqu’à Hora.

A Mikri Vigla, une surprise nous attend : les ailes des Kite-surf  volent. Il y en a de toutes les couleurs. Les surfeurs glissent et s’envolent. C’est très joli mais cela inaugure la saison touristique. Avec eux est arrivé un énorme camion noir et un pick up qui nous bouchent la vue. Dans le camion, des planches de surf. Le propriétaire est chez lui, c’est un ami des propriétaires. Il revient tous les ans. Il est chez lui, et nous ne sommes plus chez nous.

 

Naxos – Sagri

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Sagri : Aghios Nikolaos

Suivant les conseils du Petit Futé qui lui consacre deux grandes pages, nous choisissons Sagri (ou Sangri) . Ce nom serait dérivé du français « Sainte-Croix », nom de l’ancien monastère.

sur la route vers Sagri : chapelle moderne mais charmante

Panne d’Internet, pas d’accès à Google Maps, la carte du loueur de voiture est confuse. Nous quittons Mikri Vigla par le sud et trouvons en face de Kastraki une route de terre qui rejoint la route asphaltée qui remonte vers Sagri. Sur la piste nous nous arrêtons devant une église blanche au toit de tuile à l’abside compliquée, je prends en photo des buissons roses (est-ce possible que des liserons prennent la forme de buissons et aient des épines ?) et des fleurs jaunes aux pétales froissés comme ceux des coquelicots.

Qui peut déterminer ce buisson rose : fleurs ressemblant au liseron

Après avoir rejoint la route nous remarquons encore une chapelle au plan octogonal surmonté d’une coupole. La grande piste qui débouche en face nous y conduira peut-être ? Non, elle mène à une carrière, entrée interdite. Plus loin une piste agricole monte mais s’arrête devant des ruches…odeur de bouses, il y a plein d’étables. Une troisième chapelle se trouve au milieu d’un champ de blé, à l’arrière se trouvent des rochers ronds d’un chaos granitique.

Sagri : Aghios Nikolaos

Arrivées à Sagri, nous avons le choix entre Ano (haut) Sagri et Kato( bas)Sagri. Lequel choisir ? Le premier venu a une tour en ruine et une église. Est-ce la tour Barozzi ou la tour Bazeos citées dans le petit futé ? il semble que non. Je fais un petit tour à pied dans le village tout à fait authentique, peut être moins blanc que les villages cycladiques d’Amorgos, sans kafénéios pittoresques ; les gens reviennent chez eux avec des sacs de courses mais les magasins sont invisibles. Un sculpteur a réalisé des plaques ciselées (comme à Tinos ou à paros) oiseaux ou fleurs pour la fontaine ou pour la rue. Dans une ruelle poussent toutes sortes de plantes dans des pots de conserves : pépiniériste ou amateur. Je cherche les maisons vénitiennes et les tours. Peut être sont elles dans l’autre hameau ?

Malgré la dénomination Ano et Kato, je ne sais pas bien où est le haut et le Bas., on a installé un café pour touristes près de deux moulins sans ailes (avec un toit pointu en bon état) avec des pelouses d’un vert choquant qui me fait renoncer à la photo.

Juste en face, une flèche en bois pyrogravée :

Sentier N°7 Aghios Nikolaos (10 mn) Temple de Demeter (30 mn). Un bon chemin descend entre des murettes entre les oliviers. Des figuiers de Barbarie remplacent parfois les murs, ils fleurissent jaune en ce moment. Aghios Nikolaos est une jolie église byzantine (10ème s) brune aux tuiles brunies. J’ai de la chance : elle est ouverte. Deux femmes et un homme restaurent les fresques. Ils bouchent les fissures à l’enduit et peignent par petites touches les fresques à peine visibles. Si l’une des restauratrices n’avais pas eu un petit roquet bruyant je leur aurais peut-être posé des questions mais les aboiements aigus interdisent toute conversation.

Le sentier est étroit et pas du tout balisé. Je ne suis rassurée qu’au croisement suivant quand je retrouve les traces rouge et blanches, parfois seulement un point rouge. Il descend dans les oliviers, passe par le lit d’un ruisseau à sec, remonte et débouche au niveau du Musée, gratuit, moderne et très bien fait. Les marbres anciens et les colonnes, le fronton (puzzle) sont protégés ici tandis que sur le site, du marbre de Naxos neuf se trouve exposé aux intempéries. Le temple au sommet de la colline est tout blanc, tout brillant.

Temple de Demeter sur le site de Giroulas

Temple de Demeter

Trois époques, trois constructions coexistent sur un même site et compliquent ainsi la tâche des archéologues : un temple archaïque, une basilique et une église.

Dans les temps anciens, au 8ème siècle av JC le culte était pratiqué en plein air sur un plateau au sommet de la colline arrasée. Des puits pour les offrandes ont été retrouvés : des jus de plante étaient consacrés aux divinités de la fertilité. L’orientation Est-ouest symboliserait  le commencement de la vie et de renouveau de la nature . Dans les anciens temps la vallée était peuplée d’agriculteurs qui vivaient en unités dispersées. Au 8ème siècle les divinités de la terre, Koré et Demeter devaient assurer la fertilité de la région.

Le culte d’Apollon traduit l’intention des paysans de s’unir à la divinité ancienne de Délos pour leur  intégration à la  cité-état de Naxos

En 530 av JC sous la tyrannie de Lygdamis. La région de Giroulas était particulièrement prospère et  le temple fut érigé de marbre sous l’ordre ionique très simple recouvert d’un toit de tuiles de marbre.

La première église fut démolie sous Justinien pour construire une basilique plus spacieuse à 3 nefs. On utilisa le matériel antique.

La recherche d’une taverne à la mer nous a pris un long moment. Curieusement elles sont rares et loin de la plage. L’usage doit être de manger à l’intérieur des grandes salles situées sur une estrade. A Kastraki, la taverne Glyfada a perché ses tables en haut d’une volée de marches. Le menu affiché me conviendrait mais nous lui préférons Blue lagoon, plus simple : des tables en plastique et des sièges de salons de plage. Aucun signe de grec, le menu est affiché en anglais. Je choisis des okras (en anglais) je les appelle comme les Grecs bamias ou cornes grecques en français. Dominique a pris des saucisses villageoises accompagnées de poivrons de riz et de sauce tomate. Aucune prétention à la gastronomie mais une cuisine familiale sympathique.

Retour à Mikri Vigla pour les baignades toujours aussi agréables et longues.

Le soir, je découvre les rochers tarabiscotés du chaos granitique très pittoresques au coucher du soleil.

Nous cuisinons les courgettes offertes par notre hôtess, 6 petites courgettes avec la fleur encore accrochéen 2 oignons blancs et des olives maison. Dîner offert et délicieux.

 

 

De Dougga à Zaghouan en passant par Testour

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Jebel Zaghouan

14 heures, nous reprenons la route par Teboursouk et la route P5 de Tunis et Testour . Notre hôte du Dar Alyssa nous a fortement recommandé de visiter Testour, ville andalouse. Il nous avait mis un accompagnement musical de musique arabo-andalouse de musiciens de Testour. Le Guide Gallimard en fait également une description alléchante. Il nous reste encore 100km de route pour arriver à l’étape. On n’aura pas le temps de sortir de voiture et évidemment on ne verra rien !En revanche on remarque un changement dans la campagne aux alentours de Testour : les vergers ont remplacé les champs de blé. Oliveraies et aussi vergers d’arbres défeuillés : pêches ou pommes ou abricots ? et beaucoup de grenadiers.

Grenades, olives et mandarines autour de Testour

Sur le bord de la route, les étals sont artistiquement présentés : les grosses boules brillantes des grenades brillent, dans des caissettes, les olives ont diverses teintes : vertes, violettes ou noires, surtout des noires. On peut aussi acheter de l’huile en bouteille ou en bidon. Avec les mandarines, cela fait un bel étalage.

On pourrait couper par de petites routes vers le sud pour raccourcir le chemin au lieu de remonter presque jusqu’à Tunis. La carte est imprécise. Le GPS est récalcitrant. Nous interrogeons les passants et surtout les policiers qui nous conseillent tous de continuer la P5 en direction de Tunis jusqu’à Mejez-el-Bab puis la direction de Goubellat et El Fahs dans une campagne très plate. Nous passons près d’un lac presque à sec. Le Jebel Zaghouan domine la plaine. Nous nous approchons et cherchons le meilleur angle pour le photographier : ce sera à travers les branches d’un amandier.

Dar Zaghouane

piments bio

Plutôt hôtel que chambres d’hôtes, Dar Zaghouane est une assez grosse structure qui se présente comme une ferme bio où les enfants peuvent faire de l’équitation, les grands du quad ou des randonnées, il y a également un hammam (les eaux thermales du Zaghouan sont réputées. Des petites boutiques vendent des produits bio : huilerie, poterie. Restaurant bio (à prix élevés pour la Tunisie). On nous attribue la suite mandarine dans une maisonnette en bois qui a une belle terrasse dans les arbres. Tout le confort et une déco réussie. Nous avons l’impression de dormir dans le verger, nous pouvons observer les oiseaux.

Le chênes de Kroumirie et les villas souterraines de Bulla Regia

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

les chênes-liège de Kroumirie

La route de Ain Draham et passe devant l’usine de la Société du Liège à la sortie de Tabarka. Elle monte dans les collines de la Kroumirie plantées d’essences variées : eucalyptus très hauts, lauriers roses, mimosas, chênes, résineux avec, au sol une broussaille de pistachiers et bruyère arbustive. Dans un creux, un lac de barrage a noyé un village. L’oued passé sur un pont métallique est bien en eau. Les chênes liège poussent sur les hauteurs, certains sont vraiment magnifiques ;

la petite route de Beni Mtir dans la chesnaie

Après Ain Draham, bourgade en pente, nous quittons la route principale pour la petite route de Beni Mtir qui serpente dans une très belle chênaie. Dominique a lu dans Gallimard (p223) que « sous un chêne millénaire de la ville de Fernana, les chefs kroumirs se réunissaient pour décider s’ils paieraient l’impôt au bey. Si les feuilles frémissaient la réponse était négative…. » séduites par l’anecdotes, nous cherchons le « chêne millénaire » qui figurera sur l’album-photo. Ce casting nous ravit !

Beni Mtir

Béni Mtir est un charmant village avec des restaurants et cafés avenants et surtout une église avec un clocher pointu et des maisons aux toits de tuile à double pente, on se croirait en France ! Il y a quand même une grande mosquée pour faire bonne mesure ! La route de Fernana rejoint la route principale et passe par un par un paysage raviné et plus pelé. L’oued Ghezala passe à Fernana. C’est la pause du thé dans le ramassage des pommes de terre.

Bulla Regia

Bulla Regia : via Augustina

Le site de Bulla Regia se trouve à quelque distance de la grande route.

A l’entrée du site une femme me propose une visite guidée pour moi seule. Elle me prévient la visite durera au moins une heure (elle en a duré deux). J’accepte avec joie.

Le site immense (80 ha) se trouve sous la montagne ocre où se trouvaient les carrières de la pierre à bâtir de la ville antique (Jebel Rebia 649m).  Seule ¼ de sa surface a été fouillé. En 1853, seule la haute fenêtre et le sommet du théâtre, étaient visibles.

L’occupation de la cité est ancienne : 129 dolmens sont datés d’un millénaire av. JC

Bulla Regia : thermes de Julia Memma

Cité royale numide : la population d’origine libyque fut sous influence punique : les Carthaginois utilisaient le bois des forêts proches pour la construction navale, le blé et l’orge.  En 156 av JC Bulla Regia fut une des capitales du royaume de Massinissa (238-148 av. JC). Les Numides étaient des tribus nomades sédentarisées. Massinissa s’allia à Rome contre Carthage, plus tard les alliances avec Rome furent fluctuantes (guerre avec Jugurtha). En 46 av.JC Juba 1er s’allia à Pompée contre César et ce fut la fin du royaume numide.

Bulla Regia était donc une ville neutre, oppidum liberum. Par choix, insiste la guide, les Numides se sont romanisés et la ville a été remodelée avec une architecture romaine. Ville libre sous César, municipe sous les Flaviens (56-96 après JC)  colonie romaine sous Hadrien (117-118). Les numides sont devenus sénateurs, consuls, procurateurs. Au sénat de Rome ils étaient très nombreux. Le Romains exportaient le blé, l’huile, le bois et le marbre de Chemtou. Bulla Regia était aussi une source de bêtes sauvages pour les jeux des arènes, jusqu’au 20ème siècle on a vu des lions et des panthères en Tunisie. L’apogée de la ville fut sous Septime Sévère (146-211) empereur africain né à Leptis magna. Le passage des Vandales n’a pas trop endommagé la ville qui fut florissante à l’époque byzantine ; Les Arabes s’installèrent à l’intérieur des thermes et du théâtre mais à la période arabe, la population se « décala » vers des villes nouvelles ; Les Ottomans favorisèrent Le Kef.

Mosaïque basilique chrétienne

Après l’exposé historique, la promenade dans la ville commence sur l’artère principale : La Route Impériale allant de Carthage à Hippone appelée aussi Via Augustina ou « sur les pas de Saint Augustin » itinéraire de randonnée. C’est à Bulla Regia que Saint Augustin – évêque d’Hippone prononça le fameux sermon reprochant aux habitants de Bulla Regia de fréquenter les thermes.

Les Thermes de Julia Memmia (220-240 ap. JC) s’ouvrent justement à proximité.  On entre par des vestiaires très hauts, puis dans le frigidarium qui servait aussi de lieu de réunion des associations, il reste des placages de marbre de Carrare et des mosaïques au sol. La guide me montre les symboles des pourvoyeurs de bêtes pour les jeux.

voûte avec des tubes de céramique

Les voûtes de Bulla Regia font appel à une technique originale : des tubes de céramique emboités font coffrage perdu et procurent une bonne isolation.

Les villas souterraines

Villa souterraine

L’originalité de Bulla Regia réside dans les villas souterraines romaines cette construction originale correspond au climat très contraste de La ville située dans une cuvette abritée par le Jebel très  : froid l’hiver avec le Mistral, la neige peut tomber, tandis que l’été est caniculaire surtout quand souffle le sirocco la température peut attendre 50°. Les riches romains ont investi dans des maisons doubles. La vie se déroulait en hiver à l’étage avec une salle à manger d’été, l’impluvium, les latrines et la cuisine tandis que sur le même plan, en hypogée on trouvait la salle à manger d’été souterraine fraîche pour l’été, les pièces se répartissent autour d’un patio ouvert.  Les trois mois de grosses chaleur la famille descendait dans l’appartement du bas et menait une vie luxueuse tandis que les serviteurs restaient à l’étage.

On peut visiter plusieurs de ces villas : la Villa du Trésor : une cruche avec 70 pièces d’or byzantines.

Villa de la  Chasse

La Villa de la Chasse (nommée d’après une mosaïque) est une villa luxueuse (2000m2) double puisqu’il y avait deux familles, le long de la rue où se trouvaient les égouts, se trouvent les latrines, puis une baignoire et enfin une piscine polygonale avec une fontaine en forme de coquille recouverte de mosaïque.

La maison d’Amphitrite a conservé de belles mosaïques. Pour la voir, il faut faire une petite escalade – le goût de l’aventure !

Mosaïque villa d’amphitrite

Les monuments de la ville

Autour du Forum on trouve le Temple d’Apollon, le Tribunal et le Capitole. Dans le marché, on voit 6 boutiques, deux bassins et une abside pour la statue de Mercure. A l’entrée du théâtre se trouvait une statue de l’empereur à tête amovible. lI se déroulait des spectacles mais aussi des conférences de philosophes. C’est là que Saint Augustin fit son discours en 398.

En passant la guide m’a montré une inscription en grec « En toi-même, mets tes espoirs »

Nous terminons la visite par le Jardin public entouré de bassins qui étaient des aquariums avec des poissons. La terre grise était celle des plates-bandes. Près de la route s’élève encore le Temple de Septime Sévère.

La guide montre le livre Bulla Regia de Moheddine Chaouadi, très bien illustré.

Je remercie la guide pour cette visite passionnante et prends ses coordonnées : AYADI Amel  téléphone mobile 96 014 141.

Nous achetons à Jendouba un pique-nique sommaire : bananes oranges et dattes ainsi que des yaourts.

La route passe par des champs cultivés de céréales, l’horizon est barré par des crêtes, montagnes à la frontière de l’Algérie toute proche.

Retour à Ghar el Melh – le port des Corsaires

CARNET TUNISIEN DU NORD AU SUD

Ghar el Melh : le vieux port

Hier, en rédigeant mon compte rendu, j’ai trouvé dans nos guides des histoires de piraterie attachées à Ghar Meleh. Nous décidons d’y retourner.  On arrive vite, à 15heures il n’y a personne dans les rues des villages. Nous dépassons le premier fort vu hier et entrons dans le village (ex Porto Farina cité par Flaubert, qui y rencontre des capucins). Un deuxième fort de pierre triangulaire ressemblant au premier mais encore plus grand – le fort médian, précise un panneau. La route passe sous des arcades de pierre, sous d’autres arcades se tient un marché alimentaire. Enfin nous arrivons au vieux port disposé autour d’un bassin circulaire. De belles arcades sont situées à l’arrière tandis que séparant le port de la lagune, une digue est bordée par un mur percé de trous réguliers ‘pour les canons ?). Un chenal fait communique le port avec le lac. Des barques colorées sont à quai. Des pêcheurs jouent aux boules, d’autres sortent les filets des bateaux (pas un bateau en plastique pour déparer). Il faut de l’imagination pour faire revivre les bateaux de pirates dans ce joli petit port rond. Peut être, sous les arcades entreposait-on le butin de la course ? Où logeaient les esclaves razziés ? Où était le marché aux esclaves. Je pense aux habitants de Gozo(1551) emportés par Dragut, ceux de Vieste (1554) . Il est étonnant que le port soit aussi petit par rapport aux dimensions des trois forts.

Ghar el Melh vieux port

Aujourd’hui, dimanche il y a du monde attablé aux restaurants et cafés, tables et chaises bleues, parasols de paille. Il y a même plusieurs tablées de femmes. Sur le lac, on fait de l’aviron.

Quand je pense que nous étions venues hier et que nous nous étions arrêtées au 1er fort ! Cela doit arriver souvent de visiter tellement superficiellement un lieu qu’on croit le connaître sans l’avoir vu !

Bous arrivons au nouveau port de pêche ; Le vieux port historique est celui des barques de bois. Dans le nouveau port les bateaux de pêche moderne sont de bonne taille, il y a une criée. Nos sardines d’hier sont passées par là !

salicornes rouges et roseaux

Sur le bord de l’eau les salicornes sont rouges ? j’avais vu les mêmes sur le Delta de l’Ebros en Thrace. C’est une floraison hivernale. Les cabanes en roseaux se détachent à contre-jour avec les rangées de canisses qui délimitent et abritent du vent des minuscules jardins en étroites bandes. Les sol est très sableux et je remarque de gros tas de fumier.

Le soleil descend vite. Nous recommençons les photos de coucher de soleil. Retour avec le soleil dans les yeux tout au long de la route, bien éblouies.

filets et roseaux

Leila est repartie à Sidi Bou Saïd. Nous dinons seules d’un carpaccio de saumon où des lamelles de fond d’artichaut alternent avec les couches de saumon accompagné de verrines fromage blanc et mousse de potiron. De fins filaments de piments rouges relèvent la sauce et la coriandre parfume le carpaccio. Après cette entrée froide, la soupe de citrouille au parmesan nous réchauffe bien. Palt de viande grillée délicieuse et fondante. Dans un verre tulipe, la mousse à l’orange légère et parfumée est décorée de petites perles d’argent.