tour de Vatnsnes – Hvammstangi

CARNET ISLANDAIS

Vatsansnes

Après une série de jours pluvieux nous de croyions plus au retour du soleil. Ce matin, il fait froid (6°), il a neigé sur les crêtes et le soleil brille ?

La piste 711 fait le tour de la péninsule de Vatnsnes. Rouler sur piste nous inquiète un peu, mais l’excursion est conseillée dans le Roadbook. C’est une piste carrossable. Il ne faudrait pas qu’on crève avec l’une qui ne peut pas se baisser et l’autre d’une seule main, changer une roue c’st mission impossible. La piste 711 traverse une campagne herbue au relief plutôt mou où se prélasse en nombreux méandres une petite rivière qui se jette dans le fjord par une lagune bordée par un cordon de sable noir. Comme nous prenons notre temps pour prendre des photos nous sommes rattrapées par les touristes qui se pressent à Hvitserkur célèbre arche qui sort de l’eau. On peut la photographier du belvédère ou faire un selfie sur la plage avec le rocher derrière soi ; le sentier est bien raide et bien glissant, je ne peux pas me permettre une seconde chute, je renonce à la plage.

Hvitserkur

La piste est bien roulante, étroite mais avec des passing places pour se croiser signalés par la lettre M. Ces petits parkings sont parfaits pour les arrêts-photos. Le tour de la péninsule fait 70 km, nous y consacrons une demi-journée.

Sans village indiqués par la carte, j’imaginais la péninsule déserte. Les cabines de vacances, les fermes se succèdent, dispersées certes, mais nous n’avons pas l’impression de désolation que nous avons ressentie dans la lande roussâtre hier. Un petit village avec une église au clocher pointu se niche dans un creux.

Illugastadir : observation des phoques

phoques

Deux sites sont aménagés pour l’observation des phoques : parking, toilettes impeccables mais payantes, un sentier gravillonné minant à la plage et des panneaux. On y raconte un fait divers sanglant, au début du 19ème siècle, un poète, coureur de jupons fut tué dans son lit avec sa maîtresse à l’instigation de sa femme. Un autre écriteau nous incite à rester sur le sentier pour ne pas déranger les oiseaux. C’est un site de nidification des eiders. J’ignorais que ces canards sauvages puissent être familiers des humains qui rassurent les canes en éloignant les prédateurs et leur fournissent même du foin pour rendre le nid encore plus confortable. En échange, les Islandais récoltent les plumes abandonnées dans les nids que les canetons ont quittés. Le duvet est un si bon isolant que la cane peut quitter la couvée les œufs restent chaudes jusqu’à son retour. Aujourd’hui les eiders sont absents ;

Au bout du parcours, la colonie de phoques est bien là, une quarantaine d’individus protégés par un bras d’eau. On a aménagé une cabine d’observation vitrée et fermée et on décrit les caractéristiques des deux espèces présentes : phoque gris et harbour seal (phoque des ports ??), le panneau explique aussi la reproduction de ces animaux. Il est amusant de remarquer que la femelle phoque est appelée « cow » et le mâle « bull ». Les phoques sont paisibles. Ils sont un peu loin pour la photo.

Rassemblement des troupeaux

Un curieux parc à moutons ressemble à une grande roue, avec en son milieu un cercle et des sortes de rayons qui délimitent des secteurs. Les bergers à pied avec leurs chiens ou sur des quads font entrer les moutons dans le petit cercle. Ils examinent les numéros sur des plastiques agrafés à l’oreille et trient les animaux en reconstituant les troupeaux de chaque propriétaire qui les enfermera l’hiver dans les bergeries respectives. Voilà pourquoi nous n’avons jamais vu de troupeau : les moutons, en l’absence de prédateur paissent librement dans la lande l’été et se dispersent.

Hvammstangi

Nous arrivons à l’heure du déjeuner à Hvammstangi. Un seul restaurant est ouvert aujourd’hui au- dessus du Musée des Phoques : belle terrasse au-dessus de l’eau, salle très claire vitrée, décoration sobre mis élégante, des brindilles de saule dans des bouteilles, des bougies sur des galets, des lampes en pierre de lave, le chic scandinave ! Les soupes de poisson sont surprenantes : la serveuse arrive avec une grande assiette contenant des crevettes, un palet rond, des petits morceaux de poisson ; comme par magie, elle nappe le tout dans une bisque épicée qu’elle verse d’une grande saucière et qui est relevée avec de l’oignon vert, des graines de pavot et de l’huile d’olive. Le poisson est excellent « cod » dit la serveuse. Du pain brun est présenté dans un seau, le beurre fondant est disposé sur des galets. Repas gastronomique très réussi. Depuis le temps qu’on attendait !

Centre des phoques

Le petit musée expose des phoques empaillés, une barque utilisée autrefois pour la chasse aux phoques et une belle expositions de photos sur le thème des »humeurs du phoque ». Il y a également beaucoup de lecture. Les panneaux bilingues que je lis consciencieusement décrivent les différentes espèces de phoques et la pêche traditionnelle. Les Islandais mangeaient ou salaient la chair, utilisaient la graisse pour l’éclairage, les peaux pour la tannerie et les chaussures. Cette activité est en déclin.

Le centre n’est pas uniquement un musée pour distraire les touristes, c’est également un centre de recherches qui expose les résultats :

la part du saumon dans le régime alimentaire des phoques. Les pêcheurs voient d’un mauvais œil ce concurrent. Ils pourraient consulter les études : la part du saumon est minime par rapport à celle des harengs, poissons plats et autres espèces ;

Autre sujet étudié : le comportement des touristes vis-à-vis de la colonie des phoques ou comment faire une pédagogie bien ciblée.

Un beau film termine la visite .

Sur la place une « Galerie » vend des objets d’artisanat, des sculptures, du tricot ; au grenier on peut visiter un bric-à-brac au nom de « musée » qui rassemble des objets de la vie quotidienne un peu oublié comme machine à écrire et à calculer et même un vieux moniteur d’ordinateur.

Nous allons acheter un bandeau au magasin d’usine de tricotage qui propose divers pullovers, vestes ou bonnets…à des prix légèrement inférieurs à ceux des boutiques. Les pulls faits main sont inabordables autour de 23 000 ISK (170€) j’emporte comme souvenir un bandeau en jacquart blanc-gris, souvenir utile quand le vent rugit dans les petits saules.

Stora- Ageirsa

Nous ne voulons pas quitter Stora Ageirsa sans une visite à ses deux cascades. La plus grande, Kolugjufur est un peu plus loin. La légende raconte qu’une femme-troll aurait creusé l’étroit canyon dans lequel la rivière s’écoule.

L’autre cascade beaucoup moins imposante est en face du Hot tub dont j’enrage de ne pouvoir profiter avec mon bras cassé. Deux bancs sont immergé en face.

 

 

 

 

l

 

 

 

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « tour de Vatnsnes – Hvammstangi »

  1. Une plage de sable noir, je n’arrive pas à me représenter ce que ça donne. J’aurais eu du mal à résister devant un vrai pull Islandais.

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