Dernier jour à Malte,

CARNET MALTAIS

Le trésor secret de Malte est l’Hypogée de Hal Saflieni. Il faut réserver la visite longtemps à l’avance sur Internet et le prix est de 30€. Le site Internet ne semble pas actif, nous décidons de tenter la chance. Peut être un désistement de dernière minute ? Après tout, les vacances sont finies ! Nous règlons le GPS sur Paola, selon mes renseignements, le site serait à 5 minutes de l’église. Sur place aucun fléchage, les rues sont à sens unique, un vrai labyrinthe. Un monsieur très gentil propose : « suivez- moi ! » en guise de clignotant il sort son bras tantôt à droite, tantôt à gauche. Sur le comptoir de la billetterie cette indication « booked until 11.17 » ?

Les temples Tarxiens ne sont pas bien loin, sur la grand route j’ai remarqué un écriteau. Après, plus rien. Une dame très aimable encombrée d’un sac et d’un caddie bien rempli propose de nous guider ; Il faut faire de la place pour ses ballots « charity ! ». » A droite !», tape sur l’épaule de Dominique, « à gauche ! », nouvelle tape..petites rues, balcons maltais, camions de légumes. Le même que nous avons vu tout à l’heure et nous revoilà devant l’hypogée ! Nous ne trouverons jamais les Temples Tarxiens !

L’office de tourisme de Marsaxlokk m’a offert un plan détaillé avec des balades aux environs de Marsaxlokk et de Marsaskala. L’une d’elle passe par Tas-Slig où je devais aller dimanche et va au phare de Delimara . Sur la Pointe de Délimara se trouve une centrale électrique et de la route on domine le Port Franc. Un gros pétrolier est juste en dessous de nous, on voit les tuyaux brillants qui arrivent à la raffinerie  la très haute cheminée rouge et blanche domine le cap. Il s’agit de l’oublier sur la petite route pleine de nids de poule qui s’arrête devant le phare et une station de radars.

La vue sur Marsaxlokk est  impressionnante. Ce que nous avions pris pour un simple village de pêcheurs est une ville très étendue sur une baie beaucoup plus grande que nous ne l’avions imaginée. Je comprends que les flottes soviétique et britannique aient pu s’y rencontrer. De l’autre côté du cap, vers la mer ouverte, de petites criques rocheuses très sauvages invitent à la baignade.

La plus connue est celle de Saint Peter’s Pool  qui est signalée par des écriteaux mais il y en a une autre au bout de la route goudronnée équipée d’un escalier de ciment et d’une échelle dans l’eau. La plage elle-même est une dalle d’un calcaire gris creusée de trous circulaires (saline ou érosion naturelle ?) dans les trous remplis d’eau un crabe, de minuscules poissons…L’eau est merveilleusement transparente. L’anse très étroite est protégée du vent. Y plonger serait un rêve. Une de mes règles de prudence est de ne pas nager seule si je n’ai pas vu quelqu’un d’autre le faire. Je ne nage pas assez bien pour déjouer un courant fort ou un piège quelconque. Je remonte à regrets. Comme il n’y a personne sur le parking je suis à l’aise pour me mettre en maillot pour St Peter’s Pool. Même configuration que la petite plage sauf qu’il y a deux parkings avec du monde, et beaucoup de gens qui plongent et s’amusent. Prudemment je me dirige vers l’échelle et me dégonfle, elle est très haute plus de 2 m au dessus de la surface de l’eau. Et si c’était glissant ? Une fois encore je renonce pas très fière d’être si peureuse.

Nous retournons au Kiosk Fajtata de la Baie de Saint Thomas. Là je nage en toute confiance à l’abri des flotteurs. Fish&chips.

Près de notre maison, à Qawra,  il y a des salines. Pour y parvenir je longe le bord de l’eau, découvre de nouvelles échelles pour se baigner, des petites plages de ciment insoupçonnées. Entre la route et la plage, deux étages de garages à bateaux et des cahutes de ciments avec des terrasses et des tonnelles, souvent des barbecues. Résidences permanentes ou rendez vous du week-end ? Un vieux monsieur et une dame prennent le frais, les jambes étendues sur un tabouret, la dame égrène son chapelet. Trois hommes s’affairent sur un bateau à moteur. Vie simple à mille lieux des hôtels à karaoké et piscine. A la fin des maisons le sentier se rétrécit et entre dans les roseaux. Un long serpent me dissuade d’aller plus loin. Sur le côté je découvre un chemin de planches qui mène à Kennedy grove qui est un jardin avec un bosquet de pins, des jeux d’enfants, des tables à pique-nique et une sorte de monument circulaire, genre tholos, au président assassiné. Un grillage sépare Kennedy Grove de la saline. Je dois remonter sur la route jsqu’à une passerelle métallique rouge qui enjambe un canal nauséabond où s’ébattent des canards.

Une promenade a été aménagée le long de la saline avec des panneaux explicatifs. Les bassins sont grands. Ceux de remplissages sont particulièrement vastes et communiquent avec la mer. Le sel cristallise sur des dalles de pierre, dans des bassins peu profonds de couleur crème ou rose. Je ne vois pas de sel mais hier il y avait des petits tas pointus caractéristiques. Une belle croix de pierre est érigée au milieu de la saline.

Le reste de la soirée est occupé aux préparatifs du retour, valises et ménage.

 

 

 

 

 

Carrières de Calcaire : Limestone Heritage et plage de Gnejna bay

CARNET MALTAIS

frony de taille de l’ancienne carrière

10h30, trop tôt pour aller à la plage.

IS-Siggiewi : Limestone Heritage

C’est une visite chère 9€ (pas de Multipass, pas de réduction senior) dans un cadre luxueux, restaurant ou salon de thé privatisable pour des évènements dans une ancienne carrière réhabilitée. La visite commence par une projection vidéo. On m’équipe à la sortie d’un casque audio-guide pour la visite extérieure (texte un peu redondant). Dans l’ancienne carrière on a reconstitué l’explication traditionnelle du calcaire à globigérine, le plus tendre qui se taille facilement en pavés réguliers.

Les carriers creusaient des rainures au pic puis inséraient des coins métalliques sous une plaque de tôle pour faire éclater la roche. Ensuite on découpait des pavés réguliers et on récupérait les  morceaux irréguliers pour les murettes et les abris de jardin. Rien n’était gaspillé. On chargeait une vingtaine de pavés sur de légères charrettes peintes en rouge. Dans les années 1950 la reconstruction après les destructions de la guerre et l’expansion démographique, la mécanisation est arrivée avec des machines diesel montées sur rails qui découpaient avec des scies rotatives des pavés réguliers de 26cm (ce qui est approximativement la longueur d’une main aux doigts écartés).

Les fines charrettes furent remplacées par des camions Dodge qu’on a peint en rouge comme les charrettes. Les chauffeurs les ont décorées, ils ont donné des noms à leurs véhicules, prénoms féminins, ou stars … L’ancienne carrière est plantée de hauts palmiers et d’un verger d’orangers ; un ruisseau descend en cascade le long du front de taille où subsistent les rainures de l’exploitation manuelle(l’exposition mécanique laisse un mur lisse). Ensuite une exposition montre les différents aspects de la vie traditionnelle maltaise : canaux d’irrigations taillés dans la pierre, Girna abri de jardin rond conqiue ou en forme de dôme, cuisine avec réchauds de pierre , niches ou cachettes dans la pierre des murs…C’est une jolie visite mais j’espérais en apprendre plus et voir une exploitation plus authentique.

Sur la côte Est de Malte, deux baies Gnejna bay ou Golden  Bay se trouvent à proximité de L-Imgar. Il faut retourner à Rabat . La plage de Gnejna Bay est bordée de sable orange. Il y a deux kiosques dans des containers avec quelques tables pour déjeuner. Les plagiste ont installé une caravane et louent des lits de plages et des parasols à rayures bleue et blanches, des parasols verts, canoës et Kayaks et même des bateaux à moteur pour le ski nautique ou la promenade. L’eau est moins limpide que sur les plages rocheuses, peut être à cause du sable ou des estivants pas très soigneux. La zone de baignade est bien délimitée. Je pars pour une « expédition lointaine »vers la crique rocheuse suivante et c’est magique : l’eau reflète la couleur dorée de la falaisesj’ai l’impression de nager dans des paillettes dorées ou dans la moire vertes aux reflets d’or. L’eau bouge plus qu’ihier. Cela m’amuse de chercher des différences entre les différentes baignades.

Sous un grand parasol, sur une table en plastique, nous déjeunons de calamars en anneaux frits et de fish&chips. Il faut faire le service soi-même. Simple et cool, rien à redire.

Vers 16h nous rentrons à Qawra pour visiter l’Aquarium (12.90€ mais gratuit avec  le Multipass) . Bel aquarium mais j’en ai vus de plus intéressants.

 

 

 

 

 

Rabat : Catacombes et Grotte de Saint Paul

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Rabat, est la jumelle, presque siamoise, de Mdina. Elles ne forment qu’une seule agglomération. Mdina est la ville close aux ruelles interdites à la circulation et aux palais baroques où j’ai croisé beaucoup plus de touristes que de Maltais. Rabat est une ville tranquille, commerçante avec des couvents, des collèges, des cafés, un peu hors du temps préservée du béton. Si le temps s’est arrêté à Mdina au 18ème siècle à Rabat ce serait plutôt en 1950 avec les petites boutiques, le poissonnier qui a arrêté son camion  la pâtisserie (la même dame qu’au marché de  Marsaxlokk dimanche qui m’a reconnue). A Rabat, Saint Paul s’est arrêté trois mois prisonnier des Romains après son naufrage en 60 de notre ère et a fondé la première communauté chrétienne de Malte. Il a vécu dans une grotte qui est l’épicentre du culte de saint Paul qui s’est développé au 17ème siècle. Un palais où logeaient les administrateurs – des chevaliers de l’Ordre de saint Jean – a été érigé au dessus de la grotte par Alof de Wignacourt (1601-1622).

On visite donc les Catacombes, celles du Musée Alof de wignacourt sont payantes tandis que celles de Sainte Agathe entrent dans le Multipass Heritage ; j’ai choisi celles du Musée Wignacourt à cause du joli dépliant et aussi parce trois visites sont proposées : la grotte de saint Paul, les catacombes des Premiers chrétiens et des abris anti-aériens de la 2ème Guerre Mondiale en plus de celle du Musée d’art Religieux dans le Palais Alof de Wignacourt.

Le musée est situé sur la place en face de l’église Saint Paul. Il y a une cathédrale saint Paul mais à Mdina. La place  triangulaire est très sympathique avec ses cafés où sont assis de vieux Maltais, on n’est pas gêné par les automobiles. A côté de l’église il y a une sorte d’enclos paroissial avec une allée de pierre et une statue géante de saint Paul est perchée sur une éminence. Les lauriers roses sont taillés comme de petits arbres avec un tronc. J’ai flâné sur la place en attendant l’ouverture du musée.

catacombes romaines

La visite se fait avec l’audio-guide qu’il faut impérativement prendre parce qu’il n’y a aucune indication dans les catacombes ou dans la grotte. Je me suis un peu perdue dans le dédale des souterrains. Cette impression de labyrinthe donne du piment à la visite qui est un peu monotone. Au cours de la 2ème guerre mondiale, les habitants de Rabat creusèrent avec des pics des loges comme abri anti-aérien, généralement de petite dimension, 3mx2m ou 1.5m. Certaines ont été aménagées confortablement avec une porte, du carrelage et parfois l’électricité. J’ai déambulé dans les deux couloirs où s’ouvrent ces cellules. Puis par des marches qui montent et qui descendent (j’ai perdu la notion de l’orientation et même du niveau) je suis arrivée aux catacombes romaines, nécropole ayant servi pendant plusieurs siècles. Les tombeaux diffèrent selon les moyens financiers des familles. Tantôt sont creusées de petites niches, tantôt de longs sarcophages. On visite aussi la salle des agapes où se réunissaient les familles. Une curieuse table ronde taillée dans la pierre est un peu étrange. .

La grotte de Saint Paul est une crypte transformée en chapelle baroque où rien ne rappelle les premiers chrétiens. Des papes sont venus s’y recueillir, certes…

Le musée est un palais austère et magnifique. Dans le vestibule à l’étage sont suspendus de nombreux tableaux sombres de chevaliers de Malte, pèlerins en Palestine, deux femmes aussi ce qui est assez rare pour être souligné ? On visite la chambre de l’Intendant qui dormait au pied de l’escalier menant au Trésor. Il était le seul à bénéficier d’une « suite » (baignoire et toilette) pour surveiller le magot sans quitter la chambre.

La Salle du chapitre ressemble à une salle à manger avec de lourds meubles maltais une urne pour els décisions à vote secret trône sur la table ; Les tableaux sont de qualité variable. Je reconnais immédiatement ceux de Mattia Preti et un intéressant peintre français Antoine de Favray (Saint Paul le Naufragé à La Valette). J’ai bien aimé les cartes et gravures anciennes

Don Salvatore – chapelain de Malte – MONSARRAT

LIRE POUR MALTE

Catacombes, abri anti-aérien à Rabat

Les lectures en relation avec Malte sont peu nombreuses. La Religion de Tim Willocks raconte le Grand Siège de 1565J’ai beaucoup aimé Malta Hanina de Daniel Rondeau. J’ai attendu un moment qu’arrive, par la Poste,  Don Salvatore, livre d’occasion que j’ai déniché un peu par hasard,  » achevé d’imprimé en 1974  » ce n’est pas une nouveauté. Je n’avais pas prévu qu’il serait un pavé de 425 grandes pages imprimées en petits caractères.

Don Salvatore est le curé des maltais réfugiés dans les catacombes de 1940 à 1942 sous les bombardements italiens puis allemands alors qu’un blocus affamait l’île de Malte. L’auteur , Nicholas Montsarrat , est un journaliste anglais, (1910- 1979) diplomate , romancier ayant écrit des livres sur la mer.

Je suis entrée avec peu d’enthousiasme dans ce livre de guerre, n’ayant que peu de goût pour les curés vertueux et exemplaires, les héros virils, aviateurs et marins, et un certain recul vis à vis des serviteurs de l’Empire britannique. Quoique, je suis fan de Durrell et  Fermor!

Et  je me suis laissée entraîner pour le plaisir de vivre Malte de l’intérieur. L’auteur nous conduit dans les ruelles de La Valette, au Palazzo Santo-Nobile où est né le héros, dans les 3 cités autour du Grand Port, à Sliema, dans la demeure bourgeoise de la famille de sa sœur et même à Gozo et Mdina. J’ai visité à Rabat des abris anti-aériens et j’ai eu plaisir à peupler de personnages ces catacombes.

L’histoire met en scène tous les acteurs de la société maltaise, aussi bien les aristocrates de la famille de Don Salvatore que le petit peuple, réfugié dans les catacombes ou pêcheurs, passeurs dans le port, conducteurs de qarrozzin, épiciers et contrebandiers actifs dans le marché noir, marins et aviateurs et même des traîtres, fidèles à l’Italie et à Mussolini comme le mari de la sœur du chapelain. Sous l’enfer des bombardement qui détruisent les maisons et les vaisseaux  du port, on assiste à des scènes tragiques,  souvent cocasses.

Don Salvatore, pour remonter le moral du peuple des  Catacombes, ne prêche pas l’Histoire Sainte, ne parle ni de l’enfer (ils le vivent suffisamment) ni même du paradis. Il raconte l’histoire de Malte:

« FAISONS à présent l’éloge des hommes illustres, commença-t-il dès qu’il eut fini ses brèves prières, et que fut venu le moment accoutumé à l’homélie… »

et en six « hexameron » Don Salvatore raconte les Phéniciens et Carthage, le passage de saint Paul à Malte, l’arrivée des Normands avec le comte Roger, le Grand Siège de 1565, Bonaparte et Nelson, comment Malte est devenue britannique …. occasion pour le lecteur d’apprendre l’histoire maltaise facile et distrayante. 

C’est donc une lecture que je recommanderais à chaque touriste en partance pour La Valette. Lecture édifiante? Peut être,  le chapelain a aussi ses doutes. Et puis Malte, c’est cela : fortifications et églises. Une histoire d’amour   allège les récits plombants des bombardements.

Belle baignade à Marsaskala

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Il fait un temps merveilleux, parfait pour une baignade.

Nous reprenons la route de Marsaxlokk et bifurquons à Iz-Zejtun vers Marsaskala , village construit autour d’une baie étroite où une belle promenade a été aménagée au bord de l’eau : bancs à l’ombre de tamaris. On pourrait déjeuner là mais Dominique pousse plus loin vers St Thomas Bay : baie arrondie, peu profonde près d’un village de pêcheurs (ou cabanes de week end ?) maisons beiges avec parfois des volets colorés, endroit tranquille loin de la circulation et des constructions. Une plage de sable fin borde la baie. Quelques baigneurs s’y trempent.

St Thomas Bay : loin du tourisme de masse

Nous apercevons un peu plus loin dans la direction de Marsaskala deux restaurants visibles  seulement de la mer que nous avions dépassés sans les voir de la route, repérable à leurs grands parasols carrés. Le premier, le plus grand a installé ses table sur une grande terrasse, le second est seulement une cabane orange juste à l’aplomb d’une plage où l’on voit du monde.  Invisible de la route j’ai trouvé en marchant à pied la petite route cimentée qui y descend : moins d’une dizaine de tables  au Fajtata Kiosk. La carte est assez complète  vu la taille de l’établissement. Je ne m’attendais pas à un vrai service de restaurant. Nous avons prix un Fish burger et un fish&chips mais nous aurions pu commander des poissons ou crustacés plus luxueux.

Sous un parasol, face à la mer, nous avons passé un temps merveilleux. La « plage » est formée de rochers plats très doux sous les pieds. Une échelle permet d’accéder à l’eau facilement. Attention ! par endroit les rochers affleurent. Comme j’ai oublié d’avoir oublié mon masque ! Dans l’herbier de posidonies croisent de nombreux poissons. De la surface j’en vois quelques uns mais ce serait tellement mieux en dessous ! Pour éviter de me racler aux rochers je nage le plus loin possible le long de la ligne des bouées. C’est sûrement la plus belle baignade des vacances !

La Valette (3) tour des remparts et Palais du Grand Maître

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le Grand Port : en face le Fort San Angelo de Birgu

Fin des vacances pour les écoliers maltais. Nous partons tôt pour trouver une place de parking à La Valette. Un peu avant Pembroke, le trafic est au pas jusqu’à San Giljan. Il se fluidifie après Tas-Sliema. Il me vient à l’idée que bureaux, commerces et écoles se trouvent là et non pas dans le Centre de la Valette. Tous ces immeubles ne seraient pas destinés au tourisme !

Nous allons au Port où accostent les navires de Croisière, il y en a deux ce matin. D’un côté les vieux entrepôts ou magasins d’un port de commerce, de l’autre une criée fermée mais encore carrelée. La rue grimpe jusqu’au fort Saint Elmo, où Dominique trouve une place à la limite de l’arrêt des karozzin.

karozzin en face de San Elmo

Au programme des visites : le tour des remparts, les jardins, le Palais du Grand Maître ;

Je descends le long du Bastion Saint Lazare et du long bâtiment de la Sacra Infermeria – l’infirmerie des Chevaliers Hospitaliers dont la porte est fermée aujourd’hui mais dont j’ai pu entre-apercevoir l’intérieur vendredi : une grande salle de 155m de long. En 1787, l’Hôpital disposait de 563 lits. La vocation première des Chevaliers Hospitalier fut de soigner les pèlerins à Jérusalem. Maintenant un centre de conférence méditerranéen l’occupe.

Les entrepôts et les murs de la ville

Je longe le front de mer jusqu’à la Victoria Gate  située un peu plus haut. Je monte des marches, passe une curieuse passerelle qui enjambe une rue étroite très profonde. Après encore des marches j’entre dans l’Upper Barraca Garden – jolie vue, massifs d’œillets d’Inde irrigués par de fins tuyaux, beaucoup de touristes, des toilettes. Nous surplombons le Saluting Battery d’où on tire le canon à midi. Une voix d’une provenance incertaine invite les touristes à s’inscrire pour une visite au Lascaris War Rooms visite des souterrains et croisière pour observer les fortifications. Les batteries d’artillerie, les canons et les souterrains ne me tentent guère. J’ai sûrement tort mais notre temps est compté et j’ai d’autres priorités ! Malte est un  point stratégique au centre de la Méditerranée. Les chevaliers de Malte étaient un ordre militaire. Les batailles contre les Turcs, le Grand Siège de 1565 est un moment fort de l’histoire. Plus tard les Britanniques utilisèrent Malte comme relais sur la Route des Indes, ils complétèrent et modernisèrent les fortifications. Enfin, au cours de la 2ème Guerre Mondiale  Malte servit de base à l’invasion par les alliés de la Sicile. La Valette a souffert des bombardements italiens et allemands. Malgré cela, la visite de canons d’avions militaires, de sabres ou d’arquebuses m’ennuie profondément ;

Place de Castille : l’Auberge de la Langue d’Espagne

Du jardin Upper Barraca, je débouche sur la Place de Castille, vaste esplanade devant l’Auberge de Castille et Leon , énorme palais baroque où se trouvent maintenant les bureaux du Premier Ministre. Le comte Cagliostro y aurait séjourné (voir Alexandre Dumas, Joseph Balsamo) . Plus bas, se trouvent les bâtiments du Parlement dessinés par Renzo Piano, à la surface hérissée de polygones. Bâtiment élégant, certes, mais plutôt neutre.

Sur la place se trouvent plusieurs statues : des hommes politiques maltais, et une grande commémoration du sommet de 2015 sur les migrations : un socle métallique porte un nœud de marbre blanc, nœud gordien ou nœud de solidarité ? a moins qu’il ne suggère la position de Malte à la croisée des voies de navigation.

Renzo Piano : Parlement de Malte

En contrebas, le théâtre à ciel ouvert avec sa colonnade n’a rien d’antique. Ce sont les restes de l’Opéra royal construit en 1860, détruits par les bombardements allemands en 1942.

Deux églises se font face : Notre Dame des Victoires, la plus ancienne de La Valette (1566) rénovée au goût baroque avec de belles fresques sur le plafond et en face Sainte Catherine d’Italie avec le fameux retable de Mattia Preti.

Je prends mon temps pour photographier le bronze de Jean Parisot de la Valette .

Baroquissime

Je rejoins le Palais du Grand Maître par Merchants street qui porte bien son nom avec de nombreuse boutiques, échoppes de fast-food mais aussi boutiques anciennes, bijouteries vendant des filigranes d’or et d’argent. Les boutiques de vêtements soldent les articles d’été.

Appartements d’Etat

Le Palais du Grand Maître est un énorme palais construit autour de deux patios plantés d’arbres et de massifs : la cour de Neptune et la cour Pinto. Je remarque un clocher avec quatre cadrans. D’un côté on visite les Appartements d’Etat de l’autre l’Armurerie. Dans les Appartements d’Etat cinq vastes pièces s’ouvrent sur deux halls peints à fresques avec des « gardes » en armures à chaque porte, et des blasons de marbres au plancher. Dans une des pièces se trouvent de merveilleuses tapisseries des Gobelins représentant des décors exotiques avec des éléphants dans une jungle poétique. Dans la chambre rouge, une fresque relate de l’Ordre à Rhodes de 1309 à 1522. On y voit force turbans. Dans la chambre jaune, histoire de l’Ordre en Terre sainte.

Croisades : siège de Damas 1220

 

La hauteur des plafonds est impressionnante, les dimensions des pièces aussi. Je regrette l’absence d’un audio-guide pour expliquer tous ces tableaux.

En revanche l’audio-guide est fourni à l’Armoury, musée des armes et armures dans les écuries du Grand Maître. Armures, casques épées ne me passionnent vraiment pas ;

Armes et armures

Il me reste encore d’autres musées et églises à visiter. Je préfère la promenade suggérée par le guide Evasion, qui me mène devant le Vieux théâtre (fermé pour restauration). J’entre dans l’église Our Lady Mount Carmel et St Paul’s anglican cathedral sans intérêt touristique majeur, elles sont sur ma route. Je poursuis devant l’Auberge d’Aragon près de l’eau sur une place tranquille avant de longer la mer pour rejoindre le Fort Saint Elme. Ce qui est remarquable dans la topographie de La Valette c’est que tantôt on descend, et la même rue remonte très dur. Les distances sont petites mais le dénivelé cumulé est rude. Je fais le tour du Fort San Elmo où se trouve le Musée de la Guerre (entrée avec le Multipass heritage) belle promenade en extérieur.

vue du fort Saint Elme

 

 

 

 

Mdina et jardins San Anton

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Mdina, ville close

Le soleil est revenu au dessert. Nous partons pour Mdina, et arrivons en un quart d’heure de route.

Mdina et Rabat sont deux villes jumelles au centre de l’île, cités du silence. Mdina,  une ville close, perchée sur sa colline, ancienne capitale de l’île, domine le paysage.

Mdina baroque

On doit laisser la voiture à la porte monumentale  baroque (1724) dans les remparts arabes du 9ème siècle. Le Palazzo Vilhena (1726) héberge le Musée d’Histoire Naturelle. C’est un palais baroque aux dimensions imposantes et aux sculptures monumentales.

Je le contourne par la Triq-San-Pawl et parviens à la Cathédrale Saint Paul gardée par des canons, Église et chose militaire sont bien associées sur l’île de Malte ! Aujourd’hui dimanche, le musée et la visite de l’église sont fermées, mais on peut entrer dans la cathédrale.

coupole de la cathédrale de Mdina

Reconstruite en 1703 après le séisme de 1693, c’est l’œuvre de Lorenzo Gafa, l’architecte de nombreuses églises maltaises et du  retable du chœur de la Co-Cathédrale, de l’église saint Paul –le naufragé à La Valette que j’ai vue ainsi que Saint Nicolas de Siggiewi. Un même maître d’œuvre à une même période, ceci explique la grande homogénéité de style des églises de l’île. Le séisme de 1693 eut  son épicentre en Sicile et détruisit la ville de Noto, mais causa nombreuses destructions dans l’archipel maltais. Cette Cathédrale aurait été érigée sur le lieu-même où saint Paul aurait converti le gouverneur romain Publius devenu ensuite le 1er évêque de Malte. Comme à La Valette, le pavement est revêtu de  pierres tombales de marbres multicolores et le plafond de la nef est peint à fresque.

Mattias Preti : naufrage de Saint Paul

On trouve aussi de remarquables œuvres de Mattia Preti, le naufrage qui porté Paul sur l’île de Malte, peint dans la coquille autour du chœur. La Conversion de Paul et Saint paul conquérant les maures sont des tableaux mal éclairés aujourd’hui, difficule à apprécier dans la pénombre. Un autre jour pendant la visite payante, ils sont probablement mis en valeur.

La place baroque de la cathédrale entourée d’autre palazzi me fait penser aux places de certaines villes des Pouilles ou à Noto en Sicile.

Mdina cité du silence

Cependant toutes les rues ne sont pas baroques. Certaines  sont au contraire très sobres, étroites, et semblent médiévales, presque arabes. Parfois une arcade, parfois un balcon, Mdina fait dans la discrétion. J’entre par hasard par le porche ouvert d’un couvent : « clôture » ! on ne va pas plus loin. Je ne verrai pas l’église des Carmélites ou des Bénédictins.

Le Palazzo Falcon se trouve Triq-Villagagnon, la rue principale de la ville. C’est une jolie demeure siculo-normande dont certaines parties datent du 13ème siècle, en 1530 le Grand Maître Philippe Villiers de L’lsle-Adam y logea. Cependant la visite se fait dans le logis d’un artiste-peintre du 20ème siècle , Gollcher Obé qui était un collectionneur éclectique. Nous visitons ses collections : meubles, bijoux en filigrane, pipes, tabatières, vaisselle. Aux murs, ses tableaux. Beaux tapis d’Azerbaïdjan. C’est joli mais un peu décalé.

Vers 16h, retour à la voiture, je ne verrai ni les fossiles ni lez squelettes des éléphants nains. Nous avons envie de campagne. Les Jardins San Anton, à Attard  nous attirent. San Anton Palace est aujourd’hui la résidence présidentielle et ses jardins seraient les plus beaux de l’île. Je ne trouve pas l’adresse précise pour régler le GPS, j’entre donc Attard Centre-ville. Et bien sûr, nous sommes perdues !Je découvre un quartier chic avec de belles maisons victoriennes – ou maltaises – de très hauts murs protègent des regards des jardins. Promenade très tranquille. Je passe devant la Villa Bologna qui a aussi de beaux jardins, mais je ne trouve pas l’entrée, ni celle des jardins San Anton. En revanche une foule se presse avec poussette, landaus et bambins à la porte de Kitchen garden qui ouvren à 17h. Ce potager du San Anton palace est maintenant un jardin dédié aux enfants avec jeux e, bois coloré, une ferme d’animaux domestiques dans des enclos propres cimentés, mutons bien peignés, mini-chèvres….il y a aussi un grand jardin aromatique et des rangées de tomates, poivrons. C’est un peu décevant d’avoir fait tout ce chemin pour cela !