Le Grouin du Sud et la Maison de la Baie

BALADE NORMANDE

Prieuré Saint Léonard Jean Pierre Arcile (exposition POM Avranches)

Le guide Chamina inspire notre première sortie : N°7 – 1h30 5.5km au départ du Prieuré de Saint Léonard sur la commune de Vains (pour le GPS).

Le clocher est massif, la chapelle est classé mais l’église fut vendue comme Bien National à la Révolution à un particulier qui la transforma en ferme. La petite route descend vers la Baie où l’on trouve les prés-salés et le GR223. Ne pas oublier de bien refermer les barrières : les moutons sont sur les herbus.

Le mont et le mouton

Le sentier côtier passe derrière la Maison de la Baie (qui n’ouvre qu’à 13h), il remonte ensuite sur la petite route qui conduit au Grouin du Sud.

Pointe du Grouin

 

sur l’embouchure de la See – rivière qui passe à Avranches.

 

 

Cette pointe est faite de roches dures : Turbidites qui sont des roches sédimentaires gréseuses avec des lits de sable, sables grossiers, argiles et silts datées du Briovérien (Son stratotype est caractérisé par Saint-Lô (Briovera en latin). Cette période correspond à l’orogénèse cadomienne, (ca. -670 Ma à -540 Ma).

Un vaste parking et des tables de pique-nique sont à quelques distance de la Pointe qui est un bon point d’observation pour le mascaret qui remonte la See par Grandes Marées (arriver une heure avant la Haute Mer).

Le circuit contourne la pointe sur les herbus puis rejoint Saint Léonard par un aimable chemin de terre ombragé.

La Maison de la Baie

A l’étage on marche sur la carte géologique de la baie

Carte géologique de la Baie

avant de découvrir l’histoire de la Baie et du Mont Saint Michel. De nombreux panneaux et une vidéo l’expliquent aussi bien à destination des enfants des écoles, des familles que des spécialistes.

Cette  histoire ancienneelle date du Cambrien (début de l’ère Primaire) . Dans les schistes briovériens on voit des intrusions de Granite clair

Ces intrusions sont accompagnées de schistes tachetés et de cornéennes comme à Flamanville. Je m’étais étonnée que ce petit massif soit seul de son espèce (seul étudié à la fac). on peut donc remarquer trois petits massifs : le Mont Dol, Le Mont Saint Michel, Tombelaine qui sont devenues plus tard des îles et le Granite des Falaises de Carolles et de Champeaux.

A l’ère Quaternaire, lorsque les glaciers couvraient les Îles Britanniques, la Manche n’existait pas. la fonte des inlandsis donna lieu à des transgressions marines (transgression flandrienne). Le Mont Saint Michel et le Mont Dol devinrent  des îles. La Baie a oscillé entre des différentes variations du niveau de la mer. Chaque transgression a apporté des dépôts clairs « marais blancs » tandis que les « marais noirs » correspondent à la formation de tourbières.

Différentes coupes de marais noir, marais blanc, herbus et dune sont incluses dans la résine, sédiments et végétaux afin d’observer les différents horizons des sols et les végétaux. Les marais blancs, sols légers et sableux conviennent parfaitement aux cultures maraîchères (carottes, poireaux…). Cependant, en traversant la campagne nous avons vu plus de maïs que de carottes. Les marais noirs draînés par des canaux sont des pâtures d’élevage. Les  herbus  en zone inondable sont les prés-salés où paissent les moutons. Ces coupes sont accompagnées de panneaux décrivant la faune associée, oiseaux et poissons,  migrateurs ou sédentaires avec un calendrier. Ici aussi différents niveaux sont envisagés images et liste des espèces avec leurs noms scientifiques en latin pour les spécialistes.

j’ai eu la surprise d’apprendre que de gros poissons comme les soles et les bars fréquentaient les plages à marée haute mais qu’ils ne disposent que d’une heure ou deux pour s’y nourrir.

De belles collections d’oiseaux empaillés ou de répliques artificielles me font rencontrer des oiseaux que je n’avais jamais vus de près.

Un autre thème développé : la vie des hommes sur la baie sur l’estran et les herbus. Une très jolie maquette montre toute une foule de saulniers, de pêcheurs à pied, de ramasseurs de varech, pêcheurs….

Une jolie exposition photo présente les doris et les wallys, bateaux de bois traditionnels qu’utilisent surtout les pêcheurs à pieds.

Maison du saunier

La maison de saunier et la saline sont reconstituées. J’ai la surprise de voir les fours à l’intérieur de la maison. Dans la Baie, les on ne ramasse pas directement les cristaux de sel comme à Guérande ou dans le midi. On collecte un mélange de sable et de sel qu’il faudra dissoudre. On filtre la saumure qui est chauffée au bois. La fabrication du sel était une activité d’hiver.

Intérieur de la maison du saunier

Nous terminons la journée sur notre plage située au bout de notre rue. C’est ma première baignade en mer de l’année 2020! L’eau est un peu froide mais il y a foule dans l’eau. Image amusante de cette femme dans l’eau jusqu’à micuisse avec son téléphone et sa vapoteuse.

La Baie vue des falaises de Champeaux6

 

 

 

Voyage au Centre de la Terre – Jules Verne

LIRE POUR L’ISLANDE

Jules Verne m’ accompagne souvent en voyage. 

Fantaisie et rêverie scientifique, anticipation et toujours avec style!

Quelle documentation a dû accumuler l’auteur avant de rédiger ses romans. Je me laisse prendre à ses inventions de génie.

Pour explorer le « Centre de la Terre » le point de départ tout choisi est un volcan islandais. Hypothèse de départ assez réaliste, les touristes les plus hardis (et les plus argentés) peuvent désormais descendre dans la chambre magmatique d’un volcan éteint, ils n’auront pas la prétention de descendre plus de quelques dizaines de mètre, mais penseront peut être au voyage du Professeur Lindenbrock et à son neveu.

A l’origine du voyage, un vieux livre de Snorri Sturlussson, le célèbre auteur de l’Edda et de nombreuses sagas que les Islandais comparent à Homère. Dans le volume s’est caché un manuscrit crypté en caractères runiques  d’Arne Saknussem, célèbre alchimiste islandais dont tous les écrits ont disparu au cours des guerres de religion après la Réforme. Justement la Saga d’Olafs de Snorri Sturlusson attend son tour dans ma PAL!

C’est un plaisir de lire les interprétations des théories géologiques et paléontologiques de l’époque (le roman a été publié en 1864) . Aux théories savante le Professeur Lindenbrock veut confronter l’expérience. Le Centre de la Terre est-il très chaud ou au contraire, la Terre se refroidit-elle? L’expédition possible seulement dans la deuxième hypothèse va trancher le débat.

Le long parcours dans la galerie souterraine va permettre aux explorateurs d’observer la succession des roches métamorphiques puis des roches sédimentaires. L’Evolution se déroule à l’envers quand les héros retrouvent des plantes fossiles et des animaux préhistoriques. Oublions toute vraisemblance et suivons-les dans leurs découvertes tout en révisant les connaissances scientifiques de l’époque!

Jubilatoire!

la péninsule de Rekjanes

CARNET ISLANDAIS

sous le vent l’océan déchaîné

Les prévisions de la météo sont détestables : peu d’espoir d’éclaircies, des températures proches de zéro et même de la neige en montagne.

Nous ne nous dépêchons pas de quitter l’hôtel Hafnarfjall d’autant plus que le petit déjeuner est somptueux ; je me précipite sur le hareng gras, plus rare que le saumon (je sais que certains frémissent à l’idée du hareng au petit déjeuner).

La route n°1 nous réserve une surprise, de la péninsule d’Akranes, nous voyons Reykjavik de l’autre côté du fjord : un tunnel de 6 km sous la mer nous y transporte directement.

Aux abords de Reykjavik, je règle le GPS pour trouver la route 42 à Hafnarfjördur qui traverse la Péninsule de Rekjanes. Nous passons devant IKEA, PIZZAHUT, KFC et toutes les marques mondialisées. Cette uniformisation me déprime même si IKEA est dans le style local nordique et que le Guide Vert explique la présence des enseignes américaines par la présence de bases américaines à Keflavik. Des carrières et des chantiers enlaidissent le début de la route 42.

Un gros engin de chantier barre la route à un carrefour, la piste qui y débouche est réservée aux 4×4. Hésitantes nous marquons l’arrêt. Un viking en gilet jaune se dirige vers nous à grands pas avec un regard inamical « la piste est fermée, faites demi-tour et surtout faites vite, le rallye va passer dans quelques minutes ». Nous voyons débouler des engins numérotés et crottés qui ne font pas cas de notre présence. La piste est mauvaise, nous avons hâte de trouver le goudron.

la terre fume : la pluie cinle : une vision infernale

Nous longeons un lac d’eau brune avec des oiseaux que je confonds dans la pluie et le brouillard avec la mer. La route s’améliore ensuite et traverse un champ de lave comme labourée par une charrue géante. De quel volcan proviennent-elles ?

Seltun est un site géothermique. De la vapeur sort des évents, des ruisseaux de boue dévalent de la pente. La chaleur et les réactions chimiques ont décoloré la roche, la transformant en argile beige ou gris argenté. Le sol est brun orangé. La pluie se déchaîne. Les fumerolles changent de direction sous les bourrasques. J’ai l’impression d’avoir un avant-goût de l’enfer entre vapeurs sulfureuses qui s’exhalent du sol craquelé et fissuré, et les averses qui cinglent le visage. Feu et glace selon une version diabolique.

Krysuvik était à notre programme, nous passons sans voir l’église.

Nous nous arrêtons devant le Lac Kleifarvatn qui a inspiré Arnaldur Indridasson dans L’Homme du Lac qui attend patiemment dans la PAL notre retour à Créteil. Sa couleur verte est due à une algue. Dans la tourmente, nous ne sortons même pas de la voiture pour la photo et on filme tandis que le balai d’essuie-glace passe et repasse. Mes chaussettes et mon pantalon sont trempés de la sortie à Seltun.

Enfin, nous trouvons la route 427 goudronnée qui suit la côte. Le supplice des nuits de poule s’évanouit. La mer est déchaînée. Il semble que le vent retourne les vagues et emporte vers le large la gerbe d’écume qui se soulève.

Grindavik : musée de la Morue

Grindavik (3500 ha) est un port de pêche important. La vidéo touristique d’Icelandair, pendant le vol m’avait fait croire à un petit port pittoresque avec des maisons colorées et des barques de bois. Pas du tout ! Le port est bordé d’entrepôts de tôle, hangars métalliques grosses boîtes rectangulaires où l’on stocke le poisson. Il s’agit de pêche industrielle, de congélation, d’expéditions lointaines marquant une activité dynamique pas touristique. Il y a bien des maisons colorées mais elles sont dispersées séparées par des lotissements de longues maisons basses grises toutes pareilles séparées par une petite haie avec plusieurs voitures dans l’allée du garage.

saleuse de morue

Le Musée de la Morue (Saltfish museum) installé dans un grand bâtiment moderne gris. Parking vide, personne au comptoir. La porte est ouverte. Peut-être est-ce entrée libre ?

Une exposition géologique avec des panneaux lumineux, des schémas. Beaucoup à lire, au moins une vingtaine de chapitres traitant de sujets aussi divers que le volcanisme, les types de volcans, les éruptions fissurales, la stratigraphie, les glaciations. Chaque sujet est bien expliqué mais l’ensemble est indigeste, le programme trop copieux.

L’exposition qui raconte la Pêche à la Morue est passionnante. On a affiché des photographies anciennes un peu jaunies de très grand format et placé les tables où les femmes salaient le poisson en plein air, une barque de bois montrant le retour des pêcheurs. Des pêcheurs semblent s’échapper de la belle photo du rivage. Les morues salées sont véritables si les personnages sont des mannequins de taille humaine. On a recréé l’ambiance du port autrefois.

la pêche à la morue, autrefois…

Le visiteur peut lire des panneaux intéressants ou visionner des films sur des écrans.

La pêche à la morue était destinée à l’exportation. Les pays catholiques où la viande était interdite 166 jours par an étaient de gros consommateurs de morue salée surtout la France ? L4espagne, le Portugal et l’Italie. Par ailleurs, Grindavik subissait la concurrence de la Norvège. Des guerres commerciales se menaient à grande échelle. En 1912, à la suite de la prohibition, les ventes de vin espagnols se sont écroulées ; par mesure de rétorsion, l’Espagne s’est tournée vers la Norvège. Il fallu conquérir les marchés portugais et italien. Cette géopolitique de la morue m’intéresse énormément.

Les conditions de vie des pêcheurs et des femmes qui découpaient et salaient le poisson sont illustrées par des vidéos. Malheureusement, pas en route à mon premier passage. La jeune fille chargée de les mettre en route me découvre « non ! le musée n’est pas gratuit ! » ; en revanche le café bien chaud est offert. Elle m’apprend que la tempête aujourd’hui correspond au passage de l’ouragan Dorian qui a fait des dégâts au Bahamas et qui est requalifiée ici « tempête tropicale » .

Nous continuons le tour de la Péninsule de Rekjanes et, comme à notre habitude, nous arrêtons à chaque parking pour lire les explications.

Brimketill : les coulées sont arrivées jusqu’à la mer et ont formé, selon le Guide Vert un chaudron. J’aurais été mieux avisée de prendre le temps de regarder le panneau, j’aurais su quoi chercher. Dans le vent monstrueux qui fouette le visage au bord de l’eau, je renonce à poursuivre la promenade jusqu’au bout et je n’ai pas vu Brimketill !

fumerolles

Gunnuhver s’annonce par des panaches de vapeur s’échappant du sol, soit d’évents naturels, soit captés et conduits par des tuyaux de métal brillant vers la Centrale de Gunnuhver , centrale géothermique à l’architecture très élégante et épurée, silhouette toue en courbes aux parois blanches rappelant un nuage. Elle tire son nom de la sorcière Gunne. Le site est accessible à condition de bien rester dans les chemins aménagés qui conduisent à l’observatoire surplombant le solfatare et à un second parking de l’autre côté d’un panache particulièrement dense qu’il faut traverser. Des avertissements en forme de thermomètre découragent les imprudents ; deux jeunes le traversent en courant. Je ne cours pas bien vite surtout avec mon bras en écharpe j’ai peur d’être ébouillantée.

Non loin, un phare est posé sur une colline. On continue et on le dépasse pour arriver à la mer dans un site où de noires aiguilles dépassent de la falaise. Ce vent terrible fait toujours rage, des vagues puissantes se brise en écume abondante. Le soleil perce enfin !

une passerelle entre l’Amérique et l’Eurasie

Le pont reliant deux continents est une passerelle au-dessus de la faille, un petit canyon tapissé de sable noir ; cette faille marquerait la limite des deux plaques. Je « passe en Amérique » en traversant la passerelle en reconnaissant l’approximation de cette illustration simpliste de la tectonique des plaques ; pourquoi cette faille plutôt qu’une autre dans toute la série des fractures parallèles orientées NE/SW qui hachent la péninsule de Rekjanes ?

Si le temps avait été plus clément j’aurais poursuivi la promenade au sommet de la coulée jusqu’à de très hautes falaises. Décidemment, le vent me décourage.

Hafnir

la chapelle sur la colline

Le village d’Hafnir est minuscule avec sa jolie église dont le clocher porte une large girouette. Etrangement tranquille avec la tempête d’aujourd’hui. Elle a dû en connaître des pires. Autour de l’église, des maisons aux formes et couleurs variées. Les murs sont revêtus de tôles et les fenêtres encadres de bois aux belles menuiseries.

La route 425 longe le grillage de l’aéroport Keflavik, tronçon herbu, moins pittoresque que les noirs champs de lave que nous avons traversés.

Stafnes

Le village de Stafnes a deux phares, l’un d’eux est aménagé en bistro. Il a aussi une petite église de bois sur une colline ;

Sandgerdi est plus construit. On traverse Gardur avant de trouver l’aéroport puis notre hôtel.

L’hôtel Gresteinn se qualifie lui_même de « hôtel-aéroport ». C’est une étape parfaite à moins de 10 minutes de l’aéroport. Un parking pratique, des chambres sans charme mais confortables et propres. Le service tient compte des contraintes des vols matinaux. Un petit déjeuner-buffet complet est servi pour nous à 3h45 ; la dame-gardienne de nuit tricote un pull traditionnel blanc à motifs bleus « marins » et l’exposera à la vente dans la salle à manger lorsqu’il sera terminé.

Dîner de hamburgers achetés dans un drive-in aux couleurs coca         -cola, fast-food hérités du temps de la base américaine.

Les dernières heures en Islande seront paradoxalement britanniques. La télévision écran plat est réglée sur la BBC : retransmission ce soir des Proms à l’Albert Hall, Glasgow, Belfast…Je savais la musique beaucoup plus populaire au Royaume Uni qu’en France. Comment imaginer un tel rassemblement festif, enthousiaste autour de la musique »classique ». Pas de tenues uindées (ou très peu) des petits drapeaux, des banderoles des rubans et des couvre-chefs fantaisie.

Quel plaisir de constate que les drapeaux bleus de l’Union Européenne sont presque aussi nombreux que l’Union Jack ou les couleurs locales écossaises, galloises ou irlandaises,

Quel plaisir de voir Chanter Rule Britannia sous une bannière arc-en-ciel que brandit fièrement la chanteuse.

Des britanniques si sympathiques quand on pense aux péripéties de Brexit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Géothermie – lac de cratère Stora-Viti – volcan Leirnjükur

CARNET ISLANDAIS

géothermie

La Centrale Géothermique non loin de Reykjahlid se visite, en principe, ce matin elle est fermée. Dommage j’attendais beaucoup cette visite !

De longs tuyaux brillants convergent vers les installations ; soit vers la Centrale d’où s’échappe un panache soit vers de petits dômes colorés. A défaut de visite,

je recopie les panneaux du parking :

Pluviosité réduite :1.100m donc peu d’infiltrations

L’écosystème des sources géothermale : les micro-organismes Cyanidium caldarium vivent à 40 -50°C colorent en vert les sources, ce sont des algues rouges en dépit de leur couleur verte, on signale également les bactéries Archéa sont aussi signalées.

Krafla est un volcan dont l’histoire remonte à 200.000 ans et la caldeira à 100.000 ans. La chambre magmatique est profonde de 3.7 km ; ses produits donnent des champs de lave de petits cratères et peu de cendres ; bien qu’on le classe généralement « volcan rouge de type fissural » donc basaltique le panneau évoque des laves acides donnant des rhyolites ; comme quoi, les simplifications habituelles sont souvent abusives et ce n’est pas la première fois que je m’en aperçois depuis notre arrivée en Islande.

IDDP Iceland Deep Drilling Project : avait pour but un forage à 4500m mais il a été abandonné à 2100m en 2009 , encore une piste qui m’intéresse vivement à poursuivre sur Internet !

Stora Viti

Stora Viti

Stora Viti est un joli cratère contenant un lac turquoise qui s’est formé en 1724 ; on peut marcher sur le rebord du cratère mais aujourd’hui ce n’est pas vraiment plaisant sous la pluie, le sentier est très boueux et glissant. Le pire est de débarrasser les chaussures toutes engluées avec le canif.

Leirhnjükur

cratère fumant

Juste en face, part le sentier pour le tour de Leirhnjükur, d’abord gravillonné (cela fait plaisir après la gadoue) ensuite on a construit un chemin de planches. Ces planches sont une protection idéale pour éviter le piétinement, protégeant la flore fragile, et canalisant les touristes ; inconvénient, c’est glissant et même très glissant ; un tronçon de caillebotis est penché, et c’est la glissade. Mon coude heurte la tranche, je suis sonnée. Je me relève mais au moment de faire la photo de cratère fumant, impossible de soulever mon téléphone, impossible de commander mon bras – cassé !

A Reykjahlid il y a une « maison de santé » avec une infirmière, une pharmacie et un cabinet médical où le médecin consulte deux fois par semaine ; pour une radiographie il faut aller en ville à Akureyri à plus de 100 km. Je passe sur le trajet, pas du tourisme, on prend le raccourci par le tunnel payant. On a 3 heures pour s’acquitter du péage par INTERNET après le tarif est majoré. Impossible de régler autrement, si vous n’avez pas de 4G avec votre abonnement ou pas de smartphone, prenez la route gratuite. Cela m’occupera un moment pendant que je patiente aux urgences de l’hôpital.

Nous rentrons à l’hôtel avec un gros plâtre et le bras en écharpe. Aucune envie d’aller dîner au restaurant.

 

 

 

 

 

 

 

l’arrivée au Lac Myvatn

CARNET ISLANDAIS

au col Namaskard : panaches, la montagne fume

 Col Námaskarð

Des panaches de vapeur blanche montent de la montagne orange.  Un solfatare très impressionnant bouillonne. Au milieu d’un cercle coloré en blanc, orange, jaune un petit volcan de boue gris exhale ses gaz avec râles et gémissements. D’autres phénomènes géothermiques se manifestent : bulles de boue qui crèvent, panache puissant sortant d’un tas de pierres qu’on a disposé autour de l’évent. Des cristallisations de soufre au jaune caractéristique sont accompagnées de couleurs inattendues : taches rouge ou violettes affleurant dès qu’on gratte la pellicule blanche.

solfatare

Dès qu’on passe le col, le lac Myvatn scintille avec le soleil qui passe sous les nuages gris : éclairage  théâtral. Des panaches blancs s’échappent d’installations industrielles géothermiques. Un bassin est rempli d’une eau turquoise très claire fumante. Ce n’est pas une piscine mais plutôt un bassin de retenue des eaux d’une usine mystérieuse.

le lac Myvatn

Le Lac Myvatn est maintenant doré au soleil couchant avec les îles en contre-jour. Il est mis en valeur par les couleurs de tweed d’un camaïeu, rose, orangé, doré des saules nains, des bruyères et des petits bouleaux en livrée automnale qui contrastent avec la lave noire. Au bout du lac s’échappe une rivière charmante aux eaux limpides et tumultueuses.

le feuillage automnal des bouleaux evant les cônes noirs

La Ferme Stöng est une grosse ferme avec une auberge composée d’un bâtiment à étage, deux jacuzzi extérieurs et de cottages à l’écart. En plus de l’activité hôtelière, on élève également des vaches, des moutons et des chevaux. La grange est remplie de ballots sous plastique. Notre chambre est très vaste, presque un dortoir avec 4 lits. Belle literie (c’est toujours le cas en Islande) aucun souci de décoration. C’est propre, fonctionnel, sans prétention.

Nous dînons dans la grande salle à manger qui occupe le rez de chaussée du bâtiment principal. Je commande de la soupe et Dominique, une truite. On apporte deux assiettes à soupe et une grande soupière. On n’avait pas compris que la soupe était aussi prévue en accompagnement de la truite. Il en résulte un quiproquo qui ralentit le service. La truite arrive longtemps après sur un petit plateau en filets sans arêtes avec des pommes de terre. Au dessert : un pie à la rhubarbe à la croûte meringuée.

 

 

 

 

 

Les ravins d’argile : Bernalda, Pisticci, Craco et Montalbano

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Craco

Ecrire le matin sur la terrasse de 5h30 à 7h pour profiter de la fraîcheur avant la canicule. A la frontière entre Pouilles et Basilicate, les températures au-dessus de 30°C ne sont pas extraordinaires ; Il suffirait de faire la sieste, d’aller se plonger dans la mer et de profiter de la douceur des soirées. La rue principale est réservée à la passeggiata  de 21h à 1 heure du matin, c’est le moment de sortir !

La via Catania,en plus du bruit,  détient un autre exemple de folie : la folie architecturale ! La maison d’en face possède trois étages et trois escaliers séparés :  un rouge en tomettes sur le devant du bâtiment conduit à la terrasse de bois du premier. Le second en marbre, sur le côté au second, le troisième, strictement parallèle au précédent et vertigineux avec une soixantaine de marches sans un palier, arrive à la terrasse grise…

ravins d’argile

Nous inspirant du Circuit des Ravins d’Argile du Guide Vert (115 km au départ de Piscicci), nous improvisons une excursion plus courte. En quittant Metaponto en direction de Pisticci nous faisons le détour par Bernalda, espérant encore trouver un office de tourisme avec des brochures ou des cartes.

Bernalda

Bernalda, est perchée comme il se doit sur une colline son château-fort et le clocher pointu qui lui fait face, dépassent. La petite ville se réveille, nous pouvons tranquillement traverser le centre et le centre historique, et parvenir sur la Place San Bernardino où château et église se font face. Le château bâti au 15ème siècle, réaménagé au 16ème garde une silhouette médiévale. Il est fermé tout comme l’église. A un coin de la place, un restaurant est installé dans une maison au toit voûté recouvert de tuile avec une façade blanche aux arcs marqués de briques. Construction originale que je n‘avais jamais vue ais que nous allons retrouver toute la journée dans la région.

Les maisons voûtées de Bernalda

Googlemaps situe Proloco (office de tourisme) sur le Corso Italia à 150 m, une dame qui balayait devant sa porte corrige : Proloco est maintenant à l’école secondaire rue Anachréonte. Cette toponymie me rappelle que nous sommes bien en Grande Grèce. Proloco est à l’intérieur de l’établissement scolaire. J’entre, on me prend pour le metteur en scène d’un spectacle et on m’ouvre la réserve des costumes ; Quel quiproquo ! Les deux jeunes qui officient au bureau de tourisme n’ont jamais vu de touristes. Ils sont très serviables et recherchent sur Google tout ce qui pourrait me servi, mais ils ne disposent ni de cares ni de brochures.

Pisticci

Pisticci  est également perchée, toute blanche. Elle couronne la colline. Une tour ronde et des coupoles se détachent. Les collines argileuses ravinées par l’érosion sont pittoresques. Déception : un tunnel long d’1.4 km tout en courbes, nous cachera l’arrivée et la traversée des « badlands » . suivant l’indication « centro storico » la voiture monte aussi haut que possible sur une place devant une église de brique construite dans les années mussoliniennes.

Pisticci : pompe et puits

De là, un parcours touristique conduit vers le Dirupo : quartier construit à la suite du glissement de terrain causé par le séisme de 1688 qui a entraîné la destruction de tout le centre historique. Maisons blanches accolées les unes aux autres. Escaliers, labyrinthe, dans lesquels je perds le sens de l’orientation. Alors que je photographie une pompe et un puits, une femme jeune en robe noire à pois blancs m’interpelle : – »d’où viens-tu ? tu aimes Pisticci ? ». Pour le plaisir de la promenade touristique on a placé des plaques en majolique avec des poèmes. Rues en pente, escaliers, tournants impromptus, il faut de bonnes jambes pour se promener dans cette ville blanche. Je parviens enfin à la Chiesa Madre au sommet de la ville, elle est ouverte et bien fraîche.

collines argileuses

La route de Craco est étroite et tortille dans les collines argileuses. Sur les versants érodées et nues, il ne pousse rien. Dans le creux des vallées les champs d’artichauts sont bien desséchés, sur les pentes des oliviers et quand la surface ondule à peine, le tapis du blé a déjà été moissonné.

La campagne autour de Craco

Craco se voit de loin avec sa tour carrée, et décalée un peu plus bas, la coupole d’un monastère. Quand on s’approche, le village prend un aspect étrange. Un scalpel géologique a tranché les maisons, les caves béantes. Quelques kilomètres avant Craco, dans un creux, le village de Craco- Pescheria rassemble de mornes HLM dignes des pires quartiers des pays baltes, de Roumanie ou de Bulgarie. C’est ici qu’on trouvé refuge les habitants de Craco après l’évacuation du village en 1963.

Les quartiers ruinés

Le village de Craco est saisissant. On ne visite le village qu’accompagné et protégé par un casque de chantier. J’ai de la chance : la visite est à 13 h, une petite demi-heure à attendre à côté du camion de panini sous le grand parasol où sont installées des tables bleues. Grande convivialité de tout ceux qui attendent également. Le patron accueille magistralement les touristes : pour nous c’est la Marseillaise, les Italiens éclatent de rire, ils ont eu droit à l’hymne belge, puis un rock endiablé une dame en barboteuse blanche se trémousse. Les panini sentent bon. Le guide arrive, il nous coiffe d’abord de casques de chantier puis raconte le village. D’habitude je prends des notes. Impossible, il parle très vite et d’abondance, je ne peux pas à la fois, écouter, prendre des photos, trouver la traduction française et écrire.

Craco : Tour normande

Craco fut fortifié par les Normands au 11ème siècle, c’était un avant-poste, le village de Tursi était musulman comme le rappelle son ancien quartier La Rabata. L’éperon rocheux sur lequel s’accrochait le village est formé de conglomérat et d’argile, cette structure géologique hétérogène sur une faille tectonique a scellé le sort du village qui s’est effondré par des éboulements successif. Ce phénomène n’est pas rare dans la région, Pisticci a préféré reconstruire les quartiers effondrés en 1688. Pour limiter les glissements de terrain, on a essayé de construire une sorte de digue en béton censée retenir l’argile, puis une seconde pour renforcer. Cela a eu la désastreuse conséquence d’empêcher le drainage naturel des eaux de ruissellement. Non seulement cela n’a rien retenu, mais cela a accéléré le glissement.

On entre dans le village par la rue Cavour, dallée de belle pierre, bordée autrefois de belles maisons dont les façades sont intactes, puis, plus rien. Tout un quartier a disparu. Des moutons bien tondus  trois ânes paissent tranquillement ; un berger s’est installé ici, et, malgré l’interdiction refuse de partir.

Certaines façades béantes laisse voir les pièces ouverte à tous les vents ; souvent les plafonds étaient peints en bleu ; Cette coutume répandue dans le bassin méditerranéen aurait la vertu de combattre les insectes ; Le paludisme sévissait encore en Basilicate au temps du Christ s’est arrêté à Eboli . la peinture bleue contenait des traces d’arsenic pouvait être insecticide d’autant plus que les insectes leurrés par la couleur imitant celle du ciel allaient s’y poser et s’empoisonner.

Malaria, peste, séismes rien n’a épargné Craco !

Le décor tragique a séduit bien des cinéastes : Francesco Rosi pour Le Christ s’est arrêté à Eboli  (1979), La Lupa (1953, d’après le roman de Giovanni Verga (1880) bien connu de mes compagnons de visite que je devrais bien chercher à mon retour. La Passion du Christ de Mel Gibson Le guide énumère d’autres films dont le titre italien ne m’évoque rien.

Les maisons du village sont cadenassées seules quelques-unes sont visibles. On découvre alors que même les étables avaient le plafond bleu, pour le confort des animaux, peut-être ou peut être les gens logeaient-ils avec leurs animaux ? Au milieu du quartier, à un angle, un poulailler occupait le rez de chaussée tandis que le propriétaire était moins grandement logé que ses volailles. Une toute petite construction de la taille d’un placard, collée au poulailler principal était occupée par un petit poulailler ouvert sur la rue à la disposition des indigents. Solidarité de quartier ! Les pauvres venaient-ils ramasser les œufs ou mangeaient-ils les poulets ? L’histoire ne le dit pas.

Craco : coupole byzantine

L’église possédait une petite coupole byzantine. C’est à l’époque des Normands que l’église orthodoxe et l’église catholique romaine se sont séparées par le Grand Schisme (1054) . Les byzantins occupaient la région avant les Normands. Cette architecture témoigne du passage du rite byzantin au rite latin et les hésitations au cours du 11ème . Le clocher de l’église latine est coiffé d’un petit bulbe de majolique brillante où poussent les herbes.

Un Palazzo qui a encore gardé des balcons et des fresques qu’on devine de l’extérieur occupe deux côtés de la place de l’église.
Nous montons à la Tour normande, propriété primée, défense d’entrer. Elle faisait office de château d’eau, les installations de plomberie sont encore visibles.

 

Montalbano

L’intérêt de ce village perché réside plutôt dans sa position au-dessus des ravines que dans le bourg, cerné par des constructions modernes. Il y a bien un quartier historique où l’on pénètre en passant sous le porche, entrée du Castillo. Mais nous sommes blasées après les visites de la journée. Le belvédère, d’où part une promenade longeant les remparts nous offre la vue la plus spectaculaire sur ces terres ravinées. La promenade est fleurie de plantes méditerranéennes : lavande, santoline de Corse, romarin, thym qui embaument.

Nous terminons le circuit par une baignade à la Marina di Pisticci. Plus de cohue dominicale. Parasols et lits sont repliés. Le sable blanc est dégagé. Me voici réconciliée avec la côte ionienne. Les bouées sont même assez loin pour me donner un cap.

Via Catania,  Tanio, avec ses grands parents ne fait plus de caprices bruyants. La soirée est calme et presque fraîche.

Iles Eoliennes

CARNET DU MEZZOGIORNO (SICILE)

Stromboli

L’excursion est bien organisée. Une navette vient nous chercher à 7h dans le virage juste à côté du cancello. Au port, à Tropéa, notre bateau n’est pas encore là, il est pris d’assaut dès son arrivée pour occuper les sièges du pont découvert. Nous trouvons des banquettes bien rembourrées en bas ; Dominique sera bien à l’ombre  et je bougerai tout le long de la traversée.

Trois îles au programme : Vulcano, Lipari et Stromboli.

Vulcano

Nous quittons Tropea , ses falaises et son église sur le rocher, le navire vire au large. Presque deux heures en pleine mer sans rien à voir ? Rien, si ! La guide crie d’excitation « Delfini ! » Je monte sur le pont. Toute une troupe de dauphins, je n’en ai jamais vu autant, ils sautent, font des pirouettes avec un mouvement d’ensemble, une véritable chorégraphie. Ils suivent longtemps le sillage du bateau et sautent dans l’écume. Evidemment, je ne réussis pas à les filmer, il y a toujours une tête, un bras, une perche à selfie dans le viseur. Ces selfies sont vraiment ridicules.  Que des adolescentes prennent la pose, c’est de leur âge. Quand il s’agit de Russes largement ménopausées, mais très apprêtées, qui se recoiffent et minaudent et qui s’échangent les clichés sur leurs téléphones, c’est affligeant. Parmi les passagers, il y a un bon tiers d’Allemands, autant de Russes et le reste des Italiens et de rares Français. Le voyage est commenté en Italien d’abord, puis en Anglais, en Russe et enfin en Français. La guide francophone, Manuela, est très sympathique et vient souvent prendre de nos nouvelles.

Un peu avant 10 heures, nous approchons de Vulcano et de Lipari qui sont voisines. Vulcano est un volcan, de son cratère blanchi on devine des fumerolles. Ses roches sont très colorées, rouge, jaune mais aussi turquoise et vert.

Bains de boue sur Vulcano

1h30 d’arrêt sur Vulcano. Au choix, des bains de boue chaude (+ de 35°C) 3€ l’entrée et 1€ jeton pour la douche ou une baignade gratuite sur la plage de sable noir. Je choisis la boue (j’aurais trop regretté se ne pas avoir sauté sur l’occasion) ; Un bassin contient une eau boueuse agitée de bulles, jacuzzi naturel. Seules les têtes de baigneurs émergent, ils ressortent couverts de boue(c’est le but de garder cette boue le plus longtemps possible, elle est censée guérir les affections rhumatismales ou dermatologiques). Pour simplifier les déshabillages je décide de me baigner en slip et soutien-gorge blancs, ils seront sales et gris de toutes les façons. La boue est vraiment diluée, rien à voir avec Lidia en Macédoine. Ce n’est pas une expérience exceptionnelle. Je respire les émanations sulfureuses et m’attarde devant les dépôts de soufre puis fils me débarrasser de la boue sous la douche. Je me suis rhabillée trop tôt : il existe un accès à l’eau de mer par des rochers noirs fumants ; J’aurais pu également me baigner dans la mer.

Affleurement de soufre

Quand j’arrive sur la plage noire, c’est trop tard. Je me contente de marcher les pieds dans l’eau. Le sable noir est recouvert par des graviers beiges par endroits. Avec ses installations de plage trop nombreuses, elle a perdu de son charme. Je flâne dans la rue pleine de boutiques qui proposent des blocs de soufre, des pierres ponces, de l’hématite et des bombes, ou plutôt des géodes coupées en deux. Galerie marchande sans intérêt qui vend aussi t-shirts, paréos et chapeaux pour les touristes imprévoyants. Je regarde avec envie le cratère fumant au-dessus du port ; pas le temps de s’approcher, il faut déjà remonter à bord.

Tour de LIpari

15 minutes de traversée entre Vulcano et Lipari où débarquent les passagers qui n’ont pas payé le supplément « tour de l’île »(10€). A petite vitesse le bateau s’approche des rochers spectaculaires dressés en pleine mer comme des colonnes géantes (60 m pour la plus haute) , ou rougeâtres de lave solidifiée en formes bizarres qui permettent d’imaginer un profil ou un cheval…couleurs changeantes passant du rouge au noir avec des traces vertes. Devant une petite arche un beau voilier blanc a jeté l’ancre. La piscine de Vénus est une piscine naturelle d’eau turquoise, on raconte qu’Aphrodite, après avoir trompé Héphaïstos, y aurait retrouvé sa virginité.  Le petit tour enchanteur a duré une heure.

Escale d’une heure et demie à Lipari pour déjeuner ou visiter la ville. Sur le port on trouve bars et terrasses des restaurants. La capitale de Lipari est une vraie ville.   La rue qui monte à l’acropole est construite de belles maisons de pierres avec des porches sculptés et des balcons aux ferronneries arrondies pour les robes à paniers des belles dames , nous sommes bien en Sicile ! Le symbole de Lipari est un cercle de fer forgé aux coins des balcons avec deux épées normandes qui se croisent et coupent les vents.

Lipari : port et Acropole

Acropole

Sur l’acropole est construit le château médiéval et une grande église baroque.  Je monte l’escalier théâtral jusque la cathédrale baroque en peinant un peu sous la chaleur de midi. Dans un jardin sont exposés les sarcophages antiques grecs ou hellénistiques. Un site archéologique livre des ruines grecques ou romaines. Différents bâtiments du château sont occupés par le Musée Archéologique : salles de Préhistoire, salles grecques et romaines, salle consacrée à la Géologie de l’île. Cela me passionnerait mais la billetterie est déserte. A un homme qui passait par là, je demande si le musée est ouvert ou fermé. Geste d’impuissance « pomeriggio… »

Lipari sous le signe du corail

La plupart des passagers sont allée au restaurant, je rapporte au bateau deux arancini. Comme il reste encore un petit quart d’heure je m’installe pour un café et mange une délicieuse glace pistache-citron. Il me faut courir avant que le marin ne retire la passerelle.

1h10 entre Lipari et Stromboli en longeant un moment Panarea (l’île de la jet-set) qui a donné son nom à notre bateau « Magic Panarea ». Face à l’île deux îlots rocheux. Je ne veux pas rater l’arrivée au Stromboli et monte sur le pont supérieur. Il approche , j’ai déjà pris une bonne dizaine de photos et j’étais d’abord impressionnée par ce cône parfait avec un cône plus récent emboîté ; quand soudain un panache s’élève : une éruption ? Je suis toute émue. J’avais presque oublié que Stromboli est un volcan actif ! Je guette les projections ; Une colonne de vapeur d’eau blanche s’élève, parfois une petite émission grise.

Au large de Panarea

 

En bas, Dominique profite de l’écume du bateau an premier plan pour faire des photos superbes.

En s’approchant encore, on voit une face gris plus foncé, pierrier géant des émissions récentes pas encore érodées. Je suis toute excitée. Sur les côtés la végétation a colonisé la pente et les coulées anciennes.

Stromboli et son panache

1h30 à Stromboli. L’ascension compte 3h à la montée et 2 à la descente, il faudrait rester une journée entière ou passer la nuit. Je visite donc le village de maisons blanches, cubiques avec des lauriers roses et des bougainvillées débordant des murs. Enseignes colorées. On se croirait dans les Cyclades. Tourisme de passage, tourisme sportif, vulcanologie. Ailleurs on louerait des voitures, des vespas ou des quads, à Stromboli on loue des chaussures, des bâtons de marches et des casques (j’avais oublié les bombes). L’église est baroque et toute blanche.Nuages baroques, lustre ,quel luxe pour une si petite paroisse. Les putti musiciens sont groupés par trois au sommet des chapiteaux, nous sommes bien en Sicile !

Stromboli

Plage de galets noirs, à structure spongieuse comme de la ponce ou des scories arrondis par la mer mais peu confortable pour s’asseoir, encore moins pour marcher pieds nus. Il me reste une bonne demi-heure pour nager dans une eau d’une transparence exceptionnelle, à l’ombre du volcan elle parait bleu foncé.

Stromboli et ses maisons blanches

1h30 pour rentrer au port qui passent très vite à trier nos nombreuses photos. L’équipage annonce au micro la répartition des passagers dans les navettes et les cars qui nous ramènent aux différents hôtels. C’est vraiment très bien organisé !

De retour au gîte sous une très belle lumière, je guette le coucher du soleil. Et le voilà encore : le Stromboli ! La visibilité est parfaite ; je retourne à la nuit tombée, espérant un feu d’artifice du « phare de la Méditerranée » mais c’est vraiment trop loin.

Apeiranthos et les mines d’émeri

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Apeiranthos : sous le platane

Pittoresque village perché du centre de Naxos, entre 600 et 700 m. Sa position géographique le protégeait des pirates, d’où son nom (a- privatif – et pirate) selon le Petit Futé. Village chargé d’histoire, peuplé depuis 3000 ans av JC d’après les idoles cycladiques du Musée, aux temps minoens par les Crétois. A l’époque contemporaine le 1er résistant de la 2ème guerre mondiale Manolis Glezos décrocha le drapeau nazi de l’Acropole le 30 mai 1941. Homme de gauche il faut à nombreuses reprises incarcéré, député du PASOK puis de SYRIZA est à l’initiative d’actions contre l’austérité.

Apeiranthos possède 5 musées et de nombreux cafés et tavernes qui attirent les touristes.

Pour y parvenir, nous passons par Halki, Filoti et par un itinéraire spectaculaire qui contourne le mont Zas avec des échappées sur la mer. La route embaume l’odeur sucrée et entêtante des genêts qui forment des pyramides ou des boules jaunes au feuillages et aux fleurs minuscules et très serrées. La route contourne le village et il existe un grand parking à l’entrée, on trouve aussi des places près de l’église. Aujourd’hui, dimanche, il y a affluence à l’église pour la messe.

Les Musées n’ouvrent qu’à 11h sauf le Musée d’Archéologie à 10h. je me promène donc en attendant l’ouverture dans les rues désertes où les cafés attendent les touristes qui arriveront après 11h. Village aux murs blancs, aux rues étroites soigneusement dallées de marbre aux belles maisons à étage avec des balcons en ferronnerie aux encadrements des portes en marbre. Ici on peint sa porte et ses volets en marron – cela change du bleu si usité dans les Cyclades. Les boutiques de produits locaux (huile, herbes et aromates) sont présentées avec beaucoup de goût et de variété. Les enseignes des restaurants sont peintes, les menus semblent originaux. Sur l’ardoise le plat du jour :  beignets de fleurs de courgettes. Le plus beau kaféneion se trouve sous le platane en face du bâtiment contenant les musées.

Petroglyphe

Le musée archéologique occupe une grande pièce en rez-de-chaussée. En face de la porte on voit des pétroglyphes trouvés dans le sud-est de Naxos (3ème millénaire av. JC) représentant des scènes de chasse et plus loin d’autres non figuratifs avec des spirales et des cupules datées 2700 av JC).

Des armoires contiennent de la vaisselle en céramique fine aux formes originales.

Les idoles cycladiques sont malheureusement à l’état de fragments, 2 jambes, le torse. L’harmonie de ces petites sculptures n’est pas perceptible dans ces morceaux ;

Aucune explication. Le gardien téléphone sans prêter attention à moi.

L’exploitation de l’émeri

Un tout autre accueil m’est réservé au Musée de Géologie. Un seul ticket(3€) pour les 4 autres musées, folklore, Beaux-Arts ou Histoire Naturelle (dans un autre bâtiment).

La conservatrice du Musée de Géologie , souriante, me fait l’honneur d’une visite guidée. La première salle est dédiée à la Géologie de Naxos, la seconde est plus généraliste.

La géologie de Naxos est complexe. Le trésor local d’Apeiranthos est l’émeri exploité autrefois dans des mines des environs. La visite commence donc par une vitrine contenant de l’émeri. C’est du Corindon (Al2O3) et des spinelles.  L’émeri est une roche contenant un mélange pour 57% Al2O3, 23% Fe3O et divers oxydes. On voit différents agglomérats de corindon et d’autres cristaux comme le grenant et la sillimanite.

La Naxite est une autre roche originale de Naxos : roche blanche contenant des cristaux bleus, des saphirs et des traces d’amphibolites. Les minéraux blancs ne sont pas des carbonates formant le marbre comme je m’y attendais mais des minéraux riches en alumine, des micas, silicates.

 

 

La formation du corindon est expliquée :

  1. La bauxite Al(OH)3 subit l’érosion pendant des périodes de pluies tropicales
  2. Elle se dépose en milieu aquatique dans des plaines côtières ou dans des pièges karstiques, elle est altérée en Al OOH
  3. Dépôt de calcaire
  4. Métamorphisme : le métamorphisme est envisagé dans le cadre de la tectonique des plaques. Avec la subduction, la Pression et la Température augmentent les oxydes d’alumine AlOOH sont transformés en Corindon Al2O3

La carte géologique de Naxos montre l’extrême complexité de l’île divisée en 4 grandes régions

  1. Zone métamorphique avec marbres et schistes
  2. Migmatites
  3. Intrusion granodioritique
  4. Sédiments récents

Je comprends alors le chaos granitique de Mikri Vigla tandis que nous avons traversé des régions de marbres et schistes.

Le métamorphisme a toujours été pour moi difficile à saisir ; Métamorphisme de contact autour de l’intrusion granodioritique ou métamorphisme général dans le cadre de la tectonique des plaques ?

La dame me montre une autre curiosité de Naxos : les cherts de Stelida . Stelida est la petite colline pointue près de l’aéroport qu’on voit de la plage de Mikri Vigla. Dans ces cherts on trouve du quartz, du zircon et de l’hématite. Ces cherts ont été utilisés dans la Préhistoire pour faire des outils.

Encore une curiosité : les fossiles de vertébrés d’une faune africaine et des dents d’éléphants nains (comme à Malte) .

J’aurais pu rester beaucoup plus longtemps dans ce musée mais il en reste 3 autres à visiter !

Le Musée folklorique est sympathique avec quelques meubles et des photos anciennes de fêtes avec des musiciens.

Le Musée des Beaux-Arts est décevant. Aucune œuvre ne m’a vraiment parlé.

Le petit Musée d’Histoire Naturelle se trouve tout en haut du village ? Il occupe une pièce ? !bien sympathique mais bien poussiéreux : coquillages, éponges, coraux m’ont intéressée. Les champignons tombent en poussière ;

Le départ du sentier de randonnée N°5 est en face du Musée, sous un petit pont. Sur la flèche je lis Aghia Kiriaki (1h) Ag. Theologos (25mn). Aghia Kyriaki contient des fresques intéressantes iconoclaste mais avec le retour il faut compter 2 heures et il est déjà midi ! je n’arriverai pas au bout !

Le chemin est une allée dallée avec des marches qui descend. Il est très bien  tracé et passe d’abord entre des buissons de cistes roses (ciste de Crète ?) puis se transforme en chemin creux à l’ombre de chênes-verts. C’est une promenade fraîche (on est en altitude) dans une campagne cultivée. De temps en temps un grillage doit être poussé (et remis), par moment je retrouve le dallage du chemin, parfois grossier (il fait mal aux pieds) on passe dans le creux d’un ruisseau. Je n’ai pas vu Ag. Theologos des flèches pointent Aghia Kyriaki, j’ai déjà marché 35 minutes, je reg=brousse chemin à regret. La remontée est beaucoup plus facile que je ne le craignais.

A Apeiranthos, Dominique a dû subir l’envahissement par 4 cars de touristes qui n’éteignent pas leur moteur (pour la clim) et qui se sont déversés simultanément dans ce petit village.

La route d’Apeiranthos à Moutsouna sur la côte orientale de Naxos est une route spectaculaire avec des vues étendues sur les îles ? C’est aussi une route vertigineuse et étroite. Nous n’aurions pas aimé croiser un autre véhicule. Le thym en grosses boules violette s’étale sur la chaussée.

Nous découvrons les vestiges de l’exploitation minière de l’émeri : le télétransporteur qui relie la mine au port, les pylônes sont encore reliés par les câbles.  On voit même les bennes de l’émeri.

Moutsouna : l’ancien port de l’émeri

Moutsouna : une petite plage, un port, deux barques de pêcheurs, un haut portique et le rail de l’émeri qui rouille sur place. Deux ou trois tavernes. Nous choisissons celle qui a des chaises bleues et qui est à l’ombre des tamaris. La carte comporte un classeur avec les photos des plats. Les prix sont sensiblement plus élevés qu’hier. On prend encore petite friture et sardines. 9 sardines sont alignées dans une sauce à l’huile et au citron. Dalaras chante « s’agapo.. ». Dès que j’ai fini mes petits poissons je vais me baigner. Dominique me fait de grands gestes : on nous offre le dessert, entre fromage blanc et blanc-manger avec un glaçage coulis de fraise et un petit verre de kitron, glaçage citron et un sorbet à la fraise. C’est sympa, on ne prend jamais de dessert dans les tavernes.

Après une nouvelle baignade je commande du café grec. Au village j’ai lu une nouvelle appellation du café grec « café-ibrik », je connaissais café turc devenu café grec, café byzantin. Encore une gentille attention, le serveur a mis les billets de 10 € de la monnaie en cornet autour d’une fleur de géranium. Sympa et original !

Le musée a été une excellente introduction à notre visite aux mines d’émeri. Dans une boutique d’Apeiranthos j’a trouvé deux feuilles imprimées sur l’Emeri de Naxos. J’y apprends que le nom émeri viendrait du grec « smiris », roche noire bleutée très dure (la dureté du corindon est inférieure d’un degré à celle du diamant). L’émeri est commercialisé sous forme de poudre pour le polissage des métaux, du verre, du marbre, on connaît la toile d’émeri, on l’incorpore aussi aux revêtements antidérapants. Depuis 1852 les dépôts d’émeri appartiennent à l’Etat Grec qui en a cédé l’exploitation aux villages d’Apeiranthos et de Koronos. L’extraction se faisait dans des tunnels et occupait en 1913-1914 mille mineurs. En 1930 un « télé-transporteur » fut mis en service pour acheminer l’émeri à Moutsouna. Il a fonctionné avec 72 pylônes jusqu’en 1978/ Maintenant hors d’usage il marque encore le paysage. On peut accéder au site par, une petite route 5 km avant Moutsouna. En face gardé par une grille on voit un dépôt de roches noires. Il faut encore parcourir 3.5km pour découvrir les tunnels cimentés et les bâtiments anciens qui tombent en ruine. Le creux du vallon est fleuri de lauriers roses ; Je marche, essayant de repérer parmi les cailloux des cristaux brillants, noirs de corindon, ou brillants de muscovite ; j’en sélectionne 3 puis les jette ; Quand on voyage en avion il n’y a pas de place pour les cailloux. J’aurais rêvé d’une visite accompagnée par un géologue qui m’aurait entraînée dans les tunnels (je n’ose pas y pénétrer seule). J’aurais aussi aimé comprendre pourquoi cette activité a cessé.

Carrières de Calcaire : Limestone Heritage et plage de Gnejna bay

CARNET MALTAIS

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Front de taille de l’ancienne carrière

10h30, trop tôt pour aller à la plage.

IS-Siggiewi : Limestone Heritage

C’est une visite chère 9€ (pas de Multipass, pas de réduction senior) dans un cadre luxueux, restaurant ou salon de thé privatisable pour des évènements dans une ancienne carrière réhabilitée. La visite commence par une projection vidéo. On m’équipe à la sortie d’un casque audio-guide pour la visite extérieure (texte un peu redondant). Dans l’ancienne carrière on a reconstitué l’explication traditionnelle du calcaire à globigérine, le plus tendre qui se taille facilement en pavés réguliers.

taille des blocs de calcaire (reconstitution)

Les carriers creusaient des rainures au pic puis inséraient des coins métalliques sous une plaque de tôle pour faire éclater la roche. Ensuite on découpait des pavés réguliers et on récupérait les  morceaux irréguliers pour les murettes et les abris de jardin. Rien n’était gaspillé. On chargeait une vingtaine de pavés sur de légères charrettes peintes en rouge. Dans les années 1950 la reconstruction après les destructions de la guerre et l’expansion démographique, la mécanisation est arrivée avec des machines diesel montées sur rails qui découpaient avec des scies rotatives des pavés réguliers de 26cm (ce qui est approximativement la longueur d’une main aux doigts écartés).

Les camions Dodge

Les fines charrettes furent remplacées par des camions Dodge qu’on a peint en rouge comme les charrettes. Les chauffeurs les ont décorées, ils ont donné des noms à leurs véhicules, prénoms féminins, ou stars … L’ancienne carrière est plantée de hauts palmiers et d’un verger d’orangers ; un ruisseau descend en cascade le long du front de taille où subsistent les rainures de l’exploitation manuelle(l’exposition mécanique laisse un mur lisse). Ensuite une exposition montre les différents aspects de la vie traditionnelle maltaise : canaux d’irrigations taillés dans la pierre, Girna abri de jardin rond conqiue ou en forme de dôme, cuisine avec réchauds de pierre , niches ou cachettes dans la pierre des murs…C’est une jolie visite mais j’espérais en apprendre plus et voir une exploitation plus authentique.

gneja bay et tour

Sur la côte Est de Malte, deux baies Gnejna bay ou Golden  Bay se trouvent à proximité de L-Imgar. Il faut retourner à Rabat . La plage de Gnejna Bay est bordée de sable orange. Il y a deux kiosques dans des containers avec quelques tables pour déjeuner. Les plagiste ont installé une caravane et louent des lits de plages et des parasols à rayures bleue et blanches, des parasols verts, canoës et Kayaks et même des bateaux à moteur pour le ski nautique ou la promenade. L’eau est moins limpide que sur les plages rocheuses, peut être à cause du sable ou des estivants pas très soigneux. La zone de baignade est bien délimitée. Je pars pour une « expédition lointaine »vers la crique rocheuse suivante et c’est magique : l’eau reflète la couleur dorée de la falaisesj’ai l’impression de nager dans des paillettes dorées ou dans la moire vertes aux reflets d’or. L’eau bouge plus qu’ihier. Cela m’amuse de chercher des différences entre les différentes baignades.

Sous un grand parasol, sur une table en plastique, nous déjeunons de calamars en anneaux frits et de fish&chips. Il faut faire le service soi-même. Simple et cool, rien à redire.

Vers 16h nous rentrons à Qawra pour visiter l’Aquarium (12.90€ mais gratuit avec  le Multipass) . Bel aquarium mais j’en ai vus de plus intéressants.

 

 

 

 

 

Parc National du Connemara – promenades naturalistes et poétiques

CARNET IRLANDAIS 

DSCN9255 - Copie
Mont diamond

Le Parc est situé à Letterfrack sur la Wild Atlantic Way à une quinzaine de km au nord de Clifden. On  est très bien accueilli au Centre des visiteurs. l’exposition, dans  une petite salle obscure, raconte 10.000 ans d’histoire du Connemara :

  • de la fin de la dernière glaciation lorsque une végétation rase de prairie portait seulement des buissons de genévriers et de saules nains(analogue à ce que nous avons vu au Quebec en montagne).
  • Il y a 7000ans, la forêt de chênes et de pins couvrait le Connemara ainsi que les houx et les bouleaux.
  • L’Homme est arrivé il y a 5000ans au Néolithique. Avec lui, le début des cultures de céréales et l’élevage.
  • Il y a 2500ans, la tourbière a remplacé la forêt. Deux hypothèses expliqueraient sa formation. Selon certains spécialistes son origine serait anthropique, les hommes auraient brûlé la forêt, la production d’une grande quantité de charbon aurait imperméabilisé le sol et empêché son drainage. L’autre cause serait climatique : la pluviosité en Irlande est telle qu’elle excède largement l’évaporation. (il tombe en moyenne 1650mm d’eau et ne s’en évapore que 550mm). Cet excédent et les conditions anoxiques forment un milieu très acide contribuant à la formation de la tourbe.

Dans une salle du musée consacrée à la tourbière, on a construit une haute colonne figurant une coupe stratigraphique de 10.000 ans. la conservation des pollens permet d’établir avec certitude les environnements végétaux. En plus de ces expositions, un audiovisuel de 17 minutes présente de très belles images du parc. J’ai été  étonnée d’apprendre que les rhododendrons sont considérés comme  invasifs et nuisibles pour la biodiversité. Trop touffus, ils ne laissent pas les autres végétaux se développer. On les « élimine » dans le Parc.

A 11h, j’ai la chance de participer à une promenade guidée. Carol, la guide, munie d’un bâton de marche, harnachée avec des guêtres, observe avec sévérité nos chaussures. « Nous allons dans des endroits très humides, vous allez être trempés ! « . Elle décourage deux jeunes couples qui feront la promenade  du Mount Diamond(445m) sur le sentier gravillonné. Les Allemands protestent. Ils ont du rechange dans la voiture. Je proteste : mes Columbia toutes neuves sont  Gortex ! Trop basses .

maisons pastels de Letterfrack
maisons pastels de Letterfrack

Première pause à l’aplomb du village : histoire de Letterfrack : Des Quakers anglais, James et Mary Ellis s’installèrent en 1849 pour aider les Irlandais frappés par la Famine.Ils louèrent 1000 acres de terre qu’ils bonifièrent, plantèrent des arbres, construisirent une école, un Tempérance hôtel. Depuis, le village est connu comme « village Quaker » alors que tous sont catholiques et qu’il n’y a plus de quakers. Aujourd’hui, Letterfrack abrite une antenne de l’Université de Galway, on y enseigne le design des meubles, l’ébénisterie. Un bâtiment est consacré à la restauration de meubles anciens des chantiers plus importants sont aussi exécutés . Letterfrack s’enorgueillit de sa radio locale, importante pour les personnes isolées dans la campagne.

apparition furtive et embrumée
apparition furtive et embrumée

Après avoir traversé une prairie bien mouillée (il vient de pleuvoir) deux cerfs se détachent sur l’arête d’une colline. Jolie apparition, assez rare selon la guide. Ce n’est qu’à la période du brame qu’ils se rapprochent du parking.   Carol nous montre les fleurs de la prairie : les

casse-lunettes euphrasia pratensis
casse-lunettes euphrasia pratensis

 

 

Casse-lunettes (Euphrasia officinalis pratensis) dont on faisait bouillir les racines pour soulager la conjonctivite.

 

 

 

Il y a plusieurs espèces d’orchidées et plusieurs espèces de bruyères : la « crossleaved

Erica tetralex
Erica tetralex

heath » Erica tetralix en français Bruyère tétragone ou bruyère des marais, est l’emblème du parc. Certaines plantes font partie de la flore lusitanienne, endémiques au Portugal et en Espagne Atlantique.

 

 

 

bog asphodel

Une plante m’a étonnée Bog Asphodel(narthecium ossifragum) n’a rien en commun avec les asphodèles que je connais, c’est un e petite plante de 10 à 15 cm aux fleurs jaunes étoilées.

 

 

Les Linaigrettes sont nommées  Bog Cotton . Carol leur a cherché une utilité : la seule linaigrette_wolfqu’elle a trouvée est de servir de bourre pour des boutons.

 

 

 

 

Sphaigne et drosera
Sphaigne et drosera

Dans un endroit encore plus humide, nous trouvons les plantes carnivores Drosera intermedia  Sundew qui pallie la pauvreté en nutriments de la tourbière en piégeant les insectes. La plante la plus importante, celle qui va  être transformée en tourbe, c’est la sphaigne. Carol en saisit une poignée, l’essore, une énorme quantité sort, et il en reste ! Il en existe différentes espèces. Ces sphaignes furent utilisées comme pansement pour les blessés, leurs propriétés antibiotiques prévenaient les infections. Les Indiens d’Amériques les utilisaient comme couche pour les bébés.

Plus loin dans la montagne, on voit des carrés plus verts et des tas de pierre. Là vivaient des gens avant la Famine. Les villages abandonnés se remarquent à peine. A nos pieds, des blocs de granite recouverts de lichens parmi les fougères : une tombe préhistorique. Quand Carol nous la montre, je reconnais bien les deux blocs levés comme à l’entrée d’un dolmen. La grosse dalle du toit a glissé.

séchage de la tourbe
séchage de la tourbe

De retour dans le milieu humide, Carol nous parle de l’exploitation de la tourbe , combustible traditionnel pour le chauffage mais aussi pour la cuisson des aliments. Il existe même une centrale électrique fonctionnant à la tourbe. Autrefois, on creusait à la pelle. Il fallait déblayer la végétation, puis creuser en découpant des briques de tourbe. Aujourd’hui, des machines débitent des sortes de « saucisses ». le travail n’est pas terminé avec la découpe. Il y a le séchage au soleil, dans un  pays où il pleut autant. La tourbe contient énormément d’eau qu’il faut éliminer. Il faut retourner, mettre debout les briques et enfin les rassembler en tas. D’après ce que j’ai compris, les gens obtiennent une concession pour aller creuser, on en confie une pour 6. La tourbe réserve parfois des surprises : les objets sont très bien conservés dans ce milieu anoxique où la décomposition ne s’opère pas. On a retrouvé des cadavres en parfait état ; de l’état manucuré des mains, on a pu déduire  que l’homme retrouvé était le fils d’un noble assassiné. Telle jeune fille morte il y a des siècles a été retrouvée avec ses cheveux, mais éviscérée : mort étrange qui pourrait inspirer des romans policiers.

On a également retrouvé des mottes de beurre. La tourbière fut utilisée comme réfrigérateur. Le beurre était conservé dans un sac, puis oublié, il pouvait se conserver éternellement. Il s’imprègne malgré tout de l’odeur de la tourbe.

Ce soir, une conférence a pour sujet La boue, les fossiles et les pollens. J’aurais bien aimé l’écouter si nous avions été logées à proximité.

Pour pique-niquer nous retournons au dessus de Ballybakill harbour, la vue est merveilleuse.

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Letterfrack a aussi organisé un parcours poétique au départ du Centre des visiteurs. Le sentier descend dans le bois profond, passe une chapelle, un petit pont, sur un panneau, un poème qui me plait bien. Le sentier serpente dans le bois et revient au bassin et à la cascade. Il sort du domaine pour rejoindre le cimetière des enfants : sur la pelouse des cœurs en marbre noir poli, un prénom, 12 ans, 13 ans, 14 ans au plus; Dans le bâtiment du Centre des Visiteurs, il y avait autrefois une école réputée très sévère, les enfants sont morts pendant leur scolarité.

La promenade se poursuit dans le village où je découvre une série de maisonnettes de teintes pastels. Au rebord des fenêtres, des corbeilles de fleurette bleue, bégonias rouge orangé. Les poèmes sont introuvables, je m’arrête là.

Depuis 6 jours à Clifden, nous n’avons pas encore visité son musée. Il est temps de réparer cet lacune ! La Musée est installé dans l’ancienne gare (avec un hôtel et un restaurant). A la place des noms de rue, on a conservé les plaques des quais. Les rails courent encore sur la chaussée . Pour renforcer l’illusion, l’odeur de la tourbe ressemble à celle des anciennes gares du temps des locomotives à vapeur.

Joli cadre, mais exposition sans intérêt sauf si on est passionné de chevaux. Le rez de chaussée est consacré au Poneys du Connemara.  Palmarès de récompenses, rosettes, diplômes décernés aux éleveurs, ne m’intéressent nullement. En mezzanine une petite histoire de Clifden. Fondée en 1812 par John d’Arcy dont nous avons vu le château. L’arrivée du train à la fin du 19ème siècle devait favoriser le développement de la « capitale du Connemara » avec l’essor du tourisme. Des paysans l’empruntèrent pour leur départ vers l’Amérique. Quelques objets rappellent cette époque : une balance pour peser la laine, une machine à écrire…rien de passionnant.

Derrimlagh :

Retour pour terminer la promenade sur les lieux de la Station Radio de Marconi. Je marche sur une vraie route goudronnée puis par des chemins de cailloutis dans une tourbière exploitée actuellement, un peu plus de 5 km sous un ciel menaçant, d’un bon pas. « Archéologie » du début du 20ème siècle. Des bâtiments, il ne reste que de vagues fondations (un peu comme dans les ruines antiques de Crète). Sur des socles artistiquement rouillés (ils sont neufs) on a planté des explications, des photos anciennes : ici, le condensateur qui vibrait avec un bruit infernal, là la centrale électrique fonctionnant à la tourbe, là le bungalow du contremaître… Au début, c’est amusant, ensuite je passe rapidement (il pleut) devant l’étang où les employés pêchaient la truite. Parcours plus sportif que culturel ! Quelques jours plus tard, je verrai à la télévision l’inauguration de cette attraction qui vient tout juste d’être réalisée.

Après dîner j’ai le projet d’aller au Pub. Tous les restaurants, tous les pubs de Clifden affichent de la musique live. Lequel choisir ? Tous sont peints de couleurs vives et avenantes. Je ne connais rien à la musique celtique (que je préfèrerais) ni au rock irlandais. Le « Griffins » en bas de chez nous peint en bleu me semble plus attirant. Nous garons la voiture devant. Les autres font plus « restaurant pour touristes » avec leurs menus en français, ou trop chic comme celui d’en face. A neuf heures je descend vêtue de mon Sweatshirt neuf  habillée « pour sortir ». Déception, la salle est  presque vide. Seules deux tables sont occupées. L’une par une famille française  avec deux petites filles sirotant un coca avec une paille. L’autre avec des touristes regardant les photos prises pendant la journée. Deux échalas coiffés de stetson sont perchés sur les tabourets du bar, ils grattent une guitare sans conviction sur des airs du far west. Je m’assieds seule à une troisième table. Personne ne vient prendre la commande, il aurait peut être fallu que j’aille au bar me servir… Dans cette ambiance morose, je ramasse mon sac et me tire. Je suis venue trop tôt, sans doute, et pas le bon jour, ni à la bonne adresse…piège à touristes.