Abbaye de Jumièges

BALLADE NORMANDE

Retour par le chemin des écoliers, ou plus précisément par le Parc Régional des Boucles de la Seine Normandie. 

Nous quittons l’autoroute A13 à Pont-Audemer , passons par la Mailleraye et le Pont de Brotonne. je suis étonnée par les forêts que nous traversons dans les Boucles de la Seine : hêtres de taille imposante, chênes et conifères. Après avoir traversé la Seine nous longeons le fleuve dans un paysage étonnant mi-agricole, mi-industriel. Interminable traversée d’un bourg : Le Trait avant de trouver Jumièges et son  abbaye ruinée mais très imposante.

Jumièges : la grande nef romane vue du choeur

A la Révolution, l’abbaye est vendue comme Bien National et devient une carrière de pierre. Le Romantiques vont  redécouvrir ses ruines  qui seront mises en valeur dans un parc romantique planté de tilleuls, de hêtre pourpres et d’arbres remarquables. C’est dans cette optique de « ruine romantique » que je vais visiter Jumièges sans intention historique précise.

Le monastère bénédictin est très ancien : fondé en 654. Au 11ème siècle l’abbatiale fut reconstruite, une des plus hautes églises romanes du dûché. Cette haute construction romane me fait penser aux églises normandes des Pouilles : Saint Nicola de Bari ou Trani qui sont du 11ème siècle, romanes et très hautes. La nef et ses deux tours carrées sont impressionnantes (46 m). L’hôtellerie, date du 12ème siècle. Le choeur de l’église, reconstruit au 13ème est gothique. Un passage voûté 14ème relie la grande église Notre Dame à l’église Saint Pierre remaniée au 14ème siècle et gothique.

Jumièges gothique

Je suis munie d’un plan et si j’en avais fait l’effort, j’aurais pu, sur place identifier les différentes structures avec leur style. Je suis plus occupée à faire des photos, à imaginer les contrastes entre les ruines minérales et la végétation omniprésente sur les murs, dans les ouvertures.

l’Hôtellerie

Les tilleuls embaument, les graminées sont secouée sur la terrasse qui était autrefois le potager des moines. On accède à cette terrasse par un magnifique escalier à double révolution 17ème, construit en même temps que le logis abbatial classique avec son toit à la Mansart et son double fronton triangulaire. Je profite de la promenade sans me poser trop de questions.

terrasse ds potagers des moines

Le retour nous offre une surprise : la Seine se passe en bac. On a à peine le temps d’admirer les falaises de craie et on se retrouve de l’autre côté du fleuve.

 

le Mont Canisy Blonville – Bénerville – déjeuner à Villerville

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Blonville sous le soleil ; tentes et parasol

Enfin une belle journée de Juillet! Suivant encore les conseils avisés de François je reprends le Chemin du Chanteur ravie de cette répétition. La D20 est toujours aussi passante, je l’emprunte dans la direction de l’Est, traverse une autre voie, contourne un lotissement en périphérie de Blonville sur un chemin interdit aux automobiles. Après avoir passé la voie ferrée la montée commence sur une petite route bordée de haras aux pelouses vertes et bien tondues. Plus haut, à la base du Mont Canisy boisé se trouve le Parc Gulbenkian ; malheureusement, il n’ouvrira qu’à 11 h, m’informe au téléphone l’employée de la Mairie de Deauville qui gère le site. Après l’entrée du Haras des Enclos il faut prendre un petit escalier qui coupe l’épingle à cheveux et conduit à l’entrée du site historique.

Le Mont Canisy 

Butte de 110 m d’altitude surplombant le littoral et gardant l’estuaire de la Seine. Le Mont Canisy occupait une position stratégique. Fortifié depuis les années 1930, il fait partie du Mur de l’Atlantique. Sans être fan d’histoire militaire, il faut reconnaître que les souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale sont encore bien présents, sans parler des plages du Débarquement. Le Mont Canisy est aménagé en batteries, truffé de béton et de blockhaus. Je passe vite les installations militaires cherchant plutôt à profiter de la vue exceptionnelle sur Le Havre et ses docks d’une part et de l’autre côté jusqu’à Ouistreham.

le site, comme le Marais, est une Znieff (zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique. On pourrait herboriser sur la pelouse calcaire.

Bénerville : villa cossue

je descends par Bénerville dont certaines maisons ne manquent pas de charme. L’église (11ème siècle) est entouré du cimetière du village. Sur une tombe proche de l’église on a planté deux pommiers. Sur la route qui déscend à la place, certaines villas sont cossues.

Je retrouve Dominique sur les planches de Blonville. On a monté les tentes bleues, certains parasols sont  déployés. Le Key West  – un snack avec une belle terrasse sur la plage – vient d’ouvrir aujourd’hui. Comme ils refusent de prendre la réservation d’une table sur la plage nous remontons en voiture et allons voir ailleurs : à Villerville dont j’ai acheté l’itinéraire de promenade dans le Parc des Graves  (6km). Google nous indique un restaurant Les Pieds dans l’eau qui nous tente.

Eugène Boudin : la plage de Villerville

Villerville était un village de pêcheurs au bord de l’estuaire de la Seine; accroché à la Falaise des Vaches noires. Il est devenu dès le 19ème siècle une station balnéaire où l’on construisit des maisons un peu extravagantes avec tourelles et toits pointus, manoirs de brique avec vue sur le Havre. Une baleine vint s’échouer, on utilisa l’huile et on construisit un théâtre dans son squelette….En 1962, nouvelle célébrité quand Henri  Verneuil vint  tourner avec Gabin et Belmondo Un Singe en hiver, des panneaux rappellent le tournage du film et une grande fresque montre Gabin et Belmondo.

Le village est très en pente, les rues étroites, le GPS ne parvient pas à nous conduire à la Terrasse des Pieds dans l’eau (les voitures n’y arrivent pas, il faut se garer en haut du Parc des Graves et descendre à pieds. Nous trouvons un parking sur la digue en face de la fresque et à côté la terrasse d’un hôtel très chic Le Paquebot, construit en style Paquebot- Art déco.

Restaurant style snack, chic&cher. Au diable l’avarice et la gastronomie! Je commande une assiette de fromages normands (camembert, Livarot, Pont Lévêque) pain beurre  et Dominique des toasts avec des rillettes de poisson. Pour terminer une coupe de glace du paquebot avec du caramel fondu et de la crème chantilly.  Le soleil tape, on déploie pour nous un parasol. Excellente étape!

Villerville : épave dans la tangue

je pars pieds nus sur le sable mouillé. La mer s’est retirée si loin que je ne tente même pas d’y arriver. Un petit tour vers Deauville, sur une plage sauvage. J’arrive Aux Pieds dans le sable. Pas de regrets, Dominique n’aurait pas pu descendre! Un autre tour, côté Honfleur, le désert, il n’y a personne vraiment personne, seule des carcasses de bois (la baleine à l’envers) d’anciens bateaux de pêche dont il ne reste que les côtes. Des piquets sont fichés dans la tangue formant comme une allée. Je commence à paniquer. S’il n’y a personne, c’est peut être dangereux. Je gamberge : une marée qui monterait comme au Mont Saint Michel à la vitesse d’un cheval au galop? Des sables mouvants? Je fais demi-tour.

Promenade dans le Parc des Graves en haut de la falaise. Je n’ai plus le temps de faire les 6.8 km de l’itinéraire. Et nous voulons rentrer tôt pour profiter de notre dernier soir au Lieu Bill.

Marais de Blonville et bord de mer jusqu’à Houlgate en passant par Villers

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Notre hôte m’a donné une carte avec un itinéraire de promenade : 4 km jusqu’à la mer. Je donne rendez-vous à Dominique un peu plus loin à Blonville où nous devrions trouver un restaurant de plage.

Sous un soleil agréable, j’ai emprunté le chemin  qui part derrière la Maison d’Hôtes entre des barrières de bois. Sur la droite, une très belle chaumière coiffée d’iris. Un petit troupeau de vaches blondes au pré.

Le hangar de la propriété est couvert de panneaux photovoltaïques – véritable petite centrale – Le chemin herbu longe des vergers de pommiers. De l’autre côté de la route, un portail monumental précède une propriété luxueuse. Je prends la petite route goudronnée jusqu’au carrefour marqué le Droulet, départ du Chemin du Chanteur. la circulation sur la petite route est réservée aux riverains, puis la route se transforme en sentier entre les arbres formant des haies descendant au ruisseau qu’on passe à trois reprise sur des petits ponts de planches. La D20 est une  route passante mais on la quitte au bout d’une centaine de mètres pour trouver le Chemin du Chesnoye qui traverse la voie ferrée et arrive dans le Marais Villers-Blonville. Ce Marais est une Zone Naturelle Protégée d’environ 120 hectares de praires bocagères drainées par des canaux. De nombreux cheminements ont été aménagés pour les piétons et cyclistes avec des bancs. Un cordon de dunes le sépare de la plage. On voit le Paléospace (musée de Paléontologie) construit près d’un étang et des constructions modernes sans intérêt.

Plutôt que de rejoindre la mer au niveau du Paléospace, je préfère rester dans le Marais espérant suivre le GR mentionné sur la carte. Le GR n’est pas balisé, je me perds un peu. C’est une balade facile avec des chemins cimentés rouges bien propres et des ponts de bois pour franchir ruisseaux et canaux. Impossible de s’orienter « à la boussole » à cause des cours d’eau. Je marche parallèlement à la plage jusque au Camping de Blonville.

Plage de Blonville

Le ciel devient très menaçant et l’averse commence quand j’arrive sur la plage. Après une demi-heure de pluie, nous fixons rendez-vous au Restaurant La Digue à Villers. Le ciel se dégage vite en bord de mer, la promenade pieds dans l’eau est bien agréable. La Digue est un beau restaurant très bien situé, un peu cher. Le service est parfait. les MOules à la crèmes de Normandie très bien servies et délicieuses. Sous une nouvelle averse, la mer est grise.

A marée descendante je me sens en sécurité pour longer les Vaches Noires, falaises argileuses grises Jurassique   

très riches en fossiles  dégagés à marée basse pour le plus grand plaisir de nos élèves de 5ème qui ont toujours bien profité de cette journée à la mer et rapporté gryphées,ammonites et coraux. Le « troupeau » de vaches noires sur l’estran est formé par des blocs de craie dégringolés de la falaise couverts de moules et de balanes, les goélands s’y perchent et dégustent sur place les coquillages.

De la Digue à la sortie d’Houlgate, la promenade dure près de deux heures.

De retour au gîte, la chambre est inondée de soleil. La chaleur est si douce après cette journée pluvieuse que je me cale dans le fauteuil devant la fenêtre pour prendre un bain de chaleur jusquà la tombe de la nuit, passé 22 heures.

Beuvron en Auge, un très joli village

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Ce village est très joli et très touristique. Si la Covid a défiguré Crèvecoeur avec ses affichettes bleues, elle a aussi chassé les hordes de touristes sur la route du Mont Saint Michel dont les cars ont l’habitude d’y faire étape. Nous avons donc le privilège de voir le village animé de quelques couples de retraités paisibles assis en terrasse des cafés ou de la crêperie. Les boutiques sont un  peu fermées mais les vitrines nous suffisent.

Le village est très fleuri. les maisons sont normandes mais variées, toits de tuiles ou d’ardoises, pans de bois mais aussi briques. Les boutiques et cafés sont encore « à l’ancienne » même si l’épicerie ne vend plus d’alimentation  courante mais des objets artisanaux, paniers en grillage, chapeaux de paille … j’aurais volontiers acheté un des pièges à guêpes en verre de très belle facture à un prix raisonnable. Les bijoux fantaisie sont aussi tentants.

Crêperie Colomb’Auge

Nous attendons que se libère une table en terrasse à la Crêperie à l’enseigne de Colomb’Auge. Je choisis  la crêpe Super byin de T’cheu nous garnie de camembert, livarot, Pont Levêque, pomme cuite au pommeau et poitrine de porc. La petite pomme a été cuite sur la plaque du four dans le pommeau et tranchée en rondelles. Elle donne une note tout à fait originale tandis que les fromages fondus forment une crème onctueuse.

La galette scandinave est au saumon.

Ces deux galettes sont excellentes. 1

Cambremer – Les Jardins du Pays d’Auge –

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Jardins d’Auge Poulailler hostas

Le Pays d’Auge est très vallonné.La route de Cambremer tortille entre les haies du bocage normand. Par les trouées, on entrevoit des haras, des fermes cossues, des vergers de pommiers, des vaches normandes, paysage de cartes postales. Pans de bois et chaumières, certaines maisons sont bâties de briques, d’autres allient brique et bois ; sophistication de celles dont les briques forment des damiers entre les poutres. Vente de cidre et de pommeau à la ferme. 

L’église de Cambremer se trouve sur une place tranquille sous le crachin.

Les Jardins du Pays d’Auge

jardins d’Auge puits

Entrée 8.5€. Un livret illustré et détaillé avec un plan est fourni . Créé en 1994, le jardin est composé d’une vingtaine de tableaux ou de saynètes végétales : « jardin de la lune », « jardin du Diable« , « jardin pourpre »…..des allées conduisent aux différentes parties, des flèches guident le visiteur qui parcourt des boucles compliquées pour une longue promenade pleine de surprises. Pour les curieux (ou ceux qui aménagent leur jardin personnel) de nombreux végétaux sont étiquetés pour faciliter l’achat en pépinière.

Jardins d’Auge Hortensia gouttes de pluie

L’allée des Tilleuls conduit à un petit pigeonnier carré « le poulailler« . Pas de volaille mais de jolies gallinacées en céramique ou en métal. L’âne, dans son écurie est bien vivant, lui! Après la pluie, les larges feuilles bleutées des hostas mauves sont parées de gouttelettes. L’atmosphère humide confère une ambiance romantique rappelant les jardins irlandais ou écossais. En Irlande, personne ne se plaint de la pluie qui fait pousser une végétation luxuriante dans les jardins. Sur les fleurs des hortensias les perles de pluie brillent comme des bijoux. Hydrangeas et hortensias fleurissent à profusion, Variétés de grosses boules blanches, vertes ou roses vif presque carmin, ou de cônes blancs  étroits et pointus, boutons prêts à exploser, feuilles rondes ou triangulaire.

Jardins d’Auge : oratoire passiflore

J’arrive dans un labyrinthe bordé par un mur et trois petites guérites carrées abritant des statues : Saint Michel terrassant le dragon,  Vierge et Saint Fiacre, patron des jardiniers. Ce parcours initiatique me conduit à l‘Oratoire dans la senteur des roses blanches. Une douce musique s’élève. Une liane s’enroule dans un coin, passiflore blanche que j’ai confondue avec une clématite. La symbolique mystique est redoublée par la présence de l’olivier et du figuier, arbres chargés de spiritualité. Les agapanthes annoncées ne sont pas encore fleuriez .

Du Jardin du soleil, feuillages jaunes on parvient au jardin de la Lune orné d’un bassin rond et de belles poteries émaillées bleues. Une Allée de Noisetiers mène à une vaste pelouse avec des bosquets à l’anglaise et des petits salons de fer forgé.

Jarfdins d’Auge

Le plan révèle une construction rigoureuse, un alignement de carrés selon un axe. Le relief vallonné brouille la perspective. Les maisonnettes de l‘écomusée contiennent une collection d’outils anciens ou l’atelier du savetier.

Un grand cloître végétal d’ifs est planté autour d’une fontaine comme le lavabo des moines. je découvre le Jardin de l’Amour courtois qui est une roseraie. jeux d’eau dans la mare; au lavoir ou dans une succession d’auges de granite. Chants des grenouilles, bruissement d’une cascade miniature.

jardins d’Auge jeux d’eau

je photographie, filme, fascinée par les gouttelettes déposée sur le feuillage délicat d’un fenouil soulignant les ombelles.

Nous avions prévu de déjeuner à la Crêperie mais il est vraiment trop tôt.

Le Lieu Bill – des chambres d’hôtes dans une belle maison normande

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Le Lieu Bill et son séquoia

Le Lieu Bill est situé un peu à l’écart de la D118 au bout d’une belle allée de peupliers. Ne pas confondre le Gite Rural avec le village de vacances situé un peu plus bas. Les chambres d’hôtes sont dans la grande maison ancienne précédée de maisons normandes basses et d’une grande et belle chaumière.

A notre arrivée un très grand chien gris aux longs poils se lève. C’est un lévrier irlandais : Pomme, très gentille mais impressionnante.

Un séquoia géant plus que centenaire est planté devant la maison. Cet arbre américain était à la mode dans les villas normandes à la Belle Epoque. Sous le soleil, on se reposera dans les salons de jardin ou sur le banc de bois laqué. Deux vieux cerisiers ont donné assez de fruits pour faire 50 pots de confiture mais je découvre un merisier couvert de petits fruits noirs acidulés qu’on a négligé de récolter et qui sont délicieux.

L’accueil est très chaleureux.  Notre hôte nous offre le verre de bienvenue, du jus de pomme de sa production, puis les jours suivants  le jus de poire, et le pommeau (17°).  François, le propriétaire nous tire une photocopie de la carte au 1/25.000 ème et trace des itinéraires de promenade. Il est aussi de très bon conseil pour planifier les visites touristiques.

Notre chambre, Séquoia, a deux lits jumeaux et une belle salle de douche. Située à l’angle du bâtiment, elle possède deux grandes fenêtres habillées de double-rideaux gris clair et soulignées par les volets pliants bleu-vert d’eau. De mon lit, je suis fascinée par les arbres géants qui se dessinent derrière les petits carreaux. A l’arrière-plan,les branches tortueuses, puis le feuillage léger d’un frêne, plus près un marronnier aux épaisses feuilles et plus proche l’arbre de Judée vert tendre. Je regrette d’avoir oublié mon matériel de dessin.

Murs blancs, deux lits séparés par une table de nuit au plateau de marbre noir. Dans un coin, une commode ancienne avec des motifs peints. Deux étagères avec des livres, 8 cintres suspendus en dessous. Une grande sobriété, rien de trop, rien d’anachronique qui choquerait. Bon goût et simplicité.

Confort de la salle d’eau contemporaine avec sa vasque de pierre ronde et sa cabine de douche à l’italienne vitrée.

Quand on se réveille, le lendemain matin, il pleut à verse. Les frondaisons agitées dégoulinent et me rappellent la forêt des nuages de Monteverde au Costa Rica.

le petit déjeuner est servi

Le petit déjeuner est servi dans la belle salle à manger avec glaces et moulures. Pots de confitures maison. Bustes et têtes en terre et en bronze. Nous logeons chez des artistes sculpteurs. Jolie vaisselle, pain frais et chouquettes. yaourts Blonvillais, produits dans une ferme toute proche, excellents.

 

Villers-sur-Mer : le plaisir de retrouver la mer!

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Villers par temps gris à marée basse

En cette étrange année 2020 de Covid, où les voyages lointains sont impossibles, la balade  normande prend un air d’aventure que nous ne lui connaissions pas. A peine trois heures d’autoroute, et nous voici parties….Pour mettre tous les atouts dans notre jeu nous allons directement à l’Office de Tourisme chercher de la documentation bien décidées à de nouvelles découvertes (même si je suis venue dix fois au moins auparavant, avec ou sans élèves, pour la visite du Paléospace et la chasse aux fossiles aux Vaches Noires). Un petit salut au dinosaure végétal qui orne le square.

Le ciel,  bien gris, ne tempère pas ma joie de marcher pieds nus jusqu’à Blonville. Fouler les plages, un temps interdites, décuple mon plaisir . Les goélands ne sont pas dérangés pour une pêche de gros poissons plats aussi grands qu’une sole portion.

Villers : les cabines de plage

Pour déjeuner près de la mer, nous nous installons à la terrasse couverte du Mermoz. Les autres restaurants sont sur la rue piétonnière qui monte, bordée de commerces, mais nous ne verrions pas la mer. Le Mermoz est un restaurant plutôt chic avec des serveurs stylés et masqués qui propose, le midi, un menu complet à 16,5€. Je commande en entrée un Effiloché de raie au vinaigre de framboise qui est une salade complète – salade verte, câpres, croûtons, tomates cerises et dés de betterave rouge – le plat est du Parmentier de boeuf et pour dessert deux boules de glace. Dominique choisit à la carte un saumon à la sauce citronnée servi sur une patate douce.

Les vaches noires de Villers

Basse mer à 14h30, la mer remonte déjà quand je pars vers les Vaches Noires, je n’irai pas jusqu’à Houlgate aujourd’hui, j’ai peur d’être rejointe par la marée qui monte au ras des falaises.

 

Giverny : Manguin – le jardin de Monet – balade près de Rouen

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La Petite Italienne

Denisa Kerschova, dans Alegretto (France Musique) avait choisi, un vendredi d’illustrer musicalement cette petite Italienne de Manguin.Podcast ICI

J’étais curieuse de voir l’exposition à Giverny (jusqu’au 5 nov 2017)

 

Portrait de Manguin

Je ne connaissais pas du tout ce fauviste et j’ai bien aimé les portraits colorés. Il y a beaucoup de portraits dans cette exposition et son modèle est souvent Jeanne.

De sa période de Saint Tropez j’ai aussi aimé les paysages colorés, toujours la couleur! Le titre de l’exposition.

quelles couleurs!

Eyt pour le plaisir:

couseuse

les tableaux postérieurs ne m’ont pas autant plu,la ligne de dessin étant souvent matérialisée par un trait noir et une palette plus sage les a un peu affadis.

Nous sommes surtout venus voir le jardin de Monet au printemps, les couleurs d’automne le renouvellent et j’ai fait des orgie de photos!

Game jaune orange!
camaïeu rose violine bleu

Et pour terminer cette belle journée nous avons poussé jusqu’à Rouen ou plutôt Franqueville où l’ai fait une très belle promenade, partant du cimetière j’ai suivi les points jaunes, traversé des chams labourés et des prés (vaches) pour longer une bois. Le sentier s’est enfoncé dans le joli bois très en pente et en bas niché dans une petite vallée j’ai découvert un joli village avec moulin ancien (16ème siècle), une petite église charmante et même une cheminée d’usine en brique qui s’harmonisait bien avec la brique des habitations.

le moulin de SaintAubin
Le clocher de Saint Aubin

Et puis la pluie a commencé par une petite bruine. Dans la forêt j’étais à couvert et j’ai eu juste le temps de revenir à Franqueville sans être mouillée

A la plage! d’Asnelles à Cabourg

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A la srtie dde Ouistreham : une maison un peu délirante avec les fleurs du mal recopiées sur la façade

Dimanche matin, il fait beau, j’ai envie de continuer la promenade abandonnée hier soir à Asnelles mais je ne me suis pas renseignée des horaires de marée. La Gold Beach d’Asnelles  hier me paraissait immense, mais le coefficient de marrée est élevé (87) et l’eau arrive au ras de la digue, impossible de marcher sur la plage. Je me renseigne avant de partir auprès des pêcheurs, il vaut mieux emprunter le sentier dans le marais puis dans la dune. C’est moins agréable que les pieds dans l’eau mais il n’y a pas le choix ,et puis cela change !

marée haute!

Asnelles, Ver  et  Meuvaines sont moins chics qu’Arromanches , les maisons en bord de mer sont plus modestes et parfois le dallage de la « corniche » est malaisé et étroit de 50cm mais cela passe . Ce matin, dimanche, je rencontre beaucoup de joggers qui me dépassent allégrement. Après le marais, une dune plantée d’oyat borde la plage qui est en galets. Aucun regret de marcher sur le sentier, les galets ne sont vraiment pas agréables pour marcher (pour nager, j’aime bien parce que l’eau est plus transparente) . Nous nous sommes donné rendez-vous au parking du camping Canadian Scottish   de Graye-sur-mer qui est le camping municipal malgré son nom britannique. C’est un camping traditionnel, pas un camp de luxe et c’est bien sympathique. La mer se trouve à 15m.

Nous avons encore un pique-nique de luxe : 3 très belles langoustines chacune que nous disséquons avec application pour ne rien perdre ni des pattes ni de la tête (céphalothorax dit l’ancienne prof de SVT). Heureusement  nous avons des assiettes, de la mayonnaise en tube et tout notre temps !

L’après-midi je continue la balade à la sortie de Courseulles, que je n’avais vraiment pas envie de parcourir à pied avec ses immeubles noirs d’ardoise. Je découvre qu’il y a un pont qui se lève pour les piétons pour éviter de contourner toute la marina qui est fort étendue.  Après Courseulles jusqu’à Saint Aubin je recommence la promenade de jeudi. Pour marcher près de l’eau il faut aller très loin et la mer a tellement découvert l’estran qu’on marche dans la vase. Finalement les promenades au bord de l’eau réservent des surprises !

Pour notre dernier soir à Ouistreham , au menu moules marinières. Sur l’ardoise, je note la provenance Hollande. Aout n’est pas franchement la saison pour les moules normandes.

Lundi 21 Aout : Cabourg et retour

Varaville : maison normande

Initialement nous aurions dû rentrer déjà samedi, il faut donc bien partir ! Le ménage est vite fait (nous avons passé tout le temps dans le jardin et ne sommes rentrées dans la petite maison que pour cuisiner et dormir). A 10 heures nous  sommes sur le Pont Pegasus en direction de Cabourg.

plage de Varaville-Cabourg 11h30, sous les nuages

Le ciel très nuageux se dégage juste après ma promenade sur la plage. Au déjeuner, une crêpe jambon fromage, achetée au camion, pas très savoureuse, la crêpe est sucrée, le jambon c’est du poulet et le fromage fondu est sans goût, ni sel ni poivre). Mais le soleil d’Aout brille et chauffe ; je vais enfin pouvoir me baigner.

14h sous le soleil

Seul bain de cette petite semaine. Il y a de belles vagues, l’eau est à 19° et l’air à 20°. Malheureusement mon maillot sans bretelles a un élastique bien fatigué. Une vague prise de face me déshabille ; je me jette dans l’eau et un maître nageur très consciencieux vient à mon secours. « Il y a un problème madame ? « – « oui, mais vous ne pouvez vraiment pas m’aider ! » je ne sais pas s’il a compris pourquoi je rampe le ventre sur le sable en essayant discrètement de me rhabiller. Il va falloir que je m’achète un autre maillot !

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Plages du Débarquement de port en Bessin à Asnelles en passant par Arromanches

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Port en Bessin

Falaises à l’ouest de Port en Bessin

La route de Bayeux à Port en Bessin passe devant un Musée du Débarquement (encore !), puis un cimetière militaire aux croix blanches plantées serrées ? On ne peut ignorer cet épisode de l’Histoire encore très présent dans les mémoires qui draine des milliers de touristes du Canada jusqu’en Australie en passant par la Grande Bretagne et les Etats Unis.

Port-en-Bessin

Port en Bessin est un village ancien. Contrairement à beaucoup dans les environs il ‘é pas subi trop de destruction. Ramassé autour de son petit port, cerclé de deux digues arrondies chacune terminée par une grande tourelles , l’une rouge, l’autre verte. Niché entre’ deux falaises herbues, l’une portant un fort Vauban l’autre des blockhaus bien visibles d’en bas. Je demande à l’office de tourisme s’il existe un sentier côtier sur les falaises.

« Non ! Elles sont dangereuses pur cause d’éboulement ! les entiers sont fermés, la promenade se fait dans la campagne loin du bord . Mais vous pouvez monter sur la route du Phare, vous aurez déjà un beau panorama ! »

la digue qui protège le port

J’ai  confondu les grandes balises sur les digues avec le phare. Sur la digue la plus à l’ouest je rencontre des enfants qui discutent le plus sérieusement du monde du poids des plombs qu’il convient de mettre sur la ligne pour pêcher les maquereaux. Ils portent des cannes à pêche sophistiquées. Ici, on pêche en famille. Au bout de la digue, un père est accompagné de ses trois filles . Une mère vient chercher son rejeton et lui intime l’ordre de se poster là où il y a un garde du corps. Je découvre de belles falaises sauvages colorées de brun et de gris avec des piliers ruiniformes pittoresques.

La rue du Phare est très escarpée. Le Phare est une simple maison qui porte une grande statue de la vierge. Sur le plateau, pas de sentier mais un Golf. Une barrière est ouverte avec un chemin conduisant à des stèles portant le nom des soldats morts au combat fleuries de coquelicots à la mode anglaise, plastifiés.

La vue est en effet très belle.

Au pied du fort Vauban il y a aussi un monument commémoratif ; On y dépose des coquilles saint Jacques qu’on ramasse sur la plage qui en est couverte. Le fort Vauban est fermé, on y a jeté toutes sortes de saletés. Le sentier continue ensuite en haut de la falaise mais la pluie menace et c’est l’heure de déjeuner.

Nous décidons de continuer en direction d’Arromanches et cherchons un chemin avec une vue sur la mer.

Le port artificiel d’Arromanches

La D514 court assez loin de la côte, on emprunte des voies sans issues et qui ne mène nulle part, puis à Longue-sur-mer nous parvenons au site des Batteries allemandes de Longues aménagées pour les visiteurs puis à un grand parking pour les camping-cars d’où la vue est dégagée sur le Port artificiel d’Arromanches.  Une route étroite descend aussi à une plage. Malheureusement nous ne sommes pas seules et ne trouvons aucune place pour arrêter la voiture. On piqueniquera donc en compagnie des camping-cars de toutes les provenances (le plus proche est espagnol).Ce port a eu le nom de code Mulberry   sur Gold Beach : les blocs de ciment  sont encore visibles 70 ans après la guerre. Les brises-lames et les digues furent constitués de bateaux – blockships qui devaient se saborder et de caissons-phoenix. Construits en Angleterre et mis en place le 7Juin 1944, le port fut encore fonctionnel   jusqu’à la fin octobre 1944 malgré une tempête qui les endommagea le 19 Juin.

Asnelles

A Tracy-sur-mer je descends sur la plage pour marcher jusqu’à Asnelles  en passant d’abord devant Arromanches.  A marée basse,  la plage est animée par les rondes des chars-à-voile .  Arromanches est assez construite mais je ne quitte pas le sable mouillé. Je retrouve Dominique au bout d’Asnelles dans la zone à la zone conchylicole de Meuvaines . La mer est montée, je ne vois pas trop si ce sont des moules ou des huitres, et les exploitations sont bien sûr enfermées derrière des grillages.

Nous rentrons assez tôt pour aller au marché au poisson sur le port d’Ouistreham où j’achète deux soles. Nous en cuisinons trois soirs de suite. Ce n’est pas varié mais délicieux !1