Hicham Berrada au Louvre-Lens

ESCAPADE NORDISTE

Nuages? Feuillages? vaisseaux sanguins?arborescences? sur les vitres de la Galerie

Hicham Berrada est ce plasticien un peu chimiste, un peu informaticien qui invente des univers minuscules dans des bocaux, cristallisoirs  où il fait varier différents paramètres (température, acidité, conductivité etc…) pour observer des phénomènes de précipitation, cristallisation, corrosion, sédimentation, érosion… qu’il filme dans des vidéos poétiques ou qu’il moule et met en scène dans des aquariums. 

un monde dans un aquarium

J’avais déjà rencontré ses œuvres dans le Parc de Versailles pour un Voyage d’hiver 

mais ces univers minuscules étaient perdus dans les bosquets.

Seconde rencontre à l’Abbaye de Maubuisson

près de Pontoise et j’avais été bluffée par cette chambre d’or et par les vidéos

un autre petit univers minéral

Aquariums, vidéos des expériences de chimie artistique, il ne faut  pas oublier les installations créées pour le lieu de résidence ni l’utilisation des algorithmes pour des créations en même temps aléatoires et maîtrisées.

L’art contemporain est une conclusion logique de la Galerie du Temps qui ne peut s’arrêter à l’art classique. Cependant, pour la comparaison, la barre est haute et se trouver confronté à de tels chefs d’oeuvres n’est pas forcément un avantage pour un plasticien, même reconnu.

Paris Romantique au Petit Palais

Exposition temporaire : 22 mai – 15 septembre 2019

1815 Passage des souverains Porte Saint Denis

PARIS ROMANTIQUE 1815 – 1848

L’exposition est une déambulation dans le Paris des années 1815 (Cent Jours) jusqu’à la Révolution de 1848. Quelques dates balisent notre parcours

  • 1819 Géricault Radeau de la Méduse,  Ingres : Grande Odalisque
  • 1822 Delacroix Barque de Dante
  • 1824 mort de Byron, Delacroix Massacre de Scio, 
  • 1830 Hernani, Symphonie Fantastique
  • 1931 La Liberté guidant le peuple  et Notre Dame de Paris

Nous ne verrons pas ces tableaux célébrissimes  qui sont pour la plupart au Louvre.

Une carte de Paris présente les étapes de notre promenade dans Paris qui commencera aux Tuileries dans les ors royaux, passera par les Galeries du Palais Royal, le Louvre, Notre Dame, la Bastille puis le Quartier Latin, la Chaussée d’Antin, la Nouvelle Athènes, les Grands Boulevards.

A chacune de ces étapes une salle est décorée, meublée et présenteles tableaux et objets traduisant l’esprit des lieux.

La Duchesse du Berry

Au Palais des Tuileries seront présentés les membres de la famille royale dans un décor royal –  très surchargé –  de meubles de marqueterie, de vaisselle d’or et de pierres précieuses, de lourds candélabres. Les broderies des robes de cour aux motifs d’or ou d’argent sont aussi précieuses  que le reste de la décoration. On fait aussi connaissance avec des personnalités sympathiques comme la duchesse de Berry,  Marie d’Orléans, artiste, élève d’Ary Scheffer. Dominante de rouge et ors, ce n’est pas la salle que j’ai préféré.

Palais royal scène de café

Le Palais Royal, était selon le cartel de présentation, l’épicentre de la vie parisienne. Une grande fresque murale presque à l’échelle humaine, deux belles maquettes nous familiarisent avec les lieux. Les vitrines des boutiques sont reproduites et occasion de présenter tout ce qu’on imagine être les Articles de Paris . On pouvait trouver des souliers d’une grande finesse, des bottines en satin (de très petite taille, les élégantes ressemblaient-elles aux Chinoises aux pieds bandés?), des éventails précieux en ivoire ajouré ou peints, incrustés…, sacs et bourses de formes extravagantes, pour les hommes, des cannes, véritables armes de défense, et même les bretelles de Balzac.

Balzac

Bronzes et pendules, coffres à ouvrages et même des fontaines de parfum. J’ai beaucoup aimé cette section évoquant la vie quotidienne et illustrant les nouvelles de Balzac que, justement je suis en train de lire. Le Palais Royal avait aussi une réputation sulfureuse avec les tripots des joueurs et le racolage.

Promenade de Julie et Saint Preux sur le lac de Genève

La 3ème salle représente Le Louvre. Mon regard est attiré tout d’abord par le très grand tableau de Delacroix : Le Christ au Jardin des Oliviers, trop grandiloquent pour mon goût ainsi que des Saints aux visages trop éthérés de Ary Scheffer. Je préfère m’intéresser à des tableaux de plus petite taille  de peintres aux noms oubliés (inconnus de moi) Bouihot, Debia, Roquelin…

Passage de Portes-de-Fer

La promenade en barque de Julie et de Saint Preux sur le Lac de Genève peinte par Le Comte de Crespy est une très belle surprise, et illustre l’idée que je me fais du Romantisme. Exotiques, les Portes-de-Fer (1839)illustrant la conquête de l’Algérie. Exotique aussi ce Souvenir de Voyage de Dumas à Cadix (1846) peint par Giraud. Orientaliste, Delacroix avec ces admirables Convulsionnaires de Tanger.

Delacroix : convulsionnaires de Tanger

Une salle nous emmène dans la Notre Dame de Paris, celle de Victor Hugo  (sans la flèche) avant la restauration de Violet le Duc. Pendule dorée de la cathédrale. Mais surtout des scènes du roman : Esméralda avec sa petite chèvre de Steuben et les Scènes de Notre Dame de Paris.

Daumier : Portraits-charges

Dans la Salle 5 on évoque le Paris de la Révolution de 1830 qui fut aussi celui de la Bataille d’Hernani illustrée par de nombreuses caricatures et celle de la Symphonie Fantastique. A propos de caricatures, je découvre les Portraits-charges, petites sculptures en terre-cuite peintes ou non

Le Quartier Latin met en scène le personnage de la Grisette(Mimi de la Vie de Bohème). Les Boites à marmottes étaient exhibées par les petits savoyards qui montaient à Paris faire les ramoneurs. Les étudiants furent les sujets des gravures de Gavarni : sur l’une d’elle une femme fait une mise en plis « Combien m’en mets-tu de papillotes? »

Erection de l’Obelisque Dantan

La Nouvelle Athènes réunit des artistes . Au centre on a mis à l’honneur un piano Pleyel comme celui de Chopin. Un fond musical accompagne la visite. On voit encore des portrait à charge de Dantan. Liszt est caché par ses longs cheveux. Une petite aquarelle montre George Sand et Liszt.

George Sand et Liszt

Les Grands Boulevards réunissent Théâtre et opéra; On y présente des décors des pièces romantiques, des costumes de scènes et encore des caricatures de Daumier, des Portraits-charges de Dantan; Dantan ne se limite pas à la caricature, il a aussi exécuté des bustes des musiciens : Meyerbeer, Bellini, Donizetti et Verdi. Les grands actrices et chanteuses La Malibran, Giulia Grisi, Rachel sont aussi présentes peintes sur de grands portraits.

L’exposition se ferme sur la Révolution de 1848 le bureau de Louis Philippe porte les cicatrices d’ouverture par les Révolutionnaires.

Cette exposition est très agréable par sa variété, plutôt que de mettre en évidence des chefs d’oeuvre de peinture ou de sculpture, elle a pu évoquer la vie quotidienne avec objets, musique, théâtre…

Thomas Schütte : Trois Actes à la Monnaie de Paris

Exposition temporaire du 15.03 au 16.06.2019

L’Homme sans visage

J’ai hésité avant de me rendre à la Monnaie de Paris : l’affiche placardée dans le métro ne me disait rien : visage grimaçant d’un rose violacé violent. J’ai parfois du mal avec l’art contemporain (mais je me force)   de jolies surprises et parfois des déceptions.

Un monstre soufflant de la vapeur par les narines accueille les visiteurs dans la cour de la méridienne, tête de vache (ou de girafe) queue de dauphin. Je le retrouverai plus tard dans l’exposition en miniature, figurine de pâte Fimo colorée que le sculpteur a confectionné pour ses enfants.

Muses et Héros :

Si les personnages masculins – les Héros – sont souvent grimaçants, hiératique ou gesticulants, les Muses sont plus apaisées.

Femme d’aluminium
Femme d’acier

A ces deux femmes voluptueuses (surtout la femme d’aluminium) succède une rangée de gnomes perchés en hauteur dans un couloir. Têtes de céramique émaillée noires, bleues, vertes métallisées, vieux messieurs sévères ou grimaçants rappelant les bustes d’empereurs romains , les caricatures de Daumier ou des masques de carnaval (selon le cartel)

Gnome en céramique émaillée
Gnome

Une série de portraits à l’aquarelle ou de caricatures est interrompue par des ours en peluche

La salle la plus spectaculaire est celle des United ennemies, des petites marionnettes aux têtes colorées en pâte Fimo habillées de tissu et réunies par paire sont perchées sur des colonnes et coiffées de globes de plexiglas.

United ennemies

Les visages sont grimaçants, les couleurs violents, les attitudes conflictuelles. Comme si cela ne suffisait pas, Schütte les a mis en scène devant des photographies qui les montrent en gros plan.

La mise en scène est saisissante.

Autre mise en scène, une pièce de théâtre en trois actes : Mohr’s Life. L’artiste Mohr , au centre de l’intrigue, très petit personnage est placé dans un décor de taille réelle (placard à chaussure, penderie, armoire à vêtement). Dans l’un Mohr, sculpteur fait face à son oeuvre, dans un autre il peint des nuages et enfin il est confronté à un marchand d’art.

Deuxième acte (Mohr peintre au fond des chaussettes suspendues)

C’est amusant, déroutant par le décalage de taille, plein d’humour.

Les fantômes de verre en verre rouge de Murano sont aussi de petits personnages mis en scène dans une enceinte de miroirs

Fantômes de verre

Schütte a travaillé dans l’atelier de Berengo à Murano et a sculpté de très belles têtes de femmes en verre

Glaskopf

Séduit par cette belle matière, le sculpteur n’abandonne pas la céramique pour autant. Une énorme tête bleue est à l’honneur dans une belle pièce et se reflète dans le miroir 18ème siècle

 

Blauer Kopf

Des têtes géantes

L’art de Schütte ne se résume pas à ces têtes grimaçantes. Non seulement il travaille aussi bien le métal, le verre ou la pâte fimo, mais il fait de très délicates aquarelles et construit des maquettes d’architecture. Maisons inhabitables que ces « maisons pour une personne » mais aussi un centre d’art qui a effectivement été construit. Des étagères contiennent des maquettes ou des figurines minuscules.

Enfin, la dernière salle « Guillaume Dupré » avec son plafond à caisson en trompe-l’oeil et sa fresque ovale au plafond, ses balustres avec des dorures, les colonnes de marbre et ses vitrines luxueuses,  offre un écrin à la maison-cristal et aux sculptures mise à l’honneur dans des vitrines précieuses. Point d’orgue à une belle exposition.

La cour d’honneur et les géants de bronze

Il reste encore à admirer les géants de bronze dans les cours, les jambes englués dans la boue.

Les NABIS et le DECOR, Musée du Luxembourg

Exposition temporaire du 13/03/19 au 30/06/2019 

Vuillard : Jardins publics (détail)

Les collections permanentes du Musée d’Orsay sont riches en Vuillard, Bonnard et Maurice Denis, nous avons vu récemment l’exposition autour du Talisman de Sérusier 

Ker-Xavier Roussel : La Terrasse

Je ne pensais pas être aussi agréablement surprise par tant de nouveauté! Le projecteur éclaire un aspect original de leur production : Le Décor. Comme dans l’exposition Mucha la frontière entre Beaux Arts et Arts Décoratifs se trouve effacée. Encore une autre exposition-parente récente, celle du Japonisme qui trouve un écho!

Maurice Denis : Juillet

Il faut imaginer les tableaux présentés non pas séparément, mais comme faisant l’objet d’une commande afin de décorer l’intérieur d’un appartement ou d’un hôtel particulier dans les plus grandes œuvres comme La Légende de Saint Hubert par Maurice Denis ou l’ensemble monumental pour Bing par Ranson. 

Bonnard : le Grand jardin

On entre dans l’exposition par l’illustration des Femmes au Jardin avec la série des Jardins Publics de Vuillard qui m’a énormément plu! En face je découvre un Maurice Denis plus intime – inspiré par l’amour de sa fiancée – qui a peint sur le thème des saisons de petits panneaux colorés très séduisants, conçus pour le décor d’une chambre de jeune fille (celui que j’ai préféré : Avril ne doit pas être pris en photo) .

Bonnard : femme robe à pois blanc – femme avec un chat

Bonnard a peint des jeunes femmes associées à des arabesques, des motifs végétaux et des animaux avec la série de grands tableau autour de la cueillette  des pommes et du grand jardin mais aussi des longs panneaux verticaux (qui m’ont rappelé l’esthétique de Mucha).

Vuillard détail

Vuillard a aussi excellé dans les décors d’intérieur où il a restitué avec tous les détails possibles l’atmosphère d’une bibliothèque ou celle d’un salon féminin où l’on joue du piano ou on se livre aux ouvrages de dame. Papier peint fleuri, robe fleuries, détails des motifs du tapis et comme éclairage un volumineux bouquet de fleurs blanches en ombelles posé sur le piano….

Vuillard (détail)

Le troisième thème abordé est celui de l’Art Nouveau dans ses applications décoratives : abat-jours peints, paravent (de Marguerite Sérusier), papiers- peints de Maurice Denis… cartons pour des vitraux et même tapisseries (Maillol et Ranson) et même marqueterie(Ranson).

Paravent de Marguerite Sérusier

Enfin, on retourne au symbolisme avec les Rites Sacrés : Sérusier s’inspire de la forêt avec Le Rendez-vous des Fées et la grande composition de La Légende de Saint Hubert de Maurice Denis (pas trop à mon goût).

Sérusier : la Vision près du torrent ou le Rendez-vous des fées

Ces Nabis ont su me surprendre! Quel bonheur!

Préhistoire – Une énigme moderne – Centre Pompidou

Exposition temporaire 8 mai-16 septembre 2019

 

Barcelo (argile sur verre)

Malgré l’affiche qui ressemble à un biface, malgré le titre, ce n’est pas une exposition archéologique et vous verrez très peu de ces silex taillés, haches polies ou harpons d’os que vous avez l’habitude de trouver – parfois bien poussiéreux – dans certains musées de la Préhistoire.

Ami Drach & Dov Ganchrow

C’est d’art contemporain (ou moderne) qu’il s’agit!

Exposition ou plutôt parcours chronologique dans une spirale des temps géologiques. Il faut ici prendre « Préhistoire » au sens large,  comme dans l’expression « animaux préhistoriques » parce que vous allez voir quelques fossiles et beaucoup de dinosaures. Il ne s’agit pas plus de géologie (même si on y fait allusion) mais d’art sous toutes les formes, sculpture, peinture et cinéma!

Gabritchevsky

Aux débuts de la Terre, une planète sans humains, peuplée de créatures fantastiques comme l’a peint Gabritchevstky qui avant d’être peint fut biologiste, entomologiste menant des recherches sur l’hérédité. Max Ernst et De Chirico ont aussi suivi cette inspiration en dessinant des monstres.

Max Ernst : frottage

35.000 ans,  28.000 ans. Non seulement les humains ont colonisé la Terre, mais ils sont déjà des artistes!

Vénus de Lespugue

La Vénus de Lespugue  est une des stars de l’exposition. Elle a fasciné les plus grands de Picasso à Giacometti qui en possédaient des copies et qui les ont inspirés. Elle se trouve donc en compagnie des œuvres de ces artistes et de bien d’autres. j’ai beaucoup aimé la vitrine contenant des sculptures de Brassai

Brassai

ma préférée est celle qui est en bas à droite. Brassai s’est aussi inspiré des graffitis sur les murs, analogues aux graffitis dans les cavernes? Sur Caresse de Giacometti , une main gravée sur le marbre blanc fait peut être allusion aux mains préhistoriques qui décorent les peintures rupestres, sensualité du marbre.

Giacometti Caresse, marbre blanc

Nous connaissons les outils préhistoriques. Miro s’est amusé sur les deux tableaux ci-dessous:

modernité? Clés à molette, hélices, tuyaux
Préhistoire? notez les analogies! massues, ossements, silex

Altamira, Chauvet, peintures rupestres. La caverne s’orne d’un art raffiné.

peintures rupestres
Yves Klein : Empreintes de corps de Femmes

ou

Richard Long

Et que dire des grandes fresques de Miquel Barcelo à l’argile sur du verre. Œuvres éphémères qui semblent surgir de l’âge de pierre, ou de la falaise des Dogons ou Barcelo a eu un atelier.

Barcelo – Danse macabre ou chasse primitive?

Les mégalithes de Carnac, les pierres gravées de Gavrinis se mêlent au Land Art de Spiral Jetty de Robert Smithson – une vidéo montre des engins de chantier déversant des chargements de roches dans le lac. A l’opposé Richard Long,  le marcheur, construit son oeuvre par ses pas

Richard Long, néolithique ou contemporain?

La spirale des temps va-t-elle se boucler avec une extinction? Avec du papier hygiénique, du carton et des cure-dents, matières périssables, dérision de l’art, Jack et Dinos Chapman ont scénographié les dinosaures à la veille de leur extinction

Les dinosaures de papier et carton des Chapman

Une vidéo se déroulant à Fukushima où un singe habillé préfigure peut être cette extinction des humains

La boucle du temps est bouclée

 

 

BASQUIAT L’Enfant rayonnant – Paolo Parisi – ed. Chêne

BABELIO / MASSE CRITIQUE

Un joli roman graphique est arrivé dans ma Boîte à Lettres. Merci à Babélio et aux éditions Chêne. Format agréable, beau papier, couleurs franches,

« les couleurs présentes dans les oeuvres de jeunesse »

dit l’auteur. Graphisme intéressant, et roman graphique bien documenté.

…Un hommage, une tentative de faire de la bande dessinée ce que la bande dessinée n’est pas »

continue-t-il dans les pages liminaires.

A être franche, j’ai d’abord été un peu déçue. Je suis revenue enthousiasmée de l’exposition Basquiat l’an passé à la Fondation Vuitton.  J’avais découvert l’univers de Basquiat si riche en symboles et en signifiants. Un animateur avait donné quelques clés pour comprendre ces œuvres foisonnantes et j’espérais que ce nouveau livre utiliserait certains de ces codes . Pas du tout!

Ce n’est pas un livre d’Art : aucune reproduction de Basquiat ne figure ici. Pas d’interprétation. Des allusions au marché de l’art. Des rencontres avec les contemporains de l’artiste : Warhol, bien sûr, Keith Haring également.

 

Ce n’est pas un plagiat! L’auteur n’a pas plagié l’artiste. Il n’a pas chercher à dessiner à la manière de…

 

C’est un travail original, une sorte de biographie. Paolo Parisi s’est inspiré de la vie de Jean-Michel Basquiat, il a cherché à traduise sa fulgurance avec ses mots, ses idées, ses dessins.  Il raconte une histoire. Son héros, SAMO d’abord, Basquiat quand il devient célèbre, la vie entre fête et drogues, limousines et caves….la musique, les femmes qu’il a rencontrées, les marchands….jusqu’à la fin.

Le Modèle Noir de Géricault à Matisse – Musée d’Orsay

marie Guillemine Benoist : Portrait de Madeleine

EXPOSITION TEMPORAIRE du 26 mars au 21 juillet au Musée d’Orsay

 

C’est une grande exposition, prévoyez du temps!

Si vous prenez l’audio-guide vous serez guidé par Lilian Thuram et Abdelmalik. 

François-Auguste Briard : L’Abolition de l’Esclavage dans les Colonies Françaises

Elle couvre la période historique allant de la Première Abolition de l’Esclavage (1794) au XXème siècle. Exposition chronologique, sous un aspect historique où l’histoire de l’Esclavage et son Abolition occupe une place centrale.  Tableaux et gravures voisinent avec les décrets d’Abolition, des éditions originales, le manuscrit de Bug-Jargal de Victor Hugo.

On peut aussi adopter plutôt un regard plus pointu sur le Modèle Noir dans la peinture comme nous l’invite le titre de l’exposition.

L’ambition est de redonner un nom à ces grands oubliés du récit des avant-gardes en plaçant l’histoire de l’art en miroir de l’histoire des idées; des sensibilités et des représentation »

Joseph : étude d’homme par Géricault

Les conservateurs qui ont organisé l’exposition on fait des recherches pour nous présenter ces modèles, leur donner un nom, une identité au lieu des titres anciens « portraits de Nègre » ou de « mulâtresse »….Nous découvrons des personnages comme Madeleine, la jeune femme de l’affiche, domestique affranchie du beau-frère de Guillemine Benoist. Joseph, modèle de Géricault qui en a fait le marin central du Radeau de la Méduse, était aussi le modèle de Chasseriau

Etude d’homme noir par Chasseriau pour une composition d’Ingres

Joseph, acrobate et mélomane était très apprécié dans le milieu artistique, une vrai vedette à l’époque.

Je m’intéresse à la personnalité des modèles presque autant qu’à celle des peintres connus comme Géricault, Delacroix ou Chasseriau, qui soutenaient dès le début du XIXème siècle la cause abolitionniste.

Delacroix : Jeune Homme en buste coiffé d’un turban rouge

Le Jeune noir à l’Epée de Puvis de Chavanne a déchaîné l’admiration d’Abdelmalik dans le commentaire, pas le mien, je n’aime pas beaucoup ce peintre.

Le Châtiment des quatre piquets démontrant la cruauté de l’esclavage fut refusé au Salon de 1843 et la date de 1849 (après l’Abolition) est inscrit .

Châtiment des 4 piquets

Au milieu du XIX ème siècle l’anthropologie tenta de caractériser les types et les races (souvent pour établir une hiérarchie justifiant le colonialisme). Sans tomber dans ce travers négatif Charles Cordier produisit alors des bustes saisissants

Cordier : buste d’une femme des Colonies
Cordier : Vénus africaine

La salle suivante s’intitule Métissage littéraire un mur entier est dévolu à Alexandre Dumas d’abord caricaturé en exagérant ses traits africains puis portraituré comme un blanc quand il devient célèbre et respecté.

caricature de Dumas

Je découvre Jeanne Duval, la muse de Baudelaire

Jeanne Duval peinte par Manet

et dessinée par Matisse dans les illustrations  pour les Fleurs du Mal

matisse : illustration des Fleurs du Mal

D’autres personnages de couleur ou métisses sortent de l’ombre : Ira Aldridge acteur noir américain shakespearien qui émigra à Londres et triompha dans Othello. la musicienne havanaise : Maria Martinez, Miss Lala, acrobate peinte par Degas

Degas : Miss Lala

Autour d’Olympia est le thème d’une salle . On a retrouvé le modèle de la servante noire d’Olympia qui brandit un bouquet : elle s’appelle Laure.

Esther de François-Léon de Benouville
Bazille : jeune femme aux pivoines

On arrive au XXème siècle, une salle avec des vidéos est consacrée aux tirailleurs sénégalais (Valotton) et, après la Grande Guerre Joséphine Baker est célébrée ainsi que le jazz (Fernand Léger)

Paul Colin : La Revue nègre

Le jazz inspire Fernand Leger tandis que la dernière salle présente des collages colorés de Matisse.