La Maison-Atelier de Chana Orloff, villa Seurat

ATELIER D’ARTISTE NON LOIN DE MONTPARNASSE

Maternité

Il convient de réserver sur Internet sur le site de la Maison de Chana Orloff.(www.chana-orloff.org). Elle est ouverte le week-end et certains mercredis. Pour y aller : métro ligne 6, station Saint Jacques et prendre la rue de la Tombe-Issoire.

« mon fils marin » de Chana Orloff, place des Droits de l’Enfant

Quand vous aurez trouvé Didi dans le petit square vous serez presque arrivés! Chana Orloff est une artiste qui me touche beaucoup aussi bien pour la qualité de ses oeuvres que pour son histoire.

Chana Orloff

Chana Orloff est née en Ukraine en 1888, qu’elle a quitté avec sa famille en 1905 pour la Palestine. En 1910, elle part pour Paris se perfectionner comme couturière, rencontre les artistes de Montparnasse, Soutine, Modigliani …En 1926 elle fait construire sa maison-atelier dessinée par Auguste Perret

Auguste Perret

Cet atelier son « travailloir » comporte un espace d’exposition, sorte de galerie, un atelier éclairé par une verrière et un appartement en étage. Cent ans plus tard je retrouve les oeuvres exposées

Portrait de ses contemporains

Chana Orloff a réalisé de nombreux portraits très originaux. Elle saisit les traits caractéristiques d’un personnage sans toutefois tomber dans la caricature. J’ai regretté qu’un inventaire de ces contemporains n’ait pas été fait. La guide, très aimable m’en a montré quelques un dont Anaïs Nin qui était sa voisine. Des têtes mais pas seulement. Sur les bustes ou sur les personnages en pied, on peut noter le soin porté aux accessoires, aux costume bien taillé : l’oeil de l’ancienne couturière!

Personnages mais aussi animaux comme ce teckel

Un de ses sujets favoris sont des maternités, ce qui n’allait pas de soi pour les pionnières de l’époque comme Anaïs Nin, ou les Amazones qu’elle fréquentait.

Naturalisée française (et décorée) en 1925, elle reste à Paris pendant l’occupation allemande, prévenue juste avant la rafle de juillet 1942, avec sont fils, elle fuit en Suisse jusqu’à la fin de la guerre. Pour retrouver sa maison pillée, ses sculptures disparues. Seules 4 seront retrouvées.

Le Retour

Son style va changer, elle va prêter moins de soin aux détails vestimentaires. Surfaces plus rugueuses. Le Retour restera donc caché longtemps avant d’être présenté.

Après la naissance de l’Etat d’Israël, elle va y travailler. Une commande de statue à la mémoire de héros de guerre sera honorée avec la monumentale maternité d’Ein Gev

Maternité d’Ein Gev

Elle décède à Tel Hashomer en 1968.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la biographie que lui a consacrée Rebecca Benhamou : L’horizon a pour elle dénoué sa ceinture CLIC

Le livre commence au kibboutz Beeri, kibboutz victime du 8 octobre, encore une maison détruite, une maison pillée. La statue des Inséparables a disparu, volée? détruite?

Inséparables

la musée de la Maison de Chana Orloff organise à l’étage des expositions : en ce moment La Guerre et la Paix

Guerre et Paix

 

Matisse (1941 – 1954) au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 26 juillet 2026

La Gerbe

Cette exposition est très fréquentée, il convient (même avec une gratuité) de réserver à l’avance un créneau et d’éviter les horaires de pointe. Elle présente énormément de chefs d’oeuvres, les plus surprenants (les papiers découpés) sont à la fin, prévoir une belle plage de tempset des chaussures confortables. 

Autoportrait

1941, Matisse a 72 ans, il sort très affaibli d’une opération. Nice est relativement préservée de la guerre. Trop fragile pour peindre, il dessine beaucoup. Il dessine par séries, d’un sujet au fusain, il décline des infinies variations d’un trait élégant très sûr.

Aragon (1942) de profil

De profil, de face, il portraiture Aragon.

L’exposition nous montre les étapes de la réalisation d’un chef d’oeuvre : la Blouse Roumaine avec le portrait de Marguerite, sa fille. 

1943, tout le Midi de la France est occupé, Matisse quitte Nice pour Vence où il peint une série d’intérieurs :

Intérieur barres au soleil
Fond jaune deux jeunes filles

Matisse innove avec une série de papiers découpés qu’il réunit dans l’album Jazz présentée dans une cellule ronde et noire dans des vitrines éclairées. Deux thèmes sont privilégiés : des lagons marins avec des formes aquatiques

lagoon

ou des figures du cirque avec l’enterrement de Pierrot 

Jazz l’enterrement de Pierrot

mo  préféré esdt la chute d’Icare

La chute d’Icare

Matisse utilise cette technique pour illustrer de magnifiques livres de poèmes.

nature morte aux mimosas

Sa production ne se limite pas aux petits formats, il continue à nous émerveiller avec ses natures mortes et ses intérieurs, toujours ensoleillés, colorés : fenêtres, bouquets et citrons…

Polynésie : la mer (1946)

De la Polynésie il rapporte des motifs marins, algues, coraux poissons et oiseaux qu’il découpe sur de très grands panneaux dont certains sont rapportés sur des tissus.

L’exposition montre encore d’autres aspects du travail de Matisse : la Chapelle de Vence avec vitraux, panneaux, chasubles… (voir le beau documentaire d’Arte) 

Grand intérieur rouge (1948)

Nous ne sommes pas au bout des surprises : d’immenses panneaux de gouaches découpées vont retenir notre attention. La Gerbe répond à une commande pour une décoration en céramique d’une villa de Los Angeles. 

La Tristesse du Roi (1952)

Mon préféré est sans doute La Tristesse du Roi peut être un autoportrait en compagnie d’un guitariste et d’une danseuse que je n’ai pas identifié tout de suite. Il faut explorer toute la richesse de ce tableau. 

La sa&uteuse de corde

Et bien sûr terminer par les nus bleus mais lequel choisir? Je les aime tous

 

Dimanche sans fin – Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou – Metz

ESCAPADE A METZ

Exposition temporaire jusqu’au 02.02.2027

Henry Moore et Henri Laurens – sculpture sur la terrasse

Un dimanche sans fin convoque l’idée d’un temps étiré, d’un allongement tantôt joyeux tel une flânerie, tantôt plus sombre à l’image d’une errance. Un dimanche sans fin c’est aussi le travail sans relâche, l’emprisonnement de la pensée, ou, au contraire l’oisiveté. un  dimanche sans fin c’est une journée au musée….

Le nom de Maurizio Cattelan et sa banane provocatrice sur l’affiche, est, pour moi, un repoussoir, symbole, de l’art contemporain snob et chic, pompe à fric du marché de l’art. Je suis venue à Metz pour Louise Nevelson, en prime j’ai trouvé Morellet, je n’avais même pas envie de rentrer dans la section au nom de Cattelan. 

portraits

Et j’aurais eu bien tort parce que de très belles oeuvres de la collection sont données à voir. Maurizio Cattelan, en commissaire d’exposition, met en scène des chefs d’oeuvres sur la trame d’un abécédaire dont il a rédigé des cartels, des invitations à penser, rêver. Et c’est très bien fait. Il confronte ses oeuvres à celles de tous les artistes du XXème siècle. 

Kasimir Malevitch Sensation de danger

Surprenant Malevitch figuratif. Toute une salle Delaunay avec le Bal Bullier.

Est-ce un dinosaure?

De Cattelan, on peut sauver le guitariste dans la bouteille, comme les voiliers en bouteille. mais on ne peut pas le comparer à la petite fille de Picasso

Picasso – fillette sautant à la corde

Dans la série des sculptures que j’aime, Victor Brauner que j’imaginais comme peintre. Pour les peintres, arbitrairement j’ai choisi Arp

Arp

Et ce jeu d’échec de Viera da Silva

Viera da Silva

Cette exposition est un véritable plaisir des yeux, les oeuvres éclectiques, l’ordre surprenant. J’aurais eu bien tort d’éliminer la banane, si insignifiante! Et pour terminer ce bois de rêve!

Bois de rêve

Louise Nevelson.mrs N’s Palace au Centre Pompidou Metz

ESCAPADE A METZ

The Royal Tides : An american Tribute to the British Peaple (1960-1964)

Exposition temporaire jusqu’au 31/08/26

Louise Nevelson (1899, Ukraine -1988),

« l’exposition rend hommage à une artise d’avant-garde de l’installation ainsi qu’à sa pratique de la sculpture monumentale quasiment théatrale. Son rapport avec la danse sont mis à jour dans l’exposition. « 

Shadow and reflexion Silent music II hommage à John Cage

La visite de l’exposition est une promenade dans des univers étranges où des sculptures de très grande envergure dialoguent avec des statures ou des gravures. Chaque salle a pour nom Moon Garden ou Magic Garden, Bagage de lune, Tropical Rain Forest… Malgré ces noms évocateurs de verdure, les objets sont souvent noirs ou gris très foncé. Seule une installation est blanche Dawn’s Wedding Feast

Dawn’s wedding Feast

Le plus souvent la matière est le bois : récupération, recyclage de vieux meubles ou pièces taillées, tournées exprès pour l’oeuvre. L’installation est accompagnée de projection de danse contemporaine ou eurythmics. Fluidité des danseurs contrastant avec les sculptures dansantes

Dancing figures

Certaines sculptures sont présentées comme « habitables » évocation de la puissance de l’imagination…

Promenade très dépaysante. Ne pas chercher à comprendre. Se laisser emmener très loin. Et peut-être emporter un casque et John Cage dans la playlist.

François Morellet : 100 pour Cent – Centre Pompidou-Metz

ESCAPADE A METZ 

Exposition temporaire du 03/04 au 28/09/26

Pour le Centenaire de la naissance de François Morellet (1926 -2016) le Centre Pompidou-Metz présente une rétrospective de sa carrière en 100 oeuvres 

 

Morellet est le principal représentant français de l’abstraction géométrique à la suite de MalevitchPiet Mondrian, et de Max Bill qu’il rencontra au Brésil en 1950

A l’entrée de l’exposition Morellet est présenté comme héritier de Mondrian et de Picabia et deux parcours sont proposés au visiteur Raison (avec Mondrian et les mathématiques) ou Déraison (avec Picabia sans doute quand quelque chose commence à dérailler) .

L’abstraction géométrique ne représente rien, le tableau existe par lui-même indépendament de la réalité extérieure. Il est conçu selon une grille (Mondrian) ou un code . Dans la série ci-dessous blanc est pair, noir impair et les combinaisons des nombres font apparaitre les figures noires ou blnaches. De même il a joué avec les décimales du nombre pi, paires, impaires. à l’infini.

Un tableau m’a fait penser à un QR-code rouge et vert composé de centaines de cubes soit rouge soit vert. l’artiste est parti du bottin du téléphone et a chosi la couleur selon que le nombre était pair ou impair.

Parfois, du tableau, il ne reste que la toile blanche qui existe en-soi. Ou une seule ligne traversant la toile, ou plusieurs toiles

les trois toiles décalées exigent du spectateur qu’il cherche l’alignement de la ligne. Le spectateur  doit être actif. L’oeuvre est fabriquée pour être interprétée.

Un champ metallique autour d’un tableau blanc est arraché, recourbé pour faire un crochet : il rappelle le boeuf écorché de Rembrandt ce qui nécessite de la part du regardeur une bonne culture!

« Les oeuvres d’art sont des coins à pique-nique, des auberges espagnoles ou l’on consomme ce qu’on apporte soi-même » Morellet, 2009

geometree

Parfois c’est la grille qui déraille, une brindille d’arbre prenant le relai de la grille. Et nous voici arrivées dans le parcours « déraison ».

néon

L’expérimentation continue avec le néon. L’installation ci dessus m’a beaucoup plu parce que le clocher apparait entre les deux cadres dans la fente.

Cette visite m’a intéressée mais ces constructions intellectuelles me laisse assez indifférente, sauf quand cela débloque.

un jour à Metz, Centre Pompidou et promenades dans la ville

ESCAPADE A METZ (2)

la Gare de Metz

L’exposition de Louise Nevelson m’attirée pour une nouvelle expédition à Metz. La première fois c’était Chagall ICI et c’était un excellent souvenir. Se rendre à Metz de la Gare de l’Est est très facile :  1h20 en TGV .

La visite de la Gare fait partie du circuit touristique. Commandée en 1901 par le Kaiser Guillaume II, symbole de la puissance allemande et permettant l’arrivée de 25.000 soldats par jour. De style néoroman germanique, décorée de nombreuses frises et sculpture, elle mérite qu’on s’y arrête. Surprise : un goupe de statues honorant la mémoire de Jean Moulin est suspendu 

jean Moulin à la gare de Metz

Le 8 juillet 1943, en gare de Metz, le corps de Jean Moulin a été retrouvé sans vie. Le sculpteur : Stephan Balkenhol.

les enfants ukrainiens et la guerre

Sur des panneaux, une exposition LES ENFANTS DE LA GUERRE  dans le cadre du voyage en Ukraine : la saison de l’Ukraine en France.

Après avoir passé un long souterrain nous arrivons sur une grande esplanade  : le parvis des Droits de l’Homme avec le Metz Congrès Robert Schumann palais accueuillant des congrès ou des expositions, signé Wilmotte inauguré en septembre 2018. En face, le Centre Pompidou-Metz 

Contre Pompidou-Metz

Coiffé d’un toit alvéolé inspiré d’un chapeau chinois en bambou, c’est l’oeuvre de Shigeru Ban et de Jean de Gastine. léger, aérien presqueavec les lamelles  de bois collées reposant sur des piliers aérés. 

Trois expositions majeures : Dimanche sans fin mis en scène par Maurizio Cattelan occupe deux niveaux,François Morellet – 100 pour 100, et Louise Nevelson. nous commençons par Cattelan  puis Morelletpuisqu’il y a une visite guidée à 11 heures. 

Vers midi, nous sommes saturées de peinture et partons nous aérer dans le Jardin Jean-Marie Pelt le long de  La Seille. Pour honorer le célèbre botaniste  écologue, le jardin est nature avec 20 ha de prairie, des arbres fruitiers, une rosellière le long de la rivière. C’est un parc paysager très agréable mais rien n’est prévu pour déjeuner (sauf un foodtruck).

Après avoir longé l’eau nous nous dirigeons vers le Centre-ville en passant sous les lignes ferroviaires, puis dans la circulation par la grande rue Haute-Seille, jusqu’à la vaste place Coslin, un parking peu accueillant sous une tour sans grâce d’habitations (style années 70). A l’approche du Coeur de Ville historique, les rues se rétrécissent, la circulation automobile s’apaise et nous nous installons sur la première terrasse au soleilau coin de la rue Lassale et de la rue de la Fontaine : celle du Restaurant L’Hédoniste  . CLIC / Ardoise à 25€ Entrée+plat et amuse-bouche offerts. Feuilleté aérien au chèvre chaud,côte de veau rose avec une sauce aux champignons délicieuse. Une adresse à retenir.

J’aime beaucoup découvrir une ville à pied, avec la carte du livret Un Grand Week-end à Metz Hachette qui propose une dizaine de promenades avec des plans. La toponymie est pittoresque : certaines rues sont notées « En » Nicolairue, avec le rue à la fin, comme En Fournirue (rue des Fournils) ou En Chaplerue (chapeliers?), en Chandellrue(chandelles?), En Nexierue (????). 

Place Saint Louis

Nous trouvons des repères à notre déambulation : la Place Saint Louis bordée d’arcades a un caractère d’Italie, elles datent du XIIIème siècle, les changeurs lombards y étaient installés au XVème siècle. Une plaque rappelle une République Messine entre 1470 et 1490. Les contreforts penchés nous étonnent. 

et Colonne de Merten

Autre repère : la Rue Serpenoise , en son mitan une longue statue métallique ondulante évoque un serpent. Elle débouche sur une grande place avec la colonne de Merten qui rappelle l’origine gallo-roamine de la via Scarponensis. 

Nous rejoignons la Gare et le Centre Pompidou-Metz en suivant le flèchage touristique. Il nous reste encore deux expositions qui occupent une bonne partie de l’après-midi. 

Après deux bonnes heures de peinture et sculpture modernes, nous retournons nous aérer dans les jardins et montons sur une butte pour apercevoir la construction de Philippe Starck au sommet du Hilton. Une sorte de maison traditionnelle à toit à double pente et tourelle est perchée sur un immeuble : c’est la Maison Heler. Des maisons perchées sur le toit des bâtiments, c’est tendance en ce moment, il y en a même à Limeil-Brevannes, cela ne m’impressionne pas plus que cela.

Porte des Allemands

Il nous reste trois bonnes heures avant le retour en train. Nous tâchons de rejoindre la Porte des Allemands en longeant la Seille. La promenade est contrariée par la voie ferrée perchée et par des routes à grande circulation.  heureusement les arbres sont en fleurs. 

la Porte des Allemands est un petit château-fort médiéval (1230-1480). les deux tours rondes en poivrière sont XIIIème, les carrées XVème . Assiége en 1552 par Charles Quint, elle résista vaillamment. Metz était une ville fortifiée ocmptant jusqu’à 18 portes et 72 tours (selon le guide Hachette)

Cathédrale de Metz

En prenant pour cap, la Cathédrale nous passons par la Place d’Armes avec ses deux trophées (monumentaux) et arrivons au coeur de ville. La Cathédrale est fermée depuis quelques minutes. Ce n’est pas grave, nous avons vu les vitraux de Chagall à notre précédente visite en 2021. Nous nous attablons à une terrasse plein soleil en face du marché couvert (fermé également le soir) : construction très élégante en U commencé en 1785 pour être le Palais épicsopal transformé en marché en 1831. 

Retour par les Quartiers Impériaux, la Poste et les très belles constructions allemandes. 

Nous n’avons rien vu de ce que j’avais prévu avec le guide, ni la maison de Verlaine, ni l’itinéraire de Rabelais, ni le musée de la Cour d’Or. Il nous faudra donc revenir. A l’occasion d’une nouvelle exposition?

Alexandre Lenoir – Par la force des choses -à l’Orangerie

UNE DECOUVERTE!

Très grand format, très étrange ce paysage aquatique où les reflets jouent avec le paysage. On sent la proximité avec les nymphéas.

la petite salle est toute emplie de ces trois toiles

par la force des choses Ensemble de trois peintures 2026

Comme je ne connais pas du tout ce peintre je préfère recopier le cartel

« Alexandre Lenoir, né en 1992 peint depuis les année 2010 à partir de photographies comme des souvenirs de moments heureux quoique dominés par une nature impérieuse. Les protocoles techniques u’il instaure donnent naissance à des peintures paraissant avoir été crées presue sans son intervention accodant une place au hasard. Il utilise le papier adhésif pour masquer et révéler certaines zones du tableau. En laissant une partie de la toile au sol, il recueille les aléas de la vie d’atelier: coulures, taches, traces de pieds, pliure. Il tient la formule de Niele Toroni, un artiste qu’il admire : « travailler à ce que la peinture travaille d’elle-même…. »

A suivre!

henri Rousseau – l’ambition de la peinture à l’Orangerie

Exposition temporaire jusqu’au 20 juillet 2026

La bohémienne endormie (1897)

On croit tous connaître le douanier, qui n’était pas douanier mais employé de l’Octroi. On le qualifie de « naïf », alors qu’autodidacte, il cherche à être un peintre à part entière qui envoie ses tableaux aux Salons, concourt pour des commandes officielles et cherche la reconnaissance institutionnelle.

moi-même portrait paysage (1890)

Avant d’aborder ses tableaux les plus connus comme la Charmeuse de Serpents ou La Guerre qu’on ne présente plus, l’exposition présente des petits formats, souvent des portraits. Rousseau se voulait peintre, vendre des portraits lui permettait de vendre. Il a inventé le concept de « portrait-paysage » où le sujet se trouve dans un environnement fleuri (remarquer le petit chat plein de fantaisie)

Portrait de Madame M/ (1895)

la charrette du Père Junier lui a permis de rembourser une dette . Il fut remarqué par Apollinaire  qui l’acheta 

la charrette du Père Junier (1908)

Petits formats encore, ces paysages de Paris (Pont de Grenelle), des Rives de la  Bièvre près de Bicêtre, ou de l’octroi, petits tableaux adaptés au budgets de bourgeois modestes.

Le Pont de Grenelle avec la statue de la Liberté et l’ile des Cygnes (1892)

j’ai beaucoup aimé ces tableaux de plus grand format représentant des arbres très élégants comme le Soir de Carnaval

Soir de Carnaval (1896)

Toute une salle est occupée par cette jungle imaginaire et fantaisiste sortie de son imagination (et de l’observation de plantes tropicales dans les serres du Jardin des Plantes) . J’ai adoré les singes farceurs et cherché, perchés, les hiboux .

 

les deux farceurs (cherchez le hibou!)

vous ne verrez pas la Guerre, ni les autres chefs d’oeuvres, je les ai photographiés à Orsay en 2016 CLIC

Ou avec Séraphine au Musée Maillol en 2020 CLIC

Le Pavillon des oiseaux – Clélia Renucci

ROME 1571 – 1589

Clélia, fille naturelle du Grand Cardinal, Alessandro Farnèse, nacquit à Parme et fut mariée à 13 ans à un fils de bonne famille Giovan Giorgio Cesarini à peine plus âgé qu’elle. Mariage de convenance, mais union heureuse, les jeunes mariés sont amoureux. Ils s’établissent à Rome où rivalités et médisances se distillent par écrit dans les avvisi rédigés par les menanti les Pasquinade (placards satiriques). Le Petit cardinal, Ferdinando Medicis, ami de Giovan Giorgio amant de Clélia complète un trio scandaleux. 

Le Grand Cardinal Fanèse qui brigue la tiare, éloigne pour un moment Clélia après la naissance d’un héritier Giuliano. 

On se distingue en construisant de fastueux palazzi ou en collectionnant les statues antiques. Farnèse et Medicis rivalisent avec la Farnesina en plus du Palais Farnèse tandisque que Medicis occupe les hauteurs du Pincio. Dans les jardins de la Villa Medicis, le Pavillon des Oiseaux abrite les amours de Ferdinando et de Clelia. 

Très joli roman historique qui nous fait visiter les splendeurs de la Rome de la fin de la Renaissance, voyager à Florence chez les Medicis, assister à un conclave. Fastes et intrigues, assassinats même. vous ne vous ennuierez pas!

Renoir et l’Amour – La modernité heureuse (1865 – 1885) à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026

 

La promenade

Renoir est à sa place au Musée d’Orsay dans ses collections permanentes mais ce printemps deux expositions Renoir s’ouvrent. Est-ce bien nécessaire de se déplacer au risque d’affronter la foule? Même si les tableaux-phares : Le Moulin de la Galette et le Déjeuner des Canotiers , sont archi-connus, j’ai eu l’impression de redécouvrir le peintre. Je suis sortie ravie.

Renoir peint par Bazille 1863

En introduction, faisons connaissance avec le peintre jeune. Deux estampes dessinées par Desbartin, le portrait que Bazille a fait de lui, jeune à 22 ans et un autoportrait en 1875

Renoir autoportrait 1875

L’exposition s’organise autour de quelques thèmes. Un chef d’oeuvre est mis en majesté. On peut s’assoir sur un banc pour l’étudier à loisir tandis que derrière la banquette de nombreuses explications sont fournies. La scénographie invite à une visite lente et approfondie.

Scène de la vie de Bohème 

le Cabaret de la mère Anthony à Marlotte

Les artistes se réunissaient à Marlotte près de la forêt de Fontainebleau. On reconnaît Sisley (de dos) à son chapeau, Murger est caricaturé sur le mur avec un chapeau melon, le personnage imberbe n’est sans doute pas un peintre. Le Cabaret est un grand tableau mis à l’honneur. Autour on a acroché la Grenouillère et une jolie vue de Bougival et la Promenade (voi plus haut)

A Bougival

Fêtes galantes

Cette section regroupe des tableaux de groupes ou de couples avec une vision harmonieuse des échanges amoureux dans une liberté joyeuse. 

le tableau à l’honneur est le Moulin de la Galette avec beaucop d’explications et encore un banc pour prendre son temps à découvrir les personnages assis au premier plan, les couples, les lumières. Les taches claires de lumière sur les robes des femmes, sur les bancs et les dossiers, au sol semblent la marque de fabrique de Renoir. 

 

Moulin de la Galette

Les autres tableaux qui accompagnent le tableau principal sont presque tous des couples dont les visages rapprochés suggèrent les confidences ou une conversation intime. Avec, en permanence ces taches de lumière.

Rencontres en ville

Le Pont des arts

le Pont des Arts surprend par sa netteté des traits,. Point de taches de lumière, de grands coups de pinceau flous, ici c’est net et précis. Dans le tableau voisin des Grands boulevards je retrouve à travers le léger feuillage les taches de lumière. 

Chez la modiste

Uen série de petits formats décrit la vie parisienne : chez la modiste, dans la loge à l’opéra avec un magnifique bouquet offert à la chanteuse, dans une loge au théâtre, au café….

Renoir reçoit ses amis dans son atelier, on reconnaît Rivière et Pissaro 

Une partie de campagne

A pour chef d’oeuvre le Déjeuner des Canotiers qu’on croit si bien connaître mais qui m’a surprise par sa taille. Plaisir de chercher les détail de cette composition si riche : le raisin sur la nappe, les miettes, les verres presque finis. Plaisir de reconnaître les convives : Ephrussi porte un haut de forme, grande bourgeoisie qui se mêle aux canotiers plus modeste, il y a aussi Jules Laforgue aui fut le secrétaire du banquier. C’est encore la célébration du loisir et des liens humains.

Tout autour se trouvent des tableaux sur le thème du canotage et de la vie au bord de l’eau

La yole

Pas de jeunes hommes en maillot blanc dans cette yole, deux femmes rament seules dans ce tableau à la facture très impressionniste.

Fin du déjeuner

Cette fin de déjeuner m’a beaucoup plu. C’est un thème que le peintre affectionne. plutôt que de montrer les victuailles dans les plats il préfère témoigner de la satiété, du bonheur de se retrouver ensemble.

les parapluies

les parapluies

Avec ce grand tableau Renoir s’éloigne de l’impressionnisme. Il a été peint en deux étapes avec plusieurs années d’écart. Sur la gauche, un jeune homme propose un parapluie à la jeune fille au panier qui fait mine de ne pas le regarder. A droite les deux enfants avec le cerceau ne semblent pas craindre de se mouiller.

Les danseurs 

la salle ronde avec un banc rond ne contient que trois tableaux : trois couples de danseurs de taille humaine décrivant trois milieux sociaux différents : un se trouve dans des salons bourgeois, un autre à la campagne,

Je n’ai pas continué dans la deuxième exposition Renoir Dessinateur me réservant le plaisir pour une prochaine fois; le privilège de la Carte Blanche !