la revue DADA Première Revue d’Art pour toute la Famille ne me déçoit jamais avec son éclairage original, décalé, amusant sur toutes les facettes des arts plastiques.
Qu’attendre de Autoportraits ? des tableaux de Grands Maîtres comme Rembrandt ou Van Eyck, ou Picassodésigné champion de l’autoportrait. ou une rencontre avec une moins connue Käthe Kollwitz que je découvre ici. Des photographies de Vivian Maier ou Claude Cahun…et m^me du Street Artavec Jeff Aerosol
Comme d’habitude, un atelier pour bricoler soi-même, enfant ou adulte, et bien sûr se faire soi-même son portrait.
Et la découverte d’un artiste méconnu : Maurice Ménardeau, peintre de Marine et des Outre-mers. Pour visiter son exposition, il vous aurait fallu prendre l’avion et aller à la Martiniqueà la Fondation Clément
Attention! Exposition très prisée, réservation recommandée! Même avec résa, queues à prévoir. Lee Miller est un personnage romanesque. Au-delà de la qualité exceptionnelle des photographies, on peut visiter cette exposition en s’attachant au parcours de vie de Lee Miller.
« je suis née dans la chambre noire et c’est là que j’ai grandi »
Lee Miller : 1932 autoportrait
Elisabeth Miller nait en 1907. En 1917, elle reçoit son premier appareil photo. Visite l’Exposition Art Déco de Paris 1925. En 1927, engagée comme mannequin, elle adopte le prénom androgyne Lee, correspondant mieux à son caractère indépendant. 1929, Elle se présente à Paris pour étudier la photographie comme apprentie de Man Ray. En 1930, installe son propre studio-photo.
Nu penché vers l’avant 1930 – Lee Miller
Auprès de Man Ray (Emmanuel Radnitzky) elle apprend diverses techniques, dont la solarisation, elle développe les négatifs de Man Ray, même se les approprie en les retravaillant. Difficile, dans l’exposition de distinguer les photos des uns ou des autres
Têtes mises sous cloche – Man Ray et Lee Miller
1930, elle joue le rôle de la statue dans le film de Cocteau : Le sang d’un poète dont un extrait est projeté à l’entrée de l’exposition.
Une section de l’exposition UN REGARD SURREALISTE (1929-1932) on voit des photos de Paris avec des cadrages originaux et des portraits des artistes se rattachant à cette mouvance.
Portrait de l’espace près de Siwa 1937
En 1934, Lee Miller épouse Aziz Eloui Bey, et s’installe au Caire, suit des cours d’arabe, de chimie, voyage à Jérusalem et photographie l’Egypte selon des angles variés comme le Portrait de l’espace ou le goudron fondu, elle documente aussi la modernité de l’Egypte avec les tours d’une cimenterie à Helwan, l’ombre projetée sur Gizeh de la Pyramide de Chéops.
Cornouailles,1937, quatre endormies Lee Miller, Leonora Carrington, Nusch Eluard,
1937, rencontre RolandPenrose, peintre, photographe et poète britannique surréaliste. Ils passent à Mougins(portrait de Picasso) puis en Angleterre.
1938 Sur la route en Roumanie
1938, voyage en Roumanie avecPenrose, ils rencontrent l’ethnomusicologue Harry Brauner, frère de Victor Brauner, peintre surréaliste ARTISTES ET AMIS
Leonora Carrington Lee Miller a fait le portrait de nombreux artistes, je reconnais au passage Picasso, Cocteau, Colette, Magritte, Leaonora Carrington, Dora Maar….
Elle fait également des photographies de mode pour le magazine Vogue SOMBRE GLOIRE : BRITAIN AT WAR
Lee Miller, correspondante de guerre
La guerre les fixe d’abord en Angleterre. Lee Miller se fait photojournaliste, elle photographie pour Vogue Londres sous le Blitz. Ses photographies sont destinées à influencer le public américain pour amener les Etats Unis à s’impliquer dans le conflit. En 1942, elle est accréditée par Vogue comme correspondante de guerre.
En Angleterre, elle fait le portrait de femmes militaires en guerre, de pilotes, radios, mais aussi d’ouvrières, de plieuses de parachute SUR LE FRONT 1944
Lee Miller n’est autorisée à se rapprocher des combats qu’en 1944. Une série montre Saint Malo en guerre. Elle documente mais garde son regard surréaliste quand on voit un canon sous une nappe de dentelle ou des scènes étranges. Une de ses photos sera censurée : celle qui montre la nouvelle arme secrète : le napalm.
1944, Libération de Paris, ce sont les retrouvailles avec Picasso, Dora Maar, Nusch Eluard …
1945, elle suit les troupes alliées en Alsace. Un cliché est tout à fait original : en ligne directe avec Dieu un calvaire a été touché, le support des pieds du Christ se trouve pris dans les cables électriques emmêlés d’un pylône bombardé. IL FAUT LE CROIRE : BELIEVE IT Elle découvre Dachau, couvre le procès de Pétain. En plus des photos, rédige des textes. La salle présente des planches-contacts de cette réalité atroce. Les organisateurs de l’exposition du MAM prient les visiteurs de ne pas prendre de photos. Cela se comprend. Elle documente l’impensable pour que le monde la croit.
Comme une purification, avec Schermann ils accèdent à l’apartement de Hitler encore intact et se baignent dans la baignoire d’Hitler.
Triptyque réalisé pour la Biennale de Venise 2019 Toussaint Louverture/Remember the Revolution#1 Glenn Ligon/ funérailles de Carole Robertson Alabama 1963
Henry Taylor est né en 1958 en Californie. L’exposition du Musée Picasso est une rétrospecfive présentant les différents aspects de l’oeuvre du plasticien; retracçant le cheminement de l’artiste qui fut soignant en psychiatrie dans les années 70-80, puis entreprit des études de journalisme en 1981, s 1993-1996. Sa première exposition à New York en 2005.
Screaming head
J’imagine, en regardant cette tête hurlante, la douleur d’un patient que Taylor a rencontré. Un cartel explique que ses patients « faisaient partie des plus belles personnes au monde »
Neighborhood Council
« The weight of ordinary » : le plasticien s’empare d’objets : boites, caisses, meubles qu’il repeint et assemble. « Comme une jungle » (2010) est constitué d’assemblages de bidons qui évoquent la sculpture de Louise Nevelson, que j’ai vu récemment à Pompidou-Metz. Les bidons font aussi penser à des masques africains, à des visages.
The 4th July – Barbecue pour la fête nationale américaine. j’ai laissé exprès la passante pour donner l’échelle de ce très grand tableau
Henry Taylor se décrit lui-même comme « chasseur-cueilleur d’images » il peint une chronique sociale des américains de la marge, des laissés pour compte. Une salle du musée a pour titre « Témoins » une autre « Icones » où figurent des sportifs, et curieusement, on croit reconnaître Martin Luther King qui joue au ballon.
jacky Robinson premier joueur noir à intégrer une Ligue de Baseball en 1947 ouvrant la voie à de nombreux joueurs noirs
Son récit inclue aussi la mémoire collective de la Grande Dépression, les communautés rurales
mary had a little lamb (on ne voit aucun agneau dans le tableau)
Taylorest attentif aux marginaux comme le Haïtien qui lave le parebrise au feu qu’il peint de sa voiture
Haitian worker
ou aux vétérans du Vietnam
My brother Gene, the tunnel rat
Taylorrend visible les inégalités, les violences, les discriminations. Dans Trail 2005, il évoque l’activiste George Jackson, emprisonné par son numéro de matricule, il représente un policier et je reconnais le portrait de Bob Dylan qui lui a consacré une chanson
Trail 2005
Autre tableau très violent
TheTimes they aint changing fast enough (2017)Philando Casti le mortellement touché lors d’un contrôle routier allongé sur la banquette de la voiture avec le pistolet meurtrier encore braqué sur lui.
Si on rapproche les deux tableaux, on pense clairement à la chanson de Dylan The Times are a’changing
Chroniqueur de la vie américaine, Taylor revisite aussi les tableaux de la peinture comme le Déjeuner sur l’herbe ou les Demoiselles d’Avignon
From Congo to capital and black again
C’est une belle découverte que cette peinture afro-américaine qui s’affiche en ce moment à Paris avec Mickelene Thomas image glamour, féminine/féministe.
Adya(1876-1959) et Otto van Rees(1889-1957)sont deux artistes néerlandais qui s’installent en 1904 au Bateau-Lavoir et se lient d’amitié avec Arp, Juan Gris, Blaise Cendrars, Kees Van Dongen, Zadkine et d’autres .Ils sont donc chez eux au Musée de Montmartrequi leur consacre une rétrospective. Je fais donc connaissance avec ce couple d’artistes que je ne connaissais pas. Cette visite est aussi l’occasion de traverser l’évolution de la peinture au cours de la moitié du XXème siècle.
Fleury en Bière
En 1905, le couple s’installe à Fleury-en-Bière, près de Barbizon. Ils peignent des tableaux fleuris et colorés par petites touches presque divisionnistes. Après un Grand Tout en Italie, ils s’installent à Paris et se marient en 1909.
Leur peinture évolue, une série montre des à-plat cerclés d’une ligne nette. héritage du cloisonnisme, héritage de Paul Gauguin ou d’Emile Bernard. D’autres sont influencés par le cubisme
Otto van Rees 1910 Mère et enfant
On pourrait prendre certains tableaux pour ceux de Juan Gris. Otto sculpte aussi une tête de Adya cubiste.
Adya 1914 Deux religions
Pendant la Première Guerre mondiale, Otto est mobilisé, Adya se convertit au Catholicisme. On voit leurs deux visages séparés.
En 1919, au cours d’un accident ferroviaire leur fille Adyta décède. Ils quittent Paris pour Zurich et participent au mouvement Dada.
Otto van Rees Carré et Cercle
Ils suivent aussi le mouvement Carré et Cercle expérimentant tous les styles différents. Ils ne se contentent pas de peindre, Adya se consacre aussi à la broderie
Otto van Rees : Adya brodant
l’exposition montre plusieurs broderies d’Adya, certaines de petit format et la très grande très belle tapisserie Dieu avertit
Adya van Rees : 1929 Dieu avertit
En conclusion, je recopie le cartel en fin d’expostion
ODE A ADYA
REGARDS CROISES
Otto Van Rees : Adya dans l’atelier
Exposer un couple d’artistes pose un défi : la disponibilité des sources est souvent inégale et a été longtemps biaisée par un regard masculin. La disparité du nombre des oeuvres relfète un écart réel de productions d’Adya en faiosn du nombre restreint de recherches qui lui ont été consacrées.
Au Pays Bas, Adya van Rees-Dutilh est reconnue comme l’une des premières artistes à pratiquer l’abstraction ainsi que pour son rôle dans les débuts du dadaïsme . lezs oeuvres divisionnistes, de ses débuts la force de sese dessins cubistes proche de l’orphisme côtoient des broderies expérimentales et d’autes créations classées parmi les « arts mineurs », tissus, affiches, jouets.
Adya est plus souvent représentée par Otto que l’inverse, apparaissant « à l’oeuvre » en train de peindre ou de broder. Otto lui rend hommage dans une nature morte intégrant un détail de sa vaste broderie Dieu avertit. Il exprime son admiration pour la capacité d’Adya de garder sa maitrise.
par son engagement antibourgeois et s volonté de transmettre des valeurs spirituelles et ethiques à travers l’art Adya montre combien la contribution des femmes à l’art du XXème siècle et essentielle.
Il convient de réserver sur Internet sur le site de la Maison de Chana Orloff.(www.chana-orloff.org). Elle est ouverte le week-end et certains mercredis. Pour y aller : métro ligne 6, station Saint Jacques et prendre la rue de la Tombe-Issoire.
« mon fils marin » de Chana Orloff, place des Droits de l’Enfant
Quand vous aurez trouvé Dididans le petit square vous serez presque arrivés! Chana Orloffest une artiste qui me touche beaucoup aussi bien pour la qualité de ses oeuvres que pour son histoire.
Chana Orloff
Chana Orloff est née en Ukraine en 1888, qu’elle a quitté avec sa famille en 1905 pour la Palestine. En 1910, elle part pour Paris se perfectionner comme couturière, rencontre les artistes de Montparnasse, Soutine, Modigliani …En 1926 elle fait construire sa maison-atelier dessinée par Auguste Perret
Auguste Perret
Cet atelier son « travailloir » comporte un espace d’exposition, sorte de galerie, un atelier éclairé par une verrière et un appartement en étage. Cent ans plus tard je retrouve les oeuvres exposées
Portrait de ses contemporains
Chana Orloff a réalisé de nombreux portraits très originaux. Elle saisit les traits caractéristiques d’un personnage sans toutefois tomber dans la caricature. J’ai regretté qu’un inventaire de ces contemporains n’ait pas été fait. La guide, très aimable m’en a montré quelques un dont Anaïs Nin qui était sa voisine. Des têtes mais pas seulement. Sur les bustes ou sur les personnages en pied, on peut noter le soin porté aux accessoires, aux costume bien taillé : l’oeil de l’ancienne couturière!
Personnages mais aussi animaux comme ce teckel
Un de ses sujets favoris sont des maternités, ce qui n’allait pas de soi pour les pionnières de l’époque comme Anaïs Nin, ou les Amazones qu’elle fréquentait.
Naturalisée française (et décorée) en 1925, elle reste à Paris pendant l’occupation allemande, prévenue juste avant la rafle de juillet 1942, avec sont fils, elle fuit en Suisse jusqu’à la fin de la guerre. Pour retrouver sa maison pillée, ses sculptures disparues. Seules 4 seront retrouvées.
Le Retour
Son style va changer, elle va prêter moins de soin aux détails vestimentaires. Surfaces plus rugueuses. Le Retourrestera donc caché longtemps avant d’être présenté.
Après la naissance de l’Etat d’Israël, elle va y travailler. Une commande de statue à la mémoire de héros de guerre sera honorée avec la monumentale maternité d’Ein Gev
Maternité d’Ein Gev
Elle décède à Tel Hashomer en 1968.
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la biographie que lui a consacréeRebecca Benhamou : L’horizon a pour elle dénoué sa ceinture CLIC
Le livre commence au kibboutz Beeri, kibboutz victime du 8 octobre, encore une maison détruite, une maison pillée. La statue des Inséparables a disparu, volée? détruite?
Inséparables
la musée de la Maison de Chana Orloff organise à l’étage des expositions : en ce moment La Guerre et la Paix
Cette exposition est très fréquentée, il convient (même avec une gratuité) de réserver à l’avance un créneau et d’éviter les horaires de pointe. Elle présente énormément de chefs d’oeuvres, les plus surprenants (les papiers découpés) sont à la fin, prévoir une belle plage de tempset des chaussures confortables.
Autoportrait
1941, Matisse a 72 ans, il sort très affaibli d’une opération. Nice est relativement préservée de la guerre. Trop fragile pour peindre, il dessine beaucoup. Il dessine par séries, d’un sujet au fusain, il décline des infinies variations d’un trait élégant très sûr.
Aragon (1942) de profil
De profil, de face, il portraiture Aragon.
L’exposition nous montre les étapes de la réalisation d’un chef d’oeuvre : la Blouse Roumaine avec le portrait de Marguerite, sa fille.
1943, tout le Midi de la France est occupé, Matisse quitte Nice pour Vence où il peint une série d’intérieurs :
Intérieur barres au soleilFond jaune deux jeunes filles
Matisse innove avec une série de papiers découpés qu’il réunit dans l’album Jazz présentée dans une cellule ronde et noire dans des vitrines éclairées. Deux thèmes sont privilégiés : des lagons marins avec des formes aquatiques
lagoon
ou des figures du cirque avec l’enterrement de Pierrot
Jazz l’enterrement de Pierrot
mo préféré esdt la chute d’Icare
La chute d’Icare
Matisse utilise cette technique pour illustrer de magnifiques livres de poèmes.
nature morte aux mimosas
Sa production ne se limite pas aux petits formats, il continue à nous émerveiller avec ses natures mortes et ses intérieurs, toujours ensoleillés, colorés : fenêtres, bouquets et citrons…
Polynésie : la mer (1946)
De la Polynésie il rapporte des motifs marins, algues, coraux poissons et oiseaux qu’il découpe sur de très grands panneaux dont certains sont rapportés sur des tissus.
L’exposition montre encore d’autres aspects du travail de Matisse : la Chapelle de Vence avec vitraux, panneaux, chasubles… (voir le beau documentaire d’Arte)
Grand intérieur rouge (1948)
Nous ne sommes pas au bout des surprises : d’immenses panneaux de gouaches découpées vont retenir notre attention. La Gerberépond à une commande pour une décoration en céramique d’une villa de Los Angeles.
La Tristesse du Roi (1952)
Mon préféré est sans doute La Tristesse du Roi peut être un autoportrait en compagnie d’un guitariste et d’une danseuse que je n’ai pas identifié tout de suite. Il faut explorer toute la richesse de ce tableau.
La sa&uteuse de corde
Et bien sûr terminer par les nus bleus mais lequel choisir? Je les aime tous
Henry Moore et Henri Laurens – sculpture sur la terrasse
Un dimanche sans fin convoque l’idée d’un temps étiré, d’un allongement tantôt joyeux tel une flânerie, tantôt plus sombre à l’image d’une errance. Un dimanche sans fin c’est aussi le travail sans relâche, l’emprisonnement de la pensée, ou, au contraire l’oisiveté. un dimanche sans fin c’est une journée au musée….
Le nom de Maurizio Cattelan et sa banane provocatrice sur l’affiche, est, pour moi, un repoussoir, symbole, de l’art contemporain snob et chic, pompe à fric du marché de l’art. Je suis venue à Metz pour Louise Nevelson, en prime j’ai trouvé Morellet, je n’avais même pas envie de rentrer dans la section au nom de Cattelan.
portraits
Et j’aurais eu bien tort parce que de très belles oeuvres de la collection sont données à voir. Maurizio Cattelan, en commissaire d’exposition, met en scène des chefs d’oeuvres sur la trame d’un abécédaire dont il a rédigé des cartels, des invitations à penser, rêver. Et c’est très bien fait. Il confronte ses oeuvres à celles de tous les artistes du XXème siècle.
Kasimir Malevitch Sensation de danger
Surprenant Malevitchfiguratif. Toute une salle Delaunay avec le Bal Bullier.
Est-ce un dinosaure?
De Cattelan, on peut sauver le guitariste dans la bouteille, comme les voiliers en bouteille. mais on ne peut pas le comparer à la petite fille de Picasso
Picasso – fillette sautant à la corde
Dans la série des sculptures que j’aime, Victor Brauner que j’imaginais comme peintre. Pour les peintres, arbitrairement j’ai choisi Arp
Arp
Et ce jeu d’échec de Viera da Silva
Viera da Silva
Cette exposition est un véritable plaisir des yeux, les oeuvres éclectiques, l’ordre surprenant. J’aurais eu bien tort d’éliminer la banane, si insignifiante! Et pour terminer ce bois de rêve!
The Royal Tides : An american Tribute to the British Peaple (1960-1964)
Exposition temporaire jusqu’au 31/08/26
Louise Nevelson (1899, Ukraine -1988),
« l’exposition rend hommage à une artise d’avant-garde de l’installation ainsi qu’à sa pratique de la sculpture monumentale quasiment théatrale. Son rapport avec la danse sont mis à jour dans l’exposition. «
Shadow and reflexion Silent music II hommage à John Cage
La visite de l’exposition est une promenade dans des univers étranges où des sculptures de très grande envergure dialoguent avec des statures ou des gravures. Chaque salle a pour nom Moon Garden ou Magic Garden, Bagage de lune, Tropical Rain Forest… Malgré ces noms évocateurs de verdure, les objets sont souvent noirs ou gris très foncé. Seule une installation est blanche Dawn’s Wedding Feast
Dawn’s wedding Feast
Le plus souvent la matière est le bois : récupération, recyclage de vieux meubles ou pièces taillées, tournées exprès pour l’oeuvre. L’installation est accompagnée de projection de danse contemporaine ou eurythmics. Fluidité des danseurs contrastant avec les sculptures dansantes
Dancing figures
Certaines sculptures sont présentées comme « habitables » évocation de la puissance de l’imagination…
Promenade très dépaysante. Ne pas chercher à comprendre. Se laisser emmener très loin. Et peut-être emporter un casque et John Cage dans la playlist.
Pour le Centenaire de la naissance de François Morellet (1926 -2016) le Centre Pompidou-Metz présente une rétrospective de sa carrière en 100 oeuvres
Morellet est le principal représentant français de l’abstraction géométrique à la suite de Malevitch, Piet Mondrian, et de Max Bill qu’il rencontra au Brésil en 1950
A l’entrée de l’exposition Morelletest présenté comme héritier de Mondrian et de Picabia et deux parcours sont proposés au visiteur Raison (avec Mondrian et les mathématiques) ou Déraison (avec Picabia sans doute quand quelque chose commence à dérailler) .
L’abstraction géométrique ne représente rien, le tableau existe par lui-même indépendament de la réalité extérieure. Il est conçu selon une grille (Mondrian) ou un code . Dans la série ci-dessous blanc est pair, noir impair et les combinaisons des nombres font apparaitre les figures noires ou blnaches. De même il a joué avec les décimales du nombre pi, paires, impaires. à l’infini.
Un tableau m’a fait penser à un QR-code rouge et vert composé de centaines de cubes soit rouge soit vert. l’artiste est parti du bottin du téléphone et a chosi la couleur selon que le nombre était pair ou impair.
Parfois, du tableau, il ne reste que la toile blanche qui existe en-soi. Ou une seule ligne traversant la toile, ou plusieurs toiles
les trois toiles décalées exigent du spectateur qu’il cherche l’alignement de la ligne. Le spectateur doit être actif. L’oeuvre est fabriquée pour être interprétée.
Un champ metallique autour d’un tableau blanc est arraché, recourbé pour faire un crochet : il rappelle le boeuf écorché de Rembrandt ce qui nécessite de la part du regardeur une bonne culture!
« Les oeuvres d’art sont des coins à pique-nique, des auberges espagnoles ou l’on consomme ce qu’on apporte soi-même » Morellet, 2009
geometree
Parfois c’est la grille qui déraille, une brindille d’arbre prenant le relai de la grille. Et nous voici arrivées dans le parcours « déraison ».
néon
L’expérimentation continue avec le néon. L’installation ci dessus m’a beaucoup plu parce que le clocher apparait entre les deux cadres dans la fente.
Cette visite m’a intéressée mais ces constructions intellectuelles me laisse assez indifférente, sauf quand cela débloque.
L’exposition de Louise Nevelson m’attirée pour une nouvelle expédition à Metz. La première fois c’était Chagall ICI et c’était un excellent souvenir. Se rendre à Metz de la Gare de l’Est est très facile : 1h20 en TGV .
La visite de la Gare fait partie du circuit touristique. Commandée en 1901 par le Kaiser Guillaume II, symbole de la puissance allemande et permettant l’arrivée de 25.000 soldats par jour. De style néoroman germanique, décorée de nombreuses frises et sculpture, elle mérite qu’on s’y arrête. Surprise : un goupe de statues honorant la mémoire de Jean Moulinest suspendu
jean Moulin à la gare de Metz
Le 8 juillet 1943, en gare de Metz, le corps de Jean Moulin a été retrouvé sans vie. Le sculpteur : Stephan Balkenhol.
les enfants ukrainiens et la guerre
Sur des panneaux, une exposition LES ENFANTS DE LA GUERRE dans le cadre du voyage en Ukraine : la saison de l’Ukraine en France.
Après avoir passé un long souterrain nous arrivons sur une grande esplanade : le parvis des Droits de l’Homme avec le Metz Congrès Robert Schumann palais accueuillant des congrès ou des expositions, signé Wilmotte inauguré en septembre 2018. En face, le Centre Pompidou-Metz
Contre Pompidou-Metz
Coiffé d’un toit alvéolé inspiré d’un chapeau chinois en bambou, c’est l’oeuvre de Shigeru Banet de Jean de Gastine. léger, aérien presqueavec les lamelles de bois collées reposant sur des piliers aérés.
Trois expositions majeures : Dimanche sans fin mis en scène par Maurizio Cattelan occupe deux niveaux,François Morellet – 100 pour 100, et Louise Nevelson. nous commençons par Cattelan puis Morelletpuisqu’il y a une visite guidée à 11 heures.
Vers midi, nous sommes saturées de peinture et partons nous aérer dans le Jardin Jean-Marie Pelt le long de La Seille. Pour honorer le célèbre botaniste écologue, le jardin est nature avec 20 ha de prairie, des arbres fruitiers, une rosellière le long de la rivière. C’est un parc paysager très agréable mais rien n’est prévu pour déjeuner (sauf un foodtruck).
Après avoir longé l’eau nous nous dirigeons vers le Centre-ville en passant sous les lignes ferroviaires, puis dans la circulation par la grande rue Haute-Seille, jusqu’à la vaste place Coslin, un parking peu accueillant sous une tour sans grâce d’habitations (style années 70). A l’approche du Coeur de Ville historique, les rues se rétrécissent, la circulation automobile s’apaise et nous nous installons sur la première terrasse au soleilau coin de la rue Lassale et de la rue de la Fontaine : celle du Restaurant L’Hédoniste . CLIC / Ardoise à 25€ Entrée+plat et amuse-bouche offerts. Feuilleté aérien au chèvre chaud,côte de veau rose avec une sauce aux champignons délicieuse. Une adresse à retenir.
J’aime beaucoup découvrir une ville à pied, avec la carte du livret Un Grand Week-end à Metz Hachette qui propose une dizaine de promenades avec des plans. La toponymie est pittoresque : certaines rues sont notées « En » Nicolairue, avec le rue à la fin, comme En Fournirue (rue des Fournils) ou En Chaplerue (chapeliers?), en Chandellrue(chandelles?), En Nexierue (????).
Place Saint Louis
Nous trouvons des repères à notre déambulation : la Place Saint Louis bordée d’arcades a un caractère d’Italie, elles datent du XIIIème siècle, les changeurs lombards y étaient installés au XVème siècle. Une plaque rappelle une République Messine entre 1470 et 1490. Les contreforts penchés nous étonnent.
et Colonne de Merten
Autre repère : la Rue Serpenoise , en son mitan une longue statue métallique ondulante évoque un serpent. Elle débouche sur une grande place avec la colonne de Merten qui rappelle l’origine gallo-roamine de la via Scarponensis.
Nous rejoignons la Gare et le Centre Pompidou-Metz en suivant le flèchage touristique. Il nous reste encore deux expositions qui occupent une bonne partie de l’après-midi.
Après deux bonnes heures de peinture et sculpture modernes, nous retournons nous aérer dans les jardins et montons sur une butte pour apercevoir la construction de Philippe Starckau sommet du Hilton. Une sorte de maison traditionnelle à toit à double pente et tourelle est perchée sur un immeuble : c’est la Maison Heler. Des maisons perchées sur le toit des bâtiments, c’est tendance en ce moment, il y en a même à Limeil-Brevannes, cela ne m’impressionne pas plus que cela.
Porte des Allemands
Il nous reste trois bonnes heures avant le retour en train. Nous tâchons de rejoindre la Porte des Allemands en longeant la Seille. La promenade est contrariée par la voie ferrée perchée et par des routes à grande circulation. heureusement les arbres sont en fleurs.
la Porte des Allemands est un petit château-fort médiéval (1230-1480). les deux tours rondes en poivrière sont XIIIème, les carrées XVème . Assiége en 1552 par Charles Quint, elle résista vaillamment. Metz était une ville fortifiée ocmptant jusqu’à 18 portes et 72 tours (selon le guide Hachette)
Cathédrale de Metz
En prenant pour cap, la Cathédralenous passons par la Place d’Armes avec ses deux trophées (monumentaux) et arrivons au coeur de ville. La Cathédrale est fermée depuis quelques minutes. Ce n’est pas grave, nous avons vu les vitraux de Chagall à notre précédente visite en 2021. Nous nous attablons à une terrasse plein soleil en face du marché couvert(fermé également le soir) : construction très élégante en U commencé en 1785 pour être le Palais épicsopal transformé en marché en 1831.
Retour par les Quartiers Impériaux, la Poste et les très belles constructions allemandes.
Nous n’avons rien vu de ce que j’avais prévu avec le guide, ni la maison de Verlaine, ni l’itinéraire de Rabelais, ni le musée de la Cour d’Or. Il nous faudra donc revenir. A l’occasion d’une nouvelle exposition?