Shin Sung Hy – Coller, Couturer, Nouer – au Musée Cernuschi

Exposition temporaire jusqu’au 2 Août 2026

La Corée est à l’honneur cette année après deux expositions à Guimet. Si Shin Sung Hy est un plasticien coréen, né en Corée (1948), il s’est installé en France dès 1980 et s’est beaucoup inspiré de Supports/Surfaces des années 1969-1971. Sa démarche est la mise en question de la peinture, par déconstruction, trompe-l’oeil et collages. La peinture devient son propre objet. Cela m’a fait aussi penser à l’exposition de Morellet visitée ce printemps à Pompidou-Metz.

Cette déconstruction commence avec des tableaux de jute. Une toile de jute est peinte à l’endroit en représentant l’envers = le chassis, une autre présente des rangées de petits points colorés, ce qui ne m’a pas spécialement passionnée.

collages sur plexiglas (1984)

Une autre déconstruction consiste à peindre à l’acrylique sur du carton et déchirer de petits fragments et les recoller sur un autre support, autre carton ou plexiglas. Les collages sur pléxiglas ont de l’allure avec l’ombre portée à l’arrière et forment un ensemble assez séduisant. 

Beaucoup moins séduisants : des bandelettes collées à une moitié de chassis, ou même un T-shirt peinturé suspendu qui devient lui-m^me toile.

la salle suivante est nommée Retour à la peinture, des couleurs gaies : rose orange, rouge sur un fond clair , pas plus convainquant à mon avis.

Couturages (début des années 90)

La démarche suivante est de découper des bandelettes et de les piquer à la machine sur du caraton afin de réaliser des tableaux avec des rayures en relief.

Autoportrait

les Autoportraits m’ont bien plu : au centre, un miroir est entouré par des bandelettes nouées en relief, des pinceaux complètent l’autoportrait du peintre

peinture Spatiale : nouages

j’ai bien aimé les nouages de bandelettes peintes de 1 à 2 cm formant des réseaux en relief

Nouage vu de près

Comme cette exposition n’occupe que 3 salles assez petites, j’ai poursuivi ma visite de Cernuschi par les collections permanentes qui m’enchantent toujours. Les personnages d’argiles, comme des tanagras figurent des cavaliers, des musiciens (musiciennes), des figures du calendrier chinois ou des soldats ou ouvriers et même des maquettes de maisons.

Hâm Nghi : autoportrait

Deux expositions temporaires sont appelées l‘Eté Vietnamien avec des brûle-parfums métalliques de très belle facture. Une salle est consacrée à l’empereur en exil Hâm Nghi(1871 Hué – 1944 Alger); emperreur fugitif  traqué par les militaires français (1885) porte drapeau de la résistance anti-coloniale puis exilé à 18 ans à Alger .Il se réfugie alors dans l’étude  et la peinture qu’il a pratiqué pendant  ans. De beaux pastels sont exposés mais sous verre avec des reflets bien gênants pour les photographier. 

L’Autre George – A la rencontre de George Eliot – Mona Ozouf – Gallimard

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Attention : spoiler! Mieux vaut avoir lu les romans de George Eliot avant d’entamer la lecture de cet ouvrage. Il ne s’agit nullement d’une biographie de George Eliot comme je l’avais cru quand j’ai téléchargé ce livre. C’est plutôt une promenade dans ses oeuvres qui commence avec le Moulin sur la Floss que j’avais déjà lu, puis continue avec Middlemarch que je m’aprêtait à lire. L’analyse de Mona Ozouf est passionnante mais suppose qu’on soit familier avec les personnages, et raconte un peu trop pour qui n’a pas terminé le livre. Donc, à ne lire qu’après lecture de George Eliot sous peine de divulgâcher l’histoire. Dans cette logique, j’ai sauté le chapitre concernant Daniel Deronda qui sera au programme du challenge en septembre. 

A la suite de cette réserve, L’autre George est très intéressant, d’une lecture fluide. C’est le point de vue d’une historienne qui resitue les livres de George Eliot dans leur contexte historique, social et littéraire. Mona Ozouf met au jour des correspondances, des gemelléités, entre les personnages soit à l’intérieur d’un roman, soit à travers différentes oeuvres. C’est aussi l’interprétation d’une philosophe qui va questionner les questions religieuses et philosophiques ayant cours dans l’Angleterre du XIXème siècle. 

Après les études des trois oeuvres citées précédemment, des chapitres transversaux : « La moraliste », « l’artiste », « la femme » vont éclairer les principaux aspects de l’oeuvre de George Eliot. 

Ce qui m’a le plus intéressée c’est la question de la place des femmes dans l’oeuvre de George Eliot, et dans la société anglais. George Eliot peut-elle être considérée comme féministe? Pourquoi ne s’est-elle pas engagée avec les suffragettes dans la lutte pour le vote des femmes? (George Sand, non plus, d’ailleurs). 

La conclusion du livre est une comparaison entre « Les deux George » sur laquelle je reviendrai sûrement quand nous ferons un bilan du challenge.  

ce cousinage le signe le plus voyant était bien sûr l’adoption du nom masculin

Chez elles, de surcroît, le pseudonyme masculin ne venait pas seulement couvrir une œuvre, mais une vie. Et pour l’une comme l’autre, un mode d’existence soustrait à la convention.

Mais toutes deux dénoncent en revanche une société inique qui prive les femmes des droits fondamentaux. Et
l’emblème du malheur féminin leur paraît être le mauvais mariage, que des lois scélérates empêchent de
défaire.

Noirmoutier en l’île – le Bois de la Chaize – le Vieil

NOIRMOUTIER 2026

Noirmoutier-en-l’Île Château

Notre gîte est situé à 1.5 km du Centre-bourg et 800 m de la plage de la Clère. Après avoir acheté les courses de base à l’Intermarché de La Guérinière nous allons compléter dans les boutiques du village.

Sous le soleil, le Château offre son meilleur aspect.

A notre premier voyage, l’église était sous les échafaudages, je la découvre donc aujourd’hui. Elle me semble plus grande et plus claire que je ne m’y attendais.

Noirmoutier-en-l’Île église Saint Philbert

Dédiée à Saint Philbert(mort en 690), elle a subi les ravages des Sarrazins (732) des Vikings(836) et plus tardivement des Hollandais (1674) et désaffectée à la Révolution. Cette visite résume l’histoire de l’Île . Le dépliant décrit les différentes œuvres d’art, retables et statues (1822-1824) et l’ ex-voto (maquette dans une vitrine) et tableau de la Pêche miraculeuse. J’ai surtout aimé la crypte (VII ème siècle).

Même après notre précédent séjour, il reste des découvertes à faire ici !

Visites plus prosaïques dans les belles boutiques de la rue piétonnière : charcuterie-traiteur luxueux, et très belles boulangeries. Le luxe ! je commence à me repérer dans les places de la ville : la place du marché (mardi, vendredi, dimanche), une petite place avec des terrasses de cafés et restaurants et la grande Place d’Armes à proximité du Château, de l’Eglise et du Musée Jacobsen.

Plage des dames

J’irai me baigner sur « notre » plage, la Plage de Clère à 600 m du gîte. Comme je nage seule et que début juin, les plages ne sont pas surveillées, je préfère prendre mes marques, c’est plus sécurisant.

l’Estacade du bois de la Chaize

En attendant nous nous retrouvons au Bois de la Chaize qui est un des points remarquables de l’Île avec sa jolie plage des Dames, son estacade, ses belles villas Second Empire. Cette jetée construite en 1885permettait aux estivants d’arriver de Pornic en bateau. Sur l’estacade les pêcheurs remontent de petits carrelets avec chaque fois de minuscules fritures.

De très beaux arbres, principalement des chênes verts ombragent la pente. La promenade conduit à une sorte de grotte (fermée) ; des sentiers conduisent à la très petite crique : l’Anse rouge dominée par une tour :la Tour Planier.

L’anse Rouge et la Tour

Par des impasses j’arrive enfin à une plage plus grande La plage des Souzeaux personne sur le sable mais le silence est troublé par des artisans qui terminent les derniers travaux dans les villas avant l’arrivée des juillettistes. En continuant dans les villas on rejoint la Plage de la Clère.

Le Vieil

L’après-midi, nous continuons la promenade le long de la côte en suivant les Dunes du Vieil puis dans les petites maisons blanches et fleuries du Grand Vieil et du Petit Vieil.

 

la Prequ’ile de Rhuys – Arzon et Saint Gildas

MORBIHAN JUIN 2026

Arzon moulin à marée de Pen Castel

Le soleil radieux nous incite à explorer un peu plus loin la presqu’île de Rhuys qui se trouve tout près de Kerpenhir où nous étions hier. Il faut faire tout le tour du Golfe du Morbihan, une soixantaine de kilomètres. Heureusement la route est rapide, juste avant Auray nous montons sur la RN 185 , quatre voies comme une autoroute mais gratuite, évitons Auray et Vannes ; Relais pris de Noyalo à Sarzeau jusqu’à Arzon avec juste quelques ronds-points pour nous ralentir.

Arzon

Arzon (2271 habitants selon Wikipédia) est très urbanisée. L’Office du Tourisme se trouve à Port Crouesty à 800 m du Centre-bourg. Marina énorme, crée en 1973, le plus grand port de plaisance de Bretagne, entouré d’immeubles modernes sans âme, beaucoup de béton, un tout petit peu de bois, aucun intérêt.

Le sentier côtier fait le tour des pointes déchiquetées qui s’avancent dans le Golfe du Morbihan.

Arzon : menhir de la POinte de Bilgrois et au fond Kerpenhir

Pointe de Bilgrois, la plus occidentale. Le ciel est chargé, le vent qui souffle fort donne une impression dramatique. Pas de dolmen comme indiqué sur la carte, un menhir parmi les graminées qui ondulent au vent. Kerpenhir est si proche qu’on voit els silhouettes qui se pressent autour de la table d’orientation. Un peu plus bas : la plage de Treno , à marée basse des rochers. Pas de sentier de randonnée. « il se trouve plus loin à Monteno » m’explique un monsieur bien aimable.

Nous nous perdons dans le dédale de ce « village » pavillonnaire malgré le plan qui nous a été offert à l’Office de Tourisme. Lotissement de maisons blanches, impasses, rue …pas de trace du sentier côtier, ni de la côte d’ailleurs, accès réservé aux riverains. Bernon, on se perd à nouveau. On demande Kerners au GPS qui le reconnait grâce à la base de kayak.  Enfin !

ARzon – Pointe de Kerners kayaks

De la base nautique partent aussi les bateaux pour les îles : Ile aux Moines. Le soleil est revenu. Le sentier autour de la Pointe de Kerners est très bien entretenu avec de très beaux panoramas sur le Golfe et les Iles. Il domine la mer que j’aperçois entre les branches tortueuses de très beaux arbres. L’eau est redevenue bleue. Le golfe est beaucoup plus calme que l’océan.

Nous reprenons la voiture jusqu’au Moulin de Pen-Castel (connu du GPS). C’est un moulin  à marées sur une digue. D’un côté le Golfe de l’autre, un étang. Un premier moulin du XIIème siècle devient propriété des Ducs de Bretagne. Les moines de saint Gildas le reconstruisirent au XVIIème siècle. Moulin à farine, la liste des meuniers est exposée à l’intérieur. Un salon de thé et une salle d’expositions sont aménagés. Exposition de pascale Chauvet, une plasticienne de la région, qui expérimente diverses matières et techniques : aquarelle, verre, collages de petits carrés cousus pour former une tenture colorée. Mon préféré est une tenture où des capsules de pavots sont cousues sur un fond clair (carreaux de notices de médicaments. C’est écolo (upcycling).

Tour de la Pointe Saint Nicolas jusqu’à rejoindre le sentier là où j’avais fait demi-tour ce matin. Les plantes sont étiquetées comme dans un arboretum. Amusant à lire d’autant plus que les plantes identifiées sont des plantes sauvages qui pour part ont disparu sous les exubérances des plus vivaces. Les prunelliers ont envahi l’églantier, les ronces et le lierre, les moins communes. Un couvre sol moins commun est formé de tradescantia appelée ici Ephémère de Rio, pour moi, c’est de la Misère. Les énormes Cyprès de Lambert ont des troncs imposants et des racines qu’il faut enjamber. Promenade ombragée même si aujourd’hui, je rechercherais volontiers le soleil.

Saint Gildas de Rhuys

De l’autre côté de la Presqu’Ile de Rhuys : l’océan que nous allons trouver à Saint Gildas de Rhuys beaucoup plus tranquille et moins construite qu’Arzon. Cap sur l’Abbatiale qui dépasse tous les toits. Vue de derrière, elle est très belle avec son chevet roman et les modillons sculptés à têtes humaines charmants. La façade est néo-classique, reconstruite en 1699 après que le clocher foudroyé ne s’effondre sur la nef. J’apprécie moins.

Saint gildas chevet de l’abbatiale -modillons

L’Abbaye est encore active, elle a été un centre pour handicapés, maintenant elle a une vocation culturelle et spirituelle. Elle ne se visite pas. Pas de visite non plus pour l’église où se déroule une cérémonie (enterrement). C’est l’occasion d’évoquer le personnage de Gildas que je retrouve chaque jour ou presque en Morbihan. Gildas a fondé l’Abbaye en 530. En 1125, Abélard en devient abbé et les moines le déçoivent. La côte sur l’océan à la Plage de Port Maria est très différente de  celle du Golfe. Plus sèche, plus grise, moins fleurie, battue par les vents

St Gildas plage de Port maria

Le Musée de la préhistoire à Carnac

JUIN  2026 CARNET DU MORBIHAN

paléolithique : silex taillés

Dans les musées, les sections « Préhistoire » sont souvent rébarbatives, silex et galets, taillés ou polis, de Corse en Bretagne…toujours les mêmes. Eh bien non, à Carnac, les vitrines sont joliment présentées accompagnées d’un luxe de panneaux explicatifs : chronologies, cartes avec les variations de la ligne du rivage, destinées aussi bien aux enfants, néophytes que spécialistes.

La première salle :  Paléolithique jusqu’à -9600 ans av.J.C.

On distingue le Paléolithique moyen jusqu’à 35 000 ans, apogée des glaciations, avec une population de Homo Neandertal. A partir de 35 000 ans apparaît Homo sapiens (Cromagnon)

La vitrine esthétiquement très réussie de pierres taillées, flèches, galets. Elle est accompagnée de la question : Où trouver des silex ? En effet, les sites paléolithiques sont nombreux sur le littoral breton alors qu’on ne trouve pas de silex en Bretagne intérieure granitique. Sur le site de Saint Colomban, une plage de Carnac, le cordon littoral est formé de galets offrant une ressource en silex.

Mésolithique (9500 – 6000 av.J.)

Tombe de Teriec Sépulture et coquillages

la vitrine 3 présente des sépultures Teriec au large de l’isthme de Penthièvre et à Hoëdic. Ici aussi, la mise en scène est frappante : « un homme a été tué à Teriec il y a 6600ans » . On voit  radiographie des vertèbres touchées avec la pointe de flèche, une flèche a été reconstituée. On présente des outils, flèches et forets en os de de cerf, sanglier. Les hommes vivaient de chasse, cueillette, et ramassage de coquillages. Ces derniers ont été utilisés aussi pour faire des parures. La tombe de Teriec, découverte en 1928 est reconstituée ici. Une femme de 20 – 25 ans mesurant 1.51m a été préservée de l’acidité des sols granitiques par la présence de nombreux coquillages. Des photographies des photos de la fouille de 1928 accompagnent la vitrine.

Néolithique (6000 – 2300 ans av J.C.)

Carnac : musée – Moissonner au Néolithique

Une économie de production se met en place avec l’agriculture et la domestication des animaux.

Les rapports avec le monde des morts se matérialise avec des stèles gravées, dolmens à couloirs recouverts d’un tumulus. A Kercado, la datation C14 donne 4670 av. J.C. et livre des pierres polies et des poteries. Le Tumulus Saint Michel a livré des parures de jaspe d’un vert bleuâtre.

Collier de perles de Variscite

Présentation de maquettes des alignements de Menec, du dolmen coudé des Pierres Plates. Présentation très impressionnante d’un couloir où le visiteur passe entre des stèles gravées comme dans un véritable site. Les moulages de la Table des marchands présentent des décors sophistiqués avec des crosses, des arches, des traits ondulants (oiseaux en vol ?) et même des pieds bien reconnaissables.

Une section présente la Variscite :minéral vert, phosphate d’aluminium hydraté d’origine hydrothermale qui ressemble à la turquoise. La variscite provient d’Espagne et du Portugal. Une hache polie en jadéite a été trouvée en Morbihan dans un alignement de menhirs immergés . La pierre provient des Alpes italiennes (Viso)

Défricher, couper du bois

Une vitrine avec des outils néolithiques reconstitués raconte que les haches polies expliquent le recul de la forêt défrichée, une faucille de bois et de silex, la culture des céréales.

A l’étage une salle raconte la conquête romaine . En  bataille navale entre les Romains et les Vénètes en baie du Morbihan.

Courses à Carnac

Non loin du musée, autour de l’église de Carnac, sur la place et les rues adjacentes les commerces sont nombreux et très agréables. Boulangerie, boucherie charcuterie où je trouve le pique-nique de midi ; les magasins de vêtements, chaussures sont traditionnels et pas tape-à-l’œil comme à la Trinité. J’aurais tout acheté !

Quiberon

MORBIHAN JUIN 2026

Quiberon : côte sauvvage sous le vent

Guidage au GPS par le Pont de Kerisper, traversée rapide de la Trinité-sur-mer,  de Carnac et Plouharnel. La départementale 768 passe tout droit entre les dunes et le marais. A Saint Pierre de Quiberon nous la quittons pour rejoindre la Côte Sauvage. Grand vent, ciel dégagé, lumière très vive et mer verte très agitée.

De nombreux randonneurs marchent sur le GR qu’on découvre de la route. Dès qu’on aura trouvé le « parking avec vue » je compte bien les rejoindre. Le spot idéal est au Vivier. Deux restaurants, avec le vent, personne en terrasse, à l’arrière, de profonds bassins creusés dans le granite. Peut être ont-ils été utilisés pour stocker des crustacés. Aujourd’hui vides.

Qiberon : souffleur

J’enfile mon ciré, prends mon bâton et suis le GR bien encadré par des fils métalliques. Comme dans tous les sites touristiques (Pointe du Raz, Crozon…) il faut contenir les hordes pour éviter le piétinement et préserver la végétation avec la protection de tapis de chanvre (genre sacs de patates) . Et cela marche bien. Sans être prévenue, je découvre le « trou du souffleur » et fais sdes photos de vagues qui s’élèvent en nuage blanc. Des paquets d’écume jaunâter s’envolent et nous bombardent. Soudain le ciel s’assombrit. Un grain s’abat avec violence, presque de la grêle. En quelques minutes tous les randonneurs sont trempés. Je constate avec plaisir que mon ciré est bien étanche, en revanche ma jupe est trempée. Une chance cette jupe ! elle sèche beaucoup plus rapidement que les pantalons de mes collègues-randonneurs. La pluie m’a stoppée dans mon exploration de la côte sauvage.

Pique-nique de luxe : pinces de tourteaux et crevettes grises.

Quiberon Château Turpeau

Le vent est tombé, le ciel, voilé. Je continue le GR jusqu’au château Turpeau à l’entrée de la ville de Quiberon. De loin, ce « château de la mer » de style anglo-médiéval a belle allure avec ses tourelles effilées qui se profilent. De près, c’est moins bien.

La circulation dans la ville de Quiberon est infernale avec les sens interdits, le stationnement difficile. Nous passons et repassons quatre fois par les mêmes rues, les mêmes places, incapables de s’extraire du circuit imposé. Juste le temps d’acheter un Quatre-quarts breton dans la Maison Riguidel en stationnant devant la Belle-Iloise (prévu pour les clients) sardines de luxe.

Le beau temps est revenu, le GPS nous a tiré du centre-ville, nous découvrons la Grande Plage à l’arrière de la Gare Maritime, bordée de belles villas et d’immeubles modernes. Je laisse mes sandales au pied de la rampe et marche pieds nus sur le sable fin dans la frange d’écume .

Quiberon – dune vers la Pointe de Conguel

Promenade très agréable à la Pointe du Conguel. Voiture garée à l’arrière du complexe de Thalassothérapie et des immeubles Sofitel en face de la Pointe de Goulvars. Le GR est d’abord parallèle à la route. Hors saison, il n’y a pas de circulation . un grand parking se trouve à l’entrée de la promenade très agréable (mais très fréquentée) qui fait le tour de la Pointe de Conguel. Aller dans les dunes sur le flanc sud baigné par l’océan libre. Retour par un petit bois. Une table d’orientation est bien utile pour se repérer, trouver Belle-Ile, la plus grande, Houat et Houedic qu’on devine. Puis les Pointes du Golfe du Morbihan : Locmariaquer, la presqu’île de Rhuys.

Ail sauvage

Requiem pour une République – Thomas Cantaloube

POLAR HISTORIQUE (1959-1961)

Le Bon, la Brute et le Truand dans le Paris du début de la 5ème République, Papon règne à la Préfecture, la Guerre d’Algérie ne veut pas dire son nom, barbouzes et FLN, SAC et OAS. 

C’était une actualité qui parvenait brouillée à mes oreilles de fille de 10 ans. On a fait des provisions quand la menace des généraux félons est parvenue aux ménagères. On a craint les plasticages de l’OAS à cause d’un homonyme qui avait signé le Manifeste des 121 qui a poussé le mauvais goût à résider dans la même rue. Mémoire lointaine que les filtres des historiens n’ont jamais éclairci pour moi. Le livre de Cantaloube remue des souvenirs. 

Un massacre quai Montebello, une famille entière assassinée, est passé hors des radars de la Presse. Facile à imputer à des réglements de comptes entre Algériens, une des victimes étant un avocat algérien. Enquête bâclée, poussière sous le tapis.

Le Bon, c’est Luc, un jeune flic, naïf, chargé de l’affaire, qui ne se contente pas des conclusions de ses supérieurs. La Brute, Sirius Volstrom, homme de main, ancien collabo, chargé par l’adjoint de Papon de faire disparaître l’assassin de l’avocat ; il ne refuse aucune mission même meurtrière pourvu qu’on le paie. Le Truand, Carrega, le bandit corse, ancien résistant, vrai trafiquant, appelé pour faire la lumière sur le massacre du quai Montebello, par un camarade de la Résistance. Roman choral à trois voix, chacun raconte son histoire qui se tresse à celle des deux autres. 

Nous allons croiser Mitterand et être témoin de l’Attentat de l’Observatoire (16 octobre 1959), entendre Michel Debré dans un « discours de mobilisation patriotique » sécurisé par le SAC, voir émerger l’OAS dont j’avais oublié que les initiales signifiaient l’Organisation de l’Armée Secrète, avec ses actions meurtrières, dont le déraillage du train de Vitry-le-François qui a fait 28 morts et 160 blessés, et pour finir la répression sanglante de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961. 

Leçon d’Histoire, dans un thriller très bien mené avec des personnages secondaires bien campés dans un Paris interlope derrière Montmartre, quand roulaient Simca, Dauphine, qu’on faisait poinçonner le ticket de métro en carton.

 

La Corée au Musée Guimet – Restaurant Hanok

A la sortie de l’exposition Silla nous avons déjeuné coréen dans le restaurant du musée. La carte est difficilement compréhensible pour le novice. Nous avons choisi un bulgogi lamelles de boeuf mariné puis mijoté et servies avec des légumes dans une sauce parfumée. Dans un bol métallique (en bas à gauche) du riz avec des coupelles contenant, haricots verts, chou, racine de lotus. Les baguettes sont métalliques, très design

.

pour dessert des mochi, mangue, thé vert ou litchi. Délicieux.

Pour un plat, un dessert et un thé comptez 29€

La Corée au Musée Guimet : K-beauté -Beauté coréenne histoired ‘un phénomène

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 6 juillet

Affiche de l’Exposition Beauté Coréenne

Récemment, dans le métro parisien, la cosmétique s’affichait proposant des produits de beauté. K-beauté, K-pop, la Corée a le vent en poupe, très populaire chez les jeunes qui reproduisent les chorégraphies s’inspirent de la mode, des gadgets et des mangas.

Qu’est-ce qu’être belle ou beau en Corée?

Scènes de la vie coréenne

L’exposition propose des portraits de beauté selon les canons de la période Joseon (1392-1910)

Femme se coiffant- attribué à Kim Hongdo

les coiffures sont spectaculaires. L’exposition fait une belle place auxe soins des cheveux, les postiches, les peignes et les aiguilles à chignon .

Costumes traditionnels : hanboks

Une section est connsacrée aux cosmétiques, remèdes et soins . Un  traité médical de 1613, est présenté dans une vitrine avec les poudres, les produits utilisés pour la toilette (grande importance de l’hygiène, ablutions et aux soins des cheveux) des poudres, des huiles parfumées sont également présentés. 

la Nouvelle Femme

Dans les années 1920 -1930, la Corée subit de profondes transformations avec l’infljuence du cinéma et des magazins féminins qui diffusent les clichés de la modernité.

Après la Guerre de Corée,  (1950-1953)la partition du pays, la beauté se trouve « en reconstruction » avec l’influence de l’industrie du divertissement américain. 

Affiche des J.O. de Séoul 1988

Les Jeux Olympiques de Séoul (1988)procurent à la Corée une notoriété culturelle. A partir de 2010, le préfixe K-se décline dans les exportations culturelles dont la K-beauty : industrie cosmétique mais aussi cinématographique, et essor de la K-pop. Les vedettes de la K-pop témoignent de la recherche esthétique qui combine les canons traditionnels du Joseon à une imagerie futuriste

Bâtons lumi neux et différents accessoires

Cependant ce rapport à la beauté avec des canons précis est une réalité contraignante : régimes alimentaires, chirurgie esthétique..

une vidéo présente l’histoire d’une jeune fille qui ne peut pas nouer de relation avec des garçons parce que son image n’est pas conforme. L’exposition ne fait pas l’impasse sur ce conformisme induit par la dictature de l’apparence.

la Corée au Musée Guimet : Silla – l’Or et le Sacré – Trésors royaux de Corée (57av.JC – 935)

Exposition temporaire jusqu’au 31 Aout 2026

L’or du royaume de Silla

Des trésors fabuleux ont été mis au jour sous les tumulus des tombeaux royaux de Silla de la ville de Gyeongju. Ce brillant Royaume de Silla a duré un millénaire de 57 avant JC à 935. Petite province au sud de la péninsule, il s’est étendu à toute la Corée actuelle. 

pectoral en virgules de jade

Or et jade (provenant du Japon). orfèvrerie très sophistiquée pour des objets de prestige : couronnes ouvragées,

boucles d’oreilles

Armes de prestige, façonnées sur place ou de provenance lointaine comme la dague perse

Dague : or, grenats émail cloisonné.

Ces provenances étrangères montre que le royaume de Silla entretenait des relations commerciales avec les nations voisines. Bijoux d’orfèvrerie mais aussi cuirasse de chevaux de parade, toute la cuirasse est décorée avec une sophistication extraordinaire

Etriers décorés minutieusement

la poterie est aussi d’une grande beauté

Détail du décor : grenouilles, tortues, serpent mais aussi personnages dans des positions inconvenantes

Au 6ème – 7ème siècle le royaume adopte le Bouddhisme et l’iconographie change 

 

les représentations des personnages du zodiaque bouddhique sont très curieuses

Signe du cochon

La visite se termine dans une curieuse « grotte » j’ai mis les guillemets parce que ce n’est pas une grotte naturelle mais un édifice construit recouvert par un tumulus. Le Bouddha monumental est un hologramme projeté sur un écran noir, mais il fait tellement illusion que nous nous posions le problème du fret- par avion ou bateau? – quand il s’est évaporé, pour revenir quelques minutes plus tard.