Le Céret des artistes –

CARNET CATALAN

Céret les arcades

Céret, sous le soleil me donne des envies de photos. Le tronc blanc des platanes, leurs fines branches dressées accompagnent les maisons multicolores des rues anciennes.

Manolo :la Catalane assise

La Catalane assise de Manolo est dans un petit carré planté à l’écart derrière la Mairie. Les Arcades, ancienne Porte D’Espagne sont éclairées par le soleil.

La fontaine de la Sardane

Sur la Place Pablo Picasso, la Fontaine Sardane de la Paix, capte mon attention un bon moment. C’est un monument de céramique complexe. Une montagne cubiste, comme une gemme complexe présente des cristaux à multiples facettes, bleu vert à reflets dorés. De deux trous circulaires deux jets puissants s’échappent tandis qu’à la base de la « montagne » une fente horizontale laisse passer l’eau comme une source. Le bassin émeraude est ceint d’une margelle de céramique avec un tube creux comme un serpent à tête d’oiseau où coule encore un filet d’eau. Le serpent porte des décors et de petits personnages. Le bord vertical est très décoré et coloré avec des personnages, des coquillages, des lettres grecques, et plusieurs fois « ombre » et « imagination ». sur le bassin, tranche un support avec un carreaux blanc où des personnages dansent la sardane.   J’aurais pu rester encore longtemps devant cette fontaine.

La fontaine de la Sardane (détail)

J’ai trouvé sur Internet ce texte :

Le 20 septembre 1953, à Céret, à la sortie d’une corrida, Picasso, accompagné d’Edouard Pignon et d’Hélène Parmelin, est accueilli au «Grand Café» par les communistes de Céret. A l’issue de la chaleureuse réception, il dessine une sardane, puis, avant de partir, se ravise et y ajoute une colombe. «La Sardane de la paix» est née. Picasso l’offre à ses camarades pour leur journal, «le Travailleur catalan». Par la suite, la section de Céret du PCF fera don de l’oeuvre au Musée d’art moderne de la ville.

Fontaine détail

Une fontaine, conçue par Juliette et Jacques Damville et située place Picasso, sous la porte d’Espagne des anciens remparts de Céret, célèbre la mémoire de cet acte artistique

 

J’ai été très étonnée que les auteurs de la Fontaine de la Sardane  ne soient pas cités visiblement (ils le sont peut- être mais je n’ai pas trouvé. Sincèrement je croyais que toute la fontaine était l’œuvre de Picasso . J’étais seulement étonnée que ce carreau blanc se détache trop de l’ensemble.

Au Musée j’ai visité très consciencieusement l’exposition temporaire Joan Ponç.

Picasso au Musée de Céret

Après m’être bien concentrée dans l’exposition allant de surprise en surprises, j’arrive dans les Collections permanentes.

Je ne sais où donner de la tête et dresse une liste des peintres sans prendre de notes. Il faut dire que des enfants de maternelle sous la direction d’une médiatrice parlent très fort et font un bruit très gênant. J’ai déjà rencontré ces groupes d’enfants très petits à la Fontaine Sardane mardi dernier. Les enfants de la région ont bien de la chance !

Je note en vrac Jean Marchand (1912 – 1919), Soutine (1919) André Masson, Picasso, Juan Gris, Haviland, Manolo, Max Jacob,  Herbin, PinkusKremegne, Lafay, Pignon, Chagall .

Quel gâchis que de passer en vitesse devant une si riche collection. Il me faut revenir, heureusement il reste deux semaines !

Il fait un temps printanier presque chaud. Nous déjeunons avec grand plaisir en plein soleil sur la table du jardin.

 

Céret, premières promenades

CARNET CATALAN

Céret

Samedi, la pluie a gâché cette arrivée à Céret, c’est donc une exploration.

J’ai franchi le Tech sur le Pont du Diable très haut, très fin et très arqué (belle description de Mérimée) fermé à la circulation et piétonnier.

Persuadée de trouver le centre de la ville en montant, je suis allée au hasard et je me suis perdue. Céret est un village très pittoresque qui a inspiré les fauves et les cubistes au début du 20ème siècle. Maintenant,  le bourg a grossi de quartiers périphériques à flanc des pentes. La topographie, la présence de ruisseaux dans des ravins, complique l’orientation. J’arrive dans des rues qui tournent et qui n’aboutissent nulle part. Difficile de me repérer sur le plan qui ne comporte pas le relief. Il y a des pentes, des marches, la signalisation routière ne m’est d’aucune aide. Enfin, je descends des marches, en grimpe d’autres et me trouve enfin proche du centre en face d’un curieux monument qui m’évoque d’abord un monument aux morts, un panneau me détrompe : c’est une fontaine : le Monument au Canal d’Arrosage, bien pacifique commémoration !

Monument au canal d’arrosage

Une promenade dans le centre-ville est balisée avec des panneaux explicatifs ; je peux enfin me repérer ! et remonte la Rue Saint Ferréol très commerçante. Une librairie d’occasion m’attire. Les prix sont dérisoires et les livres classés très soigneusement. Je trouve un Kazantzakis introuvable, une jolie édition de Cavafy et enfin Douleur de Zeruya Shalev au tiers du prix neuf, moitié moins que le téléchargement que j’avais prévu. Le libraire est très aimable, je retournerai sûrement dans sa librairie au nom de » Ivre de livres « (comme un blog que je connais !).

J’arrive sur la place de la République devant la monumentale Porte de France. J’entre dans le Musée d’Art moderne de Céret qui est très vaste, il est 11 heures, je reviendrai un autre jour, plus tôt.

Les petites rues ont des noms de peintres, Chaïm Soutine, rue Juan Gris, rue Manolo…. Les ruelles me conduisent à l’église Saint Pierre, à la façade soignée mais à l’intérieur plutôt décevant (le contraire des églises que j’ai visitées à Collioure et à Saint Genis.  Certaines galeries de peinture sont fermées mais pas toutes ; je suis très bien accueillie dans l’une d’elles qui expose des sculptures sur marbre d’un sculpteur de Perpignan, des ferronneries, des photos…..Je reviendrai à Céret,  par temps ensoleillé pour les photos. J’espère ne plus perdre de temps dans les quartiers neufs pour faire une véritable visite !

Le soleil fait son apparition vers midi et nous permet de déjeuner dehors sur la table de jardin.

Collioure le village et le château royal

CARNET CATALAN

Le fort de Collioure

Au réveil, pas un nuage ; allons voir la mer !

Collioure, 36 km en passant par le Boulou,  sur des voies rapides parallèlement à la chaîne des Albères. Les sommets sont saupoudrés de neige, tandis que derrière nous, le Canigou est bien blanc. De chaque côté de la route, des vergers de pêchers fleurissent rose, c’est une merveille ! j’espère seulement qu’ils ne pâtissent pas des températures frisquettes de ce matin. Les mimosas sont encore jaunes. On a taillé les vignes, les ceps sont bien propres, alignés sur les restanques.

9h30, sur le bord de l’eau, déjà, le parking face à la mer est complet. Nous garons la voiture sur le glacis sous le fort au parking payant même le dimanche.

Première promenade est au bord de l’eau.

Le fort vu des remparts
Le fort vu des remparts

La mer est agitée, de jolies crêtes blanches décorent le bleu profond, des vagues viennent se briser sur les rochers de schiste. L’air est comme lavé, les couleurs des maisons sont ravivées sous le soleil du matin. Un ruban dallé et cimenté court sous les murs du château royal.  Un musicien joue  d’une curieuse guitare électrique. Les passants prennent le soleil en dépit de la température. Une dame mûre est bras nus.  Un jeune homme frime en maillot, il va à l’eau pour la photo que sa copine prend en vitesse. Les restaurants proposent des « formules-petit-déjeuner ».

Soleil porté – Francesca Cardana
le fort de colliourex

Sur la bande de ciment sous le fort, une sculpture Soleil Porté – monument rappelant qu’en 1493, partirent de Collioure les 39 derniers Juifs non convertis, familles G.N. Mossé, Fuentes, Asday, Stelina, Bendit, ….

Collioure soleil porté

L’église Notre Dame des Anges

Du dehors Notre Dame des Anges est très sobre, accompagnée de son clocher rond coiffé de rouge qui ressemble à un phare.

Notre dame des anges
Collioure Notre Dame des Anges

A l’intérieur, l ’église est très sombre. J’ai envie de voir les riches retables de style catalan (beaucoup de dorures, des colonnes torsadées, grappes de raisin). On peut éclairer le grand retable du chœur. Comme je ne trouve pas de pièce d’1€, je demande à deux dames espagnoles de faire de la monnaie de 2€, l’une d’elle fouille dans son sac et me tend deux pièces. Quand elle voit que je glisse la pièce dans la minuterie pour illuminer le chœur, elle se précipite pour me donner une pièce ! Mon téléphone claironne sa musique arabe. Confuse je cours vers la sortie pour prendre l’appel. J’ai loupé le retable illuminé!

La promenade se poursuit sur une passerelle jusqu’à la petite chapelle et jusqu’au petit phare sur la jetée. Le vent souffle très fort.

histoire récente !

A l’entrée du Château, une plaque commémorative rappelle le souvenir des Républicains espagnols  de la Retirada qui furent incarcérés dans le château devenu prison en 1939. Un peu avant une autre plaque rappelle les « chemins de la Liberté », plus tard en 1943 quand les juifs tentèrent de passer en Espagne par les chemins des Albères.

Le Château Royal , histoire ancienne,

Le Château fut d’abord construit au 7ème siècle, cité en 672. En 1207, le Roi Pierre II d’Aragon céda la place aux Templiers, qui passa aux Hospitaliers après 1312 à la suppression de l’ordre des Templiers. Le château royal fut construit en 1242, devenant résidence princière du Roi de Majorque et de sa femme Marie de Montpellier.  Au XVème siècle, il devint une forteresse abritant une garnison.

Collioure : château

Sans attendre la visite guidée, je m’engage un peu au hasard, monte une rampe sous une haute voûte pour arriver dans la place d’armes petite et un peu biscornue. Dans les salles et dans la chapelle on a installé une Exposition Art sacré 66 par la Confraria de la Sanch de Cotliure. Cette année, le thème est l’Eucharistie. J’ai bien aimé la sculpture de Loussyane : Vision du cœur. Des peintures un peu naïves de la Cène, les hosties, un tableau inspiré par Leonard de Vinci ou de Dali, je n’ai rien retenu.

Bonduau
Bonduau

La chapelle est occupée par un seul peintre Jean Luc Bonduau Qui a peint deux tableaux sur le thème imposé avec une Cène mais qui a surtout peint des personnages joyeux, même si on peut imaginer des migrants. « Ils portent leurs enfants et leur mémoire » explique l’artiste devant un tableau d’un bateau surchargés de personnes, dans un autre une foule court, on dirait qu’ils débordent du cadre du tableau. J’ai bien aimé cette peinture bienveillante, souriante même dans le tragique.

Bonduau

J’ai repris au hasard ma promenade, suivant les remparts dans des angles très aigus, dans un parcours bizarre. J’ai emprunté des souterrains et me suis retrouvée à nouveau dans la place d’arme. J’ai bien aimé l’hétérogénéité des matériaux de construction : murs de schistes avec des moellons plats, gros blocs de basalte noirs dans les coins ou dans les encadrements, briques oranges, galets ronds pavant le sol…

 

Le Koh-I-Noor – William Dalrymple – Anita Anand

LIRE POUR L’INDE

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Le KOH-I-NOOR – L’histoire funeste du diamant le plus célèbre du monde.

Merci à Babélio pour ce livre!

Avec Dalrymple, je n’ai pas pris de risque. J’apprécie beaucoup cet auteur Le Dernier Moghol et dans l’ombre de Byzance avec beaucoup de bonheur. Historien spécialiste du sous-continent, l’histoire, telle qu’il la raconte est toujours plus passionnante que n’importe quel roman historique; Une bibliographie sérieuse et des notes détaillées, un glossaire. Il m’a seulement manqué des cartes plus précises.

Anita Anand journaliste britannique, d’origine Sikh du Penjab, a déjà écrit d’autres ouvrages sur l’Inde.

Ils se sont partagé le livre chronologiquement.  William Dalrymple raconte le début de l’histoire, des origines légendaires de la pierre célèbre jusqu’au règne du dernier grand Maharajah Ranjit Singh qui l’a porté à son bras. Anita  Anand poursuit l’histoire avec la colonisation de l’Inde par l’Empire Britannique, le transfert du diamant à Londres . Le livre se termine avec les réclamations de ses anciens propriétaires.

Le Koh-i-Noor est un prétexte pour parcourir l’histoire de la région, élargie à l’Afghanistan et à la Perse, puisque les souverains de l’Inde, de Babour le premier des Moghols, Persans, Afghans puis Sikhs qui se disputèrent l’Inde et le joyau – symbole du pouvoir. Diamant funeste? Non, il est passé d’un conquérant à l’autre, d’un roi à ses héritiers qui n’ont pas su conserver le pouvoir. Histoire chamarrée de ces souverains brutaux ou raffinés, poètes ou guerriers mais toujours couverts de pierres précieuses.

Quand la Compagnie des Indes orientales  établit son emprise sur le sous-continent vacille le  royaume sikh du Penjab après  à la mort du terrible Ranjit Singh. Anita Anand raconte avec maints détails les intrigues des héritiers du Grand Maharajah et la déposition du dernier souverain, un enfant-roi Dulip. C’est un récit passionnant enrichi par les rapports des espions, administrateurs, militaires britanniques. Angleterre victorienne, d’une jeune Victoria qui accueille avec bienveillance le jeune Maharajah, l’Exposition Universelle à Cristal Palace puis la veuve. Dans cette deuxième partie, le diamant semble porter une malédiction.

L’histoire du diamant n’est pas terminée….l’Inde voudrait le faire revenir, le Pakistan, et même les talibans le réclament:

« Bien que ce ne fût pas le plus gros diamant en possession des Moghols[….]il continue à jouir d’une notoriété qu’aucun de ses plus gros ou plus parfaits rivaux n’égale. Il est au centre des compensations pour les pillages de l’ère coloniale et fait régulièrement l’objet des revendications de la part de ses différents pays d’origine. 

L’histoire du Koh-i-Noor continue à soulever des questions historiques importante non seulement pour notre appréciation du passé mais aussi pour le présent, car il sert de paratonnerre aux prises de position envers le colonialisme. la présence m^me du diamant à la Tour de Londre incite à se demander comment juger des pillages de l’époque coloniale…. »

Mille et un jours en Tartarie – Lyane Guillaume

ROUTE DE LA SOIE

Femmes de Fergana en visite à Tachkent

Merci à Babélio et aux éditions du Rocher pour cette découverte!

Tachkent, le 8 mars 2014, Goulia invite ses amies pour fêter l’anniversaire de sa sœur Chirine. La narratrice Lyane, française, prend des notes pour un futur roman. Au cours de la soirée chacune racontera son histoire singulière

Danseuse ouzbèke Boukhara

A cette polyphonie se mêleront d’autres destins de femmes : celui de Rano, la jeune fille d’Andijan, traumatisée par le massacre de 2005, dont le mariage arrangé est suspendu à une éventuelle grossesse. Destin flamboyant de Tamara Khanoum, danseuse célèbre du temps de l’Union soviétique, arménienne qui exportait la culture de l’Union soviétique, comme les chœurs de l’Armée rouge, contribua à l’effort de guerre pendant la Seconde Guerre Mondiale. Bibi Khanoum – femme préférée de Tamerlan – construisit pour lui une mosquée gigantesque  (que nous avons visitée quelques semaines après la soirée du livre). 

Lutrin mosquée de Bibi Khanoum Samarcande

Les histoires se mêlent comme les conversations à bâton rompu…

Lyane raconte l’histoire de l’Ouzbékistan, de sa période soviétique qui a marqué toutes les femmes présentes à la fête, de la Perestroïka et de l’indépendance de la République d’Ouzbékistan. Tachkent, grande ville cosmopolite abrita l’intelligentsia russe en 1941 pendant le siège de Léningrad. Les populations sont extrêmement diverses, ouzbeks, russes, tadjiks, coréens, juifs…les religions aussi, si l’Islam est majoritaire, les  chrétiens sont aussi présents. mais c’est l’empreinte soviétique qui les unit.

De nombreux problèmes actuels sont abordés, celui de la Mer d’Aral et de la culture du coton, la corruption et l’enrichissement des affairistes et des mafias. En filigrane aussi, le wahhabisme. Le séisme de 1966 n’a pas encore été oublié. C’est à la suite de la reconstruction que Tachkent a doit son urbanisme avec les grandes avenues, les esplanades.

C’est une lecture très agréable et distrayante. Aux paroles des femmes s’ajoute aussi le défilé des plats de ce repas de fête, détails culinaires . J’ai retrouvé des goûts, des images pas encore oubliés. C’est le livre idéal pour préparer un voyage sur la route de la soie!

Moins dramatique que La Fin de l’Homme Rouge d’Svetlana Alexevitch, plus centré sur l’Ouzbekistan que Par les Monts et les Plaines d’Asie Centrale d’Anne Nivat qui sont deux témoignages majeurs.

 

une Aventurière au Musée – Alexandra David Néel –

EXPOSITiON TEMPORAIRE AU MUSÉE GUIMET 

jusqu’au 22 mai 2017

Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt les récits et les écrits des grands voyageurs. Mais les exploratrices me passionnent encore plus. J’attendais avec impatience l’exposition du Musée Guimet qui vient tout juste de commencer. Il ne s’agit pas d’une grande exposition mais seulement dans la Rotonde du 2ème étage (décor prestigieux avec cariatides).

 

Alexandra David Néel (1868-1969) féministe, anarchiste, exploratrice, écrivains et « dame-lama » trouve toute sa place au Musée Guimet puisque c’est à la suite de la visite de ce musée après sa création en 1889 qu’elle découvre le bouddhisme. En 1891 Emile Guimard organisa des cérémonies bouddhiques au Musée et Alexandra David Néel adopta le bouddhisme en 1892. 

A cette époque elle se consacrait au chant lyrique. De belles photos et sa tenue de cantatrice datent de la décade 1890-1900.

L’exposition se compose surtout de photos de ses deux grands voyages en Asie de 1911 à 1925. Son voyage à lhassa (1923-1924) en hiver est le plus aventureux, à 56ans elle effectue ce voyage clandestin dans une région interdite aux étrangers et non cartographiée, 2000km à pied et souvent de nuit se faisant passer pour une tibétaine. . Dans des vitrines on voit aussi ses petits carnets et des lettres rédigées avec une impeccable calligraphie.

Elle légua au Musée 8 panneaux peints de toute beauté, des objets. On voit aussi des objets provenant de Digne-les Bains où elle passa ses dernières années entre autre deux masques effrayants et une belle statue à tête de lionne.

En 1959 Marie Madeleine Peyronnet entre à son service. Elle a contribué à l’élaboration de deux bandes dessinées retraçant ses aventures par Fred Campoy et Mathieu Blanchot ed Grand Angle. Je ne suis pas très fan de BD et je n’ai pas beaucoup aimé leur graphisme.

En revanche je garde un souvenir ébloui de L’Inde où j’ai vécu que j’ai lu il y a quelques temps en rentrant des voyage au Rajasthan.

 

 

Desorientale – Négar Djavadi

TÉHÉRAN/PARIS

 

desorientale

Désorientale : quel beau titre! Orient comme exotisme, désorientée comme exilée, désorientée dans ses identités de fillette persane qui quitte sa tribu pour Paris à 11 ans, qui cherche son identité sexuelle, alors qu’en Iran elle est assignée, promise à une vie d’épouse et de mère, désorientée dans ce service de Procréation Médicalement assistée où elle attend enfin une insémination artificielle….

Le titre m’a tout de suite accrochée.

C’est un roman passionnant abordant de nombreux  thèmes . L’histoire contemporaine de l’Iran au cours de tout le 20ème siècle est racontée avec la saga des Sadr, famille aisée, cultivée et francophone. On voit vivre à l’iranienne cette grande famille où les oncles sont si nombreux que les enfants les nomment par leur numéro dans la fratrie.

On voit aussi le couple que forment les parents de la narratrice, couple de militants, d’opposants qu’elle compare même à Bonnie & Clyde, tant l’action politique est plus forte même que la prudence.

Roman de l’exil, du douloureux voyage, de la réception bien décevante des autorités françaises, alors que la France et sa culture étaient idéalisées…. les réactions des parents et des trois sœurs sont variées. L’exilée peut choisir de vivre dans un Iran rêvé ou de s’intégrer complètement, une option est aussi le cosmopolitisme…

Roman de la maternité, renoncer à faire des enfants paraît impensable à l’héroïne, même lesbienne. Récit détaillé des procédures et du protocole que doivent subir les candidats à la Five…

Ce roman est donc très riche et complexe. L’auteure a compliqué à plaisir le récit avec des flash-backs, retours en arrière dans le temps et l’espace, tournant autour de l’EVENEMENT qu’elle n’ose pas aborder de face.

Les romans compliqués ne me posent pas de problème. Le style, oui. Il manque un je ne sais quoi pour me convaincre et me séduire pleinement. Témoignage ou roman? Fiction sans doute largement autobiographique.

 

Yeruldelgger – Ian Manook

POLAR EXOTIQUE

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yeruldelgger

Yeruldelgger est un roman policier qui se déroule en Mongolie. 

J’ai dévoré en trois jours ce pavé de 630 pages haletantes et addictives  en moins de trois jours avec appétit mais aussi mauvaise conscience parce que c’est un policier vraiment très violent. Pour  certaines lectures, je consulte mon smartphone, pour voir un tableau, consulter une date ou une carte de géographie, pour Yeruldelgger j’aurais dû prendre un carnet et un crayon et noter le nombre de victimes, de tirs dans les jambes ou les genoux, de viols…. je serais arrivée à un total impressionnant. Je n’aime pas la violence gratuite encore moins les meurtres d’enfants, deux petites filles en sont victimes dans le livre.

Je n’aime pas non plus que l’enquêteur use de rapport de force, de l’intimidation, de la torture, ni des coups superflus.Je préfère généralement qu’il utilise son intelligence avec subtilité. Les machos invincibles ne me font pas rêver, ni les superman, batman et autres tarzan. Voilà pour ma mauvaise conscience!

Ce roman foisonnant est  complexe! Yeruldelgger est un policier d’exception,incorruptible, homme blessé, il poursuit ses enquêtes en cours malgré toutes les intimidations. Ses partenaires, le médecin légiste et sa plus proche collaboratrice, sont des femmes douées et belles, parmi les premières victimes, trois chinois et deux prostituées, presque la parité! Elles sont loin de n’être que des faire-valoir aux machos.

Ce polar exotique nous emmène en Mongolie entre Chine prédatrice des terres rares et des richesses du sous-sol, et Corée capitaliste où les touristes coréens se paient des treks dans les steppes encore sauvage.  Le souvenir de l’Union soviétique est encore très présent. la corruption des politiques et policiers  et les luttes d’influences de ces riches voisins seront la toile de fond de l’intrigue.

Exotisme encore, la vie dans les yourtes avec les traditions des nomades qui perdurent. Gastronomie mongole : les raviolis d’agneau frits, et la marmotte rôtie., sans  parler des tartines de confiture de myrtille et de crème!

Mystères aussi des chamans nomades et des bonzes combattants qui sont dignes des meilleurs films chinois.

Tout ce mélange fait que la lectrice se laisse emporter dans la steppe et les montagnes de l’Altaï….à cheval, en moto, en quad et en voiture.

Polar ethnographique? Pas sûr, l’auteur Ian Manook est un écrivain français :Patrick Manoukian, journaliste et grand voyageur.

Jade, des empereurs aux arts déco. au Musée Guimet

LE MONDE EN EXPOS

Exposition terminée le 16 janvier 2017

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Le Jade est à l’honneur au Musée Guimet, principalement le jade chinois qui fut collectionné par les empereurs de la dynastie Qing (1723-1795)

montagne avec un arbre et deux cervidés
montagne avec un arbre et deux cervidés

Trois minéraux existent sous cette appellation :  jadéite, trémolite et kosmochlor. Ce sont des silicates Ca et Mg du groupe des Amphiboles pour la jadéite nephrite, Na et Al du groupe des Pyroxènes pour la jadéite. Le kosmochlor est le Jade de Birmanie. Sa dureté sur l’échelle de Mohs est de 6.5 à 7(diamant =10) en fait une pierre qu’on taille assez facilement. La première salle est ornée de très belles illustration d’un manuel de taille du jade, découpé à la corde et au foret, poli ….Son contact est très agréable:  on incite le visiteur à toucher l’échantillon. 

A l’époque des empereurs de la dynastie Qing la Chine atteignit sa plus grande extension vers l’Ouest, ayant alors accès à de nouveaux gisements de jade  aux frontières du Turkestan.

En introduction : un crapaud-presse papier.  André Breton en avait placé deux sur sa table. Des anneaux, disques polis trouvés en Bretagne et datant de 4500 av.JC témoigne de la fascination qu’exerce ce minéral au delà des frontières chinoises…

feuilles de lotus et tortues
feuilles de lotus et tortues

Les objets des collections des Empereurs chinois sont de toute beauté, la finesse du travail est époustouflante. Les usages du jade sont très variés : tablettes officielles, coupes et vases décoratifs ainsi que tout le matériel des lettrés : « lave-pinceaux », « repose-bras » pour les plus anecdotiques. A l’occasion on montre le goût naturaliste du cabinet du lettré au 18ème siècle. De nombreux objets sont ornés d’animaux et de plantes finement rendus en plus des thèmes typiquement chinois de dragons. Les objets les plus spectaculaires sont sans doute ces « montagnes » avec rochers, végétaux mais aussi animaux.

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Les couleurs du jade sont beaucoup plus variées que je ne l’imaginais : vert, bien sûr, mais aussi presque blanc, avec parfois des nuances de rose ou brun. La géologue remarque que certaines oeuvres taillées comme du jade sont faits de cornaline(jade de feu), d’opale ou même de lapis-lazuli ou de cristal de roche. (jade d’eau).

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Au delà des frontières chinoises le jade fut travaillé et apprécié par les Mongols, en Asie Centrale ou en Inde, une section montre l’art islamique du travail du jade. On voit les objets de jades offerts à Tamerlan.

 

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tigre

A côté des objets très précieux et très sophistiquées une salle présente des jades très anciens avec des anneaux polis du

j'ai beaucoup aimé ce petit cochon
j’ai beaucoup aimé ce petit cochon

Néolithiques analogues aux anneaux bretons  et des plaques à motifs animaliers qui m’ont beaucoup plu.

 

Le jade était un cadeau prestigieux. Une salle est intitulée « jade à Fontainebleau« , y est présenté un rosaire géant ayant appartenu à Eugénie et les cadeaux de l’empereur de Siam à Napoléon III me rappellent le tableau de Gérôme immortalisant la visite des ambassadeurs de Siam, exposé en ce moment à Orsay.

Une salle Art Déco montre des objets, nombreuses pendules et bijoux de Cartier utilisant cette matière.

pendule Cartier
pendule Cartier

L’exposition se termine avec le magnifique paravent de Coromandel 12 panneaux magnifiques que je n’ai pas réussi à photographier parce qu’il était dans l’ombre.

 

 

Dans les jardins de Malabar – Anita Nair

SAISON INDIENNE

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Un voyage dans le temps et dans l’inconnu de l’Inde au 17ème siècle… avant les Anglais, roman historique, et roman d’aventure, avec aussi des histoires d’amour.
Découverte de la paternité et de l’attachement d’un père – nomade invétéré – pour un fils inconnu qui lui ressemble. Inde des castes où le destin de chacun est fixé par sa naissance et auquel il faudra se soumettre.
Idriss, marchand somalien, aimerait ouvrir l’esprit de son fils qu’il emmène avec lui faire partager ses aventures, et surtout qu’il échappe à la vendetta cruelle et séculaire qui le menace. Idriss, l’éternel nomade apprend toutes les langues, négocie épices, textiles et même pierres précieuses, sert d’intermédiaire entre souverains et marchands, se met aussi bien au service des autorités que des navigateurs néerlandais ou portugais.
la traversée d’une rivière en crue. Marchands, marins et même mineurs des diamants de Golconde : de belles rencontres!
Les animaux ne sont pas oubliés, le chien fidèle, le chat Musa, le boeuf et même la belle jument turkmène!