Le soleil des Landes

ESPAGNE ATLANTIQUE – RETOUR

Vieux Boucau, plage de Messange

Temps magnifique. Avant d’aller à la plage, nous traînons dans les rues commerçantes. Au marché, je trouve les sandales de mes rêves des Méphisto à  50 Euros. J’ai de gros doute sur l’authenticité, elles sont agréables à porter. J’ai surtout envie de trouver un remplaçant à mon maillot de bain « Deauville 1920 » si possible un deux pièces.

Belle journée à la plage sous le parasol.
Les vagues sont très fortes, presque comme au Cap Vert. La plage est surveillée. Au premier essai, les maîtres nageurs rappliquent en voiture pour nous déloger de l’eau, deux gamins et moi. Seuls les surfeurs restent dans la zone non surveillée. Le mazout est très présent. On voit des galettes sur le sable mais aussi dans l’eau. Je ressors toute tachée, cela gâche le plaisir. Le plus agaçant est qu’on a l’impression que rien n’est fait pour avertir les vacanciers, ni pour expliquer comment s’en débarrasser ou nettoyer. Nous avions pris l’habitude en Espagne des grands panneaux citant l’entreprise chargée du nettoyage, des affichettes destinées aux baigneurs et de la présence des escouades blanches. Les plages étaient plus propres qu’ici. Je viens de lire dans le Monde que le Plan Polmar avait été suspendu fin juin de peur d’effrayer les touristes. C’est vraiment prendre les gens pour des imbéciles.

Contrairement au Cap Vert où nous avons été très imprudentes avec le soleil, nous ne nous méfions pas assez et négligeons de nous cantonner à l’ombre du parasol et de nous tartiner. Quand nous levons le camp vers six heures mon dos me chauffe. Ce n’est qu’après une douche laborieuse (aceite y frotar ) , j’ai les seins tout noirs sous le maillot noir, que nous découvrirons les coups de soleil.

Promenade et dîner le long du lac marin.
Dominique a le haut de la cuisse complètement brûlé, c’est l’unique fois qu’elle a enlevé le short des vacances, la peau n’était pas préparée. Impossible d’envisager une nouvelle journée de plage. Nous rentrerons demain matin à Créteil.

 

 

 

 

 

Au Pays Basque à la recherche d’un abri pour la nuit

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

La côte découpée du Pays Basque

15h40, Bilbao, sans un regard pour le Guggenheim puisque j’ai les yeux fixés sur les panneaux. Nous négligeons les stations balnéaires de Getxo et de Plentzia trop proches de Bilbao . Nous empruntons la route côtière qui domine la mer de très haut. Cette portion de côte est très inhospitalière, pas de plages . En ce samedi ensoleillé et chaud, les gens sont installés dans les prés, parasol et sièges pliants avec la vue sur la mer, comme à la plage. Pas de villages, de belles fermes basques sont dispersées dans les prés bien verts bien pentus abrités par d’épaisses forêts aux alentours.
Je commence à m’inquiéter pour l’hébergement. ce n’est pas ici que nous allons trouver le petit hôtel de nos rêves avec une chambre avec vue sur la mer comme nous en avons pris l’habitude : la dame de l’Office de Tourisme m’a recommandé les fermes de l’agrotourisme.

Complet à Bekio!
Bekio et Berméo, stations balnéaires, sont assez décevantes. Dans l’étroit espace coincé par la montagne, les immeubles se tassent le long de la route, très hauts, très laids. Bekio affiche complet.

Dernière chance à Berméo

Berméo

A l’office de tourisme de Berméo, on retient pour nous par téléphone la dernière chambre disponible de l’auberge de Manu à ( km dans la montagne.

la Venta : notre gîte

La Venta est une belle bâtisse en pierre, cubique, dans un petit hameau avec une petite chapelle et un curieux cimetière. La vue est magnifique sur le vallon vert. L’accueil est incroyable : un homme lave un quad, il me demande si c’est l’office de tourisme qui nous envoie et continue tranquillement à laver son engin. Je me dirige vers le bar : personne,  à la réception, personne non plus . L’homme arrose tranquillement le quad, prend son temps pour fermer l’eau puis vient au comptoir. Il me demande mon nom  et vérifie si c’est bien celui de la réservation. Carte d’identité, il remplit la fiche en silence, me tend une clé « c’est au premier étage », puis il disparaît. J’ai tout juste le temps de lui demander le prix « 37 euros »,. Il ne nous a même pas demandé combien de nuits nous comptions rester ni si nous dînons. Je jette un  coup d’œil à la carte : le coup de fusil !

Plage de Mundaka

Plage sur la Ria de Guernica3

Nous descendons rapidement à la mer . Déception, il n’y a pas de plage à Bermeo, il faut aller jusqu’à Mundaka, à l’entrée de la Ria de Guernica . la plage est minuscule et bondée, le pire est le parking.
C’est marée basse, nous laissons les gens entassés sur le sable sec et nous installons près des rochers couverts d’huîtres. L’eau est chaude, sans une ondulation. Je nage comme en piscine le long d’un  filin portant des flotteurs jaunes. Un peu plus loin vers le large, des surfeurs, debout, glissent sur les vagues de la mer ouverte. Un curieux bateaux rouge chargé d’estivants, fait des allers et retours . Où vont ils ? Dans quelle plage cachée inaccessible aux voitures ? De l’autre côté de l’estuaire, un plage magnifique, immense de sable clair. Si nous faisons abstraction de tous les gens entassés derrière nous, le site est magnifique dans cette crique enchâssée dans des rochers gris aux formes bizarres, bleu de la mer, vert vif des collines.

Nous faisons halte aux miradores, admirons les falaises et les îles de la côte découpée, le petit port de Bermeo, vu d’en haut   puis grimpons au sommet d’une colline pour pique-niquer au coucher du soleil.

 

 

Burgos

ESPAGNE ATLANTIQUE LEON & CASTILLE 2003

Burgos

    De Leon à Burgos
Réveil à l’heure espagnole et encore un petit déjeuner de luxe. Nous passons à Carrefour, tout comme en France, nous y trouvons des salades et des crevettes, du pastis …

La route de Léon à Burgos est une quatre voies gratuite . elle est complètement vide. Nous roulons dans une plaine jaune paille. La moisson est terminée, Bottes et rouleaux traînent dans les chaumes. Pas un arbre, un peu comme en Turquie. Parfois, des tournesols minables, ils ont souffert de la sécheresse. La Cathédrale de Burgos se voit de loin, on pense à Chartres. Ce serait quand même dommage de ne pas nous arrêter.

La Cathédrale de Burgos

cathédrale de Burgos

     Burgos paraît plus animée que Léon. Toujours des pèlerins randonneurs, des touristes et beaucoup d’Espagnols endimanchés : les mariages se succèdent. La Cathédrale est toute blanche en pierre à grain très fin. Deux tours pointues, légères, aériennes, comme en dentelle ajourée. Une belle rosace surmonte un porche rectangulaire très simple. Sur la façade les rois de Castilles sont alignés. Sur le parvis, une rangée de pinacles pointus et sculptés et une belle fontaine. On voit un merveilleux plafond peint dans une chapelle, sérénité de la messe garantie par des panneaux de verre. Nous ne pouvons pas en visiter plus. Il faut acheter un ticket d’entrée à l’Office de tourisme : longue queue qui n’avance pas et nous décourage. Je renonce, notre temps est compté il reste encore 200km de route . Nous renonçons donc au tombeau du Cid et à toutes les merveilles, je le regretterai plus tard. mais nous avons déjà visité tant d’églises !

Où est donc le Cid?

 La porte de l’Arco de Santa Maria décorée des statues des grands personnages de la ville, entre autres, le Cid qui tient compagnie à Charles Quint, se visite – exposition d’art contemporain que nous parcourons au pas de charge -.
Nous aurions, sans doute, faire l’inverse, traverser Léon et rester à Burgos. Il est trop tard, Burgos ne m’avait pas attirée, sans doute sa mauvaise réputation de ville franquiste , nous aimerions terminer notre voyage par quelques jours à la mer.
Comme il est l’heure de déjeuner, nous entrons dans un bar particulièrement bien fourni en tapas et raciones : boudin coupé en tranches, calamars, poulpes, croquettes de pommes de terre ou fourrées aux piments doux rouge, un vrai délice ! que nous dégustons, installées sur les marches d’un escalier faisant face à l’entrée de la Cathédrale. Nous guettons la sortie des mariés. Les petites filles d’honneurs ont leur panier tout prêt.

Burgos danses

Un autre spectacle se présente : plus coloré que le mariage : des danses folkloriques au son d’une bombarde (hautbois ?), peu agréable à l’oreille. les filles sont vêtues de jupes vertes ou jaunes avec de larges ceintures rouges, jupons et culottes blanches sur des bas blancs tricotés, les garçons en noir, petit gilet, pantalons courts .danses en couple ; farandoles, tantôt des castagnettes, de foulards et des cerceaux.
Quittant Burgos, le relief s’accentue, toujours des champs de blé, mais aussi des collines ravinées, puis nous nous approchons des montagnes . l’autoroute passe par un défilé impressionnant avant de retrouver les montagnes vertes du Pays Basque.

Leon

ESPAGNE ATLANTIQUE, LEON &CASTILLE 2003

La blanche cathédrale de Leon

25 Juillet : (Saint Jacques, fête du patron de l’Espagne) Leon
8h30 petit déjeuner dans une jolie cafétéria juste en face de l’hôtel : café con leche y churros – le cadre est agréable, Ripolin vieilli beige jaunâtre et brun rouge sang, balustres, parquet ciré.

maquette de Leon

500m de marche pour arriver dans les anciens quartiers intra muros. Une maquette géante montre la croissance de la ville. Une enceinte autrefois rectangulaire consolidée par de grosses tours rondes entourait déjà la ville au 1er siècle, au Xème quelques faubourgs. De cette muraille, il reste quelques tronçons, suffisamment pour avoir une bonne impression, bien pratique aussi pour s’orienter Cette ville ancienne est piétonnière, c’est bien agréable.
vieux quartiers
Un dédale de petites ruelles ombragées et tranquilles contraste avec les grandes avenues commerçantes toutes proches. Dans la vieille ville, les maisons n’excèdent pas quatre étages. Clochers des églises, pignons de la Casa Bottine de Gaudi, dépassent des toits et  nous donnent des repères.
Casa de Bottine de Gaudi

La Casa de Bottine ressemble en plus sobre au Palais Episcopal d’Astorga. C’est une banque. Le bâtiment construit par Gaudi est fonctionnel. Le choix du granite gris martelé non poli accentue son aspect austère. Seuls les clochetons élancés recouverts d’ardoise brute, les créneaux d’ardoise, les fenêtres gothiques et une statue confèrent un peu de fantaisie à l’édifice utilitaire. Ne pas confondre l’architecte avec tous ses délires.

cathédrale

le porche gothique de la cathédrale de Leon

Une large rue au pavage lisse et moderne orné de coquilles dorées (chemin de Santiago oblige) nous mène à la cathédrale située sur une vaste place. Elle toute blanche, gothique, sans surprise. Enfin une façade que le baroque n’a pas phagocytée !

Jugement dernier : à droite l’Enfer, à gauche le Paradis

On admire d’abord le porche avec ses trois tympans dans des ogives surmonté d’une très belle rosace ? Dans le tympan central : un Jugement Dernier très réussi. Evidemment, c’est l’Enfer et ses monstres grotesques qui est plus rigolo !
A l’intérieur, résonne la marche nuptiale, une jeune chanteuse répète l’Ave Maria de Gounod et d’Albinoni. Nous restons longtemps à l’écouter. Un fleuriste apporte gerbes sur gerbes blanches. L’église embaume le lys .Dominique reste à écouter la chanteuse tandis que je parcours le déambulatoire. La nef est très haute, complètement ajourée de vitraux colorés.  Certains sont anciens et magnifiques. D’autres modernes. Evidemment, ceux qui sont au soleil sont plus beaux. Pour la rosace il faudra revenir l’après midi. Le chœur et l’autel sont abrités par une vitre. On voit bien mais de loin un retable.
Je suis plutôt saturée de visites de cathédrale, mon regard est distrait. Quant à Dominique, elle en a vraiment assez ! Nous décidons de renoncer à Burgos, encore une cathédrale ! Nous ne faisons pas un pèlerinage ! Ma curiosité est satisfaite, je n’ai plus la capacité » de m’émouvoir. D’ailleurs, le gothique m’émeut peu.
musée et cloitre

Leon, cloître gothique tardif arcades

Curieuse quand même, j’achète un billet pour le Musée et le Cloître .Il sera fermé cette après midi « c’est la Saint Jacques, le patron de l’Espagne »explique la guide d’un air indigné quand on lui demande la raison de la fermeture. Une dame de Logrono proteste que chez elle, la Saint Jacques n’est férié que si cela donne un pont !
Le cloître gothique tardif a de belles ogives avec des clefs de voûte très ornées. La frise Renaissance est assez étrange : des animaux fantastiques font place aux têtes de mort humaines mais aussi animales, têtes de vaches ou de chevaux. La visite soi-disant guidée est un piège : la guide se contente d’ouvrir les portes, les referme, dit quelques mots et nous laisse livrés à nous mêmes. Dans une salle : belles statues de bois polychromes, un Saint Jacques Matamore très réussi. Mais le personnage piétinant les Sarrasins n’est guère sympathique ! la suivante présente des habits sacerdotaux dans des vitrines et la dernière des peintures modernes « Es un horror ! s’exclame la dame de Logrono».
J’ai vraiment l’impression de m’être faite piéger. La guide fait mal son travail, je me sens prisonnière Cette visite n’offre aucun intérêt Après la « salle des pierres » (statues romanes) celle de la peinture hispano-flamande (rien de spécial. par comparaison avec l’exposition de Bilbao. On arrive dans la salle « archéologique » silex et poteries romaines cassées, toujours explications minimales, je demande à sortir.

Leon, fresques de la collegiata

J’avais souhaité visiter Léon à cause d’une photo dans le Guide Vert du Panthéon Réal décoré de fresques. Il se trouve accolé à l’Eglise San Isodoro, bel édifice roman.
Encore une visite guidée, bon guide heureusement. D’après lui, ce bâtiment, accolé à l’église était le palais Royal des rois de Léon, de l’autre côté, il y avait un monastère. Il insiste sur le sens politique du bâtiment : le petit royaume de Léon avait bien besoin de la caution religieuse pour s’affirmer coincé entre le Royaume franc et l’Espagne musulmane. Repeuplé par les Mozarabes, es influences islamiques se font sentir sur le style des construction (arc en fer à cheval) et surtout dans l’artisanat. la salle du Trésor montre la coupe d’Urraca (1063) toute en or sertie de pierres précieuses. Les reliquaires décorés d’ivoire finement ciselés montrent aussi les influences mozarabes ou arabes.
La bibliothèque contient des incunables (on ne voit que des fac-similés des parchemins).

pantheon Real : fresque de l’Annonciation

Enfin nous descendons au Panthéon Réal où sont enterrés les rois de Léon. Les dalles sont près de l’entrée. les murs et les plafonds sont couverts de fresques très fraîches « préromanes » qui ont encore beaucoup en commun avec les fresques byzantines : le Pantocrator domine le centre de la nef, entouré des quatre évangélistes. Ces derniers sont très drôles : au lieu de représenter leur animal symbolique (lion, taureau, aigle, homme) à côté du saint, ils ont dessiné la tête de l’animal sur la silhouette humaine. Un autre plafond représente la Cène, un autre les anges et les bergers.

Calendrier des travaux des champs

Les animaux adoptent des poses pittoresques : combats de chèvres aux cornes torses emmêlées… sur un arc, on a représenté un calendrier des travaux des champs : en juillet on moissonne le blé à la faucille, en août, on le bat, vendanges en septembre, Octobre : récolte des châtaignes pour le cochon qu’on tue en Novembre. En Décembre, on reste chez soi. Le zodiaque montre aussi la course du temps, malheureusement, il est effacé. Trous ces travaux des champs évoquent les tombes égyptiennes en moins élaboré, toutefois. Les chapiteaux montrent les prémisses de l’art roman, on passe de la décoration végétale « asturienne » ou wisigothique d’acanthes et de pommes de pin aux chapiteaux historiés romans. Le Cloître roman, puis Renaissance est moins original. Vraiment, je n’ai pas été déçue de mon attente. Dernière surprise : une girouette, un coq d’or.
Dominique m’a donné rendez vous sur la place de la Casa Bottine près de la maquette. C’est aussi les rendez vous de tous les vieux messieurs. Elle a couru les magasins de la ville moderne et a rapporté un repas délicieux : anchois, artichauts, et aubergine confits à l’huile. Nous nous installons dans le parc aménagé le long de la rivière. Il fait bon, presque frais quand les nuages cachent le soleil. J’ai trouvé le Monde que j’aime toujours lire à l’étranger.
Après la sieste, nous retournons à la Cathédrale et à San Isodoro. Puis nous flânons dans les petites rues tortueuses aux maisons ocre, jaunes orange. Certaines ont de jolis balcons ouvragés, d’autre des loggias. Le re de chaussée est occupé par des boutiques. Les plus jolies sont celles des fromagers (une effluve de fromage les précède), celles des charcutiers disposant les conserves artistement, piments rouges, asperges en bocaux, olives, bouteilles d’huile.
Plaza Mayor

L’immense plaza mayor30

Nous découvrons l’immense Plaza Mayor avec l’Hôtel de Ville, blanc ouvragé à pignon d’ardoises. Une grande esplanade carrée est bordée d’arcades, maisons jaunes aux balcons de fer. Impression de vide, cependant. On rénove, on restaure, mais je me demande si les maisons sont bien habitées. Il faut cependant tenir compte de l’heure espagnole, à cinq heures, les boutiques commencent seulement à remonter les volets de fer et les cafetiers à disposer les chaises sur les terrasses. A la terrasse d’un glacier sur la Place de la Cathédrale, je commande l’ Horchata que j’attendais depuis le début des vacances (comme le café con churros de ce matin).
Belle promenade jusqu’à San Marcos situé à l’écart de la ville historique près du fleuve. Une esplanade immense très moderne la précède : fontaines basses dans des carrés ras du sol, calvaire simple, sur des marches, une statue moderne d’un pèlerin assis qui a enlevé ses sandales pour soulager ses pieds.
La façade très ornée de San Marcos (occupé par un parador) ne retient pas longuement notre attention. L’église avec ses coquilles en relief nous plaît plus. Nous avons un spectacle vivant : une sortie de mariage avec limousines, les badauds tournent autour et se font photographier. Scène vivante après toutes ces pierres !

 

 

Astorga

ESPAGNE ATLANTIQUE ET RETOUR PAR LEON&CASTILLE

Astorga : cathédrale

la muraille romaine d’Astorga
50 km plus loin : Astorga .Nous venons de quitter les mines d’or des Romains et voilà que nous les retrouvons ! Premier contact avec Astorga : une imposante muraille romaine protège la cité. Des archéologues ont dégagé la porte romaine encadrée par deux tours rondes . Une série de panneaux narre l’assaut de la muraille par les Wisigoths à la fin du Vème siècle (480) . L’office du Tourisme propose une visite guidée des ruines romaines . Nous n’avons pas de temps malheureusement. Pour nous Astorga n’est qu’une étape sur la route de Léon.

La cathédrale d’Astorga

Cathédrale d’Astorga : façade gothique

Nous abordons la cathédrale par l’arrière : un chevet gothique flamboyant s’élance hérissé de pinacles crantés. Saint Jacques (ou un pèlerin) domine de la hauteur de la flèche les toits et les pignons .L’enclos dallé autour de la cathédrale est grillagé d’un mur. Sur le côté, deux églises s’emboîtent, les toits rouges couverts de tuiles des constructions romanes contrastent avec les tours de pierre élancées.  Ma première réaction devant l’imposante façade baroque est la stupeur : Dépassé Mondonedo ! (Saint Jacques de Compostelle est hors concours !) Le baroque masque le gothique . Nous sommes étourdies par le foisonnement des éléments décoratifs . je laisse échapper une exclamation « quelle salade !« que Dominique interprète comme « quelle horreur : » . Non, elle n’est pas horrible, elle est même très belle.

Cathédrale d’Astorga : façade baroque

Il faut prendre du recul pour apprécier l’ensemble. Elle n’est pas mise en valeur par une vaste place comme celle de l’Obradorio. A l’arrière du parvis, les étroites rues ne permettent pas de la voir en entier. J’emprunte la rue qui me paraît être en face pour prendre une photo de loin, mais je ne peux cadrer qu’une partie de la façade, une seule tour à la fois. Pour la contempler le mieux, il convient de s’adosser sur la banquette qui entoure le parvis et de regarder vers le haut ; mais on est alors étourdi !

Cathédrale de’Astorga : pinacles

Je prends photo sur photo des colonnes torses sculptées comme celles des retables dorés, des arcs jetés au dessus du vide vers les tours. Tant de colonnes, d’angelots, de balustrades, de frises…m’étourdissent Une ribambelle d’angelots remplace les balustres d’une galerie, entre les putti, un mouton grimaçant surgit, tout à fait étrange. Des femmes allongées représentent la Piété et l’Innocence, elles sont bien alanguies Le porche est encadré par des bas reliefs figuratifs très originaux . toute cette exubérance est permise par la finesse de la pierre de grès rose. Nous l’examinons à loisir .

Mais qui est donc cet animal dans le coin en haut à gauche?

Nous devons attendre une bonne demie heure l’ouverture du portail
Puisqu’il faut se contenter des extérieurs, nous contemplons

le Palais Episcopal, œuvre de Gaudi.

Palais épiscopal d’Astorga par Gaudi

Je me réjouissais beaucoup à l’avance de le voir. Nous sommes déçues au premier regard. C’est un édifice gris en granite taillé de petits moellons non jointifs ? Là où j’attendais délire et exubérance, je trouve une parodie moyenâgeuse avec tourelles rondes et créneaux, ogives et hautes cheminées. Seule l’entrée est bizarre avec des ogives à la Gaudi. Il me paraît trop sage, trop gris, j’imaginais de la couleur.

Les Pèlerins de Saint Jacques

Astorga pélerin

Sur la place, touristes et pèlerins affluent. Plutôt pèlerins d’ailleurs. Astorga doit être ville d’étape pour marcheurs et cyclistes. L’ambiguïté demeure entre sport et religion. Un couple d’Américains, Lonely Planet à la main, longue queue de cheval pour le garçon comme pour la fille. Deux italiennes, cuissardes de cyclistes, look sportif mais carnet de pèlerinage sur le sac du guidon, elles veulent aller voir je ne sais quelle croix : pèlerinage, donc. Deux japonais, le père et la fille, casqués de plastique, discutent avec les italiennes, tourisme ou religion pour les Japonais ? Une famille de Hollandais blonds dégingandés et braillards, sans équivoque des néerlandais en goguette, mais dans la chapelle de Gaudi, ils déchiffreront le latin, Etonnants ces Hollandais !

Palais Episcopal


Quatre heures sonnent : sur un vélo, un guitariste débarque . le Musée ouvre. Nous pouvons découvrir l’intérieur du Palais Episcopal (un musée religieux, encore un !). Les arcades, les pilastres, les ogives démultipliées sont soulignés de céramique orangée . Les ogives démultipliées, les alignements de colonnes donnent une impression d’espaces infinis dans un volume assez petits. Les vitraux colorés ont de l’allure. Sur quatre niveaux (avec une cage d’ascenseur), nous nous promenons dans des salles fonctionnelles :une salle à manger, un bureau, on imagine la vie dans cette sorte de villa-château moderne: ici le bureau, ici les salles de bain … Les objets exposés ne retiennent que peu notre intérêt. Pourtant, de belles peintures flamandes sont exposées, un retable intéressant et surtout des sculptures peintes certaines naïves sont attachantes.
Puis visite de la cathédrale.. La hauteur de la nef est impressionnante : les piliers nervurés sont énormes. Mais la nef est bloquée par une sorte de mur . autant la hauteur donne du volume, autant cette nef tronquée choque. Un organiste joue. C’est toujours bien, la musique vivante. Nous contournons cette sorte de boîte géante contenant les stalles de bois, fermée par une grille de bois (clôture ?) Ce qui reste à l’avant de la nef est occupé par des bancs. Nous sommes déçues. La façade grandiose laissait présager autre chose.
Arrivée à Leon
Nous arrivons en fin d’après midi à Léon, sans aucune adresse d’hôtel. Il faut trouver comme à Bilbao une solution pour la voiture. A la troisième tentative, je découvre une pension au troisième étage d’un immeuble sans charme mais bien situé . C’est moderne propre mais après notre auberge de Medulas, décevant. La voiture couchera dans le parking souterrain

 

Province de Leon : Ponferrada,

ESPAGNE ATLANTIQUE ET RETOUR PAR LEON &CASTILLE 2003

Le château de Ponferrada

Notre aubergiste est astucieuse : elle propose aux promeneurs matinaux le petit déjeuner sur un plateau avec des madeleines, du lait chaud et de l’eau bouillante dans des thermos qu’elle remplit le soir. Nous pouvons donc profiter des heures fraîches de la matinée. Si les hôteliers espagnols pouvaient tous en faire autant !
Le merveilleux jardin est plein d’oiseaux le matin. Nous avons le site pour nous toutes seule. C’est toujours plaisant de réviser, d’imaginer les 60 000 esclaves romains au travail dans le chantier monstrueux.

Les châtaigniers aux troncs noueux, souvent creux retiennent mon attention. Et toujours des oiseaux !

A midi, nous partons visiter Ponferrada distante de 20 km. Ponferrada vient de son pont ferré sur le sil. Nous voyons trois ponts récents trop modernes pour être le fameux pont ferré. Le château est tout à fait spectaculaire et immense. Une grande campagne de rénovation est en cours. Il y a des grues et des ouvriers casqués de plastique bleu qui s’affairent à remonter les murs .Quel est le maître d’œuvre de ce chantier ? La ville, elle même est toute en chantier. On construit des barres d’immeubles en plein centre . Je ne sais qui est le Viollet le Duc du XXIème siècle ? La reconstitution est menée scientifiquement, des panneaux très détaillés expliquent toutes les défenses, la balistique. Des jeunes filles se promènent et guident les visiteurs.


Nous entrons par une tour carrée couronné par plusieurs tourelles. On dirait un château fantaisiste . Nous suivons les chemin de ronde, celui du bas est du XVème siècle, celui du vieux château des templiers du XIIIème. Un autre est du XVème . Nous passons devant des tours carrées, des rondes, des restes de palais. C’est vraiment une grande forteresse ! Il faudrait être plus au fait des guerres Irmandines (révoltes galiciennes) ou de la noblesse espagnole pour reconnaître les blasons et écussons. Pour nous, c’est simplement une belle promenade avec de beaux points de vue sur la rivière, les montagnes environnantes, la ville et l’enclos fortifié.

Ponferrada Tour de l’Horloge

tour de l’Horloge, Plaza Mayor
Passant sous le porche de la Tour de l’Horloge, nous jetons un  œil à la cathédrale (fermée), traversons une succession de places pour atteindre la Plaza Mayor avec l’Hôtel de ville.. mais il est 14 heures, c’est l’heure de la sieste où tout ferme. Jusqu’à 16 heures rien à faire . Pas un chat dehors.

Plaza Mayor Ayuntamiento

 

 

Traversée de la Galice_ arrivée en Leon : las Medulas

ESPAGNE ATLANTIQUE ET RETOUR PAR LEON &CASTILLE 2003

Las Medulas

Traversée de la Galice

La Galice que nous traversons ressemble d’abord à une Bretagne accidentée : granite, forêts, genets, ajoncs et bruyères. Autour d’Ourense une vallée est occupée par du vignoble. La route tortille ensuite dans des montagnes très arides dévastées par des incendies de forêts, les torrents forment des gorges. Nous sommes en  moyenne montagne. Nous nous arrêtons pour le déjeuner sur le bord d’un petit lac de barrage dans un joli jardin public à Petin.
Dominique a trouvé dans le guide Nelles las Medulas à 35km de la route principale. Allons nous nous rallonger comme à Pazo de Oca ?

Un pays minier

La route s’engage encore dans des montagnes : bonne surprise ! C’est la route de Ponferrada, donc pas de km supplémentaires ! Le long de la route : des carrières d’ardoise. Nous avons quitté le granite. Puis d’autres carrières, nous sommes en pays minier.

Sommets bizarres

Las Medulas sommets bizarres et cavités

Au loin, une montagne est coiffée de rouge-ocre : las Médulas ? Quand on s’approche, les sommets deviennent bizarres, ruiniformes, de petits pics pointus qui font penser à la Cappadoce. Sur le parking, un minibus est immatriculé à Angers, croyant avoir à faire avec un groupe de randonneurs organisés, je m’adresse à eux. Ils nous proposent de les accompagner. Ce sont simplement des touristes français en vacance chez leurs amis espagnols à Oviedo. C’est sympathique !

Châtaigniers

Châtaigniers

Nous traversons le village où on vend des châtaignes, du miel, des bocaux de cerises, des noix, les productions locales. Une maison est très fleurie : c’est une petite auberge, nous nous y arrêterions volontiers. Nous nous engageons par un sentier ombragé sous des châtaigniers spectaculaires, de très vieux arbres aux troncs énormes, torturés creux .Nelles les traite de « rabougris », c’est plutôt « têtards » qu’il faudrait employé, à la manière des saules. Les troncs creux sont souvent calcinés à l’intérieur. Peut être les incendies de forêts les ont ainsi modelés ?

Géologie


Nous nous approchons des pointes ocres. De près, je remarque de gros galets et des stratifications entrecroisées. Peut on parler de pouddingues ? Ou simplement d’une couche d’alluvions apportées par quel gigantesque torrent, en tout cas, cette accumulation d’alluvions explique le gisement aurifère. A quelle époque ce fleuve a-t il lessivé le granite et concentré l’or ?

Les mines d’Or des romains

Curieusement, la semaine dernière, le Monde avait consacré un article aux garimpeiros exploitant l’or du Brésil. Tout ce paysage ruiniforme n’est pas un « caprice » de la nature. Il résulte de l’exploitation humaine. Les Romains ont éventré la montagne. Ils ont creusé de profondes galeries sur plusieurs niveaux. L’érosion de l’eau a fait effondrer des pans entiers de la montagne creusée comme un gruyère. La hauteur de la couche rouge est de 145 m, au dessous, se trouvent les schistes paléozoïques. Les sédiments mal consolidés se sont effondrés en laissant des pics verticaux. Certaines galeries sont encore visitables, d’autres ont disparu, laissant des fontis, cloches et entonnoirs. Nous nous promenons dans les énormes cavernes, découvrons des couloirs.

Le site comme un gruyère creusé par les romains

Le petit musée m’apprend beaucoup de choses. De très jolies maquettes montrent l’aspect de la région avant l’exploitation romaine, puis pendant. Non loin d’ici, on a retrouvé un site romain, des habitations mais aussi les ateliers des fondeurs d’or et de fer. Il y avait également des mines de fer. Les châtaigniers et les noyers ont été introduits par les romains. D’après ce musée, l’extraction de l’or des Médulas représentait une très grande part de l’or de l’empire romain. Le lavage des sédiments dans des canaux et des auges de bois a aussi été représenté.
Du mirador Orellan, on découvre toute la région. Les pics et les murs ont un aspect fantastique. Près du mirador, une galerie se visite. On m’équipe d’un casque de chantier, d’une lampe électrique. Je débouche sur le vide.

Randonnée

Dominique rentre en voiture je descends un sentier qui arrive à une fontaine  et rejoint l’auberge par les bois. Le sentier est introuvable, je fais tout un circuit sur les crêtes par un chemin qui descend doucement offrant des points de vue dégagés sur toutes les crêtes  et, dans le lointain, un petit lac de barrage.
Nous avons rendez vous à 8h30, et je ne dispose que d’une heure dix pour parcourir les 7 km . Dans les descentes, je cours et je suis très fière d’arriver à 8h25. Hélas, Dominique a déjà alerté les populations !

Notre jolie auberge

Las Medulas : notre jolie auberge

La petite auberge au jardin fleuri a trois chambres. La nôtre est mansardée, très jolie, toute jaune avec une salle de bains carrelée de blanc, impeccable. Le jardin est vraiment merveilleux. On y entre par une petite guérite de pierre au toit pointu d’où un massif de clématite dégouline. Une petite allée pavée conduit à la terrasse dallée d’ardoises et occupée par de lourdes tables d’ardoise. Une tonnelle de passiflore donne de l’ombre. Deux gros hortensias à têtes roses encadrent les marches de l’estrade. Des petits murets délimitent les parterres. A gauche, un triangle d’herbe est entouré de rosiers, trois petits poivriers occupent le fond. A droite, les rosiers forment un cercle sur le pourtour, le milieu est planté d’arbres fruitiers. Au centre une pièce d’eau en forme de huit avec un petit pont de pierre, deux fontaines aux jets fantaisistes, l’un retombant en rond, l’autre ruisselant sur un bloc de quartz blanc. Partout des pots de pétunias. C’est le jardin le plus fantaisiste qui soit ! Nous y dînons tandis que le soir tombe, j’écris devant le jardin illuminé.

 

Escapade au Portugal

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Traversée en bac

Un petit tour au Portugal

3€19, 12 minutes, le petit bac  à fond plat traverse le Minho. Nous abordons à Caminha , une très jolie ville ancienne fortifiée. A l’entrée de l’estuaire, une forteresse, sur un îlot garde la frontière. Il faut croire que les Portugais se méfiait plus des Espagnols que l’inverse. Les fortifications se trouvent du côté portugais.

Pavés, sardines, nous sommes au Portugal !

Nous découvrons une très jolie place pavée comme il se doit au Portugal, petits pavés déployés en éventail autour d’une fontaine à deux vasques et pignon central décoré. On arrive à la place par une arche sous la Tour de l’Horloge carrée surmontée par un curieux assemblage de ferronnerie portant cloche et girouette. Autour de la place, de belles maisons blanches aux parements de granite. Autour des fenêtres et des portes, le granite est travaillé avec des motifs géométriques curvilignes, sobres mais élégants. Une église blanche parée de granite aux courbes baroques. Des cafés et des boutiques. Chez les marchands de journaux, on trouve le Monde et des cartes postales. Les rues qui partent de la place sont aussi pavées et bordées de maisons anciennes carrelées, certaines de bleu, de brun, de carreaux fantaisie. Les vérandas fermées espagnoles ont disparu ainsi que les immeubles à étage. Les maisons sont aussi de plus petites dimensions, un étage tout au plus, un fronton triangulaire et des tuiles en pente.
Dans les rues, des marchandes de poissons poussent devant elles de petites charrettes à bras ? Elles sont vêtues de jupes courtes froncées et d’un tablier. Leurs sardines, maquereaux, dorades et poissons sabres sont frais on les dirait vivants ? Tout nous semble gai, simple, agréable. Impression agréable de retrouvailles avec le Portugal, connu et sympathique. Nous sommes allées trois fois au Portugal, quatre fois si on compte l’escale à Lisbonne en route vers le Cap Vert. Impression que les gens sont plus accueillants, plus francophiles, plus francophones aussi. Les Espagnols qui ne font aucun effort spécial pour les touristes étrangers, leur « diga » pressé me glace quand je dois bredouiller une phrase.
Nous retrouvons aussi toute une ferblanterie ancienne, des balais de bois, des barbecues et des gazinières antiques en étalage dans la rue. Commerces un peu vieillots, un coiffeur à l’ancienne. Nous avons beaucoup de plaisir à flâner dans les rues et entrons dans les pâtisseries plus appétissantes qu’en Espagne.
Notre hôtesse de Boa Vista à Santiago nous avait recommandé d’acheter des textiles : en effet, des nappes brodées et des torchons sont en étalages dans les magasins de souvenir. C’est ici que Dominique achètera ses cadeaux : une magnifique parure en éponge (26€).


Au déjeuner Baccalao

Nous espérons retrouver des croquettes de morue dans les bars. L’un d’eux propose sur un tableau noir écrit à la craie du baccalao. Je demande si on peut en acheter pour emporter « para llevar ». Je mélange portugais et espagnol, personne ne s’en offusque. D’ailleurs le barman parle français. Il nous montre la carte. Pour 12€, un ration suffira bien pour deux personnes. Nous faisons des rêves de gastronomie ! Il nous faudra revenir, la morue n’est pas cuite. Je dis qu’on viendra à une heure, le serveur proteste, ce sera prêt bien plus tôt ! Confusion, nous aurions dû changer nos montres, nous avions oublié le décalage horaire ! Cette histoire d’heure accentue le dépaysement !

A l’Office de Tourisme, on m’a donné un  plan avec un petit circuit de visites : petite église baroque : retable très, très doré et orgue peint. Une petite chapelle (très dorée elle aussi !). Le baroque portugais est encore plus doré que l’espagnol. La cathédrale est en rénovation : des échafaudages cachent une église imposante en granite gris (qu’on croirait neuf) avec des créneaux. La façade est curieuse : une belle rosace et un encadrement Renaissance très original. Pas de photo pour cause d’échafaudage .Nous montons sur la colline pour découvrir un couvent, façade baroque portugais peinte en blanc parements de pierre tout en courges et en volutes. A l’intérieur, azulejos bleus et blancs.

A une heure de chez nous (midi du Portugal) nous allons chercher le bacalao bien emballé dans trois barquettes. Il faut faire vite pour trouver un coin pique-nique avant que cela ne refroidisse. Bizarre, cela ne sent  pas du tout le poisson mais les pommes de terre!

Nous montons au mirador (nous sommes des fanatiques des miradors) sans le trouver. Les petites ruelles pavées montent très raide entre de grands murs blancs qui enferment des jardins exubérants. Rangées d’agapanthes bleues et blanches. (Les agapanthes sont pour moi associées à Madère). J’ai peur que le poisson ne se renverse tellement la voiture gravit des pentes raides. Faute de mirador, nous nous arrêtons sur une petite plate-forme avec une table et des bancs de pierre.
En ouvrant le cher plat (13E75), je découvre des pommes de terre bouillies dans la première barquette, du chou et des œufs durs dans la deuxième, de la morue bouillie, du chou et des œufs durs dans la troisième. Pas de sauce, le tout est bouilli tout simplement. Pour le prix c’est un peu décevant ! Mais c’est bon et très abondant.
Nous redescendons par les ruelles entre les belles maisons  fleuries, on se dirait à Funchal pour la pente !

Plage

Nous essayons de trouver une autre plage que celle que nous connaissons déjà. Plus au sud, la côte ressemble à celle d’Oia avec des rochers déchiquetés. Nous retournons donc à Moledo à la plage de Dimanche.
Grand vent ! les Portugais ont installé des pare-vents : bandes de toiles colorées sur des piquets. Nous nous réfugions dans la dune. Bizarrement il y a beaucoup moins de vagues. C’est la fête des planches à voile et des Windsurfs. Nous regardons les évolutions des voiles colorées. En revanche, pas de surfeurs ! La plage est presque vide, assez de monde pour l’égayer, mais beaucoup d’espace. Il fait frais, je fais un effort pour faire ma promenade rituelle, les pieds dans l’eau. Cela me fait du bien, quand je reviens, je n’ai plus froid mais une furieuse envie de me baigner . les vagues sont moins fortes que dimanche mais j’ai beaucoup de plaisir à me sentir soulevée.
Retour par le bac. Le Portugais employé à placer les voitures a travaillé sur une pelleteuse à Sarcelles et même découvert une bombe de la première guerre mondiale avec un trésor en monnaie d’époque. Il est très sympathique « Portugais, Espagnol, français, nous sommes tous Européens ! »

Rosal, Moulins de Picon et Fulon

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Rosal : les moulins

Inconnus dans les guides les Moulins de Picon et Fulon ! Nous évitons La Guardia en passant par la montagne . La route côtière de Baiona à La Guardia est droite sur un petit replat entre la montagne très abrupte recouverte d’un maquis touffu ou de forêts d’eucalyptus et de résineux.
Oia

Le monastère d’Oia

Nous tournons donc à  Oia et son monastère dans le creux de la route et son petit port. Des maisons s’étagent dans la colline. Finalement, Oia est un assez gros bourg, plus nous le traversons, plus nous remarquons les boutiques et même une petite usine cachée dans la forêt. Nous grimpons par une petite route très raide qui nous emmène à Sanxian (à prononcer, cela fait un peu chinois), hameau invisible de la route côtière. Encore des horreos, une petite chapelle, une fontaine très fraîche avec un grand bac de pierre qui ressemble à un lavoir, on a dû y écailler du poisson. Il est recouvert par une tonnelle de vigne qui se reflète dans l’eau, très jolie image. Un âne bâté avec une bizarre monture métallique est attaché devant des monceaux de fougères coupées et du foin. Les terrasses sont occupées par des jardins et des vignes, elles ont un air riant.

Rosal

Pélerin de Compostelle

Après un petit col occupé par un mirador, nous entrons dans la large vallée du Mino et dans le canton de Rosal. D’innombrables hameaux et domaines viticoles sont dispersés dans les collines. Les maisons sont recouvertes de tuiles romaines qui leur donnent un petit air de Charente. A chaque carrefour, un calvaire (cruceiro). Les calvaires sont tous différents. L’un d’eux représente un pèlerin de Saint Jacques de Compostelle avec son bâton, sa gourde et son chapeau.
Arrêt à Rosal. Hier, c’était la fête du vin : on remballe les barriques et les guinguettes.

Les Moulins de Picon et Fulon


La visite aux moulins est une des plus jolies promenades des vacances. Un circuit de 125 m de dénivelée, le long d’un petit ruisseau domestiqué dans un petit canal qui ressemble à une levada. Les moulins sont alignés le long de ce petit canal. Ils ont tous la même forme : un cube de guingois couvert d’un toit de tuiles. Certains sont ouverts : il reste la grosse meule et une espèce d’entonnoir carré pour le grain. Le plus extraordinaire c’est l’accumulation de ces moulins alignés le long de la pente en escalier. L’axe d’alignement se décale, la perspective est étonnante : 36 moulins dans la série de Foulon et 25 pour Picon.
J’imagine les paysans et leurs ânes qui montent leurs sacs de maïs à moudre. On peut imaginer toute une vie sociale. Les bavardages, les nouvelles qu’on s’échange entre les hameaux dispersés dans la montagne. Dans les dalles de granite du chemin, les traces des roues sont creusées. Sans doute des charrettes arrivaient par le haut de la colline.
Fortes femmes
Du côté de Picon, des femmes débroussaillent à la machine et à la faucille. Pantalon vert et T-shirt blanc, d’autres maçonnent, recouvrent les toits. Je suis à moitié étonnée. Nous avons rencontré des jardinières à Pazo de Oca et surtout les femmes qui ramassent le mazout. Ces espagnoles font des travaux de force. Un écriteau explique qu’il s’agit d’une association locale de femmes agissant pour la promotion des femmes. La promenade se termine dans une forêt d’eucalyptus où il y aussi de très vieux chênes lièges ?
Mirador do Corvo
Pour déjeuner nous choisissons un très bel endroit : le mirador Nino do Corvo. Pour y parvenir la route traverse des vignes et des bois de pin puis parvient au sommet d’une colline (340 m) dominant la vallée . la vue est extraordinaire : vers l’est , la vallée du Mino, es vignes, les petites maisons aux toits rouges dispersées dans la campagne, les îles vert foncé au milieu du fleuve argenté miroitant et reflétant un ciel bleu pâle. On devine au loin Tuy et le pont Eiffel. Au sud, les collines du Portugal, maisons et vignes ? Vers l’ouest : l’estuaire et ses flèches de sable, la mer bleu cobalt violent. Sur les collines, les nuages s’accumulent tandis que sur la mer, le ciel est comme lavé.
Plage Fluviale

Le fleuve Mino et sees plages fluviales22

Nous terminons l’après midi sur la « plage fluviale ». Quand je vais me baigner, je me rends compte que’ l’eau est douce à marée basse.
Magnifique coucher de soleil à l’hôtel, la mer est haute, très calme.

En Espagne le long du Mino/ au Portugal le long du Minho

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE JUSQU’AU PORTUGAL 2003

 

9h30, la cafétéria est fermée. J’imagine un petit déjeuner sur le port chocolate con churros à La Guardia. Déconvenue : tout est fermé, je me contente de café et madeleine dans un coin sombre d’un bar désert.
Mte Tecla
Nous nous faisons une fête d’aller voir les oiseaux des marais. Du haut de Mte Tecla, nous avion repéré les cabanes d’affût. Seuls quelques corbeaux et goélands sont au rendez vous, cet endroit doit être une halte pour les migrateurs et ce n’est pas la saison. En été, le marais est déserté. Néanmoins, nous faisons une courte promenade tranquille.
En Espagne, le long du Mino

Le Mino à La Guardia

Nous suivons la route Espagnole le long du Mino. Malheureusement le fleuve est loin. Nous prenons une déviation « route du vin » qui chemine dans les vignes plantées en hauteur en formant des tonnelles. C’est vert tendre, riant.

Tuy

Tuy sur le Minho

A l’entrée de la ville, la cathédrale coiffant la colline a fière allure. Nous nous promenons sur un paseo bordé de belles maisons bourgeoises du début du XXème, granite, vérandas, vérandas blanches, balcons, belle pâtisserie, sortie de messe de toute la bourgeoisie locale.
Tuy a l’air bien cléricale : deux statues d’évêques nous accueillent, l’un d’eaux est assis dans les bégonias. Un séminaire fait face à la Guardia Civile. La vieille ville est construite de belles maisons de granite un peu austères .L’impression d’austérité est renforcée par le fait qu’aujourd’hui dimanche tout est fermé. Courte visite à la cathédrale, la messe va commencer, l’église est pleine. On admire l’orgue baroque peint et doré et on s’éclipse. Pour cause de messe, encore, le musée est fermé ainsi que le chemin de ronde. On se contentera de regarder le porche curieusement carré. On dirait une église fortifiée : tour carrée, façade plate et nue, créneaux, qui hésite entre roman et gothique, le portail est roman mais les ogives de la nef annoncent le gothique.

Pique-nique dans un joli jardin public à l’arrière d’un ancien couvent. Le cloître est envahi d’une jungle d’herbes folles mais le parc est très bien tenu. Tulipiers énormes, châtaigniers, une pièce d’eau rectangulaire avec des nymphéas, une pergola sur la terrasse dominant le fleuve avec vue sur la cathédrale et le fameux pont Eiffel.
Nous passons le pont pour arriver au Portugal. Le temps s’est gâté, il tombe quelques gouttes.

Au Portugal, le long du Minho


Au Portugal, la route est pavée comme il se doit. La ville frontière est fortifiée avec des bastions dignes de Vauban. Nous sommes contentes de retrouver le Portugal, ses pavés, ses poulets aplatis, les églises peintes en blanc et les azulejos blancs et bleus.  Comme à chaque frontière, des magasins de spécialités locales bordent la route : textiles, vanneries et meubles de bois blanc. La route portugaise longe le fleuve de plus près, nous avons de belles échappées. Nous voulons nous arrêter dans un soi-disant parc naturel : coin pique-nique avec les barbecues dominicaux des portugais bien typiques attablés en famille.

A la plage, beaux rouleaux pour les surfeurs

Nous cherchons la plage que nous avions repérée du haut du Mte Tecla et nous y passons une agréable après midi. Avec notre parasol et nos coussins gonflables nous sommes confortablement installées. Le beau temps est revenu mais l’océan est bien agité. Beaux rouleaux pour les surfeurs ! On assiste à un cours de surf pour les enfants, un peu plus loin, les surfeurs expérimentés font de belles démonstrations. Je commence mon exploration à pied, dépasse la flèche de sable qui borde l’estuaire. la limite entre estuaire et océan est bien marquée : on voit des trains de vagues s’affronter de biais, puis l’eau se calme, la plage se creuse le long du fleuve, tout près du bord l’eau est profonde. Je préfère me baigner dans l’océan et jouer avec les vagues. Pour me sentir sécurisée, je choisis des compagnons de baignades raisonnables : une petite fille d’environ sept ans(pas d’incisives) et un couple d’âge certain . je fais face aux rouleaux sans les quitter des yeux pour élaborer une stratégie : me camper fermement quand l’écume blanche se déverse, présenter mon dos à la gifle de la vague qui explose ou sauter dans l’ondulation de celle qui n’a’ pas encore craqué. A la fin, je plonge sous la crête?  Toute cette variété de vagues m’amuse. Elles sont plus puissantes qu’hier.
Nous rentrons par le ferry  dix minutes de traversée.

Magnifique coucher de soleil qui traverse des barres nuageuses, ourle les nuages d’or et réapparaît juste avant de plonger sous l’horizon.