Lekha Singh – les femmes portent le monde au Musée de l’Homme

Exposition temporaire jusqu’au 2 janvier 2023

 

« Elles sont des millions de femmes, à transporter des millions de kilos, sur des millions de kilomètres. Chacune, à sa manière, porte une part du monde. « 

Indiennes, Africaines, Asiatiques, dans tous les pays où la motorisation n’est pas encore courante, ce sont les femmes, parfois de très petites filles qui portent des charges nécessaire à la survie de tous : l’eau dans des bidons ou des bassines, le bois nécessaire à la cuisson des repas, les récoltes, la lessive….

Sur la tête ou à l’épaule,

Ou les récoltes

coton

Quand les voitures, tracteurs prennent le relais les femmes font du sport

je n’ai pas retenu la photo de la femme enceinte qui porte le monde à venir…

Une belle exposition féministe qui montre des femmes fortes.

Lekha Singh 

Lekha Singh est une artiste visuelle américaine. Jouissant d’une notoriété internationale, elle a eu l’occasion de voyager dans le monde entier, et de puiser dans ses voyages son inspiration artistique. Elle a exposé son travail photographique, depuis 2004, dans de nombreux musées américains

Juvisy-sur-Orge avec le Voyage Métropolitain

GRAND PARIS

La Gare de Juvisy-sur-Orge

Notre Voyage commence par un pique-nique à bord de la péniche l’Alternat amarrée sur la Seine à quelques encâblures du Pont de Juvisy . Eric, le batelier nous fait le, s honneurs de sa péniche, ou plutôt de ses deux embarcations. La plus grande, la plus ancienne aussi, 1936 est aménagée avec parquet, scène, bar comme un espace festif. Elle a échappé à la réquisition allemande qui a tronqué nombreuses péniches en vue d’un éventuel débarquement sur les côtes anglaises. C’est un gros gabarit autrefois chargeait du sable, gravier ou du blé. Eric nous fait prendre conscience de l’enjeu écologique du transport fluvial dramatiquement négligé en France. Une seule barge peut emporter le chargement de nombreux camions, avec l’équivalent du moteur d’un seul petit camion. De plus, les particules d’usure des pneus n’existent bien sûr pas sur un bateau! 

Sur la Seine : la péniche Alternat et le pont de Juvisy

L’Alternat m’a d’abord suggéré des politiques alternatives. En effet l’Alternat s’inscrit dans un mouvement de la Paix. Eric nous a invités à réfléchir à ce concept. Il est engagé dans des actions pédagogiques avec les écoles et collèges de Juvisy et Corbeil. Une belle exposition sur le thème de l’eau se trouve étalée dans la cale. Eric emmène les écoliers en croisières sur la Seine. Croisière qui peut durer plusieurs jours puisque la péniche est équipée de cabines, douches, cuisine. Dernièrement ils ont navigué jusqu’à Rouen. 

Avant qu’on quitte la péniche Eric a attiré notre attention sur un projet de mobilité fluviale RIVERCAT  : le projet MonBeauBateau pour l’Île de France : une navette de 100 passager qui desservirait l’Île de France de Soisy sur Seine à Saint Denis . C’est un projet coopératif qu’on peut soutenir. Il me rappelle la navette Voguéo qui reliait Maisons Alfort à Austerlitz et que j’avais plaisir à utiliser puis qui a disparu brusquement.

l’horloge de la gare de Juvisy a survécu au bombardement mais pas à la modernisation elle émerge d’une passerelle moderne

Juvisy-sur-Orge fut un temps la plus grande gare ferroviaire du monde : la ligne allant de la Gare d’Orsay, puis Austerlitz à Orléans et la ligne PLM partant de la Gare de Lyon y convergeaient. En plus des Grandes Lignes, les RER C et le RER D  s’y retrouvent. Le 18 avril 1944, Juvisy a payé très cher cette célébrité : le bombardement britannique a détruit non seulement les installations ferroviaires utilisées par les Allemands mais aussi tout le centre ville fut rasé avec 392 victimes. 

La reconstruction de la ville qui a suivi les destructions est particulièrement intéressante : les pavillons en meulières furent reconstruits presque à l’identique, un œil exercé remarque cependant que la meulière est utilisée seulement en parement sur le béton, les encadrements des fenêtres en relief sont des cadres préfabriqués. Les garages montrent l’importance de la voiture individuelle dans une vie « à l’américaine » . Certains ont eu la chance de voir leur pavillon reconstruit, d’autres furent relogés dans des petits immeubles collectifs toujours en meulière. On élargit aussi les rues en bordant certaines d’arbres d’alignement.

Dans le Centre-ville, l’actuelle Halle de marché, conçue par les architectes Ohnenwald, Aubert et Valdin, bâtiment remarquable, est actuellement classé. Un grand centre culturel est attenant au Marché mais il a été rénové avec façade en verre qui tranche avec la halle de béton.

L’Orge à Juvisy ici canalisée

Juvisy-sur-Orge est bien sûr irriguée par cette rivière de 54 km qui prend sa source  on loin de Rambouillet, traverse les Yvelines et l’Essonne. L’Orge est partiellement couverte dans le centre-ville mais elle est aussi canalisée et offre une belle promenade. 

Le centre-ville et la Gare se trouvent le long de la Seine bordé par un coteau bien raide, rebord du plateau de la Beauce. Autrefois, des vignes étaient cultivées à flanc de coteau, remplacée après le phylloxera par des arbres fruitiers. Il reste encore des espaces couverts d’une végétation sauvage, arbres, buissons et lianes. Nous empruntons un sentier au dessus de la rivière et au hasard de la promenade découvrons une jolie source : bassin arrondi au rebord de pierre contenant une eau très transparente. A Athis-Mons, la commune voisine on nous avait aussi parlé de sources.

Une source cachée dans la& végétation du côteau

Un château gardait la ville, lieu stratégique où embarquait le blé de la Beauce, seul pont sur la Seine jusqu’à Paris. De ce château dominant la vallée de la Seine, il reste un beau parc. Juvisy fut (dit-on) pressentie pour la construction d’un royal à la place de Versailles. Le parc aurait peut-être été dessiné par Lenôtre.  Il reste une splendide terrasse avec une vue dégagée sur la forêt de Senart de l’autre côté de la Seine. Un joli bassin agrémenté de grottes en rocaille nous sert d’abri pendant l’averse. A l’occasion le groupe dérange un couple de petits amoureux. Joli endroit pour un flirt!

Le parc a été loti au fil du temps,  les perspectives ont été tronquées mais il reste de jolis coins comme ces fontaines que nous découvrons à la nuit tombante. Elles ont été déplacées et se trouvaient autrefois  sur le pont sur l’Orge.

les belles fontaines qui ornaient le pont à la tombée de la nuit

Des fontaines sur un pont? Etrange, pas tant que cela si on pense que le Roi Soleil le franchissait avec son carrosse et la Cour en route vers Fontainebleau. Approximativement, la RN 7 (la Route du Soleil) suit une Voie Romaine vers Sens, Lyon…Rome? A Juvisy, le dénivelé était important et peu confortable pour les équipages royaux, on inventa alors une déviation avec une grande courbe pour obtenir une pente douce.

l’Observatoire Camille Flammarion

Sous la nuit nous montons sur la RN 7 pour découvrir l’Observatoire de Camille Flammarion (1842-1925) . En son honneur un astéroïde a été nommé  (605) Juvisia clic

Sur la nationale on peut encore voir la pyramide de Cassini (1742)  qui a servi à mesurer le méridien de la Terre par triangulation avec celle de Villejuif. le cinéma Eden a disparu.  La fin de la randonnée est sous le signe des étoiles avec la projection du fillm Gagarine clic que j’ai déjà vu et beaucoup apprécié : destruction de la Cité Gagarine à Ivry vue par un jeune passionné par les étoiles.

A la gare panique totale : les tableaux des départs sont en panne tous rouge, quel quai? quel train? la foule court en tous sens. Des trains sont supprimés mais en l’absence de panneaux personne ne sait lesquels. Sur le quai 51 il faut pousser pour entrer dans le wagon, deux dames avec des poussettes renoncent juste devant moi et les portes se ferment. Sur le quai 49 des jeunes en gilet rouge dissuadent les voyageurs et les renvoient sur le 51 bondé attente 22 minutes, je retourne sur le 49, le train est là, vide, départ dans 3 minutes. Partira-t-il? Et bien oui contre toute attente.

 

 

Rosa Bonheur à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 15.01.2023

Rosa Bonheur dans son atelier

Depuis notre visite au Château de By j’attendais avec impatience cette exposition. Un billet d’un blog que je suis avec beaucoup d’intérêt m’avait un peu irritée : avec condescendance le blogueur comparait les peintures de Rosa Bonheur aux illustrations des anciens calendriers des Postes. J’étais donc pressée de voir les tableaux de Rosa Bonheur dont je n’avais vu que des photos ou des copie. 

labourage

j’ai aimé l’attention que Rosa Bonheur accordait aux animaux et au monde rural : charbonniers, laboureurs, bergers, marchands de bestiaux. le monde rural est décrit avec minutie et exactitude. Même si parfois les couleurs font un peu « chromos » (surtout dans les barques d’Ecosse).

Berger des Highlands

Le tableau qui l’a rendu célèbre en France, à Londres et en Amérique : le Marché aux chevaux exposé à New York n’a pas fait le voyage mais la copie londonienne si, toute une salle montre les différentes gravures, études pour ce chef d’œuvre

le marché aux chevaux

je ne vois aucune « miévrerie » dans la course musclée des percherons ni dans les attitudes des maquignons

course des chevaux sauvages fuyant l’incendie

Le tableau américain des chevaux sauvages est le contrepoint du précédent : impression de liberté de ces animaux sauvages.

Cerfs dans la brume

les cerfs de la forêt de Fontainebleau sont aussi peints dans toute leur majesté comme ces bisons menacés par les « blancs usurpateurs »

Bisons

La personnalité de Rosa Bonheur transcende  son talent de peintre. Même si la peinture animalière n’est pas à la mode, sa figure de femme libre, défenseure des animaux, des Indiens, qui a adopté le pantalon quand les femmes n’y avaient pas droit, qui a vécu au grand jour avec une femme toute sa vie, en font une icone très moderne. En passant lire le petit livre  de la collection féministe la petite ixe.

A la plage : Saint Aubin, Veules les roses, Sainte Marguerite

BALADE NORMANDE- PAYS DE CAUX 2022

Lever de soleil sur Quiberville

Réveil brumeux. Des écharpes noient le marais et les étangs de la Saâne. Mer et ciel se confondent en un bleu très doux. Je ne distingue pas l’horizon.

Au programme : le village de Veules-les-roses et le plus petit fleuve de France avec ses cressonnières.

Saint Aubin : bâteau de pêche

En chemin, nous nous arrêtons à Saint Aubin où, comme à Quiberville et Pourville, une haute digue barre la vue. Sur la digue les cabines de plage, ici sont multicolores pastels, rose jaune poussin ou bleu clair. Les propriétaires ont donné des noms et les ont personnalisées par des fresques et des dessins naïfs. La marée est basse, l’estran est dégagé, la plage de sable parait immense. Dans l’eau, au loin des silhouettes poussent des filets à crevettes, d’autres font du longe-côte. Après avoir passé en sandales le cordon de galets je me déchausse et marche sur le sable mouillé parfois vaseux et me dirige vers la falaise où des épis semblent bien rouillés et délabrés. Des rochers arrêtent ma progression. Ils sont bas, hérissés de silex coupants ou forés de trous de pholades, couverts d’algues glissantes. Avec des bottes et un seau, j’aurais pu faire une belle pêche !

la plage de Saint Aubin à marée basse

Je me rapproche de l’eau et marche à la limite de la vague dans la direction opposée (vers Veules-les-Roses) où m’attend encore des affleurements de ces rochers pointus.

Pendant que j’arpentais la plage Dominique s’est installée sur la plate-forme où le poissonnier a son étal : directement du bateau de pêche à la vente ! le bateau est encore là. Les pêcheurs tirent leurs filets pour les ranger. La coque est en métal brillant, à bord des piquets portent des drapeaux oranges. Un tracteur va tirer le bateau et le conduire à l’eau. J’assiste à son départ entouré d’un vol de goéland qui l’accompagnent jusqu’au large.

Dominique a acheté deux petites soles qu’on conservera dans la glacière. Il y avait aussi des roussettes (avec la tête on reconnait bien els petits requins), des moules, des crabes et araignées mais pas de bulots qui sont trop chers aujourd’hui.

Veules-les -Roses

Veules les roses : le plus petit fleuve de France

Veules-les -Roses est un village ravissant aux petites rues étroites avec de nombreux restaurants, très touristique aussi ! Pour préserver le calme et le charme du village, on canalise les voitures dans de grands parkings sur le plateau à l’extérieur du village (parking du Canon et Parking de la Falaise). Le bourg n’est pas interdit à la circulation mais il est impossible de se garer (30 minutes seulement quand on trouve une place). Il faut donc avoir de bonnes jambes pour visiter Veules-les-roses et faire la jolie promenade le long du plus petit fleuve de France (un peu plus d’un kilomètre). Les restaurants sont concentrés à l’intérieur du village près de l’église les terrasses dans des   recoins et des placettes ou à l’intérieur. Certains sont hors de prix. Il y a bien une brasserie sur le front de mer mais la : touristes sortis d’un car. Le déjeuner en bord de mer à Veules, c’est raté !

Dans mes recherches de restaurants je suis quand même entrée dans l’église : beau plafond de bois peint et les mêmes piliers sculptés qu’à Varengeville. Les motifs sont marins avec des coquilles Saint Jacques.

Sotteville

Sainte Marguerite : Restaurant Les Voiles

Les Voiles est un restaurant installé au milieu de la digue près des cabines de plage marron avec un liseré blanc. La terrasse est protégée du vent et du soleil par les voiles. Des canapés (demi-palettes de bois et coussins beiges confortables) face à la mer sont simples et rustiques et jolis. Le restaurant est complet, on nous fait attendre qu’une table se libère sur les canapés où nous aurions pu commander des tapas (assortiment de charcuterie, fromages, bulots ou rillettes de poisson) mais nous avons envie de moules. Il nous faudra attendre.

les parapentes débarquent

Au café, une surprise, un véritable débarquement de parapentes groupés, colorés gracieux. Un vrai plaisir des yeux !

Et puis, une baignade dans une eau verte un peu agitée mais pas trop.

Nous rentrons tôt pour profiter de la terrasse de note maisonnette.

Varengeville (3) l’orage, La chapelle du Cimetière vitraux de Braque

BALADE NORMANDE – PAYS DE CAUX 2022

Braque ! arbre de jessé

 

Le GPS nous fait faire le tour de Varengeville et nous admirons les maisons de brique imposantes, les chaumières luxueuses et les très grandes propriétés encloses dans de longs murs et des parcs très verts. Varengeville est très chic, pas de lotissement quelconque. Au village, il y a un vrai boucher-charcutier, un caviste et une très belle boulangerie pâtisserie où j’achète un crumble pistaches et fruits rouge délicat et parfumé.

le cimetière marin de Varengeville

L’orage se déchaîne. Il tombe des rideaux d’eau. Les automobilistes se garent sur le bas-côté de la route transformée en torrent en un clin d’œil. Pour repartir il faut attendre la fin de l’averse qui ne tarde pas. La chaussée est inondée et la 108 passe « à gué » à grand peine en soulevant une nappe d’eau qui gicle et s’étale sur le capot avant.

ChapelleBraque

Par des chemins creux dans le bois où se cachent de belles demeures, nous arrivons au Cimetière marin perché sur la falaise d’où on a une très belle vue jusqu’à Dieppe. La chapelle est de belles dimensions. Je n’ai d’yeux que pour les vitraux bleus de Braque surtout celui de l’Arbre de Jessé. Les piliers sculptés sur toute la longueur du fût sont originaux, figures naïves sont -ils modernes, contemporains de Braque ou anciens ? j’aurai la réponse à Veules-les-roses où il y a les mêmes dans l’église : c’est donc une spécialité locale ancienne.

Pour trouver notre « coin pique-nique » nous divaguons par les petites routes qui sortent des bois et s’éloignent du village, et qui passent à travers champs. A défaut d’une vue-sur-mernous avons une vue dégagée sur les chaumes.

Après le déluge je renonce à la descente dans la valleuse : à pied les chemins sont boueux et en voiture noyés.

 

 

 

 

 

Signac collectionneur à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 13 février 2022

Portrait de Paul Signac dit aussi Paul Signac à la barre de son bateau Olympia

Signac est souvent exposé à Paris. Récemment le Musée Jacquemard-André proposait une rétrospective, à l’occasion des Expositions mettant à l’honneur Fénéon surtout celle de l’Orangerie, à la fondation Vuitton il y a quelques temps. J’ai donc un peu hésité pour Signac collectionneur mais je ne regrette pas ma visite. 

Portrait de Paul Signac par Maximilien Luce

Occasion de mieux connaître l’homme qui a été portraituré par les peintres, ses amis

Portrait de Paul Signac par Seurat

Paul Signac fut un organisateur d’expositions , fondateur du Salon des Artistes Indépendants et « militant de la cause néo-impressionniste » .

On voit donc des tableaux de Signac 

Signac : la bouée rouge. Arrivée à Saint Tropez à bord de son voilier
Signac : les Andelys, la Berge

On voit bien les petites touches des néo-impressionnistes qu’on connaît aussi chez Seurat qui fut lié à Signac

Seurat : Le Chahut

Mais Seurat collectionne aussi des peintres différents : plusieurs Cézanne, un petit Delacroix, un pommier en fleur de Monet, des Degas (nombreuses études de fesses), Pissaro

Pissaro : retour des paysans au marché

j’ai découvert les dessins de Charles Angrand : Une grange sous la neige et Le mouton rouspéteur pas du tout faciles à photographier mais que j’ai beaucoup appréciés. 

Une salle entière est dédiée à Cross aux couleurs somptueuses. 

Cross : la rivière Saint Clair

Je ne connaissais pas Maximilien Luce qui a des préoccupations plus prolétaires et qui peint aussi des hommes à leur toilettes, on a plutôt l’habitude d’y voir des femmes. 

maximilien Luce ; l’Echafaudage ou le Drapeau rouge

Autre inconnu (de moi) : Valtat

Valtat : roches rouges de l’Esterel

Et bien sûr,  Marquet, Valotton, Van Dongen, Maurice Denis.. .

 

Une halte sur l’autoroute A10- aire de Lozay : jardin de sculptures Roman Saintongeais

CARNET BASQUE 2021

Lozay : pesée des âmes

Après Niort, avant Cognac, un panneau annonce sur l’aire de repos de Lozay une exposition de sculptures romanes.

Une fine tour ronde au chapeau pointu est la réplique de la Lanterne des Morts de Fenioux.

A l’extrémité du parking, une arche marque l’entrée du jardin de sculptures en hommage au Roman Saintongeais.C’est la façade de l’église d’Echebrune  minutieusement reconstituée par le sculpteur Frédéric Parizat et ses compagnons du Tour de France.)

Des panneaux explicatifs  replacent ces statues dans le contexte du 10ème au 12ème siècle en  Saintonge : les monastères furent construits autour de Saint Jean d’Angely.

A l’arrière du porche, un joli jardin des simples, médiéval mais un peu hivernal, seuls les romarins sont fleuris

De part et d’autres d’une nef d’église virtuelle, sur des supports de béton très sobres sont installés des sculptures, copies d’églises de la région de chapiteaux, éléments de porches accompagnées d’explications très détaillées.

Lozay : crucifixion de Pierre

 Constantin à cheval, ou la Crucifixion de Pierre, la tête en bas, viennent d’une église proche.

Vierge folle qui a renversé la coupe

Le  thème des Vierges Sages et des Vierges Folles , 5 vierges avisées et 5 insensées est illustré à plusieurs reprises. La Vierge sage attend son époux tenant à la main une fiole d’huile bien droite tandis que les Vierges folles tiennent leur coupe renversée.

Autre thème voisin : le Combat des Vices et des Vertus.

 

 

 

 

 

A Saint Sulpice de Marignac, un chapiteau

Ils ont l’air de bien s’aimer ces époux qui s’embrassent, suivez la main que la femme tend vers son amant

raconte l’histoire du mari trompé : un couple légitime s’embrasse, les visages des époux forment le coin mais la femme tend la main vers son amant un peu plus loin sur une face.

La lutte entre Saint Georges et le dragon est différente des représentations habituelle du Saint à cheval piétinant un serpent : Saint Georges est un fantassin abrité derrière son écu et le dragon lui fait face.

Lozay : sirènes

Les sirènes détournent les chrétiens du droit chemin, aïeules de Mélusine, figures entre paganisme et Christianisme.

Le porche l’église de Saint Marie de Nuaillé sur Boutonne présente deux arcatures : sur l’une, 17 personnages, le Christ entouré des apôtres et de disciples, en dessous ; histoire de la Vierge.

D’autres chapiteaux sont ornés de divers monstres, têtes grimaçantes ou tirant la langue, A Saint Trojan de Retaud : trois monstres : Renard, Leviathan et un Loup.

C’est une visite inattendue, très intéressante qu’il ne faut pas rater d’autant plus qu’elle n’est possible que dans le sens Paris/Bordeaux.

La Canne de Monsieur de Balzac – Delphine de Girardin

la Canne de Balzac est exposée au musée de la Maison de Balzac Rue Raynouard à la limite des anciens villages de Passy et d’Auteuil. C’est un bel objet, luxueux, plutôt ostentatoire de belle taille, incrusté de turquoises et d’une chaîne d’or ayant appartenu à Madame Hanszka. A la Maison de Balzac, elle est présentée accompagnée d’un texte un peu énigmatique : 

Cette canne, pense-t-il. Si cette canne était comme l’anneau de Gigès, comme Robert le Diable ! Si cette canne avait le don de rendre invisible !..Gigès avait un anneau qui le rendait invisible… Robert le Diable a aussi un rameau qui le rend invisible. Ah ! si
j’avais ce rameau !..

En effet, on peut imaginer que le don de Balzac de décrire avec précision tant de personnages dans leur milieu de vie ou professionnel ne pouvait s’expliquer que par une observation méticuleuse que seul un spectateur invisible pourrait obtenir. Le don d’invisibilité proviendrait-il de cette canne miraculeuse?

Comment se fait-il que M. de Balzac, qui n’est point avare, connaisse si bien tous les sentiments, toutes les
tortures, les jouissances de l’avare ? Comment M. de Balzac, qui n’a jamais été couturière, sait-il si bien toutes
les pensées, les petites ambitions, les chimères intimes d’une jeune ouvrière de la rue Mouffetard ? Comment
peut-il si fidèlement représenter ses héros, non seulement dans leurs rapports avec les autres, mais dans les
détails les plus intimes de la solitude ?

M. de Balzac, comme les princes populaires qui se déguisent pour visiter la cabane du pauvre et les palais du
riche qu’ils veulent éprouver, M. de Balzac se cache pour observer ;

j’ai cherché le texte d’où est tirée la citation : La Canne de Balzac de Delphine de Girardin , roman publié en 1836. 

Delphine de Girardin (1804-1855) était une écrivaine, une journaliste et tenait un salon fréquenté par  Théophile GautierHonoré de BalzacAlfred de MussetVictor Hugo, Marceline Desbordes-ValmoreAlphonse de Lamartine, Franz LisztAlexandre Dumas pèreGeorge Sand (source Wikipédia) , elle a écrit plusieurs romans en prose, des pièce de théâtre et des poème. C’est étonnant qu’une telle écrivaine ait laissé si peu de traces à l’heure actuelle. Moi qui imaginais George Sand comme femme originale la seule femme dans le monde littéraire! 

« Il y avait dans ce roman… – Mais ce n’est pas un roman. — Dans cet ouvrage… — Mais ce n’est pas un ouvrage.
— Dans ce livre… — C’est encore moins un livre. — Dans ces pages enfin… il y avait un chapitre assez
piquant intitulé : Le conseil des ministres On a dit à l’auteur : — Prenez garde, on fera des applications, on
reconnaîtra des personnages ; ne publiez pas ce chapitre. Et l’Auteur docile a retranché le chapitre.

L’Auteur les a sacrifiées… mais il est resté avec cette conviction : qu’une femme qui vit dans le monde ne doit
pas écrire, puisqu’on ne lui permet de publier un livre »

La Canne de Balzac fait assez peu intervenir l’auteur de la Comédie Humaine  qui se contente de prêter sa canne à Tancrède, le héros du roman, un très beau jeune homme provincial venu tenter sa chance à Paris. Éconduit par les protecteurs éventuels, il va à l’opéra, et découvre la canne

« Sur le devant d’une loge d’avant-scène se pavanait une canne. – Était-ce bien une canne ? Quelle énorme canne !
à quel géant appartient cette grosse canne ? Sans doute c’est la canne colossale d’une statue colossale de M. de
Voltaire. Quel audacieux s’est arrogé le droit de la porter ? Tancrède prit sa lorgnette et se mit à étudier cette
canne-monstre. – Cette expression est reçue : nous

Tancrède aperçut alors au front de cette sorte de massue, des turquoises, de l’or, des ciselures merveilleuses ; et
derrière tout cela, deux grands yeux noirs plus brillants que les pierreries. La toile se leva ; le second acte …. »

Tenue de la main gauche, cette canne confère à son porteur l’invisibilité. Tancrède à l’insu de tous se faufilera dans le cabinet du Roi, sera porteur d’un secret qui lui apportera la fortune. Le voilà riche! Il recherche ensuite l’amour. Toujours muni de la Canne de Balzac, il pourra s’introduire dans la chambre d’une femme mariée puis dans celle d’une très jeune fille naïve dont Tancrède tombera amoureux.

On a fabriqué des ruches en cristal, à travers lesquelles on voit les abeilles travailler : on devrait faire les
chambres des poètes transparentes pour les observer dans l’inspiration. Quel beau spectacle que celui d’une
riche pensée qui s’éveille ! Tancrède, grâce à son invisibilité, avait été à même d’observer la femme aux prises
avec la passion, en proie à ses souvenirs d’amour ; et maintenant il observe la jeune fille aux prises avec son
génie, en proie à ses involontaires désirs, à ses pures espérances d’amour. »

Fantaisie amoureuse?

Pas seulement  !

Delphine de Girardin est une fine observatrice qui nous fera découvrir la vie littéraire de son temps. On assiste à une lecture de vers de Lamartine par son auteur, on lit une lettre de Chateaubriand…. On va dans un  salon, au spectacle…

Surtout ce roman pétille d’esprit, de réparties, c’est léger amusant, drôle. Je pense à un Sacha Guitry sans la misogynie. j’ai souvent ri aux éclats et je n’ai pas regretté l’absence de Balzac alors que c’était lui que je cherchais.

 

 

La vallée du Fango

CARNET CORSE

Le petit fleuve Fango

Nos guides qualifient la visite de la vallée du Fango d’ »incontournable ». Nous empruntons donc la petite route de Mansu et nous arrêtons sur le parking en face du Ponte-Vecchiu, petit pont génois à une seule arche qui enjambe le fleuve. Le Fango s’insinue dans des roches rouges, creusant des vasques près desquelles des touristes ont déjà étalé leurs serviettes.

Le Fango est un petit fleuve côtier au débit torrentiel réputé pour sa transparence de l’eau. Il ne charrie pas de particules en suspension du fait de la résistance à l’érosion des rhyolites qu’il traverse dans un bassin versant entouré de reliefs imposant lui garantissant son isolement. Du fait de l’absence de nutriments dissous – très faible minéralisation, la pauvreté en azote et en phosphore – il n’y a pas (ou très peu) d’algues qui lui donneraient une couleur verte. Les ¾ des éléments dissous sont d’origine atmosphérique. Le Fango est donc très sensible à la pollution de l’air et des eaux de pluie. On a constaté, cependant, un doublement des nitrates en 20 ans.

le pont génois sur le fleuve Fango

Je m’engage sur le sentier mare e monti qui rejoint le vieux pont gênois à Tuarelli (2h30)  en longeant la rivière. Je fais demi-tour au bout d’une demi-heure regrettant de disposer de si peu de temps.

La petite route passe par la forêt. Arrêt sur l’aire de Treccia dans la Yeuseraie(forêt de chênes verts) très vieux, très imposants. Selon un panneau, une Université anglaise y mène des recherches sur la mésange bleue.

le Fango vers l’amont

Mansu est un village étagé flanc de la montagne. On s’approche ensuite des hautes montagnes dénudées aux crêtes déchiquetées. Il me semble distinguer un névé. Est-ce possible ? les sommets dépassent 2500 m. Devant la petite église de Bardiana le mystère du « névé » est résolu. Il n’y a pas de neige, mais le vide sous une arche rocheuse (Tafonato). L’arche est si lointaine que je ne fixe rien sur la photo.

Avez vous trouvé l’arche?

Occi, Sant Ambrogio, tour des villages, Bodri

CARNET CORSE

Lumio et le Golfe de Calvi

Le village de Lumio est encore endormi à 9h. Le sentier d’Occi part à l’arrière de l’Hôtel Charles, sur la route T30. Bien chaussée, mais en short (malgré les avertissements) je grimpe allègrement le chemin muletier, revêtu de grosses dalles de granite formant des marches. Tôt le matin, il est bien à l’ombre et la montée est plaisante, avec des vues magnifiques sur la citadelle de Calvi qui se reflète dans le miroir de sa baie. Vers le nord on voit la petite vallée de Spano et la marina de Sant Ambrogio. Selon les guides, 1h de montée, en une demi-heure j’arrive aux ruines. (la promenade est plus longue, les groupés cornaqués par un guide continuent dans le maquis). Jusqu’à l’arrivée au village d’Occi j’ai l’impression d’être seule dans la colline. Je passe dans les ruines et découvre l’église restaurée après être passée sous une arche à moitié cachée par un figuier qui fait un rideau. Deux hommes descendent de la montagne et me saluent. Malheureusement l’endroit sera vite envahi par les touristes. Pas moins de 4 groupes sans compter les individuels.

les ruines d’Occi

Occi, dont le nom signifie, œil, était situé sur un promontoire et servait de guet du temps des pirates.  Village du 12ème siècle, il fut progressivement abandonné à partir du 16ème siècle, ses habitants l’ont quitté en 1860. Le dernier – Felix Giudicelli – dit « Fra Felice » est mort en 1918. Berger, personnage fantasque, se prétendait Comte d’Occi. Il naquit à Lumio en 1830, fit des études en Italie, se disait affilié aux carbonari de Garibaldi et compagnon du futur Napoléon III, de la main duquel il tenait un sauf-conduit. Homme du 19ème siècle, portant redingote et haut de forme s’exprimant en Italien.

la petite église d’Occi restaurée

Les groupes de touristes n’ont pas que des inconvénient, il arrive que je glane des informations intéressantes. Un guide herborise et montre une menthe très parfumée aux très petites feuille la Nepita qui peut parfumer le Bruccio. l’Immortelle d’Italie (Helichrysum italicum) a un parfum très fort; « l’odeur de la Corses » selon Napoléon Bonaparte. On la distille pour faire de l’huile essentielle.

Je rejoins Dominique à 10h30, pressée de me rafraîchir par une baignade. La marina de Sant Ambrogio est tout près. Sous une belle pinède, la station balnéaire est construite de petits bungalows de ciment blancs à toiture voûtée et de mini-villas aux toits de tuile. Tout le front de mer est urbanisé. Certes, les constructions sont discrètes, sans étages, masquées par des jardins. Mais bâti quand même ! Les parkings des résidents sont à l’arrière, le long de la route principale, sous les pins. Les touristes doivent se contenter du parking municipal, au-dessus de la marina, loin de la plage (1 km) et au soleil. La maréchaussée patrouille et photographie les plaques des voitures garées le long de la rue. On squatte une place dans un parking résidentiel privé pour se garer entre une Porsche Cayenne et une Audi immatriculée en Suisse. Une petite allée conduit à la plage, naturelle, sans installation ni paillote. Le sable est très blanc. Il y a quelques rochers. Chacun apporte son parasol et sa serviette. J’aime bien ce désordre coloré. L’eau est cristalline. Nombreux sont ceux qui font du snorkelling. Roches et posidonies assurent le spectacle. J’ai oublié mon masque, dommage ! Selon mon habitude, je nage d’un bout à l’autre de la plage en étant attentive aux rochers qui affleurent vers le milieu. Baignade merveilleuse !

 

Dominique a téléphone à une dame de Calenzana qui « vend des articles de GR20 » qui ne sont ni des tentes ni des duvets mais des plats préparés à emporter. Nous filons à la Rôtisserie Pinellicciu – 1 rue Napoléon – une excellente adresse.

  • » Reste-t-il des beignets de courgette ?»
  • « Non mais la pâte est prête ! L’huile est chaude»

La dame en cuit 6 devant moi (une portion) et je complète le pique-nique par un chausson aux poivrons.

les oliviers de Sainte Restitude
les oliviers de Sainte Restitude

L’enclos de la Chapelle Sainte Restitude nous procure le meilleur emplacement : de l’ombre, des banquettes de pierre, un petit vent rafraîchissant. Nous dégustons beignets, feuilleté et cuggiullele, biscuits à l’anis achetés de la biscuiterie Guerini (il y en avait aussi au vin, aux amandes…). Pique-nique gastronomique !

Crêtes

Nous suivons l’itinéraire « les trésors de Balagne » du Guide Vert. C’est amusant comme un jeu de piste. Nous passons sans nous arrêter à Zilia, Cassano et Lunghigniano où nous sommes déjà passées pour faire une visite à Montemaggiore – village construit sur un promontoire dominant la vallée du Fiume Secco. Devant la grande église ; de la terrasse, le panorama s’étend au de-là de Calvi et de la Pointe de la Revellata. Anecdote amusante : Don Juan aurait séjourné dans la grande maison jouxtant la chapelle.

Chapelle st Ranieri

Chapelle Saint Ranieri  (https://eglisesetchapellesdecorse.jimdo.com/saint-rainier-janvier-2018/)

Edifice roman de style pisan avec des bandes de moellons foncés presque noirs contrastant avec la roche claire et formant des bandes horizontales. Seuls ornements : des masques sur le fronton de chaque côté d’une croix évidée.

La route D151 est très étroite, elle monte au col de Salvi (509 m) en corniche. Sur le Monte Grosso(1938 m) les nuages se sont amoncelés. La route se dirige ensuite vers Cateri qui est un carrefour. A l’entrée de Cateri, je descends à pied au Couvent de Marcasso. L’église est ouverte mais elle est bien sombre, je n’ai pas reconnu le tableau du Repas Pascal cité dans le Guide Vert.

Sant Antonino

St Antonino qui coiffe sa colline

Sant Antonino est un village perché qui coiffe une colline et se remarque de loin. Le tourisme est très bien développé ; On a transformé la place de l’église en parking obligatoire et payant. Les maisons de belles pierres du village ont été restaurées. La promenade dans les rues est très agréable mais un peu factice.  On ne rencontre pas de chat endormi (les touristes qui tirent un caniche ou un bichon maltais les ont fait fuir). Pas de lessive qui sèche non plus. Ni de dames âgées qui papotent. A la place du linge, des articles de mode. A la place des épiceries et bars des restaurants pour touristes. Des bijoux, des céramiques. J’ai l’impression d’être tombée dans un traquenard « attrape-touriste ». Réticente, j’ai été séduite par les petits passages secrets, les coins sombres et humides ou croissent fougères et hortensias.

St Antonino

Pigna

Pigna est encore un village touristique restauré avec goût, comme Sant Antonino, situé sur la « route des Artisans » et s’est fait une spécialité musicale avec un auditorium et un Musée de la Musique qui, malheureusement est fermé le week-end. Les concerts de Polyphonies corses commencent à 21h30, cela ne nous convient pas du tout en septembre où les journées raccourcissent. L’église donne sur une place ombragée de platanes. Elle est ouverte en grand : intérieur blanc. Le chemin de croix contemporain, fait avec des galets multicolores, est original. Le reste ne retient pas mon attention. Je me promène dans les ruelles. Les endroits les plus séduisants sont occupés par les tables d’un bar ou d’un restaurant. Prix raisonnables pour déjeuner ou dîner face à un beau panorama, ou attendre le concert….

Pigna : église

Les artisans travaillent réellement dans les ateliers doublés d’une galerie-boutique. « Défense de photographier » annonce un pictogramme. Du coup la passante s’abstiendra de visiter la boutique. Un peu plus loin, il y a une verrerie, et un artisan qui fabrique des bijoux. Sympathique, cette activité artisanale. Un peu standardisée, je n’ai rien remarqué d’original.

La route passe par Corbara où un énorme couvent se dresse à un carrefour. L’envie d’une autre baignade me tient et nous ne nous arrêtons pas. Nous retournons à Bodri, au moins nous connaissons le chemin. Malheureusement, une chaîne qui n’y était pas hier barre l’accès ; Dominique remonte et installe la Smart sur les quais du train. C’est encore une belle baignade la surface de l’eau est parfaitement lisse.