Château de Saint Germain en Laye, sa terrasse et le Musée Archéologique

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

le château de Saint Germain en Laye

Horaires d’ouverture

Musée: 10h à 17h (fermé le mardi) Il faut aussi se documenter sur les ouvertures des salles.

Domaine de 8 à 20h30 en été maischange selon les saisons.  

J’émerge du RER A à quelques mètres de l’entrée du parc, éblouie par le soleil du matin qui fait scintiller les jets d’eau et les bassins du Jardin dessiné par Le Nôtre que je traverse pour gagner la terrasse

jardin de Le Nôtre

la Terrasse de Le Nôtre longue de 1000 toises (2km) surplombe la vallée de la Seine qu’on n’aperçoit qu’à la fin de la promenade, le tableau de Sisley montre un paysage quasi inchangé. En revanche au niveau de la demi-lune, la vue est saissante sur La Défense et au loin sur Paris

La vue sur la Défense et Paris de la terrasse

Une table d’orientation permet de chercher les clochers des villages vers Maisons-Lafitte. Une double rangée de tilleuls borde l’autre  côté. Ceux qui ont été plantés par Le Nôtre ont été remplacés en 2000. Au bout de la terrasse terminé par un octogone de tilleuls, la maison forestière et plus loin le GR entre dans la forêt et permet de prolonger la promenade.

Cour du Château de Saint Germain en Laye

Le château a une longue histoire , (1120)résidence royale de Louis VI le Gros, Philippe Auguste fit construire la grosse tour carrée, Saint Louis,  la chapelle gothique. François 1er rasa le château médiéval, intégra la chapelle royale pour obtenir une belle cour, ouverte au public qui permettait au roi de se montrer. Au XVIIème siècle des fleurs et des cages à oiseaux étaient suspendues et on y organisa deux baptêmes royaux.

Chapelle gothique de Louis IX

Sous la Révolution, prison, sous Napoléon 1er, caserne, puis pénitentier militaire sous Louis-Philippe.

 

Napoléon III créa le « musée Gallo-Romain » maintenant devenu Musée d’Archéologie nationale

Vercingétorix imaginé au second Empire

Napoléon III s’intéressa particulièrement à Vercingétorix et à la Bataille d’Alésia. A la demande de l’empereur et à l’aide de son aide de camp il tenta de reconstituer le siège d’Alésia qui dura près de deux ans et opposa 40 000 romains à 80 000 gaulois. La maquette est présentée au musée, et sur place on reconstitua les machines de guerres romaines : bel exemple d’archéologie expérimentale. Une salle est dédiée à cette bataille, on y voit de nombreuses lances, des projectiles (curieusement les frondes lancaient des projectiles fuselés) des pointes de tridents servant de pièges.

L’atelier du forgeron gaulois: on y voit deux enclumes, des pinces coupantes, etc…

Les salles du Musée s’ouvrent alternativement selon les jours. J’ai eu la chance de tomber un jour où les salles gauloises étaient ouvertes au public. Comme j’ai visité récemment d’autres musées archéologiques (Carnac, Rodez, Sartène) j’étais ravie de découvrir les périodes de La Tène : Tène ancienne (480-250 av.J et Tène récente (250-50 av JC)

La première salle : La Gaule des origines présente surtout des réalisations métallurgiques très élaborées. Une vitrine dédiée à la femme gauloise, la présente comme l’égale de l’homme, d’après les objets retrouvés dans sa tombe : torques, fibules, bracelets de bronze. La vitrine suivante montre que les gaulois étaient ouverts sur le monde entier, important des matériaux parfois de provenances lointaines comme l’ambre de la Baltique ou le corail et les coquillages méditerranéens pour la confection de somptueux bijoux.

cabochons en corail et coquillages

Dans les tombes des guerriers l’armement masculin, poignards, boucliers aux appliques ciselées,  épées on retrouve aussi des pinces à épiler. Les motifs de dragons sont souvent  utilisées.

Décor de char gaulois avec animaux fantastiques

Le travail du bronze était généralement coulé à la cire perdue, mais aussi laminé en tôles ou en feuilles fines gravées ou serties.

Vase avec 6 dragons

Deux tombes à chars de Nanterre et de Roissy ont livré des chars entiers déposés même avec le joug harnachant les chevaux  : chars légers en bois à deux roues avec les roues finement cerclées, des suspensions métalliques avec de nombreuses ornementations aussi bien pour les roues que les disques des harnachements des chevaux et les mors.

décor de char gaulois

Les peuples gaulois étaient généralement des paysans, les fermes étaient sous l’autorité d’aristocrates et sous l’autorité suprème d’un roi (rix). les sanctuaires gaulois étaient apparus au IIIème siècle certains étaient des sanctuaires à trophées recelant jusqu’à 10 000 armes prises aux ennemis, et même des corps décapités et des chevaux. Les sanctuaires dédiés aux divinités ne sont pas montrés ici sauf deux statues

Une conférencière écoutée en douce (visite privée) m’a appris que les Romains estimaient beaucoup les chevaux gaulois et que les Gaulois étaient également d’excellents menuisiers. Les mots celtiques en rapport au bois, arbres et à la natures se retrouvent encore dans le vocabulaire français. On a retrouvé de petites scies, avec des peignes à chanvre.

Des panneaux décrivent Bibracte, la capitale des Eduens dans le Morvan. Coïncidence : à la télévision sur la 5 on passait le soir-même un documentaire sur la Guerre des Gaules remettant en cause le récit de Jules César. César a-t-il menti, CLIC pour se vanter, pour augmenter son prestige? Taisant les qualités des fortifications des oppidum gaulois, inventant une bataille navale prestigieuse en Morbihan contre les Venètes? 

Madeleine de Sinéty Une vie au jeu de Paume +Fragile Beauté collection Elton John

Exposition temporaire jusqu’au 27.9.2026

Madeleine de Sinéty (1934 – 2011) est une photographe qui a été peu exposée. Elle a commencé son oeuvre en 1970 dans son quartier, derrière la Gare Montparnasse que l’on rénove alors qu’on construit la Tour Montparnasse. Cet ensemble de photo est réuni dans un chapitre Paris démoli témoignage d’un quartier encore populaire avec des ateliers d’artistes que Madeleine de Sinéty a fréquenté lors de ses études de dessin. Cafés ouvriers, enfants dans les rues, maisons délabrées…tout un XIVème qui a disparu. 

De la Gare Montparnasse partent les trains vers la Bretagne. Madeleine de Sinéty et son mari Daniel Behrman parcourent les lignes secondaires où les dernières trains à vapeur circulent encore. Ils se lient avec les cheminots. De nombreuses images seront réunies dans le livre Guingamp-Paimpol: deux minutes d’arrêt.

le train les conduira en Bretagne dans le village de Poilley (Ille et Vilaine) où elle séjourne plusieurs mois, où elle se fera accepter des villageois, partageant leur quotidien et même les travaux des champs, les fêtes, récolte des pommes…partageant aussi les images en organisant des projections appréciées des habitants. Elle y vivra huit ans.Son épais journal de bord figure dans les vitrines sous les photos encadrées. Avec simplicité et tendresse, elle photographie les travaux des champs, la vie de la ferme, les enfants et les animaux. Riche témoignage d’un monde rural aujourd’hui disparu avec le remembrement et la mécanisation. Aucun artifice. De vrais portraits sans apprêts, avec empathie elle montre la beauté de cette vie simple. j’ai été très impressionnée par toutes ces photos. 

Avec son mari américain, ils voyagent à New York, dans le Maine où elle fixe les images toujours avec la même empathie. Elle est invitée aussi loin que le Kenya et l‘Ouganda pour des reportages dans des villages. 

Je suis restée longtemps à regarder les projections  des photos de Poilley dans une salle noire.

Fragile Beauté ; photographiesde la collection de Sir Elton John et David Furnish

occupe le niveau supérieur du Musée du Jeu de Paume. C’est une très grande exposition qui mérite à elle-seule la visite.

Une partie est présentée avec des avertissements : photos queer, homo-érotisme, très belles photos souvent très sophistiquées. Ambiance très différente de l’exposition précédente.

Une seconde partie, très people nous montre les 4 Beatles, grand format, Marylin, Kennedy,  Andy Warhol entouré de tous les artistes de la Factory, Andy Warhol et Basquiat, et d’autres célébrissimes américains que je n’ai pas reconnus. Amusante visite. 

Très belles photos, photographes cultissimes..mais tout est trop, trop beau, trop travaillé, trop connu. Je préfère le village breton.

Annette Messager : Une hirondelle ne fait pas le printemps – au Musée de la chasse et de la nature

Exposition temporaire jusqu’au 20 septembre 2026

La Revanche des animaux

Le Musée de la Chasse et de la Nature est un  écrin parfait pour cette exposition « conçue commme une longue fable poétique  et politique »en 80 oeuvres, présentées en 16 chapitres où Annette Messager  « explore l’animalité et le saugrenu » je continue à copier le cartel de présentation :

« parce qu’il est nôtre, le monde des animaux n’est pas un royaume enchanté ni une scène exangue. les bêtes fuient, gisent, luttent.
Le monde est une gigantesque battue, partout des proies et des prises »

Fables et récits

Entre trois piles de livres des peluches figurant les animaux s »amoncèlent. Au sommet 3 chimères : oiseaux empaillés et toujours emplumés avec tête de peluche. Je m’amuse à déchiffrer les titres des livres, aussi bien des chefs d’oeuvres que de la littérature de gare, de Isaac Bashevis Singer à la Bibliothèque verte. Peut être dans ces livres se cachent aussi les fables? J’ai cherché Esope, La Fontaine, Colette ou Orwell qui ont si bien fait parler les animaux.

A propos de langage :

22 expressions

Un mur est couvert de ces 22 panneaux qui montrent comment les animaux sont présents dans le langage courant : « S’entendre comme chien et chat », Têtu comme une mule » « comme un coq en pâte » etc….

Je n’ai  pas trop aimé ce Théâtre de la Cruauté : lapin de peluche disséqué, éviscéré avec les instruments de torture, au ventre ouvert d’où s’échappent des petites peluches. 

La Revanche des animaux (détail)

Peluches, métal, dessins… tout concourt à cette revanche des animaux!

Ecureuil en haut de l’escalier

Une grande salle au rez de chaussée a été offerte à Annette Messager seule pour ces grandes installations. Dans les étages, les objets, chimères, sculptures s’accordent avec les collections permanentes ou les oeuvres d’autres artistes contemporains. 

Capture ou captivité : l’écureuil sous son filet

Intéressons-nous d’abord à Capture et Captivité : l’écureuil taxidermisé sous un filet qui trône « moins butin que souverain », porteur d’outres ou idole masquée « Tel est pris qui croyait prendre » suggère l’artiste. 

Notre visite sera mise en scène, fables ou histoires tragiques, commentées par l’auteure.

Bronzes de Saint Clair Cemin

Le gardien nous fait remarquer les bas-relief et les gardes-corps, les rampes et les lustres et appliques habillant l’escalier et le palier. Oeuvres de Saint Clair Cemin, sculpteur brésilien.

Le Sang des bêtes

Parmi les collections permanentes, je cherche les oeuvres parfois de très petite taille comme ces oiseaux costumés, les oiseaux meurent aussi.

Flânerie des escargots

Variations sur les flânerie des escargots, sur un crâne – vanité – allégorie de la mort et détournement grottesque. Trois escargots portent des seins   à la place de la coquille . Il y a m^me une barbie-escargot quelque part.

Dans le cabinet des appeaux, l’installation est sonore, elle sussure, murmure « Ci-ci-ci-gogne – Ci-ci-ci« 

Dans le Salon des Chiens, un teckel empaillé plus vrai que nature porte un masque chirurgical. C’est le chapitre Eux et nous. Il me met très mal à l’aise. 

les transports amoureux sont figurés sur roulettes. 

Chatte en céramique : illusion d’optique

Les trophées intimes offrent des photos très personnelles. Je ne me souviens plus bien quelle est la possible vengeance. C’est au troisième étage que les Rameaux graphiques m^lent sculpture et dessins deux dessins m’ont particulièrement plu : un jardin du tendre 

et un autre dessin où se mêlent animaux et humains, peut être le b erger et son troupeaux et ses chiens?

Encore une fois, je me suis fait violence pour entrer dans un musée qui se clame « musée de la Chasse », je n’aime pas la chasse, encore moins les carabines, les trophées. Et pourtant c’est un lieu magique pour l’art contemporain. C’est là que j’ai découvert Eva Jospin, Sophie Calle et Garouste.D’ailleurs les oeuvres contemporaines y sont nombreuses et variées. Une de mes préférées : ce Dieu de la Forêt en écorees de bouleau

Eieu de la forêt . Jeanine Janet

L’Autre George – A la rencontre de George Eliot – Mona Ozouf – Gallimard

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Attention : spoiler! Mieux vaut avoir lu les romans de George Eliot avant d’entamer la lecture de cet ouvrage. Il ne s’agit nullement d’une biographie de George Eliot comme je l’avais cru quand j’ai téléchargé ce livre. C’est plutôt une promenade dans ses oeuvres qui commence avec le Moulin sur la Floss que j’avais déjà lu, puis continue avec Middlemarch que je m’aprêtait à lire. L’analyse de Mona Ozouf est passionnante mais suppose qu’on soit familier avec les personnages, et raconte un peu trop pour qui n’a pas terminé le livre. Donc, à ne lire qu’après lecture de George Eliot sous peine de divulgâcher l’histoire. Dans cette logique, j’ai sauté le chapitre concernant Daniel Deronda qui sera au programme du challenge en septembre. 

A la suite de cette réserve, L’autre George est très intéressant, d’une lecture fluide. C’est le point de vue d’une historienne qui resitue les livres de George Eliot dans leur contexte historique, social et littéraire. Mona Ozouf met au jour des correspondances, des gemelléités, entre les personnages soit à l’intérieur d’un roman, soit à travers différentes oeuvres. C’est aussi l’interprétation d’une philosophe qui va questionner les questions religieuses et philosophiques ayant cours dans l’Angleterre du XIXème siècle. 

Après les études des trois oeuvres citées précédemment, des chapitres transversaux : « La moraliste », « l’artiste », « la femme » vont éclairer les principaux aspects de l’oeuvre de George Eliot. 

Ce qui m’a le plus intéressée c’est la question de la place des femmes dans l’oeuvre de George Eliot, et dans la société anglais. George Eliot peut-elle être considérée comme féministe? Pourquoi ne s’est-elle pas engagée avec les suffragettes dans la lutte pour le vote des femmes? (George Sand, non plus, d’ailleurs). 

La conclusion du livre est une comparaison entre « Les deux George » sur laquelle je reviendrai sûrement quand nous ferons un bilan du challenge.  

ce cousinage le signe le plus voyant était bien sûr l’adoption du nom masculin

Chez elles, de surcroît, le pseudonyme masculin ne venait pas seulement couvrir une œuvre, mais une vie. Et pour l’une comme l’autre, un mode d’existence soustrait à la convention.

Mais toutes deux dénoncent en revanche une société inique qui prive les femmes des droits fondamentaux. Et
l’emblème du malheur féminin leur paraît être le mauvais mariage, que des lois scélérates empêchent de
défaire.

Noirmoutier en l’île – le Bois de la Chaize – le Vieil

NOIRMOUTIER 2026

Noirmoutier-en-l’Île Château

Notre gîte est situé à 1.5 km du Centre-bourg et 800 m de la plage de la Clère. Après avoir acheté les courses de base à l’Intermarché de La Guérinière nous allons compléter dans les boutiques du village.

Sous le soleil, le Château offre son meilleur aspect.

A notre premier voyage, l’église était sous les échafaudages, je la découvre donc aujourd’hui. Elle me semble plus grande et plus claire que je ne m’y attendais.

Noirmoutier-en-l’Île église Saint Philbert

Dédiée à Saint Philbert(mort en 690), elle a subi les ravages des Sarrazins (732) des Vikings(836) et plus tardivement des Hollandais (1674) et désaffectée à la Révolution. Cette visite résume l’histoire de l’Île . Le dépliant décrit les différentes œuvres d’art, retables et statues (1822-1824) et l’ ex-voto (maquette dans une vitrine) et tableau de la Pêche miraculeuse. J’ai surtout aimé la crypte (VII ème siècle).

Même après notre précédent séjour, il reste des découvertes à faire ici !

Visites plus prosaïques dans les belles boutiques de la rue piétonnière : charcuterie-traiteur luxueux, et très belles boulangeries. Le luxe ! je commence à me repérer dans les places de la ville : la place du marché (mardi, vendredi, dimanche), une petite place avec des terrasses de cafés et restaurants et la grande Place d’Armes à proximité du Château, de l’Eglise et du Musée Jacobsen.

Plage des dames

J’irai me baigner sur « notre » plage, la Plage de Clère à 600 m du gîte. Comme je nage seule et que début juin, les plages ne sont pas surveillées, je préfère prendre mes marques, c’est plus sécurisant.

l’Estacade du bois de la Chaize

En attendant nous nous retrouvons au Bois de la Chaize qui est un des points remarquables de l’Île avec sa jolie plage des Dames, son estacade, ses belles villas Second Empire. Cette jetée construite en 1885permettait aux estivants d’arriver de Pornic en bateau. Sur l’estacade les pêcheurs remontent de petits carrelets avec chaque fois de minuscules fritures.

De très beaux arbres, principalement des chênes verts ombragent la pente. La promenade conduit à une sorte de grotte (fermée) ; des sentiers conduisent à la très petite crique : l’Anse rouge dominée par une tour :la Tour Planier.

L’anse Rouge et la Tour

Par des impasses j’arrive enfin à une plage plus grande La plage des Souzeaux personne sur le sable mais le silence est troublé par des artisans qui terminent les derniers travaux dans les villas avant l’arrivée des juillettistes. En continuant dans les villas on rejoint la Plage de la Clère.

Le Vieil

L’après-midi, nous continuons la promenade le long de la côte en suivant les Dunes du Vieil puis dans les petites maisons blanches et fleuries du Grand Vieil et du Petit Vieil.

 

la Prequ’ile de Rhuys – Arzon et Saint Gildas

MORBIHAN JUIN 2026

Arzon moulin à marée de Pen Castel

Le soleil radieux nous incite à explorer un peu plus loin la presqu’île de Rhuys qui se trouve tout près de Kerpenhir où nous étions hier. Il faut faire tout le tour du Golfe du Morbihan, une soixantaine de kilomètres. Heureusement la route est rapide, juste avant Auray nous montons sur la RN 185 , quatre voies comme une autoroute mais gratuite, évitons Auray et Vannes ; Relais pris de Noyalo à Sarzeau jusqu’à Arzon avec juste quelques ronds-points pour nous ralentir.

Arzon

Arzon (2271 habitants selon Wikipédia) est très urbanisée. L’Office du Tourisme se trouve à Port Crouesty à 800 m du Centre-bourg. Marina énorme, crée en 1973, le plus grand port de plaisance de Bretagne, entouré d’immeubles modernes sans âme, beaucoup de béton, un tout petit peu de bois, aucun intérêt.

Le sentier côtier fait le tour des pointes déchiquetées qui s’avancent dans le Golfe du Morbihan.

Arzon : menhir de la POinte de Bilgrois et au fond Kerpenhir

Pointe de Bilgrois, la plus occidentale. Le ciel est chargé, le vent qui souffle fort donne une impression dramatique. Pas de dolmen comme indiqué sur la carte, un menhir parmi les graminées qui ondulent au vent. Kerpenhir est si proche qu’on voit els silhouettes qui se pressent autour de la table d’orientation. Un peu plus bas : la plage de Treno , à marée basse des rochers. Pas de sentier de randonnée. « il se trouve plus loin à Monteno » m’explique un monsieur bien aimable.

Nous nous perdons dans le dédale de ce « village » pavillonnaire malgré le plan qui nous a été offert à l’Office de Tourisme. Lotissement de maisons blanches, impasses, rue …pas de trace du sentier côtier, ni de la côte d’ailleurs, accès réservé aux riverains. Bernon, on se perd à nouveau. On demande Kerners au GPS qui le reconnait grâce à la base de kayak.  Enfin !

ARzon – Pointe de Kerners kayaks

De la base nautique partent aussi les bateaux pour les îles : Ile aux Moines. Le soleil est revenu. Le sentier autour de la Pointe de Kerners est très bien entretenu avec de très beaux panoramas sur le Golfe et les Iles. Il domine la mer que j’aperçois entre les branches tortueuses de très beaux arbres. L’eau est redevenue bleue. Le golfe est beaucoup plus calme que l’océan.

Nous reprenons la voiture jusqu’au Moulin de Pen-Castel (connu du GPS). C’est un moulin  à marées sur une digue. D’un côté le Golfe de l’autre, un étang. Un premier moulin du XIIème siècle devient propriété des Ducs de Bretagne. Les moines de saint Gildas le reconstruisirent au XVIIème siècle. Moulin à farine, la liste des meuniers est exposée à l’intérieur. Un salon de thé et une salle d’expositions sont aménagés. Exposition de pascale Chauvet, une plasticienne de la région, qui expérimente diverses matières et techniques : aquarelle, verre, collages de petits carrés cousus pour former une tenture colorée. Mon préféré est une tenture où des capsules de pavots sont cousues sur un fond clair (carreaux de notices de médicaments. C’est écolo (upcycling).

Tour de la Pointe Saint Nicolas jusqu’à rejoindre le sentier là où j’avais fait demi-tour ce matin. Les plantes sont étiquetées comme dans un arboretum. Amusant à lire d’autant plus que les plantes identifiées sont des plantes sauvages qui pour part ont disparu sous les exubérances des plus vivaces. Les prunelliers ont envahi l’églantier, les ronces et le lierre, les moins communes. Un couvre sol moins commun est formé de tradescantia appelée ici Ephémère de Rio, pour moi, c’est de la Misère. Les énormes Cyprès de Lambert ont des troncs imposants et des racines qu’il faut enjamber. Promenade ombragée même si aujourd’hui, je rechercherais volontiers le soleil.

Saint Gildas de Rhuys

De l’autre côté de la Presqu’Ile de Rhuys : l’océan que nous allons trouver à Saint Gildas de Rhuys beaucoup plus tranquille et moins construite qu’Arzon. Cap sur l’Abbatiale qui dépasse tous les toits. Vue de derrière, elle est très belle avec son chevet roman et les modillons sculptés à têtes humaines charmants. La façade est néo-classique, reconstruite en 1699 après que le clocher foudroyé ne s’effondre sur la nef. J’apprécie moins.

Saint gildas chevet de l’abbatiale -modillons

L’Abbaye est encore active, elle a été un centre pour handicapés, maintenant elle a une vocation culturelle et spirituelle. Elle ne se visite pas. Pas de visite non plus pour l’église où se déroule une cérémonie (enterrement). C’est l’occasion d’évoquer le personnage de Gildas que je retrouve chaque jour ou presque en Morbihan. Gildas a fondé l’Abbaye en 530. En 1125, Abélard en devient abbé et les moines le déçoivent. La côte sur l’océan à la Plage de Port Maria est très différente de  celle du Golfe. Plus sèche, plus grise, moins fleurie, battue par les vents

St Gildas plage de Port maria

Le Musée de la préhistoire à Carnac

JUIN  2026 CARNET DU MORBIHAN

paléolithique : silex taillés

Dans les musées, les sections « Préhistoire » sont souvent rébarbatives, silex et galets, taillés ou polis, de Corse en Bretagne…toujours les mêmes. Eh bien non, à Carnac, les vitrines sont joliment présentées accompagnées d’un luxe de panneaux explicatifs : chronologies, cartes avec les variations de la ligne du rivage, destinées aussi bien aux enfants, néophytes que spécialistes.

La première salle :  Paléolithique jusqu’à -9600 ans av.J.C.

On distingue le Paléolithique moyen jusqu’à 35 000 ans, apogée des glaciations, avec une population de Homo Neandertal. A partir de 35 000 ans apparaît Homo sapiens (Cromagnon)

La vitrine esthétiquement très réussie de pierres taillées, flèches, galets. Elle est accompagnée de la question : Où trouver des silex ? En effet, les sites paléolithiques sont nombreux sur le littoral breton alors qu’on ne trouve pas de silex en Bretagne intérieure granitique. Sur le site de Saint Colomban, une plage de Carnac, le cordon littoral est formé de galets offrant une ressource en silex.

Mésolithique (9500 – 6000 av.J.)

Tombe de Teriec Sépulture et coquillages

la vitrine 3 présente des sépultures Teriec au large de l’isthme de Penthièvre et à Hoëdic. Ici aussi, la mise en scène est frappante : « un homme a été tué à Teriec il y a 6600ans » . On voit  radiographie des vertèbres touchées avec la pointe de flèche, une flèche a été reconstituée. On présente des outils, flèches et forets en os de de cerf, sanglier. Les hommes vivaient de chasse, cueillette, et ramassage de coquillages. Ces derniers ont été utilisés aussi pour faire des parures. La tombe de Teriec, découverte en 1928 est reconstituée ici. Une femme de 20 – 25 ans mesurant 1.51m a été préservée de l’acidité des sols granitiques par la présence de nombreux coquillages. Des photographies des photos de la fouille de 1928 accompagnent la vitrine.

Néolithique (6000 – 2300 ans av J.C.)

Carnac : musée – Moissonner au Néolithique

Une économie de production se met en place avec l’agriculture et la domestication des animaux.

Les rapports avec le monde des morts se matérialise avec des stèles gravées, dolmens à couloirs recouverts d’un tumulus. A Kercado, la datation C14 donne 4670 av. J.C. et livre des pierres polies et des poteries. Le Tumulus Saint Michel a livré des parures de jaspe d’un vert bleuâtre.

Collier de perles de Variscite

Présentation de maquettes des alignements de Menec, du dolmen coudé des Pierres Plates. Présentation très impressionnante d’un couloir où le visiteur passe entre des stèles gravées comme dans un véritable site. Les moulages de la Table des marchands présentent des décors sophistiqués avec des crosses, des arches, des traits ondulants (oiseaux en vol ?) et même des pieds bien reconnaissables.

Une section présente la Variscite :minéral vert, phosphate d’aluminium hydraté d’origine hydrothermale qui ressemble à la turquoise. La variscite provient d’Espagne et du Portugal. Une hache polie en jadéite a été trouvée en Morbihan dans un alignement de menhirs immergés . La pierre provient des Alpes italiennes (Viso)

Défricher, couper du bois

Une vitrine avec des outils néolithiques reconstitués raconte que les haches polies expliquent le recul de la forêt défrichée, une faucille de bois et de silex, la culture des céréales.

A l’étage une salle raconte la conquête romaine . En  bataille navale entre les Romains et les Vénètes en baie du Morbihan.

Courses à Carnac

Non loin du musée, autour de l’église de Carnac, sur la place et les rues adjacentes les commerces sont nombreux et très agréables. Boulangerie, boucherie charcuterie où je trouve le pique-nique de midi ; les magasins de vêtements, chaussures sont traditionnels et pas tape-à-l’œil comme à la Trinité. J’aurais tout acheté !

Quiberon

MORBIHAN JUIN 2026

Quiberon : côte sauvvage sous le vent

Guidage au GPS par le Pont de Kerisper, traversée rapide de la Trinité-sur-mer,  de Carnac et Plouharnel. La départementale 768 passe tout droit entre les dunes et le marais. A Saint Pierre de Quiberon nous la quittons pour rejoindre la Côte Sauvage. Grand vent, ciel dégagé, lumière très vive et mer verte très agitée.

De nombreux randonneurs marchent sur le GR qu’on découvre de la route. Dès qu’on aura trouvé le « parking avec vue » je compte bien les rejoindre. Le spot idéal est au Vivier. Deux restaurants, avec le vent, personne en terrasse, à l’arrière, de profonds bassins creusés dans le granite. Peut être ont-ils été utilisés pour stocker des crustacés. Aujourd’hui vides.

Qiberon : souffleur

J’enfile mon ciré, prends mon bâton et suis le GR bien encadré par des fils métalliques. Comme dans tous les sites touristiques (Pointe du Raz, Crozon…) il faut contenir les hordes pour éviter le piétinement et préserver la végétation avec la protection de tapis de chanvre (genre sacs de patates) . Et cela marche bien. Sans être prévenue, je découvre le « trou du souffleur » et fais sdes photos de vagues qui s’élèvent en nuage blanc. Des paquets d’écume jaunâter s’envolent et nous bombardent. Soudain le ciel s’assombrit. Un grain s’abat avec violence, presque de la grêle. En quelques minutes tous les randonneurs sont trempés. Je constate avec plaisir que mon ciré est bien étanche, en revanche ma jupe est trempée. Une chance cette jupe ! elle sèche beaucoup plus rapidement que les pantalons de mes collègues-randonneurs. La pluie m’a stoppée dans mon exploration de la côte sauvage.

Pique-nique de luxe : pinces de tourteaux et crevettes grises.

Quiberon Château Turpeau

Le vent est tombé, le ciel, voilé. Je continue le GR jusqu’au château Turpeau à l’entrée de la ville de Quiberon. De loin, ce « château de la mer » de style anglo-médiéval a belle allure avec ses tourelles effilées qui se profilent. De près, c’est moins bien.

La circulation dans la ville de Quiberon est infernale avec les sens interdits, le stationnement difficile. Nous passons et repassons quatre fois par les mêmes rues, les mêmes places, incapables de s’extraire du circuit imposé. Juste le temps d’acheter un Quatre-quarts breton dans la Maison Riguidel en stationnant devant la Belle-Iloise (prévu pour les clients) sardines de luxe.

Le beau temps est revenu, le GPS nous a tiré du centre-ville, nous découvrons la Grande Plage à l’arrière de la Gare Maritime, bordée de belles villas et d’immeubles modernes. Je laisse mes sandales au pied de la rampe et marche pieds nus sur le sable fin dans la frange d’écume .

Quiberon – dune vers la Pointe de Conguel

Promenade très agréable à la Pointe du Conguel. Voiture garée à l’arrière du complexe de Thalassothérapie et des immeubles Sofitel en face de la Pointe de Goulvars. Le GR est d’abord parallèle à la route. Hors saison, il n’y a pas de circulation . un grand parking se trouve à l’entrée de la promenade très agréable (mais très fréquentée) qui fait le tour de la Pointe de Conguel. Aller dans les dunes sur le flanc sud baigné par l’océan libre. Retour par un petit bois. Une table d’orientation est bien utile pour se repérer, trouver Belle-Ile, la plus grande, Houat et Houedic qu’on devine. Puis les Pointes du Golfe du Morbihan : Locmariaquer, la presqu’île de Rhuys.

Ail sauvage

Requiem pour une République – Thomas Cantaloube

POLAR HISTORIQUE (1959-1961)

Le Bon, la Brute et le Truand dans le Paris du début de la 5ème République, Papon règne à la Préfecture, la Guerre d’Algérie ne veut pas dire son nom, barbouzes et FLN, SAC et OAS. 

C’était une actualité qui parvenait brouillée à mes oreilles de fille de 10 ans. On a fait des provisions quand la menace des généraux félons est parvenue aux ménagères. On a craint les plasticages de l’OAS à cause d’un homonyme qui avait signé le Manifeste des 121 qui a poussé le mauvais goût à résider dans la même rue. Mémoire lointaine que les filtres des historiens n’ont jamais éclairci pour moi. Le livre de Cantaloube remue des souvenirs. 

Un massacre quai Montebello, une famille entière assassinée, est passé hors des radars de la Presse. Facile à imputer à des réglements de comptes entre Algériens, une des victimes étant un avocat algérien. Enquête bâclée, poussière sous le tapis.

Le Bon, c’est Luc, un jeune flic, naïf, chargé de l’affaire, qui ne se contente pas des conclusions de ses supérieurs. La Brute, Sirius Volstrom, homme de main, ancien collabo, chargé par l’adjoint de Papon de faire disparaître l’assassin de l’avocat ; il ne refuse aucune mission même meurtrière pourvu qu’on le paie. Le Truand, Carrega, le bandit corse, ancien résistant, vrai trafiquant, appelé pour faire la lumière sur le massacre du quai Montebello, par un camarade de la Résistance. Roman choral à trois voix, chacun raconte son histoire qui se tresse à celle des deux autres. 

Nous allons croiser Mitterand et être témoin de l’Attentat de l’Observatoire (16 octobre 1959), entendre Michel Debré dans un « discours de mobilisation patriotique » sécurisé par le SAC, voir émerger l’OAS dont j’avais oublié que les initiales signifiaient l’Organisation de l’Armée Secrète, avec ses actions meurtrières, dont le déraillage du train de Vitry-le-François qui a fait 28 morts et 160 blessés, et pour finir la répression sanglante de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961. 

Leçon d’Histoire, dans un thriller très bien mené avec des personnages secondaires bien campés dans un Paris interlope derrière Montmartre, quand roulaient Simca, Dauphine, qu’on faisait poinçonner le ticket de métro en carton.

 

Adam Bede – George Eliot

CHALLENGE LES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

785 pages, lu en 11 jours

Immersion dans la campagne anglaise : village d’Hayslope dans les Middlands, de juin1799 à juin 1807. George Eliot décrit avec minutie et vivacité la vie de cette communauté rurale.

George Eliot présente les personnages dans leur milieu de vie : l’atelier des frères Adam et Seth, charpentiers. La ferme du Manoir, vieille demeure tenue par les Poyser, fermiers prospères avec leurs petits enfants, deux nièces Hetty et Dinah, les servantes, les ouvriers agricoles et bien sûr les animaux. La laiterie  de Mrs Poyser est particulièrement prisée et la jolie Hetty écrème le lait et baratte un beurre réputé. Au presbytère, nous ferons la connaissance du pasteur Irwine, de sa mère très distinguée et de ses soeurs. Le seigneur du village est le vieux chevalier, son petit-fils, le capitaine Arthur  qui va fêter ses 21 ans, s’aprête à prendre la succession et à donner une nouvelle impulsion aux domaines. Au cours des evènements, nous rencontrerons le vieux maître de l’école du soir, Bartle Massey, exigeant et consciencieux,plutôt bougon et mysogine. Sans oublier le jardinier écossais, Mr Craig, et différents villageois…

La vie quotidienne se déroule dans un décor précis, qui changera avec les saisons. Les travaux agricoles rythment la vie du village avec les foins qui doivent être récoltés secs,  les fêtes des moissons qui rassemblent tous les ouvriers agricoles.

Des évènements vont rassembler la communauté villageoise, l’enterrement du père d’Adam et Seth, la fête qu’offrira le capitaine Arthur pour tous les fermiers de son domaine. Les réjouissances sont décrites avec une abondance de détails.

L’action avance peu. L’  intrigue est simple : qui va conquérir le coeur de la jolie Hetty? Adam Bede, timide n’ose pas se déclarer. Il va découvrir qu’Hetty a cédé à la cour que lui a fait Arthur…. Autour de cette histoire d’amour George Eliot nous livre une analyse psychologique très fouillée. A quoi rêve une jeune fille ravissante, que l’autrice compare à une petite chatte? Le destin des trop jolies filles n’est pas simple, (attention spoiler!) je ne vais pas vous priver des surprises ….

Un autre sujet abordé concerne la religion. A côté de l’Eglise Anglicane officielle qui assure la cohésion sociale plutôt qu’une vie spirituelle, se réunissent des dissidents. Méthodistes ou Quakers, avec des prédicateurs inspirés, drainent des foules souvent deshéritées. Dinah, la nièce des Poyser, les fermiers du Manoir, est une prédicatrice convaincue. Malgré sa tenue austère, son chapeau ridicule, elle a beaucoup de charme et même lepasteur anglican, Irwine l’apprécie. Cet aspect de prédication et les références bibliques m’ont un peu ennuyée, il me manque les références culturelles!

J’ai donc découvert avec grand plaisir ce roman villageois.  Par de longs plans-séquences, la lectrice partage la vie de Hayslope sous tous ses aspects. Il faut prendre du temps, se laisser emporter, par un voyage à petite vitesse.