Hacienda Baru : Birding

CARNET DU COSTA RICA

Tanager (pris à Pedacito de cielo)

Hacienda Baru est accessoirement un hôtel, c’est surtout une réserve biologique avec un centre de recherches et des activités autour de la faune : promenades commentées, birdwatching.

Lorsque je me suis inscrite à une promenade guidée? J’ai demandé la promenade en forêt, mais comme il faut au moins être deux, on m’a fait rejoindre deux Canadiens inscrits pour l’observation des oiseaux. Ils reviennent pour la seconde fois, connaissent le guide, et surtout, sont des spécialistes.Nombreux oiseaux hivernent au Costa Rica mais nichent au Canada, ils leur sont donc familiers.

La promenade commence dans l’allée de l’hôtel et je suis saisie de doute. Ces gens ne jouent pas dans la même série que moi.  Je risque de m’ennuyer et de les retarder dans leurs observations. Et puis, la promenade guidée est chère.

Je me suis laissé prendre au jeu même si je sais que je ne retiendrai rien des noms et des caractéristiques des oiseaux. Même si, je prendrai aucune photo. Je progresse un peu dans le repérage des oiseaux : ici, une branche qui bouge, là, un craquement. Aussi dans la description des caractéristiques : couleur de la tête ou de la gorge. Tant d’oiseaux sont jaunes ou bruns !

J’ai surtout apprécié la rencontre avec le couple de Canadiens et avec Deiber, le guide. J’avais été choquée à Pedacito de Cielo par la goujaterie de certains photographes, leur égoïsme : « moi et ma photo » – « moi et mon oiseau ». Ces trois-là, prennent leur temps pour bavarder, partager des histoires, demander des nouvelles des études de Deiber, de ses projets. Bien sûr, ils parlent aussi matériel, objectifs, boîtiers…La promenade se fait dans une agréable convivialité et pas seulement avec compétence et professionnalisme comme tous les guides-naturalistes que j’ai rencontrés.

A Hacienda Baru, on ne nourrit pas les animaux. En revanche l’arrosage des arbres les regroupe. Nous passons un long moment à voir les oiseaux « se baigner » .

Deiber siffle un Wren ( en français roitelet ou troglodyte )qui lui répond. Selon Deiber, il est inutile de perdre son temps à les chercher dans la forêt touffue, ce sont de très petits oiseaux discrets. Mais ils sont aussi curieux, de voir ce concurrent siffleur ? Un dialogue s’établit, l’oiseau répond, s’approche. On finira par le deviner caché dans les feuilles d’un buisson. Les guides ne sont pas censés interagir avec les animaux. Deiber est particulièrement doué pour siffler. Je lui demande s’il imite les oiseaux depuis son enfance. « Non ! gamin il sifflotait mais pas les chants d’oiseaux ». Il a suivi des cours de « Birding » lors de sa formation de guide et a appris les chants. Il sait aussi où trouver les oiseaux. Il les repère au cours des promenade et les retrouve toujours aux mêmes endroits. Il nous montre un très joli oiseau orange le Manakin qui est souvent dans la même clairière. Les colibris ne trouvent que peu de fleurs à butiner ; ils se nourrissent donc d’insectes.

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Nous rencontrons une autre famille de capucins, pas très actifs. Perchés au sommet d’un arbre, ils font la sieste.

A la fin de la balade, nous ne nous séparons pas comme aux autres visites. Deiber apporte une assiette de tranches de pastèques rafraîchissantes et nous bavardons. Deiber attend la réponse du Ministère de la Justice qui doit l’embaucher comme juriste administratif, suite logique de ses études de Droit. Il ne quitte pas le « birding » sans regrets, il aime la vie en plein air, le contact avec les clients et surtout, les oiseaux. Il rêve de créer sa propre entreprise sur les terres de son père plantée en vergers. Recevoir des touristes, leur offrir un repas, une promenade et observer es oiseaux. Mais pour l’instant il attend son emploi de bureau. Il prend nos adresses mails pour nous envoyer la liste des oiseaux que nous avons rencontrés ce matin (26) . Denis fait remarquer que Francophones et Anglophones ne s’attachent pas aux mêmes caractères morphologiques pour nommer les oiseaux.  Je radote mon antienne que le nom latin arrangerait tout le monde.

Je reçois la liste que je copie ici :

1 Inca Dove
1 Colombe rousse
1 Ermite de Rucker
1 à couronne pourpre de fée
1 Blue-gorge Goldentail
1 White Hawk
1-Pivert couronne rouge
1 Antshrike à capuchon noir
Une cale à bec Woodcreeper
1 gui Tyrannulet
1 Bateau à bec Moucherolle
1 Gobemouche sociale
1 Piratic Moucherolle
1 col montant orange Manakin
1 Philadelphia Vireo
1 Grive fauve
1 couronne jaune Euphonia
1 Spot-couronné Euphonia
2 Paruline
3 Paruline à flancs marron
1 Scarlet croupion Tangara
1 Palm Tanager
1 Tangara d’or à capuchon
1 Dacnis bleu
1 à pattes rouges Honeycreeper
1 Bananaquit

Nombre de Taxons : 26

Après la balade, il fait bien chaud (33°C). Hier j’ai pris des coups de soleil à la plage. La Biafine a eu un effet souverain mais je ne souhaite pas renouveler l’expérience. Je me baigne dans la piscine en T-shirt.

Vers 13h, nous retournons déjeuner à Matapalo. En vacances, même très lointaines, nous aimons bien cultiver quelques habitudes, nous approprier des lieux familiers. Nous reprenons le menu pizza/casado. On rapporte la demi-pizza pour le soir avec un yaourt.

Retour aussi à Dominical et Dominicalito en fin d’après-midi. Il faut d’abord trouver un distributeur de billets. En prenant la première entrée à Dominical, juste après le pont sur la rivière Baru nous découvrons un quartier plus chic avec une boutique « organic » qui vend des produits bio de luxe, des restaurants, et le distributeur. La piste continue le long de la rivière. Cela modifie notre opinion sur Dominical.

A la plage de Dominicalito Dominique retrouve son banc entre deux cocotiers. Je marche sur le bord de la plage avec l’intention de me baigner. Je ne suis pas seule. Je marhe dans l’eau à mi-mollet, la vague vient mouiller le bas de la robe de plage. L’eau est tiède, la vague n’est pas méchante. Une surfeuse sur une grande planche arrive à se lever pendant que son mari la filme. Les autres restent couchés sur les petites planches.

Les nuages se sont accumulés, le devient grise. Aurons-nous un coucher de soleil ? Plus beau que celui d’hier ? Impossible. Voire, le disque solaire surgit sous la bande grise et inonde tout le ciel d’orange. Les reflets deviennent plus brillants. Gris et orangé, c’est tout à fait spectaculaire.

 

Dernières longueurs dans la piscine dont on a allumé l’éclairage. Je nage sur le dos pour surveiller le vol des chauve-souris. Dernière soirée dans le rocking-chair de l’entrée ; je me suis attachée au bungalow !

El Verdugo/L’élixir de longue vie – Balzac

LECTURE COMMUNE : Balzac

Deux longues nouvelles, contes, courts romans, publiés tous deux en 1830, se déroulant en Espagne, toutes les deux sur le thème de de la mort du père. Assez loin du réalisme de la Comédie Humaine, plutôt dans le domaine fantastique.

El Verdugo, publié dans les Souvenirs Soldatesques se déroule pendant les Guerres Napoléoniennes en Espagne. Massacres, scènes sanguinolentes. Heureusement c’est court; mais je n’ai pas trop accroché.

L’Elixir de longue vie est beaucoup plus complexe.

Il se déroule selon deux parties, la première Festin raconte la mort du père de Don Juan Belvito, mort souhaitée par Don Juan qui est pressé d’hériter. Fils tardif, il est pourtant choyé et son père lui passe tous ses écarts.

« Jamais sur terre un père si commode ne s’était rencontré! »

Le père a découvert un moyen de ressusciter : un flacon de cristal qui contient un élixir : L’élixir de longue vie qui a donné son nom au livre.

Que va faire Don Juan? A vous de lire!

« Pour les négociants, le monde est un ballot, ou une masse de billets en circulation ; pour la plupart des jeunes gens, c’est une femme ; pour quelques femmes, c’est un homme ; pour certains esprits, c’est un salon, une coterie, un quartier, une ville ; mais pour don Juan, l’univers était – lui! »

Dans la seconde partie, en Espagne, Don Juan a épousé Dona Elvire. Cela ne vous rappelle rien? Le ton change, les allusions à la littérature sont jubilatoires. Jubilatoires aussi les blasphèmes et la scène grand-guignolesque que je ne veux pas vous dévoiler.

Un Balzac romantique? Sûrement!

 

Merci aux copines qui m’ont incité à lire cette nouvelle. Lue avec du retard. Lire Maggie et Cleanthe

Hacienda Baru, Dominical, Dominicalito

CARNET DU COSTA RICA

Les oiseaux sonnent le réveil à 5h42, juste avant le lever du soleil.

De 6 à 7 h Birdwatching dans les allées d’Hacienda Baru. Un guide naturaliste plante le scope et cherche les oiseaux perchés dans les arbres. Le guide est jeune, fin, beau comme une fille avec des yeux en amande et des cheveux bouclés relevés en chignon.

Ici on n’attire pas les oiseaux avec des bananes. Vient qui veut. Ou ne vient pas. C’est une Réserve Biologique. On n’interfère pas dans le comportement naturel des animaux.

Deux petits perroquets verts sont perchés très haut. Il n’y en pas de rouge ici. Il y a des toucans mais pas ce matin. Ils sont occupés ailleurs. En revanche un pic à tête rouge a creusé son nid. Une tourterelle a le même chant agaçant que les tourterelles européennes mais elle est plus petite et a un bien plus beau plumage.

Hacienda Baru

Je  peine à retenir le nom de tous les petits oiseaux : Euphonia jaune (organiste m’apprend wikipedia), tanager en anglais tangara ou calliste en français, noir et rouge, colibris. La sécheresse sévit depuis deux semaines il n’a pas plu, et pendant deux mois avant. Pour que les plantes décoratives de l’hôtel ne meurent pas on les arrose. Le tuyau est perché dans un arbre, il en sort un très fin jet de gouttelettes qui fait le bonheur des petits oiseaux. Chacun à son tour prend une douche. Trois américaines se joignent à nous, munies de grosses jumelles d’un appareil photo avec téléobjectif puissant et du livres Birds in Costa Rica. Avec mes petites jumelles, je suis la touriste et ne vois pas grand-chose. C’est tout un apprentissage que de repérer un petit oiseau vert dans des feuilles vertes. A peine l’ai-je dans l’oculaire qu’il s’envole « se fue » est la phrase en Espagnol que j’ai prononcée le plus souvent depuis mon arrivée au Costa Rica. Pour la photo, pire encore. Ornithologiste est un métier que je n’ai pas appris. En vieillissant, je vois de moins en moins clair. Sans parler des lunettes que j’ai cassées dans l’avion. Heureusement, j’avais pris les lunettes de lectures ; mais pour les oiseaux, cela ne vaut rien. Les guides repèrent les oiseaux à l’ouuïe qu’à la vue. Il connaissent les chants, savent où chercher, et trouvent !

Petit déjeuner-buffet. Rien à dire !

La Réserve Hacienda Baru a tracé de beaux sentiers bien propres avec des panneaux explicatifs pour les promeneurs individuels. Le sentier « pizote »(coati) et « saino »(pécari) peuvent se combiner pour une belle boucle de 5 km en sous-bois. Je me promène à l’ombre par une température idéale. Evidemment, je passe à côté d’énormément de choses qu’un guide m’aurait expliquées. La Réserve a été crée en 1976 sur un terrain largement déboisé par les agriculteurs. On se promène en partie dans la forêt Primaire qui subsistait. Je ne verrai pas les jaguars et autres félins recensés ; j’aurais bien aimé voir le tatou mais il est nocturne. Iguanes et agoutis se promènent librement entre les bungalows comme des animaux familiers.

Je me promène avec une impression de sécurité sur les sentiers balayés ; les bêtes dangereuses se cachent peut-être dans les broussailles, peu de chances qu’elles en sortent. Ficus et palmiers font une ombre assez dense pour garantir la pénombre. Pénombre bruyante : cigales et oiseaux se font concurrence dans les « bruits de la jungle ».

On raconte que le ceibo – le grand kapokier – dépassait toutes les cimes des arbres et se voyait de la mer ; Il a donné son nom au secteur. Le restaurant et la station-service perpétuent son souvenir. Une tempête l’a abattu. D’autres kapokiers poussent mais aucun n’est aussi haut.

Un guide montre à un groupe de touristes le Grand Potoo, (Nyctibius Grandis) au Grand Ibijau, sorte de hibou nocturne qui se camoufle en ressemblant à une branche cassée.

Cette agréable promenade se termine par  la rencontre avec les Singes capucins à face blanche.

Il y a quelques temps, les hommes ont contaminé les primates avec la fièvre jaune qui a exterminé les singes hurleurs de la région. Seuls les capucins sont revenus. Six familles ont colonisé la Réserve. Le groupe qui est apparu est peu nombreux : 4 ou 5       adultes et un bébé. Curieux de ma présence, ils se sont rapprochés. Nous nous sommes mutuellement regardés. Puis ils sont retournés à leurs occupations dans les branches hautes.

La plage

10 minutes par la piste à l’ombre, 2×20 minutes de marche les pieds dans l’eau sur une plage extraordinairement propre. Est-ce le résultat de la campagne de panneaux et d’affiches contre l’abandon d’ordures sur les plages « même les déchets de coco », le tri sélectif proposé partout, ou la faible densité humaine ? Je profite bien de la balade et rentre un peu après midi.

Dominical et Dominicalito

dominicalito

Pas question de déjeuner au restaurant de la Hacienda ! Nous avons de visiter Dominical réputé pour ses vagues, un spot de surf attirant les surfeurs du monde entier. Sur la route, Dominical est très mal indiqué. Nous nous attendions à voir une station balnéaire, une petite ville. On ne voit rien. Du côté de la montagne on devine sous les arbres des villas dispersées ; en contre-bas de la route pas grand-chose, deux resorts. Quelques centaines de mètre plus loin, nous avons dépassé et arrivons à la petite plage de Dominicalito qui est une charmante anse bordée de cocotiers bornée à chaque extrémité par des rochers hérissés de cocotiers et même une petite île. Ainsi abritée, la plage est tranquille sans les grandes vagues de Dominical. A l’arrière une lagune avec des hérons, des aigrettes et des cormorans. Sur la plage une troupe de vautours qui se repaissent de restes de poissons laissés par les pêcheurs. Les barques et les cabanes sont cachées sous les arbres. Sur la plage il y a aussi des limicoles qui ressemblent à des courlis.

En dehors d’une série de hutte où l’on propose des pipas (cocos) il n’y a pas de restaurant acceptable selon nos standards (une échoppe propose des sandwiches mais il n’y a pas de frigo). Nous reviendrons à Dominicalito. Mais l’urgence est de trouver de quoi manger !

La route de la plage de Dominical est bordée d’une sorte de marché hippie avec des fripes, paréos, pantalons de batik, sarouels et étoles aux motifs indiens. On vend également des bijoux artisanaux, pierres montées sur des lanières de cuir ou des ficelles. Surfs d’occasion. Sur la plage il y a tout un campement de tentes rondes Décathlon comme celles des migrants à Paris. Ce campement « déshérité » est peuplé par les surfeurs qui n’ont rien en commun avec Brice de Nice. Hippies de tout âge, dreadlocks ou chignons sur le haut du crâne, tatouages, piercings…On imaginerait un parfum de marie-jeanne, mais non ! nous sommes au Costa Rica, pays où il faut se cacher pour fumer et même pour vapoter.

Où mangent donc ces gens ? Un seul restaurant sur la plage et un seul plat au menu : ailes de poulet frites. Cher ! Nous n’avons pas envie de ces ailes ruineuses. Je trouve enfin un supermarché et achète un Fanta bien chimique en bouteille géante de 2.5 L (heureusement que nous avons un grand frigo !

Nous décidons de retourner à Matapalo au restaurant A Kachete où nous avons mangé hier ; Au moins nous ne serons pas déçues !Hamburgers pour changer. Pour dîner des yaourts.

Au coucher du soleil, nous sommes retournées à Dominicalito : couleurs somptueuses. Dominque fait photo sur photo, toutes aussi réussies.

Nada queda sino nuestra ternura

J’aime qu’un film me transporte très loin dans l’inconnu , et le dépaysement fut total!

Sébastien est un ami qui a fondé Voix Nomades où mon premier blog fut hébergé et qui était une communauté chaleureuse que j’ai quitté à regrets.J’ai suivi de loin ses explorations andines et j’ai beaucoup aimé son livre chez Transboréal : L’Appel de la Route ainsi que son premier film La Voix des Andes.

Nada queda sino nuestra ternura met en scène des Indiens après les « violences  » : guérilla entre le Sentier Lumineux et les forces armées régulières – ou plutôt des femmes victimes de cette guerre. 
Ni le réalisateur, ni les femmes ne prennent parti clairement pour les « terroristes » ou pour les forces gouvernementales. Elles fuient la violence, les fusillades, et semblent victimes involontaires d’enjeux qu’elles ne saisissent pas. Pour elles, il n’y a que fuites, massacres, charniers et destructions. Pourtant nous ne les voyons jamais abattues. pour se donner du courage elles chantent.

Il y a beaucoup de musique  dans ce film. Chants de révolte. Folklore mais pas que, le rocker ancien policier, chante une musique électrique. 



Il y a beaucoup de pauvreté, beaucoup de souffrance et toujours la dignité de gens debout qui marchent, franchissent des ponts sur des abîmes, voyagent, s’entraident. 

Beaucoup d’émotion

Il me faudrait me documenter davantage pour tout comprendre. Mais ce n’est pas nécessaire pour apprécier ce film sensible et si beau. 

Merci Sébastien!

Vers le Pacifique! arrivée à Hacienda Baru

CARNETS DU COSTA RICA

Monteverde : forêt des nuages

Les arbres de la Forêt Nuageuse se secouent furieusement, les nuages baignent les cimes. Le vent se déchaîne. L’averse est drue.

Après l’averse, nous traversons Monteverde et Santa Elena sur la route goudronnée. Au bout du village c’est la piste, bien entretenue et très fréquentée. Dès la sortie de Monteverde, nous découvrons le Pacifique enserré dans la baie étroite de la Péninsule de Nicoya. Le versant Ouest contraste avec la verte forêt. Peu ou pas de grands arbres, une végétation de pelouse sèche et rase. Quelques maisons dans les creux. La piste est creusée dans le tuf gris clair. Quelques gros blocs sont inclus. Quel volcan a craché de tels amas de cendres ?

vue sur le Pacifique!

 

Minibus, camions, autocars soulèvent la poussière. Un village construit dans une épingle à cheveu en est tout poudré. Au bas de la piste, nous retrouvons la verdure et les premières grosses bourgades sur une bonne route que nous croyons être la Panaméricaine. Un seul panneau indicateur : Libéria. Libéria est au nord, nous nous dirigeons vers le sud logiquement, faisons demi-tour. Aboutissons en pleine campagne dans un hameau parcouru de chemin de terre. Perdues ! j’entre les coordonnées GPS de notre destination finale ; madame GPS avec son accent québécois nous renvoie sur la route que nous avons quittée.

le grand Ouest!

Ici, de l’élevage : des cowboys, de grands ranchos, des affiches pour des corridas et des rodéos. Certains arbres forment des parapluies de dimensions impressionnantes. Le sol est sec, nous n’avons parcouru qu’une trentaine de kilomètre et découvrons une nouvelle géographie.

La Panaméricaine est un peu plus loin. Les très gros camions forment deux files séparées par une double ligne jaune. Impossible de les doubler ; le réceptif de l’Agence nous a prévenue : « dans la montagne vous n’aurez pas envie de faire de la vitesse. Soyez vigilantes quand vous serez sur cette route. Respectez bien les limites de vitesse à 80 km/h hors agglomération (40 km dans les villages et même 25 près des écoles).

Enfin, nous touchons la côte Pacifique à Caldera qui est un port. La plage n’est pas très attirante mais il y a un grand parking qui permet de faire une pause après la conduite stressante. Je fais mes premiers pas dans le Pacifique devant des piles de containers.

Premiers pas sur la plage du Pacifique!

La route qui longe le littoral est bien passante aussi. Nous sommes pressées d’arriver. Nous passons Jaco et Queipos. Vers 13h30, nous sommes près du but et cherchons une plage e un restaurant. La route traverse des plantations de palmiers à huile. Monoculture monotone. Véritables usines que ces raffineries que je n’ai pas envie d’appeler huileries comme pour l’huile d’olive. Cultures industrielles d’une part, Parcs et Réserves biologiques, de l’autre. Avant de décerner un brevet d’écologie, il faudrait connaitre la proportion des unes et des autres. Après Jaco, sur une plage bordée de cocotiers, nous découvrons 7 magnifiques macawperroquets rouges.

Perroquets rouges

Matapalo

La mer se trouve derrière les palmeraies mais en dehors des chemins agricoles il n’y a aucun accès à la plage avant Matapalo, le dernier village avant d’arriver. Le restaurant A Kachete  qui sert aussi bien des plats traditionnels que pizzas et hamburgers. Nous sommes bien accueillies, la pizza pequena est plutôt medium – excellente. Le casado est bien servi.

Hacienda Baru

Hacienda Baru : notre bungalow

L’Hôtel composé de bungalows est situé à l’intérieur d’une Réserve biologique privée qui s’étend dans la forêt, la montagne et jusqu’au fleuve Baru qui débouche dans le Pacifique à Dominical.

Notre bungalow n°21 est adossé à trois autres. En bois peint, vert à l’extérieur, bois verni à l’intérieur. Son plan est assez original : une grande chambre en L autour de la salle d’eau. Nous disposons d’une kitchenette avec cafetière, réfrigérateur, deux grands ventilateurs au plafond. Cette armada de ventilateurs est nécessaire : il fait 33°C, à Monteverde ce matin 16°C. nous ne sommes pas préparée à la grosse chaleur. De gros volets de bois arrêtent les rayons du soleil. Toutes les fenêtres sont grillagées de moustiquaires. La porte s’ouvre par un pan coupé sur un petit salon avec deux fauteuils à bascule e, cuir et un support pour deux parapluies. Cette entrée est charmante. En face : une grande et belle piscine dans un jardin fleuri d’hibiscus, héliconias, crotons et beaux arbres.

Tout juste installées, je me précipite à la piscine pour me rafraîchir. C’est raté ! l’eau est plus chaude que dans une baignoire. Pas de fraîcheur mais cela détend et fait un bien fou à mon poignet douloureux.

A La plage

17h, je vais à la plage par une piste ombragée et découvre la plus belle plage vierge qui soit. Pas une installation, pas un bateau, à peine une cabane de feuille de palmiers, quelques troncs échoués. Du sable fin, battu par une belle vague. Sur des kilomètres ! Des panneaux préviennent : attention courants dangereux. Je marche, les pieds dans l’écume. La plage est bordée d’arbres à grande feuilles rondes. Un autre panneau explique que ces arbres sont de meilleurs gardiens de l’érosion que les cocotiers plantés. Personne ne se baigne sauf une fille assise dans l’eau qui tente de rafraîchir son chien. Moins chaude que l’eau de la piscine, mais tiède. Le soleil se couche à 17h45, j’ai peur de rentre dans le noir. En ménageant des courants d’air, la température du bungalow est maintenant supportable.

19h30 : nous dînons au restaurant de l’hôtel el Ceibo. Pas de menu, c’est à la carte et cher. Comme nous avons bien mangé à midi nous commandons le plus simple : des pâtes au beurre et à l’ail et une salade César. Dans la Salade César, des croûtons de pain, très peu de poulet, ni sauce césar, ni parmesan de la salade verte en abondance. Pâtes infectes. Lot de consolation : on peut consulter les mails. On ne renouvellera pas l’expérience.

Dans le faisceau des vivants – Valérie Zenatti



Valérie Zenatti est la traductrice d’Aharon Appelfeld – écrivain israélien majeur dont j’ai lu avec grand bonheur plusieurs ouvrages (Les Partisans, Tsili, Le garçon qui voulait dormir….).
Dans le Faisceau des vivants paru en janvier 2019, est un récit très personnel qui raconte comment elle a vécu la courte période, 45 jours, séparant l’annonce du décès de l’écrivain début janvier et le 16 janvier – jour où il aurait eu 86 ans. Livre de deuil. Livre délicat et sensible. Evocation très personnelle d’Aharon Appelfeld dont la voix résonne encore. Valérie Zenatti traduit des vidéos anciennes, des interviews…elle cite abondamment des textes qui la touchent, réécoute son répondeur téléphonique…et fait le voyage jusqu’à Cernowitz, lieu de naissance d’Appelfeld, pour trouver lieux de son enfance et de son inspiration.
Ce n’est pas une biographie de l’écrivain, et j’en suis satisfaite. Les livres d’Appelfeld puisent tant dans sa vie qu’une paraphrase eût été inutile. Je suis souvent frustrée par les écrits comme Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik ou certaines biographies comme celle de Duras par Laure Adler, pourtant excellente. Je préfère les mots de l’auteur.
J’attendais plus de détails sur le travail de traductrice. La traduction m’intéresse. Traduction/trahison ? ou au contraire intimité avec l’auteur ? Je reste sur ma faim. Mais ce n’était pas le propos. Ce n’était pas le moment. La perte était trop récente.










Monteverde : à la poursuite du Quetzal

CARNETS DU COSTA RICA

La Réserve biologique de Monteverde:

Il faut arriver dès l’ouverture à 7h pour acheter le ticket (20$).

Maurizio, le guide, place la promenade sous le signe du Quetzal, roi des oiseaux, l’oiseau mythique des Aztèques, équivalent américain du Simorgh persan de la Conférence des oiseaux. A l’entrée du Parc, Maurizio nous fait prendre un chemin latéral, nous fait taire, marcher silencieusement en courbant le dos : hommage au quetzal perché sur une branche, un magnifique mâle avec ses deux longues plumes qui dépassent la queue formant une sorte de traîne. Dans la pénombre de la forêt, on distingue le rouge de son poitrail, et on reconnaît la silhouette mythique. Chacun veut immortaliser la rencontre. Il y a si peu de lumière, il ne faut pas s’approcher ni déclencher le flash de peur de l’effrayer. Ma photo  de cette rencontre magique sera floue!

Le Quetzal appartient à la famille des trogons que nous avons rencontré à Boca Tapada. Le Quetzal ne vit que dans les montagnes, dans la Forêt de nuages : il se nourrit sur les avocatiers géants qui poussent dans cette forêt. Ce ne sont pas les gros avocats que nous mangeons. Les fruits sont petits. L’oiseau mange le fruit entier et régurgite le noyau qui a subi dans son estomac une première étape préparant la germination. Les fruits qui tombent seuls au sol ont moins de chance de donner un nouvel avocatier.

La Forêt des nuages

Fougères arborescentes, mousses épiphytes

La forêt des nuages est un écosystème particulier résultant de la combinaison de deux phénomènes : le relief élevé (1400m) et la présence des nuages venant de l’Atlantique (plus chaud) et du Pacifique (plus froid). La résultante est une brume qui baigne la forêt.  Caractéristique de cette hygrométrie, le nombre considérable de plantes épiphytes qui bénéficient non seulement de l’eau mais aussi des nutriments nécessaires à leur croissance. Bromélias et orchidées sont les épiphytes les plus notables ;  il existe aussi des hémi-épiphytes, et des parasites et lianes de toutes espèces, mousses et fougères.  Cependant cet équilibre est menacé par le réchauffement climatique : si les eaux des océans se réchauffent, les nuages s’élèveront plus haut et la brume permanente sera située à une autre altitude. Peut être que dans 50 ans il n’y aura plus de Forêt des nuages à Monteverde. Autre menace : la pollution. L’air nourrit les plantes épiphytes mais la pollution apportée par l’air est une menace aussi bien pour les végétaux que pour les batraciens. Déjà, le Crapaud doré est éteint.

Pont suspendu

Les éleveurs de Monteverde ont défriché, il y a environ 75 ans la forêt. Maintenant que la forêt est protégée, on replante. Une partie de la forêt de la Réserve biologique est constituée de Forêt Primaire avec des arbres séculaires immenses, une autre partie à une forêt secondaire, replantée. Il est difficile d’évaluer l’âge des arbres : en l’absence de saisons marquées, la croissance est régulière et on ne peut pas compter les stries concentriques comme pour les arbres qui poussent dans des saisons contrastées. Les grands arbres sont aussi fragilisés par l’énorme masse d’eau contenue dans les mousses, fougères et épiphytes. Ils ont tendance à s’écrouler. Parmi les plus grands, on trouve les figuiers étrangleurs au diamètre du tronc énorme. Quant aux lianes qui relient deux arbres, leur croissance est si lente que, seuls les arbres de la forêt primaire, en porteraient. On distingue les vraies lianes et les « vines » (en anglais, j’ai cherché sans succès sur Internet la nuance en français), les « vines » pousseraient plus rapidement.

végétaux

Arbre géant surchargé d’épiphytes mousses…

Au cours de la promenade, Maurizio nous montre quelques végétaux intéressants tomatillos : solanacées sauvages aux minuscules fruits orange (à ne pas confondre avec les physalis qu’on appelle aussi tomatillos verde).

Le cœur de palmier provient d’un palmier sauvage dont on coupait le sommet (avant qu’il ne soit dans le parc où tout prélèvement est interdit). C’était, selon le guide, une tradition pascale. D’après lui, les Costariciens mangent plus volontiers de la viande sauf pendant le Carême.

Il existe aussi dans la forêt des plants de caféiers sauvages. Ici on cultive l’arabica originaire d’Afrique et non pas les espèces endémiques.

Mais cette promenade est surtout ornithologique. Nous marchons le plus silencieusement possible, écoutons chants et appels des oiseaux pour essayer de les localiser. Maurizio imite le chant du Quetzal , il l’appelle. Parmi tous les bruits de la jungle, nous avons appris à le reconnaître. Se guidant à l’oreille, Maurizio nous conduit sur la piste d’autres Quetzals. Nous avons l’immense plaisir d’en apercevoir deux près d’un pont suspendu : une femelle perchée plus haut, et un mâle. Selon le guide, ce n’est pas un  couple ; le jeune mâle est trop pâle pour attirer une femelle adulte qui choisira plutôt un mâle aux couleurs vives.

Un cri métallique se reconnait : nous ne trouverons pas ce joueur de guimbarde : le » Bell-bird » ((Procnias tricarunculatus), il est quelque part tout proche mais bien caché dans le feuillage.

Un petit trogon se montre furtivement.

Des toucanets mangent des fruits et jettent les noyaux sur nos têtes. Il vaut mieux ne pas s’attarder. La forêt de nuages n’abrite pas de grands toucans mais seulement ces petits.

Grand vacarme chez les petits oiseaux que Maurizio interprète comme la probable arrivée d’un serpent qu’évidemment nous ne voyons pas même en cherchant bien.

colibri au jardin des colibris

Les colibris sont fascinants avec leurs couleurs métalliques, leur vol stationnaire et leur fin bec. Nous en voyons beaucoup ? A chacun, Maurizio énonce le nom que je suis incapable de retenir. La promenade s’achève au Jardin des Colibris : une guinguette perchée à l’entrée du parc. Des abreuvoirs d’eau sucrée ont été suspendus à l’intention des colibris qui viennent butiner. Là, commence la frustrante entreprise de les photographier !

Retour à la civilisation : le guichet automatique délivre sans problèmes les colons, au supermarché nous achetons des yaourts pour dîner je trouve facilement la poste et des cartes postales. Qu’allons nous faire de l’heure qui nous sépare du déjeuner?

La voiture va régler cette question. Batterie à plat . Nouvelle voiture, panne similaire. Pourtant elle avait beaucoup roulé hier, et ce matin. Nous n’avions pas allumé les phares. Nous avions vérifié que les portes étaient bien toutes fermées. Nous n’allons pas rappeler Toyota une nouvelle fois, ils vont nous trouver négligentes. Dans la première voiture, il y avait des câbles avec des pinces mais pas dans celle-ci. Il faudrait trouver quelqu’un assez aimable pour nous faire démarrer. Les commerçants du centre commercial sont gentils mais ils répètent le refrain de Linda Vista « Si ce n’était pas une automatique… »En effet avec deux ou trois hommes vaillants et la belle pente, on aurait démarré en seconde. Autre temps, autres mœurs…Un taxi a tout ce qu’il faut mais il fait remarquer « mon taxi a un ordinateur embarqué, votre voiture aussi, nous risquons de faire sauter l’électronique … ». Il réussit à regonfler la batterie en deux minutes. Je lui demande combien je lui dois. Il fixe son prix « 10$ » »en colones ? « Il se contente de 5000c.

Il faut faire rouler la voiture pour recharger la batterie. nous n’arrivons au restaurant Open kitchen qu’une heure plus tard et essayons d’autres spécialités : ceviche pour moi aubergines grillées pour Dominique. Le ceviche d’Open kitchen est plutôt une salade de feuilles vertes inconnues (entre épinards et roquette) des cubes de mangue et des oignons rouge finement ciselés. Très frais. L’aubergine grillée est napée de tehina aux herbes. Ambiance décontractée. Table de bois clair. Les verres ressemblent plutôt à des bocaux. Les plats sont présentés avec beaucoup de goût. Musique jazzy ou soul. Un curieux monte-charge . Addition très raisonnable.

Nous voulions aller à la Réserve avec le ticket valable toute la journée. Il est trop tard quand nous arrivons.  Nous retournons voir les colibris.