Philae

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Philae : kiosque de Trajan

Philae raconte plusieurs histoires :

Temple d’Isis, il raconte la légende d’Osiris que son frère jaloux Seth enferma dans un sarcophage qui dériva jusqu’à Biblos, en Syrie où Isis le retrouva. Puis il raconte la quête d’Isis quand Osiris fut découpé en 14 morceaux. Quand elle en eut retrouvé 13, Isis fit appel à Anubis, l’embaumeur et à Nephtis la magicienne. Battant des ailes, Isis engendra Horus. Femme amoureuse, fidèle, mère accomplie, Isis sut séduire les Égyptiens mais son culte se répandit jusqu’à Rome.

Temple Ptolémaïque (322 av.  Jc – 33 av JC) le culte d’Isis fut célébré jusqu’à la fin du 4ème siècle. Les pharaons lagides, à al suite de la conquête d’Alexandre, n’étaient pas de pur sang égyptien. Pour se faire accepter du peuple égyptien, le pharaon recourait à un « engendrement divin » par Amon-Ré dans le Mammisi ou chambre de naissance divine.

Hassan, le guide en profite pour montrer les 2 cartouches des pharaons : l’un porte le « nom de naissance » avec le canard et le disque solaire, l’autre le « nom de couronnement » avec l’abeille et le roseau – symbolisant la Haute et la Basse Egypte.

Ce temple fut détruit en 27 avant JC par un séisme. ,

Philae : colonnade des chapiteaux tous différents

Le temple est construit selon le plan traditionnel, colonnade, puis on entre par un pylône dans une cour ouverte, une salle hypostyle précédant le naos.

Sur un rocher une stèle remercie Ptolémée d’avoir privilégié Isis lors d’un conflit entre les prêtres d’Isis et ceux d’Atoum qui revendiquaient également le site.

Philae pylône

Sur le Pylône, les figures martelées du Pharaon portant les couronnes donne à Hassan l’occasion d’une révision des coiffes, de haute Égypte, Basse Egypte et ptolémaïque qui comporte 3 parties.

Philae raconte aussi l’Empire Romain avec les portes de Dioclétien, d’Hadrien et le kiosque de Trajan. Récit également de la fin du paganisme et de la christianisation. Les Chrétiens ont martelé les idoles s’attaquant presque uniquement aux grandes figures du pylône et laissant intacts les décors gravés et els hiéroglyphes. Ils se sont cachés pendant les persécutions romaines. Tout semble un peu confus. Des croix coptes assez discrètes sont disséminées ici et là dans la salle hypostyle.

Philae : autel copte

Une autre histoire est gravée sur les murs de Philae : l’histoire de Bonaparte qui fit graver tout un mur « en l’an 6 de ma République, 13 Messidor…. » une autre inscription : celle des savants qui ont mesuré la longitude et la latitude. Des impacts de balles bien visibles témoignent des combats que Bonaparte livra aux Mamelouks.

Temple d’Hathor déesse de la musique : Bès musicien

Isis n’était pas la seule déesse vénérée à Philae : Hathor est très présente par els colonnes Hathoriques avec la figure de femme aux oreilles de vache. Dans la cour : 7 colonnes hathoriques font référence aux 7 premiers jours de la vie d’un nouveau-né (les plus difficiles). La tradition des 7 jours perdure chez els Musulmans en Egypte. Déesse de l’enfantement, Hathor est aussi déesse de la musique comme on le voit sur les murs du petit temple d’Hathor où l’on reconnait Bès jouant de la harpe, Sekmeth  et un tambour, un singe guitariste, un flûtiste….

philqae : kiosque de Trajan

Le Pavillon de Trajan est une très élégante construction avec ses colonnes portant des chapiteaux tous différents. L’un d’eux est décoré de grappes de raisin. Deux palmiers l’accompagnent. La vue est très belle sur le Nil. Traces aussi des visiteurs du 19ème siècle qui laissaient des graffiti sans aucun respect pour le monument. Un nom, une date, une provenance : les murs lisses mais laissés sans décoration étaient des supports rêvés. « Brauerhors, 1851, Berlin »… »Godefrey Levinge 1833 »

Philae vue du bateau

Avant de rentrer au bateau, une visite est prévue au Palais des Parfums. C’est une boutique, on ne me montrera pas les secrets de fabrication des essences ni des parfums. Après avoir apporté un verre de kerkadé le vendeur me montre des listes d’essences et détaille les pouvoirs médicinaux des végétaux, et les parfums imitant les meilleures marques. Un sel prix 25$, ce qui change, c’est le contenant. De l’essence de menthe ou d’eucalyptus se vendra dans un grand flacon tandis qu’un parfum sera conditionné en petit volume. Le prix est rédhibitoire. J’explique à Hassan qui’l est inutile de perdre notre temps dans les boutiques je sais très bien refuser les offres « la, choukran ! »

Retour à Assouan pour le début de la Croisière

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Les chantiers du désert

Sur la route : un mirage!

Je note les cultures autour d’Abou Simbel, la route fleurie, bordée de palmiers, des vergers d’agrumes. Une flèche indique  le complexe agricole Toshka  ,  El Mostakbal village, . El Salaam village. Sur place, je ne verrai rien de plus que des gros engins d’irrigation. Au retour à Créteil, sur Internet je découvre les projets pharaoniques consistant à dérouter les eaux du lac Nasser vers un lac intérieur Tochka, la création d’une ville nouvelle….Ces projets datent déjà de l’ère Moubarak, une station de pompage pharaonique « Moubarak » a été construite. Le président actuel Sissi a relancé ces initiatives. Malheureusement la documentation que j’ai découverte sur Internet est parcellaire, contradictoire et datée. Le rêve de faire fleurir le désert, d’implanter des millions d’Egyptiens dans cette « Nouvelle vallée » est-il en cours de réalisation ou est-ce un mirage ?

Ville du future ou ville fantôme?

En tout cas, le désert semble bien travaillé par des engins de BTP géants, des camions charriant du matériel de construction ou des gravats circulent, je n’arrive pas à lever l’énigme de ce mur soigneusement construit sur des dizaines de km. Autre énigme pour moi : la ville New Toshka, est-elle habitée ? Evidemment, si nous étions en voyage organisé, peut-être un conférencier nous l’expliquerait. Rien n’est moins sûr. Le guides sont très diserts sur les antiquités pharaoniques et parlent peu du quotidien des Egyptiens, encore moins de leurs dirigeants.

Le lac Nasser et la nouvelle valle :projet Toshka

Arrêt pour admirer un mirage, cela fait de l’effet.

Un vent de sable soulève un rideau jaune. Peut être la poussière des chantiers ? Le désert évoque l’idée de la solitude propice à la méditation. Dans le cas présent ce serait plutôt le contraire. On croirait entendre bourdonner les chantiers ? A intervalles réguliers on voit des tas résultant du travail de gros engins.

L’énorme cimenterie annonce le retour à l’urbanisation.

La croisière sur le Renaissance

Le Renaissance

Notre bateau : Le Renaissance.

Check in : 13h, pour le déjeuner.

Nous sommes très agréablement surprises : le navire est magnifique, bien entretenu. Notre cabine est luxueuse, grande comme une chambre d’hôtel 4 ou 5* avec tout le confort et une large baie vitrée. La salle à manger est encore ouverte le déjeuner-buffet est très appétissant (nous avions gardé un très mauvais souvenir des buffets jordaniens) . On nous attribue une petite table rien que pour nos puisque nous formons un « groupe de 2 ». Nous avons même un guide francophone rien que pour nous !

Croisière cabine et felouque

La croisière a prévu pour nous une « promenade en felouque » qui sera une promenade en bateau à moteur jusqu’à l’île Kitchener un peu décevante si je compare avec celle de Badri.

A 16 heures nous nous installons sur le pont du bateau pour voir le soir tomber, les felouques passer. Conditions idéales pour dessiner et les sujets d’inspiration ne manquent pas !

 

Barrage sur le Nil – Christian Jacq

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Livre catastrophe!

Comme il y a eu des films-catastrophes….aussi comme livre raté…

Je ne m’attendais pas à un livre calamiteux. De Christian Jacq, j’avais bien aimé les policiers qui se déroulaient à Deir el Medineh, le village des artisans . Lus avant de découvrir les tombes peintes j’avais trouvé ces ouvrages une bonne introduction au voyage. La trilogie de Ramsès m’avait aussi rendu lisibles les temples du Ramasseum, de Sethi 1er , de Louxor et de Karnak. Plus tard j’ai lu les ouvrages plus scientifique de Christiane Desroche-Noblecourt . je préfère toujours l’Histoire et les historiens aux romans historiques. Toutefois, cette vulgarisation intelligente et facile m’avait semblé de bonne facture.

Avec le tourisme de masse qui a déserté les rives du Nil, les ouvrages de Christian Jacq ont disparu des étagères….

De retour à Assouan, en prévision de notre excursion à Abou Simbel, j’ai téléchargé ce titre espérant en apprendre sur le barrage et sur le Lac Nasser. Au début, cela commence par un massacre dans un autobus, et puis cela continue par des assassinats, des attentats à n’en plus finir. Grand guignol!

J’avais que l’auteur développerait les études de son « spécialiste du barrage », mais non, ce n’est pas de la vulgarisation scientifique c’est un thriller, très violent, manichéiste, à la morale simpliste. Les méchants sont les islamiste, djihadistes. Les Égyptiens sont tous corrompus. Tout peut s’acheter. Le héros est entouré de traîtres…..

Aucune empathie possible.

Notre héros vient de perdre sa fiancée, la vengeance sera sa seule motivation. Quelle originalité! Il se précipite chez une ancienne maîtresse, puis séduit une troisième. Toutes sont belles, intelligentes….Il va perdre tous ses amis, assassinés à ses côtés et lui, réchappe de peu de nombreuses explosions….

Quelle Egypte détestable! l’auteur n’aime-t-il que les Égyptiens morts il y a 3000 ans, au moins? On se demande comment son héros américain aime l’Egypte telle qu’il la présente.

Policier pour policier, je me délecterai d’Agatha Christie.

L’excursion à Abou Simbel

CARNET ÉGYPTIEN 2019

les Colosses du Grand temple

Hamed a réservé l’excursion dans un minibus qui part avec le convoi de 4 h d’Assouan et qui rentre tôt dans l’après-midi. Le prix est de 30$ pour l’aller-retour. Mais nous avons prévu de passer la nuit à Abou Simbel et avons réservé une chambre par Booking.com à l’hôtel Thuya pour ne rentrer que le lendemain. Comme nous avons la place du retour le jour même, il faut réserver deux excursions chacune ! Ce qui revient alors à 60$ par personne. C’est donc le double du prix prévu mais nous ne le regretterons pas.

3h15, Saïd et Hamed nous accompagnent dans la nuit au bateau de Badri. La nuit est claire avec les étoiles, on met la torche du téléphone mobile pour bien voir où l’on met les pieds. Traversée dans la nuit. Badri navigue très doucement entre les rochers de la 1ère Cataracte. Dès qu’on se trouve en face d’Assouan la ville brille comme un sapin de Noël. Les Egyptiens semblent très friands de guirlandes lumineuses. Les troncs des palmiers de l’Old Cataract sont enguirlandés et se reflètent dans l’eau. Plus loin, une longue bande verte souligne la Corniche, des néons violets et roses illuminent les lampadaires de l’éclairage urbain. La signalisation routière est aussi soulignée d’effets lumineux : le piéton des feux tricolores bouge ses jambes !

Le taxi fait un tour en ville pour collecter les autres excursionnistes. Assouan est une grande ville, 300.000 habitants ? 500.000 ? La démographie égyptienne est tellement galopante que je ne trouve pas de chiffre fiable sur Internet. En dehors de la Corniche touristique, et du souk, Assouan n’est pas particulièrement belle : grands immeubles de ciment mal entretenus. Comme nous avons eu raison de choisir l’Île Eléphantine !

Le taxi charge 6 asiatiques emmitouflés, japonais, coréens ou chinois ? On ne le saura pas. Pas un bonjour non plus. Le véhicule s’immobilise à proximité du check point, le chauffeur et son acolyte sortent fumer. Il fait un froid glacial. Des camions énormes viennent à notre rencontre. Le temps parait très long.

Le soleil se lève dans le désert

On passe la centrale électrique, des guirlandes illuminent le campus de l’Université d’Assouan puis le taxi s’enfonce dans la nuit. Je tombe dans un profond sommeil. Vers 6h, je me réveille dans un désert de sable jaune plat, pas de dunes, à peine quelques traces de pneus. De temps en temps quelques buttes coniques. A droite la ligne Haute tension. Un beau mur de pierres bien maçonné suit la ligne électrique. Rien pour tromper l’ennui du conducteur à part les bandes en relief qui signalent un changement de direction. 6h25, le soleil sort de l‘horizon et éclaire un paysage rocailleux. Il faut rapidement fermer les rideaux pour ne pas être ébloui. Nous passons une sorte de ville fantôme, ce n’est pas un mirage, mais de quoi peuvent donc vivre ses habitants.

Enormes engins d’irrigation, cultures expérimentales, une zone bien verte s’est installée à l’approche de villages. Champs de canne, blé, jardins de fèves, il a même une grande étable. L’idée de faire fleurir le désert me plait.

7h30 : arrivée sur le site d’Abou Simbel, les asiatiques descendent : rendez-vous 9h30. Deux heures pour acheter les tickets, visiter le site et manger un morceau. Le chauffeur nous conduit à l’hôtel Thuya où nous laissons les valises et nous ramène sur le site. Pour nous, toute la journée : un privilège !

Le temple vu de face

Un vieux monsieur – guide francophone – nous pilote et nous donne rendez-vous devant le « mur ».

Grand temple

Une allée fait une grande courbe autour d’une colline. Nous ne découvrons le pylône du grand temple par surprise. Les colosses sont beaucoup plus impressionnants que je ne l’imaginais. Cette première rencontre est un choc ! Quatre Ramsès assis et au milieu Horus qui porte le disque solaire. Aux pieds du pharaon, n’arrivant même pas aux genoux, des femmes, mères, filles ou épouses. Tout au-dessus sous la corniche les babouins sont alignés au pied d’une série de faucons. Cette première visite est polluée par la foule qui se presse. Je suis agacée par les selfies. Chacun pose, mime les gestes de Ramsès. Une horreur !

La salle et les colonnes osiriaques

10h30, le temple m’appartient à moi seule. 8 colosses en Osiris, bras croisés mais barbe bien droite – donc vivant – sont muets mais presque rêveurs avec leurs yeux maquillés. Dans la grande salle, le sujet principal est la bataille de Qadesh racontée sur les deux murs latéraux qui se font face : chars et chevaux sur un fond de hiéroglyphes. Sur le mur qui encadre la porte un gigantesque pharaon tient dans ses mains les têtes des prisonniers.

Au fond du naos, les quatre divinités me regardent. Silence. Moment rare.

dans le naos : quatre statues

Dans les chapelles latérales se répètent les scènes d’offrandes à Horus avec d’infimes variations. Tantôt deux flacons de parfums, puis un encensoir. Enfin la divinité a une tête de bélier : Amon ? Le dieu est assis, pharaon est à genoux, tan tôt brandissant son offrande, des pains…

Le temple de Néfertari

Temple de Nefertari

Le temple de Néfertari est plus petit. Il est dédié à la déesse Hathor. 6 colosses : 3 Ramsès, 3 Néfertari en tenue d’Hathor sont sur la façade. Dans la salle des piliers hathoriques. Le décor est plus fruste moins fourni que dans le grand temple. Il est aussi moins guerrier.

Le lac Nasser est agité de vagues, presque la tempête avec le vent très froid.

le Lac Nasser

Au Centre des Visiteurs : une vidéo raconte le Sauvetage des Temples. Cette opération sous l’égide de l’UNESCO m’impressionne : pharaonique ! 50 nations ont coopéré avec la France au 1er plan.

60 ans plus tard pourrait-on imaginer une telle opération pour sauver un site du Patrimoine de l’Humanité ? On a laissé détruire les bouddhas de Bamyan, la vieille ville d’Alep et même Venise est menacée sans qu’on n’envisage un sauvetage. En visionnant le film, des détails me reviennent comme le lion de Ramsès que je n’avais pas remarqué. Il faudra que je le cherche cette après-midi !

Un militaire nous appelle un taxi pour rentrer à l’hôtel. Il n’y a aucun taxi sur le site. Rien n’est prévu pour les voyageurs individuels. Il y a très peu d’hôtels aussi.

Le restaurant de l’hôtel Thuya

L’hôtel Thuya est le plus proche du site.  D’architecture nubienne, il a une façade colorée, des voûtes nubiennes. Notre chambre est une cellule voûtée de briques rouges aux murs peints de fresques avec le Nil et des felouques. Une grande salle de bain, la clim, télévision. Tout le confort ! Entre le restaurant et les chambres, le petit jardin est bordé de haies de basilic géant d’au moins un mètre de haut.

Tout d’abord : une douche ! Même avec le voile acheté à ‘île Kitchener, mes cheveux ont pris la poussière du désert ils ont une couleur jaune, secs comme de la paille !

Dans la grande salle du restaurant est sous des arcades peintes de rouge et de blanc. Nous commandons le plat- tagine pour moi, poisson pour Dominique et le repas complet est servi : soupe de poisson, salades et tehina, riz et légumes et même un dessert : bananes et pomme découpée à la mandoline en fines tranches.

Une promenade fleurie longe le lac et conduit au site où il n’y a plus personne à l’exception d’un groupe de motards casqués et vêtus de cuir qui fait une courte incursion dans le Grand Temple et ne trouble pas longtemps ma quiétude. Je peux détailler la bataille de Qadesh et trouver le lion.

Nous avons tellement bien déjeuner que des yaourts suffiraient pour dîner. Mais pour les trouver j’ai parcouru au moins 4 kilomètres. Abou Simbel touristique est déserte. Il n’y a ni café ni restaurants encore moins des magasins d’alimentation. Juste des banques et un salon de massage avec une spécialité étonnante en plein désert : massage du visage aux escargots.

A la réception, les garçons sont très sympathiques. Tous diplômés d’université ils se plaignent du manque de perspectives pour les jeunes. Seul le tourisme offre des emplois.

 

 

Le Greco au Grand Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 10 février 2020

Greco Saint Dominique :

Pour moi, le Greco avait peint des hommes au visage allongé, un peu mystérieux, très espagnols….avait peint Tolède… 

Domenikos Theotokopoulos est né en Crète en 1541 et nous avons vu sa maison et la petite église byzantine à Fodele. 

J’ai toujours eu du mal à faire le lien entre Tolède et Fodele. Cette exposition me fait découvrir l’oeuvre et le parcours du peintre

Domenikos Theotokopoulos  a commencé à peindre des icônes et ce n’est pas un hasard s’il se réfère à Saint Luc, le peintre de la Vierge (en Grèce, on a retrouvé tant d’images miraculeuses de la Panaghia peintes par Saint Luc).

Candie, au 16ème siècle,  était vénitienne. Venise, 1567, à l’arrivée du Greco était la ville de Titien, du Tintoret, Veronèse…il devait être difficile de rivaliser avec tant de célébrités. Greco, alors peint des petits formats, de la taille de petites icônes. Sa palette comporte surtout des bruns, quelques taches rouges..>Le triptyque de Modène est un chef d’oeuvre de cet art miniature « penser grand, peindre petit » aurait-il déclaré.

triptyque de Modène

La peinture illumine bientôt ses tableaux. Greco se met à l’Ecole vénitienne…

Annonciation

Le songe de Philippe II (1577) se réfère à la Bataille de Lepante (1571) bataille très espagnole mais aussi très grecque!

 

Grec? Vénitien? Espagnol? Il est aussi passé par Rome où il a vu les œuvres de Michel Ange…

J’avoue, les grandes toiles religieuses m’ont un peu ennuyée. En revanche les portraits sont saisissants de modernité.

Portrait du Cardinal Nino de Guevarra

Je pense au Titien, quelle audace ces lunettes!

Le Saint Martin est très espagnol, on l’utiliserait pour illustrer Don Quichotte! (et oui Cervantes était lui aussi à Lepante!)

Un Saint Martin très espagnol!

Beaucoup de sujets religieux mais pas que….j’ai aimé ces variations sur le souffleur de braises

la fable

Greco travaille à des variation, m’explique-t-on dans l’exposition. Il revient sur des thèmes pendant de longues années comme pour Jesus chassant les marchands du temples qu’il a peint  successivement en 1570- 1575 – 1600 et 1614. La version de 1575 me plait beaucoup avec les 4 marchands dans le coin droit en bas

Jésus chassant les marchands du temple (1575)

La dernière version annonce la Vision de Saint Jean

jésus chassant les marchands du temple

Cette vision de Saint Jean : apocalypse est (pour moi ) une peinture extrêmement moderne, presque contemporaine qui pourrait figurer à côté d’un Picasso ou d’une peinture expressionniste

Vision de Saint Jean 1614

J’ai vraiment découvert Greco que je croyais connaître!

Assouan : promenade en ville et Musée Nubien

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Nubien ou égyptiens?

Aswan nubian house ne prend pas la Carte Bleue. Je pars sur la rive d’en face, en ville trouver un distributeur. Je fais l’expérience du ferry « baladi » populaire : 5 Guinées, quelques minutes. Je trouve une place du côté des femmes, ici on ne se mélange pas.

Le Musée Nubien est construit au-dessus de l’Old Cataract. Ce beau bâtiment de pierre fut dessiné par l’architecte égyptien Mahmoud El Hakim, crée avec l’aide de l’UNESCO dans le cadre du sauvetage des Monuments de Nubie.

Je me souviens bien de la section ethnographique avec les maisons avec de jolies façades -taille réelle -habitées par des mannequins, taille humaine. Les maisons nubiennes étaient des constructions en adobe avec de nombreuses pièces s’ouvrant sur une cour ouverte. Les façades étaient très ornées avec des motifs géométriques ; Le sol était en terre battue.  On a aussi présenté du  matériel d’irrigation : chadouf et saqiya, une école…pour garder le souvenir de toute une région, une culture noyée lors de la mise en eau du Haut barrage. J’avais rencontré des familles nubiennes avec leurs enfants venus retrouver leurs racines.

village nubien reconstitué section ethnographique du musée d’Assouan

Aujourd’hui, je passe plus de temps dans la section historique.

La Préhistoire est bien documentée, souvenirs des chasseurs des jungles du Nil quand abondaient girafes et hippopotames, gazelles et éléphants qu’on voit sur des pétroglyphes gravés dans du grès.

Au Néolithique (Nagada : 4500-4000 av. JC) en plus des silex soigneusement travaillés, des masses circulaires ont été façonnées dans des roches diverses, albâtre ou granite. Je découvre aussi des palettes de schiste pour moudre la galène pour le khôl et la malachite.

De magnifiques poteries fines, lisses brillantes et noires vernissées voisinent avec d’autres gravées. L’élevage et l’agriculture furent introduits par les Nubiens autour de 4000av JC.

Âge des Pyramides :

Je mélange un peu tout, l’histoire de la Nubie et de l’Egypte s’entremêlent. Entre la  1ère Cataracte  (Assouan) et la 2ème les miens d’or et les carrières étaient importants pour les Pharaons égyptiens. Elles étaient parfois annexées à l’Egypte, comme Abou Simbel par Ramsès II. Des royaumes distincts ont coexisté : Kush et Méroé avaient à leur tête des souverains remarquables. Sénousert III construisit une ligne de fort jusqu’à la 3ème Cataracte pour défendre son royaume. Thoutmosis et les Pharaons de la 18ème Dynastie mirent fin au royaume de Koush.

Au 7ème siècle av. JC le Royaume de Méroé est représenté par une série de statues au style bien différencié de celles de l’Égypte même si les thèmes sont analogues.

La maquette de Philae illustre la fin du paganisme : les dernières inscriptions hiéroglyphiques sont datées à Philae 394 après JC alors qu’à Alexandrie, trois ans auparavant le temple de Sérapis avait été détruit par l’évêque Théophile.

Une salle entière est consacrée à la Nubie Chrétienne : un mur porte les fresques de l’église Abdella 10ème siècle, on voit aussi des maquettes d’églises coptes et des échantillons de tissus coptes

La salle de la Nubie islamique raconte l’histoire de la conversion à l’Islam par étapes :

Les premiers contacts (641 -658) ne furent pas décisifs. Un contentieux s’établit à propos des esclaves : ceux qui se convertissaient à l’Islam devenaient des Musulmans libres.

Au 10ème 11ème siècle un émirat fatimide puissant s’établit à Assouan.

Ce n’est qu’avec la conquête ottomane vers 1520 (Soliman le magnifique) que la Nubie devint ottomane alors que l’Egypte l’avait été au 10ème siècle et en 1250 avec les Mamelouks ;

Une section importante est dédiée aux barrages et à l’irrigation :

Les premiers projets remontent au 19ème siècle au règne de Mohamed Ali (1833) ? On divisa l’Egypte en cinq cercles d’irrigation.

Le vieux barrage (1898-1912) est l’œuvre d’un ingénieur britannique Sir William Willicocks. Il faut construit en granite d’Assouan. A l’ouest du vieux barrage fut creusé un canal navigable ?

Le Haut Barrage (1960-1971) 7 km en amont a noyé la Nubie sous le Lac Nasser.

Après la visite au Musée, je rentre par le ferry directement pour profiter du coucher de soleil sur la terrasse. Mais comme le réveil va sonner à 3 herues du matin nous nous couchons tôt vers 20h30.

 

 

Assouan : promenade au fil de l’eau avec Badri

CARNET ÉGYPTIEN 2019

Les rochers de la 1ère cataracte

Il me plait d’écrire « promenade en felouque » mais c’est en bateau à moteur que Badri nous fera faire le tour de l’Île Kitchener, et nous emmènera jusqu’à l’ancien barrage voir els villages nubiens.

Rendez-vous à 8h30 au pied de l’Aswan Nubian House .

Huppe

Deux huppes de posent sur les gros rochers, bon augure pour une promenade à tendance ornithologique !

les palmiers de l’Île Kitchener

Le matin, le Nil se teinte d’or, puis les dunes de la rive occidentale se reflètent dans le miroir d’eau. Nous accostons aux gradins de l’Île Kitchener attendues par les vendeurs de souvenirs. Je trouve l’écharpe blanche légère que je cherche depuis longtemps depuis que mon voile turc s’est déchiré. Bougainvillées fuchsia et orange, fleurissent le débarcadère tandis que les hauts fûts des palmiers forment une haie de colonnes blanches : palmiers royaux de Cuba ou d’autres aux troncs hérissés. Dans les carrés des essences venues du monde entier. Certains arbres sont gigantesques. C’est un endroit calme, apaisant. Sur al rive opposée les Tombes des Nobles se reflètent dans l’eau. On pourrait les visiter mais ce n’est pas prévu ce matin.

les tombes de nobles et les reflets

La suite de la mini-croisière est propose des observations ornithologiques. Le capitaine Badri, un nubien plus très jeune mais polyglotte a appris avec les touristes les noms des oiseaux.

Héron

Il sait où se tiennent les hérons, les aigrettes, les cormorans et même le balbuzard pêcheur (Osprey)Il ralentit l’allure et même coupe le moteur pour approcher les oiseaux et les prendre en photo. Les canards sont nombreux : canards pilet et même une Ouette d’Egypte qui est pour moi un e nouveauté. Je me demandais bien qui était cet anatidé de grosse taille, presque aussi grosse qu’une oie perchée sur son rocher. Avec le smartphone on a une aide à l’identification !

ouette d’Egypte

Très jolis hérons juvéniles et martin-pêcheurs. D’après Badri, les ibis ont disparu ou sont devenus très rares. Nous sommes chanceuses d’en voir un avec son bec caractéristique et son plumage gris foncé presque noir (falcinelle ou ibis noir ?).

Le bateau se faufile entre les rochers ronds de la première cataracte. On s’amuse à repérer les tourbillons, des rapides qui autrefois devaient être impressionnants et maintenant sont bien tranquilles surtout quand le niveau du Nil est aussi bas par rapport aux traces sur les blocs.

Sur les berges quelques bufflones sont attachées.

Villages nubiens

On construit ici beaucoup : des « hôtels nubiens » avec dômes et voûtes nubiennes, façades blanches bariolées de motifs colorés. Badri se désole. Dans 5 ans, cela en sera fini de la tranquillité et de la paix sur son bateau.

Une plage est aménagée. Des touristes viennent s’y baigner mais pas aujourd’hui, elle est vide. Les pédalos attendent retournés sur le sable ? Les chameliers attendent avec leurs animaux. Nous faisons une escale au village Akato au pied de l’Hôtel Kato Dool très coloré avec une fresque originale. Je monte et découvre un très joli marché. Des épices sont disposées dans de beaux paniers, il y a aussi des masques africains et des tissus multicolores. Les chameaux rappellent les caravanes d’autrefois.

La promenade se termine au pied du Nilomètre.