Shin Sung Hy – Coller, Couturer, Nouer – au Musée Cernuschi

Exposition temporaire jusqu’au 2 Août 2026

La Corée est à l’honneur cette année après deux expositions à Guimet. Si Shin Sung Hy est un plasticien coréen, né en Corée (1948), il s’est installé en France dès 1980 et s’est beaucoup inspiré de Supports/Surfaces des années 1969-1971. Sa démarche est la mise en question de la peinture, par déconstruction, trompe-l’oeil et collages. La peinture devient son propre objet. Cela m’a fait aussi penser à l’exposition de Morellet visitée ce printemps à Pompidou-Metz.

Cette déconstruction commence avec des tableaux de jute. Une toile de jute est peinte à l’endroit en représentant l’envers = le chassis, une autre présente des rangées de petits points colorés, ce qui ne m’a pas spécialement passionnée.

collages sur plexiglas (1984)

Une autre déconstruction consiste à peindre à l’acrylique sur du carton et déchirer de petits fragments et les recoller sur un autre support, autre carton ou plexiglas. Les collages sur pléxiglas ont de l’allure avec l’ombre portée à l’arrière et forment un ensemble assez séduisant. 

Beaucoup moins séduisants : des bandelettes collées à une moitié de chassis, ou même un T-shirt peinturé suspendu qui devient lui-m^me toile.

la salle suivante est nommée Retour à la peinture, des couleurs gaies : rose orange, rouge sur un fond clair , pas plus convainquant à mon avis.

Couturages (début des années 90)

La démarche suivante est de découper des bandelettes et de les piquer à la machine sur du caraton afin de réaliser des tableaux avec des rayures en relief.

Autoportrait

les Autoportraits m’ont bien plu : au centre, un miroir est entouré par des bandelettes nouées en relief, des pinceaux complètent l’autoportrait du peintre

peinture Spatiale : nouages

j’ai bien aimé les nouages de bandelettes peintes de 1 à 2 cm formant des réseaux en relief

Nouage vu de près

Comme cette exposition n’occupe que 3 salles assez petites, j’ai poursuivi ma visite de Cernuschi par les collections permanentes qui m’enchantent toujours. Les personnages d’argiles, comme des tanagras figurent des cavaliers, des musiciens (musiciennes), des figures du calendrier chinois ou des soldats ou ouvriers et même des maquettes de maisons.

Hâm Nghi : autoportrait

Deux expositions temporaires sont appelées l‘Eté Vietnamien avec des brûle-parfums métalliques de très belle facture. Une salle est consacrée à l’empereur en exil Hâm Nghi(1871 Hué – 1944 Alger); emperreur fugitif  traqué par les militaires français (1885) porte drapeau de la résistance anti-coloniale puis exilé à 18 ans à Alger .Il se réfugie alors dans l’étude  et la peinture qu’il a pratiqué pendant  ans. De beaux pastels sont exposés mais sous verre avec des reflets bien gênants pour les photographier. 

Leandro Erlich au Grand Palais – Croyez-vous ce que vous voyez?

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

Leandro Erlich né en 1973 à Buenos Aires est un artiste contemporain argentin. Il a représenté l’Argentine en 2001 à la Biennale de Venise avec La Piscine, et exposé diverses installations aussi bien au Japon, au Brésil, à Paris….Le Grand Palais lui consacre une rétrospective. 

LORSQUE LE FAUX EST PRIS POUR LE VRAI

LE VRAI DEVIENT FAUX

Cao Xuequin 1791

L’affiche utilise l’installation ci-dessus intrigante. Qu’allons-nous trouver?

Port of reflexion

Des couloirs noirs, murs  noirs. Seulement une flèche à suivre dans l’obscurité conduisent à un port. On entend le clapotis de l’eau, on voit les reflets, mais on est saisi d’un doute. A-t-on vraiment construit un port avec un bassin au premier étage du Grand Palais?  Toute l’oeuvre de Leandro Erlich est construite sur le doute du spectateur. Il y a sûrement un truc, mais lequel?

Infinite staircase

Comme la surprise du visiteur fait partie du plaisir de la visite, je me garderai bien d’analyser chaque installation, de déflorer le mystère . Leandro Erlich a une formation d’architecte et prépare chaque installation avec des maquette. La plus grande salle de l’exposition du Grand Palais présente ces maquettes. Elles sont particulièrement jolies et font le bonheur des enfants. Surtout emmenez les enfants avec vous. Ceux qui étaient présents etaient ravis et surtout s’intéressaient beaucoup à tous les détails.

la maison fond (2015)

L’espace est un doute, j’ai sans cesse besoin de le marquer

Georges Perec  1974

 

Mais je n’en dis pas plus. Allez au Grand Palais!

 

 

Noa Eshkol au MAHJ – Danse et Compositions

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

very orange tree 1992

Noa Eshkol est née au kibboutz Degania en 1924 – Holon 2007.

Affiche Chamber Danse group

Danseuse, chorégraphe, elle fonde en 1954 le Chamber Dance Quartet avec des compositions dansées sans musiques rythmées seulement par una métronome. Une vidéo captée à Holon 1960 est projetée dans la salle d’entrée. Le tic-tac du métronome, la danse accueillent le visiteur entre des tentures suspendues ou plaquées au mur

A big kolo

La tenture, A big Kolo représente une danse, une danse balkanique qui se danse en rond comme la Hora.

ECRIRE LE MOUVEMENT

mouvement complexe bras jambe

Avec Wachman, Noa Eshkol met au point un système de notation chorégraphique très précis selon les segments du corps avec des sphères

Par delà l’aspect décoratif, très esthétique, un autre intérêt de l’exposition se trouve dans la projection de Décade , comémoration du Soulèvement du Ghetto de Varsovie au Kibboutz Lohamei Ha Getaot, spectacle dansé en extérieur devant l’aqueduc romain.

Cette chorégraphie a inspiré Yael Bartana pour son film The Undertaker (2019) projeté au milieu de l’exposition.Cette installation sonore de 13 minutes montre une cérémonie, une sorte de procession dansée à Philadelphie, manifestation avec une banderole « Bury your weapons not our bodies » spectacle très impressionnant qui se termine dans le cimetière sous la surveillance de personnages costumés à l’époque de la guerre d’Indépendance. CLIC

1973 Guerre de Kippour : « il n’est plus temps de danser »

Yom Kippur (mourning) 1983

La chorégraphe arrête la danse et commence une nouvelle création textile. De nombreuses tapisseries font référence au deuil comme Yom Kippur in memoriam of DanSapir ou Skud- the Gulf war (homage to Moshe Kupferman)

Skud – La Guerre du Golfe – Homage to Moshe Kupferman

Mais toutes les teintures ne sont pas si violentes ou si tristes. Souvent elles évoquent des paysages, la mer ou des collines

la mer de la Reine de Saba

Dans ces patch-word ou quilt Noa Eshkol se tissent des symboles :

En hébreu, les verbes coudre (tefira) et guérir(terufa) partagent une racine commune. Ainsi on peut interpréter la production de ces carpets cousus comme un acte de résilience…

Les seules règles que je mesuis imposées : ne pas acheter de tissu, n’utiliser que des chutes, des chiffons ou des vêtemnts usagés qui me tombent plus ou moins par hasard entre les mains. je m’impose aussi de ne pas couper le tissu, mais uniquement de découdre des pièces cousues

Et pour revenir à la danse ce magnifique paon, motif aussi de chorégraphie

peacock

Les Chambres noire de Lee Miller – Jennifer Lesieur – Robert Laffont

EN REVENANT DE L’EXPO LEE MILLER AU MAM

 

j’ai été bluffée par l’Exposition Lee Miller au Musée d’Art Moderne, par ses photos, bien sûr et surtout par sa personnalité extraordinaire. Cette exposition faisait revivre le Paris de Montparnasse,les surréalistes, les vacances sur la Côte d’Azur autour de Man Ray, Picasso, Paul Eluard…mais aussi, l’Egypte, la Roumanie. Et enfin : la photoreporter de guerre, du Blitz de Londres, et à la suite des troupes alliées, le siège de Saint Malo, la Libération de Paris, et enfin le témoignage poignant des photos des camps…

Comme j’aime bien approfondir, j’ai trouvé parmi les podcasts de Radio France CLICoù intervient son fils Anthony Penrose, gardien de ses archives. Cette série est passionnante. 

Quand j’ai trouvé le titre Les chambres noires de Lee Miller sur le blog de Matatoune CLICj’ai téléchargé le livre, impatience de retrouver cette femme exceptionnelle et tout son environnement aussi extraodinaire.

La première partie : (1922-1943)  retrace sa vie parisienne avec Man Ray, d’abord, son apprentissage de la photographie puis ses fréquentation avec Picasso, Eluard et Nusch, Max Ernst et Leaonora Carrington. Son mariage égyptien puis après sa rencontre avec Roland Penrose leurs voyages et les reportages ethnographiques  en Roumanie. Et enfin leur installation en Angleterre sous les bombardements nazis.

Histoire passionnante mais très bien documentée dans l’exposition. La complaisance vis à vis des moeurs de l’époque m’a un peu agacée :  comment peut on encore écrire que « Paul Eluard offre Nusch à ses amis » au XXIème siècle, la position des « muses » de Picasso n’est pas plus enviable. J’aurais aimé un peu plus de réserve de la part de la biographe qui transcrit l’esprit de l’époque sans aucune critique. Bien heureuse insouciance ou machisme décomplexé? Le livre n’apporte pas grand chose que je ne connaissais pas déjà.

La deuxième partie : La route des ténébres (1944-1947) est passionnante. J’avais besoin d’explications sur les reportages sur les femmes britaniques photographiées puis sur la métamorphose de Lee en grand reporter de guerre, photos et écrits. La fameuse photo dans la baignoire d’Hitler se comprend mieux avec cet accompagnement. La suite des reportages en Autriche, Hongrie et Roumanie avec la fin de la guerre m’a beaucoup intéressée. 

La troisième partie : Vers la chambre claire (1947-1977)

montre la dernière partie de la vie de Lee Miller, maternité, dépression post-traumatique et sa renaissance comme cuisinière gastronomique est très bien racontée dans le podcast par son fils. C’est plutôt le travail de galeriste, organisateur d’expositions majeures et biographe de Picasso  de Roland Penrose qui a retenu mon attention.

En conclusion, ce livre est une honnête biographie, mais je conseillerais plutôt d’écouter le podcast.

 

Karoly Ferenczy – modernité hongroise au Petit Palais

Exposition termporaire jusqu’au 6 septembre 

 

Karoly Freund est né à Vienne en 1862, a étudié le droit 1878à Budapest, 1884 long séjour en Italie, 1886 : Munich, magyarise son nom en Karoly Ferenczy, 1889 s’installe à Szentendre puis en 1896 à Nagybanya où une colonie d’artistes travaille en plein air; En 1903 pivre une école des Beaux arts à Budapest, voyage, expose et meurt en 1917. 

Portrait dfe Karoly Fererczy par sa femme Olga Fialka

L’Exposition du Petit Palais rend compte de la diversité des styles et des sujets abordés par Karoly Ferenczy

naturalisme : 1890 -1893

1890 jeunes filles et géraniums

Inspiré par Jules Bastien-Lepage ses portraits sont quasi photographiques et les couleurs plutôt neutres 

1891 devant les affiches

Il peint ses enfants, sa femmes  et ses familiers.

Munich (1893-1896) L’éveil symboliste

le chant de l’oiseau

Ce nouveau styles fait plus de place à la nature. Les couleurs sont plus vives avec des verts et des rouges vifs. Deux tableaux se répondent Orphée et le Chant de l’oiseau présentés côte à côte Orphée, violoniste, porte un pagne rouge  qui répond à la robe rouge de la femme enceinte. Un rapace est charmé par le violon tandis que la femme s’accroche au tronc du bouleau pour voir l’oiseau qui chante (que nous ne voyons pas). j’ai baucoup aimé ces deux tableaux. Moins Adam et l’Adoration des Mages, trop symboliste pour moi. 

1904 – Le peintre et son modèle dans la forêt

Nagybanya : un atelier à ciel ouvert

1897 Le sermon sur la montagne

Dans cette ville minière (Baia mare, Maramures en Roumanie)dans la montagne, une colonie d’artiste s’est installée sous le signe du travail en plein air, de la vie collective et de la rupture avec la tradition.

Une affcihe montre les peintres avec leurs chevalets et pinceaux partant peindre à l’extérieur. Une photo montre un atelier de plein air avec au moin 15 chevalets. L’exposition fait aussi une place aux autres artistes comme  cette prière matinale des mineurs, ou portraits de Tsiganes; de paysans, bûcherons..

1898 Oscar Gratz La prière matinale des mineurs

Grands tableaux aux thèmes bibliques mais aussi illustration des poèmes d’un poète juif Jozsef Kiss 

Joszef Kiss

« Peindre au soleil »

1903 la Femme peintre

la couleur et la lumière prennent une importance primordiale

1905 matinée ensoleillée

Dans ce même style Karoly Ferenczy célèbre la baignade dans la nature avec 6 tableaux où on voit même les chevaux se baigner, 

jeunes garçons à la baignade

il peint aussi des nus féminins, des athlètes, des acrobates d’un cirque.

j’ai un peu fait l’impasse sur les portraits qui forment un quart de sa production picturale. J’aime mieux les portraits de personnages que je connais….Puis le style évolue, la couleur se fait encore plus vive. On pense au fauvisme…Impossible de rendre compte de l’ensemble de l’oeuvre dans un court billet.

Un regret toutefois : quand Karoly Ferenczy a épousé Olga Fialka elle était une plasticienne reconnue qui exposait. Elle a abandonné la peinture pour élever ses enfants. L’exposition montre le portrait de Ferenczy et un tableau. J’aurais aimé qu’on lui offre une meilleure place. 

merci à lorenztradfin de m’avoir signalé cette exposition CLIC

Martin Schongauer(1445-1491) au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 12 juillet 2026

La Vierge au buisson de roses

Martin Schongauer est né à Colmar en 1445, meurt à Vieux-Brisach en 1491. Né dans une famille d’orfèvres, il manie le burin et devient un graveur d’estampes virtuose.

Saint-Georges combattant le dragon

Dans un format minuscule, dans cet espace circulaire, Martin Schongauer met en scène trois plans, Saint Georges et le dragon, mais aussi la princesse et à l’horizon le château. Finesse et richesse des détails dans cette si petite estampe. Schongauer s’est inspiré d’un maître anonyme ES.

Rogier van der Weiden -Triptyque de la Famille Braque

Il s’inspire également de Rogier van der Weiden présenté dans l’exposition. 

Adoration des bergers

La peinture de Schongauer est très restreinte. Seules 7 oeuvres sur es panneaux de bois sont conservées et la fresque de Vieux Brisach. L’adoration des bergers est aussi un très petit format avec un luxe de détails, aussi bien dans les baluchons oubliés, le chapeau de paille, les physionomies des personnages et même des animaux. Le paysage est traité avec un soin extrême.

Annonciation

 

Le Retable de Saint Barthélémy et de Sainte Marie-Madeleine est peint sur les deux faces d’un côté les deux saints et à l’avers 4 saynettes du massacre des innocents. Mes deux tableaux préférés sont Noli me tangere avec des oiseaux et des grenades et La Vierge au Buisson de Roses

Noli me tangere
oiseaux (détail de La Vierge au buisson de roses)

Une vidéo explique les symboles dans ce « jardin clôt » symbolisant la virginité de Marie. le chardonneret avec sa huppe rouge = la passion du Christ, pinsons et rouge-gorge sont dessinés avec un soin extraordinaire, on voit la petite langue, une brindille dans un bec….

Fuite en Egypte

La suite de l’exposition est plutôt consacrée aux gravures. Schongauer a illustré l’histoire sainte. Les estampes ayant vocation à se multiplier et à être diffusées dans toute l’Europe, les chefs d’oeuvre de Schnongauer ont inspiré graveurs, orfèvres, émaux de Limoges, sculpteurs sur bois et même un jeu de 52 cartes!

Dürer : fuite en Egypte/

Albrecht Dürer admirait Schongauer qu’il appelait « le beau Martin »

On retrouve les mises en scène des estampes jusqu’à Cracovie ou en Espagne dans le retable de Montserrat de Bernat

Saint Antoine tourmenté par les démonts – Bernat

Impossible de rendre compte de tous les chefs d’oeuvres présentés au Louvre. Malheureusement il reste très peu de temps pour aller les voir

Giovanni Segantini – Voglio vedere le mie montagne – musée marmottan-monet

Exposition temporaire jusqu’au 16 aout 2026

Giovanni Segantini (1858 -1899) né à Arco dans le Trentin austro-hongrois, passe sa jeunesse en Lombardie. Après une enfance chaotique, il est même interné dans une maison de redressement pour vagabondage, il regagne Milan pour devenir peintre. 1880 s’installe dans la Brianza à Puisano, puis à Savognin dans les Grisons.

La cueillette des cocons

Segantini a peint les montagnes, paysages et habitants. Il apporte le même soin à décrire la vie rurale, le travail des bergers et les animaux.

Dernier Labeur

Dernier labeur évoque la peinture de Jean-François Millet .

Effet de lune

Il porte un regard attentif aux bergers et aux moutons qu’on retrouve sur nombreux tableaux. Il joue avec les effets de lumière (il a été assistant dans l’atelier de photographie de son demi-frère).

les deux mères (très grand tableau 2 m)

Une autre thème de prédilection est la maternité. La mère et l’enfant sous la lampe, dans l’ombre : la vache et son veau. Un autre tableau montre les deux mères : la femme et une brebis.

Ave Maria à la Traversée

Ave Maria à la Traversée est l’oeuvre que j’ai préférée. La composition est particulièrement intéressante. Les deux arceaux de la barque amorcent la composition circulaire. Cercle des rides de la surface de l’eau mais surtout cercles de lumière (cela ne se voit malheureusement pas sur ma photo). Presque au milieu de l’horizon le soleil se couche et les rayons irradient le ciel et se reflètent sur le miroir de l’eau. 

les deux mères

Dans ses paysages de haute montagne, il peint selon le divisionnisme en utilisant une technique différente de Seurat ou Signac qui sont plutôt pointilliste. Il peint des traits fins. 

Certains paysages sont beaucoup plus précis, presque photographiques

Segantini meurt en 1899 en descendant du Schafberg « Je veux voir mes montagnes » sont ses dernières paroles.

Brion Gysin – Le dernier musée -au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Exposition temporaire jusqu’au 12 juillet 2026

Louis Jammes Portrait de Brion Gysin

Né à Londres en 1916 d’origine canadienne, il revient à Londres à 16 ans. En 1934 s’inscrit à la Sorbonne et fréquente les milieux de Montparnasse et les surréalistes. Invité à exposer en  1935 avec les surréalistes.

Dessin surréaliste 1935

Sa période parisienne et surréaliste est sous le thème du rêve « REVER »: sont présentés des dessins de petites toiles, des décalcomanies, des estampes et des textes sur les champignons et aventures hallucinogène (mescaline, psilocybine). Deux encres de Victor Hugo figurent ici.

De 1940 à 1943, Brion Gysin s’installe à New York où il fréquente les milieux underground noirs et Broadway. En 1944, il est appelé sous les drapeaux et affecté à une unité d’espionnage où il découvre le Japonais et la calligraphie japonaise.

marrakech : marché des bicyclettes

VOYAGER

1950 il découvre le Maroc, sillonne le pays, s’installe à Tanger y ouvrira un restaurant. Toute une salle montre cette aventure marocaine, on y éntend la musique Jajouka. De grandes toiles colorées représentent le désert mais j’ai préféré les petits formats, aquarelles aux dessins très précis

After Midnight in Marrrakech

Un peu dans la même veine, j’ai aimé les fenêtres du Palais de Peggy Guggenheim à Venise

My window at Peggy Guggenheim’s palace

PERMUTER/ECRIRE/DESSINER

Calligraffiti on fire (1985)

 

La salle suivante est très colorée.Le très grand Calligraffiti (16 m) occupe tout un mur, les cimaises qui lui font face sont occupée par des tableaux abstaits  très colorés, flashy, avec des motifs récurrents, Cette salle correspond à sa technique de cut-ups: à l’aide d’un cutter (exposé dans une vitrine) l’artiste découpe un texte et le réarrange aléatoirement. Le cut-off peut concerner un texte littéraire comme un motif pictural. Je me suis un peu embêtée dans cette section. Seul un tableau m’a attirée : Rustique olivette à la Ciotat

Rustique Olivette à la Ciotat (1959)

A la Ciotat, Brion Gysin a rencontré Chester Himes, Paul Celan, Schwarz-Bart. Il y était question de peinture mais aussi de littérature, de poésie. D’ailleurs l’activité littéraire de Brion Gysin est aussi documentée. En particulier avec Burroughs qui pratique aussi le cut-up

Brion Gysin et William S Burroughs (1985)

En revanche j’ai bien aimé les calligraphies surtout quand il surimprime calligraphie arabe et texte japonais.

Cuts d’écriture arabe collés sur une page d’écriture japonaise

Un dessin très émouvant est celui de l’hommage de Keith Haring à Brion Gysin

Hommage de Keith Haring
FOR MY TEACHER
LOVE ALWAYS
LOVE ALL WAYS
LOVE WAYS ALL

La Dreamachine est un procédé de projection de la lumière à travers un cylindre qui tourne. 

Dreeamachine (à plat)

LE DERNIER MUSEE

Beaubourg 1975

Dernière partie de l’exposition éponyme. Le Dernier musée est le titre d’un livre de Brion Gyson CLIC

Le dernier musée
Beaeubourg

C’est aussi le titre d’une série de 10 clichés pris lors de la construction du Centre Pompidou. En 1973 Brion Gysin s’installe 135 rue Saint Martin en face du chantier de ce qui allait devenir le Centre Beaubourg. Il dessine, photographie la structure en exosquelette qui le fascine.

Je ne connaissais ni le plasticien, ni le poète, ni ses amis de la Beat-Generation bien que les noms me soient familiers et cette découverte est une bonne surprise. Dépêchez vous d’aller au Musée d’Art Moderne, l’exposition ferme ses portes à la fin de la semaine prochaine!

Hilma af Klint, Les peinture du Temple (1906-1915) au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

Hilma af Klint (1862-1944) peintre suédoise, est une découverte pour moi. Pionnière de l’abstraction, mais aussi théosophe. La visite de l’exposition nous conduit dans des chemins que je n’ai pas l’habitude d’emprunter : cheminements spirituels dans les cercles spirites, dialogue avec les morts. Je suis hermétique à ces considérations. Il faut être Victor Hugo pour m’intéresser un instant aux guéridons qui contactent les défunts.Malgré mes préventions, Hilma af Klint a su, non seulement capter mon attention le temps d’une visite d’exposition mais aussi me séduire. 

Peintures du Temple

Il faut envisager sa peinture dans un collectif de 5 femmes  : De Fem qui cherchent à se démarquer de l’atmosphère matérialiste capitaliste en réalisant des oeuvres à partir de griffonages automatiques au crayon, puis au pastelavec des résonnances cosmiques. 8 peintures roses sur le thème de l’amour ou un cycle Evolution (1908) va mettre en image le grand récit de l’Evolution, de la Transformation de la condition humaine spirituelle pour finir par une émancipation spirituelle = une fleur au coeur spirale. j’avoue ne pas être plus séduite que cela du galimatias des cartels. Curieuse, intéressée mais pas convaincue. On peut rechercher les symboles, lire les inscriptions dans le Chaos originel WU/rose, U étant l’esprit, bleu le féminin, jaune le masculin, vert androgyne. je prends cela pour un jeu intellectuel.

Evolution : ensemble de 6 tableaux

En revanche quand je découvre les grandes figures, je suis impressionnée par les couleurs et la puissance des compositions. Je ne suis pas fan du rose des cycles précédents. 

Grand tableau orange

les grands tableaux font aussi partie de cycles qui racontent une histoire : les âges de la vie. Les cartels voient une précurseure du psychadélisme avec les arabesque florales. 

Cygne (1914-1915) : ensemble

Un autre ensemble  : le Cygne est constitué de 23 peintures représentant le conflit entre le bien et le mal. un nouveau groupe s’et formé autour d’elle 12 femmes sont associées chacune à une couleur . La Colombe associe des symbloes chrétiens comme le Saint Esprit (la colombe) Saint George et Saint Michel combattant le dragon. Une série montre une femme crucifiée et l’exposition se termine par un magnifique retable.

Retable

 

La Corée au Musée Guimet – Restaurant Hanok

A la sortie de l’exposition Silla nous avons déjeuné coréen dans le restaurant du musée. La carte est difficilement compréhensible pour le novice. Nous avons choisi un bulgogi lamelles de boeuf mariné puis mijoté et servies avec des légumes dans une sauce parfumée. Dans un bol métallique (en bas à gauche) du riz avec des coupelles contenant, haricots verts, chou, racine de lotus. Les baguettes sont métalliques, très design

.

pour dessert des mochi, mangue, thé vert ou litchi. Délicieux.

Pour un plat, un dessert et un thé comptez 29€