Plumes du Paradis – Voyage d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle Guinée au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 8 novembre 2026

paradisier

Quels oiseaux étonnants que ces oiseaux de paradis vivant dans cette contrée si lointaine : la Nouvelle Guinée. J’ai été fascinée par les parades nuptiales de ces oiseaux colorés et inventifs. Couleurs luxuriantes et plumes d’une texture incroyable.

voliière d’oiseaux empaillés

les oiseaux empaillés ou naturalisés m’attristent. Le plus souvent les plumes ont perdu leur éclat. Cependant il est indispensable de voir de près ces plumages si exceptionnels.

Utilisées par les autochtones pour faire des parures, des coiffes de prestige pour des fêtes et des danses traditionnelles, elles sont splendides et on a plaisir à contempler les costumes et les rituels de Nouvelle Guinée.

coiffe vaporeuse et aérienne

Le « voyage » de ces plumes devient plus problématique quand elles font l’objet d’un commerce mondialisé. Utilisées dans l’empire moghol et persan (merveilleuse évocation du Simorgh de la Conférence des oiseaux). Puis les plumes arrivent en Europe, jusqu’à Prague ou Paris…

oiseaux exotiques

Mais ces plumages, quand ce ne sont pas les oiseaux entiers, deviennent marchandises de luxe : matière première des plumassiers, chapeaux ou Haute Couture. Comment une belle pouvait-elle s’afficher avec l’oiseau entier sur la tête? Un couturier a fait une petite robe toute en plume, vaporeuse. Et on imagine les massacres. Dès le 19ème siècle des précurseurs(comment dit-on au féminin?) de mouvements de protection des animaux se sont élevées, surtout en Angleterre, contre cette exploitation.

Toute cette partie de l’exposition m’a mise fort mal à l’aise. C’est quand même très beau et instructif. Ce sont les oiseaux vivants du film d’introduction que j’ai préférés.

Face au ciel, Paul Huet en son temps, au Musée de la Vie Romantique

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

Paul Huet : Soleil couchant à Seine-Port

Deux bonnes raisons pour retourner au charmant Musée de la Vie Romantique : le challenge des deux George et l’envie de retrouver George Sand et ses familiers, et l’exposition Paul Huet dont je n’avais jamais entendu parler. 

Paul Huet : ciel entrouvert

Paul Huet (1803 -1869) est un des précurseurs du paysage romantique, parfois qualifié de pré-impressionniste. Il fut l’élève de Gros, recontre Delacroix, remarqué par Victor Hugo et intime de Lamartine. 

Paul Huet : Le Retour du grognard

Les vues de Paris au début du XIXème siècle m’ont beaucoup amusée, les moulins du quartier de la Glacière au crépuscule avec le Val de Grâce comme repère avec  d’autres quartiers maintenant complètement urbanisés campagnards alors.

jezan-bruno Gassies: paysage d’Ecosse

On n’apprend guère sur le peintre dans cette exposition mais il est en très bonne compagnie avec ses collègues d’alors, peintres de paysages romantiques, comme cette Ecosse embrumée avec des personnages en kilts sortis de Walter Scott? de vues d’Italie ou de glaciers impressionnants. J’ai bien aimé la vue de Dieppe

Isabey : vue de Dieppe

Les peintres sont nombreux, certains connus, d’autres oubliés et parmi les inconnus un Corot, un Boudin, Constable ou Delacroix. Et toujours cette attention au paysage et surtout au ciel!

Une charmante exposition, prélude à la visite des collections permanentes du Musée de la Vie Romantique. On peut aussi prendre un verre sous les frondaisons, mais attention l’endroit est très prisé et les tables sont bien occupées.

Kwame Akoto – Almighty God Art Work – au Quai Branly

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

L’atelier du peintre d’enseignes religieuses

Kwame Akoto est un peintre d’enseignes à Kumasi (Ghana) . Les enseignes, en Afrique de l’Ouest réjouissent les passants par leur fantaisie, leurs couleurs et les textes souvent humoristiques. Kwame Akoto est également un prédicateur pentecôtiste, il met son talent artistique au service de sa foi : ses tableaux sont souvent prêcheurs avec assez de couleur et d’humour pour ne pas être ennuyeux:

Médisances….
Our Frather who art in heaven – art in heaven, prière ou jeu de mots?

Et que dire du cercueil emporté par un aigle?

Evangélique mais aussi africain connecté avec la nature, les médecines traditionnelles comme cet homme-feuilles

My friend the bushman

Kwame  Akoto a aussi réalisé des autoportraits fantaisistes 

Autoportrait

On le reconnait aussi sur le très beau tableau de Hervé di Rosa

Hervé di Rosa  : Déjeuner à Kumasi

Pour terminer, une vidéo montre Kwame Akoto dans son atelier dans la rue, à côté des garages avec ses apprentis. Grande simplicité de ceux qui, peintres d’enseignes, ne se prennent pas pour des artistes!

PS  : par temps de canicule, le Musée du Quai Branly et son jardin d’été offre calme et fraîcheur, pas de foule comme dans les musées du Louvre ou d’Orsay, et une belle promenade dans les collections permanentes. L’Expo Kwame Akoto sur la mezzanine Martine Aublet, n’est pas très fournie, on peut au choix flâner parmi les hautes sculptures d’Océanie soit visiter une autre exposition

Aux Origines, Défaire le Racisme – Palais de la Porte Dorée

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Roméo Mivekannin La Vénus Hottentote 2020 (série Barnum)

COMMENT LE RACISME ET LES DISCRIMINATIONS S’INSCRIVENT-ILS DANS LES SOCIETES CONTEMPORAINES?

COMMENT FAIRE MONDE COMMUN SANS EFFACER LES DIFFERENCES?

L’Exposition Aux Origines tente de répondre à ces deux questions en montrant comment Esclavage et Colonisation ont produit des images, des récits, des catégories, des hierarchies et comment défaire cet ordre du regard n’est pas effacer le passé ou accuser le présent. 

William Adjeté Wilson Toussaint Louverture et le Révolution Haïtienne

Cette exposition est très ambitieuse puisqu’elle intègre le projet de recherche DETERRED qui étude les mécanismes de discrimination auprès de jeunes de 18 à 35 ans, dans l’éducation, la recherche d’emploi et de logement. Ce projet, très louable, avec beaucoup de panneaux à lire, de vidéos m’a semblé plus difficile à appréhender et j’ai zappé le compte-rendu pour me concentrer sur les oeuvres d’art plastique, difficile aussi de raconter les vidéos que j’ai regardées avec attention. 

Le visiteur entre dans l’exposition, interpellé par le très grand tableau de Roméo Mivekannin : La Venus Hottentote : 3 portraits en pied de Saatjie Baartmann qui fut exhibée à travers l’Europe sans aucun égard pour sa dignité. Portraits? pas vraiment, puisque le peintre a substitué sa tête à la tête de la femme et il regarde le regardeur avec défi. Roméo Mikevennin qui traville entre la France et le Bénin a revisité des tableaux classiques comme Le Radeau de la Méduse. Il nous retourne son regard d’Africain sur des images  habituelles. 

William Adjeté Wilson : Les Négriers et la traite des esclaves

William Adjeté Wilson , également béninois montre Toussaint Louverture portant un drapeau vaudou. 

Rayan Yasmineh : Le Calife (2023)

Rayan Yasmineh, né à Paris mais de mère Libanaise et père Palestinien nous conduit à Bagdad et confronte la chute de la ville sous les mongols et l’invasion américaine en 2003. Le fond en tissus de camouflage militaire est traversé par les personnages de miniatures orientales. 

Malgorzata Mirga (Pologne) Out of Egypt 2021

En face le magnifique panneau textile raconte l’errance des Roms, patchwork et broderies à partir de tissus de la communauté  et rappelle l’origine (mythique??) des gitans d’Egypte. Lila Loisse (Bruxelles) présente une installation sonore retrçant l’errance des Roms. Le petit tableau de Ceija Stijka,  survivante des camps nazis montre les Allemands face aux roulottes . On retrouve les roulottes dans le tableau Caravanes sous deux cyprés, inspiré de Van Gogh mais traversé par une série de roulottes blanches. 

les soeurs Chevalme : Mama Whita à la française

Dans un registre très différent, l’amusante installation des Soeurs Chevalme montre un intérieur raffiné aux motifs de Toile de Jouy, vaisselle porcelaine. Curieux mortier et pilon décorés des mêmes motif. Il faut s’arrêter un moment et découvrir parmi les motifs des militaires en uniforme ,armés, et des barbelés.

Kara Walker (2005): Harper’s pictorial History of Civil War

Kara Walker – plasticienne américaine – raconte à sa façon la Guerre de Sécession utilisant les gravures du Harper’s pictorial History of civil War, publié en 1866 et en ajoutant des personnages qui détournent le récit originel. l’installation de 15 grandes gravures est tout à fait impressionnante. 

Bouba Touré

Bouba Touré filme son appartement, colle des affiches illustrant « Aimer, Lutter, Vivre » avec des personnages célèbres comme Nelson Mandela, Obama, Allende, Jean Rouch,des femmes d’un village au Mali. On l’entend célébrer ces luttes et aussi les luttes des femmes anonymes. 

La suite de l’exposition montre de très belles photos, des vidéos et même un extrait d’Atys dansé filmé par Cogitore (mais pas dans la version de l’Opéra Bastille). Difficile pour moi de tout décrire. 

 

Cabane-bibliothèque d’Hamadine Kane

Pour conclure cette exposition , j’ai beaucoup aimé la Cabane-bibliothèque orné de portraits au fusain d’écrivains, d’affiches, de couvertures de livres où j’ai retrouvé Ousmane Sembene,Jean Genet, Edouard glissant, Chester Himes. les livres sont posés en paquets ficelés, un tabouret suggère qu’on peut s’asseoir lire. Hamadine Kane est maurétganien-sénégalais, plasticien et réalisateur. 

Je sors étonnée de toutes ces rencontres avec des artistes reconnus, exposés dans de grands musées comme le Louvre-Lens, dont je n’avais jamais entendu parler. Mettre en lumière ces artistes est aussi le rôle de Aux Origines pour décaler notre regard.

Madame de Sévigné au Musée Carnavalet

Exposition temporaire jusqu’au 23 aout 2023

A l’occasion du 400ème anniversaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal (1626-1696), une exposition se tient comme une évidence au Musée Carnavalet. Madame de Sévigné est chez elle dans son hôtel où elle s’est installée en 1677 situé au 23 Rue de Madame de Sévigné

Hôtel Carnavalet vers 1740

Elle est née tout près d’ici, Place Royale, actuellement Place ds Vosges. Elle a grandit dans le Marais, s’y est mariée dans l’église Saint Gervais

 

Madame de Sévigné vers 1645 Jean Nocret

Madame de Sévigné fréquentait les salons littéraires. Des portraits de Ninon de Lenclos, de Madame de Scudéry, de Mademoiselle de Montpensier illsutrent cette vie intellectuelle et politique avec la Fronde

la Grande Mademoiselle

Madame de Sévigné, dans sa correspondance a fait une chronique politique (et mondaine) racontant la vie à la Cour, l’arrestation de Fouquet, le suicide de Vatel et la vie parisienne. C’est donc une vraie leçon d’histoire qui se déroule sous nos yeux. On peut écouter la lecture de certaines de ses lettres. On voit son écriture, si claire et lisible. 

Bains dans la Seine devant le Pont Rouge

Vie de cour, mais aussi vie quotidienne comme ces tableaux des Bains dans la Seine devant le pont rouge et du Marché aux Fleurs

Statuette en argile fin 19ème siècle Allouard

Shin Sung Hy – Coller, Couturer, Nouer – au Musée Cernuschi

Exposition temporaire jusqu’au 2 Août 2026

La Corée est à l’honneur cette année après deux expositions à Guimet. Si Shin Sung Hy est un plasticien coréen, né en Corée (1948), il s’est installé en France dès 1980 et s’est beaucoup inspiré de Supports/Surfaces des années 1969-1971. Sa démarche est la mise en question de la peinture, par déconstruction, trompe-l’oeil et collages. La peinture devient son propre objet. Cela m’a fait aussi penser à l’exposition de Morellet visitée ce printemps à Pompidou-Metz.

Cette déconstruction commence avec des tableaux de jute. Une toile de jute est peinte à l’endroit en représentant l’envers = le chassis, une autre présente des rangées de petits points colorés, ce qui ne m’a pas spécialement passionnée.

collages sur plexiglas (1984)

Une autre déconstruction consiste à peindre à l’acrylique sur du carton et déchirer de petits fragments et les recoller sur un autre support, autre carton ou plexiglas. Les collages sur pléxiglas ont de l’allure avec l’ombre portée à l’arrière et forment un ensemble assez séduisant. 

Beaucoup moins séduisants : des bandelettes collées à une moitié de chassis, ou même un T-shirt peinturé suspendu qui devient lui-m^me toile.

la salle suivante est nommée Retour à la peinture, des couleurs gaies : rose orange, rouge sur un fond clair , pas plus convainquant à mon avis.

Couturages (début des années 90)

La démarche suivante est de découper des bandelettes et de les piquer à la machine sur du caraton afin de réaliser des tableaux avec des rayures en relief.

Autoportrait

les Autoportraits m’ont bien plu : au centre, un miroir est entouré par des bandelettes nouées en relief, des pinceaux complètent l’autoportrait du peintre

peinture Spatiale : nouages

j’ai bien aimé les nouages de bandelettes peintes de 1 à 2 cm formant des réseaux en relief

Nouage vu de près

Comme cette exposition n’occupe que 3 salles assez petites, j’ai poursuivi ma visite de Cernuschi par les collections permanentes qui m’enchantent toujours. Les personnages d’argiles, comme des tanagras figurent des cavaliers, des musiciens (musiciennes), des figures du calendrier chinois ou des soldats ou ouvriers et même des maquettes de maisons.

Hâm Nghi : autoportrait

Deux expositions temporaires sont appelées l‘Eté Vietnamien avec des brûle-parfums métalliques de très belle facture. Une salle est consacrée à l’empereur en exil Hâm Nghi(1871 Hué – 1944 Alger); emperreur fugitif  traqué par les militaires français (1885) porte drapeau de la résistance anti-coloniale puis exilé à 18 ans à Alger .Il se réfugie alors dans l’étude  et la peinture qu’il a pratiqué pendant  ans. De beaux pastels sont exposés mais sous verre avec des reflets bien gênants pour les photographier. 

Leandro Erlich au Grand Palais – Croyez-vous ce que vous voyez?

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

Leandro Erlich né en 1973 à Buenos Aires est un artiste contemporain argentin. Il a représenté l’Argentine en 2001 à la Biennale de Venise avec La Piscine, et exposé diverses installations aussi bien au Japon, au Brésil, à Paris….Le Grand Palais lui consacre une rétrospective. 

LORSQUE LE FAUX EST PRIS POUR LE VRAI

LE VRAI DEVIENT FAUX

Cao Xuequin 1791

L’affiche utilise l’installation ci-dessus intrigante. Qu’allons-nous trouver?

Port of reflexion

Des couloirs noirs, murs  noirs. Seulement une flèche à suivre dans l’obscurité conduisent à un port. On entend le clapotis de l’eau, on voit les reflets, mais on est saisi d’un doute. A-t-on vraiment construit un port avec un bassin au premier étage du Grand Palais?  Toute l’oeuvre de Leandro Erlich est construite sur le doute du spectateur. Il y a sûrement un truc, mais lequel?

Infinite staircase

Comme la surprise du visiteur fait partie du plaisir de la visite, je me garderai bien d’analyser chaque installation, de déflorer le mystère . Leandro Erlich a une formation d’architecte et prépare chaque installation avec des maquette. La plus grande salle de l’exposition du Grand Palais présente ces maquettes. Elles sont particulièrement jolies et font le bonheur des enfants. Surtout emmenez les enfants avec vous. Ceux qui étaient présents etaient ravis et surtout s’intéressaient beaucoup à tous les détails.

la maison fond (2015)

L’espace est un doute, j’ai sans cesse besoin de le marquer

Georges Perec  1974

 

Mais je n’en dis pas plus. Allez au Grand Palais!

 

 

Noa Eshkol au MAHJ – Danse et Compositions

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

very orange tree 1992

Noa Eshkol est née au kibboutz Degania en 1924 – Holon 2007.

Affiche Chamber Danse group

Danseuse, chorégraphe, elle fonde en 1954 le Chamber Dance Quartet avec des compositions dansées sans musiques rythmées seulement par una métronome. Une vidéo captée à Holon 1960 est projetée dans la salle d’entrée. Le tic-tac du métronome, la danse accueillent le visiteur entre des tentures suspendues ou plaquées au mur

A big kolo

La tenture, A big Kolo représente une danse, une danse balkanique qui se danse en rond comme la Hora.

ECRIRE LE MOUVEMENT

mouvement complexe bras jambe

Avec Wachman, Noa Eshkol met au point un système de notation chorégraphique très précis selon les segments du corps avec des sphères

Par delà l’aspect décoratif, très esthétique, un autre intérêt de l’exposition se trouve dans la projection de Décade , comémoration du Soulèvement du Ghetto de Varsovie au Kibboutz Lohamei Ha Getaot, spectacle dansé en extérieur devant l’aqueduc romain.

Cette chorégraphie a inspiré Yael Bartana pour son film The Undertaker (2019) projeté au milieu de l’exposition.Cette installation sonore de 13 minutes montre une cérémonie, une sorte de procession dansée à Philadelphie, manifestation avec une banderole « Bury your weapons not our bodies » spectacle très impressionnant qui se termine dans le cimetière sous la surveillance de personnages costumés à l’époque de la guerre d’Indépendance. CLIC

1973 Guerre de Kippour : « il n’est plus temps de danser »

Yom Kippur (mourning) 1983

La chorégraphe arrête la danse et commence une nouvelle création textile. De nombreuses tapisseries font référence au deuil comme Yom Kippur in memoriam of DanSapir ou Skud- the Gulf war (homage to Moshe Kupferman)

Skud – La Guerre du Golfe – Homage to Moshe Kupferman

Mais toutes les teintures ne sont pas si violentes ou si tristes. Souvent elles évoquent des paysages, la mer ou des collines

la mer de la Reine de Saba

Dans ces patch-word ou quilt Noa Eshkol se tissent des symboles :

En hébreu, les verbes coudre (tefira) et guérir(terufa) partagent une racine commune. Ainsi on peut interpréter la production de ces carpets cousus comme un acte de résilience…

Les seules règles que je mesuis imposées : ne pas acheter de tissu, n’utiliser que des chutes, des chiffons ou des vêtemnts usagés qui me tombent plus ou moins par hasard entre les mains. je m’impose aussi de ne pas couper le tissu, mais uniquement de découdre des pièces cousues

Et pour revenir à la danse ce magnifique paon, motif aussi de chorégraphie

peacock

Les Chambres noire de Lee Miller – Jennifer Lesieur – Robert Laffont

EN REVENANT DE L’EXPO LEE MILLER AU MAM

 

j’ai été bluffée par l’Exposition Lee Miller au Musée d’Art Moderne, par ses photos, bien sûr et surtout par sa personnalité extraordinaire. Cette exposition faisait revivre le Paris de Montparnasse,les surréalistes, les vacances sur la Côte d’Azur autour de Man Ray, Picasso, Paul Eluard…mais aussi, l’Egypte, la Roumanie. Et enfin : la photoreporter de guerre, du Blitz de Londres, et à la suite des troupes alliées, le siège de Saint Malo, la Libération de Paris, et enfin le témoignage poignant des photos des camps…

Comme j’aime bien approfondir, j’ai trouvé parmi les podcasts de Radio France CLICoù intervient son fils Anthony Penrose, gardien de ses archives. Cette série est passionnante. 

Quand j’ai trouvé le titre Les chambres noires de Lee Miller sur le blog de Matatoune CLICj’ai téléchargé le livre, impatience de retrouver cette femme exceptionnelle et tout son environnement aussi extraodinaire.

La première partie : (1922-1943)  retrace sa vie parisienne avec Man Ray, d’abord, son apprentissage de la photographie puis ses fréquentation avec Picasso, Eluard et Nusch, Max Ernst et Leaonora Carrington. Son mariage égyptien puis après sa rencontre avec Roland Penrose leurs voyages et les reportages ethnographiques  en Roumanie. Et enfin leur installation en Angleterre sous les bombardements nazis.

Histoire passionnante mais très bien documentée dans l’exposition. La complaisance vis à vis des moeurs de l’époque m’a un peu agacée :  comment peut on encore écrire que « Paul Eluard offre Nusch à ses amis » au XXIème siècle, la position des « muses » de Picasso n’est pas plus enviable. J’aurais aimé un peu plus de réserve de la part de la biographe qui transcrit l’esprit de l’époque sans aucune critique. Bien heureuse insouciance ou machisme décomplexé? Le livre n’apporte pas grand chose que je ne connaissais pas déjà.

La deuxième partie : La route des ténébres (1944-1947) est passionnante. J’avais besoin d’explications sur les reportages sur les femmes britaniques photographiées puis sur la métamorphose de Lee en grand reporter de guerre, photos et écrits. La fameuse photo dans la baignoire d’Hitler se comprend mieux avec cet accompagnement. La suite des reportages en Autriche, Hongrie et Roumanie avec la fin de la guerre m’a beaucoup intéressée. 

La troisième partie : Vers la chambre claire (1947-1977)

montre la dernière partie de la vie de Lee Miller, maternité, dépression post-traumatique et sa renaissance comme cuisinière gastronomique est très bien racontée dans le podcast par son fils. C’est plutôt le travail de galeriste, organisateur d’expositions majeures et biographe de Picasso  de Roland Penrose qui a retenu mon attention.

En conclusion, ce livre est une honnête biographie, mais je conseillerais plutôt d’écouter le podcast.

 

Karoly Ferenczy – modernité hongroise au Petit Palais

Exposition termporaire jusqu’au 6 septembre 

 

Karoly Freund est né à Vienne en 1862, a étudié le droit 1878à Budapest, 1884 long séjour en Italie, 1886 : Munich, magyarise son nom en Karoly Ferenczy, 1889 s’installe à Szentendre puis en 1896 à Nagybanya où une colonie d’artistes travaille en plein air; En 1903 pivre une école des Beaux arts à Budapest, voyage, expose et meurt en 1917. 

Portrait dfe Karoly Fererczy par sa femme Olga Fialka

L’Exposition du Petit Palais rend compte de la diversité des styles et des sujets abordés par Karoly Ferenczy

naturalisme : 1890 -1893

1890 jeunes filles et géraniums

Inspiré par Jules Bastien-Lepage ses portraits sont quasi photographiques et les couleurs plutôt neutres 

1891 devant les affiches

Il peint ses enfants, sa femmes  et ses familiers.

Munich (1893-1896) L’éveil symboliste

le chant de l’oiseau

Ce nouveau styles fait plus de place à la nature. Les couleurs sont plus vives avec des verts et des rouges vifs. Deux tableaux se répondent Orphée et le Chant de l’oiseau présentés côte à côte Orphée, violoniste, porte un pagne rouge  qui répond à la robe rouge de la femme enceinte. Un rapace est charmé par le violon tandis que la femme s’accroche au tronc du bouleau pour voir l’oiseau qui chante (que nous ne voyons pas). j’ai baucoup aimé ces deux tableaux. Moins Adam et l’Adoration des Mages, trop symboliste pour moi. 

1904 – Le peintre et son modèle dans la forêt

Nagybanya : un atelier à ciel ouvert

1897 Le sermon sur la montagne

Dans cette ville minière (Baia mare, Maramures en Roumanie)dans la montagne, une colonie d’artiste s’est installée sous le signe du travail en plein air, de la vie collective et de la rupture avec la tradition.

Une affcihe montre les peintres avec leurs chevalets et pinceaux partant peindre à l’extérieur. Une photo montre un atelier de plein air avec au moin 15 chevalets. L’exposition fait aussi une place aux autres artistes comme  cette prière matinale des mineurs, ou portraits de Tsiganes; de paysans, bûcherons..

1898 Oscar Gratz La prière matinale des mineurs

Grands tableaux aux thèmes bibliques mais aussi illustration des poèmes d’un poète juif Jozsef Kiss 

Joszef Kiss

« Peindre au soleil »

1903 la Femme peintre

la couleur et la lumière prennent une importance primordiale

1905 matinée ensoleillée

Dans ce même style Karoly Ferenczy célèbre la baignade dans la nature avec 6 tableaux où on voit même les chevaux se baigner, 

jeunes garçons à la baignade

il peint aussi des nus féminins, des athlètes, des acrobates d’un cirque.

j’ai un peu fait l’impasse sur les portraits qui forment un quart de sa production picturale. J’aime mieux les portraits de personnages que je connais….Puis le style évolue, la couleur se fait encore plus vive. On pense au fauvisme…Impossible de rendre compte de l’ensemble de l’oeuvre dans un court billet.

Un regret toutefois : quand Karoly Ferenczy a épousé Olga Fialka elle était une plasticienne reconnue qui exposait. Elle a abandonné la peinture pour élever ses enfants. L’exposition montre le portrait de Ferenczy et un tableau. J’aurais aimé qu’on lui offre une meilleure place. 

merci à lorenztradfin de m’avoir signalé cette exposition CLIC