Martin Schongauer(1445-1491) au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 12 juillet 2026

La Vierge au buisson de roses

Martin Schongauer est né à Colmar en 1445, meurt à Vieux-Brisach en 1491. Né dans une famille d’orfèvres, il manie le burin et devient un graveur d’estampes virtuose.

Saint-Georges combattant le dragon

Dans un format minuscule, dans cet espace circulaire, Martin Schongauer met en scène trois plans, Saint Georges et le dragon, mais aussi la princesse et à l’horizon le château. Finesse et richesse des détails dans cette si petite estampe. Schongauer s’est inspiré d’un maître anonyme ES.

Rogier van der Weiden -Triptyque de la Famille Braque

Il s’inspire également de Rogier van der Weiden présenté dans l’exposition. 

Adoration des bergers

La peinture de Schongauer est très restreinte. Seules 7 oeuvres sur es panneaux de bois sont conservées et la fresque de Vieux Brisach. L’adoration des bergers est aussi un très petit format avec un luxe de détails, aussi bien dans les baluchons oubliés, le chapeau de paille, les physionomies des personnages et même des animaux. Le paysage est traité avec un soin extrême.

Annonciation

 

Le Retable de Saint Barthélémy et de Sainte Marie-Madeleine est peint sur les deux faces d’un côté les deux saints et à l’avers 4 saynettes du massacre des innocents. Mes deux tableaux préférés sont Noli me tangere avec des oiseaux et des grenades et La Vierge au Buisson de Roses

Noli me tangere
oiseaux (détail de La Vierge au buisson de roses)

Une vidéo explique les symboles dans ce « jardin clôt » symbolisant la virginité de Marie. le chardonneret avec sa huppe rouge = la passion du Christ, pinsons et rouge-gorge sont dessinés avec un soin extraordinaire, on voit la petite langue, une brindille dans un bec….

Fuite en Egypte

La suite de l’exposition est plutôt consacrée aux gravures. Schongauer a illustré l’histoire sainte. Les estampes ayant vocation à se multiplier et à être diffusées dans toute l’Europe, les chefs d’oeuvre de Schnongauer ont inspiré graveurs, orfèvres, émaux de Limoges, sculpteurs sur bois et même un jeu de 52 cartes!

Dürer : fuite en Egypte/

Albrecht Dürer admirait Schongauer qu’il appelait « le beau Martin »

On retrouve les mises en scène des estampes jusqu’à Cracovie ou en Espagne dans le retable de Montserrat de Bernat

Saint Antoine tourmenté par les démonts – Bernat

Impossible de rendre compte de tous les chefs d’oeuvres présentés au Louvre. Malheureusement il reste très peu de temps pour aller les voir

Giovanni Segantini – Voglio vedere le mie montagne – musée marmottan-monet

Exposition temporaire jusqu’au 16 aout 2026

Giovanni Segantini (1858 -1899) né à Arco dans le Trentin austro-hongrois, passe sa jeunesse en Lombardie. Après une enfance chaotique, il est même interné dans une maison de redressement pour vagabondage, il regagne Milan pour devenir peintre. 1880 s’installe dans la Brianza à Puisano, puis à Savognin dans les Grisons.

La cueillette des cocons

Segantini a peint les montagnes, paysages et habitants. Il apporte le même soin à décrire la vie rurale, le travail des bergers et les animaux.

Dernier Labeur

Dernier labeur évoque la peinture de Jean-François Millet .

Effet de lune

Il porte un regard attentif aux bergers et aux moutons qu’on retrouve sur nombreux tableaux. Il joue avec les effets de lumière (il a été assistant dans l’atelier de photographie de son demi-frère).

les deux mères (très grand tableau 2 m)

Une autre thème de prédilection est la maternité. La mère et l’enfant sous la lampe, dans l’ombre : la vache et son veau. Un autre tableau montre les deux mères : la femme et une brebis.

Ave Maria à la Traversée

Ave Maria à la Traversée est l’oeuvre que j’ai préférée. La composition est particulièrement intéressante. Les deux arceaux de la barque amorcent la composition circulaire. Cercle des rides de la surface de l’eau mais surtout cercles de lumière (cela ne se voit malheureusement pas sur ma photo). Presque au milieu de l’horizon le soleil se couche et les rayons irradient le ciel et se reflètent sur le miroir de l’eau. 

les deux mères

Dans ses paysages de haute montagne, il peint selon le divisionnisme en utilisant une technique différente de Seurat ou Signac qui sont plutôt pointilliste. Il peint des traits fins. 

Certains paysages sont beaucoup plus précis, presque photographiques

Segantini meurt en 1899 en descendant du Schafberg « Je veux voir mes montagnes » sont ses dernières paroles.

Brion Gysin – Le dernier musée -au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

Exposition temporaire jusqu’au 12 juillet 2026

Louis Jammes Portrait de Brion Gysin

Né à Londres en 1916 d’origine canadienne, il revient à Londres à 16 ans. En 1934 s’inscrit à la Sorbonne et fréquente les milieux de Montparnasse et les surréalistes. Invité à exposer en  1935 avec les surréalistes.

Dessin surréaliste 1935

Sa période parisienne et surréaliste est sous le thème du rêve « REVER »: sont présentés des dessins de petites toiles, des décalcomanies, des estampes et des textes sur les champignons et aventures hallucinogène (mescaline, psilocybine). Deux encres de Victor Hugo figurent ici.

De 1940 à 1943, Brion Gysin s’installe à New York où il fréquente les milieux underground noirs et Broadway. En 1944, il est appelé sous les drapeaux et affecté à une unité d’espionnage où il découvre le Japonais et la calligraphie japonaise.

marrakech : marché des bicyclettes

VOYAGER

1950 il découvre le Maroc, sillonne le pays, s’installe à Tanger y ouvrira un restaurant. Toute une salle montre cette aventure marocaine, on y éntend la musique Jajouka. De grandes toiles colorées représentent le désert mais j’ai préféré les petits formats, aquarelles aux dessins très précis

After Midnight in Marrrakech

Un peu dans la même veine, j’ai aimé les fenêtres du Palais de Peggy Guggenheim à Venise

My window at Peggy Guggenheim’s palace

PERMUTER/ECRIRE/DESSINER

Calligraffiti on fire (1985)

 

La salle suivante est très colorée.Le très grand Calligraffiti (16 m) occupe tout un mur, les cimaises qui lui font face sont occupée par des tableaux abstaits  très colorés, flashy, avec des motifs récurrents, Cette salle correspond à sa technique de cut-ups: à l’aide d’un cutter (exposé dans une vitrine) l’artiste découpe un texte et le réarrange aléatoirement. Le cut-off peut concerner un texte littéraire comme un motif pictural. Je me suis un peu embêtée dans cette section. Seul un tableau m’a attirée : Rustique olivette à la Ciotat

Rustique Olivette à la Ciotat (1959)

A la Ciotat, Brion Gysin a rencontré Chester Himes, Paul Celan, Schwarz-Bart. Il y était question de peinture mais aussi de littérature, de poésie. D’ailleurs l’activité littéraire de Brion Gysin est aussi documentée. En particulier avec Burroughs qui pratique aussi le cut-up

Brion Gysin et William S Burroughs (1985)

En revanche j’ai bien aimé les calligraphies surtout quand il surimprime calligraphie arabe et texte japonais.

Cuts d’écriture arabe collés sur une page d’écriture japonaise

Un dessin très émouvant est celui de l’hommage de Keith Haring à Brion Gysin

Hommage de Keith Haring
FOR MY TEACHER
LOVE ALWAYS
LOVE ALL WAYS
LOVE WAYS ALL

La Dreamachine est un procédé de projection de la lumière à travers un cylindre qui tourne. 

Dreeamachine (à plat)

LE DERNIER MUSEE

Beaubourg 1975

Dernière partie de l’exposition éponyme. Le Dernier musée est le titre d’un livre de Brion Gyson CLIC

Le dernier musée
Beaeubourg

C’est aussi le titre d’une série de 10 clichés pris lors de la construction du Centre Pompidou. En 1973 Brion Gysin s’installe 135 rue Saint Martin en face du chantier de ce qui allait devenir le Centre Beaubourg. Il dessine, photographie la structure en exosquelette qui le fascine.

Je ne connaissais ni le plasticien, ni le poète, ni ses amis de la Beat-Generation bien que les noms me soient familiers et cette découverte est une bonne surprise. Dépêchez vous d’aller au Musée d’Art Moderne, l’exposition ferme ses portes à la fin de la semaine prochaine!

Hilma af Klint, Les peinture du Temple (1906-1915) au Grand Palais

Exposition temporaire jusqu’au 30 Aout 2026

Hilma af Klint (1862-1944) peintre suédoise, est une découverte pour moi. Pionnière de l’abstraction, mais aussi théosophe. La visite de l’exposition nous conduit dans des chemins que je n’ai pas l’habitude d’emprunter : cheminements spirituels dans les cercles spirites, dialogue avec les morts. Je suis hermétique à ces considérations. Il faut être Victor Hugo pour m’intéresser un instant aux guéridons qui contactent les défunts.Malgré mes préventions, Hilma af Klint a su, non seulement capter mon attention le temps d’une visite d’exposition mais aussi me séduire. 

Peintures du Temple

Il faut envisager sa peinture dans un collectif de 5 femmes  : De Fem qui cherchent à se démarquer de l’atmosphère matérialiste capitaliste en réalisant des oeuvres à partir de griffonages automatiques au crayon, puis au pastelavec des résonnances cosmiques. 8 peintures roses sur le thème de l’amour ou un cycle Evolution (1908) va mettre en image le grand récit de l’Evolution, de la Transformation de la condition humaine spirituelle pour finir par une émancipation spirituelle = une fleur au coeur spirale. j’avoue ne pas être plus séduite que cela du galimatias des cartels. Curieuse, intéressée mais pas convaincue. On peut rechercher les symboles, lire les inscriptions dans le Chaos originel WU/rose, U étant l’esprit, bleu le féminin, jaune le masculin, vert androgyne. je prends cela pour un jeu intellectuel.

Evolution : ensemble de 6 tableaux

En revanche quand je découvre les grandes figures, je suis impressionnée par les couleurs et la puissance des compositions. Je ne suis pas fan du rose des cycles précédents. 

Grand tableau orange

les grands tableaux font aussi partie de cycles qui racontent une histoire : les âges de la vie. Les cartels voient une précurseure du psychadélisme avec les arabesque florales. 

Cygne (1914-1915) : ensemble

Un autre ensemble  : le Cygne est constitué de 23 peintures représentant le conflit entre le bien et le mal. un nouveau groupe s’et formé autour d’elle 12 femmes sont associées chacune à une couleur . La Colombe associe des symbloes chrétiens comme le Saint Esprit (la colombe) Saint George et Saint Michel combattant le dragon. Une série montre une femme crucifiée et l’exposition se termine par un magnifique retable.

Retable

 

La Corée au Musée Guimet – Restaurant Hanok

A la sortie de l’exposition Silla nous avons déjeuné coréen dans le restaurant du musée. La carte est difficilement compréhensible pour le novice. Nous avons choisi un bulgogi lamelles de boeuf mariné puis mijoté et servies avec des légumes dans une sauce parfumée. Dans un bol métallique (en bas à gauche) du riz avec des coupelles contenant, haricots verts, chou, racine de lotus. Les baguettes sont métalliques, très design

.

pour dessert des mochi, mangue, thé vert ou litchi. Délicieux.

Pour un plat, un dessert et un thé comptez 29€

La Corée au Musée Guimet : K-beauté -Beauté coréenne histoired ‘un phénomène

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 6 juillet

Affiche de l’Exposition Beauté Coréenne

Récemment, dans le métro parisien, la cosmétique s’affichait proposant des produits de beauté. K-beauté, K-pop, la Corée a le vent en poupe, très populaire chez les jeunes qui reproduisent les chorégraphies s’inspirent de la mode, des gadgets et des mangas.

Qu’est-ce qu’être belle ou beau en Corée?

Scènes de la vie coréenne

L’exposition propose des portraits de beauté selon les canons de la période Joseon (1392-1910)

Femme se coiffant- attribué à Kim Hongdo

les coiffures sont spectaculaires. L’exposition fait une belle place auxe soins des cheveux, les postiches, les peignes et les aiguilles à chignon .

Costumes traditionnels : hanboks

Une section est connsacrée aux cosmétiques, remèdes et soins . Un  traité médical de 1613, est présenté dans une vitrine avec les poudres, les produits utilisés pour la toilette (grande importance de l’hygiène, ablutions et aux soins des cheveux) des poudres, des huiles parfumées sont également présentés. 

la Nouvelle Femme

Dans les années 1920 -1930, la Corée subit de profondes transformations avec l’infljuence du cinéma et des magazins féminins qui diffusent les clichés de la modernité.

Après la Guerre de Corée,  (1950-1953)la partition du pays, la beauté se trouve « en reconstruction » avec l’influence de l’industrie du divertissement américain. 

Affiche des J.O. de Séoul 1988

Les Jeux Olympiques de Séoul (1988)procurent à la Corée une notoriété culturelle. A partir de 2010, le préfixe K-se décline dans les exportations culturelles dont la K-beauty : industrie cosmétique mais aussi cinématographique, et essor de la K-pop. Les vedettes de la K-pop témoignent de la recherche esthétique qui combine les canons traditionnels du Joseon à une imagerie futuriste

Bâtons lumi neux et différents accessoires

Cependant ce rapport à la beauté avec des canons précis est une réalité contraignante : régimes alimentaires, chirurgie esthétique..

une vidéo présente l’histoire d’une jeune fille qui ne peut pas nouer de relation avec des garçons parce que son image n’est pas conforme. L’exposition ne fait pas l’impasse sur ce conformisme induit par la dictature de l’apparence.

Lee Miller au Musée d’Art Moderne

Exposition temporaire jusqu’au 2 août 2026


Attention! Exposition très prisée, réservation recommandée! Même avec résa, queues à prévoir.
Lee Miller est un personnage romanesque. Au-delà de la qualité exceptionnelle des photographies, on peut visiter cette exposition en s’attachant au parcours de vie de Lee Miller.

« je suis née dans la chambre noire et c’est là que j’ai grandi »

Lee Miller : 1932 autoportrait

Elisabeth Miller nait en 1907. En 1917, elle reçoit son premier appareil photo. Visite l’Exposition Art Déco de Paris 1925. En 1927, engagée comme mannequin, elle adopte le prénom androgyne Lee, correspondant mieux à son caractère indépendant. 1929, Elle se présente à Paris pour étudier la photographie comme apprentie de Man Ray. En 1930, installe son propre studio-photo.

Nu penché vers l’avant 1930 – Lee Miller

Auprès de Man Ray (Emmanuel Radnitzky) elle apprend diverses techniques, dont la solarisation, elle développe les négatifs de Man Ray, même se les approprie en les retravaillant. Difficile, dans l’exposition de distinguer les photos des uns ou des autres

Têtes mises sous cloche – Man Ray et Lee Miller

1930, elle joue le rôle de la statue dans le film de Cocteau : Le sang d’un poète dont un extrait est projeté à l’entrée de l’exposition.

Une section de l’exposition UN REGARD SURREALISTE (1929-1932) on voit des photos de Paris avec des cadrages originaux et des portraits des artistes se rattachant à cette mouvance.

Portrait de l’espace près de Siwa 1937

En 1934, Lee Miller épouse Aziz Eloui Bey, et s’installe au Caire, suit des cours d’arabe, de chimie, voyage à Jérusalem et photographie l’Egypte selon des angles variés comme le Portrait de l’espace ou le goudron fondu, elle documente aussi la modernité de l’Egypte avec les tours d’une cimenterie à Helwan, l’ombre projetée sur Gizeh de la Pyramide de Chéops.

Cornouailles,1937, quatre endormies Lee Miller, Leonora Carrington, Nusch Eluard,

1937, rencontre Roland Penrose, peintre, photographe et poète britannique surréaliste. Ils passent à Mougins (portrait de Picasso) puis en Angleterre.

1938 Sur la route en Roumanie

1938, voyage en Roumanie avec Penrose , ils rencontrent l’ethnomusicologue Harry Brauner, frère de Victor Brauner, peintre surréaliste
ARTISTES ET AMIS

Leonora Carrington
Lee Miller a fait le portrait de nombreux artistes, je reconnais au passage Picasso, Cocteau, Colette, Magritte, Leaonora Carrington, Dora Maar….

Elle fait également des photographies de mode pour le magazine Vogue
SOMBRE GLOIRE : BRITAIN AT WAR

Lee Miller, correspondante de guerre

La guerre les fixe d’abord en Angleterre. Lee Miller se fait photojournaliste, elle photographie pour Vogue Londres sous le Blitz. Ses photographies sont destinées à influencer le public américain pour amener les Etats Unis à s’impliquer dans le conflit. En 1942, elle est accréditée par Vogue comme correspondante de guerre.

En Angleterre, elle fait le portrait de femmes militaires en guerre, de pilotes, radios, mais aussi d’ouvrières, de plieuses de parachute
SUR LE FRONT 1944

Lee Miller n’est autorisée à se rapprocher des combats qu’en 1944. Une série montre Saint Malo en guerre. Elle documente mais garde son regard surréaliste quand on voit un canon sous une nappe de dentelle ou des scènes étranges. Une de ses photos sera censurée : celle qui montre la nouvelle arme secrète : le napalm.

1944, Libération de Paris, ce sont les retrouvailles avec Picasso, Dora Maar, Nusch Eluard …

1945, elle suit les troupes alliées en Alsace. Un cliché est tout à fait original : en ligne directe avec Dieu un calvaire a été touché, le support des pieds du Christ se trouve pris dans les cables électriques emmêlés d’un pylône bombardé.
IL FAUT LE CROIRE : BELIEVE IT
Elle découvre Dachau, couvre le procès de Pétain. En plus des photos, rédige des textes. La salle présente des planches-contacts de cette réalité atroce. Les organisateurs de l’exposition du MAM prient les visiteurs de ne pas prendre de photos. Cela se comprend. Elle documente l’impensable pour que le monde la croit.

Comme une purification, avec Schermann ils accèdent à l’apartement de Hitler encore intact et se baignent dans la baignoire d’Hitler.

Henry Taylor – Where Thoughts Provoke – au Musée Picasso

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

Triptyque réalisé pour la Biennale de Venise 2019 Toussaint Louverture/Remember the Revolution#1 Glenn Ligon/ funérailles de Carole Robertson Alabama 1963

Henry Taylor est né en 1958 en Californie. L’exposition du Musée Picasso est une rétrospecfive présentant les différents aspects de l’oeuvre du plasticien; retracçant le cheminement de l’artiste qui fut soignant en psychiatrie dans les années 70-80, puis entreprit des études de journalisme en 1981,  s 1993-1996. Sa première exposition à New York en 2005. 

Screaming head

J’imagine, en regardant cette tête hurlante, la douleur d’un patient que Taylor a rencontré. Un cartel explique que ses patients « faisaient partie des plus belles personnes au monde »

Neighborhood Council

« The weight of ordinary » : le plasticien s’empare d’objets : boites, caisses, meubles qu’il repeint et assemble. « Comme une jungle » (2010) est constitué d’assemblages de bidons qui évoquent la sculpture de Louise Nevelson, que j’ai vu récemment à Pompidou-Metz. Les bidons font aussi penser à des masques africains, à des visages. 

The 4th July – Barbecue pour la fête nationale américaine. j’ai laissé exprès la passante pour donner l’échelle de ce très grand tableau

 

Henry Taylor se décrit lui-même comme « chasseur-cueilleur d’images » il peint une chronique sociale des américains de la marge, des laissés pour compte. Une salle du musée a pour titre « Témoins » une autre « Icones » où figurent des sportifs, et curieusement, on croit reconnaître Martin Luther King  qui joue au ballon. 

jacky Robinson premier joueur noir à intégrer une Ligue de Baseball en 1947 ouvrant la voie à de nombreux joueurs noirs

Son récit inclue aussi la mémoire collective de la Grande Dépression, les communautés rurales

mary had a little lamb (on ne voit aucun agneau dans le tableau)

Taylor est attentif aux marginaux comme le Haïtien qui lave le parebrise au feu qu’il peint de sa voiture

Haitian worker

ou aux vétérans du Vietnam

My brother Gene, the tunnel rat

Taylor rend visible les inégalités, les violences, les discriminations. Dans Trail 2005, il évoque l’activiste George Jackson, emprisonné par son numéro de matricule, il représente un policier et je reconnais le portrait de Bob Dylan qui lui a consacré une chanson

Trail 2005

Autre tableau très violent

TheTimes  they aint changing fast enough (2017)Philando Casti le mortellement touché lors d’un contrôle routier allongé sur la banquette de la voiture avec le pistolet meurtrier encore braqué sur lui.

Si on rapproche les deux tableaux, on pense clairement à la chanson de Dylan The Times are a’changing

Chroniqueur de la vie américaine, Taylor revisite aussi les tableaux de la peinture comme le Déjeuner sur l’herbe ou les Demoiselles d’Avignon

From Congo to capital and black again

C’est une belle découverte que cette peinture afro-américaine qui s’affiche en ce moment à Paris avec Mickelene Thomas image glamour, féminine/féministe. 

Adya et Otto van Rees au Musée de Montmartre

Exposition temporaire jusqu’au 13 septembre 2026

Adya (1876-1959) et Otto van Rees (1889-1957)sont deux artistes néerlandais qui s’installent en 1904 au Bateau-Lavoir et se lient d’amitié avec Arp, Juan Gris, Blaise Cendrars, Kees Van Dongen, Zadkine et d’autres .Ils sont donc chez eux au Musée de Montmartre qui leur consacre une rétrospective. Je fais donc connaissance avec ce couple d’artistes que je ne connaissais pas. Cette visite est aussi l’occasion de traverser l’évolution de la peinture au cours de la moitié du XXème siècle. 

Fleury en Bière

En 1905, le couple s’installe à Fleury-en-Bière, près de Barbizon. Ils peignent des tableaux fleuris et colorés par petites touches presque divisionnistes. Après un Grand Tout en Italie, ils s’installent à Paris et se marient en 1909.

Adya : Portrait d’Otto (1908)
Otto : Portrait d’Adya au chapeau (1909)

Leur peinture évolue, une série montre des à-plat cerclés d’une ligne nette. héritage du cloisonnisme, héritage de Paul Gauguin ou d’Emile Bernard.  D’autres sont influencés par le cubisme

Otto van Rees 1910 Mère et enfant

On pourrait prendre certains tableaux pour ceux de Juan Gris. Otto sculpte aussi une tête de Adya cubiste.

Adya 1914 Deux religions

Pendant la Première Guerre mondiale, Otto est mobilisé, Adya se convertit au Catholicisme. On voit leurs deux visages séparés.

En 1919, au cours d’un accident ferroviaire leur fille Adyta décède. Ils quittent Paris pour Zurich et participent au mouvement Dada. 

Otto van Rees Carré et Cercle

Ils suivent aussi le mouvement Carré et Cercle expérimentant tous les styles différents. Ils ne se contentent pas de peindre, Adya se consacre aussi à la broderie 

 

Otto van Rees : Adya brodant

l’exposition montre plusieurs broderies d’Adya, certaines de petit format et la très grande très belle tapisserie Dieu avertit

Adya van Rees : 1929 Dieu avertit

En conclusion, je recopie le cartel en fin d’expostion

ODE A ADYA

REGARDS CROISES

Otto Van Rees : Adya dans l’atelier

Exposer un couple d’artistes pose un défi : la disponibilité des sources est souvent inégale et a été longtemps biaisée par un regard masculin. La disparité du nombre des oeuvres relfète un écart réel de productions d’Adya en faiosn du nombre restreint de recherches qui lui ont été consacrées.

Au Pays Bas, Adya van Rees-Dutilh est reconnue comme l’une des premières artistes à pratiquer l’abstraction ainsi que pour son rôle dans les débuts du dadaïsme . lezs oeuvres divisionnistes, de ses débuts la force de sese dessins cubistes proche de l’orphisme côtoient des broderies expérimentales et d’autes créations classées parmi les « arts mineurs », tissus, affiches, jouets.

Adya est plus souvent représentée par Otto que l’inverse, apparaissant « à l’oeuvre » en train de peindre ou de broder. Otto lui rend hommage dans une nature morte intégrant un détail de sa vaste broderie Dieu avertit. Il exprime son admiration pour la capacité d’Adya de garder sa maitrise.

par son engagement antibourgeois et s volonté de transmettre des valeurs spirituelles et ethiques à travers l’art Adya montre combien la contribution des femmes à l’art du  XXème siècle et essentielle.

Qu’ajouter à  ce texte?

La Maison-Atelier de Chana Orloff, villa Seurat

ATELIER D’ARTISTE NON LOIN DE MONTPARNASSE

Maternité

Il convient de réserver sur Internet sur le site de la Maison de Chana Orloff.(www.chana-orloff.org). Elle est ouverte le week-end et certains mercredis. Pour y aller : métro ligne 6, station Saint Jacques et prendre la rue de la Tombe-Issoire.

« mon fils marin » de Chana Orloff, place des Droits de l’Enfant

Quand vous aurez trouvé Didi dans le petit square vous serez presque arrivés! Chana Orloff est une artiste qui me touche beaucoup aussi bien pour la qualité de ses oeuvres que pour son histoire.

Chana Orloff

Chana Orloff est née en Ukraine en 1888, qu’elle a quitté avec sa famille en 1905 pour la Palestine. En 1910, elle part pour Paris se perfectionner comme couturière, rencontre les artistes de Montparnasse, Soutine, Modigliani …En 1926 elle fait construire sa maison-atelier dessinée par Auguste Perret

Auguste Perret

Cet atelier son « travailloir » comporte un espace d’exposition, sorte de galerie, un atelier éclairé par une verrière et un appartement en étage. Cent ans plus tard je retrouve les oeuvres exposées

Portrait de ses contemporains

Chana Orloff a réalisé de nombreux portraits très originaux. Elle saisit les traits caractéristiques d’un personnage sans toutefois tomber dans la caricature. J’ai regretté qu’un inventaire de ces contemporains n’ait pas été fait. La guide, très aimable m’en a montré quelques un dont Anaïs Nin qui était sa voisine. Des têtes mais pas seulement. Sur les bustes ou sur les personnages en pied, on peut noter le soin porté aux accessoires, aux costume bien taillé : l’oeil de l’ancienne couturière!

Personnages mais aussi animaux comme ce teckel

Un de ses sujets favoris sont des maternités, ce qui n’allait pas de soi pour les pionnières de l’époque comme Anaïs Nin, ou les Amazones qu’elle fréquentait.

Naturalisée française (et décorée) en 1925, elle reste à Paris pendant l’occupation allemande, prévenue juste avant la rafle de juillet 1942, avec sont fils, elle fuit en Suisse jusqu’à la fin de la guerre. Pour retrouver sa maison pillée, ses sculptures disparues. Seules 4 seront retrouvées.

Le Retour

Son style va changer, elle va prêter moins de soin aux détails vestimentaires. Surfaces plus rugueuses. Le Retour restera donc caché longtemps avant d’être présenté.

Après la naissance de l’Etat d’Israël, elle va y travailler. Une commande de statue à la mémoire de héros de guerre sera honorée avec la monumentale maternité d’Ein Gev

Maternité d’Ein Gev

Elle décède à Tel Hashomer en 1968.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la biographie que lui a consacrée Rebecca Benhamou : L’horizon a pour elle dénoué sa ceinture CLIC

Le livre commence au kibboutz Beeri, kibboutz victime du 8 octobre, encore une maison détruite, une maison pillée. La statue des Inséparables a disparu, volée? détruite?

Inséparables

la musée de la Maison de Chana Orloff organise à l’étage des expositions : en ce moment La Guerre et la Paix

Guerre et Paix