Henry Taylor – Where Thoughts Provoke – au Musée Picasso

Exposition temporaire jusqu’au 6 septembre 2026

Triptyque réalisé pour la Biennale de Venise 2019 Toussaint Louverture/Remember the Revolution#1 Glenn Ligon/ funérailles de Carole Robertson Alabama 1963

Henry Taylor est né en 1958 en Californie. L’exposition du Musée Picasso est une rétrospecfive présentant les différents aspects de l’oeuvre du plasticien; retracçant le cheminement de l’artiste qui fut soignant en psychiatrie dans les années 70-80, puis entreprit des études de journalisme en 1981,  s 1993-1996. Sa première exposition à New York en 2005. 

Screaming head

J’imagine, en regardant cette tête hurlante, la douleur d’un patient que Taylor a rencontré. Un cartel explique que ses patients « faisaient partie des plus belles personnes au monde »

Neighborhood Council

« The weight of ordinary » : le plasticien s’empare d’objets : boites, caisses, meubles qu’il repeint et assemble. « Comme une jungle » (2010) est constitué d’assemblages de bidons qui évoquent la sculpture de Louise Nevelson, que j’ai vu récemment à Pompidou-Metz. Les bidons font aussi penser à des masques africains, à des visages. 

The 4th July – Barbecue pour la fête nationale américaine. j’ai laissé exprès la passante pour donner l’échelle de ce très grand tableau

 

Henry Taylor se décrit lui-même comme « chasseur-cueilleur d’images » il peint une chronique sociale des américains de la marge, des laissés pour compte. Une salle du musée a pour titre « Témoins » une autre « Icones » où figurent des sportifs, et curieusement, on croit reconnaître Martin Luther King  qui joue au ballon. 

jacky Robinson premier joueur noir à intégrer une Ligue de Baseball en 1947 ouvrant la voie à de nombreux joueurs noirs

Son récit inclue aussi la mémoire collective de la Grande Dépression, les communautés rurales

mary had a little lamb (on ne voit aucun agneau dans le tableau)

Taylor est attentif aux marginaux comme le Haïtien qui lave le parebrise au feu qu’il peint de sa voiture

Haitian worker

ou aux vétérans du Vietnam

My brother Gene, the tunnel rat

Taylor rend visible les inégalités, les violences, les discriminations. Dans Trail 2005, il évoque l’activiste George Jackson, emprisonné par son numéro de matricule, il représente un policier et je reconnais le portrait de Bob Dylan qui lui a consacré une chanson

Trail 2005

Autre tableau très violent

TheTimes  they aint changing fast enough (2017)Philando Casti le mortellement touché lors d’un contrôle routier allongé sur la banquette de la voiture avec le pistolet meurtrier encore braqué sur lui.

Si on rapproche les deux tableaux, on pense clairement à la chanson de Dylan The Times are a’changing

Chroniqueur de la vie américaine, Taylor revisite aussi les tableaux de la peinture comme le Déjeuner sur l’herbe ou les Demoiselles d’Avignon

From Congo to capital and black again

C’est une belle découverte que cette peinture afro-américaine qui s’affiche en ce moment à Paris avec Mickelene Thomas image glamour, féminine/féministe. 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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