Les Oxenberg & les Bernstein – Interview de l’auteur Catalin Mihuleac par Andrei Martin (traduit du Roumain)

BUCAREST/PARIS

Les billets du Carnet Paris/Bucarest sont l’œuvre de mon correspondant Roumain George qui intervient souvent dans les commentaires du blog en ce qui concerne l’Europe de l’Est et particulièrement la Roumanie. 

Comme je lui ai demandé son avis sur le roman de Catalin Mihuleac, George a eu la gentillesse de traduire en Français un article d’une interview de cet auteur 

Vous reconstruisez, en effet, les détails du pogrom de Iasi, à partir de 1941. Il y a quelques passages sur la dépossession des Juifs, sur les actes de vandalisme dirigés contre eux, sur la manière dont ils ont été brutalement battus dans les rues de la ville. Sur le viol, sur les trains de la mort. Que signifie pour un écrivain d’aborder ce thème historique?

 Cela dépend de la façon dont il le fait. S’il maintient un niveau contemplatif, il n’obtiendra pas une œuvre d’art, mais un post-scriptum littéraire. Si, cependant, il s’implique et plonge dans les eaux de l’histoire, alors un travail profond en sort. En parlant de prix personnel. Pour moi, écrire ce livre m’a beaucoup consommé. Je rencontrais des amis et j’étais probablement tellement physiquement changé qu’ils m’ont demandé si quelqu’un était mort.

Quels sont les avantages de la fiction par rapport à la perspective purement historique?

La fiction aide à construire un récit chaleureux, contrairement à la froideur de l’histoire. La fiction donne des matériaux de construction, la fiction sort les gens des statistiques et les transforme en personnages. La fiction anime des événements dans les manuels. Je pense qu’en fin de compte, c’est le grand avantage du livre: qu’il parvient à regarder non pas la partie rationnelle de l’être humain, mais sa partie émotionnelle.

Dans les quatre parties du livre, toutes sortes de personnages apparaissent; il existe de nombreuses familles sur deux continents, dont certaines semblent inspirées par la réalité. Comment avez-vous construit les personnages?

Il existe trois types de personnages dans le roman. Certains sont réels à cent pour cent, et je ne parle pas seulement de personnalités comme Antonescu ou le colonel Chirilovici, le chef de la police de Iasi, mais aussi de personnes moins connues comme Carol Drimmer, un intellectuel juive qui a travaillé sur la traduction allemande de “l’anthologie de la nouveau roman”. C’était un érudit avec une ouverture européenne, une sorte d’ancêtre de Patapievici, qui voulait promouvoir la culture roumaine dans le monde. Il était germaniste et est mort dans les trains de la mort, maudissant Hitler. Il y a d’autres personnages, qui ont de la vraie fibre, mais avec une couverture fictive. Et d’autres sont à cent pour cent fictifs. Ma surprise a été de rencontrer des lecteurs convaincus que certains personnages de fiction sont à cent pour cent réels. Je l’ai pris comme un compliment.

Quelqu’un m’a demandé si ce personnage – le gynécologue Jacques Oxenberg – existait vraiment. Et j’ai dit que puisqu’il opère dans les pages du livre, cela signifie qu’il existait. Mais ensuite je suis arrivé au point de l’histoire médicale. A savoir que la césarienne était pratiquée par des médecins juifs sur la mère décédée, depuis les temps anciens de l’histoire. En Roumanie du siècle dernier, il y avait une très bonne école gynécologique, dans laquelle les médecins juifs avaient une contribution essentielle.

Quelle est la place de la fiction dans un roman avec un fond historique?

 Je pense qu’un dosage judicieux est nécessaire. Il ne faut pas exagérer de part et d’autre, car ce genre de thème est très tendre, mais il est aussi très facile à rater, s’il n’y a pas de dosage parfait entre fiction et réalité historique.

En parlant de dosage: l’humour doit aussi être très bien dosé lorsqu’il s’agit de sujets sensibles. Il y a aussi beaucoup d’humour dans ce triste livre. Mais comment avez-vous eu le courage d’introduire des lignes ou des passages ironiques dans un livre aussi sérieux?

 Quand j’écris, je ne peux pas me contrôler. C’est mon style, parfois ironique; dramatique, à d’autres moments. La bande dessinée est un très bon conservateur pour une œuvre d’art. Aujourd’hui, nous apprécions ce que Swift et Mark Twain ont écrit. J’étais conscient que sans cet ingrédient, le livre n’aurait pas été digeste. Il n’aurait pas atteint l’homme pressé aujourd’hui, il n’aurait pas atteint la jeune génération en premier lieu. Et c’était mon objectif initial: que le roman atteigne la jeune génération, car c’est seulement là que nous pouvons façonner les âmes.

Même ainsi, dans quelle mesure cette histoire noire du pogrom de Iasi de 1941 est-elle connue?

Cela commence seulement à être connu. Dans le roman, je mentionne que, du temps de Ceausescu, tous les crimes ont été attribués aux troupes allemandes. Mais les Allemands n’ont participé, pour ainsi dire, qu’à un niveau contemplatif. Après les années 90, les gens ont commencé à parler de ce sujet, mais il y avait aussi un violent courant de négationnisme, qui se manifeste encore. Il y a autre chose: là où la presse roumaine met sa queue, l’herbe ne pousse pas beaucoup. Car la presse n’a pris que la partie sensationnelle et superficielle des événements. Celui qui lit ce qui était écrit dans les journaux n’a plus que l’image des prisonniers dans les trains de la mort, qui, à cause de la déshydratation, se buvaient l’urine.

En Roumanie, l’accès aux archives n’est pas facile. Bien sûr, il existe une bibliographie assez importante sur ce sujet, mais il semble que vous ayez fourni des détails inconnus jusqu’à présent. Comment vous êtes-vous documenté pour le livre?

Je suis arrivé à des détails inconnus parce que je ne voyais pas les choses à travers les yeux d’un historien. J’ai jugé tout document qui me tombait entre les mains, dans l’idée de la construction à laquelle je me suis attelé. Je l’ai traité purement émotionnellement. Je voulais, tout d’abord, comprendre la haine sauvage de cette époque, car je ne peux haïr personne, que ce soit chinois, musulman, quadrupède ou étranger. D’accord, l’incident m’a également donné un coup de main. Par exemple, j’ai réussi à me lier d’amitié avec un survivant des camps de concentration nazis, qui m’a aidé à comprendre ce qui se passe dans l’âme d’un homme qui est né avec un stigmate, vit toute sa vie avec lui et toute la stigmatisation pousse lui en permanence à la périphérie.

On retrouve aussi dans ce livre des descriptions très plastiques des rues, des maisons de Iaşi des années 1930 et 1940, c’est une cartographie qui semble presque exacte pour ceux qui ne connaissent pas Iaşi, en tout cas.

J’ai essayé, en utilisant les écrits des journaux de l’entre-deux-guerres, de reconstruire l’image de l’époque non seulement de Iaşi, mais aussi de Bucarest.

Même Vienne est décrite dans ce livre, il y a des descriptions exactes des lieux…

Surtout de l’hôpital Rothschild, où étaient hébergés les juifs qui ont fui illégalement de Roumanie après 1945. J’ai dû aussi le recomposer selon les documents de l’époque, car il a été démoli entre-temps. J’ai aussi vu des photos, j’ai lu des témoignages de la vieille presse internationale. Le New York Times, par exemple, a publié en 1947 une série de photojournalisme sur l’hôpital Rothschild par Henry Ries. Choquant. J’ai également dû marcher sur Vienne pour recomposer une promenade décrite à la fin du livre, lorsque tous les fils du récit commencent à se relier.

Que reste-t-il aujourd’hui de Iaşi des années 30 et 40? Cette ville est-elle toujours reconnaissable?

Pas tellement, car Iaşi est désormais un mélange malheureux entre ce qui a été préservé de l’histoire et le récent boom du développement urbain chaotique et ivre. Par exemple, le Jockey Club – l’un des endroits les plus raffinés de la ville, mentionné par Curzio Malaparte dans son livre, Kaputt, où il y a aussi quelques chapitres sur Pogrom – était une splendeur architecturale. Il a été démoli avec la soi-disant systématisation socialiste. Et elle n’est pas la seule victime de l’élan dévastateur. Iasi après la Révolution avait deux maires qui ont rempli leurs mandats dans l’inimitié. Il s’agit de Constantin Simirad et Gheorghe Nichita, tous deux du comté de Botoşani.

« Vous ne pouvez pas prendre le pays sur la semelle de la chaussure » – c’est une ligne souvent répétée dans le livre. Le sort du personnage Dora prouve cependant exactement le contraire.

 Oui, c’est en fait une clé du livre. L’un des personnages américains, Joe Bernstein, originaire de Iasi, répète ce mot de Danton. Mais il a un ajout subtil: vous ne pouvez pas prendre le pays sur la semelle de votre chaussure, dit Danton, « mais il y a toujours quelque chose dans le talon ». À la fin, sa belle-fille, Suzy, veut voir ce qu’il y a dans l’affaire. L’enjeu est son lien avec la Roumanie.

Pourquoi avez-vous choisi de placer une partie importante de l’action, celle d’aujourd’hui, précisément en Amérique?

 Voici la partie du spectacle. Sans une section américaine moderne, placée aujourd’hui, je ne pense pas que le livre serait arrivé là où il aurait dû, il n’aurait pas été digeste. Le récit se déroule à deux niveaux: un chapitre porte sur la Roumanie et l’entre-deux-guerres Iasi, le prochain chapitre sur l’Amérique, la Roumanie ou Vienne en 2000. Il y a un entrelacement permanent entre les chapitres à haute tension et d’autres qui sont plus légers et plus orientés bande dessinée. . Mais même ceux qui semblent faciles ont, à première vue, leur profondeur.

L’Amérique était en effet une destination pour les Juifs fuyant l’Europe des vagues d’antisémitisme. Comment la société américaine a-t-elle assimilé cet afflux de juifs de partout, en particulier d’Europe de l’Est?

 L’Amérique est un pays d’immigrants, bien qu’aujourd’hui elle vole toujours vers eux. De cet hôpital Rothschild – qui était en fait devenu une méga-hutte, même s’il servait autrefois de troupes SS «sélectionnées» – les destinations classiques étaient la Palestine et l’Amérique prometteuses. Mon personnage choisit l’Amérique, d’autant plus que le destin lui donne du fil à retordre. Amérique, parce que, enfant, il avait rêvé d’écrire des scénarios à Hollywood fondés par des juifs, l’Amérique où il espère échapper à la férocité des souvenirs.

Dans le roman, la famille Bernstein a construit un empire presque à partir de la vente de vêtements d’occasion, avec également des entrepôts en Roumanie. Pourquoi avez-vous choisi cette profession pour les personnages du livre?

 D’une part, c’est une métaphore, car nous portons des vêtements américains aujourd’hui, ce qui n’est pas forcément mauvais. En revanche, le métier de colporteur, vendeur de vieux vêtements, est typiquement juif, mais a longtemps été persiflé à travers l’histoire. Souvenons-nous que dans Les Trois Petits Cochons, le dessin animé de Walt Disney, le loup frappant à la porte des doux Goths était dépeint comme un colporteur juif. Hitler, un grand admirateur de Walt Disney, frottait probablement ses paumes de gratitude. L’Amérique est un pays qui promet et vous donne plus. Entre autres choses, il vous donne des vêtements. Il y a l’un des centres de la mode, le Garment District. Et je dirais que ce n’est pas un hasard si en Amérique, les vêtements fantaisistes sont moins chers qu’en Europe.

Que signifie le titre du livre?

Le titre du livre est simple en apparence seulement. Ils en ont trouvé assez pour le critiquer, car là où il y a peu d’amour, il est facile de trouver une raison. «L’Amérique sur le pogrom» peut signifier «l’Amérique portant le pogrom», comme un vêtement qui résiste aux atrocités de l’époque.

Pensez-vous que les citoyens américains sont conscients de cette histoire lointaine et géographique?

Ce sont des Américains et des Américains. Le réceptif peut être rendu conscient précisément à travers une œuvre d’art. Que saurions-nous du camp de Plaszków s’il n’y avait pas Schindler’s List, le film sorti de la plume de Spielberg? Pas par hasard, à Washington DC, il y a un musée de l’Holocauste, très bien développé. L’un des conducteurs est Radu Ioanid. De nombreuses photos du Pogrom de Iaşi ont été fournies par le SRI (The Romanian Intelligence Service)et y sont représentées, dans un secteur très développé.

La convention dans laquelle le roman est écrit est la suivante: le personnage du livre, Suzy Bernstein, vous a délégué, Cătălin Mihuleac, pour écrire son histoire. Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de cet artifice narratif?

 Êtes-vous sûr que c’est un artifice? Voulez-vous appeler Suzy Bernstein maintenant et lui parler un peu?

Je veux!

Peut-être que Suzy Bernstein existe. Quoi qu’il en soit, c’est l’un des mystères que je ne veux pas révéler. C’est une autre question fréquemment posée: si Suzy Bernstein existe vraiment. Ce que je dis sur le gynécologue Jacques Oxenberg est valide: car il est si féroce dans les pages du livre, cela signifie qu’il existe.

Mais l’un des grands défis de ce livre était que les deux principales voix narratives appartiennent aux femmes. Deux voix narratives, deux styles littéraires différents, qui sont également féminins. Dur, très dur… Car, contrairement aux hommes, qui représentent une masse plus prévisible, les femmes ont une structure beaucoup plus fine et très différente d’un spécimen à l’autre.

 

Le roman est structuré comme un bon scénario de film. Avez-vous pensé à un écran?

Il y a déjà eu quelques sondages. Je ne voudrais pas me presser, car le livre est très jeune. Il y a un dicton d’un grand écrivain juif, Danilo Kis: « N’oubliez pas que si vous touchez la cible, vous manquez tout le reste. » Je ne veux pas rater le reste. Le livre est comme une fille que je ne veux pas épouser à 17 ans. Je veux toujours voir ce qui lui arrive. Laissez-moi tenir son bal et peser celui qui l’invite à la danse. En parlant de cela, je rêvais d’une projection internationale. Parce que ce n’est pas un livre roumain; sa valeur est, je pense, universelle. Il peut réchauffer n’importe quelle âme sur cette planète.

Comment ce livre a-t-il été reçu, quelles réactions avez-vous reçues des critiques et des lecteurs?

 Avec ce livre, beaucoup de choses sont arrivées à l’élection présidentielle. Les leaders d’opinion du domaine littéraire ont préféré garder le silence. Même ceux qui avaient été violents à propos de mes livres précédents ont prétendu “qu’il pleuvait”. Les quelques chroniques – parues dans la Roumanie littéraire, Orizont, Observatoire culturel, etc. – ils étaient louables, d’un grand enthousiasme. Mais le livre a été massivement promu via le réseau parallèle, via Facebook, grâce à certaines personnes qui l’ont sorti de leurs seins et l’ont montré à leurs amis. C’est ce qu’est une vraie promotion aujourd’hui – un produit artistique doit pouvoir être sorti de son sein et passer d’âme en âme. Mais je ne veux pas penser à ce qui se serait passé si Facebook n’existait pas et n’avait pas autant de pouvoir.

Dans quelle mesure suivez-vous, dans quelle mesure êtes-vous intéressé par les revues littéraires, les chroniques?

Je m’en soucie trop peu. Les chroniques littéraires représentent rarement des jugements honnêtes. Ils appartiennent à des personnes relativement jeunes, qui sont déjà entrées dans toutes sortes de tourbillons et de jeux d’intérêt. J’ai l’impression de leur demander de ne pas valoriser leurs jugements de valeur.

Mes attentes à leur égard étaient différentes. Je m’attendais à ce que ce livre soit reçu avec plus de bienveillance. Je m’attendais à ce qu’il soit considéré par des jurys primés, mais malheureusement, ils sont principalement composés des mêmes critiques utilitaires dont nous parlons. Et tu sais quelque chose? Je ne serais pas surpris de lire un jour quelque chose sur les officiers couverts par la critique littéraire, sur ceux qui ont eu pour mission d’imposer certaines hiérarchies.

Je sais que les écrivains n’aiment pas être mis dans l’insectarium, ils n’aiment pas être catégorisés par générations, par cercles littéraires. Cependant, à quels écrivains roumains contemporains vous sentez-vous attaché?

 C’est difficile pour moi de dire cela, car la littérature n’a pas de frontières. Et j’ai essayé, au fil du temps, de gagner une voix distincte, et j’espère que chaque ligne que j’ai écrite est très personnelle. Je pourrais plutôt vous dire des écrivains universels auxquels je suis attaché. L’un d’eux est Dino Buzzati, un autre est Bohumil Hrabal, le Tchèque avec qui Bill Clinton, lors d’une visite à Prague, voulait absolument boire de la bière au Golden Tiger. Je n’oublierai pas Romain Gary, celui qui a brisé mon âme à quelques reprises, et il me l’a également recousue. Et il y a d’autres classiques que j’aime, à commencer par le duo d’Odessa, Ilf et Petrov; Il est, comme nous le savons bien, juif. Je me retrouve dans la caractérisation d’Ilf, qui murmurait timidement à l’oreille de Petrov: “Tu sais, Jenea, je suis l’une des dernières à franchir la porte”.

FIN

 

Du Rififi à Bucarest – Sylvain Audet-Gainar – Coll. Rouge

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Un polar réussi pour nous dépayser et nous faire voyager. Citybreak impossible? Partons pour Bucarest!

Tous les ingrédients pour le genre : de la baston, une enquête bien compliquée, des jeunes femmes sexy, du sexe, un chauffeur de taxi bien graveleux, un maître-chanteur….Pour la couleur locale : au centre-ville, un immeuble logeant des privilégiés de l’ancien régime (toujours en place 40 ans plus tard), des rues grises et défoncées dans des quartiers moins huppés.

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Arthur, gallo-dace,  est venu de France liquider la succession de son oncle qu’il n’a jamais rencontré . A peine installé dans l’appartement dont il a hérité, il est défiguré à coup de poêle à frire par un agresseur invisible.  Après une seconde effraction, Arthur décide d’enquêter sur la vie de son oncle. Une archiviste, un historien l’aideront à dépouiller les Archives de la Securitate : son oncle était un médecin proche des Ceausescu, gynécologue.

Ce joyeux mélange entre Retour vers le futur, Good Bye, Lenin ! et le Petit Nicolas m’a aussitôt fait regretter qu’un appareil aussi fantastique n’existe pas dans la réalité.

Il obtient le concours d’alliés un peu baroques : un grand-père amateur de Frédéric Dard et son petit-fils de 5 ou 6 ans aux déguisements fantaisistes particulièrement mal embouché mais très sagace, un Don Juan chargé de nombreuse et encombrante famille, une vieille voisine fouineuse et tenace et même une étoile du cinéma roumain.

Mais suis-je tant à plaindre ? Après tout, je profite de l’aide précieuse d’une sacrée escouade ! Un pote aux petits
oignons, une urgentiste aussi compétente qu’affriolante, son fripon de fils champion du monde du déguisement
et toujours flanqué de son sémillant grand-père philosophe, deux historiens caractériels aux connaissances titanesques, un commissaire mordu d’espionnage, un homo expert en confession sur l’oreiller et maintenant, l’une des actrices les plus renommées de Roumanie !

 

Je ne vous dévoilerai pas l’intrigue ni les épisodes qu’on pourrait qualifier de baroques, de surréalistes et même parfois de grotesques. Je vous laisse découvrir et profiter de cette lecture distrayante.

Vous n’avez pas connu ces temps-là, jeune homme. Quand on recevait un ordre émanant de si haut, on s’y
soumettait sans rechigner. Aussi absurde qu’il fût ! Ne faites pas cette tête-là, mon garçon ! J’ai travaillé toute ma vie comme journaliste pour le journal Scânteia.

Par delà la rigolade, l’intérêt historique :  la période Ceausescu et ses suites.

L’épilogue en 2017 et le mouvement #REZIST :

« Assisterait-on enfin au réveil d’une conscience civique en Roumanie bientôt trente ans après la chute de la dictature?

Rien n’est moins certain

Cet espoir me procure cependant une ivresse incroyable »

Mère et fils de Călin Peter Netzer (Roumanie)

BUCAREST/PARIS

Film très noir.

Qu’est-ce qui est plus tragique? Les rapports entre Cornelia, la mère possessive sexagénaire, et son fils, Barbu 34 ans veule qui tente de  s’en affranchir mais se laisse entretenir. Ou l’accident où meurt un gamin de 14 ans, heurté par Barbu qui conduisait à grande vitesse à l’entrée d’une agglomération.

Cornelia, architecte, décoratrice, scénographe et sa sœur, médecin vont contacter toutes leurs relations pour éviter à  Barbu un procès pour homicide. Ces bourgeoises dans leur manteau de fourrure sont confrontées à des campagnards modestes. Opposition de deux milieux. Arrogance des deux bourgeoises qui téléphonent à des gens connus dans le commissariat. Corruption à tous les niveaux.  Les policiers ont l’air honnête, mais à la deuxième entrevue le policier trouve qu’une architecte pourra peut-être intervenir dans le permis de construire sur le bord d’un lac. Acheter un  témoin paraît facile, pas tant que cela, le témoin demande une somme folle! Cornelia espère par toutes ces manœuvres regagner son emprise sur son fils….

Peu d’espoir, pas de tendresse dans les rapports familiaux, très oppressants.

Seule leçon de dignité: chez les parents de l’enfant décédé. Douleur.

Ce n’est pas franchement un divertissement mais les acteurs sont tous excellents, , ils jouent juste. Film bien très construit. Une tragédie dans la Roumanie d’aujourd’hui.

Les noix confites, une recette venant de Roumanie

BUCAREST/PARIS

Dans cette rubrique, je laisse la parole à George qui commente souvent mon blog.

 

Chez nous, les noix sont récoltées au début du Juin. C’est pourquoi je ne peux pas vous conseiller quand vous pouvez les récolter dans votre région..Cela dépend du climat(Par exemple: Ici nous sommes autour de la “parallèle 35” ), En tout cas, on les récolte avant que la coquille  ne commence à durcir, quand elles ont un diamètre de approx. 2 ou max.3 cm. Et il ne faut pas cueillir les noix et les laisser/oublier dans un coin en pensant que vous n’avez pas du temps et/ou que vous pouvez les préparer seulement après quelques jours. Il faut réserver du temps suffisant, pour commencer et finir tout ce processus de préparation. Si non, c’est mieux de abandonner et attendre l’année prochaine.

 

Il faut utiliser seulement des noix que vous avez cueillies vous-même et pas des noix que vous avez

achetées n’importe ou(au marché supermarché, etc.).

 

Ingredients:

 

100-120 noix vertes

1 kg sucre

1 citron

3 tasses d’eau(1 tasse=250 ml)

2 sachets de sucre vanille

 

Après cueillir, on introduit tous les noix dans un vase , en eau froide et on les garde ici pour 24 heures.

 

On change l’eau froide à chaque 4 heures (6 fois).

 

On met des gants de cuisine pour protéger les mains; si non, la coquille verte des noix va laisser sur les mains une couleur  presque noire qui n’est pas facile à enlever tout de suite.

 

Avec un couteau on enlève très bien toute la partie verte de chaque noix jusqu’au moment quand on arrive à la partie blanche. Après finir de peler chaque noix, on la jette dans un autre vase avec de l’eau froid. Après peler et jeter la dernieère noix (No. 100 ou 120 , ha, ha !! – c’est le moment quand je dis souvent que je veux abandonner!) dans l’eau froide, on met dessus une assiette ou quelque chose similaire qui doit être lourd, pour maintenir toutes les noix, en permanence, dans l’eau (si non, les noix qui ne sont pas complètement couvertes par l’eau vont devenir noires et bonnes à jeter à la poubelle).

 

Les noix doit rester dans l’eau froide  jusqu’au lendemain matin(si, par exemple, nous avons commence toute cette activité ce soir). Mais  jusqu’au lendemain matin il faut  continuer à changer l’eau froide (3 ou 4 fois).

 

Enlever complètement l’eau froide et introduire tous les noix en eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part(En: “set aside”) la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la premiers fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la première fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes. (En total, 3 opérations similaires).

 

Enlever l’eau chaude et plonger tous les noix en eau froide, qu’on l’enlève 2 ou 3 fois jusqu’au moment quand nous avons déjà préparé le sirop.

 

Pour le sirop on utilise de l’eau et du sucre: la préparation du sirop est fini quand une goutte de sirop reste en forme presque ronde sur une surface, sans se dissiper…

 

On enlève l’eau froide et on introduit tous les noix dans ce sirop et on les laisse bouillir a un feu réduit  pour 10-15 minutes et apres ca on agrandit la flamme jusqu’au moment quand on considère que c’est cuit.

Pendant ce dernier process, c’est une “mousse” presque blanche qui se forme… Il faut l’enlever, mais il ne faut pas la jeter , car ca c’est tres bon a manger.

Avant la fin de tout le process on ajoute le jus du citron et/ou une tranche de citron, on laisse bouillir un peu.

 

Après enlever tout et éteindre le feu, on ajoute le sucre vanille.

 

On laisse tout refroidir et on introduit toute la quantité dans des pots propres et secs.

Toute ma vie, j’ai appelé l’activité de préparation de la recette dans la cuisine : « Le cirque » : escalade dans le noyer, sélection et « pick up » rapide de chaque noix; chaque fois, les mains étaient presque noires à cause de la coquille verte des noix  et après çà: toute la jonglerie (autour de la cuisinière) avec les vases pleines de l’eau froid ou « hot » …

ma contribution à ce billet est uniquement l’ajout d’accents qui ne figurent pas sur le clavier roumain de George. J’ai laissé les tournures roumaines pittoresques

 

Etaria: 1821 – Roumanie

BUCAREST/PARIS

Cette rubrique correspond à un échange de correspondance avec un lecteur roumain qui apporte un regard différent du mien. Je croyais en avoir fini avec la Bouboulina et voici que m’arrive cet épisode de Roumanie. Selon Michel de Grèce, elle fut initiée dans la compagnie secrète Filiki Etaria fondée à Odessa. Les luttes contre le pouvoir ottoman n’ont pas le même enjeu selon qu’on se place du côté ds Romantiques Victor Hugo ou Byron ou du point de vue balkanique ou même russe.

« …Pour nous et pour notre histoire, Eteria c’est plutôt l’histoire d’une grande trahison.
En 1821, le territoire de la Roumanie a connu “la révolution de 1821” ayant
comme “leader” principal Tudor Vladimirescu, qui est celui qui a créé une armée
des “panduri” et qui a lutte pour indépendance des Roumains et de la Roumanie. Il a
soutenu Eteria, mais en même temps il a entretenu une permanente correspondance avec
les turcs et les russes(pour éviter une invasion et un contrôle total des étrangers et pour
éviter aussi un guerre sur le territoire roumain) car ce qu’il voulait c’était seulement
indépendance du territoire roumain, contrôlé par l’empire turc et influence par
les intérêts russes. En final, il a été trahi et assassiné par Eteria, a l’ordre de Alexandru
Ipsilanti, car il a suivi seulement l’interet national et il a refuse de suivre strictement les
ordres et les actions de Eteria. Pour le territoire roumain, cet assasinat c’est aussi le fin
de “époque fanariote”(quand la Roumanie a été contrôlée par des riches qui habitaient
dans le quartier Fanar de Istambul et qui simplement ont payé au sultan pour le droit
d’être “princeps” en Roumanie et pour s’enrichir mieux. C’est aussi le moment quant
une sorte de “assemblée populaire” a demande au sultan turc de avoir le droit d’avoir
un “princeps” qui doit être seulement d’origine roumaine.
Bouboulina c’est une grande femme, le seul amiral de la flotte royale russe.

Dans la tradition populaire roumaine, le mot “Bubulina” est d’habitude donne aux
femmes “fortes” qui ont un caractère fort, correct et sans compassion…. »

Je ne suis pas historienne, je relaie simplement en ajoutant des accents le texte que George m’a envoyé en le remerciant.

Mère-vieille racontait – Radu Tuculescu

LIRE POUR LA ROUMANIE

Chronique villageoise, d’un de ces hameaux perdus de Transylvanie, désertés où ne subsistent plus que les vieux et où les Tsiganes occupent les maisons vides.

Nous avons séjourné dans un village analogue, village saxon.L’arrivée m’a laissé un souvenir marquant : maisons vides, pas une voiture, pas un commerce, juste un café où trainaient quelques gitans. L’électricité avait disjoncté.  J’avais cru d’abord à une catastrophe naturelle,  un séisme, pour expliquer ce vide. On m’a expliqué que les habitants avaient tout laissé pour partir en Allemagne.

Dans le livre, Mère-vieille s’exprime en Hongrois, l’abandon du village a sans doute une autre cause, l’exode rural tout simplement. L’auteur ne donne aucune piste pour expliquer cette désaffection. Il ne reste plus qu’un troupeau avec deux bergers… un facteur qui apporte les pensions des retraités, un tavernier. L’auteur n’a pas la prétention d’analyser : il transcrit les souvenir de Mère-vieille, une octogénaire au franc parler et au grand sens de l’humour.

Roman ou document ethnographique? Le fantastique s’invite sous la forme d’un gros chat noir au cours d’une noce. Références littéraires : Mère-vieille qui n’a pas été à l’école a découvert la lecture sur le tard et mêle Puck de Shakespeare avec le Maître et Marguerite…

C’est pourtant l’aspect documentaire qui m’a plu le plus : une noce sur trois jours, les enterrements, la vie de ces gens simples, les préparatifs pour les repas de fête sont admirablement racontés. L’auteur n’enjolive pas la vie rurale : l’essentiel de la vie des hommes se passe à boire la tuica et nombreux propos sont radotages éthyliques. Après la boisson et la mangeaille, c’est l’amour, commérages et cocufiages qui occupent les conversations. Jalousies et séduction, mais aussi solidarité des voisins et chaleur humaine.

Il est pourtant dommage que les travaux des champs n’aient pas été plus détaillés. Les porcs qu’on élève pour l’usage familial, quelques poules améliorent l’ordinaire. En dehors de l’apiculteur qui s’est bien enrichi de la vente de son miel, on ne sait pas de quoi vivaient ces gens quand le village était encore vivant. L’auteur ne s’est pas attaché à raconter les changements de la période collectiviste et de la fin de cette époque. Tout juste, le profiteur qui a détourné les subventions destinées à la modernisation du village, est-il mentionné. Pour l’analyse, je reste sur ma faim. De même, les Tziganes qui repeuplent le village ne sont mis en scène qu’à de rares occasions : les musiciens de la noce, et au bistro. On sent qu’ils ne sont pas intégrés et figurent une vague menace pour un des personnages qui craint qu’on le lui prenne sa maison.

C’est un livre curieusement construit : la première partie, 100 pages très denses,  donne la parole à Mère-vieille, style parlé – la traduction utilise un argot un peu vieilli, un peu artificiel. A la p105, le narrateur, sa compagne emmènent Mère-vieille à la ville. Le voyage en voiture est une rupture, non seulement dans le quotidien de la vieille dame mais aussi dans le style et l’écriture plus alerte, plus aéré. Sortir de la maison donne une respiration au livre. Le temps d’une promenade à pied du narrateur permet de sentir l’atmosphère du village. La troisième partie : « la mort de Mère-Vieille » et « ces noces-là » sont deux chapitres courts et enlevés. Ces ruptures dans l’écriture font un livre hétérogène mais attachant.

Merci à Babelio et à l’opération de la Masse Critique de m’avoir donné l’occasion de découvrir cet ouvrage

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Elytis : Petite mer verte

HERAKLION/BUCAREST/PARIS

Petite mer verte
Joli brin de mer si verte à treize ans
Je voudrais de toi faire mon enfant
T’envoyer à l’école en Ionie
Approfondir absinthe et mandarine
Joli brin de mer si verte à treize ans
À la tourelle du phare à midi tapant
Tu ferais tourner le soleil en sorte d’entendre
Comment le destin s’agence et comment
Savent encor l’art d’entre eux se comprendre
De crête en crête nos lointains parents
Qui telles des statues résistent au vent
Joli brin de mer si verte à treize ans
Avec ton col blanc et tes longs rubans
Tu rentrerais par la fenêtre à Smyrne
Me calquer au plafond ce qui l’enlumine
Reflets de Glorias Kyrie Matines
Puis un peu la Bise un peu le Levant
Vague à vague retournant au loin
Joli brin de mer si verte à treize ans
Nous irions dormir hors la loi tous deux
Pour que je découvre au fond de ton sein
Éclats de granite les propos des Dieux
Éclats de granit les fragments d’Héraclite

Odysseus Elytis
L’arbre lucide et la quatorzième beauté
traduction Xavier Bordes et Robert Longueville, Poésie-Gallimard
La traduction en Roumain envoyée par George
Mică mare verde

Mică mare verde de treisprezece ani
De mult aş fi vrut să te înfiez
Să te trimit la şcoală în Ionia
Să-nveţi mandarina şi absintul
Mică mare verde de treisprezece ani
În turnuleţul farului de la amiază
Să-nconjuri soarele şi să auzi
Cun soarta se dezleagă şi cum
Din deal în deal se înţeleg
Rudele noastre îndepărtate
Care opresc vântul precum statuile
Mică mare verde de treisprezece ani
Cu guler alb şi cu panglică
Să intri pe fereastră la Smirna
Să-mi copiezi reflexele bolţii
De Kyrielesion şi Slavă Ţie
Cu puţin Boreas şi cu Levantul
Val cu val să te-ntorci iarăşi
Mică mare verde de treisprezece ani
Ca nelegiuit să te culc
Să aflu adânc în braţele tale
Bucăţi de piatră cuvintele Zeilor
Bucăţi de piatră fragmentele lui Heraclit.

Paris – Bucarest, sans retour…Ulysse de Marsillac 1821-1877 et une surprise: Nerval!

PARIS/BUCAREST

De Bucarest, un  fidèle  correspondant m’a fait parvenir ce texte :
J’ai seulement ajouté des accents
Il nous présente un personnage marquant de la francophilie en Roumanie: Ulysse de Marsillac
Paris – Bucarest, sans retour…
carte postale ancienne de Bucarest

 

 
France, 1821: C’est l’année de naissance de Ulysse de Marsillac, journaliste français.
 1852, à cause du son désir pour connaitre “L’Orient sauvage”, il quitte Paris pour toujours et arrive à Bucarest. Ici il a travaillé comme professeur de français au “Collège National Sf.Sava” (actuellement “Lycée Sf.Sava”(près du parc Cismigiu) – le plus fameux lycée de Bucarest et de Roumanie,  ou seulement les meilleurs élèves peuvent entrer et étudier. En même temps, le lycée où on trouve la plupart des  enfants des “nouveaux riches” c’est : “Jean Monet”, qui est plus au nord, près de la zone résidentielle(et du parc Herastrau) des ceux qui ont contrôlé la Roumanie avant 1989. La presse a écrit récemment qu’un deuxième « lycée français » sera ouvert a Bucarest.
 
Ulysse de Marsillac a travaille aussi à “L’École Militaire”  de Bucarest et à l’ université de Bucarest.
 
Il a fondé les journaux:
 
–  La Voix de Roumanie (il aidé par un autre français, Frédéric Dame, qui avait une épouse roumaine).
–    Le Moniteur Roumain;
–    Le Journal de Bucarest;
–    Indépendance Roumaine;
 
Il a écrit les livres :
 
–    Guide du Voyageur a Bucarest;
–    Histoire de l’Armée Roumaine
–    De Pest à Bucarest. Notes de voyage
 
Un jour, Ulysse de Marsillac, allant  au “Sf.Sava” , s’égare dans les rues de Bucarest…Il trouve un bonhomme  assis sur un banc, devant une porte, le regard perdu dans le néant de son destin roumain… Ulysse de Marsillac s’approche et demande:
–  “Ou est-ce que je me trouve?”
Le vieil  homme  secoue la tête comme s’il s’éveillait d’un rêve profond et répondit :
– « dans le pays le plus malheureux de l’Europe! »
Ulysse de Marsillac fut surpris par une telle réponse: il voulait seulement savoir dans quelle rue il s’était perdu mais il découvrit dans quel pays il se trouvait.
 
Le réponse du bonhomme est valable encore aujourd’hui pour la Roumanie et les Roumains…
 
Un autre jour, il monte la colline de Filaret(à la première gare de Bucarest), accompagné par un ami, pour admirer la panorama de Bucarest couvert par le vert des arbres et parcs…et il demande:
–   ”Quelle est la distance entre Bucarest et Paris?”
Son ami répond “immédiatement”:
–   “Trois cent ans, monsieur!!”
 
 
En 1871, le « Grand Théâtre de Bucarest » a donné une “Représentation extraordinaire en faveur des paysans et des ouvriers français, victimes de la guerre”. C’est le moment quand Ulysse de Marsillac a interprété le rôle de “M.Jadis” dans la comédie: “Le Bonhomme Jadis”.
(Il s’agit de la guerre franco-allemand de 1871: à Bucarest, tout le monde était “anti-allemand” et  même dans les quartiers les plus éloignées et dans tous les “boîtes” tout le monde, y compris les “lautari” tziganes au violon, chantait “La Marseillaise” .  Une foule de manifestants « très en colère » ont même attaqué avec pierres les fenêtres de “la salle de banquet” où l’ambassadeur allemand (Joseph Maria Von Radowitz) et  les allemands résidant àBucarest avaient  décidé de fêter la jour de naissance de l’empereur allemand Wilhelm I.)
 
A Bucarest, les journaux et les « représentations » de théâtre étaient seulement en français (a partir des années 1840). La “haute société” et la “bourgeoisie” roumaine parlait seulement en français.
 
Ulysse de Marsillac n’est jamais retourné en France. Il est décédé en 1877, a cause de sa souffrance profonde, générée par la mort d’ Élise, son épouse…
 
Sur: www.memoria.ro, vous pouvez lire(en français) l’article: “Bucarest ou le corps retrouve” écrit par Marianne Mesnil, où elle parle de Ulysse de Marsillac.
 
J’aimerais savoir que vous pouvez trouver et lire les livres écrits par Ulysse de Marsillac, car ici je n’ai pas été capable de les trouver.
Cherchant sur Internet les écrits d’Ulysse de Marsillac,  et des renseignements, je découvre par hasard un article sur….Gérard de Nerval :
Je ne résiste pas au plaisir de partager un poème. Et me voici revenue au Romantisme! Juste après avoir lu l’excellent billet de claudialucia ICI où Nerval était comparé à une « hirondelle apode » par son ami Théophile Gauthier.
El Desdichado

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


Coliva : préparation de blé sucré pour les funérailles – Roumanie

PARIS/BUCAREST


 

 

 

 

Cette catégorie de mon blog résulte d’une correspondance avec un fidèle lecteur roumain qui m’envoie souvent des témoignages de la culture roumaine inaccessibles à une touriste. J’ai copié/collé en ajoutant seulement les accents


Ici c’est une courte histoire de la COLIVA et la recette pour le préparer .Coliva est prepare seulement pour faire l’aumone  pour commémorer ceux qui appartiennent à une famille orthodoxe et qui ont quitté ce monde…

. On laisse une partie de coliva et du vin a l’eglise, on donne aussi aux pauvres (la plupart, 99% sont ceux connus en France comme: “réfugies” ou “discriminés” de Roumanie qui connaissent bien ce coutume des Roumains de faire l’aumone et de donner aussi de la nourritue, des vêtements, des souliers, du vin et de l’argent pour commemorer leur morts) qui attend à la sortie de l’église et aux membres de la famille, y compris aux voisins et amis/amies pour manger. Celle/celui qui accepte la coliva ne faut pas dire « Multumes »c(Merci) mais: “Bogdaproste”!, une expression ancienne d’origine slave qui signifie :”Merci , Seigneur!”   Le goût de la coliva est très bon.

Coliva (sl. kolivo, gr. Kollyvon)

C’est une préparation de blé bouilli mélangé avec du sucre (ou miel) avec des noix concassées et décoré avec des bonbons et sucre en poudre fin, qui se donne aux funérailles et les services commémoratifs pour faire l’aumone, la charité, après etre sanctifié par le prêtre a l’église,  pendant le service religieux.
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Signification

Coliva est  fait de blé bouilli, sucré avec du miel ou du sucre, et représente le corps humain de celle/celui qui est mort  car la nourriture principale du corps humain est le  blé  (qui est represente par le pain qu’on mange chaque jour).
C’est aussi une expression materielle de notre foi en l’immortalité et la résurrection, étant preparé à partir de grains de blé, dont le Seigneur lui-même les a presenté comme des symboles de la résurrection  des corps humains: comme le grain de blé , qui doit être enterré dans le sol pour germer et porter du fruit, le corps humain est enterré et pourrit d’abord, pour attendre la résurrection…..

Les sucreries et les ingrédients contenus dans la coliva sont les vertus des saints et de ceux qui sont morts, ou la douceur de la vie éternelle que nous espérons avoir acquis apres la mort.

La balance de coliva (par les successeurs du décédé(e) et par le prêtre – en  effet, c’est un mouvement « up-and-down »)avec les mains pendant le service religieux est, d’une part, l’expression de la connexion spirituelle vive et réelle entre les vivants et les morts, d’autre part, encore un signe de la résurrection, semblable à celui de la Sainte Messe, lorsque les prêtres balancent l’air pendant la lecture du « Credo » quand on  dit les mots «et qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures», en imaginant le tremblement de terre qui a eu lieu à la mort et la résurrection de Jésus-Christ (Matthieu 27, 51).

Recette de coliva

Ingrédients:
1 kg de grains de ble (en Roumanie on achete: “ARPACAS”,- un sorte de ble pre-emballe –  au marche), 1-2 kg de noix; 200-250 g de sucre, le zeste obtenu de 1 ou 2 citrons et de  ½ ou 1 orange, (fruits qui n’ont pas été traités), la cannelle, le rhum ou d’autres essences, sucre en poudre et, éventuellement:  cacao,  bonbons, du miel …

 

Préparation:
Coliva est fait en deux temps:

La première fois est le soir avant d’aller à l’église, lorsque le blé est bouilli, et la deuxième fois c’est  le matin le jour d’être amené comme une offrande à l’église , c’est pourquoi cette préparation finale va durer approx. une heure avant de aller a l’eglise (ca depend de combien de temps il faut pour appliquer les ornements).
• La première fois, le soir:
Le blé est selecte, on enleve la paille et les morceaux brisés de blé( si on achete Arpacas, il n’y a pas besoin de selecter les grains). Puis, lavez le ble(Arpacas) 9 fois à l’eau tiède  (9 correspondant aux 9 groups des anges)  et faire bouillir dans 3 litres d’eau, de préférence dans une poêle en téflon. Le feu ne doit etre tres fort, et quand l’eau commence à bouillir  il faut le reduire. Pendant le process “bouillant” il ne faut pas mélanger avec la cuillère, mais il faut prendre le  pot entre le mains et il faut l’agiter, de sorte que le blé ne colle pas. Gardez le pot au feu  jusqu’à ce que le niveau d’eau a baissé presque complètement, et ajouter un peu de sel et de sucre, mélanger délicatement avec une cuillère en bois. Laissez  pour 5-10 minutes plus jusqu’à ce qu’il n’y ait pas d’eau et de grains de blé est «fleuri». Après tout ca, on transfere le blé dans une casserole et on couvre d’une serviette humide pour eviter la formation d’une cruste.Attention : la serviette doit etre nouveau et lave seulement avec de l’eau simple. Si cette serviette a ete lave avec des detergents modernes, toute l’odeur du detergent va s’impregner dans la coliva!  Toute le soir vous pouvez enlever les coquilles des noix, afin d’avoir une assiette creuse pleine des noix. La moitié d’entre eux doit etre pasee par une machine pour obtenir une sorte de poudre des grains de noix. L’autre moitié des noix sera coupe avec un couteau en petits morceaux. Il est envisagé de garder 10 ou 20 morceaux des noix pour former une croix sur la coliva.


• La deuxième fois, le matin:

Si la croûte de blé a été formé a la surface il doit etre enlevé. On ajoute les morceaux de noix écrasé, et environ un quart de la quantite qui a ete pasee par une machine pour obtenire une sorte de poudre des grains de noix. On ajoute le zeste de citron. (Vous pouvez également ajouter un zeste cree d’une moitie d’orange). On ajoute aussi le contenu d’une petite bouteille de rhum( qui a seulement quelques mililitres de liquide) (ou une autre saveur/essence) et la poudre de cannelle. Maintenant il faut gouter le contenu et, si pas assez sucré, ajoutez une cuillère à soupe ou deux de miel. La composition entière est pétrie à la main et place sur les assiettes, en on l’arrange /on fait la surface plate. Ajouter le reste du poudre du  noix pour obtanir une couche assez épaisse pour que eviter de mouiller le couche suivant de sucre en poudre fine qui doit etre applique. Le sucre en poudre est applique par une tamis jusqu’à ce qu’il couvre completement la couche des noix . Il faut niveler la surface avec une feuille de papier blanc qui se met dessus et appuyez doucement avec la main. Après obtenir une surface homogene, il faut creer une croix avec des morceaux  de noix ou avec des bonbons ou morceaux de chocolat ou de poudre de de cacao, à l’aide d’un modèle en papier. Si vous préférez, vous pouvez utiliser des bonbons de toute sorte pour décorer .